- il y a 2 jours
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00:00Aux quatre coins de la France, la situation a dégénéré aux abords et dans plusieurs établissements.
00:04Aujourd'hui, l'une des images les plus marquantes, s'il fallait en retenir une,
00:08et même terrifiante à certains égards, c'est l'image du lycée Vauclin dans la capitale.
00:14Le drame a été évité de peu.
00:16Et ce qui marque aussi, c'est l'organisation des casseurs, c'est ce qui a été dit,
00:20notamment par l'approviseur, avec une mise en danger de la vie des lycéens,
00:24des personnels de l'éducation, tous confinés, avant finalement d'être évacués,
00:29et feu, tir de mortier, une scène d'une très grande violence et d'une grande organisation.
00:34Regardez.
00:48C'est bon, non, non, c'est bon.
01:10Monsieur le professeur Gabriel Lattanzio, bonsoir.
01:12Bonsoir.
01:13Je ne peux qu'imaginer le sentiment que vous pouvez éprouver quand vous voyez de telles scènes,
01:18de telles situations, on va largement en parler.
01:20Je salue la présence de Jean-Christophe Couvy, bonsoir.
01:22Bonsoir.
01:22Secrétaire nationale du syndicat de police unité, nous sommes avec Nicolas Domnac, bonsoir.
01:27Bonsoir.
01:27Nicolas, éditoriste politique à Challenge, Bruno Jeudy nous accompagne ce soir.
01:31Et Nora Bussini, bonsoir.
01:33Merci d'être là.
01:34Je le disais tout à l'heure, vous êtes journaliste.
01:37Vos enquêtes suscitent toujours beaucoup de réactions,
01:39car vous montrez l'envers du décor en infiltrant différents milieux et de multiples sphères,
01:44comme celle notamment de l'ultra-gauche.
01:46Votre méthode, je le précise, c'est l'investigation, c'est l'infiltration, c'est l'enquête.
01:52Vous nous parlerez de cela alors que votre enquête va paraître dans quelques jours dans Franc-Tireur
01:56et dès demain dans Le Point.
01:59Avec ce titre, pour Franc-Tireur, les insoumis à la manœuvre et les casseurs à la fête,
02:04nous allons en parler.
02:05Mais tout d'abord, monsieur le professeur, quand vous voyez de telles images,
02:09mise en danger des lycéens, mise en danger des personnels de l'éducation nationale,
02:13là, véritablement, la situation aurait pu tourner au drame,
02:17sans le courage de ceux qui sont intervenus.
02:20Qu'est-ce que vous dites ?
02:21Ça va être difficile d'avoir un commentaire ultra précis et exhaustif
02:24sur toute la complexité de la situation.
02:26En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que ça fait dix ans à peu près
02:28que j'ai la chance d'alerter sur l'état de l'enseignement, de l'éducation,
02:31où on est à l'école, que devient notre jeunesse.
02:34Et moi, ce qui me préoccupe depuis très longtemps, c'est d'appeler à la réparation.
02:37Ce que je vois ici, ça ne ressemble pas à une réparation, c'est sûr et certain.
02:39Ça ressemble à plein de choses, ça peut être du nihilisme, du désespoir,
02:43rappeler ça comme vous voulez, à la limite, ça ne m'intéresse pas.
02:44Ce qui m'importe, ce serait comment faire entendre la voix d'une jeunesse
02:47qui voudrait un avenir un peu plus beau.
02:49C'est ça.
02:50J'ai eu la chance de participer à un grand nombre de mouvements étudiants dans ma vie,
02:54il y a une vingtaine d'années, voire un peu plus maintenant.
02:56Et c'est vrai qu'il s'est passé un truc, il y a une évolution dans les méthodes qui
02:59sont employées.
03:00Si on regarde un peu en arrière,
03:02aujourd'hui, il y a moins de réunions d'Assemblée Générale
03:04où des étudiants ou des élèves se retrouvent et vont discuter du fond, etc.,
03:07il peut y avoir plus de confrontations et d'espoir d'exister par le spectaculaire.
03:12Et donc moi, je pose un peu la question du dispositif.
03:15Je le crois ici, dans cette émission, on a envie de parler de comment favoriser la culture.
03:19Fondamentalement, c'est ça, et je regrette de voir des flammes.
03:22C'est évident, bien sûr.
03:23Mais je crois qu'il y a une compétition pour la visibilité
03:26et certains ne se rendent pas compte qu'ils font le jeu du camp adverse,
03:29d'une certaine façon, en se montrant sous un jour malheureux.
03:32Voilà, maintenant, est-ce qu'ils vont entendre un prof de 40 ans qui dit ça à la télé ?
03:34Il devrait.
03:35Ce qui m'importe, en tout cas, pour vous dire, Mme Abouk,
03:37évidemment, et avoir un point de vue éclairé,
03:38je ne suis évidemment pas du côté de la casse ici.
03:40Par contre, je suis du côté de la démonstration par le nombre
03:42et je pense qu'un grand nombre de jeunes demain auront tout intérêt à dire,
03:45d'une belle façon, d'une façon heureuse et souhaitable,
03:47qu'ils sont du côté d'un investissement dans l'avenir.
03:50Pussiez-vous être entendus ?
03:51Je le pense, et c'est ce qu'il faudra regarder aussi demain,
03:53parce que demain, je crois qu'on va...
03:54C'est inévitable, il y aura une manifestation, bien sûr.
03:57Il est possible qu'on parle de débordements, qu'on peut anticiper,
03:59tout un tas de choses.
04:00Ce qui m'importe, c'est qu'on voit, est-ce que oui ou non,
04:02parmi la jeunesse, il y a un grand sentiment de gens
04:03qui veulent investir leur école, qui veulent davantage de leur service.
04:07Et je propose qu'on évoque les deux.
04:08On ne peut pas passer, évidemment, sous silence, et vous ne le faites pas.
04:11L'impression qu'on peut avoir aussi, Jean-Christophe Couvi,
04:14et on va interroger beaucoup, beaucoup de choses avec vous et vous tous ce soir,
04:17c'est que tout le monde semble dépasser.
04:18Le gouvernement tétanisé, et par l'hypothèse d'un drame,
04:21et on peut dire qu'à l'an, c'est un drame.
04:25Ici aussi, à Paris, ça aurait pu être pire.
04:29Qu'est-ce qu'il y a en train d'arriver ?
04:31Quelle est la bascule qui est en train d'être opérée,
04:34vous qui êtes sur le terrain ?
04:35Alors déjà, c'est très sensible, parce qu'effectivement, c'est la jeunesse,
04:38et les policiers qui sont en face de cette jeunesse,
04:40il y a aussi leurs gamins dedans, il y a aussi leurs enfants,
04:42il y a des enfants de policiers, de gendarmes,
04:44nous aussi, on a nos enfants qui ont envie d'avoir un avenir,
04:47et donc du coup, on le sait.
04:49La différence, c'est qu'entre-temps,
04:50on peut avoir une colère qui est légitime,
04:54sauf qu'en fait, ces enfants-là,
04:55ils ne savent pas faire la différence entre la politique et la moralité.
04:58Et le problème, c'est qu'ils ont un combat à mener,
05:00je pense, générationnel,
05:02c'est leur premier combat aussi, peut-être,
05:04depuis des années et des années,
05:05et de l'autre côté, on a aussi une instrumentalisation politique
05:08pour les récupérer pour d'autres destins.
05:11Et les destins, c'est les bureaux de vote,
05:12et derrière, ça rapporte.
05:14Et nous, ce qu'on voit, effectivement, c'est qu'il y a une violence
05:16chez certains, qui est manifeste,
05:18et ce qu'on voit, d'ailleurs,
05:20suite, par exemple, aux matchs de football,
05:23suite aussi à certaines manifestations,
05:26on a des black blocs qui arrivent,
05:27qui infiltrent ces jeunes.
05:30Ce sont eux, ce sont les mêmes,
05:32les individus qui sont cagoulés, qui sont masqués,
05:34qui interviennent ?
05:35Oui, oui, c'est les mêmes.
05:35C'est eux, au lycée, qui ont organisé véritablement...
05:38C'est les mêmes, parce qu'on voit bien qu'ils ont des techniques.
05:40Déjà, ils arrivent avec des mortiers d'artifices.
05:41Il faut qu'on m'explique comment on doit se procurer,
05:43quand on est mineur, des mortiers d'artifices.
05:46Donc, forcément, ils sont préparés à l'avance,
05:48ils savent très bien comment faire.
05:49Ils ont un instrument, c'est le téléphone portable,
05:51où aujourd'hui, on n'a plus d'AG.
05:52Effectivement, on n'a plus d'Assemblée Générale, comme avant,
05:54où on discutait, on échangait, on communiquait.
05:56Aujourd'hui, on reçoit des instructions sur WhatsApp,
05:58sur des boucles, en disant, il faut qu'on vienne là,
06:00il faut qu'on mette le feu, rendez-vous ici, etc.
06:03Et donc, en fait, du coup, on n'est plus en maîtrise
06:05et on n'est plus en organisation.
06:06Et on le voit aujourd'hui, donc on a une débandade en face de nous,
06:09et nous, on doit faire très attention,
06:10et en même temps, on utilise les moyens que nous donne notre employeur,
06:14c'est-à-dire le ministère de l'Intérieur.
06:15Alors, on va en parler, on va interroger les moyens,
06:17on va interroger les ordres, on va interroger s'il y a un changement
06:20depuis ce qui s'est passé à Lens.
06:23Nora Bussini, on a aussi besoin d'informations de l'intérieur.
06:26On parle de l'intérieur, alors qu'il s'agit du seul français.
06:29Nous sommes en France, on essaie de savoir et de comprendre
06:32ce qui se passe, les tenants et aboutissants de tels mouvements
06:34que vous connaissez bien de l'intérieur.
06:37Par exemple, il y a des vidéos publiées sur les réseaux sociaux
06:40qui sont parfois vues jusqu'à un million, un million de fois,
06:43et on y dénonce des violences dites policières.
06:47Qui est derrière ces vidéos ?
06:50Ces vidéos, elles sont faites de manière presque professionnelle,
06:53et instantanément, on voit bien qu'elles sont partagées
06:56véritablement par beaucoup, beaucoup de monde.
06:58Oui, tout à fait.
06:59Alors, ce qui m'intéressait dans ce mouvement,
07:00c'est effectivement les relais numériques
07:02qui sont extrêmement conséquents et qui perviennent
07:04d'agréger différents collectifs
07:07pour instrumentaliser et radicaliser les messages lycéens
07:10qui sont, je trouve, initialement primordiaux.
07:13En l'occurrence, on trouve en premier lieu
07:15un homme qui s'appelle Shahid Nazami.
07:17Shahid Nazami, c'est un agent du régime iranien.
07:19Il vient d'être condamné récemment pour apologie du terrorisme.
07:22Il a fait appel de cette décision.
07:24Il a une carte de presse iranienne.
07:25Il a fait énormément de retours au cœur de la molarchie.
07:28Et lui, son travail, c'est...
07:30De la molarchie ?
07:30Oui, la molarchie.
07:31Il est lié directement au MOLA ?
07:32Oui, oui, complètement.
07:33Vous pourrez s'est renseigné.
07:34Tout est renseigné en ligne.
07:35Il ne s'en est jamais caché.
07:36Il a plusieurs millions d'abonnés sur les réseaux sociaux.
07:39Et lui, justement, il fait partie de ceux
07:40qui ont poussé des vidéos extrêmement virales
07:43de violences policières,
07:45toujours avec un biais d'appel à la déstabilisation de l'État.
07:50Parce que c'est le propre de l'ultra-gauche.
07:51Si on doit définir en deux mots l'ultra-gauche,
07:53c'est un ensemble de groupes militants
07:54qui ont en commun un rejet des institutions démocratiques,
07:57un rejet de l'État,
07:58une volonté de déstabilisation de ces institutions.
08:01Et vous dites que ces personnes, ces individus,
08:03ont infiltré, ils ont noyauté ce mouvement aujourd'hui ?
08:07Oui, alors on retrouve Shahid Nazami,
08:08mais on retrouve d'autres groupuscules.
08:10L'ultra-gauche est extrêmement fragmenté.
08:12Là, on retrouve Extinction Rebellion,
08:13le collectif d'écologie radicale
08:15qui maintenant s'est mêlé à la jeunesse.
08:17On va également retrouver des collectifs
08:19comme Red Jeune, Génération EDR,
08:21Génération DR qui en passent de dissolution.
08:23Pourquoi ?
08:24Parce qu'il est étroitement lié à la Jeune Garde,
08:26le mouvement de groupuscules antifascistes
08:28qui vient d'être dissous par le gouvernement.
08:31C'est donc une bataille très politique
08:33et voire idéologique.
08:34Comment vous réagissez Nicolas Domnac, Bruno Jeudy ?
08:36On va voir d'autres images.
08:38On va interroger évidemment les ordres qui sont donnés,
08:40l'aspect politique et puis l'impuissance,
08:43semble-t-il, de la puissance publique,
08:46malgré tout qu'il y ait autant de noyautage
08:48aujourd'hui dans un tel mouvement.
08:49Qu'est-ce que ça vous inspire ?
08:50Je réagis.
08:51D'abord, je m'interroge.
08:52On était sur ce plateau il y a une dizaine de jours
08:54à s'émerveiller devant une jeunesse
08:56qui prenait la rue avec le pape
08:58et qui parlait de fraternité,
09:01d'entente, d'harmonie, d'amour, etc.
09:03Et tout d'un coup, en quelques jours,
09:05on bascule dans des situations
09:08proches de l'émeute, même où il y a des émeutes.
09:10Vous mettez en parallèle les deux jeunesses ?
09:12Je me demande, qu'est-ce qu'il fait ?
09:14Est-ce que ce sont les deux jeunesses très différentes ?
09:16Quelle est l'importance de celle
09:18qui est passée à l'acte
09:20et qui ne respecte plus les lieux de savoir
09:22qui sont sacrés,
09:23qui ne respecte plus les mères de famille,
09:25qui ne respecte plus les femmes
09:26qui menacent,
09:27qui ne parle pas, qui les menacent,
09:29qui veut les brûler ?
09:30Je veux dire, là, il y a une partie de la jeunesse.
09:33Alors, ce n'est pas seulement la jeunesse des banlieues,
09:35c'est des lycéens aussi installés pour certains.
09:38Ils sont travaillés, c'est vrai, aussi,
09:40par l'extrême-gauche, vous l'avez dit,
09:42par LFI qui crie
09:43« on déteste la police depuis des années ».
09:45Maintenant, ça finit par imprimer.
09:47Je veux dire, ils ont régulièrement,
09:49chaque fois qu'il y a eu des incidents
09:50ou des dérapages,
09:52ils ont œuvré là-dessus
09:54pour grossir la chose.
09:56Alors maintenant, LFI prend la posture du pompier
09:59après avoir été le pyroman,
10:01mais est-ce qu'ils en toucheront
10:03un bénéfice électoral ?
10:04Il y a ça qui est en ligne de compte.
10:06Et avant le bénéfice électoral,
10:07ce sont quand même des scènes de chaos.
10:09Je voudrais vous faire écouter ce soir
10:10Jean-Luc Mélenchon,
10:11qui affirme que ce mouvement,
10:12c'est le mouvement le plus puissant,
10:14le plus fort.
10:16Il l'a dit après mai 68.
10:18Qu'est-ce que vous pensez
10:18d'une telle déclaration, Bruno Jody ?
10:21C'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon
10:22a soufflé sur les braises
10:24au début du mouvement.
10:26Ensuite, il a essayé
10:27d'un peu rétro-pédaler,
10:29d'appeler à l'apaisement.
10:31Mais tout à l'heure,
10:31on parlait des vidéos ce dimanche.
10:35Dans la tribune dimanche,
10:36Nelson Jetten a fait toute une enquête
10:37très précise sur justement
10:39la viralité du mouvement.
10:41La première vidéo,
10:42celle qui fonctionne,
10:43c'est 1,8 million.
10:44C'est celle qui est déposée
10:46par Clémence Guettet
10:47et Louis Boyard.
10:50Cette vidéo,
10:51c'est celle qui vraiment,
10:53sur laquelle vont beaucoup
10:55s'appuyer les jeunes.
10:55Puisqu'en quelques heures,
10:58voire quelques jours,
11:00leur TikTok a été envahi
11:02par tout ce qui est
11:05mouvements de contestation
11:06dans la rue,
11:07les images qu'on voit là
11:09et d'autres
11:10où il n'y a pas forcément le feu
11:11puisqu'il n'y a pas forcément
11:13des poubelles qui broulent
11:14devant tous les lycées.
11:16En tous les cas,
11:17en quelques jours,
11:18voire quelques heures,
11:19le mouvement est devenu viral
11:21et donc, petit à petit,
11:22ça a fait boule de neige.
11:22Mais quel est le lien
11:23entre un élu LFI,
11:26un lycéen
11:26et un proche
11:28d'un régime iranien ?
11:32Quel est le lien ?
11:33Déjà, ce qui est intéressant
11:34de vous parler de Clémence Guettet,
11:35c'est elle,
11:35il y a quelques mois,
11:36qui disait qu'il manquait
11:37400 000 voix,
11:38justement,
11:39à LFI en 2022
11:40pour passer au Sogoutour.
11:41Et elle l'a dit aujourd'hui
11:42dans sa publication sur Instagram
11:43que les primo-votants
11:45seront cette solution.
11:46Elle le dit elle-même.
11:47Louis Boyard, lui aussi,
11:48est un des plus actifs
11:50sur les réseaux sociaux.
11:51Il peut compter
11:51sur des comptes Instagram,
11:52lycéens insoumis
11:53et jeunes insoumis
11:54qui relaient et qui viralisent
11:56des vidéos de plusieurs élus
11:58devant des établissements
11:59en train de participer
12:00à des blocus.
12:00En fait, il faut comprendre
12:01que toute cette ultra-gauche,
12:02elle est organisée.
12:03Le but, c'est la convergence des élus.
12:05D'ailleurs, on a beaucoup
12:06d'élus insoumis
12:06qui lui disent demain
12:07que ce sera la convergence.
12:08C'est pour ça qu'on explique
12:09justement...
12:09Avec déjà les étudiants,
12:10sans le doute,
12:10nous serons avec une porte-parole
12:11du mouvement des étudiants
12:12qui va annoncer un appel
12:14effectivement des demandes.
12:14Les mouvements ont changé de nature.
12:15Gabrielle, tout à l'heure,
12:16expliquait.
12:16C'est-à-dire qu'en fait,
12:17avant, il y avait des AG,
12:17maintenant, c'est des blocus.
12:18Mais ça, ça fait quelques années
12:19qu'on est passé à la culture
12:21du blocus qui permet à la fois...
12:24Mais il y a un changement majeur.
12:25Oui, mais ça permet
12:26de nasser tout le monde
12:27et d'obliger quasiment...
12:28Un changement majeur.
12:29Qui s'attaquait avant
12:30aux professeurs ?
12:31Qui s'attaquait aux proviseurs ?
12:32Qui s'attaquait au personnel
12:33de l'éducation ?
12:34Monsieur le professeur,
12:35qui s'attaquait ?
12:36Comment on peut à la fois reprocher
12:37qu'il n'y ait pas assez
12:38de professeurs,
12:39pas assez de moyens
12:40et s'attaquer à ceux
12:41qui permettent, justement,
12:42de s'élever,
12:43de s'émanciper
12:44et d'avoir cette culture
12:45entre les mains ?
12:45Oui, mais je comprends
12:46vraiment l'intérieur de la question
12:47et c'est toute la complexité
12:48d'enquêter sur cette question-là
12:50parce qu'on ne résout pas...
12:51C'est l'œuf et la poule.
12:52Qu'est-ce qui vient en premier ?
12:53Est-ce que c'est l'action politique
12:55autour du mouvement
12:55ou est-ce que c'est le mouvement
12:57qui fait que c'est arrivé en premier ?
12:58Donc, on peut regarder, effectivement,
13:00tout un tas d'opportunistes
13:00qui vont arriver
13:01et qui vont essayer
13:01d'exploiter ceci, cela.
13:02S'il suffisait d'appuyer
13:10pas, c'est-à-dire que l'action politique
13:11autour d'un mouvement
13:12n'explique pas pourquoi il a lieu,
13:13pourquoi tout d'un coup
13:13le discours porte,
13:14pourquoi ceci, etc.
13:15Et d'ailleurs,
13:15dans l'historique des faits,
13:17c'est fondamentalement
13:18parti d'un établissement
13:19où il manquait personnel de direction,
13:20il n'y avait personne
13:21et où les...
13:21À Créteil.
13:22Absolument.
13:23Dans l'Académie Créteil, bien sûr.
13:24Et les plafonds qui tombent
13:26que moi, j'ai pu voir moi-même.
13:27Vous savez...
13:27On posera la question tout à l'heure
13:28à Valérie Pécresse
13:29parce qu'elle défend justement
13:31la disparition de l'IC Poublel.
13:33Elle dit que ça n'existe quasiment plus.
13:34Vous avez raison.
13:35Sur la responsabilité,
13:36parce que Mme Abrou
13:37vous pose une question importante
13:37sur comment se fait-il
13:38qu'il y ait des gens
13:38qui attaquent des collègues, etc.
13:40Moi, c'est catégorique.
13:41L'école, c'est sacré.
13:42Les profs, on n'y touche pas.
13:43Ça va de soi.
13:43Ça devrait aller de soi.
13:44Malheureusement, ça ne va plus de soi.
13:45Je pense que dans les commentaires,
13:46il faut être très prudent.
13:47Par exemple, moi, j'ai fait les manifs
13:48El Khomri 2016.
13:49Voilà.
13:49Sur la loi travail, vous vous en souvenez ?
13:50Je ne sais pas si vous vous souvenez,
13:51le scandale à l'époque,
13:52ça ne nous semble vraiment pas grand-chose
13:53en comparaison.
13:53Un homme avait pris une pierre
13:55et il avait cassé une vitre de l'hôpital.
13:57Je ne sais pas si vous en avez le souvenir.
13:58Ça fait une décennie maintenant.
13:59Moi, je n'étais pas très loin de lui.
14:00Je ne pense pas avoir été coupable pour autant.
14:02C'est-à-dire que je pense que
14:02l'écrasante majorité des gens
14:04qui ont pu être présents à ce moment-là
14:05n'avaient aucune envie
14:06de s'attaquer à l'hôpital public.
14:07Mais dans ce cas-là, vous êtes à côté ?
14:09Alors moi, personnellement, là-dessus,
14:10je suis à moins.
14:11Je vous donne un exemple.
14:13Le mouvement El Khomri,
14:14c'est vraiment les premiers mouvements
14:15où il y a l'ultra-gouche.
14:18Je donne un exemple.
14:19Le professeur qui a été attaqué à la Ciotat
14:22et qu'on voit asperger
14:23à côté quand même d'un feu,
14:25ça ne vous choque pas qu'autour,
14:28il n'y ait pas de réaction ?
14:29Moi, c'est ce qui m'a interpellé.
14:30Moi, je ne suis pas surpris
14:31parce que j'ai vu plein de choses
14:32qui se sont passées en France.
14:33Ma mère en a pleuré, je la comprends.
14:34Ils mettent ça sur leur portable,
14:37c'est le premier souci
14:38et après, ils font tourner.
14:41La spectacularisation de la violence
14:43sans que jamais personne ne dise stop.
14:46Notez une chose, M. Domena,
14:47qui m'intéresse,
14:47c'est qu'en fait, les gens qui like,
14:48ce ne sont pas des gens
14:48qui militent nécessairement.
14:50Il y a une participation par le like
14:52qui est très passive
14:53et il peut y avoir
14:54dans les phénomènes de masse
14:55qui sont la diffusion d'une vidéo,
14:57finalement, un truc un peu,
14:57c'est un mauvais mot,
14:58mais spectaculaire.
14:59C'est-à-dire que ça n'engage pas.
15:01Ce n'est pas on se lève le matin
15:02à faire l'entrée d'usine
15:04pour diffuser des tracts
15:05avec les copains de Trotsky.
15:06Ce n'est pas exactement
15:06le même mode d'opération.
15:08Il y a des gens
15:08qui se repèrent au plaisir.
15:10Mais qui attend le grand soir ?
15:11Écoutons, nous avons retrouvé l'extrait,
15:14Jean-Luc Mélenchon,
15:14et je vais vous entendre factuellement.
15:16Lui, il affirme que c'est
15:17le mouvement lycéen jeune
15:18le plus puissant depuis mai 68.
15:22Notre pays voit se déployer
15:25le plus puissant mouvement
15:27de jeunesse lycéenne et étudiante
15:30qu'il ait connu depuis mai 1968.
15:32Je vous appelle le 6
15:35à vous déplacer
15:37pour aller encadrer
15:39les manifestations des jeunes.
15:41Et pour cela,
15:42vous vous mettrez soit
15:43un casque blanc,
15:44comme celui-ci,
15:46soit un brassard blanc
15:48sur votre bras
15:50pour que l'on vous reconnaisse
15:52comme une force d'interposition.
15:55Interposition
15:56entre la violence policière
15:58et la manifestation.
16:00Écoutez bien, interposition,
16:02c'est-à-dire qu'il y aurait
16:02une sorte de cordon
16:03entre les forces de police
16:06et les manifestants
16:08et puis aussi les casseurs.
16:10Juste un petit rappel historique
16:11parce que c'est un vieux militant.
16:13C'était au moment
16:14de l'assassinat de Malek Ousekine
16:16qu'un certain nombre
16:17de personnalités
16:18avaient décidé
16:19de participer aux manifestations
16:22à l'époque aussi
16:23pour s'interposer entre policiers.
16:25Lui, il désigne très directement
16:27les policiers
16:28comme seuls responsables.
16:29Nicolas, rappelez que
16:30la plus grande hantise
16:31de tout gouvernement,
16:32de tout exécutif,
16:33c'est le syndrome Malek Ousekine.
16:35C'est un drame définitif.
16:37En 1986.
16:38Alors là, on va parler d'un drame
16:40parce que c'est un lycéen
16:42de 15 ans
16:42qui a été gréalement blessé
16:43près du lycée Auguste Béal.
16:45C'était à Lens
16:45et il a eu la main arrachée.
16:47Et depuis ce matin,
16:48les spéculations vont bon train.
16:50Évidemment qu'il y a
16:51une enquête de l'IGPN.
16:54C'est très grave.
16:55La question est de savoir
16:57si aussi la grenade
16:58a directement touché
17:00le bras de ce jeune
17:01ou si la grenade est tombée
17:03et qu'il l'a ramassée.
17:05Regardez par exemple
17:06une réaction d'abord
17:07de Manon Aubry.
17:09Elle, elle a définitivement acté
17:11que c'était une grenade
17:13qui a directement touché
17:15l'horreur à Lens.
17:16Un lycéat de 15 ans
17:16vient de perdre une main
17:17après l'explosion
17:18d'une grenade lancée
17:19directement par la police.
17:2115 ans.
17:22Une main arrachée
17:22jusqu'où ira la folie
17:23du gouvernement.
17:24Et écoutons à présent
17:25le préfet du Pas-de-Calais
17:27parce que là, là,
17:29véritablement,
17:29il peut y avoir
17:30un moment de bascule.
17:31C'est extrêmement repris.
17:33C'est parmi les vidéos
17:34et c'est terrible.
17:35Évidemment,
17:35c'est flouté
17:36les plus diffusés
17:37sur les réseaux sociaux.
17:40Malheureusement,
17:40et je le regrette,
17:41nous avons eu
17:42un lycéen
17:43qui a été blessé
17:45gravement
17:46au cours
17:47d'une manifestation.
17:48Un lycéen
17:49de 15 ans.
17:51qui a vu sa main
17:52être arrachée.
17:55Donc,
17:56les jours de ce lycéen
17:56fort heureusement
17:57ne sont pas en danger.
17:58Nous l'avons
18:00transféré très rapidement
18:01vers
18:02à Lille
18:03dans un centre
18:05hospitalier
18:06à même
18:07de l'accueillir.
18:08Mais enfin,
18:08c'est un fait
18:09très grave.
18:10Ce matin,
18:10devant ce lycée
18:11Béal
18:12à Lens.
18:14Bon,
18:14Jean-Christophe Couvi,
18:15là,
18:16évidemment,
18:17rien,
18:17rien,
18:17rien ne devrait arriver
18:19à une telle situation,
18:20à une main
18:21arrachée.
18:22Des responsables politiques
18:23se sont saisis
18:23d'une telle situation.
18:24Chacun y va
18:25de sa version,
18:26de sa conclusion.
18:27Qu'est-ce que vous,
18:28vous pouvez en dire ce soir ?
18:30Moi,
18:30ce que j'en dis,
18:31c'est qu'en fait,
18:31les policiers,
18:32ils utilisent ce que leur mettent
18:33leurs employeurs dans les mains.
18:35Donc,
18:35en fait,
18:36on a des grenades assourdissantes,
18:37ça c'est le cas
18:38d'une grenade assourdissante,
18:39et quand on l'utilise,
18:41c'est qu'on n'a pas
18:41d'autres moyens,
18:42parce qu'à un moment donné,
18:43on est nous aussi en danger,
18:45et donc,
18:45il y a une autorisation
18:46qui est demandée,
18:47l'autorisation a été validée
18:48par l'ordre public.
18:49Et donc,
18:50du coup,
18:50il y a toute une chaîne hiérarchique,
18:51et donc,
18:52on a demandé effectivement
18:52à un CRS
18:53de tirer la grenade
18:54avec un Cobra,
18:55ça remplace le Cougar,
18:56c'est un lanceur de grenade,
18:57donc c'est ni des grenades à main,
18:58c'est à 80 mètres de distance,
19:00c'est parce qu'on reçoit aussi
19:01des coctels molotov,
19:02des mortiers d'artifices,
19:03des projectiles divers,
19:04et à un moment donné,
19:05vous devez donc reprendre,
19:06j'allais dire,
19:07une physionomie normale.
19:08Maintenant,
19:09le problématique de cette grenade,
19:10c'était validé dans la chaîne hiérarchique.
19:13Le problème,
19:13et on l'a déjà,
19:14nous aussi,
19:15sensibilisé,
19:16notre employeur,
19:17c'est qu'il y a trois secondes
19:18avant qu'elle explose.
19:19Et donc,
19:19forcément,
19:20si elle tombe par terre,
19:20vous comptez trois secondes,
19:22et il peut y avoir un enfant,
19:23enfin un jeune,
19:24effectivement,
19:25qui l'a ramassé,
19:26et la grenade lui a explosé
19:28dans la main.
19:28Et donc,
19:29en fait,
19:29encore une fois,
19:30nous,
19:30on alerte aussi en fonction
19:31de ce qu'on nous donne
19:32comme moyen.
19:33Je ne comprends toujours pas...
19:34Donc là,
19:35vous renvoyez aux politiques
19:35en leur disant,
19:36regardez,
19:36c'est vous qui nous avez mis
19:38une arme,
19:38une telle arme entre les mains.
19:39Après,
19:40on a aussi des armements intermédiaires
19:42qu'on veut développer,
19:43des armements intermédiaires
19:44dits intelligents,
19:45où notamment,
19:45avant d'utiliser,
19:46effectivement,
19:47des lanceurs de balles de défense,
19:49on peut avoir des lanceurs de billes
19:51avec des gaz incapacitants,
19:53avec des,
19:54j'allais dire,
19:55des couleurs,
19:55et dedans,
19:56il y a une IA qui bloque
19:57et qui se fait automatiquement
19:58si, par exemple,
19:59le viseur va sur un visage.
20:01Vous voyez ce soir...
20:01Et donc,
20:02vous ne pouvez pas appuyer sur la détente.
20:03C'est des choses qu'on demande, nous.
20:04– Bruno, je dis,
20:05il y a d'un côté,
20:06on va dire,
20:06une main,
20:06mais c'est terrible,
20:07une main arrachée,
20:09un jeune homme qui a été denté,
20:10un autre qui a été bornié,
20:12et on va faire le décompte
20:13du côté des policiers.
20:15– Nous sommes...
20:16– Quel mot peut définir
20:17une telle situation ?
20:18– Franchement,
20:20nous sommes un peu comme
20:21dans le début du mouvement
20:22des Gilets jaunes,
20:22c'est pour ça que j'avais utilisé hier
20:24l'expression de Gilets jaunes,
20:25parce qu'en fait,
20:26on est dans un moment
20:27de confusion
20:28entre des revendications lycéennes
20:31qui existent,
20:33le bâti,
20:35la question des profs non remplacés,
20:37tout ça, ça existe,
20:37il ne faut pas du tout
20:38le mettre de côté,
20:40je rejoins Gabriel.
20:41Et puis, il y a la question
20:41de la violence
20:43et la zone grise
20:44entre les deux
20:45qui fait qu'on voit bien
20:46qu'évidemment,
20:47il y en a qui vont avoir,
20:48qui vont appuyer,
20:49qui vont souffler
20:50sur les braises
20:50de ce mouvement
20:52pour en tirer
20:52d'éventuels bénéfices politiques.
20:54Je ne suis pas du tout sûr
20:55qu'à l'arrivée,
20:55il n'y en ait tant que ça,
20:56mais ça, c'est de la politique.
20:57Et puis, il y a
20:59les traditionnels
21:01casseurs,
21:01l'ultra-gauche,
21:02les black blocs,
21:03tout ce que vous voulez,
21:03je ne connais pas très bien
21:04tous ces mouvements,
21:05mais qui, eux,
21:05viennent depuis des années
21:07perturber tous les mouvements.
21:08Et évidemment,
21:09demain, c'est une manifestation
21:11très dure,
21:12très compliquée
21:13qui se prépare.
21:14Et moi, je trouve...
21:15Mais quels ordres
21:16doivent être donnés ce soir ?
21:17Est-ce qu'on peut rester
21:18avec le même ?
21:18Moi, je trouve qu'il y a
21:19un pouvoir qui est un peu absent
21:20quand même.
21:21Absent et impuissant ?
21:22En tous les cas...
21:23Comment vous expliquez
21:24qu'un tel mouvement
21:24n'est pas pu être anticipé ?
21:26Gabriel,
21:27Sébastien Lecontenu
21:27qui a vu quelques journalistes
21:28ce week-end...
21:28Combien d'années ?
21:30Vous avez raison,
21:31mais c'est un sujet...
21:32Pour le coup,
21:33je crois qu'il faut politiser.
21:34C'est-à-dire qu'on est en train
21:35de se poser la question.
21:36Moi, je me souviens
21:37qu'on commençait à parler
21:38de ce sujet-là.
21:39La réaction immédiate
21:40de M. le ministre,
21:40c'est de venir ici
21:41pour dire que,
21:42vous savez,
21:48il doit dessiner
21:49un portrait plutôt heureux
21:50de ce qui s'est passé.
21:51Moi, je vous le dis
21:52assez franchement.
21:53Je pense que la question
21:54de l'avenir,
21:54de l'investissement dans demain,
21:55de la jeunesse,
21:56de l'éducation,
21:57c'est le grand raté.
21:58Et donc, ça arrive
21:59à ce moment-là,
21:59c'est terrible.
22:00Je ne pense pas
22:00qu'il reste assez
22:01de capital politique
22:02à ce gouvernement
22:03pour résoudre la situation
22:04ou de capital tout court
22:05par ailleurs.
22:06Je pense que c'est
22:07le pire moment.
22:08Ça arrive à la fin
22:08d'un mandat
22:09et franchement,
22:10ce pouvoir est trop faible
22:12pour pouvoir régler
22:13la question scolaire
22:14dans les faits.
22:15Mais il ne va pas reprendre
22:16du poil de la bête là.
22:18Non, non, c'est sûr.
22:19Mais c'est pour ça.
22:19On s'inquiète d'un cocktail.
22:21C'est vraiment
22:21un moment difficile.
22:21Un mouvement qui se durcit.
22:23Un pouvoir en fin de règne
22:24qui est faible.
22:25Des oppositions
22:26qui chacune
22:27essaient de tirer
22:28les marrons du feu
22:29parce que c'est
22:29une élection présidentielle.
22:31Et Nora Bussini,
22:31vous l'avez vu de près.
22:32Quand même,
22:33ce que vous dites ce soir,
22:35entendons ce que dit.
22:35C'est-à-dire qu'il y a
22:36une porosité
22:37avec certaines nébuleuses
22:40étrangères.
22:40Alors déjà,
22:41il va y avoir
22:42une porosité
22:43qui se questionne
22:43de la part d'agents
22:44d'influence du régime
22:45qui viennent viraliser
22:46et radicaliser
22:47un mouvement lycéen.
22:48On va avoir aussi
22:49un but de déstabilisation
22:52et d'affaiblissement.
22:53C'est une forme d'ingérence.
22:54Alors pourquoi on parle
22:55tant des ingérences russe
22:56et pas assez de celles-ci ?
22:57Mais d'ailleurs,
22:57c'est bien pour ça
22:58que l'Iran a eu
22:59l'outrecuidance quand même,
23:00on peut le souligner,
23:00de dire qu'il déplorait
23:01les violences qui étaient
23:02faites à l'encontre
23:04des lycéens
23:04quand on sait qu'il y a eu
23:04plus de 40 000 Iraniens
23:06tués il y a quelques mois
23:08par le régime.
23:08Ça c'est paradoxal.
23:09De l'autre côté,
23:10on peut aussi regarder
23:11la manière dont le Qatar
23:12par le biais d'Agi Plus
23:13Al Jazeera
23:14viralise depuis déjà
23:16plusieurs jours
23:17les mouvements militants
23:18et les mouvements lycéens
23:19et parait déjà à l'époque
23:21de gilets jaunes,
23:22gilets jaunes eux aussi.
23:23Et c'est pas pour rien
23:24que justement
23:24on voit une autre date
23:25qui se dessine,
23:25la date du 17 octobre
23:27qui est intéressante,
23:27on la voit venir
23:28sur des boucles télégrammes,
23:29sur des notes de veille
23:29où il y a une volonté
23:30de faire converger la Genezed
23:32avec les gilets jaunes.
23:33Et c'est pas pour rien justement
23:34et c'est pour ça
23:34que le parallèle
23:35est très juste
23:36les revendications des lycéennes.
23:37Moi des lycéens,
23:38moi je les entends tout à fait,
23:39j'ai été propre,
23:39j'ai même été surveillante
23:40en Rep Plus.
23:41Donc je sais très bien
23:42de quoi ils parlent.
23:43Le gros problème
23:43c'est quand on voit
23:44ces mouvements-là
23:45organisés qui s'agrègent,
23:46leur but n'est pas
23:47seulement celui-ci.
23:48Le but de certains collectifs
23:49et je l'explique dans mes enquêtes
23:50en les citant précisément,
23:52c'est aussi de dire
23:53nous avons dans le visage
23:54la loi de 2004.
23:54Le 2004
23:55sur le port du signe religieux.
23:57Ils mettent dans le même temps
23:58des revendications légitimes
23:59comme la vétisté
24:00des établissements scolaires.
24:01Le manque de VSH,
24:02la pénurie d'enseignants,
24:04les problèmes avec Parcoursup
24:05avec le refus du port du voile
24:07dans les établissements scolaires
24:08ou de la BAYA.
24:09Et c'est là
24:10que se retrouve le problème.
24:11C'est comment on vient
24:12radicaliser un message légitime.
24:15Si je peux permettre
24:16juste une chose,
24:17moi ce qui m'interpelle quand même,
24:18tu as bien décrit
24:20le climat politique,
24:21c'est qu'est-ce qui fait
24:22qu'un homme à terre
24:24on le lynche ?
24:26Qu'est-ce qui fait
24:26qu'une femme
24:28on va l'asperger de feu
24:30ou un professeur
24:30on va lui verser de l'essence ?
24:32On a quand même
24:33franchi des crans
24:34dans la violence
24:35et dans la déshumanisation,
24:36moi qui m'interpelle directement.
24:38Où a-t-on raté
24:40quelque chose
24:40de l'ordre de l'essentiel ?
24:41Est-ce que c'est
24:42dans les peines
24:43infligées ou pas ?
24:45Je m'interroge
24:45moi très souvent,
24:46je me dis
24:46pourquoi on n'inflige pas
24:48par exemple
24:50des peines de travaux
24:51d'intérêt général
24:52quand on a fait brûler
24:53un lycée,
24:54on te colle
24:55pendant deux ans
24:56et tu vas
24:57transporter du ciment.
24:58Pardon, je donne ça
24:59comme exemple
25:00mais vraiment
25:01je suis fondamentalement
25:02interpellé et inquiet.
25:04Non mais vous avez raison
25:05parce que parfois
25:05moi la plus grande angoisse
25:07aussi c'est qu'on s'habitue
25:08à tout cela
25:09parce qu'on les commente
25:10de jour en jour
25:11quand on vous a montré
25:12les images là
25:13du lycée dans la capitale
25:15il faut se rendre compte
25:16de l'angoisse
25:17qui a été celle des lycéens
25:18des personnels
25:19de l'éducation nationale
25:20de l'approviseur
25:21ils ont été confinés
25:22ils voyaient le feu arriver
25:23et si les portes
25:24n'avaient pas résisté
25:25on ne sait pas
25:26ce qui serait passé
25:26le drame a été évité de peu
25:28vous avez cité
25:28cette femme
25:29qui a été aspergée
25:30des sens brûlés
25:31au premier degré
25:32et qui voulait tout simplement
25:33protéger un abrébus
25:34ce professeur à la Ciotat
25:36on peut aussi citer
25:38évidemment ce lycéen
25:39qui perd la main
25:40rien ne doit justifier
25:41qu'un lycéen
25:42ait une main arrachée
25:43dans un mouvement
25:43comme celui-ci
25:44c'est pour ça aussi
25:45que les regards
25:46se tournent vers vous
25:47Jean-Christophe Couville
25:48est-ce que vous avez reçu
25:49à partir de là
25:50des consignes
25:51et de nouveaux ordres
25:54pour vous dire
25:54inflexions
25:55consignes de retenue
25:57mais consignes
25:57c'est discernement
25:58c'est-à-dire que c'est le terrain
25:59non mais ça j'espère que c'est tout le temps
26:00mais c'est tout le temps
26:01mais c'est le terrain
26:01c'est le terrain
26:02qui commande en fait
26:04le problème c'est
26:04qu'est-ce que vous avez en face de vous
26:06alors quand vous avez
26:06des lycéens pacifiques
26:07bien sûr qu'on ne va pas arriver
26:09balancer des grenades
26:10lacrymo
26:10histoire de dire
26:11tiens on va se rigoler
26:12aujourd'hui on va se faire du lycéen
26:14c'est n'importe quoi
26:14mais en fait en face de vous
26:15dès lors que vous avez
26:16effectivement une foule hostile
26:18et c'est aussi sur réquisition
26:20il y a des chefs d'établissement
26:21qui vous réquisitionnent
26:23pour venir libérer
26:24les entrées
26:25des établissements
26:27mais le problème de la jeunesse
26:28et on le voit nous
26:29en tant que policiers
26:30aujourd'hui il y a des gamins
26:31de 15 ans
26:31qui réalisent des contrats
26:33pour la DZ mafia
26:34enfin on ne découvre pas
26:35cette violence
26:35quand vous avez des matchs
26:37au Parc des Princes
26:38quand vous avez des soirées
26:40Ligue des Champions
26:40etc
26:41c'est la même jeunesse en fait
26:42qui vient et qui casse tout
26:44alors dedans il y a des lycéens
26:45il y a des collégiens
26:46il y a des œuvrés
26:47il y a tout ce que vous voulez
26:48mais le problème c'est
26:49qu'est-ce qu'on fait
26:49de cette petite partie
26:50de la jeunesse
26:52ça se passe dans des centres urbains
26:54c'est très particulier aussi
26:56comme décor
26:57ça ne se passe pas à la campagne
26:58effectivement
26:58qu'est-ce que vous voulez me dire ?
26:59il y a peut-être aussi
27:00un peu l'éducation
27:02parce que peut-être
27:02qu'à la campagne
27:03on a aussi d'autres éducations
27:04que dans les grandes villes
27:05où effectivement
27:06il y a beaucoup
27:07l'éducation de grosses agglos
27:09avec tous les bobos
27:10des centres sociaux aussi
27:13des endroits désœuvrés aussi
27:15qui sont laissés
27:16où l'État est parti
27:17et donc on a laissé la place
27:18notamment à des sociétés parallèles
27:20on n'arrête pas de le dire
27:21sur les plateaux
27:22aujourd'hui on le voit
27:23quand la police arrive
27:23c'est une bande rivale
27:24alors je ne dis pas
27:25que c'est que
27:25ici des gens
27:27des quartiers défavorisés
27:28qui viennent
27:29mais je veux dire
27:29c'est un mélange de tout
27:31et en fait c'est très gazeux
27:32et c'est compliqué de dire
27:33tiens ben voilà
27:34l'identité type
27:35du casseur
27:36qui vient ici
27:37le problème c'est qu'ils vont
27:39justement
27:39ces groupuscules
27:40moi je donne les noix
27:41à chaque fois
27:42Regen, Génération EDR
27:43etc.
27:43qui sont le dernier
27:44en place de dissolution
27:45vont utiliser ce discours
27:46en disant justement
27:47on nous marginalise
27:48il y a une forme de communautarisme
27:50qui s'installe
27:50et justement ils viennent de le dire
27:51nous on veut créer
27:52un syndicat lycéen
27:53uniquement pour les banlieues
27:54parce qu'on ne se sent pas
27:55représentés quand c'est le lycée
27:56Henri IV
27:57qui justement rejoint
27:58nos mobilisations
27:58et je pense que justement
27:59il faut faire attention
28:00à avoir d'un côté
28:01des personnes
28:02qui vont nous expliquer
28:03comme eux
28:03utiliser en permanence
28:04des violences policières
28:05qui peuvent par moment
28:07être ponctuelles
28:07comme le cas
28:08là on va le voir
28:09dans l'enquête
28:09qui va venir
28:09on va être prudent
28:11et de l'autre côté
28:12généralisant
28:12en disant
28:12toutes les violences policières
28:13et les discours
28:14qu'on entend justement
28:15qui sont portés
28:15c'est l'Etat est contre nous
28:17et ça c'est ce problème là
28:18qui vient justement
28:19fracturer
28:19et le but c'est fracturer
28:20l'entièreté d'une jeunesse
28:22contre l'Etat
28:23L'Etat est contre nous
28:23l'Etat est raciste
28:24l'Etat etc.
28:25Comment vous voulez
28:26enlever ça
28:28ça a infusé pendant des années
28:29et ça a infusé
28:30Et les réseaux sociaux
28:34bien sûr qu'on peut
28:35en être en soutien
28:37du peuple palestinien
28:39mais
28:40avec une forme de
28:40une prolifération
28:42des drapeaux palestiniens
28:43c'est vrai qu'on peut
28:44se poser la question
28:45de la proximité
28:46avec des revendications
28:47lycéennes
28:48Mais vous évoquiez
28:49tout à l'heure
28:50mai 68
28:50Sonia Mabouk
28:51parce qu'effectivement
28:52c'est l'argument
28:53qu'a utilisé
28:54Jean-Luc Mélenchon
28:55pour dire maintenant
28:56il faut faire attention
28:56parce qu'un ordre
28:57plus dur que l'ordre
28:58va intervenir
29:00sauf qu'il y a un paramètre
29:01aussi dont il doit
29:02tenir compte
29:03et dont il tient compte
29:04c'est qu'il risque
29:04d'être débordé
29:05par une base
29:06qu'il aura lui-même
29:07au fond
29:08chauffé à blanc
29:09Si on parle
29:10de votre domaine
29:12Madame Bussigny
29:12ces groupes
29:13que vous mentionnez
29:14en fait
29:15les troupes
29:15moi je les connais
29:16c'est très peu de gens
29:16en réalité
29:17ce qu'est devenu
29:18les enfants du NPA
29:19c'est 400 personnes
29:21parfois sur ces plateaux
29:22on peut voir ici
29:23Madame Elsa Marcel
29:24qui défend révolution permanente
29:25c'est peut-être
29:25800 personnes à tout casser
29:26le NPA
29:27s'il soutient LFI
29:28cette année
29:28c'est parce qu'ils sont
29:28incapables d'y aller
29:29c'est absolument pas
29:30parce qu'ils ont tout d'un coup
29:31l'impression que l'urgency est là
29:32c'est que juste
29:32ils n'ont plus les troupes
29:33pour le faire
29:33Le NPA
29:34Je ne vous dis pas
29:37qu'ils n'ont pas d'audience
29:37je vous dis simplement
29:38que s'ils avaient
29:39une influence si grande
29:40ils auraient des troupes
29:40un peu plus importantes
29:41que cela
29:41ce que je note
29:42c'est qu'il y avait avant
29:43une gauche très organisée
29:44et très revendicative
29:45avec la CGT
29:45avec plein de choses
29:46etc
29:46ça n'a pas été
29:48ça a reculé
29:49en même temps que ça a reculé
29:50l'influence des Black Bloc
29:51etc a pris de la force
29:52ce qu'on disait
29:52sur les manifs de 2015
29:532016
29:54M.Judy vous aviez raison
29:55ça a commencé
29:55à un peu être plus tendu
29:57etc
29:57c'est qu'il y a eu
29:58un appel d'air
29:59c'est-à-dire que concrètement
29:59le service d'ordre de la CGT
30:01assurait moins
30:02l'organisation
30:03de ces mouvements de protestation
30:04et de sa sécurité aussi
30:05et ça a été débordé
30:06par d'autres personnes
30:07qui vont favoriser
30:08l'extraction rébellion
30:09et ce genre de choses-là
30:09c'est un vrai sujet
30:10vous savez
30:11ces discussions sur la violence
30:12je les ai depuis tellement longtemps
30:13je sens qu'on pourrait
30:15parler d'autres choses
30:15pas du tout
30:16au contraire
30:16vous les avez depuis tellement longtemps
30:17mais véritablement
30:19il y a un moment de bascule
30:20parce que quand on s'en prend
30:20directement à un professeur
30:23ça n'arrivait pas
30:24il y a quelques années encore
30:26donc là
30:27par rapport
30:27même aux émeutes
30:28que nous avons connues
30:29il y a un phénomène nouveau
30:29et permettez-moi
30:30parce que nous venons
30:31de recevoir une vidéo
30:32à l'instant
30:33c'est important
30:33autour de Lens
30:34alors je vais préciser
30:35à nos téléspectateurs
30:36c'est une vidéo
30:37qui est extrêmement courte
30:38c'est vraiment quelques secondes
30:40évidemment
30:41il ne s'agit pas de voir
30:42ce qui est arrivé
30:44malheureusement
30:44à ce jeune homme
30:45mais de se rendre compte
30:47aussi de la
30:47comment dire
30:48de la charge
30:48de la détonation
30:49vous avez parlé vous-même
30:50d'une grenade
30:51assourdissante
30:52assourdissante
30:53160 décibels
30:55voici ce que cela peut donner
30:583 mots
30:59il ne faut rien faire
31:00si on regarde
31:04oui
31:05en fait le but recherché
31:06justement
31:07c'est l'effet de sidération
31:08et pour faire fuir
31:10j'allais dire
31:11les manifestants
31:12hostiles
31:13ce n'est pas
31:13les manifestants classiques
31:14etc
31:15donc quand il y a
31:16un attroupement
31:16qui commence effectivement
31:17à vous lancer
31:18des objets
31:19et autres divers
31:20sur instruction
31:21encore une fois
31:21vous lancez ça
31:23il faut comprendre
31:24que dans le domaine
31:25de l'utilisation
31:26de la force
31:26le premier grade
31:27c'est la force physique
31:28entre guillemets
31:29c'est à dire
31:29vous allez au contact
31:30vous avez des tonfas
31:31ou des matraques
31:31et donc ça
31:32c'est la première gradation
31:34la deuxième gradation
31:35effectivement
31:36c'est les lanceurs d'eau
31:37d'ailleurs
31:37on les demande
31:38nous les lanceurs d'eau
31:38parce que sur des points
31:39très très chauds
31:40mais comment vous expliquez
31:41que vous ne les ayez pas
31:42mais parce qu'encore une fois
31:43c'est une décision politique
31:44c'est une décision politique
31:45on l'a demandé
31:46depuis la semaine dernière
31:47mais oui mais c'est incroyable
31:49tout est inflammable
31:50oui
31:50un mouvement de jeunesse
31:52dans des centres
31:53villes très
31:54c'est urbain
31:55c'est un contexte particulier
31:56et vous n'avez pas
31:57les armes proportionnées
31:58c'est quand même assez incroyable
31:59un lanceur d'eau en fait
32:00vous arrosez tout le monde
32:01ils sont mouillés
32:01ils vont rentrer chez eux
32:02terminer au revoir
32:03et encore une fois
32:04c'est pas pour les lycéens
32:05qui ont le droit
32:06de s'exprimer
32:07c'est pour les casseurs
32:09et pour ceux qui viennent
32:09pour en découdre
32:11voilà
32:11et donc en fait
32:12la gradation
32:12après vous avez
32:13les grenades
32:14et après
32:15les balles de défense
32:17voilà
32:17enfin les
32:19mince j'en ai oublié
32:20les LBD
32:21les LBD
32:22mais qu'est-ce qui va
32:22demain
32:23très probablement
32:24et on entendra tout à l'heure
32:25une porte-parole
32:26des étudiants
32:27donc
32:28est-ce qu'il va y avoir
32:28une coagulation
32:29comme on dit
32:30en tous les cas
32:31une convergence des mouvements
32:32les étudiants
32:33en partie
32:33rejoindront le mouvement
32:34des lycéens
32:35j'ai même entendu
32:36des appels
32:36des appels
32:37pour les collégiens
32:38ça en parle
32:39de gamins de 11 ans
32:40donc il y a une véritable volonté
32:42comme vous l'avez dit
32:43Bruno Jody
32:43pour que cela prend
32:44la question que l'on pose
32:46est-ce qu'il peut y avoir
32:47encore une réponse politique
32:48à la hauteur
32:49des demandes
32:50monsieur Gabriel Anson
32:52vous parlez des moyens
32:53on est tous d'accord
32:54même si certains
32:55il faut bien le dire
32:55on a vu certains établissements
32:57qui ont pris feu
32:57et qui avaient tous les moyens
32:58nécessaires
32:59Nantes
32:59c'est vrai
33:00Nelson Mandela
33:00à Nantes
33:01qui a été entièrement refait
33:02avec les bois
33:03à la verrière
33:03je suis d'accord
33:04avec vous
33:04absolument
33:04en tout cas
33:05moi je suis persuadé
33:06une chose
33:07ce serait très bien
33:08qu'il y ait une gradation
33:08des moyens
33:09c'est sûr et certain
33:09mais ce n'est pas la police
33:10qui va mettre fin
33:11à une crise qui est politique
33:12et une crise aussi
33:13de priorité de société
33:14c'est-à-dire que
33:15voilà
33:15je le dis un peu comme ça
33:17pardonnez
33:17j'espère pas trop choquer
33:18ceux qui nous écoutent
33:19la France est première
33:20sur le repos
33:20le repos des personnes âgées
33:22notamment
33:22et on est 28ème sur l'école
33:23voilà sur les jeunes
33:24il y a un problème
33:25on ne peut pas faire
33:25ces arbitrages indéfiniment
33:27sur les 11 points de PIB
33:28qu'on gagne
33:28on en a consacré 9
33:29à la préservation
33:30de notre système de retraite
33:31et très très peu
33:32en fait pour la jeunesse
33:33c'est un plus bel avenir
33:33alors qu'on a besoin
33:34de monter en compétences
33:35c'est l'ère de l'IA
33:36qui arrive
33:36si la machine est plus intelligente
33:38que nous
33:38qu'est-ce qu'on va faire ?
33:39L'école est la priorité
33:40on a déjà raté tellement d'étapes
33:41Non mais c'est vrai
33:42qu'il y a une question
33:43de répartition des moyens
33:45on les a beaucoup plus attribués
33:48aux personnes âgées
33:49qu'aux jeunes
33:49c'est évident
33:50mais maintenant
33:51le problème c'est qu'on est
33:52en fin de mandat
33:53on a un pouvoir politique
33:54qui est faible
33:54mais il reste 7 mois
33:55avant l'élection présidentielle
33:57c'est l'insurrection
33:58l'élection
33:59et on a un pouvoir
34:01qui est quand même
34:01assez absent
34:02alors pour l'instant
34:02on a le ministre de l'éducation
34:03et le ministre de l'intérieur
34:04qui sont en première ligne
34:06le premier ministre
34:07je trouve
34:07va devoir
34:09monter en première ligne
34:11parce que de toute façon
34:11il n'aura pas le choix
34:12qui connaît monsieur
34:13le ministre de l'éducation nationale
34:14non mais c'est à eux
34:15de les recevoir
34:16ça va être à eux
34:16de les recevoir
34:17il y a un dialogue
34:18qui s'est amorcé
34:19ils ont en tête les jeunes
34:20tous Gabriel Attal
34:21ils en parlent en boucle
34:22je ne parle pas
34:23que des réseaux sociaux
34:24dans les revendications
34:24ils disent
34:25Gabriel Attal
34:26ils parlent tout le temps
34:26justement de sa circulaire
34:28sur la question de là-bas
34:29il y a un des reproches
34:30qu'il faut dire encore
34:30que Gabriel Attal
34:31est toujours ministre de l'éducation
34:32alors qu'il y a eu
34:34ça existe mais c'est pas tous
34:35mais ça c'est pas tous
34:37ce que je veux juste dire
34:39c'est qu'ils reprochent plus
34:40ils ne l'ont pas en tête
34:40ce ministre de l'éducation
34:41il y a les maires
34:44les élus
34:46on peut citer deux élus
34:47d'ailleurs si je puis dire
34:49des deux côtés
34:50pas de la barricade
34:51mais qui ont des positions
34:52évidemment très différentes
34:54Bali Bagayoko
34:55à Saint-Denis
34:55vous avez vu
34:56il y a une véritable
34:57quoi qu'on en pense
34:58il y a une forme
34:58il y a une notoriété
34:59auprès des jeunes
35:00il y a une compréhension
35:03et puis
35:04vous avez celui
35:05qui a fait la leçon
35:06aujourd'hui
35:07à Béziers
35:07le maire Robert Ménard
35:09il n'a pas hésité
35:09il est descendu dans la rue
35:10il est allé leur parler
35:11il leur a dit
35:11mais moi aussi
35:12moi aussi je suis parent
35:13moi aussi j'ai des enfants
35:14du même âge
35:14vous croyez que je ne comprends pas
35:16regardez cette séquence
35:45alors vous allez me dire
35:46quel résultat
35:46mais il s'interpose
35:48il est entre les
35:48Bali Bagayoko
35:49il l'avait fait aussi
35:50il avait été accusé à tort
35:51d'avoir incendié une poubelle
35:53alors qu'il était en train
35:54d'éteindre l'incendie
35:55mais le problème
35:55dans le cas de Bali Bagayoko
35:56c'est qu'il va faire
35:57quelque chose comme ça
35:57il se mobilise
35:58il vient voir
35:58il est venu dimanche
35:59pour le coup voir
36:00les jeunes qui s'étaient réunis
36:01à Saint-Denis
36:01pour faire une conférence de presse
36:02mais de l'autre côté
36:03il désarçonne
36:04parce qu'il dit
36:04qu'il estime que la violence
36:06peut je cite
36:06être légitime
36:07et c'est ce qu'il fait
36:09irrémédiablement
36:09qui braque
36:10d'autres médecins
36:11elle est fondamentale
36:12cette phrase
36:12et même si après
36:13il dit
36:13même si c'est mieux
36:14de l'éviter
36:15c'est qui a encore
36:17le monopole
36:18de la violence légitime
36:19si ce n'est plus l'État
36:20que reste-t-il
36:21dans notre pacte social
36:22monsieur Domenac
36:23que dit le pacte social
36:24que c'est à l'État
36:25de protéger les citoyens
36:27parce que justement
36:27on lui a confié
36:28ça pour pas se faire justice
36:30soi-même
36:31alors si ça
36:31c'était bréché
36:32qu'est-ce qui reste
36:33dans notre société ?
36:33c'est une question fondamentale
36:35qu'on va devoir poser
36:36alors j'emploie pas
36:37tout à fait
36:38la même expression que vous
36:39je dis
36:40la force
36:41la force est légitime
36:43c'est pas la violence
36:43c'est pas tout à fait
36:44il y a une notion
36:46une différence sémantique
36:47qui est importante
36:48parce que
36:48bon on est d'accord
36:49vous êtes totalement d'accord
36:50mais qui l'a encore ?
36:53est-ce que demain
36:54quand il y aura
36:54à la fois
36:55probablement on verra
36:56peut-être des étudiants
36:57les mêmes mouvements
36:58on l'espère
37:00est-ce qu'on peut dire
37:00moins de violence
37:01en tout cas
37:01quand il y aura
37:02des débordements
37:03aujourd'hui
37:03est-ce que
37:04ce sera le même
37:05maintien de l'ordre
37:06est-ce que ce sera
37:06les mêmes méthodes
37:09d'intervention
37:10ou est-ce que demain
37:10vous vous dites
37:11on vous dit
37:12surtout attention
37:13s'il se passe quelque chose
37:15demain et qu'il y a un drame
37:16c'est terminé
37:16tout basculer
37:17non mais on nous le dit
37:18en filigrane
37:18forcément
37:19on dit attention
37:19en gros c'est débrouillez-vous
37:20pour que ça se passe bien
37:22donc ça c'est ce que vous avez
37:23vous avez dit ça
37:25ça veut dire quoi
37:25c'est-à-dire lever le pied
37:27c'est pas lever le pied
37:28encore une fois
37:28c'est du discernement
37:29faites attention
37:30et c'est surtout
37:30sur le moment
37:31c'est sur le terrain
37:32mais encore une fois
37:33on est en train de parler
37:34moi ça m'agace
37:35de comparer des violences
37:37et donc il y a la violence
37:38effectivement
37:39qui est légitime
37:39encadrée par la loi
37:40parce que c'est
37:41on est dans une démocratie
37:42et on rend des comptes
37:43si on ne respecte pas
37:45cette violence-là
37:45entre guillemets
37:46ou la force
37:47et c'est l'emploi de la force
37:48et de l'autre côté
37:48on met toujours la violence
37:49en disant oui
37:50mais ils ont le droit
37:50parce qu'ils manifestent
37:53leur colère
37:53et de toute façon
37:54aujourd'hui
37:54pour se faire entendre
37:55et les jeunes le disent
37:56si on ne se fait pas des blocus
37:57et si on ne va pas au contact
37:58de toute façon
37:58on ne nous écoute pas
37:59une espèce de condescendance
38:00d'État
38:01de plein de personnes
38:02des partis politiques
38:03etc.
38:04qui ne donne pas d'importance
38:05justement à des jeunes
38:06qui ne rêvent que de s'exprimer
38:07les jeunes aujourd'hui
38:08à mon avis
38:08sont plus politisés
38:09qu'à une certaine époque
38:10c'est crucial ce que vous venez de dire
38:11vous dites que concrètement
38:12c'est-à-dire que
38:13comment exister
38:14dans la compétition des attentions
38:15voilà
38:16est-ce que c'est posséder
38:16une chaîne de télévision
38:17est-ce que c'est faire
38:18le spectacle sur TikTok
38:18est-ce que c'est faire
38:19et bien en fait
38:20ils utilisent des codes
38:21qui sont
38:21alors
38:22attendez c'est très important
38:23donc l'absence d'opportunité
38:24pour se faire entendre
38:25c'est la clé
38:26vous êtes en train de dire
38:27qu'en France
38:27pour se faire entendre
38:28il faut être violent
38:29non je suis contre ça
38:30absolument
38:31non non
38:32vous ne légitimez pas ça
38:33mais ce que je dis
38:34je vais mieux m'exprimer
38:35après les gilets jaunes
38:37est-ce qu'on a installé l'idée
38:38qu'on ait entendu
38:39que si on devient
38:40malheureusement violent
38:41non mais là
38:42il y a une issue terrible
38:42parce qu'imagine
38:43le gouvernement plie
38:43après des violences
38:44qui soient encore pires
38:45que c'est aujourd'hui
38:45imaginons
38:46c'est un précédent horrible
38:47parce qu'on finira par
38:49un mois de gilets jaunes
38:50c'est un chèque 11 milliards
38:51à la fin du mois de décembre 2018
38:54en fait d'une certaine façon
38:55c'est pas pour être fataliste
38:55mais le mal est largement fait
38:56c'est-à-dire que la question
38:57de l'écoute de la jeunesse
38:58est clé
38:59quel est le parti politique
39:00où vous avez le sentiment
39:00qu'ils ont fait de la jeunesse
39:01franchement c'est une tarte à la crème
39:03des discours de
39:03je le fais pour nos enfants
39:04mais qui vraiment concrètement
39:05a fait les arbitrages budgétaires
39:06en faveur de la jeunesse
39:08personne
39:08voilà c'est ça la clé
39:09donc il y a l'offre politique
39:10et aussi est-ce qu'on a
39:11des institutions
39:12qui sont conçues
39:13pour faire valoir
39:13l'intérêt de l'avenir
39:14est-ce qu'on a
39:15moi souvent ce que je dis
39:16sur les intérêts de la jeunesse
39:16c'est quand on est jeune
39:17on n'a pas encore eu le temps
39:18de bien comprendre
39:19ce qui se passe
39:19et une fois qu'on cesse
39:20d'être jeune
39:20peut-être qu'on n'a pas intérêt
39:21à ce que les choses changent
39:22voilà c'est quand même ça
39:23qu'il y a ces terribles
39:23il faut vraiment que les adultes
39:25et les plus âgés
39:25s'en occupe et les défenseurs
39:26c'est un point majeur
39:27alors parmi les vidéos
39:29qui nous arrivent
39:31regardez celle-ci
39:32effectivement c'est un jeune
39:33qui est interpellé
39:34à qui les menottes sont passées
39:35ou en passe de lettres
39:36on va la découvrir ensemble
39:38et regardez sa réaction
39:52il prend la fuite
39:54on voit les forces de l'ordre
39:55derrière lui
39:56qui finissent par l'interpeller
39:58les encouragements à côté
40:01en tous les cas
40:02pour l'aider entre guillemets
40:04dans sa fuite
40:05c'est aussi ça
40:06la réalité que vous avez
40:08sur le terrain
40:09oui bah oui
40:09alors après c'est le jeu
40:10du chien à la souris
40:11c'est-à-dire qu'on l'interpelle
40:12il prend la poudre d'escampette
40:14je veux dire
40:14ça a toujours été comme ça
40:16mais moi ce qui me choque
40:17encore une fois
40:18c'est cette jeunesse-là
40:19qui aujourd'hui
40:20on l'a déjà dit
40:21sur de la violence etc
40:22qui est complètement désinhibée
40:23en fait ils n'ont plus de repères
40:24ces gamins
40:25il n'y a plus de cadre
40:26alors soit le cadre familial
40:27a explosé
40:28et n'est pas capable
40:28de leur donner ce cadre-là
40:29soit la société elle-même
40:31n'est pas capable
40:31et surtout c'est la réponse pénale
40:33où est le gouvernement ?
40:34où sont les parents ?
40:35en fait c'est l'inconnu
40:37c'est les parents
40:38où est-ce qu'ils sont ?
40:39la question je pense
40:40qui va se poser demain
40:41ça va être de savoir
40:42est-ce que les lycéens
40:43vont pouvoir porter leur message
40:44qui initialement
40:45on le répète primordial
40:47moi ce qui m'inquiète énormément
40:48là qu'on joue à des vidéos
40:48mais ça dépend de qui
40:49Nora Bussini ?
40:50ça dépend de qui ?
40:51ça dépend de
40:52il y a beaucoup de lycéens
40:54qui étaient là
40:54pour porter un message
40:55de vétusté
40:56qui sont par des vidéos
40:58qui sont extrêmement précises
40:59de pénurie d'enseignants
41:01le problème avec Parcoursup
41:02qui ne date pas d'hier
41:03évidemment
41:03le vrai problème
41:04moi qui m'inquiète beaucoup
41:05ce sont
41:05là on a vu cette vidéo
41:06que vous venez de nous montrer
41:07on n'a pas de contexte
41:08on sait très bien
41:09que ça va se passer
41:10très vite sur les réseaux sociaux
41:11alors on va avoir des drames
41:12terribles comme le cas
41:13de ce jeune homme
41:14qui vient justement
41:15de perdre une main
41:15mais je vais vous donner
41:16un autre exemple
41:16sur les réseaux sociaux
41:17il y a quelques jours
41:18il y a une vidéo
41:19qui a été publiée
41:20par Révolution Permanente
41:21qui montrait
41:22un malinois
41:22un chien
41:23en train de courser des jeunes
41:24et les vidéos disaient
41:25et mon dieu ça y est
41:26les flics lâchent
41:27les chiens sur les jeunes
41:28heureusement
41:28le préfet a immédiatement
41:30spécifié
41:30qu'il s'agissait d'un particulier
41:31dont le chien
41:32par peur du mouvement de fule
41:33le a échappé
41:34il ne s'agissait pas
41:34de la brigade canine
41:35et le problème
41:36c'est que ces vidéos là
41:37vont tellement vite
41:38dans la désinformation
41:40que moi je suis très inquiète
41:41que des mouvements légitimes
41:42comme demain initialement
41:44soient immédiatement
41:45récupérés, instrumentalisés
41:46viralisés
41:47avec une désinformation
41:48qui va avec
41:48effectivement la crainte
41:50est réelle
41:50merci à vous
41:51pour vos analyses respectives