00:01Mais tout d'abord, place à Robert Ménard face à vous. On accueille comme tous les dimanches le maire de
00:06Béziers avec nos éditorialistes qui nous rejoindront dans un second temps.
00:11Pour vous interpeller, monsieur le maire, bonsoir Robert Ménard.
00:15Bonsoir Sonia Mabouk.
00:15Installez-vous beaucoup d'actualités désormais avec cette campagne.
00:19Et tout d'abord, ce sont des images qui ont suscité beaucoup, beaucoup de commentaires d'importantes violences urbaines qui
00:26ont secoué dans la nuit de samedi à dimanche la ville de Saint-Pierre-des-Corps en Indre-et-Loire
00:30après une collusion entre un véhicule de police et le conducteur d'un scooter qui refusait d'obtempérer.
00:36La situation a rapidement dégénéré. Des petits groupes violents s'en sont pris aux forces de l'ordre et leur
00:41ont lancé des projectiles.
00:42Ces violences sont devenues très rapidement également hors de contrôle. Elles ont nécessité l'envoi de deux sections de la
00:48CRS 8 en renfort avec l'appui également d'un hélicoptère dans la gendarmerie.
00:54Comment vous réagissez, Robert Ménard, à un tel déchaînement de violences, à cet aspect aussi brutal contre les forces de
01:00l'ordre ?
01:02C'est des petits saligots. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
01:06Saligots, ça rappelle les sauvageons de Jean-Pierre Chevenne.
01:08C'est gentil. Je pourrais dire des petites craptules, des petites frappes. Je ne vais pas en trouver des synonymes
01:17faits.
01:17J'en rencontre, évidemment, comme tous les maires. Dieu merci, il n'y a pas cette violence-là.
01:23Attendez, comment vous pouvez accepter ? Parce que j'ai entendu les commentaires après.
01:27Les commentaires d'un certain nombre de gens, toujours les maires.
01:29Ceux qui manifestent, vous savez, ils ne veulent pas le droit de tuer, comme si la police allait tuer les
01:34gens.
01:34– On va en parler. – On va en parler. Il a été blessé, j'espère qu'il s'en
01:39sortira, ce gamin.
01:41Attendez, ce soir-là, il y a eu neuf policiers et gendarmes qui ont été blessés.
01:46Ceux-là, on en parle ? On en parle ? Vous savez combien il y a de gendarmes qui ont
01:51été blessés l'an dernier ?
01:53Plus de 10 000. On a dépassé les 10 000. Dessus, il y en a 3 000. C'est pour
02:00des violences volontaires.
02:02Vous savez ce que c'est, 3 000. Et je ne parle pas de la police, c'est des milliers
02:06aussi. Et on va continuer à accepter ça ?
02:09– Qu'est-ce qu'il faut alors, mis à part d'abord rétablir l'ordre ? Et on verra
02:12quelle est la situation sur place ce soir.
02:14Il faut une réponse judiciaire, pénale, à la hauteur ?
02:16– Mais attendez, moi, je ne dis pas que c'est facile. C'est trop facile de dire « j
02:21'ai les solutions » si c'était si simple que ça.
02:23Mais quand même, attendez, vous n'avez pas remarqué ? La plupart des gens, il y en a 5, je
02:29crois, qui sont en détention.
02:31Et en plus, un policier, comme si tout ça…
02:33– Le conducteur du véhicule.
02:34– Comme si tout ça était au même niveau. Mais passons là-dessus.
02:37J'attends de voir combien de fois ces gens ont été arrêtés et combien de fois ils ont été condamnés.
02:44Mais je vous rappelle, il faut le dire.
02:45– D'accord, vous voulez voir, entre guillemets, leur pédigré ?
02:47– Mais oui, mais attendez, mais en plus, le problème, c'est quoi, madame ?
02:51Aujourd'hui, si vous êtes condamné à moins d'un an de prison, vous, vous n'irez pas en prison.
02:57C'est ça, la réalité.
02:59Aujourd'hui, moi, j'ai été, une fois, juré.
03:03Je me rappelle, au moment de la délibération, la magistrate…
03:05– Juré populaire ?
03:06– Oui, donc c'est une expérience, évidemment. De toute façon, tu ne peux pas dire non.
03:10Donc tu y vas. Et la magistrate nous faisait remarquer.
03:13Ah, mais si vous condamnez à 10 ans, il n'en fera que 5.
03:17Donc réfléchissez à ce que vous voulez vraiment comme condamnation.
03:20Et là, vous avez tout un tas de gens qui sont condamnés une fois, deux fois, trois fois, quatre fois,
03:26cinq fois
03:27et qui ne vont pas en prison, madame.
03:29Madame, le problème de base, ce n'est pas une nouvelle loi, ça ne sert à rien.
03:35On arrête avec ça. Ce n'est pas un référendum.
03:37C'est juste… Il faut construire des places de prison.
03:40– Avant de construire des places de prison, et on sait la complicité dans le sens où certains maires, Robert
03:44Ménard,
03:45et vous nous direz si c'est le cas, disent « pas chez moi ».
03:47Mais ça, on va le voir.
03:48Nous sommes sur place avec Mathéo Fromier pour voir aussi quelle est la situation sur place.
03:53Le maire de la commune à Saint-Pierre-des-Cors a appelé au calme et à la « sérénité ».
03:59D'ailleurs, vous êtes Mathéo avec le maire. J'imagine qu'il renouvelle cet appel ce soir.
04:05– Oui, exactement. Je suis avec le maire de la commune.
04:10Écoutez, la journée était plutôt calme aujourd'hui, la matinée et l'après-midi également.
04:14Monsieur le maire, expliquez-nous. Faites-nous un peu le point sur cette journée.
04:17Comment ça s'est passé ? Quelles ont été vos missions ?
04:20– Déjà, dans un premier temps, de faire en sorte qu'on nettoie tous les stigmates de ce qui s
04:23'est passé cette nuit.
04:24Donc, nettoyer les rues, de ramasser tous les détritus, tout ce qui était brûlé.
04:31Et puis après, de rassurer, d'avoir un discours d'apaisement.
04:36Donc surtout, je me suis enquéri aussi de l'état de santé du jeune,
04:39mais aussi des policiers qui ont été blessés.
04:41Et de savoir aussi au niveau des pompiers si tout allait bien.
04:45Donc voilà.
04:46Après, on a une journée qui s'est plutôt bien passée dans l'ensemble.
04:50Et voilà.
04:52On a encore un appel au calme de la famille pour ce soir.
04:56Maintenant, on va faire en sorte que ça se passe bien.
04:59– Justement, ce soir, comment est-ce qu'on la sent ?
05:02Est-ce qu'il y a peut-être des moyens qui sont mobilisés ?
05:04Au cas où, j'ai envie de dire, il se passe quelque chose ?
05:06– Oui, tout à fait.
05:07Donc, j'ai eu le préfet ce matin.
05:09Donc, il y a des moyens qui sont mobilisés.
05:12Pas que sur Saint-Pierre, mais aussi sur les quartiers de Tours et de Jouer-les-Tours.
05:16Puisqu'on a eu, en fait, ça fait tâche d'huile hier soir.
05:18Donc là, on a des équipes, des équipages qui sont disposés un peu partout
05:26pour essayer d'assurer la tranquillité publique dans la ville.
05:30– Merci beaucoup, M. le maire.
05:32Très bonne soirée à vous.
05:33Écoutez, voilà, encore, l'enquête est en cours, justement,
05:36pour bien comprendre les circonstances de ce qu'il s'est passé hier soir.
05:40Le jeune est hors de danger et sera bientôt auditionné.
05:44– Merci, Mathéo Frommier.
05:46Merci à M. le maire.
05:47On peut noter, Robert Ménard, pour qu'il y ait tranquillité,
05:51combien de renforts nécessaires ?
05:53On pense aussi à ceux qui ramassent, à ceux qui effacent les stigmates,
05:55comme le maire l'a dit.
05:57– Oui, il faut ramasser, là, tout le monde.
05:58– Évidemment, ce soir et demain.
06:00– Madame Mabouc, le problème, c'est qu'en plus,
06:02c'est dans des quartiers, souvent des quartiers difficiles,
06:04où les gens eux-mêmes ont déjà plein de problèmes.
06:07Et en plus, ils ont ces petits connards qui font des rôles urbains,
06:11des rôles urbains, parce que c'est ça, c'est comme ça que ça a commencé.
06:14Et ensuite, les mêmes, ils ont brûlé, en dehors des véhicules de la police,
06:18il y en a eu deux, 25 véhicules, c'est-à-dire ils s'en prennent,
06:21ces espèces d'abrutis, ils s'en prennent aux voitures,
06:25des gens du quartier, c'est-à-dire que tu supportes ces gens-là,
06:28et en plus, ces gens-là, qui sont souvent, pardon,
06:31tes enfants ou les amis de tes enfants,
06:33ils foutent le feu au véhicule, et on va accepter ça.
06:36– Et sans doute, Robert Ménard, que ceux qui ont attaqué,
06:39peut-être, parmi ceux qui ont attaqué ces forces de l'ordre,
06:43parmi eux, beaucoup sont réceptifs au slogan, entre guillemets, évidemment,
06:47« la police tue », et justement, vous en avez parlé tout à l'heure,
06:50il y a eu plusieurs rassemblements aujourd'hui qui s'inquiètent
06:53au sujet de la loi sur la présomption de légitime défense des policiers.
06:56Je vous propose d'écouter Mathilde Panot,
06:59et écouter le choix des mots également de Mathilde Panot.
07:03– La France Insoumise est mobilisée partout dans le pays,
07:06aux côtés des plus de 160 organisations,
07:09à l'initiative de stop aux violences d'État,
07:12pour redire notre opposition totale et absolue au permis de tuer XXL.
07:16Nous devons faire échouer cette loi,
07:18et la première des revendications que nous portons,
07:21c'est d'exiger que cette proposition de loi
07:23ne soit pas inscrite à l'ordre du jour du Sénat.
07:26Nous devons la faire échouer parce qu'elle met en jeu
07:29les principes fondamentaux de notre État de droit.
07:32Nous devons la faire échouer parce que la police tue déjà,
07:35et que si cette loi passe, elle tuera encore davantage.
07:40– Permis de tuer, dit Mathilde Panot.
07:43– Mais vous vous rendez compte ce qu'elle ose dire ?
07:45La police, elle tue, ok, ils le disent tous.
07:48– Ne faut-il pas malgré tout, sans aller jusque-là,
07:50mais des garde-fous, des protections ?
07:52– Mais Madame, ils y sont.
07:54Quel est le corps plus surveillé que la police ?
07:57Je veux dire, il y a des enquêtes sans arrêt,
07:59il y a des enquêtes sans arrêt, et c'est un problème.
08:02Pourquoi il faut absolument qu'ils ne soient pas soupçonnés
08:06systématiquement d'être responsables de ce qui s'est passé ?
08:08Mais vous avez discuté, comme moi, avec des policiers ou des gendarmes.
08:11Ils vous disent, le risque est tellement grand maintenant
08:14qu'on me montre du doigt, que j'hésite à tirer,
08:17que j'hésite à tirer, à me défendre, et ça me met en danger.
08:21C'est ça la réalité.
08:22Pardon, entre les petits voyous qui s'en prennent à la police,
08:25et la police, moi, je choisis la police.
08:28S'il y a des cas, Madame, s'il y a des cas,
08:30il peut y avoir des mauvais comportements,
08:32mais comme dans toutes les professions et tout,
08:34attendez, les sanctions, elles tombent systématiquement.
08:38Elles sont redoutables pour les policiers ou les gendarmes.
08:41Alors, simplement, Mathilde Panot,
08:44elle est tout le temps, tout le temps, comme son parti,
08:47du côté de ceux qui ne respectent rien
08:49et du côté de ceux qui cassent.
08:51– Mais vous estimez qu'il y a un contexte politique
08:54qui fait en sorte, Robert Ménard, que les policiers sont inhibés,
09:00qu'ils ne sortent pas leur arme pour se défendre.
09:02Attention, là, on parle vraiment de légitimement.
09:04– Bien sûr que ça pèse.
09:04– C'est le contexte politique qui est en train de sortir.
09:06– Attendez, mais vous vous rendez compte,
09:07quand vous entendez un parti, attendez, pardon,
09:10elle pourrait être demain, enfin son parti pourrait être au pouvoir.
09:14Dieu merci, j'espère que ça n'arrivera pas.
09:16– On verra, oui.
09:17– Ça, on verra, il y a un vote pour ça.
09:19J'espère que les gens, ils n'ont pas perdu toute raison.
09:22Mais attendez, c'est un vrai problème.
09:24Bien sûr que pour les policiers, c'est un danger comme ça.
09:27Et puis, c'était une bénédiction.
09:29Elle bénit ceux qui s'en prennent à la police.
09:32Ceux qui s'en sont pris, là, les neuf policiers qui ont été blessés.
09:35– Vous voyez un continuum direct entre les paroles
09:37de la France insoumise ou de Mathilde Panot
09:39et ceux qui cassent, ceux qui brûlent, ceux qui violentent,
09:41ceux qui agressent, ceux qui…
09:42– Bien entendu, et pourquoi ils font ça ?
09:45Parce qu'ils pensent, et ça, c'est une turpitude,
09:50ils pensent, elles, comme son parti,
09:52que dans les banlieues, leur électorat,
09:56il est sensible à ce discours-là.
09:58Mais pardon, moi je les connais dans ma ville,
10:00mais j'en connais ailleurs, leur électorat,
10:03enfin, ce qu'ils pensent être leur électorat,
10:05en gros, la population immigrée,
10:06pour aller vite en besoin des quartiers déficits.
10:08Mais elle a autant envie de tranquillité.
10:11– D'ordre, de tranquillité.
10:12– Mais bien sûr, moi je n'ai jamais entendu
10:15dans les quartiers difficiles de ma ville
10:16quelqu'un me reprocher mon attitude pro-police et tout.
10:20Jamais, jamais, jamais, jamais.
10:22C'est les familles qui déjà supportent des gosses
10:25qui se comportent comme ça, souvent c'est des gosses
10:27et qui n'ont qu'une envie, qu'une envie,
10:30c'est qu'on soit répressif.
10:32Ça veut dire qu'en plus, c'est un calcul cynique et stupide,
10:35parce que ça ne leur fera pas gagner une voix.
10:37Et méprisant, et méprisant, pour les gens de ces quartiers-là,
10:41dont ils pensent qu'en disant ce genre de propos,
10:43ils vont acheter leur vote.
10:45Mais c'est une plaisanterie.
10:46– Ça fera réagir forcément la France insoumise.
10:48Vous estimez quand même qu'il y a un signe d'égalité
10:50entre les paroles prononcées et les actes de l'autre côté.
10:53– Madame, quand vous dites la police tue et elle tuera davantage encore
10:58si il y a ce projet de loi, ça veut dire quoi ?
11:00C'est un blanc-seing que tu signes, un blanc-seing que tu signes,
11:03un blanc-seing, ce serait mieux, que tu signes à ces petits voyous.
11:08En disant, on sera toujours de votre côté.
11:10– Donc, pardonnez-moi, au permis de tuer de Mathilde Panot,
11:12vous vous dites que c'est un permis de casser, de violenter la police ?
11:15– Mais bien sûr que c'est ça.
11:17Moi, la seule chose que je souhaite, madame,
11:19c'est comme dans tous les pays du monde,
11:21c'est que la police, si elle fait des bêtises, si elle fait des bavures,
11:25elle soit sanctionnée.
11:26Mais dans ce pays, la police, elle est d'abord là pour assurer ta sécurité.
11:31Moi, je ne suis pas d'une naïveté telle que je me dirais,
11:34vivre dans ces quartiers, ce n'est pas plus difficile.
11:37Encore une fois, s'appeler Ali ou Mohamed,
11:39ce n'est pas plus difficile que de s'appeler Robert ou Charles.
11:43Bien sûr, je le sais.
11:44Mais tu ne donnes pas pour autant une espèce d'autorisation à te comporter mal.
11:49Attendez, ce qui s'est passé là,
11:50c'est des gens qui faisaient des rodeos urbains.
11:53Je les supporte.
11:54Moi, je prends les motos et on les détruit.
11:59Au moins comme ça, on ne va pas recommencer.
12:01C'est ça et ça a dégénéré.
12:03Vous avez vu, ils étaient à un moment donné 250.
12:06Et on va leur trouver des écrits.
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