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00:01La question qui dérange ce soir, où va l'argent et va-t-on vers un point de rupture ?
00:07Tandis qu'il y a eu deux réunions de crise tout à l'heure à Matignon,
00:10ce sont des annonces qui seront effectuées demain lors d'une conférence de presse.
00:16Sur ces sujets, je suis entourée d'Anne-Sora Dubois.
00:18Bonsoir, merci d'être là.
00:20Antoine Oberdorf nous a rejoint.
00:22Bienvenue à vous, bonsoir.
00:23Journaliste chez L'Opinion, Nicolas Domenac nous accompagne.
00:26Bonsoir, cher Nicolas, éditorialiste politique pour BFM TV.
00:30Et Bruno Jeudy, bonsoir à vous.
00:31Bonsoir, Sonia.
00:32Nous sommes également en ligne et en direct avec Agnès Verdier-Molinier,
00:35qui est directrice de la fondation IFRAP et auteur notamment du livre
00:39« Face aux murs » aux éditions de l'Observatoire.
00:42Le mur, justement, on a l'impression de le prendre, Agnès Verdier-Molinier.
00:46Mur de la dette, mur des prix des carburants.
00:49Est-ce que la question « Où va l'argent » vous paraît légitime ?
00:53Je le disais, nous sommes l'un des pays les plus taxés au monde.
00:55Les prix des carburants sont en train d'affoler tous les compteurs.
00:59La question vous semble-t-elle pertinente ?
01:02Oui, c'est la question que j'avais posée dans mon livre de 2023,
01:05qui s'appelait justement « Où va notre argent » ?
01:08Et je posais la question en expliquant qu'on dépensait tous les ans de plus en plus,
01:12et ça va continuer, Sonia, c'est ça qui est intéressant.
01:15C'est que même avec le budget 2027 qui est préparé par le gouvernement,
01:19on va encore avoir de l'ordre de 42 milliards de plus de dépenses en 2027 par rapport à 2026
01:25en milliards.
01:27Et où va l'argent ?
01:28C'est la question que devraient se poser les parlementaires, en fait.
01:32C'est eux, à l'Assemblée nationale, qui sont censés évaluer finalement l'utilisation de nos données publiques,
01:38que ce soit au niveau de l'État, de la sécurité sociale ou des collectivités locales.
01:42Ça fait pas mal d'années qu'à la Fondation IFRAP, on leur demande de regarder comment est utilisé l
01:47'argent public.
01:48Et on nous a souvent répondu « Mais c'est pas grave, c'est pas la peine de regarder vraiment,
01:52parce que plus on s'endette, moins ça nous coûte cher. »
01:55Le problème, c'est que maintenant, la fin de la partie arrive,
01:59parce que la charge de la dette est de plus en plus chère,
02:02et que finalement, à chaque fois qu'on dépense des euros en plus sur la charge de la dette,
02:06on ne va pas pouvoir les dépenser en éducation, pour les hôpitaux ou pour les retraites.
02:11Et là, on est au pied du mur, c'est ce que j'ai dit aussi dans mon livre «
02:14Face au mur ».
02:15Il faut regarder les choses en face, on ne peut pas dépenser plus, il va falloir dépenser moins,
02:20mais il va falloir aussi taxer moins.
02:22Et c'est toute l'équation très difficile qui est devant nous aujourd'hui,
02:27arriver à comprendre que ce n'est pas en taxant plus qu'on va résoudre le problème de notre économie.
02:33Agnès Verdier-Molinier, vous dites fin de partie, l'heure de vérité.
02:37Mais alors pardonnez-moi, c'est une situation inextricable.
02:40Comment on va faire pour faire encore des chèques ?
02:42Et vous le dites souvent, ce sont des chèques en bois, avec l'argent public qu'on n'a pas.
02:47C'est tout le sujet.
02:49Le problème, c'est d'arriver à ne pas dépenser plus, mais à taxer moins.
02:53Et c'est le problème, on le voit pour les carburants.
02:56On a plus de 50% de taxes dans le prix de nos carburants.
03:00Beaucoup de pays autour de nous ont eu moins de baisse de la consommation des carburants,
03:04et donc moins de baisse de leur rentrée fiscale afférente,
03:07parce qu'ils ont fait finalement des baisses d'impôts très rapides.
03:11Et nous, on ne veut pas faire ces baisses d'impôts parce que les caisses sont vides
03:14et qu'on ne sait pas comment s'en sortir.
03:15Et résultat, on préfère faire des chèques.
03:17Mais faire des chèques, ça dit aussi au reste des Français qui ne touchent pas de chèques,
03:21finalement, ne vous déplacez pas, n'utilisez pas votre voiture.
03:24Et donc, ne payez pas de TVA, ne payez pas d'accise.
03:27Et on voit d'ailleurs dans la situation mensuelle budgétaire de l'État
03:30qu'on a une baisse assez importante de 5,7% par rapport à l'année dernière
03:34des recettes sur justement l'ancienne TICPE.
03:38Donc, le sujet, ça va être non pas d'arriver avec des nouveaux chèques,
03:44ça va être de rendre aux Français leur capacité de pouvoir d'achat en les taxant moins.
03:50Mais ça demande aussi que de l'autre côté, l'État dépense moins,
03:53les collectivités locales dépensent moins.
03:55Et la Sécu dépense moins aussi, mais vraiment moins.
03:58Parce que dans les 54 milliards d'ajustements budgétaires que nous annonce le gouvernement,
04:03nous, à la Fondation IFRAP, on en trouve à peine 20 qui sont des économies.
04:06Le reste, ça va être quoi ?
04:08Ça va être des augmentations d'impôts, en fait.
04:10Ça va être des chasses aux niches fiscales.
04:11On le voit sur les retraités avec l'histoire de l'abattement des 10%
04:15qui serait plafonnée à 3 000 euros.
04:18Agnès Verdier-Mollini, restez avec nous, parce que là, on peut se demander
04:21ce que demain, le gouvernement peut annoncer.
04:23Antoine Oberdorff, quel serait le discours de vérité ?
04:26Imaginons-le une seconde.
04:28Est-ce qu'il consisterait à dire « souffrez, braves gens »,
04:31« dormez en paix », non, c'est plus possible,
04:33« on ne peut plus rien faire », « la caisse est cramée ».
04:35Ce serait le discours de vérité, mais personne n'aura le courage de le porter,
04:39parce que vous ne pouvez pas aller devant des Français qui se saignent à la pompe
04:42et leur tenir ce discours qui sera immédiatement qualifié
04:45comme étant du sang et des larmes.
04:46Le discours de vérité, c'est déjà peut-être commencer par dire,
04:49alors même qu'on nous parle d'un budget d'austérité,
04:51qu'il y a ce chiffre, waouh, de 54 milliards,
04:54que nous allons quand même continuer de dépenser l'année prochaine
04:56en matière de dépenses publiques, 1 800 milliards.
04:591 800 milliards.
05:00Donc, parler de cure d'austérité lorsqu'on dépense encore 1 800 milliards,
05:05c'est difficile.
05:06Dire aussi aux Français peut-être que si aujourd'hui nous sommes moins généreux,
05:10je mets des guillemets, que certains de nos voisins,
05:11l'Espagne est beaucoup citée en exemple,
05:13l'Allemagne également dans un contexte préélectoral a consenti à des baisses de taxes,
05:17c'est parce que nous avons été plus dispendieux par le passé,
05:21au moment du quoi qu'il en coûte du Covid,
05:24mais aussi au moment, évidemment, du bouclier énergétique
05:26lié à l'invasion russe en Ukraine.
05:29Et c'est la raison pour laquelle aujourd'hui nous sommes à l'os.
05:31Et je comprends que ce soit difficilement audible pour des Français
05:34qui figurez-vous quand même le seuil qui est imposé pour ce chèque grand rouleur.
05:37Le revenu fiscal de référence, on parle de 6 800 euros par an
05:41pour des personnes seules rapportées à un individu célibataire,
05:44c'est autour de 1 560 euros.
05:46On n'est pas riches avec 1 560 euros par mois
05:49quand on roule 15 km par jour ou 8 000 km par an, c'est évident.
05:53Simplement, on s'est mis dans une situation
05:55où on est en incapacité d'aider les gens.
05:57– Je vais vous faire tous réagir.
05:59Encore une question, Agnès Verdier-Molinier.
06:02Est-ce que ça veut dire aussi qu'on est en train de payer cash
06:05la facture de ce qui n'a pas été fait, finalement ?
06:07Que la réforme des retraites gelée,
06:09toutes les économies qui n'ont pas été faites,
06:11est-ce que là, nous avons la douloureuse sous les yeux ?
06:13– Oui, c'est maintenant qu'on va avoir combien on va payer
06:17pour l'incurie de gestion publique
06:20qui ne se résume pas aux deux mandats d'Emmanuel Macron.
06:22C'était déjà bien parti avant en termes de dépenses.
06:26Depuis la crise financière, en fait, on n'a pas freiné la dépense.
06:30On ne l'a pas freinée alors que d'autres pays,
06:32on l'a étudié énormément, nous, à la Fondation IFRAP,
06:34ont désendetté un peu tous les ans après la crise financière.
06:37Ils ont désendetté leur pays.
06:38Par exemple, les Allemands, les Hollandais ont fait énormément d'efforts.
06:42Pendant ce temps-là, nous, on a additionné des milliards
06:44et des milliards de dettes tous les ans,
06:46en plus, sans se soucier, en fait,
06:49quand il faudrait se retrouver à payer l'addition.
06:53Je vous rappelle que nous avons chiffré, nous, d'ici 2032,
06:56à 147 milliards le coût annuel de la charge de la dette par an,
07:00ce qui est absolument gigantesque.
07:03Donc oui, on est en train de payer toutes ces années de non-réforme,
07:07mais aussi, évidemment, ça a été dit sur ce plateau,
07:10le quoi qu'il en coûte.
07:11Nous avions alerté dès l'été 2020
07:13sur les fragilités de la dette française.
07:15On a sorti une étude à la Fondation IFRAP sur le sujet.
07:18On avait tout expliqué.
07:20La dette indexée sur l'inflation,
07:23la charge de la dette qui allait augmenter, etc.
07:25Donc on ne peut pas dire qu'on n'était pas au courant
07:26l'inflation qui allait revenir.
07:28Donc le sujet maintenant,
07:30c'est de sortir de cette situation par le haut.
07:33Et par le haut, ça veut dire qu'il faut qu'on regarde
07:36chaque poste de dépense.
07:37Et on peut le faire.
07:39On peut faire des économies énormes en France.
07:41On dépense 250 milliards de plus par rapport à la moitié.
07:43Agnès Verdier-Molinier,
07:45il faut une volonté de dire la vérité et du courage.
07:48Ça, on va voir qui en est doté, si je peux dire.
07:52Merci en tous les cas pour votre analyse,
07:54Agnès Verdier-Molinier.
07:55Avant de nous faire réagir tous en plateau,
07:57prenons la direction d'une station-service.
07:58Vous allez voir, chaque jour, on le fait
08:00pour voir combien les seuils,
08:01à chaque fois, il n'y a pas de plafond,
08:04il n'y a même pas de plancher,
08:05tout est explosé.
08:06On est avec Antoine Forestier.
08:08Antoine, vous êtes avec un motard.
08:09Je ne sais pas encore si la personne avec laquelle vous êtes
08:13attend encore quelque chose du gouvernement.
08:15Peut-être une annonce.
08:17Quelle serait-elle ?
08:18Pour vous donner un peu les coulisses,
08:21il nous a vus, François, on était juste en face,
08:23il nous a dit, venez me voir, j'ai des choses à dire,
08:25je suis en colère.
08:25C'est ce que vous m'avez dit.
08:26Pourquoi vous êtes en colère ?
08:27Qu'est-ce que vous attendez de la part du gouvernement
08:29quand on parle des prix de carburant ?
08:31Alors moi, du gouvernement, personnellement,
08:32je n'attends pas grand-chose.
08:34Vu les prix du carburant,
08:36moi, ce qui me choque un petit peu,
08:37je travaille, je suis actif
08:40et je suis bénévole aussi dans une association sportive,
08:44notamment le club de foot de Levallois.
08:46Et ça a des répercussions pour les enfants
08:48parce qu'on fait des déplacements
08:51avec l'aide des parents
08:53et vu le prix de l'essence,
08:54les parents commencent à rechigner
08:56et j'ai certains déplacements
08:57que je vais être sûrement peut-être obligé d'annuler.
08:59Donc voilà où on en arrive.
09:01On touche même maintenant les enfants.
09:03Il y a eu une réunion en Matignon aujourd'hui.
09:05On n'en a pas encore les conclusions.
09:06On devrait la prendre demain.
09:07A priori, jusqu'à présent,
09:08c'est les gros rouleurs qui ont été visés.
09:10Certains automobilistes me disaient tout à l'heure
09:12que ça concerne tous les Français
09:13et qu'eux aussi vous les aident.
09:14C'est votre cas ?
09:16Oui.
09:17Je pense que le pouvoir d'achat,
09:18ce n'est pas que les gros rouleurs,
09:20c'est tous les Français.
09:21Moi, je vous donne un exemple.
09:23J'ai loué une voiture.
09:24En 10 jours,
09:25ça m'a coûté 380 euros la location de voiture.
09:28J'ai fait 1500 kilomètres.
09:30Ça m'a coûté 160 euros d'essence.
09:32Donc voilà, le ratio est vite fait.
09:35Ce ras-le-bol, ça fait des mois maintenant qu'on l'entend.
09:37Vous avez l'impression que les choses bougent ou pas du tout ?
09:40Je ne sais pas.
09:42Je ne sais pas si ça bouge.
09:43Moi, ce que je vois,
09:44c'est que mes impôts augmentent.
09:47Ça fait des années et des années
09:49que je paye des impôts
09:50et c'est tout à fait normal que je paye des impôts.
09:52Je trouve ça tout à fait légitime.
09:54Mais voilà, à un moment donné,
09:56quand je vais faire mes courses,
09:58quand je vois le prix de la viande,
10:00les fruits et légumes,
10:01on se dit qu'on ne va pas tenir.
10:05Je suis, je pense, dans une classe privilégiée.
10:09Je pense à d'autres personnes
10:10qui n'ont pas la chance d'avoir mon revenu.
10:13Je me dis comment elles font.
10:15Comment elles font ?
10:16Je ne sais pas.
10:17Merci pour le témoignage, François.
10:19Merci beaucoup.
10:21On va vous montrer les prix de cette station.
10:24Si on compare à l'avant-guerre,
10:25pour faire un plein de sans-plomb
10:27et un plein de gasoil,
10:28on était à l'époque à 1,72€.
10:29Ça veut dire que pour 50 litres,
10:30vous payez désormais entre 22€
10:32et 33€ de plus
10:33pour un plein de gasoil ici.
10:36Et on a quand même du monde dans cette station
10:37malgré des prix assez chers
10:38parce qu'on en discutait avec eux tout à l'heure,
10:40avec certains automobilistes.
10:41Ils cherchent les stations
10:41où les prix sont plafonnés.
10:42Mais il n'y a plus de sans-plomb
10:43dans la plupart d'entre elles
10:44juste autour de cette station.
10:45Donc ils viennent ici malgré le prix
10:47qui leur coûte pour un plein ce soir
10:488€ de plus,
10:49entre 6 et 8€ de plus
10:50par rapport à une station
10:52où les prix sont plafonnés.
10:54Vraiment édifiant.
10:55Merci Antoine.
10:55Merci à Philippe Vigneault.
10:57Quand j'écoutais l'interlocuteur
11:00au micro d'Antoine,
11:01quand même Nicolas Demac,
11:02il y a une question.
11:03Est-ce que le problème dans notre pays
11:04n'est pas aussi un manque d'écoute,
11:06un manque d'empathie ?
11:08Et je n'en fais pas seulement
11:08le reproche au gouvernement.
11:10Quand même,
11:10on ne peut pas seulement écouter les colères
11:12quand les gens descendent dans la rue
11:13et pire, quand il y a de la casse.
11:15Mais en plus,
11:16il a dit quelque chose,
11:17moi qui me semble très parlant,
11:19il a dit
11:19« je n'attends pas grand-chose du gouvernement ».
11:21C'est-à-dire qu'on n'attend plus rien
11:23d'un pouvoir
11:23qui n'a jamais été aussi faible.
11:25On n'attend rien du gouvernement.
11:26On n'attend rien
11:27d'un président de la République
11:28qui, en France,
11:30c'est le recours en théorie,
11:31le président,
11:32sauf qu'il s'est autodissou.
11:33Donc il n'y a plus rien non plus.
11:35On n'attend pas de l'Europe non plus
11:36qui est un lieu de non-pouvoir.
11:38On a l'impression
11:39que l'horizon
11:40est complètement bouché,
11:42qu'il n'y a rien.
11:43Ça rend la situation
11:44encore plus difficile
11:46à supporter.
11:46Cette absence de perspective,
11:48on va attendre le pape.
11:49Est-ce qu'on n'attend pas trop ?
11:50Il y a un miracle.
11:52Nicolas,
11:52est-ce qu'on n'attend pas trop
11:53toujours de l'État ?
11:54Est-ce qu'on n'attend pas toujours trop
11:55du président de la République ?
11:56On est dans un pays
11:57qui s'est habitué
11:58à demander des aides,
12:00des subventions.
12:00Mais pourquoi Bruno ?
12:01En posant la question,
12:02dans notre pays,
12:03certaines structures
12:04se sont effondrées,
12:05malheureusement certaines.
12:06La famille,
12:07parfois la solidarité,
12:09parfois le voisinage.
12:09Vous vous retournez vers l'État ?
12:12Vers l'État nounou ?
12:13Je pense qu'on est dans un pays
12:15qui attend beaucoup de l'État,
12:16qui attend toujours beaucoup.
12:18Nos voisins
12:18attendent beaucoup moins de l'État.
12:20C'est aussi...
12:22C'est-à-dire que quand même,
12:24là on voudrait
12:26que faire des chèques
12:27pour l'essence,
12:28c'est exactement ce qu'on a fait
12:29en 2022-2023,
12:30ça a coûté 72 milliards à l'époque,
12:32personne ne s'est dit
12:33que ça coûtait trop cher.
12:34Là, c'est ce qu'on veut.
12:35Moi, je ne sais pas si c'est...
12:37Il faut s'interroger.
12:37Est-ce qu'on a des chèques ciblés ?
12:39C'est d'ailleurs un mot
12:41que n'a pas prononcé
12:41Agnès Verdier-Bollinier.
12:43Il y a un peu plus
12:44de justice fiscale,
12:45ça revient aussi.
12:46Ce n'est pas seulement
12:47de supprimer les taxes
12:49d'une manière générale.
12:51Je veux bien
12:51qu'on n'attende pas
12:52qu'on attende trop de l'État.
12:54Mais il y a quand même
12:54un devoir de responsabilité
12:56à quelques mois
12:56de la présidentielle.
12:58Qui a envie
12:58d'une radicalisation
12:59d'un contexte social ?
13:01Qui a intérêt à cela ?
13:02Tout ça se défaut.
13:04Ceux qui sont au pouvoir,
13:05me semble-t-il.
13:05Là, qu'est-ce qui est en train
13:07qu'on a un pays
13:08où il y a quelques fractures ?
13:10Est-ce que cette crise
13:11peut entraîner
13:11une accélération
13:12de toutes ces fractures ?
13:14C'est ça le risque ?
13:14C'est la raison pour laquelle
13:15il y a un dilemme
13:16côté gouvernement
13:17qui est de savoir
13:17est-ce qu'il ne vaut pas mieux
13:19aider aujourd'hui
13:20pour prévenir le choc
13:21qui ne sera pas
13:22qu'un choc social en réalité
13:23qui peut être aussi
13:24un choc récessif.
13:26Il faut le rappeler
13:27parce qu'il y a
13:27un certain nombre d'idées
13:28qui transitent
13:29dans le débat public
13:30auxquelles parfois
13:30il faut savoir tordre le cou.
13:32Par exemple, l'idée
13:32que l'État
13:33s'en mettrait plein les poches.
13:35La taxe principale
13:36de l'État
13:37sur le carburant
13:37c'est l'AXIS
13:38la TICPE
13:39c'est un montant
13:40qui avoisine
13:41les 70 centimes par litre
13:42et qui est fixe
13:43qui n'augmente pas.
13:45Il est uniquement
13:46indexé sur le volume
13:47pas sur les prix.
13:48Donc de ce point de vue-là
13:49l'État ne s'en met pas
13:50plein les poches.
13:51Maintenant, en revanche
13:52ce qui pose problème
13:53très clairement
13:54c'est que vous avez
13:55trop de personnes
13:56qui aujourd'hui
13:57y compris
13:58renoncent à leur activité
13:59parce que
14:00le coût du carburant
14:01est trop cher.
14:02Écoutez les témoignages
14:03de ces infirmières libérales
14:05de ces aides à domicile
14:06qui aujourd'hui
14:06sortant leur calculette
14:08au terme d'une journée
14:09s'aperçoivent que
14:10leurs actes de soins
14:11ce qu'elles auraient
14:12envie de prodiguer
14:13à leurs patients
14:13ne permet pas
14:14de couvrir les frais de carburant.
14:15Et ça c'est le choc récessif.
14:17Antoine, le mot
14:18de confinement énergétique
14:19mais qui peut s'habituer
14:20à une telle expression
14:21c'est-à-dire une forme
14:21d'auto-confinement
14:23pour ne pas
14:23et puis on verra
14:24dans quelques instants
14:25alors quand un membre
14:26du gouvernement
14:27parle de télétravail
14:29pardonnez-moi
14:30mais on tombe de sa chaise
14:31c'est-à-dire encourager
14:32le télétravail
14:32on va en parler
14:33et vous allez écouter
14:34les réactions
14:34de nombreux salariés
14:36travailleurs
14:37mais tout d'abord
14:37une information
14:38de notre service politique
14:40Anne-Sorat Dubois
14:41c'est une lettre
14:42écrite par Emmanuel Macron
14:44directement à Ursula von der Leyen
14:46une lettre un peu
14:47de demande d'aide
14:49en réalité
14:50et d'assouplissement
14:51de quoi ?
14:51De quelle mesure ?
14:52Que demande le président
14:53français à l'Europe ?
14:54Il lui demande
14:54tout simplement
14:55qu'on ait plus de pétrole
14:57et du moins bon pétrole
14:58en France
14:59je m'explique
14:59les deux premières demandes
15:00qu'il y a dans ce courrier
15:01adressé par Emmanuel Macron
15:04à Ursula von der Leyen
15:05est datée du 18 septembre
15:06la première demande
15:07c'est un assouplissement
15:09de la qualité des carburants
15:10pour augmenter la production
15:11dans les raffineries
15:11en clair dit-il
15:12on a des normes
15:13sur la qualité du pétrole
15:15et si jamais on assouplit
15:16un petit peu ces normes
15:17on pourrait avoir un gain
15:18dit-il de production
15:19de 5 à 20%
15:21faisant donc mécaniquement
15:23baisser les prix
15:24en Europe
15:24et donc en France
15:25deuxième demande
15:26augmenter la limite
15:27de biogazole
15:28ajouter au gazole
15:29là encore c'est une question
15:30de proportion
15:31mais en clair l'idée
15:32c'est de dire aussi
15:32ça ne sera pas du gazole pur
15:33on y ajoute du biogazole
15:34là encore ça augmente
15:35la production
15:36et là encore ça fait baisser
15:37les prix
15:37voilà
15:38il y a une troisième demande
15:38qui est très technique
15:39sur des obligations
15:40qui sont imposées
15:43via voie réglementaire
15:45aux importateurs
15:45de pétrole charbon
15:46en Europe
15:47et là aussi
15:47ils demandent
15:48qu'on leur laisse
15:48un petit peu plus
15:49vous nous révélez
15:50en exclusivité
15:50je vous remercie
15:51les tenants et aboutissants
15:52de cette lettre
15:53et il y a aussi
15:54des choses de bon sens
15:56mais c'est du long terme
15:58oui oui
15:59c'est du long terme
15:59c'est lié au prochain conseil européen
16:03si tant est que Mme Bordelaïa
16:06mais ça va prendre
16:07sans doute quelques semaines
16:08ou en tous les cas
16:09c'est une vraie question
16:11que vous me pose
16:11c'est une bonne question
16:12mais vous avez vu
16:13le vote en Allemagne
16:14je veux dire
16:14nos intérêts
16:16avec ceux des Allemands
16:17sont désormais
16:17complètement divergents
16:19en plus
16:19c'est ce qui rend
16:19la situation
16:20encore plus difficile
16:21pour ces questions là
16:22parce que Bers
16:23ne veut absolument pas
16:24qu'on se laissait entraîner
16:25par la France
16:26vers une aide de l'Europe
16:28pour nos
16:29et ce qui va poser
16:29un vrai problème
16:30parce que précise-t-il
16:31dans ce
16:31évidemment la question
16:32c'est avec du carburant
16:33moins bon
16:33est-ce qu'on abîme
16:34les moteurs et les véhicules
16:35et donc il va falloir
16:36demander dit-il
16:36aux constructeurs automobiles
16:38et là-dessus avec l'Allemagne
16:39on aura peut-être
16:39une réflexion plus large
16:41à voir
16:41est-ce que les énergies
16:42dont on a aujourd'hui
16:42le plus besoin
16:43notamment le nucléaire
16:45à un moment donné
16:46on les a laissées de côté aussi
16:48par idéologie
16:48est-ce que c'est pas le moment aussi
16:50de mettre à plat
16:51tout ce qu'on a
16:52rappelé ces dernières mois
16:53ces dernières années
16:54il demande aussi
16:55d'accélérer
16:56les efforts d'électrification
16:58mais ça aussi
16:58c'est une question d'année
16:59que ne l'a-t-il fait auparavant ?
17:02mais ça justement
17:02je pense que ça fait partie
17:03quand même
17:04des éléments de langage
17:05que les français
17:06ont de plus en plus
17:07de mal à tolérer
17:08quand on leur parle
17:10électrification des usages
17:11et qu'on leur vend
17:12une France
17:12dans laquelle
17:13ils n'auraient plus besoin
17:13d'aller à la pompe
17:14parce qu'il suffirait
17:15de se brancher
17:15à sa bande de recharge
17:16et que nous n'aurions plus
17:18qu'à nous féliciter
17:18nous autres français
17:19d'avoir l'énergie
17:20la plus décarbonée
17:22et d'être leader
17:23sur le nucléaire
17:24alors même que nous sommes
17:25auto-sabotés
17:25les français ont du mal
17:27à l'entendre
17:27de la même manière
17:28quand ils entendent
17:29ce matin
17:29j'entendais le ministre
17:30de l'économie dire
17:30Roland Escuart
17:31dire en responsabilité
17:32je crois que ces français
17:34ce mot
17:35ils n'en peuvent plus
17:36ils n'en peuvent plus
17:37et pour une raison simple
17:37c'est qu'en 2018
17:38Emmanuel Macron disait
17:39le carburant
17:40c'est pas bibi
17:41mais sauf qu'il y a
17:42à un moment donné
17:44l'incapacité à agir
17:45face à la flambée
17:45des prix du carburant
17:46c'est quand même
17:47un peu bibi
17:47c'est quand même
17:48un petit peu la dissolution
17:49c'est quand même
17:50le renoncement
17:50à la réforme des retraites
17:51parce que vous vous êtes
17:52mis dans la main
17:52des socialistes
17:53et que vous êtes obligés
17:53de le faire
17:54c'est un peu tout ça
17:55c'est beaucoup Trump
17:55quand même
17:55et un peu Trump
17:57beaucoup
18:02pour rappeler ce que dit
18:03Antoine
18:03et vous répondre Bruno
18:04vous dites
18:05les français demandent trop
18:06à l'état
18:06mais ils demandent des comptes
18:07surtout à l'état
18:07c'est le moment
18:09on a une élection
18:09ils demandent des comptes
18:10ils demandent de l'argent
18:11s'il est quand même
18:11là au passage
18:12mais pas seulement
18:13ils demandent de la considération
18:15ils demandent du respect
18:16ils demandent de l'estime
18:18moi j'ai beaucoup entendu
18:18chez les fichiers
18:19moi je pense que Sonia
18:19depuis le Covid
18:20on a du mal
18:21à se désaccoudumer
18:22au quoi qu'il en soit
18:22il y a un sondage récemment
18:24qui montrait
18:24qu'il y avait une majorité
18:25de français
18:25qui voulait la poursuite
18:27écoutons
18:27qui incite aujourd'hui
18:29à davantage de télétravail
18:30cette déclaration
18:31est incroyable aujourd'hui
18:32et écoutez la réaction
18:34de certains français
18:34à notre micro
18:36ça devient de plus en plus compliqué
18:38donc il va falloir
18:40prendre des mesures
18:41je pense
18:41je sais pas
18:43demander à faire du télétravail
18:45ou peut-être aller chercher
18:46un nouveau poste
18:47pour se rapprocher
18:48de la maison
18:48pour moi c'est impossible
18:51sachant qu'en plus
18:52moi je travaille de nuit
18:53mais si je travaillerais
18:54de jour
18:54je me serais mis en arrêt
18:56prendre des jours de congé
18:58et tout ça
18:59si ça continue
18:59peut-être
19:00peut-être quoi ?
19:02peut-être que je vais penser à ça
19:03on me met en arrêt
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