- il y a 3 minutes
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00:00Vraiment, c'est l'image du jour, peut-être de la semaine, davantage.
00:04Des pêcheurs qui bloquent un dépôt pétrolier à Fosse-sur-Mer ce matin.
00:08Et ce qui est à souligner, vous avez dû le remarquer, c'est ce face-à-face qu'on avait
00:11déjà vu il y a quelques temps.
00:12Face-à-face entre les CRS et les pêcheurs.
00:15En réalité, c'est la même France, une même France qui n'en peut plus, qui craque et qui est
00:19dans le même bateau.
00:20Regardez cette séquence.
00:56Je ne sais pas si chez vous, vous avez ressenti la même chose.
00:59Personnellement, moi j'ai ressenti beaucoup de tristesse à voir de telles images.
01:02Parce qu'il est évident que ces CRS, de manière générale les forces de l'ordre, partagent les mêmes difficultés
01:08que les pêcheurs.
01:08C'est cette même France qui n'en peut plus et dont nous allons parler ce soir.
01:12Marc Fiorentineau, bonsoir.
01:13Bonsoir.
01:13Merci d'être là, vous êtes un spécialiste reconnu des marchés financiers.
01:17Et puis vous avez un regard attentif sur l'évolution sociale de notre pays.
01:21Anne-Saura Dubois nous accompagne, merci, bonsoir à vous.
01:24Monsieur le maire Alexandre Averil, bonsoir.
01:26Bonsoir.
01:26Maire de Salbri et vice-président de l'UDR.
01:29Nous sommes avec Arthur Berda, bonsoir.
01:31Bonsoir, Arthur, merci d'être avec nous.
01:33Et Paolo Lévy nous accompagne, journaliste franco-italien.
01:36Votre regard, je veux dire, à la fois sur notre pays et ce qui s'est passé en Italie est
01:40très important.
01:41Merci, merci pour le franco, je suis complètement italien.
01:44Ah oui, je vous ai naturalisé ce soir.
01:47Merci pour cette naturalisation qui me flatte beaucoup.
01:52Et bonsoir à tous et merci pour moi.
01:54Qu'est-ce que vous avez ressenti les uns et les autres ?
01:56Nous sommes dans quelques instants avec un marin pêcheur qui a plus qu'assisté à cette scène, qui a vécu
02:00cette scène.
02:01Marc Ferrantenu, quand vous voyez, on dit face à face.
02:04Mais est-ce que ce n'est pas la même France quand on voit ces images ?
02:06Oui, je crois qu'on est arrivé au bout d'un système, en fait.
02:09C'est ça qui est frappant quand on voit ces images.
02:12C'est qu'aujourd'hui, j'ai envie de dire, je fais un parallèle avec des sujets que je connais
02:16bien,
02:16qui sont les sujets des marchés financiers.
02:17Le même moment, au même moment, notre taux d'emprunt sur les marchés était au plus haut historique.
02:23L'écart de taux avec l'Allemagne était au plus haut historique.
02:26C'est-à-dire qu'on est dans un processus général de dégradation, de dévalorisation, de dévaluation de la France.
02:35C'est-à-dire que les actifs français sont dévalués, mais aussi la qualité du travail, la rémunération du travail
02:42est évaluée.
02:44Et donc, on est dans cette sorte d'accélération de l'histoire qui n'est pas une surprise.
02:50Vous savez, un pays qui n'est plus gouverné depuis un peu plus de deux ans,
02:55à qui on explique qu'il va falloir attendre encore quelques mois sans connaître l'issue des élections,
03:00parce que tout le monde dit que 2027, ça va être génial, mais on ne sait pas du tout ce
03:03qui va se passer.
03:04C'est un climat d'incertitude totale.
03:06Vous vous retrouvez dans une situation aujourd'hui où on a un pays qui n'est absolument pas gouverné.
03:11Et on est un pays qui avait jusqu'à présent, on avait accès,
03:16c'est comme si on avait un découvert dont on pensait qu'il serait illimité.
03:19Donc à chaque fois qu'il y avait ce type d'événement, c'était très simple.
03:23Emmanuel Macron, il sortait le chéquier.
03:24Et puis il avait une carte, on lui a donné une carte.
03:26La Banque Centrale Européenne lui a donné une carte.
03:28Cette carte, elle était adoubée par les Allemands.
03:30Et puis il s'est amusé à tirer dessus.
03:32Et puis à un moment, c'est comme vous, vous tirez dessus,
03:34et puis vous arrivez au distributeur, il n'y a plus de billet.
03:36Mais il n'y a plus de billet.
03:38Alors le problème aujourd'hui, c'est comment aller expliquer à des gens qui souffrent,
03:42qui ont des problématiques au quotidien, qui ne peuvent pas travailler,
03:45qu'aujourd'hui, en fait, on n'a plus d'argent magique.
03:48L'argent magique qu'on leur a donné, parce qu'en fait, il fallait leur dire ça.
03:51Il y a trois ans, au moment de l'Ukraine, quand on a fait le bouclier tarifaire
03:55qui a profité à tout le monde, nous y compris,
03:58c'est-à-dire qu'il n'y avait pas de distinction de revenus,
04:00évidemment, on a puisé dans cet argent, alors qu'on aurait dû garder de l'argent
04:05pour protéger ceux qui en ont besoin.
04:08Le sujet, c'est qu'on ne peut plus avoir un système social,
04:13un système de protection, un système public qui protège tout le monde de tout.
04:18De la chaleur, de la hausse du pétrole, de l'Ukraine, de l'Iran, c'est impossible.
04:23Il faut se concentrer sur la partie de la population qui est la plus en difficulté.
04:28Le problème, c'est qu'il fallait le faire avant.
04:30Aujourd'hui, on n'a plus les moyens de le faire, on n'a plus d'argent,
04:34il n'y a plus de l'argent dans le DAB, il n'y a plus d'argent sur le
04:37découvert,
04:38on est arrivé au maximum de découvert, les marchés financiers nous disent
04:40« Attendez, là, si vous donnez encore un milliard aux marins pêcheurs,
04:44ou si vous donnez encore un milliard à chez Paquis pour distribuer comme vous l'avez fait,
04:49là, on viendra vous sanctionner. »
04:51Pardonnez ma marque, Fiorentino, parce que les colères s'agrègent.
04:54Voilà une autre France, mais qui rejoint la colère française, celle des policiers,
04:58qui sont en train de se réunir devant, pas loin de la place Beauvau,
05:03le ministère, en tout cas, se dirige très probablement vers le ministère de l'Intérieur.
05:08La ville de Marigny, ça.
05:09– Effectivement, déjà ce midi, ils étaient rassemblés à l'appel de deux syndicats
05:14où il y a eu une image très très forte, là encore, très symbolique,
05:17où des policiers portaient un cercueil marqué de ces rips, la police,
05:21pour bien montrer qu'ils étaient victimes de leur point de vue,
05:25de tout ce qui se passe, de la délinquance,
05:27et puis victimes aussi de salaires qui n'augmentent pas,
05:30de primes qui n'arrivent pas, et d'une situation dégradée.
05:33Voilà, vous voyez ces images en direct.
05:36– Et Boris Karlamoff, vous suivez ce petit comité de policiers
05:41qui est en train d'arriver, effectivement, devant le ministère de l'Intérieur.
05:45Quel est le but de leur action ce soir ?
05:48– Oui, absolument, Sonia, démonstration de force ce soir du syndicat Unité
05:53qui a donc rendez-vous dans quelques minutes avec Laurent Nunez
05:56dans cette grande journée de mobilisation chez les policiers.
05:59Ils sont plusieurs dizaines, en fait, à avoir pris place dans un bus,
06:03un bus qui s'est garé juste devant le palais de l'Elysée.
06:07Ils sont descendus dans la rue et ils s'apprêtent donc à rejoindre maintenant
06:11le ministère de l'Intérieur, Place Beauvau,
06:14puisque les dirigeants du syndicat vont donc rencontrer Laurent Nunez.
06:18C'est une action symbolique de la part de ce syndicat
06:21qui s'était déjà mobilisé, notamment ce matin à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.
06:26Il y a des négociations qui sont en cours justement avec les policiers
06:28qui sont en sécurisation de ce quartier.
06:31Vous voyez à l'image notamment Linda Kebab
06:34ainsi que plusieurs cadres dirigeants de ce syndicat
06:37qui vont donc rencontrer Laurent Nunez après l'échec des négociations.
06:42C'était début du mois de septembre.
06:44Alors c'est le dernier rendez-vous pour Laurent Nunez
06:48puisque un peu plus tôt dans l'après-midi,
06:49il avait reçu les membres du syndicat Alliance Police.
06:52Il a terminé il y a quelques minutes un entretien
06:55avec UNSA Police cette fois-ci
06:57et puis le troisième syndicat qui est donc reçu ce soir au ministère de l'Intérieur.
07:01Donc Unité Police qui va donc rencontrer dans quelques minutes Laurent Nunez.
07:06Ce matin il y a eu une manifestation de la part de syndicats,
07:09il y a eu cette manifestation devant l'Assemblée Nationale de la part d'Alliance Police
07:12et donc aujourd'hui ce sont toujours les mêmes revendications,
07:15notamment avec ce point de cristallisation
07:16qui se concentre sur la prime de risque qui n'a pas été augmentée depuis 2019.
07:24Et puis les conditions salariales et voilà le leader du syndicat qui s'apprête,
07:28Grégory Geron.
07:29Grégory Geron, donc un cadre dirigeant de ce syndicat
07:33qui s'apprête à rejoindre la place Beauvau.
07:35On va peut-être pouvoir lui poser une petite question.
07:36Bonjour M. Geron, vous êtes en direct sur BFM TV.
07:39Bonjour.
07:39C'est quoi l'objectif de ce rendez-vous avec Laurent Nunez après cette journée de mobilisation ?
07:42Bon, simplement d'écouter peut-être ce qu'il a à nous dire
07:44parce que nous on l'avait déjà prévenu le 4 septembre.
07:47On avait été très déçus par le rendez-vous.
07:49On avait lancé des actions dès lors qu'on était sortis des grilles de Beauvau.
07:51On vient le revoir.
07:52Bon, vraisemblablement j'ai entendu l'intervention de Fabien Van Le Mérick.
07:55Je crois qu'on a peu d'espoir.
07:56Donc peut-être que nous ça ne va pas durer très longtemps.
07:58Je vous conseille de rester là.
07:59Vous avez espoir de rentrer là malgré la mobilisation ?
08:01Bon, c'était pas prévu, on va le dire aux téléspectateurs.
08:09Dans quelques instants pour le syndicat Unité Police
08:13qui s'apprête donc à rentrer dans le ministère de l'Intérieur.
08:16C'est vrai que cette action, elle n'avait pas été annoncée.
08:18Ils ont voulu faire une démonstration de force, marquer le coup pour ce syndicat Unité
08:23qui est donc réuni ce soir en nombre devant les grilles du ministère de l'Intérieur.
08:28Sonia.
08:29Merci Boris Karlamoff.
08:31On sent, véritablement, on parlait des différentes catégories.
08:35C'est une même France qui s'exprime.
08:37Moi je suis frappée par ce que vous avez dit Marc Fiorentino
08:40et je vais vous faire réagir le plateau d'avoir vous, monsieur le maire, Alexandre Avril.
08:44Donc il n'y a plus d'argent, il n'y a plus de pouvoir.
08:47Il n'y a plus de pouvoir.
08:48Il n'y a plus de pouvoir, il n'y a plus d'argent.
08:50Ça c'est majeur ce que vous avez dit.
08:52Il n'y a plus de pouvoir.
08:53C'est-à-dire qu'il n'y a pas de manette.
08:54Il n'y a pas de manette pour l'argent magique.
08:55Il n'y a même plus de président.
08:56On ne sait plus où est le président.
08:57C'est-à-dire qu'il est avec les dirigeants de Corée du Sud,
09:00il est avec les dirigeants irakiens.
09:02Mais enfin quand même, c'était un spécialiste dans le monde de la finance.
09:06Il était reconnu.
09:07C'est quelqu'un qui connaît les finances publiques.
09:09Il sait compter Emmanuel Macron.
09:11Où est-ce qu'il est ?
09:12Je veux dire, ça fait quand même dix ans qu'il mène cette politique.
09:14Ce n'est pas Bruno Le Maire qui l'a menée, heureusement.
09:17C'est lui qui l'a menée.
09:18Et on se retrouve aujourd'hui avec quelqu'un qui fait semblant de ne pas être là.
09:22Ah mais je ne suis pas là.
09:22Non mais ce n'est pas moi.
09:24Aujourd'hui, on a des taux qui montent.
09:26On n'arrive plus à emprunter.
09:27On n'a plus d'argent.
09:28Je ne suis pas là.
09:29Vous appelez votre banquier.
09:30Vous lui dites tout ce que vous en êtes.
09:31Et le ton est...
09:33Mais oui, parce qu'il y a un sentiment de vide.
09:34Et menaçant.
09:35Enfin, et menaçant.
09:36En tout cas, il y a de la tension chez les forces de l'ordre.
09:39Et les policiers, vous y étiez d'ailleurs, Alexandre Avrilin,
09:41pour les soutenir tout à l'heure.
09:42Oui, tout à fait.
09:43Avec Éric Ciotti et nos députés de l'UDR,
09:45nous étions aux côtés des policiers.
09:46Et ce qui nous a frappés, moi ce qui me frappe ces jours-ci,
09:53qui concerne toutes les professions,
09:54où chaque profession va défendre ses intérêts.
09:56On a vu aujourd'hui les pêcheurs, les agriculteurs.
10:01Vous savez qu'il y avait aussi aujourd'hui une manifestation
10:03du monde de la recherche et de l'université,
10:05qui manque de moyens.
10:05Pareil pour le secteur médico-social.
10:07Et aujourd'hui, même ceux qui portent l'uniforme,
10:10donc les policiers et les pompiers.
10:13Et ce que je trouve intéressant de regarder derrière,
10:15c'est le sentiment profond qui s'ouvre derrière.
10:19Ça me rappelle ces vers de Victor Hugo
10:21qui décrivaient la Révolution française en disant
10:22« Autour d'eux grondent, éclatent et se transforment
10:26la colère du peuple et l'émeute de l'âme ».
10:29Et ce qui me frappe, c'est ce verbe « gronder »,
10:32parce que la colère, elle commence comme ça,
10:34par des petites contrariétés sectorielles
10:36qui, peu à peu, contaminent le corps social
10:39pour arriver jusqu'à l'émeute de l'âme,
10:41qui est d'abord une colère personnelle.
10:42Et moi, je pense qu'elle porte un mot,
10:43et vous l'avez quasiment dit tout à l'heure,
10:45c'est le mot du déclassement.
10:47C'est le sentiment, aujourd'hui,
10:49qu'on arrivera moins bien à réussir et à vivre
10:52que nos parents et nos grands-parents ont vécu,
10:53le sentiment qu'aujourd'hui,
10:55un diplôme ne confère plus un statut social,
10:57que les impôts ne confèrent plus
10:59des services publics de qualité,
11:00que le travail ne confère plus une position,
11:02et peut-être même que le vote
11:04ne confère plus non plus de pouvoir politique.
11:06Parce qu'il y a aussi, derrière,
11:08le sentiment de la déprise politique.
11:10On a quand même, aujourd'hui,
11:12une vague qui a été notamment portée
11:15en 2024, au moment des législatives partielles,
11:19qui aurait dû amener une alternance politique.
11:22Ça ne l'a pas été.
11:23Je crois qu'il y a une grande frustration dans le pays,
11:25une grande colère sourde.
11:26– Vous êtes en train de nous dire
11:27qu'on est en train de payer toutes ces additions
11:28au même moment.
11:30Additions budgétaires, financières, politiques.
11:32– Oui, mais le pays est mûr
11:34pour entrer dans une campagne présidentielle finalement.
11:36– Alors, c'est la question.
11:37La campagne ou la rue ?
11:38Je vais vous laisser tout de suite parler,
11:40Arthur et évidemment Paolo,
11:42mais simplement, la colère des pères de famille,
11:46si je puis dire, ou des mères de famille,
11:48c'est peut-être la plus dangereuse.
11:49Parce que c'est une colère sourde.
11:50Mais quand vous ne pouvez pas remplir le frigo,
11:52quand vous êtes marin pêcheur
11:53et que vous ne pouvez pas faire sortir
11:55votre chalutier parce que ça coûte trop cher,
11:57eh bien, vous avez les images
11:58qui se sont passées ce matin.
12:00Et nous sommes avec un patron pêcheur à Carreau
12:03qui était présent à Fosse-sur-Mer,
12:06Jérôme Vernier.
12:07Vous étiez ce matin.
12:08Et moi, je vous le dis comme je le pense,
12:11ce sont des images qui m'ont rendu triste
12:13et certainement beaucoup de ceux
12:14qui nous regardent également.
12:16Parce que les forces de l'ordre, les CRS,
12:18je ne sais pas comment vous, vous l'avez vécu.
12:20Évidemment, il ne devrait y avoir aucune violence,
12:22aucune tension.
12:24Beaucoup d'entre vous partagent
12:25les mêmes difficultés que ces CRS-là.
12:28Comment vous-même, vous avez ressenti cela ?
12:32On était dans un sentiment de base pacifique.
12:39On ne voulait surtout pas de débordement.
12:41On ne voulait surtout pas en arriver aux mains.
12:43On n'était pas dans un esprit de provocation.
12:46On s'est avancé vers eux dans le déroulé de la scène.
12:50On s'est avancé vers eux dans l'optique
12:52de leur serrer la main cordialement
12:54et de regagner nos véhicules
12:57et de rentrer chez nous à la base.
13:00Et malheureusement, la violence est arrivée.
13:05Après, on a été très touchés,
13:09très marqués par ce qui s'est passé.
13:12Nous, on n'est pas là dans le but de taper du CRS
13:15ou de taper du gendarme.
13:18On est là juste pour manifester
13:19et prouver vraiment notre problématique
13:23pour qu'on soit reçu et traité
13:25le plus rapidement possible
13:26pour qu'on puisse reprendre la mer.
13:28Et vous êtes prêt à revenir de nouveau demain ?
13:30Est-ce que c'est un mouvement
13:31qui est appelé à s'installer, à durer ?
13:34Oui, tout à fait.
13:35Le mouvement va continuer
13:38pour maintenir la pression, bien sûr,
13:40parce qu'on ne peut pas...
13:41Nous, nos entreprises, à l'heure actuelle,
13:43elles ne sont plus viables.
13:45On est oppressés.
13:47Nos trésoreries ont fondu
13:48par le fait que les aides promises
13:52sont là, d'accord,
13:53mais elles n'ont pas été réglées.
13:55Ça n'a pas été payé en temps et en heure
13:56au moment voulu.
13:59C'est là le cœur du problème.
14:01Par-dessus ça s'ajoute
14:02une réglementation méditerranéenne
14:04vraiment spécifique à la Méditerranée.
14:06Ils nous rajoutent encore
14:07de nouvelles contraintes
14:08par-dessus le prix du gasoil,
14:10donc une baisse de chiffre d'affaires
14:11par rapport à la réglementation.
14:14Et enfin, là, on est étranglé,
14:18on est pris...
14:20On est étranglé, quoi.
14:21On sent votre colère,
14:23on sent votre désespérance
14:25et c'est pour ça que ces images
14:26aussi font mal,
14:27parce que vous n'avez fait
14:27qu'exprimer ce que vous vivez.
14:29On imagine que pour vous,
14:31sortir un chalutier,
14:32c'est quasiment plus possible aujourd'hui ?
14:35C'est plus possible.
14:36Aujourd'hui, ça nous coûte
14:371 000 euros par jour de carburant,
14:401 000 euros par jour par 5,
14:43ça fait 5 000 par semaine.
14:45Les marins,
14:45ils gagnent 50 euros par semaine maintenant.
14:48Donc en plus,
14:49nos équipages vont s'arrêter
14:51parce que c'est plus viable, quoi.
14:54Vous vous rendez compte ?
14:5450 euros par semaine
14:55pour faire 80, 90 heures
14:57sur les chalutiers à la mer
14:58avec les conditions
14:59dans lesquelles on travaille.
15:00On a des bateaux qui sont vieillissants.
15:02Là aussi, il y a une grosse problématique
15:04de renouvellement de flotte.
15:09C'est vraiment un ras-le-bol général
15:11de ce qu'on vit tous les jours
15:12et de ce qu'on nous impose
15:15de tous les jours aussi.
15:16On ne peut plus.
15:17Et vous serez là dès demain encore.
15:20Merci, Jérôme Vernier,
15:21d'avoir témoigné.
15:22Votre colère,
15:22votre désespoir.
15:23Et là, les chiffres que vous présentez,
15:26c'est têtu.
15:27Arthur Berda,
15:28on a des revendications
15:30qui sont profondes.
15:31Et là, on touche vraiment
15:33au pouvoir de vivre dignement.
15:35Ce n'est pas un pouvoir d'achat
15:36pour savoir ce qu'on peut ajouter en plus.
15:39Comment on fait ?
15:40Est-ce que l'intérêt, là,
15:41c'est de répondre rapidement
15:42pour éviter une explosion ?
15:44Mais ce qui est très surprenant,
15:46je souscris tout ce que vous avez dit
15:47sur le décryptage économique
15:48de la situation.
15:50Là où je vous rejoins un peu moins,
15:51c'est lorsque vous dites
15:51qu'il n'y a plus de pouvoir.
15:52Moi, je me garde toujours
15:53de ce genre de propos
15:54parce que je crois
15:54que l'exécutif fait quand même
15:56de son mieux.
15:57On peut le reprocher.
15:57On ne peut pas être d'accord avec lui.
15:58Mais qu'est-ce qu'il fait précisément ?
16:00C'est quoi faire de son mieux, là ?
16:05Il y a toujours un président,
16:06heureusement, dans ce pays.
16:07Mais ils ont proposé des aides ciblées
16:09il y a quelques semaines,
16:10quelques mois,
16:11qui sont sans doute suffisantes.
16:12Vous êtes trop fin journaliste politique
16:13pour ne pas avoir compris.
16:14Il n'y a plus de présidents
16:14ce qu'il voulait dire.
16:15Oui, mais là-dessus,
16:17moi, j'essaie toujours
16:17de rester un petit peu prudent.
16:19Mais vous avez raison,
16:20c'est sans doute la prudence
16:21de mon métier aussi qui l'exige.
16:23Mais ce qui m'inquiète
16:24un peu davantage,
16:25j'ai l'impression qu'il n'y a plus
16:26d'espoir au-delà
16:28de plus de pouvoir.
16:28Parce qu'on est dans le cadre
16:29d'une campagne présidentielle
16:31et toutes ces...
16:32Vous parliez tout à l'heure
16:33de sectoriel.
16:35En effet,
16:35toutes ces colères sectorielles,
16:36elles échappent pour l'instant
16:37au cadre de la campagne présidentielle.
16:39Elles se déroulent.
16:40Ça me rappelle un petit peu
16:41le mouvement des Gilets jaunes
16:42qui échappait absolument
16:43à tout le contrôle politique.
16:44Mais pourquoi ?
16:45Parce qu'on est dans un moment
16:46où il y avait une absence
16:47de rendez-vous démocratique.
16:48C'est fin 2018,
16:49on attend les européennes de 2019
16:50pour qu'il y ait un débouché.
16:52Là, il y a une campagne présidentielle.
16:53Toutes ces personnes
16:53vont en tenir sept mois ?
16:54Non, c'est justement
16:55ce que je suis en train de dire.
16:56Aujourd'hui,
16:57ces personnes ne se retrouvent pas
16:58dans l'offre politique
16:59qu'il leur a proposée,
17:00manifestement.
17:01Et donc,
17:01elles en viennent à descendre.
17:02Ça me rappelle cette scène
17:03il y a 20 ans.
17:04Nicolas Sarkozy ou Guilvinet
17:05qui disait aux pêcheurs
17:06« Et bien voilà,
17:07ils sont descendus les pêcheurs.
17:08Ça fait 20 ans qu'ils souffrent.
17:09Et bien cette fois,
17:09ils sont descendus.
17:10Et ils se retrouvent en effet
17:12face à face avec des CRS
17:14au moment même
17:15où les CRS
17:16et leurs collègues policiers
17:16sont eux en train de manifester
17:17à Paris
17:18en revendiquant un gilet bleu.
17:19C'est terrible
17:20qu'aujourd'hui
17:20les revendications se soient...
17:22Qui laisse cette situation
17:23comme celle-ci ?
17:24Mais personne ne laisse pas jouer.
17:25Qui l'a créée ?
17:26Qui l'a créée ?
17:26Là, on peut se rejoindre.
17:27Là, on peut se rejoindre.
17:28Là, en ce moment,
17:29on déplore des effets
17:30dont on a chéri les causes.
17:31Là, je vous rejoins.
17:32Pardon, mais le témoignage
17:34qu'on vient d'entendre à l'instant.
17:35Il est terrible.
17:35Il a une cause politique,
17:38de choix politiques
17:39qui ont été faits.
17:40Parce qu'il faut bien
17:40que nos téléspectateurs
17:42regardent une chose.
17:43C'est qu'aujourd'hui,
17:44on ne vit pas
17:44une catastrophe naturelle
17:46face à laquelle
17:46on serait impuissant
17:47et c'est très désagréable
17:49d'être impuissant
17:50face à une catastrophe.
17:51On vit le résultat de choix.
17:54L'augmentation des carburants
17:55à la pompe,
17:56ou pour ce chalutier,
17:57elle ne vient pas
17:58du marché du pétrole.
17:59Le marché du pétrole,
17:59il a pris 5%
18:00depuis le début de l'été.
18:01C'est le marché
18:01des produits raffinés,
18:02du diesel en particulier,
18:03qui a pris 40%.
18:04Pourquoi ?
18:05Parce que depuis 2009,
18:08on a fermé
18:0930 raffineries en Europe.
18:10Parce que l'Union Européenne
18:11n'a plus de politique énergétique.
18:13Parce qu'elle a sous-traité
18:15la raffinerie
18:16qui est polluante
18:17et puis peu rentable
18:18à la Russie
18:19avec laquelle
18:19on ne peut plus commercer,
18:20au Moyen-Orient
18:21avec laquelle
18:21on ne peut plus commercer
18:22depuis que le détroit d'Hormuz
18:25non seulement est bloqué
18:25mais aussi ses voies
18:26de contournement.
18:26Idem pour l'électricité,
18:27la liste est là.
18:28La situation géopolitique
18:30aujourd'hui,
18:30des tensions internationales,
18:32elle vient juste
18:33souligner
18:34notre absolue dépendance
18:36à l'égard des autres continents
18:37parce que nous avons abdiqué.
18:39Et qui en a été
18:39l'un des artisans
18:40depuis 2017 ?
18:42Emmanuel Macron.
18:42Est-ce qu'on a transféré ?
18:44Et là-dessus,
18:45je vous rejoins ?
18:45Non seulement il y a un président
18:46mais c'est un peu
18:47à cause de lui.
18:47Est-ce qu'on a transféré
18:50notre souveraineté ?
18:51Est-ce que cette situation,
18:52c'est des conséquences
18:54de choix politiques ?
18:54Je vais vous poser la question
18:55dans quelques instants.
18:56On continue,
18:57si vous le permettez,
18:57notre tour d'horizon.
18:59Nous sommes avec
19:00notre journaliste
19:01Isor de Lagorse
19:02qui est avec
19:03des pêcheurs
19:04à 7.
19:057 également.
19:06Le mouvement est en train
19:07de s'installer,
19:07de s'enquister
19:08en renfort
19:09de leurs camarades
19:11de fosse-sur-mer.
19:15Exactement,
19:16le blocage continue
19:17dans le port de 7.
19:18Il a commencé ce matin
19:19et très concrètement,
19:20comment il s'organise ?
19:21Il y a des chalutiers
19:22qui sont présents à quai
19:23qui participent
19:23à cette mobilisation.
19:24Et ce que vous voyez là,
19:25ce que Jérémy Paoloni
19:26est en train de vous montrer,
19:27c'est un bateau
19:28qui bloque le passage,
19:29la sortie d'un ferry commercial
19:31depuis maintenant
19:31plusieurs heures.
19:33Alors les revendications
19:33des pêcheurs
19:34sont très nombreuses.
19:35Il y a les normes,
19:36les quotas,
19:37mais également le prix du gazole,
19:39le prix du carburant.
19:39On va aller voir tout de suite
19:40Vincent Scotto,
19:41vous êtes pêcheur.
19:42Qu'est-ce qui vous met
19:43le plus en difficulté ?
19:44Qu'est-ce qui vous asphyxie
19:45en ce moment ?
19:46Aujourd'hui, d'abord,
19:47le plan de gestion
19:48qui est totalement déconnecté
19:49de la réalité.
19:50Une réglementation
19:51qui n'est plus à la hauteur
19:53de ce qu'on a besoin.
19:56Donc ça fait partie
19:57de nos revendications.
19:58Le gazole également.
20:00L'AFIA pour la clé
20:01de répartition du cotaton rouge.
20:05Le manque d'AEP,
20:06la suppression des 15 AEP
20:07qu'on avait demandé.
20:09Et le plan Anguille
20:10avec les deux mois
20:12de fermeture supplémentaire
20:13qui ont été imposés
20:14à nos petits métiers.
20:15Vous avez beaucoup de charges
20:16qui augmentent.
20:17Le gazole,
20:17les filets.
20:18Vous avez pêché moins de poissons
20:19cet été parce qu'il y a eu
20:20une canicule,
20:21il y avait moins de poissons
20:22dans les eaux.
20:23Est-ce qu'aujourd'hui,
20:24vous arrivez à vous en sortir ?
20:25Est-ce que vous pouvez
20:25vous verser un salaire ?
20:26Non, pratiquement pas.
20:27Aujourd'hui,
20:28une personne au RSA
20:30gagne plus
20:30qu'un marine pêcheur
20:32sur un chahutier
20:33à Méditerranée.
20:34C'est ça la réponse.
20:35Vous allez rencontrer
20:36la ministre de la Pêche
20:37jeudi.
20:38Qu'est-ce que vous voulez lui dire ?
20:39Qu'est-ce que je veux lui dire ?
20:40Elle le sait déjà.
20:41Elle sait déjà
20:42tout ce qui se passe
20:43en Méditerranée.
20:43On l'a alertée déjà
20:44depuis plusieurs semaines
20:45voire plusieurs mois.
20:47Toutes nos questions
20:48restent sans réponse.
20:49Elle a pris des engagements
20:50qu'elle n'a pas tenus.
20:52Donc maintenant,
20:52aujourd'hui,
20:52je lui dis
20:53« Madame la ministre,
20:54on va venir. »
20:55Mais normalement,
20:56c'était à vous de venir.
20:56La Méditerranée est là.
20:57Toute la corporation est là.
20:59La filière est là.
21:00Tous les pêcheurs
21:00méditerranéens sont représentés.
21:02Aujourd'hui,
21:02on vous attend
21:03Madame la ministre.
21:04Qu'est-ce que vous voulez obtenir ?
21:05C'est une aide en plus ?
21:07Déjà la considération,
21:08déjà prendre en compte
21:09déjà nos revendications.
21:10Déjà,
21:10ça sera la première.
21:11Et bien évidemment,
21:12à un moment,
21:14une réglementation
21:15qui n'est pas à la hauteur
21:16en fait
21:17de ce qu'on a besoin.
21:19Aujourd'hui,
21:20on perd 30%
21:20de chiffre d'affaires
21:21à cause du maillage
21:22qui nous a été imposé
21:23par l'Europe.
21:24Maintenant,
21:24il va falloir
21:25un peu trouver des solutions
21:26pour retrouver
21:27ces fameux 30%
21:28qu'on a perdus
21:29à cause de la réglementation
21:31communautaire.
21:32Merci beaucoup
21:32pour votre témoignage.
21:33Et vous nous l'avez expliqué,
21:35le blocage
21:35de ce port de Cède
21:36va continuer
21:37au moins jusqu'à demain matin.
21:39Merci Isor.
21:40Isor de Laguerce
21:41avec Jérémy Paoloni.
21:43Là,
21:44ce sont des cas
21:45très concrets.
21:46On sait que depuis 2022,
21:47on est dans une crise
21:48énergétique systémique.
21:49Qu'est-ce qu'il nous dit ?
21:51Ce pêcheur dit
21:52ça suffit les rustines,
21:54ça suffit les bricolages,
21:55ça suffit vos petites aides
21:56que vous lancez
21:57à la petite aumône
21:59que vous lancez.
22:00Mais où est le gouvernement
22:01quand même ?
22:02Moi, je veux dire,
22:03où est le président ?
22:04Mais comme le dit
22:05Marc Farentini,
22:05ça ne sert peut-être
22:06plus à grand-chose.
22:07Mais en termes
22:07de communication,
22:09il demande
22:09de la considération.
22:11Oui,
22:12et il est très fort
22:12ce mot,
22:13parce que c'est un mot
22:13qu'on entendait déjà
22:15au début des premières
22:16manifestations
22:17des Gilets jaunes.
22:17L'impression
22:18de ne pas être entendu,
22:19l'impression que la voix
22:20ne porte pas l'impression
22:21qu'on n'est plus
22:23part de la nation
22:24et qu'on n'a plus
22:24de pouvoir dans la nation,
22:26non seulement sur l'avenir
22:27collectif,
22:28mais aussi sur son propre avenir.
22:29Il y a un problème
22:30de communication,
22:30oui,
22:30de la part du gouvernement,
22:31parce que,
22:32vous disiez,
22:33le gouvernement fait
22:33ce qu'il peut,
22:34le gouvernement a fait
22:34ce qu'il pouvait.
22:36Mais ça,
22:36ça valait jusqu'à cet été.
22:38Avec les prix du pétrole,
22:39aujourd'hui,
22:40ça n'est plus audible,
22:41en réalité,
22:41de continuer à dire,
22:42comme le font la porte-parole
22:43du gouvernement
22:43et les autres ministres,
22:45le gouvernement suit
22:46avec beaucoup d'attention
22:47les prix du pétrole.
22:48Le gouvernement a lancé
22:50des aides sectorielles
22:51et d'ailleurs,
22:51faites attention,
22:52tous les Français
22:52ne les ont pas demandés.
22:53C'est inaudible
22:54pour ces gens,
22:54bien évidemment.
22:55Et par ailleurs,
22:56non seulement,
22:57il y a une absence
22:58de visibilité,
22:59mais il y a même
22:59des herses
23:00qui se referment
23:00les unes après les autres
23:01dans la communication
23:02gouvernementale
23:03et c'est ça
23:03qui rend les gens fous
23:04et qui,
23:04à mon sens,
23:05est en train
23:05de faire briller le mouvement
23:06parce que,
23:06jusque-là,
23:07les gens étaient même
23:09assez sympas
23:10avec le gouvernement
23:10en disant,
23:11mais ça vient de l'extérieur.
23:12Donc, finalement,
23:12le gouvernement n'y est pour rien.
23:13Là, la colère,
23:14elle est en train de muter,
23:15on le sent bien.
23:15C'est ce qui crée
23:17ces mobilisations
23:17parce que les herses
23:18se sont refermées,
23:19je disais,
23:19les unes après les autres.
23:20Quand le gouvernement dit
23:21dans le budget,
23:22il n'y a plus d'argent
23:23et il n'y en aura plus
23:24parce que,
23:24alors, en fait,
23:25qu'est-ce qu'on s'en fiche ?
23:2510 milliards.
23:26C'est le candidat à la présidentielle
23:28qui gérera ça.
23:29Et de la part de Sébastien Lecornu,
23:30il y a effectivement cette idée
23:31qu'il va falloir boucler
23:32un budget sérieux,
23:34austère.
23:35Leur obsession,
23:36c'est de boucler un budget
23:37et l'obsession de ces gens-là,
23:38c'est de boucler
23:39On le sait déjà
23:41que ça ne pourra pas tenir.
23:42Donc, quel est le constat ?
23:43Le travail ne paye plus en France.
23:45Travailler va coûter plus cher
23:46pour des dizaines de professions.
23:47On ne parle pas seulement
23:48des chauffeurs VTC,
23:49on parle des infirmiers,
23:50des médecins
23:50qui prennent leur voiture
23:51pour aller soigner les Français.
23:54Et puis,
23:55on ne peut pas ne pas regarder
23:56ce qui se passe ailleurs.
23:58Et là, je vous regarde,
23:59Paolo Lévy,
24:00il faut reconnaître
24:01qu'il y a quelques années,
24:02on regardait, nous,
24:03les Français,
24:04on regardait l'Espagne,
24:05on regardait le Portugal,
24:06on regardait l'Italie
24:07avec un peu de...
24:07Vous voyez ?
24:08Un peu de condescendance.
24:10On les appelait les pigs.
24:11Je rappelle toujours ça.
24:12On les appelait...
24:12Les Américains les appelaient
24:13les pigs.
24:14Vous le chantez,
24:14le Portugal,
24:15l'Italie,
24:15la Grèce et l'Espagne.
24:16Et aujourd'hui, c'est qui ?
24:18Aujourd'hui,
24:18le malade de l'Europe,
24:19dans toute la presse anglo-saxonne,
24:21c'est la France.
24:22Il n'y a pas de sujet.
24:22Le convalescent de l'Europe,
24:24c'est l'Allemagne
24:25et le malade de l'Europe,
24:26pour tous les milieux financiers,
24:28c'est la France.
24:29Paolo Lévy,
24:30l'Italie a fait tous les efforts.
24:32Bon, alors déjà,
24:34je ne reconnais pas tellement
24:35cette France
24:36que vous décrivez ici
24:37avec cette narration,
24:38on dirait,
24:38les misérables de Victor Hugo.
24:40Une narration quand même
24:41très pessimiste,
24:43la vôtre.
24:43Vu de l'étranger,
24:44la France reste quand même
24:45un pays extraordinaire
24:47avec des investissements...
24:49Ah, mais ça fait du bien entendre.
24:51Il y a des quatre coins du monde,
24:53un tourisme,
24:54un secteur du tourisme...
24:55On dirait plus de ce que l'est
24:55sur notre chaise.
24:56...qui marche extrêmement bien,
24:59des infrastructures,
25:00un système de santé,
25:01et voilà,
25:03c'est quand même...
25:03Déjà, le fait d'être né en France,
25:06c'est déjà...
25:06C'est comme avoir gagné
25:07à l'euro-million.
25:08Donc, je sais qu'on est ici
25:11dans une narration
25:12très, très obscure
25:14qui doit faire peur,
25:15mais ce n'est pas la France
25:16qu'on voit, nous, d'Italie.
25:18Nous, on voit un grand pays,
25:19d'ailleurs,
25:20qui a donné au monde...
25:21À qui vous allez dire
25:22bientôt, redressez-vous,
25:24parce que...
25:24Des entrepreneurs.
25:25Maintenant, il y a une très belle
25:26initiative qui est celle
25:28de panthéoniser,
25:29de faire entrer au panthéon.
25:30André Citroën,
25:31qui de rien du tout
25:33a créé une des marques
25:35qui ont fait rayonner
25:36la France dans le monde entier.
25:37Et on espère que le président
25:39de la République,
25:39Emmanuel Macron,
25:41va accueillir cette demande
25:42parce que ça pourrait être
25:43comme fin de mandat.
25:44Vous l'entendez, ce discours,
25:46Marc Fiorentino ?
25:47Un beau, un fantastique signe
25:47pour les entrepreneurs français
25:49et européens.
25:51Et le miracle...
25:53Voilà, il n'y a pas
25:54de solution miracle.
25:55C'est-à-dire que les pays
25:57que vous avez évoqués,
25:58c'est-à-dire l'Italie,
25:59mon pays,
25:59mais aussi l'Espagne,
26:01le Portugal,
26:02la Grèce,
26:03aujourd'hui vont
26:04un tout petit peu mieux,
26:06pas parce qu'ils ont eu
26:08un coup de baguette magique,
26:09mais parce que dans
26:10cette dernière décennie,
26:12et même un peu plus
26:13depuis 2010,
26:14depuis la crise financière
26:16et puis la crise de la dette,
26:18ils ont fait,
26:19on a fait des réformes
26:20et des efforts monstrueux
26:22à commencer par la réforme
26:24des retraites.
26:25Combien en Italie ?
26:26On est passé d'un seul coup
26:28de 62 à 67 ans.
26:30Je vous dis seulement
26:31que notre ministre du Travail
26:32de l'époque, Elsa Fornero,
26:34a annoncé la réforme
26:36face caméra en larmes,
26:38en demandant au pays
26:39je sais que c'est très dur,
26:40mais tous ensemble
26:41on doit faire cet effort.
26:42sinon on ne s'en sortira pas.
26:44Parce que, je veux dire,
26:45les mathématiques,
26:46ce n'est pas une opinion.
26:47La pyramide des âges,
26:48on ne fait plus d'enfants
26:49et il n'y a plus d'enfants
26:50pour payer nos retraites,
26:52donc finalement,
26:52il faut le retoucher.
26:54Voilà, ces réformes,
26:55je suis désolé,
26:56Emmanuel Macron les a proposées
26:57et à chaque fois,
26:58il s'est cassé la gueule
26:59parce qu'on lui a bloqué le pays.
27:01Donc la faute à Macron,
27:02la faute à Macron,
27:03non, vu de l'étranger,
27:04Macron a fait des efforts
27:05monstrueux
27:06pour chercher
27:07de changer les choses
27:08et les Français
27:10ont tout bloqué.
27:11Il a suspendu tout ça
27:12pour répondre aux retraites.
27:13Aujourd'hui,
27:14si l'Italie va mieux,
27:16c'est grâce à cette réforme majeure,
27:18c'est grâce aussi
27:19à la réforme du travail.
27:20Grâce à l'aide européenne massive.
27:22Bravo,
27:22et merci de l'évoquer,
27:24c'est grâce
27:24au plan de relance européen.
27:27Et merci Emmanuel Macron
27:28parce que c'est lui
27:29qui, pour la première fois,
27:31a oeuvré en Europe.
27:32personne avant lui
27:33était parvenu,
27:34pas François Hollande,
27:35pas Nicolas Sarkozy.
27:36Pour la première fois,
27:37sous le mandat d'Emmanuel Macron,
27:39l'Europe a introduit
27:40une forme de mutualisation
27:41de la dette.
27:42C'est la fraternité européenne
27:44qui s'est mise en marche,
27:45ça restera dans les livres d'histoire.
27:47Moi, j'ai fait science politique
27:48à Rome,
27:49je peux vous assurer
27:50que pour des avancées
27:51bien moindres,
27:52on étudiait des pavés
27:53de 5000 pages.
27:54Donc maintenant,
27:54faire cette description
27:55d'Emmanuel Macron
27:56comme la cause
27:57de tous les maux,
27:58franchement,
27:58moi, je ne suis pas
27:59un partisan particulier
28:01Alexandre Avril et Marc Fiorentino
28:02brûlent de vous répondre.
28:03C'est vrai que je brûle.
28:05Attendez, mais avant
28:06de répondre,
28:07s'il vous plaît,
28:08le tour d'horizon,
28:09on continue parce que
28:10les stations-service
28:10sont prises d'assaut
28:11quand certaines ne sont pas
28:13vandalisées
28:13comme dans le nord de la France.
28:15Nous sommes avec Arthur
28:17Descudé,
28:18ici,
28:18les Moulineaux,
28:19dans les Hauts-de-Seine.
28:20Quelle est la situation,
28:21Arthur ?
28:21Parce que nous avons
28:22dans notre pays
28:23certaines stations vandalisées,
28:25d'autres qui sont prises d'assaut
28:26et parfois d'autres
28:28qui sont désertées.
28:29Où en êtes-vous ?
28:32Eh bien,
28:32vous le voyez ce soir
28:33dans cette station
28:34d'ici les Moulineaux.
28:35Il y a un petit peu de monde
28:35tout simplement
28:36parce qu'on se trouve
28:37dans une station totale.
28:38Et ici,
28:38les prix,
28:39ils sont plafonnés.
28:39Vous le voyez au fond
28:40sur cette image.
28:411,99€ pour le samplon 95
28:43et le samplon 98.
28:452,25€ pour le diesel.
28:47Ça reste très cher,
28:48mais moins cher qu'ailleurs.
28:50On peut atteindre
28:50parfois 2,62€
28:51dans des stations aux alentours.
28:53On est avec Agathe ce soir.
28:54Merci de répondre
28:55à nos questions.
28:55Vous,
28:56vous êtes déplacé ici
28:57tout simplement
28:58parce que c'est moins cher
28:58qu'ailleurs ?
28:59Tout à fait.
28:59Merci total.
29:00C'est les seuls
29:01qui font un effort.
29:01On manque l'État
29:02de nous prendre
29:0260 à 70% de taxes.
29:04Voilà.
29:05Et il y en a marre de payer.
29:06Vous n'aviez pas le choix
29:06de venir ici ?
29:07C'était la seule solution ?
29:08Non,
29:09j'ai le choix,
29:09mais j'ai fait le choix
29:10de payer moins cher.
29:12Voilà.
29:12C'est vrai qu'on voit
29:13aux alentours,
29:13ça peut monter
29:14jusqu'à 2,60€ de le litre.
29:15Comment vous,
29:16vous vivez actuellement
29:17en ce moment
29:18cette situation
29:19des prix qui explosent
29:20dans les stations-service ?
29:23Moi,
29:24je pense à tous les gens
29:25qui n'ont pas cette chance-là.
29:27Et bon,
29:28franchement,
29:29je suis compati.
29:29C'est un ras-le-bol
29:30quotidien finalement ?
29:31Oui,
29:31et puis finalement,
29:32je pense que ça ne baissera jamais.
29:33Ce sera un prétexte
29:33pour la suite.
29:35Voilà.
29:35Merci Agathe
29:36d'avoir répondu
29:36à nos questions.
29:37On vous laisse faire
29:37le plein tranquillement.
29:39Voilà,
29:39on le disait,
29:39ces stations totales
29:40qui continuent
29:41de plafonner leur prix
29:42pendant qu'à côté,
29:43on peut payer
29:43jusqu'à 2,62€ le litre
29:45pour du sans-plomb 95
29:47contre 1,99€.
29:48Ici,
29:49la différence
29:49se mesure quand même
29:50favorablement
29:51pour les habitants ici
29:53et les riverains
29:54qui font le plein.
29:55Merci.
29:56Merci Arthur
29:56avec Roao Alencar.
29:59Alors,
29:59vous vouliez réagir.
30:00Marc Fiorentino,
30:01Alexandre Averillet,
30:02M. le maire.
30:02Je voulais réagir
30:03à votre vibrante
30:04déclaration d'amour
30:05pour la France.
30:06Moi,
30:06j'y souscris,
30:07mais je crois
30:07que ce qui a fait
30:08ce que vous aimez
30:09dans la France,
30:10c'est notre capacité visionnaire,
30:11notre capacité
30:12à nous projeter
30:13et à être ambitieux.
30:13Et moi,
30:13j'ai le sentiment
30:14qu'on ne l'est plus
30:14depuis des années.
30:15Sur le sujet
30:16qu'on regarde à l'instant
30:18des carburants
30:18et de la souveraineté énergétique.
30:20Qui sait qu'il y a
30:21encore quelques années,
30:22nous avions des mines
30:23d'uranium en Bretagne
30:23avant que les socialistes
30:24ne les ferment ?
30:25Qui sait que dans
30:26le sud-ouest de la France,
30:27le BRGM,
30:28donc le Bureau géologique
30:29de l'État,
30:30qui a fait un inventaire
30:32de nos ressources naturelles,
30:33montre qu'il y a
30:34100 millions de tonnes
30:35de pétrole
30:35qui nous attendent
30:36sous la terre.
30:37300 millions de tonnes
30:37de gaz
30:38qu'on n'exploite pas
30:38en France.
30:39Pareil pour notre
30:40espace maritime en Guyane
30:41dans lequel nous pouvons
30:42améliorer la production
30:44minière et pétrolière.
30:45Mais ça,
30:45on ne veut pas le regarder.
30:46On ne veut pas être ambitieux,
30:48on ne veut pas croire
30:48à notre pays.
30:49On préfère importer
30:50les produits de basse consommation
30:51depuis l'Asie
30:52et puis nos carburants
30:53depuis le Moyen-Orient
30:54et la Russie
30:54il y a peu de temps.
30:55Mais on n'est plus capable
30:56d'avoir confiance en nous.
30:57Et c'est ça que je regrette
30:58et moi j'aimerais
30:59que votre plaidoyer
30:59soit entendu
31:00par les hommes politiques
31:01pour qu'ils puissent
31:02retrouver de l'ambition
31:03et de la confiance
31:04dans notre pays
31:04sans être sans cesse
31:05bridés par les ressources
31:06que nous avons
31:07dans notre magnifique pays
31:08qui rayonnent
31:09sur la planète entière
31:10avec notamment
31:11notre espace maritime
31:12qui est incroyable
31:12qui est le deuxième
31:13le plus vaste du monde
31:14et qu'on pourrait exploiter
31:14sur ces questions énergétiques.
31:17On a fait l'Airbus,
31:17on a fait le Concorde,
31:19on a fait les centrales nucléaires
31:21mais il faut continuer
31:22dans cet élan aventureux.
31:24Le Concorde,
31:24je ne sais pas si c'est
31:25un bon exemple
31:26mais c'est quand même intéressant.
31:28Si c'est un exemple
31:28de progrès technique
31:29et de recherche scientifique.
31:30C'est ça l'esprit européen
31:31et l'esprit français.
31:32C'est quand même intéressant
31:32ce que vous dites
31:32parce que d'abord
31:34il y a plusieurs choses.
31:35La décision de la dissolution
31:38est une destruction
31:39de la situation
31:40dans laquelle on est aujourd'hui
31:42parce qu'un pays
31:43totalement à l'arrêt
31:45pendant trois ans
31:46c'est un pays
31:47qui est dans un état désastré
31:49et on est en train
31:50d'en payer le prix.
31:51Alors c'est certes
31:52pas les misérables
31:53mais il y a des gens
31:54qui vivent
31:55comme des misérables
31:56aujourd'hui
31:56dans une situation
31:57qui est extrêmement difficile
31:58et il ne faut pas tomber
31:59dans la démagogie.
32:00Et donc là où je suis
32:01totalement d'accord avec vous
32:02c'est que dire
32:03c'est de la faute de Macron
32:04c'est vraiment une erreur totale.
32:06Ça fait 50 ans
32:07qu'on mène des politiques
32:09qui ne vont absolument pas
32:10dans le bon sens.
32:11Là où je vous ai entendu
32:12tout à l'heure
32:13et où je ne suis absolument
32:14pas d'accord
32:14et là je pense
32:15qu'il ne faut pas tomber
32:15dans la démagogie
32:16j'entendais dire
32:17après la guerre en Ukraine
32:18on s'est aperçu
32:19qu'on avait une extrême dépendance
32:20on a quand même
32:21le nucléaire
32:22bravo
32:24l'électrique
32:24les deux tiers
32:25la politique européenne
32:27on l'a relancé
32:28sur les carburants
32:30c'est moins de 1%
32:30cette décision
32:31mais je ne parle pas
32:32de la décision
32:32dans les dix dernières années
32:33là vous parliez de vision
32:34on a eu cette vision là
32:35aujourd'hui
32:36si la France est là où elle est
32:37en matière énergétique
32:39certes on souffre aujourd'hui
32:40qui a commencé à être déconstruite
32:41par Emmanuel Macron
32:42et par les socialistes avant lui
32:44on a vu dire
32:44non mais j'entends très bien
32:45si vous voulez
32:46le jeu des responsabilités
32:48et là je vous rejoins
32:49de dire c'est de la faute de qui
32:50aujourd'hui on essaye
32:51d'aller de l'avant
32:52et pour aller de l'avant
32:53pour montrer
32:54et là où je vous rejoins
32:55c'est qu'on a des bases
32:56qui sont extrêmement solides
32:58nos fondamentaux
32:59c'est ça qui nous rend
33:00non non mais attendez
33:01mais on dit la même chose
33:03ce qui nous rend très frustrés
33:05ce qui nous met en colère
33:06c'est que le pays
33:07aujourd'hui
33:08est un pays
33:08qui a un potentiel
33:09absolument énorme
33:11avec des fondamentaux
33:12qui sont excellents
33:13sauf qu'on n'a pas le courage
33:14on a par exemple
33:15je vais prendre juste un exemple
33:16notre modèle économique
33:17vous le connaissez
33:19celui de l'Italie
33:19n'est pas tout à fait le même
33:20parce qu'il est tourné
33:21vers l'exportation
33:22et l'industrie
33:22nous il est tourné
33:23Sonia Mabrouk
33:24vers la consommation
33:25d'accord
33:26comment ça fonctionne
33:27l'économie
33:27en deux mots
33:28l'économie française
33:29on fait de la consommation
33:31comme on n'arrive pas
33:32à faire de la consommation
33:34tout seul
33:34puisqu'on ne produit pas de richesse
33:36puisqu'on ne travaille pas assez
33:37qu'est-ce qu'on fait ?
33:38et bien on fait des aides publiques
33:40d'accord
33:40les aides publiques
33:41créent du déficit
33:42ce déficit
33:44va dans la consommation
33:45c'est les boucliers
33:46les distributions
33:47les aides qu'on a données
33:48au moment du Covid
33:49après avec l'Ukraine
33:50et cette consommation
33:52elle va où ?
33:53elle va en achat
33:54donc en déficit commercial
33:56c'est-à-dire que
33:57vous partez du déficit budgétaire
34:00qui alimente
34:01une consommation
34:02qui n'est pas
34:03une bonne croissance
34:04c'est comme le cholestérol
34:05il y a la bonne et la mauvaise
34:06ça c'est une mauvaise croissance
34:07qui alimente
34:08notre déficit commercial
34:09donc c'est tout notre modèle
34:11qui est aujourd'hui à revoir
34:13mais non mais
34:13vous êtes d'accord
34:14qu'on a cessé de vouloir
34:15mais on est au bout d'un système
34:16c'est-à-dire
34:17c'est la table
34:17qu'il faut renverser
34:18c'est pas juste la nappe
34:20qu'il faut changer
34:20d'ailleurs c'est intéressant
34:21vous voyez qu'à partir du moment
34:22où on n'a plus de carburant
34:24par les aides
34:25j'utilise ce mot volontairement
34:27qu'on ne peut plus faire d'aide
34:29on a zéro de croissance
34:30sans aide publique
34:32et déficit public
34:33on a zéro de croissance
34:34on a un modèle de croissance
34:35qui ne fonctionne pas
34:36pourquoi ?
34:37parce qu'on accumule
34:38les erreurs
34:39de gauche
34:40comme de droite
34:41Macron avant Macron
34:42depuis des dizaines d'années
34:44regardez
34:45on a posé la question aux français
34:47et beaucoup beaucoup
34:48de témoignages
34:48arrivent à BFM TV
34:50depuis quelques jours
34:51question de Rémi
34:52ou question plutôt
34:53regardez
34:53constat
34:54voici ce qu'il dit
34:56moi j'ai arrêté
34:57ma mission d'intérim
34:58parce que je gagnais
34:591600 euros par mois
35:00mais je dépensais environ
35:01400 euros d'essence
35:02chaque mois
35:03au final
35:03il ne me restait donc
35:04que 1200 euros
35:05alors que je touche
35:061200 euros au chômage
35:07alors là il y a quelque chose
35:08de précipité
35:09parce qu'on parle des révoltes
35:09qui grondent
35:10sur les carburants
35:11parlons aussi
35:12de ceux qui payent
35:13de manière générale
35:14aussi trop d'impôts
35:15parce que là j'arrive aussi
35:16par ailleurs
35:17à cette France
35:18à cette conjonction
35:19des deux Frances
35:22crise des carburants
35:23et révolte fiscale
35:25franchement attention
35:26à ne pas sous-estimer
35:26je donne un chiffre
35:27et vous allez me dire
35:29sous votre contrôle
35:29Marc Ferrantino
35:30si c'est exact
35:3110% des Français
35:32payent quasiment
35:3377% de l'impôt
35:35sur le revenu
35:35il y a 50% des ménages
35:37qui ne le payent pas
35:3750% des ménages
35:38qui le payent
35:39pourquoi l'effort
35:39repose-t-il toujours
35:40sur les mêmes ?
35:41parce qu'aujourd'hui
35:42on a un système
35:43comme on l'a dit
35:44il faut quand même
35:45réexpliquer aussi
35:46excusez-moi
35:47je ne ferai pas
35:47des cours d'économie
35:48je vais très vite
35:49et que diriez-vous
35:49à Rémi d'ailleurs ?
35:50j'ai envie de lui dire
35:51à Rémi
35:51on est dans un système
35:53malheureusement
35:53où on a créé
35:54une addiction aux aides
35:55on a créé
35:56une addiction
35:57à la système
35:57on a créé des trappes
35:58à une activité aussi
35:59c'est ce qu'il décrit
36:00on a créé
36:01non mais on a créé
36:02ce réflexe
36:02qui consiste à dire
36:04dès qu'il y a une difficulté
36:05l'État doit payer
36:07mais l'État
36:07aujourd'hui
36:12il faut changer
36:13complètement notre logiciel
36:14mais ce n'est pas
36:16impossible
36:17là où je rejoins
36:18ce qui a été dit tout à l'heure
36:19on a tellement de richesses
36:20dans ce pays
36:21tellement de potentiel
36:22que en fait
36:23c'est assez intéressant
36:24non mais
36:25je vais vous prendre
36:25un exemple
36:26qui va vous surprendre
36:27est-ce que sur le plan fiscal
36:28l'État est un prédateur ?
36:30non
36:31oui alors
36:32si vous voulez
36:33c'est un prédateur
36:34parce qu'il a des besoins
36:36qui sont des besoins
36:38colossaux
36:38c'est-à-dire qu'à partir
36:39du moment où vous êtes
36:40dans une sorte de
36:41de tonneau
36:42des danaïdes
36:43qui ne se remplit
36:45jamais
36:45et bien vous êtes obligé
36:46d'aller puiser en permanence
36:47de l'argent
36:48c'est notre modèle
36:49de base
36:50qui est complètement
36:51tronqué
36:52en l'occurrence
36:53la TVA sur les carburants
36:54elle est choquante
36:55moi elle me choque
36:56puisqu'on sait aujourd'hui
36:58que c'est un besoin
36:59de première nécessité
36:59pour les gens
37:00vous êtes au pouvoir
37:01vous faites quoi ?
37:02vous êtes au pouvoir
37:02demain
37:03c'est intéressant
37:04on la ramène à 5,5
37:04parce que c'est un produit
37:05vous la ramène à 5,5
37:06et vous compensez ça comment ?
37:07c'est-à-dire demain
37:08qu'est-ce que vous expliquez
37:09votre programme fiscal
37:11de l'UDR
37:11qui est 40 pages
37:13là on parle d'une mesure
37:14là il ne s'agit pas
37:15vous ne pourrez pas
37:16appliquer 40 pages
37:17là vous êtes face
37:18à la colère
37:18vous baissez à 5,5
37:21là tout de suite
37:22on ne peut plus
37:22emprunter à l'étranger
37:23comment vous financez ça ?
37:25alors le rassemblement
37:26national UDR
37:26ont proposé là
37:27un plan de 125 milliards
37:28d'économies
37:30structurelles sur l'état
37:30mais si c'est ce que
37:31vous appelez depuis des années
37:32à ce qu'on fasse
37:32des économies
37:34goûter l'alternance
37:35parce que là vous parlez
37:35de la gauche et de la droite
37:36depuis des années
37:37il y a eu la possibilité
37:38d'avoir une alternance
37:39il y a quelques mois
37:39vous avez raison
37:40c'est le fait qu'il n'y ait pas
37:41eu cette alternance
37:42qui nous met dans cette situation
37:43j'espère qu'il y en aura une
37:44dans quelques mois
37:44et on appliquera à ce moment-là
37:46comme l'a dit Marine Le Pen
37:47au MEDEF
37:47un programme clair
37:48puissant
37:49précis
37:49d'économie
37:51avec un âge de la retraite
37:52non mais attendez
37:52c'est pas sérieux
37:54je veux dire
37:54la mère de toutes les
37:56la mère de toutes les réformes
37:57notre premier poste
37:59social de dépense
38:01c'est la retraite
38:02comment vous pouvez
38:03nous expliquer
38:04que vous allez faire
38:05des économies
38:06alors que sur la seule
38:07mesure essentielle
38:08vous l'avez tellement
38:09bien décrit tout à l'heure
38:10vous l'avez tellement
38:12bien décrit tout à l'heure
38:13vous avez tout expliqué
38:14avec la démographie
38:15vous avez bien compris
38:15c'est pas politique
38:17c'est déjà 67 ans
38:18l'âge d'annulation
38:19de la décote
38:20écoutez
38:21c'est projet contre projet
38:22programme contre programme
38:23mais c'est vrai
38:23moi j'ai pas de programme
38:24non non pas vous
38:25je parle là plus largement
38:27mais c'est vrai
38:27qu'il est de notre rôle
38:28et de notre responsabilité
38:29à nos journalistes
38:30à chaque fois qu'une proposition
38:31était mise
38:32de demander la compensation
38:33évidemment
38:34parce que c'est parfois facile
38:35d'émettre des propositions
38:37je vous donne la parole
38:38dans quelques instants
38:39on va rejoindre
38:40parce que beaucoup
38:40de nos journalistes
38:41nous attendent
38:41pour vous décrire
38:42un peu la situation
38:43on est passé par
38:44les stations-service
38:45on est passé par
38:46les ports bloqués
38:47je vous propose
38:47d'aller voir
38:48du côté des prix alimentaires
38:50parce qu'on parle
38:50d'une crise systémique
38:51on parle des prix des carburants
38:52mais qu'en est-il
38:53des prix alimentaires
38:55quand vous faites vos courses
38:56Romain et toi
38:57vous êtes à côté de Lyon
38:58et là encore
38:59les revendications
39:00et les doléances
39:01sont très nombreuses
39:05ce qui est assez étonnant
39:07sur le terrain
39:07c'est qu'on peut voir
39:09que ce constat
39:09de ce pouvoir d'achat
39:11en baisse
39:11de ces prix
39:12qui ne cessent d'augmenter
39:13il est partagé
39:14par absolument tout le monde
39:15pour vous dire
39:16on a pu parler
39:16avec des ingénieurs
39:18avec des vendeurs
39:19en boulangerie
39:20avec des personnes
39:21de tous horizons
39:22qui nous décrivent
39:23la même situation
39:24le panier de course
39:25devient de plus en plus
39:27de plus en plus cher
39:28et ils sont obligés
39:29de faire des arbitrages
39:30au quotidien
39:31je vous propose
39:32d'écouter ces français
39:34sur la qualité
39:34on est obligé
39:35de prendre moins cher
39:37pour pouvoir manger
39:37ce qu'on veut
39:38pour la viande
39:39pour plein de produits
39:40on est obligé de prendre
39:41on prend très peu de marques
39:42on prend beaucoup
39:43de marques distributeurs
39:44voire les premiers prix
39:46parce que sinon
39:46on ne peut pas manger
39:47correctement
39:48c'est trop cher
39:50avant on sortait
39:51avec 30 euros
39:53un sac
39:54là 50 euros le sac
39:56c'est invivial
39:57parce qu'on passe
39:57tout notre argent
39:58dans la nourriture
39:59on ne fait plus rien
40:00à côté
40:00il faut se nourrir
40:02nourrir les enfants
40:03mes habitudes ont changé
40:04moins de viande
40:05moins de produits chers
40:06moins de poissons
40:08on essaye de faire
40:09moins cher
40:10et puis de prendre
40:11des produits
40:11de plus basse consommation
40:12et un chiffre
40:14pour illustrer ce phénomène
40:15d'après un récent sondage
40:16Elab commandé pour BFM TV
40:183 français sur 10
40:2010 finir à découvert
40:21tous les mois
40:23Merci Romain
40:24bon là encore
40:25la situation
40:26est têtue
40:27et là on parle
40:28de quels français
40:29en fait
40:29on a dit la France
40:30qui travaille
40:31les classes moyennes
40:32populaires
40:33celles auxquelles
40:34on dit
40:35écoutez
40:35si vous avez un problème
40:36avec le carburant
40:38mais achetez une voiture électrique
40:39vous l'avez quand même entendu ça
40:41bien sûr
40:41pardonnez
40:42vous trouvez que
40:44vous trouvez qu'il y a
40:45de la décence
40:46à dire ça
40:46à quelqu'un
40:47quand il n'arrive pas
40:47d'autant que le passage électrique
40:48c'est l'échange qu'on a eu hier soir
40:49avec Geoffroy Roux de Bézieux
40:50sur ce même plateau
40:51le passage électrique
40:52il est coûteux
40:53donc il n'est pas à la portée
40:54de tout le monde
40:54et le leasing social
40:55mis en place par le gouvernement
40:56qui est plutôt une bonne intuition
40:57il est par définition
40:58très très limité
40:59déjà épuisé depuis longtemps
41:00et assez peu amené
41:02à se renouveler
41:03ou à s'amplifier
41:04simplement
41:04je voudrais revenir
41:05sur le plateau
41:05qu'on vient de voir
41:06on était devant un magasin
41:07Leclerc
41:08je ne vais pas faire de la publicité
41:09puisque je veux simplement
41:10citer la personne éponyme
41:11Michel-Édouard Leclerc
41:11qui s'est imposé
41:13cet été
41:13ou un petit peu avant l'été
41:14comme la première personnalité politique
41:16personnalité pardon
41:17préférée des français
41:18et c'est la première fois
41:18qu'un non-politique
41:20était arrivé
41:21en tête de ce classement
41:22qu'est-ce que ça veut dire ?
41:23je peux vous dire
41:23qu'au sein du gouvernement
41:24au sommet de l'état
41:25beaucoup l'expliquent
41:26par un argument
41:26très simple
41:27c'est que
41:27les politiques peuvent promettre
41:29ce qu'ils veulent
41:29pour le pouvoir d'achat des français
41:30les français ne les croient plus
41:32là où un Michel-Édouard Leclerc
41:33par son nom
41:34a fait beaucoup plus
41:35pour le pouvoir d'achat
41:40par des français
41:40qui ont placé ce monsieur
41:42qui a dit qu'il ne serait pas
41:43il gagne par ailleurs sa vie
41:45c'est pas un but
41:46philanthropique
41:47ce que je veux dire
41:47c'est que les français
41:47quand ils se rendent dans ces magasins
41:49ils savent ce qu'ils vont chercher
41:49et ce qu'ils vont prouver
41:50c'est ce que je voulais dire
41:52vous avez tout à fait raison
41:53d'ailleurs
41:53mais moi je ne fais le procès à personne
41:54de gagner sa vie en travaillant
41:55moi non plus
41:57et donc si vous voulez
41:58ça dit deux choses
41:59c'est qu'un
42:00il y a une attente
42:00en effet des français
42:02qui ont placé
42:02Michel-Édouard Leclerc en tête
42:03il a dit qu'il ne serait pas candidat en 2027
42:05mais que donc
42:05qu'il y a une attente
42:06sur cette question
42:07du pouvoir d'achat
42:08le témoignage qu'on vient d'entendre
42:09l'illustre parfaitement
42:11et je pense que c'est l'un des sujets
42:12qui va s'imposer
42:13comme le thème pour vous
42:14M. Merrick
42:16quand vous êtes aux prises
42:17avec une situation
42:18on va écouter
42:19le ministre de l'économie
42:21Roland Lescure
42:22Anne-Saura Dubas
42:23c'est vrai que quand il dit
42:26écoutons-le
42:26écoutons-le
42:27et on va utiliser ce qu'il dit
42:28c'est plus simple
42:30j'entends les inquiétudes
42:31des français
42:31des français
42:32et je les comprends évidemment
42:33j'entends aussi
42:34que certains souhaitent transformer
42:35cette inquiétude en colère
42:36j'ai bien compris
42:37qu'on est dans une phase préélectorale
42:39qui excite beaucoup de monde
42:41et moi je suis là
42:43pour à la fois répondre
42:44aux inquiétudes légitimes
42:45des français
42:45et donc on a été
42:47depuis le début présent
42:48aux côtés de celles et ceux
42:49qui sont en première ligne
42:51on a refusé
42:52depuis le début
42:52de manière générale
42:54des aides générales
42:55qui aideraient tout le monde
42:56y compris ceux
42:56qui en ont moins besoin
43:00cette démarche
43:00elle nous a permis
43:01à la fois
43:02de contenir
43:03l'impact sur les finances publiques
43:04des mesures d'aide
43:05mais de s'appuyer directement
43:07d'appuyer directement
43:08celles et ceux
43:08qui n'en ont plus besoin
43:10alors je ne remets pas en cause
43:11sa sincérité
43:12mais cette phrase
43:12j'entends les inquiétudes
43:13des français
43:14c'est plus possible
43:14je vous disais
43:15c'est inaudible
43:17c'est absolument inaudible
43:18de la part du porte-parole
43:19de la porte-parole du gouvernement
43:20de la part du ministre
43:20de l'économie
43:21d'autant qu'il n'est pas
43:22simplement question
43:23que de dépenses
43:24et de dépenses de carburant
43:25il est aussi question
43:26de revenus
43:27la question des salaires
43:28elle est en train
43:29de devenir transpartisane
43:31dans cette campagne
43:31tous les candidats
43:32ont désormais
43:33des propositions
43:34sur cette question
43:35et le fait que ça n'existe pas
43:37dans la parole gouvernementale
43:38c'est-à-dire évidemment
43:39bien sûr qu'il y a
43:40des instrumentalisations politiques
43:42mais comme à chaque fois
43:42il n'y a aucun doute
43:43attention quand même à eux
43:44on les alerte bien
43:45ça se passe parfois
43:46extrêmement mal
43:47surtout quand les gens
43:48sont très incolaires
43:49en revanche
43:50pourquoi c'est si facile
43:52d'instrumentaliser
43:53parce que les gens
43:53n'en peuvent déjà plus
43:54il y a une vérité
43:55qui n'est pas dite
43:56la suspension
43:56de la réforme des retraites
43:58elle n'a fait que
43:58reporter un mur budgétaire
44:00qu'on est en train
44:00de se prendre en pleine figure
44:01et qui l'a suspendu
44:03peut-être qu'ils ont été
44:04obligés à cause des oppositions
44:05mais qui l'a décidé
44:06c'est le gouvernement
44:07c'est le gouvernement
44:07c'est le gouvernement
44:07le gouvernement a choisi
44:08de se mettre dans la main
44:09du parti socialiste
44:10c'est un choix qu'on peut combattre
44:11c'est un choix qu'on peut contester
44:12mais en tout cas
44:12personne ne l'y a obligé
44:14vous le contestez
44:14ça c'est sûr
44:15je le conteste
44:16plutôt deux fois qu'une
44:17donc si vous voulez
44:18il avait fait une réforme
44:19courageuse des retraites
44:20l'exécutif Emmanuel Macron
44:21est encore courageuse
44:23il avait déjà reculé
44:24parce qu'il était parti
44:24de 65 ans
44:25il est revenu à 64 ans
44:27en larmes
44:28une ministre est venue
44:29en larmes à l'antenne
44:30pour dire
44:30faites une réforme
44:31vous rendez compte
44:32la différence
44:33il y avait une majorité
44:34là on n'a plus de majorité
44:35majorité pour quoi ?
44:36non on n'a plus de majorité
44:37au parlement
44:38on n'a plus rien
44:39c'est une majorité relative
44:41il y avait une coalition
44:44qui était très forte
44:45je voudrais juste revenir
44:46sur une chose que vous avez
44:47dit très rapidement
44:47pour avoir quand même
44:49une petite note d'espoir
44:50j'ai entendu le mot
44:51crise structurelle
44:53non on est quand même
44:54dans une crise conjoncturelle
44:55il y a des problèmes
44:56structurels de la France
44:57ça on en a tous parlé
44:59les salaires
45:00tout ça
45:00ça c'est structurel
45:01mais ce qu'on vit quand même
45:03la hausse des prix de l'essence
45:04c'est conjoncturel
45:06c'est à dire que si demain
45:07pour une raison
45:08ou pour une autre
45:09que je n'imagine pas
45:10je ne sais pas
45:10le détroit d'Hormuz
45:12était à nouveau ouvert
45:13et que le pétrole
45:14descendait à 70 dollars
45:15certes j'entends
45:16le prix de l'essence
45:17ne descendra pas aussi vite
45:18que le prix du pétrole
45:19mais quand même
45:19on aura cette asphyxie
45:21qui va être un peu moins
45:22pesante
45:23et bien justement
45:24Marc Ferdinand
45:25j'ajoute juste que la France
45:27n'est pas une île
45:28mais que ses problèmes
45:29sont les mêmes
45:30qu'on a en Italie
45:31qu'on a en Espagne
45:32alors j'ai vu
45:33c'est pas les mêmes prix
45:34pour les carburants
45:35mais attendez
45:36on le note
45:37on va poser la question
45:40à ceux qui sont aux manettes
45:41parce que là
45:41il est vrai que
45:42ça dépend de la situation
45:44géopolitique
45:44même si tout ne dépend pas
45:46de la situation géopolitique
45:47je rappelle toujours
45:47que 60% des taxes
45:51sur le cas de l'euro
45:5260% du prix
45:52vient des taxes
45:53et bien voilà
45:54ça dépend de nous
45:55ça dépend de la politique
45:56des choses
45:57le certificat d'économie d'énergie
45:59c'est une taxe
46:00mais qui ne va pas
46:01dans les poches de l'Etat
46:01qui crée une enveloppe
46:02qui sert à l'Etat
46:03à subventionner des projets
46:04donc c'est une quinzaine de centimes
46:05qu'on pourrait supprimer
46:06tout de suite
46:06sans gréver les finances de l'Etat
46:07donc c'est ça
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