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00:00Dites quelques centimes comme si c'était une forme d'aumône, toute la question est là et je vais vous
00:05faire réagir.
00:06On a une archipélisation des revendications, des déléances, des colères, des désespérances.
00:13J'ai parlé des policiers, les pêcheurs, évidemment il y a les chauffeurs VTC, il y a les infirmiers, il
00:17y a les médecins,
00:18il y a tous ceux qui vont consulter et qui prennent leur voiture.
00:20Nous, le gouvernement n'a plus de marge de manœuvre, tu que du Haldonis, il n'a pas de baguette
00:25magique.
00:25Même une première aide qui va alourdir la facture est insuffisante aujourd'hui.
00:31Est-ce que c'est une situation inextricable ?
00:33On a deux démonstrations qui sont en train de se réaliser sous nos yeux.
00:37A la fois l'impuissance politique parce que des aides qui vont être données avec des caisses de l'État
00:43qui sont déjà vides
00:44et qui ne contenteront jamais assez, on a entendu tous vos interlocuteurs le dire,
00:49qui ne contenteront jamais assez les secteurs concernés.
00:53et on a de l'autre côté, ce qui n'est même pas une colère sociale, c'est vraiment une
00:58misère sociale.
00:59C'est-à-dire que j'ai discuté cet après-midi avec un député de la Creuse UDR qui s
01:04'appelle Bartholomé Lenoir.
01:05Il me disait que ma permanence mobile n'a jamais été autant prise d'assaut.
01:09Il faut quand même qu'on réalise qu'il y a des gens qui sont confinés en France en ce
01:14moment.
01:14C'est-à-dire que le prix de l'essence est tellement cher que vous avez des retraités avec des
01:19petites retraites
01:20qui restent, c'est le Covid du pouvoir d'achat si vous voulez, ils restent chez eux.
01:25Vous avez des infirmières qui calculent leur modèle économique, des aides à domicile, des infirmières libérales, des aides-soignants
01:32qui calculent sur la base de leur modèle économique, de leur métier, est-ce qu'ils peuvent traverser le département
01:36ou pas ?
01:37Vous voyez le terreau où ça peut mener à l'aube d'une présidentielle.
01:43Justement, à quoi ça peut mener ? Parce que bien malin qu'il pourrait prédire ce qui va se passer.
01:48Certains vous disent que ce sera dans l'arrêt et d'autres vous disent à 7 mois de la présidentielle.
01:52Eh bien, faisons la révolution dans les urnes. N'est-ce pas logique ?
01:55Alors, d'abord, je crois que je voudrais dire deux choses.
02:00La première, c'est que quand même, il faut rappeler que la situation dans laquelle nous sommes du point de
02:05vue du carburant,
02:06ça résulte de quoi ?
02:08Ça résulte d'abord d'un premier impérialisme, l'impérialisme russe vis-à-vis de l'Ukraine,
02:14qui vraiment a réduit drastiquement l'approvisionnement en pétrole de l'Europe, notamment l'Allemagne,
02:20et d'un second impérialisme américain et israélien face à l'Iran.
02:26Détroit d'Hormuz bloqué depuis maintenant 6 mois, 7 mois.
02:29Voilà. On est au cœur des conséquences de deux impérialismes qui sont absolument terrifiants.
02:37Face aux oukasses de Poutine et aux humeurs de Trump, nos petits bras sont bien maigrichons.
02:43Non, on est censé, la France est censée avoir un pouvoir diplomatique qu'elle use ou qu'elle n'use
02:49pas,
02:49mais en tout cas, il est là. Mais en tout cas, il faut quand même rappeler ça.
02:52Donc, si on ne résout pas le problème à la racine, ça va être compliqué.
02:56Mais ça ne veut pas dire...
02:57On n'est pas là d'avoir une puissance militaire égale à celle des États-Unis.
03:00Mais ça ne veut pas dire...
03:01Ce que vous dites aux gens là-creusant.
03:02Non, non. Ça ne veut pas du tout dire qu'en réalité, la France n'a pas de moyens.
03:06Ça, c'est faux, de mon point de vue. C'est absolument faux.
03:09J'ai entendu plusieurs des intervenants, et vous-même, d'ailleurs, vous l'avez souligné,
03:12que nos finances publiques seraient à sec, etc.
03:16C'est un leçon.
03:18Non.
03:18Mais vous, vous avez mis une cagnotte sur la carte.
03:20Ah bah écoutez, alors voilà.
03:21Je vais vous montrer, moi.
03:24Chaque année, 211 milliards d'euros versés aux entreprises, sans contrepartie.
03:29Alors, on va pouvoir répondre.
03:30Voilà. Sans contrepartie.
03:32Donc, ce que je veux dire, et je le remontre.
03:35Non, mais...
03:36Il y a, dans ce pays, depuis Nicolas Sarkozy, aggravé par François Hollande,
03:43qui a dit, mon ennemi c'est la finance, etc.
03:46Et puis en 2012, il signe le pacte de compétitivité,
03:48et il met en place la politique de l'offre, amplifiée par la présidence Macron.
03:54Il y a donc des choix de politique économique qui assèchent les caisses de l'État.
03:59Attendez, je n'ai pas qu'il y ait sur ça, je n'ai pas qu'il y ait des
04:01choix politiques qui assèchent les caisses de l'État et c'est documenté.
04:07Je suis contente que Mme Mercari, si on peut lui répondre...
04:09Vous me laissez terminer ?
04:10Bah oui, mais laissez-moi finir ma phrase demain, s'il vous plaît.
04:14Si vous terminez demain, bon...
04:15Non mais, il y a donc des choix de politique économique qui font que les caisses sont vides.
04:20Voilà. Et troisième point, et c'est le dernier, le gouvernement a parfaitement la possibilité juridique de bloquer les prix.
04:29C'est fait à la Réunion, ça peut parfaitement être fait en métropole.
04:33Alors, voilà.
04:34En quoi vous contestez le fait que les choix politiques ont entraîné une telle situation ?
04:37Je suis heureuse que Mme Mercari nous ressorte...
04:39Mercari, pardon, excusez-moi, pourtant on se connaît bien.
04:42Mais ce n'est pas le plus important dans mon propos, vous allez voir.
04:44Je suis heureuse de pouvoir dénoncer le mensonge.
04:47211 milliards sans contrepartie.
04:49C'est ce qu'on répète en boucle pour exciter un petit peu tout le monde.
04:52Parmi ces 211 milliards, et j'irai très vite là-dessus, parce que ce n'est pas le sujet du
04:55jour,
04:55il y a un tiers d'allègements de charges.
04:57Pour que les entreprises soient un petit peu plus compétitives.
05:02Puisqu'elles le sont...
05:03Elles sont deux fois plus taxées, si vous voulez, en France, que la moyenne européenne.
05:08Donc, soit on laisse nos entreprises ne plus être compétitives,
05:12on ferme les boîtes, on fait du chômage, madame.
05:14Elles ferment déjà.
05:16Ça, c'est pour les 211 milliards.
05:18Elle délocalise et elle verse 61 milliards.
05:20Laissez-la poursuivre.
05:21Ça, c'est pour les 211 milliards, madame.
05:2361 milliards de dividendes versés là-dessus.
05:25Attendez, laissez-la poursuivre.
05:26Bien sûr, madame Mécari qui peut parler.
05:29211 milliards.
05:30Ensuite, dire on peut bloquer les prix.
05:32Mais comment on peut dire des choses pareilles ?
05:34Bloquer les prix, comment ?
05:35À partir du moment où vous bloquez les prix, puisque 52% du pétrole est raffiné hors de France,
05:43simplement, madame, on ne nous livrera plus.
05:45Vous croyez que les entreprises qui raffinent hors de France vont venir vendre pas cher à la France,
05:51alors qu'elles peuvent vendre plus cher ailleurs.
05:52Vous voyez, on peut être dans la démagogie, mais à un moment, un chiffre, c'est un chiffre.
05:56Et je vais vous dire une chose, si on pouvait bloquer les prix,
05:58vous ne croyez pas là aujourd'hui que le Premier ministre, il le ferait ?
06:00Parce que moi, je ne veux pas défendre M. Lecornu.
06:02Ce que je lui reproche, c'est son silence.
06:04Moi, je pense que M. Lecornu devrait venir devant les Français, expliquer clairement la situation.
06:07Mais pourquoi il y a silence ?
06:08Mais c'est ça qui m'intéresse.
06:09Non, mais Total Énergie a bien bloqué le prix du litre cet été.
06:19Attendez, s'il vous plaît, pourquoi est-ce qu'il y a silence ?
06:25Bon, il y a un annonce, mais pourquoi est-ce qu'il y a silence ?
06:27Est-ce qu'il y a silence parce qu'il y a impuissance ?
06:29Je pense que le gouvernement est dans une situation très difficile.
06:32Alors, personne ne les a forcés à se mettre à cette place-là,
06:34donc on ne va pas les plaindre, mais leur situation est totalement inextricable.
06:37pour plusieurs raisons.
06:38Un, il y a déjà dans leur inconscient,
06:40on n'est pas très loin dans leur inconscient,
06:41le souvenir des Gilets jaunes et de la panade dans laquelle ils s'étaient retrouvés
06:45et qu'ils n'avaient pas du tout venir.
06:46Donc, je pense que lecornu doit se poser à chaque instant la question
06:49de comment est-ce que je fais pour ne pas me retrouver dans la même situation
06:51quelle que moi l'élection présidentielle.
06:53Premier problème.
06:54Deuxième problème, il y a des gens qui souffrent énormément et qui sont en colère.
06:56Ils ont raison d'ailleurs, parce qu'ils n'ont plus du tout d'argent, même pour vivre.
06:59Troisième problème, je ne sais pas si les caisses sont vides ou pas.
07:02Je ne sais pas de qui c'est la responsabilité.
07:04En revanche, ce que je sais, c'est qu'on a une dette très, très, très importante.
07:06Vous avez été conseiller de François Hollande.
07:07Oui, je le sais, je le sais.
07:08Non, mais donc, vous savez de quoi vous parlez.
07:09Ce n'est pas le sujet, parce que je suis très fier de l'avoir fait.
07:12Vous savez, vous savez, vous avez été.
07:13Mais pourquoi vous troupez la parole ?
07:14Pourquoi vous troupez la parole ?
07:15Moi, je vous ai laissé parler.
07:17Vous en piquez, vous en piquez.
07:18Allons-y.
07:18Et troisième problème, les caisses sont vides.
07:22Les responsabilités sont partagées.
07:24Et donc, on ne peut plus aujourd'hui emprunter à des taux faibles.
07:28Et donc, ça nous coûte extrêmement cher.
07:29J'entends.
07:30Est-ce qu'on peut dégonfler une idée reçue ou pas ?
07:32Allez-y.
07:33Parce que vous dites, les caisses sont vides.
07:34Est-ce que les caisses sont vides, mais la poche est pleine ?
07:36Est-ce qu'il y a une cagnotte ou pas ?
07:38Certains n'hésitent pas à parler même de raquettes fiscales
07:40quand sur un plein, 77% du plein part dans les caisses de l'église.
07:44Vous êtes en train de parler de la taxe ?
07:46Oui, bien sûr.
07:47Oui, alors, il y a quelque chose que l'on peut faire là-dessus.
07:49Attendez, oui.
07:49Allez-y, allez-y.
07:50Je termine vraiment en un mot.
07:53Je crois qu'il ne faut pas se leurrer, il faut le savoir.
07:55On peut donner de l'argent à des catégories de la population qui souffrent ou à d'autres.
07:59Le problème, c'est que la queue devant le guichet va devenir de plus en plus longue.
08:03Et effectivement, ça ne nous coûte de plus en plus cher.
08:04Et sachez que les aides, que ce soit aux pêcheurs, que ce soit les augmentations pour les policiers,
08:09c'est des impôts de demain.
08:11Et des impôts très très lourds.
08:14On a déjà un taux de prélèvement obligatoire en France qui est considérable.
08:18Les économies ne sont pas faciles à faire, quelles qu'elles soient,
08:21parce qu'elles ont toujours des conséquences.
08:22Donc, il faut savoir que si on augmente, si on donne plus d'argent aux pêcheurs,
08:27et c'est peut-être nécessaire, les autres, et bien en fait, on paiera plus d'impôts collectifs.
08:30On ne peut plus être le parti de l'impossibilisme.
08:31Vous ne pouvez pas dire à des gens, donc vous voulez dire qu'il y a un confinement énergétique,
08:35restez chez vous, braves gens, travaillez nos rapports.
08:38Il va quand même falloir dire la vérité aux gens.
08:39Il va dire que tout n'est pas possible.
08:41Et que donc, on ne peut pas augmenter pour tout le monde tout le temps.
08:45Parce que sinon, ce seront les impôts pour tout le monde.
08:47Je vous donne la parole tout de suite.
08:48Mais pour illustrer ce dont vous avez parlé, de ce confinement énergétique,
08:52le mot est très fort quand même.
08:53Parce que c'est un auto-confinement que s'imposent certains,
08:56parce qu'ils n'ont pas de choix.
08:57J'ai parlé tout à l'heure des infirmiers.
08:58Nous sommes avec Virginie, pardonnez-moi, Koulourna,
09:02qui est infirmière libérale à Hermonville.
09:06Bonsoir, madame. Merci d'être avec nous.
09:08Question simple.
09:10Combien de kilomètres vous avez à faire par jour ou par semaine ?
09:13Et combien vous coûte, justement, tout simplement, le fait de travailler ?
09:18Eh bien, alors, actuellement, donc bonjour à tous.
09:20Je suis infirmière libérale en milieu rural.
09:23Actuellement, je parcours entre 150 et 200 kilomètres par jour.
09:28Je roule dans un CUV en diesel.
09:33Avant l'inflation, quand c'était aux alentours de 1,68 le litre,
09:37ça me revenait à 90 euros le plein.
09:38Et là, actuellement, je suis à 120 euros le plein.
09:41Donc, je fais un plein quasiment tous les trois jours de travail.
09:44Donc, uniquement le travail.
09:46Il y a aussi le côté perso.
09:47Donc, ça me fait un peu plus de 30 euros en plus pour le plein.
09:51Et donc, ça me fait un budget mensuel à quasiment 700 euros.
09:55Juste pour le travail.
09:56Donc, ça fait une heure de...
09:58Il y a le travail, il y a les conséquences que vous dites.
10:01C'est-à-dire combien il vous reste à vivre.
10:03Et puis, il y a aussi les patients.
10:05Peut-être qu'à un moment, vous ne pourrez pas aller et continuer à faire vos visites.
10:10Eh bien, c'est exactement ça.
10:11En fait, maintenant, quand on a des appels,
10:13de plus en plus, on regarde à deux fois avant de prendre une prise en charge.
10:18Quelque part, on privilégie un peu...
10:20Enfin, on élimine plutôt les kilomètres non rentables.
10:23Parce que quand vous allez à 10 kilomètres,
10:25j'ai une injection à 3,15 euros,
10:27sachant qu'on n'a pas été rehaussés depuis 2009,
10:31forcément, c'est notre plus gros poste de dépense, l'essence.
10:35Et forcément, c'est nos revenus qui baissent.
10:37Donc là, l'inflation a pris depuis 2009
10:39qu'on n'a pas été revalorisés quasiment 30%.
10:42Eh bien, c'est déjà 30% qu'on doit absorber.
10:44Et maintenant, en plus, c'est le carburant qu'on doit absorber.
10:47Donc, on refuse des prises en charge qui sont éloignées.
10:52Mais j'allais dire merci de votre témoignage.
10:54Je ne sais pas si tout le monde se rend compte
10:56des conséquences en chaîne en cascade,
10:58des difficultés, et plus que des difficultés
11:00qui sont encore.
11:01Merci, Mme Coulorna, et bon courage.
11:04Parce qu'évidemment, la visite d'une infirmière,
11:07on ne peut pas s'en passer parfois.
11:09Ces conséquences-là...
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