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  • il y a 4 minutes
Lundi 5 octobre 2026, retrouvez Laurence Berthaud, (Présidente du CROAIF, CONSEIL REGIONAL DE l'ordre des architectes d'idf) dans SMART IMMO, une émission présentée par Fabrice Cousté.

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Transcription
00:00...
00:12Smartimo depuis le Grand Palais pour ses journées d'architecture.
00:16On va prendre un peu de hauteur pour s'intéresser au rôle de l'architecte dans la ville
00:20et au rôle de l'architecture avec notre invitée Laurence Berthaud.
00:23Bonjour.
00:24Bonjour.
00:24Laurence, vous êtes présidente du Croix-Yves,
00:26c'est le conseil régional de l'ordre des architectes d'Île-de-France.
00:30Et vous nous dites que l'architecture, c'est une chose publique finalement,
00:33c'est la res publica. Expliquez-nous.
00:35Oui, j'avais envie de changer un peu de prisme quand on parle de l'architecture.
00:40Et aujourd'hui, l'architecture, c'est la res publica.
00:43C'est la chose publique où l'architecte est devenu un citoyen du monde.
00:48Alors pourquoi je dis ça ?
00:49Parce qu'on est dans un monde en transition, en mutation,
00:53où il y a plein de choses immatérielles qui se passent,
00:55l'IA, les réseaux sociaux.
00:58Et qu'est-ce qui reste dans tout ça ?
01:00Il reste l'architecture.
01:01L'architecture, c'est une trace, c'est un lien, c'est une trace de mémoire, c'est un lien.
01:07Et donc la place de l'architecte, dans tout ça, c'est un architecte citoyen.
01:14Oui, c'est du physique, c'est du matériel, contre-versus justement l'immatériel,
01:18et des fois ce qui passe, au moins là on est dans une temporalité aussi.
01:21Et c'est ce qui nous concerne tous, surtout.
01:23C'est-à-dire qu'on ne peut plus être, alors est-ce qu'on l'a été ?
01:27Mais on ne peut plus être l'architecte qui fait un bâtiment brutaliste,
01:33posé au milieu de nulle part, juste pour un geste.
01:38Non, on appartient à ce monde.
01:41Oui, il faut que ça s'intègre à son environnement, évidemment, et que ça s'adapte.
01:44Alors justement, j'ai envie de vous demander quels sont les cinq gestes que doit suivre l'architecte dans ce
01:51monde qui arrive ?
01:53Alors oui, j'en ai défini cinq.
01:55Les cinq gestes du bâtisseur de demain, de l'architecte de demain,
01:59ça va être bâtir sûr, réparer, s'enraciner, j'aime bien le terme s'enraciner,
02:07étendre autrement, et puis prendre de la hauteur, prendre l'air.
02:10Alors si je les développe très rapidement, bâtir sûr, ça c'est presque une lapalissade aujourd'hui dans le monde
02:17de l'architecture.
02:18On bâtit la ville de demain, elle est construite sur ce qui est, sur ce qui a été.
02:23On a construit Rome sur Rome, bon, continuons, les toits de Paris ou les toits de France,
02:29c'est des terrains qui s'ignorent.
02:30Donc on n'a plus besoin d'étendre, étendre autrement,
02:34c'est plus étendre sur un terrain qui existerait et qui n'existe plus,
02:38c'est plus faire Dubaï aujourd'hui, c'est le pire geste architectural anti-écologique au monde,
02:47c'est plus un geste qui abîme qu'il ne construit,
02:51et donc c'est étendre sans consommer un mètre carré de vivant en plus.
02:56C'est aussi étendre, on peut aussi étendre les usages d'un bâtiment.
03:00On peut se dire, un bâtiment, il peut, pourquoi pas, servir la nuit, le jour, l'été, l'hiver.
03:07Il y a des bâtiments, des écoles qui ferment tout l'été.
03:10Est-ce qu'on peut transformer ces usages pour en faire autre chose
03:15et éviter de construire et de surconsommer ?
03:17En tout cas, on n'est plus dans des gestes de productivité,
03:21on est dans des gestes de soins.
03:24De soins et même de réparation, on vous dit.
03:26Oui, alors si je, ben voilà, c'est le troisième geste des bâtisseurs,
03:30réparer, c'est donc c'est plus démolir.
03:34Deux choses dans réparer, c'est le bâtiment le plus écologique,
03:39c'est celui qui existe déjà, donc on va en prendre soin, le réparer,
03:43l'étendre au-dessus ou en-dessous.
03:46Et puis aussi, on est quand même malheureusement à l'ère de catastrophe naturelle,
03:52on a vu tout l'été ces catastrophes qui aussi concernent la France,
03:58les tremblements de terre plus loin, et puis la guerre au-delà de nos frontières,
04:02mais qui est quand même assez proche.
04:04Qu'est-ce qu'il fait l'architecte dans tout ça ?
04:06Il rebâtit des murs, il reconstruit des pierres,
04:09donc il reconstruit les traces du passé, il reconstruit la mémoire,
04:12et il crée du lien.
04:14Et ça, c'est très important d'un point de vue,
04:16le côté humanisme de cette profession.
04:19Oui, vous dites aussi qu'il faut s'enraciner et prendre l'air.
04:22Alors là, c'est deux termes qui me sont chers.
04:25S'enraciner, on l'a vu aussi cet été,
04:29les climatiseurs qu'on achète à prix fort,
04:32alors que la terre, elle peut vous fournir de l'énergie froide.
04:38Donc les peuples, autrefois, si on prend les maisons de Matta,
04:43ou les troglodytes des Cappadoces,
04:46c'était des lieux où on s'enterrait soit dans la roche, soit sous terre.
04:49On allait chercher la fraîcheur.
04:51On allait chercher la fraîcheur.
04:52Naturelle.
04:52Alors il y a des étudiants, il y a eu un concours l'an dernier,
04:55Réinventer l'existant,
04:56où les étudiants ont travaillé des abris bioclimatiques sous terre,
05:01dans les parkings,
05:02c'est-à-dire réinventer les parkings de nos villes en abris bioclimatiques.
05:07Mais je n'aime pas trop le terme,
05:08parce qu'un abri, il faut que ce soit un refuge,
05:10mais ce n'est pas un bunker.
05:11Donc c'est vraiment un endroit pour se protéger,
05:15mais surtout pas pour se couper du monde.
05:17Donc là, il y a tout un travail de pensée aussi à revoir.
05:21Et enfin, le dernier item, prendre l'air.
05:25Pourquoi ? De quoi s'agit-il ?
05:26Alors deux choses aussi d'en prendre l'air.
05:28Si on parle du climat, on pense,
05:30on a beaucoup parlé des tours avant personne.
05:33Moi, j'ai beaucoup vu tourner aux informations cet été.
05:37C'est des tours qui ont inventé la climatisation sans énergie.
05:40On prend l'air de la terre et on fait monter l'air chaud.
05:44Et ça, c'est il y a 2000 ans.
05:47Donc, ventiler, ombrager, alléger,
05:49tout ça, c'est des gestes architecturaux de nos ancêtres
05:51qu'on peut retrouver, qu'on peut réinventer, qu'on peut refaire.
05:55Et puis, du coup, ça veut dire que aussi, l'architecte,
05:57il faut aussi qu'il prenne de la hauteur et du recul face à tout ça.
06:01Est-ce qu'on est toujours des bâtisseurs de démolition
06:05ou des constructeurs d'un monde citoyen demain ?
06:08Je crois que vous avez dit en partie répondu
06:10et ça penchera plutôt en faveur de la deuxième solution,
06:14évidemment, avec cet architecte,
06:16si ça se crie dans ce monde de demain.
06:18Merci en tout cas pour cette analyse.
06:21Laurence Berthaud, je rappelle que vous êtes présidente du CROIF,
06:23le conseil régional de l'Ordre des architectes d'Île-de-France.
06:26Et à très bientôt dans Smartimo.
06:28Merci pour votre accueil.
06:29Cette édition de Smartimo se termine.
06:31Merci de l'avoir suivi.
06:33On se retrouve très prochainement pour une nouvelle émission.
06:35Sous-titrage Société Radio-Canada
06:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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