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  • il y a 10 heures
Mercredi 7 octobre 2026, retrouvez Fiorenzo Namèche (Fondateur, Light to Light) et Sara Castagné (PDG, Concepto) dans SMART IMMO, une émission présentée par Fabrice Cousté.

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00:00...
00:12Smartimo depuis les journées d'architecture depuis ici le Grand Palais au cœur de Paris.
00:17On va s'intéresser à la lumière, comment cette lumière habille la ville avec nos deux invités, deux spécialistes.
00:23On est ravis d'accueillir Sarah Castanier. Bonjour Sarah.
00:25Bonjour.
00:26Vous êtes conceptrice lumière et PDG de l'agence Concepto. Bienvenue à vous.
00:30Et à vos côtés, Fiorenzo Damèche. Bonjour Fiorenzo.
00:32Oui, bonjour.
00:33Vous êtes fondateur de Light to Light. Alors première question en préambule.
00:37C'est vrai qu'on voit bien sûr que la ville est sublimée par votre travail.
00:44Et pourtant, dans certains projets architecturaux, on ne fait pas toujours appel à vous.
00:48Est-ce que c'est quelque chose que vous observez ou que vous regrettez peut-être sur le terrain ?
00:52Sarah.
00:53Oui, alors pour introduire, en fait, 50% du temps dans notre ville fait nuit.
00:58Oui, donc on devrait se préoccuper de façon plus importante de ce sujet de la lumière, d'autant plus que
01:05le réchauffement climatique fait que les périodes de soirée deviennent des périodes plus fraîches.
01:10On l'a vu en été au mois d'août cette année à Paris où on pouvait prendre le frais
01:17à la nuit.
01:18La fraîcheur relative quand même parce que la qualité était là.
01:20La fraîcheur relative mais en tout cas plus fraîche que dans nos appartements.
01:23C'est sûr.
01:23Donc ça devient un lieu en fait qu'il faudrait un peu plus investir et pour faire non pas de
01:29la lumière fonctionnelle mais de la lumière qualitative.
01:32Fiorenzo.
01:33Oui, la lumière, souvent on pense qu'il faut la développer au niveau urbanistique et donc il y a une
01:41vraie réflexion à mener dans chaque projet et on n'est pas toujours consulté systématiquement alors que la lumière est
01:49fondamentale dans tous ces espaces urbains et puisque la ville est vécue la nuit en grande partie également.
01:55Très bien. Alors justement on va voir avec vous deux exemples sur deux projets sur lesquels vous avez travaillé.
02:00On commence avec vous. On part à pas très loin à Porte de la Chapelle dans le nord de Paris.
02:09Alors vu qu'on va essayer d'être illustratif, la Porte de la Chapelle, c'est pas un lieu très
02:14très réputé.
02:15En tout cas c'est en plein changement comme urbanisme et vous avez travaillé justement pour éclairer un quartier en
02:22particulier.
02:23Oui, alors dans le cadre de l'aménagement de la Porte de la Chapelle qui a été fait par les
02:26architectes Landforma, Emma Blanc, Franck Boutet et Arcadis, on a travaillé à sa réinvention en quelque sorte.
02:37Donc c'était un travail collaboratif d'aménagement mais aussi l'implantation de nouveaux usages et de nouveaux quartiers sur
02:43le site.
02:44Donc il fallait des espaces publics à la hauteur qui permettent d'accueillir plus de piétons.
02:49Or c'est un lieu qui à la fois était occupé à 100% par des architectures, des infrastructures routières
02:59et puis aussi par la colline du Crac.
03:04C'est un des passés de la Porte de la Chapelle qui du coup amène un imaginaire collectif très négatif
03:11sur cet espace-là.
03:11Mais on va dire que ce n'est pas un endroit où on avait tellement envie de se balader, surtout
03:14la nuit.
03:15Non, et maintenant on peut s'y balader.
03:16Alors comment vous avez réalisé, sur quoi vous avez travaillé, qu'est-ce qui vous a éclairé dans ce projet
03:21?
03:21Alors, on a travaillé sur les ambiances pour faire en sorte que les usagers reprennent confiance dans cet espace et
03:33dans ce lieu public.
03:36Avec un éclairage à échelle humaine, on a travaillé avec des grands mâts et des petits mâts qui permettent d
03:43'éclairer différentes hauteurs.
03:46Parce qu'on a quand même des infrastructures routières.
03:49Et puis de la couleur.
03:50On a mis de la couleur, on a éclairé ces infrastructures.
03:52Parce que le site fait 4 hectares et sur les 4 hectares, il y en a un hectare complet qui
03:59est recouvert par un ouvrage qui est soit le périphérique, soit l'autoroute A1.
04:06Et l'arrêt du bus 38 a été installé sous ces infrastructures routières.
04:13Donc il fallait, pour accompagner les usagers et pour accompagner aussi les nouveaux mouvements piétons, flux piétons, flux vélo, une
04:23lumière digne de ce nom.
04:24Donc on a travaillé avec la couleur, on a travaillé avec des projections, on a fait travailler des jeunes artistes.
04:29Alors voilà, on explique ces projections.
04:31Je crois que c'est en phase de l'arrêt du bus, c'est bien ça.
04:34Donc à partir de la nuit tombée, maintenant c'est de plus en plus tôt évidemment, quand on est dans
04:39l'automne.
04:40On va voir ces projections.
04:41Donc ce sont des photos, des vidéos ?
04:42Ce sont des vidéos, donc on a fait un concours avec la ville de Paris, organisé par Manifesto, avec des
04:49artistes.
04:50Il y a 10 artistes qui ont été sélectionnés pour faire chacun une vidéo de 2 minutes.
04:54Et on a identifié 2 piles de l'autoroute A1.1 qui font quand même chacune 35 mètres carrés.
05:03Et on projette sur ces 2 x 37 mètres carrés des vidéos qui sont des films d'animation ou des
05:11films sur la thématique.
05:12Alors elles sont sorties pour les JO, donc c'était sur la thématique du corps, du mouvement, de l'espace,
05:19du sport et les valeurs portées par les JO, les JOP 2024.
05:23D'accord, donc on passe d'un endroit un peu enclavé, en tout cas très très sombre, à justement une
05:30projection et même une exposition de ces courts-métrages.
05:34Fioran Zonamash, direction Belgique, puisque vous travaillez là-bas.
05:39La gare du Midi, vous avez travaillé sur un espace, expliquez-nous quelle était la configuration.
05:43Donc c'est un espace adjacent à la gare du Midi qui est une colonnade et qui est un espace
05:49qui se développe sur la longueur.
05:50On a 300 mètres de passage couvert avec des colonnes en répétition.
05:55Et c'est un lieu qui était peu fréquenté et où il y a des symboles de graffiti qui inspirent
06:04peut-être la méfiance.
06:05Oui, on peut se dire un quartier de la gare, quelque chose d'un peu souterrain ou du moins une
06:11allée.
06:11C'est vrai que là aussi, on n'a pas forcément envie de peut-être s'y balader beaucoup.
06:14Même en journée, c'était peu agréable, etc.
06:17Donc il y a eu une intervention, c'était en collaboration avec des architectes qui sont occupés de l'aménagement
06:21au niveau des réfections des sols.
06:25Et nous, on s'est occupés de la lumière pour accompagner le projet.
06:28Et donc on a profité des...
06:30Enfin, on a souligné les potentialités du lieu qui étaient réelles, puisqu'il y avait un rythme de la colonnade,
06:38des perspectives.
06:39Et aussi, les graffitis, on les a utilisés, on les a maintenus, on les a canalisés, on les a cadrés.
06:46Et c'est devenu en fait, ce long mur de la colonnade est devenu une sorte de moyen d'expression
06:51muséal, puisqu'on a apporté une lumière muséale sur cet ensemble.
06:55Et là aussi, on a eu des artistes, des graffeurs qui ont été choisis ou c'est vraiment livré au
07:00public ?
07:01Livré au public et aussi des écoles d'art qui ont été invitées à s'exprimer sur ce mur et
07:06qui le font toujours.
07:07Donc c'est un mur vivant et les portions de graffiti ont été, je vais dire, accompagnées de passe-partout.
07:16Et comme ça, ça incite les gens à graffer aux beaux endroits, on va dire, et à structurer l'ensemble
07:22qui devient harmonieux dans le rythme des colonnades.
07:25On voit même qu'il y a une certaine émulation ensuite entre les graffeurs.
07:28On pense par exemple à Miami avec ces Win-Win-Waltz, vous savez, où il y a ces magnifiques fresques
07:33qui sont carrément qui durent après dans le temps.
07:36Bon, Sarah, j'ai une question pour vous, vous travaillez sur cette lumière, en particulier ce quartier dont on parlait.
07:41C'est vrai qu'il y a toute cette question autour de la lumière, de l'éclairage, même l'éclairage
07:45public, pour tout simplement se balader dans la rue.
07:48Et notamment quand on est une femme ou parfois on peut être un peu craintive, emprunter certains espaces.
07:54Il y a des études qui ont été menées et c'est parfois contre-intuitif. Expliquez-nous.
07:58Oui, alors on a travaillé sur des critères de genre. En fait, on a identifié à l'agence Concepto un
08:04certain nombre de critères de genre pour travailler en premier lieu,
08:10concevoir des ambiances lumières pour des femmes la nuit.
08:14Et en fait, on s'est rendu compte qu'avec cette démarche-là, on cochait toutes les cases et on
08:20répondait aussi à toutes les problématiques de chaque personne humaine,
08:24qu'on soit un homme, une femme.
08:26Et donc l'aspect de la sécurité est un vrai phénomène et de la reprise de confiance qu'on peut
08:35avoir dans les espaces publics.
08:37Et effectivement, utiliser la lumière comme un matériau de création permet justement un rempart contre le sentiment d'insécurité.
08:48Et effectivement, je disais tout à l'heure que si on éclaire un trottoir très fortement et on met dans
08:56le noir un autre trottoir et on demande à un groupe de femmes de cheminer,
09:01elles vont choisir en majorité, pas toutes, mais en majorité, le trottoir non éclairé pour ne pas être mis en
09:07lumière, mais plutôt pouvoir observer l'espace mis en lumière.
09:11Voilà, donc ça, c'est un phénomène.
09:13Et nous, là, à la Porte de la Chapelle, on a travaillé avec la couleur, avec l'art.
09:16On a aidé aussi à la compréhension de l'espace pour voir loin, pour voir le sol, pour voir sans
09:23être vu.
09:24Et on a donc travaillé tout ça pour que ce soit agréable et générer du bien-être tout simplement.
09:30Et c'est vrai que dans les villes, c'est parfois inconscient.
09:32On se balade, on aime un quartier, on aime une rue en particulier parce que c'est vrai qu'il
09:37y a un certain éclairage.
09:37C'est très décrié d'ailleurs.
09:38On avait cette lumière un peu jeune, un peu orangée avec les réverbères de Paris.
09:41Maintenant, avec les lettres, c'est un peu disparu.
09:43Il y en a qui le regrettent.
09:44Oui, et d'ailleurs, la quantité de lumière ne fait pas la qualité de l'espace.
09:50On a vu la Porte de la Chapelle.
09:52La quantité de lumière qu'il y avait avant notre projet était deux à trois fois supérieure à celle d
09:57'après notre projet.
09:58Et en fait, on sait quand même qu'on s'y sent mieux malgré le fait qu'il y ait
10:03moins de lumière.
10:04Fiorent Zodamèche sur cette question.
10:06Oui, c'est comme dans tous nos espaces de vie.
10:09En fait, on choisit toujours les lieux qui sont intuitivement bien éclairés.
10:12Même quand on choisit un restaurant, je dirais, on va choisir un restaurant où l'ambiance lumineuse est agréable,
10:16où il n'y a pas d'éblouissement, on est bien assis, il y a une ambiance chaleureuse.
10:20C'est ce qu'on a recréé aussi dans notre projet.
10:22Donc, en fait, dans tous nos projets, on recrée une ambiance appropriée,
10:26où les gens peuvent investir les lieux, s'y plaire,
10:29et une ambiance apaisante, tout en étant sûre pour tous les usagers.
10:35Bien sûr. Le thème de ces journées d'architecture, c'est l'innovation.
10:38On est aussi au sein du salon Matters & Lights.
10:41Donc, on est au cœur de votre sujet avec ces lumières.
10:44On voit qu'il y a une imagination, une créativité formidable.
10:49Alors, non seulement, bien sûr, sur la technologie, la LED qui est remplacée,
10:51c'est beaucoup moins énergivore, mais aussi des matières, des formes.
10:55On a l'impression qu'on peut tout faire aujourd'hui.
10:56C'est assez formidable pour vous, Sarah Castagnier.
10:59Oui, on a des outils beaucoup plus créatifs qu'avant, effectivement,
11:04qui nous permettent de générer pas seulement de la lumière fonctionnelle,
11:08mais aussi de la lumière plus créative.
11:10Et surtout, ce sont des choses qui étaient développées beaucoup en intérieur
11:14et qui maintenant se proposent à l'extérieur et sont applicables dans les espaces publics.
11:21Et ça nous permet, nous, de créer des ambiances beaucoup plus intimes
11:27dans l'espace public extérieur.
11:29Et c'était le titre de notre conférence, Lumière, Usage et Extimité.
11:34Extimité, donc amener l'intimité, de la chaleur, du confort qu'on a à l'intérieur, mais à l'extérieur.
11:40Est-ce qu'on a un exemple, justement, de ces extimités ?
11:43Oui, l'extimité, on l'a illustré avec notre projet des colonnades près de la gare du Midi.
11:48Et on l'a exprimé sous forme d'une qualité de lumière qu'on retrouve à l'intérieur,
11:52la façon dont on a éclairé le mur, pour un éclairage muséal, un éclairage indirect.
11:58Et on a créé aussi une forme de luminaire qui ressemble à un lustre,
12:02on rappelle, avec nos intérieurs, et qui rend l'espace plus accueillant, plus invitant,
12:07et qui invite à la contemplation alors que c'est un lieu de passage.
12:11Et donc les gens s'arrêtent pour regarder les œuvres pictorales sur le mur,
12:16et ça devient un lieu d'agrément et de plaisir.
12:20Ah ben voilà, on en sait un petit peu plus, cette lumière qui permet de redesigner la ville et de
12:25la sublimer.
12:25Un grand merci à nos invités, Sarah Castanier, conceptrice Lumière, PDG de l'agence Concepto.
12:30Merci à vous.
12:31Et merci également à Furmanzone Amesh, le fondateur de l'agence Light to Light.
12:34A très bientôt sur Smartimo.

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