00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:03Europe 1 Info, c'est avec vous Clélie Mathias et vos deux chroniqueurs de ce lundi 5 octobre.
00:06Yvan Riouffol et Thomas Bonnet.
00:07On va quand même parler un peu de la primaire de la gauche.
00:09Il y a eu un troisième et dernier débat hier.
00:11Écoutez Olivier Faure, secrétaire national du PS et candidat à cette primaire.
00:15C'était donc hier soir pour ce dernier débat.
00:17Je n'ai jamais parlé d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon.
00:20Mais c'est en permanence le débat qui s'installe, débat après débat.
00:24Comme si c'était en fait le seul sujet.
00:27Comme si le débat de fond devait tourner autour de cela.
00:29Vous avez réussi à faire tourner une primaire socialiste autour de Jean-Luc Mélenchon.
00:34C'est absurde.
00:36C'est le moment de l'affirmation.
00:37On va peut-être arrêter de parler de lui.
00:37Et ce que je dis, et je finis juste d'un mot pour dire que oui, effectivement,
00:42je pense qu'il faut éviter toute forme de brutalisation de la vie publique.
00:46Et ce que je ne comprends pas, c'est que dans les débats,
00:50vous êtes en permanence à chercher à rendre irréconciliables,
00:53y compris les socialistes entre eux.
00:55C'est vrai que les discussions ont beaucoup tourné autour de LFI et de Jean-Luc Mélenchon.
00:59Mais bon, j'imagine que vous avez regardé les trois débats.
01:01Qu'est-ce que vous en retenez ?
01:03Qu'est-ce qui en ressort ?
01:04C'est vrai que j'ai l'impression que le seul clivage entre les candidats,
01:06c'est leur positionnement par rapport à Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise.
01:10Donc c'est un peu court.
01:11Sur le reste, ils sont globalement d'accord.
01:13Il n'y a pas vraiment de divergence profonde sur l'appréciation des différents sujets.
01:18Alors on pourrait me dire, Jérôme Gage, peut-être un peu plus ancré dans une forme de gauche
01:23comme on la connaît dans d'autres pays en Europe.
01:26Malgré tout, sur les cinq candidats à cette primaire socialiste,
01:30je ne vois pas d'idée nouvelle de la part d'une gauche qui peine à se réinventer.
01:35Je m'explique, c'est-à-dire que vous avez au Danemark, en Angleterre, en Allemagne, en Suède,
01:40dans énormément de pays en Europe, une gauche qui s'est réinventée,
01:43qui a embrassé les sujets de l'immigration, de l'insécurité.
01:47Et en France, cette gauche en est incapable.
01:49Et il y a un homme en France qui est en train de mûrir cette réflexion
01:52et qui, à mon avis, se frotte les mains en regardant ces trois débats,
01:54c'est François Hollande.
01:55Parce que lui, justement, a bien compris que c'est là-dessus que ça pouvait se jouer
01:58et qu'il est en train de faire évoluer son discours.
02:00Alors pour l'instant, c'est prudent, c'est timide.
02:02Je pense que François Hollande, s'il est candidat, et ça ne m'étonnerait qu'il ne le soit pas,
02:06aura un discours qui sera différent sur les questions qui intéressent
02:10et les électeurs de droite, mais aussi les électeurs de gauche
02:13qui sont parmi les Français les plus modestes parfois,
02:15ceux qui sont très directement et très concrètement concernés
02:19par l'insécurité et l'immigration.
02:20Mais si les candidats, il reste de diviser encore plus cette gauche.
02:23À moins qu'ils remplacent le candidat qui pourra gagner cette primaire.
02:25Vous savez, l'EPS a le secret des zigzags en politique.
02:29Yvan Riaufol.
02:30Oui, s'il fallait illustrer la déconnexion de la classe politique des réalités,
02:34la prestation d'hier soir, que j'ai regardée un peu,
02:36mais pas jusqu'au bout, après j'ai décroché...
02:38Non, j'ai décroché quand j'ai entendu M. Faure dire que, parlant des lycées,
02:44il fallait que les lycées aient des papiers toilettes.
02:46Je me suis dit, en effet, là, cela a illustré la grande vacuité
02:50de la pensée socialiste depuis maintenant quelques temps.
02:52Mais bon, ce que l'on voit, c'est qu'effectivement,
02:55on a vu ces pontes socialistes, d'abord se houspiller,
03:00régler des affaires de famille qui n'avaient pas beaucoup d'intérêt,
03:02alors même qu'autour d'eux s'effondre d'abord le budget de l'État
03:07et un endettement fou, que la France maintenant est partiellement dans la rue,
03:12en tout cas à travers une jeunesse qui devient de plus en plus une jeunesse violente,
03:16et vous aviez toutes ces personnalités qui parlaient, en fait, du sexe des anges,
03:21ou quasiment, et donc, encore une fois, on comprend d'abord
03:24pourquoi le Parti Socialiste a fait 1,75% lors de la dernière présidentielle,
03:28et on voit qu'il y a maintenant non seulement une pénurie d'idées,
03:31rien n'est sorti, mais ça a été dit, rien n'est sorti de cette prestation-là,
03:37mais également, il y a une pénurie de caractère, une pénurie de profils politiques.
03:42Moi, je suis vraiment surpris de voir, effectivement, la transparence,
03:46le peu d'intérêt que font porter ces personnalités dans le débat public,
03:54sinon, effectivement, Ségolène Royal, qui est la plus amusante,
03:56si on regarde ça comme un spectacle, parce qu'elle règle ses comptes
03:58un peu à la Madalton, si je puis dire, mais en fait, on voit ça comme une sorte
04:03de spectacle de boxe ou de catch, ce qui n'est quand même pas très valorisant pour la politique.
04:07Thomas Bonnet, est-ce que Raphaël Glucksmann, à l'issue de ces trois débats,
04:10reste le favori, comme on a pu le dire, et voir dans les sondages ?
04:13C'est le favori par rapport au mode du scrutin, avec ses 15 euros d'entrée,
04:16qui vont limiter le nombre d'électeurs.
04:19Méfiance quand même, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste,
04:22il ne faut jamais enterrer le premier secrétaire du Parti Socialiste dans une campagne interne.
04:26Après, on verra, et surtout, moi, la question que je pose,
04:28c'est que celui ou celle qui est vainqueur de cette primaire,
04:31que va-t-il peser ensuite dans les sondages ?
04:33Ça, c'est une autre question, à mon avis, pas beaucoup.
04:35Et on en reparlera. Merci beaucoup à tous les deux,
04:37Yvan Riaufol, Thomas Bonnet, d'avoir participé au débat d'Europe 1 Info.
04:40On se retrouve demain dès 13h.
04:41Merci à vous, Géraldine Hamon.
04:43Tout de suite sur Europe 1, vous retrouvez Marie-Estelle Dupont et Romain Desarmes.
04:46Et si on en parlait sur Europe 1, bon après-midi.
04:48Merci à vous, Clélie, à demain dès 13h,
04:50et demain matin, 8h moins de quart et 9h moins de quart.
04:52Dans Europe 1 Matin, Olivier Delagarde analyse et commande ce qui fait la une de la presse.
04:57C'est dans la revue de presse que vous pouvez aussi écouter maintenant,
05:00quand vous voulez, en replay sur le site et l'application Europe 1.
05:07Sous-titrage Société Radio-Canada