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  • il y a 7 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Autre sujet, la présidentielle de 2027.
00:03Écoutez, Karl Meus, rédacteur en chef du Figaro Magazine,
00:05sur les multiples candidatures à gauche, il était sur Europe 1.
00:09C'est curieux ce besoin chez les gens de gauche de vouloir tous être candidats à la présidentielle.
00:14L'espace politique le plus petit concentre le nombre de candidats le plus élevé.
00:18Toutes ces personnalités appartiennent à ce qu'on appelle la social-démocratie,
00:21le centre-gauche, la gauche non-mélenchoniste,
00:24ou pour reprendre leur expression, la gauche du gouvernement.
00:27Ils répètent tous qu'il ne doit y avoir qu'un seul candidat pour avoir une chance d'y arriver,
00:31et pourtant, ils organisent le trop-plein en s'ajoutant chacun à la liste.
00:35Tous pensent qu'Edouard Philippe va libérer un espace politique au centre-gauche,
00:39obligé qu'il sera de partir sur sa droite pour contrer la candidature de Bruno Retailleau.
00:44La politique, c'est une course de chevaux couplée à un poker menteur.
00:47Le plus faible peut imposer ses conditions au plus fort
00:50s'il arrive à lui faire croire que son ralliement est indispensable pour l'emporter.
00:53Voilà, dans la course des chevaux, il y en a un qui pourrait se rajouter.
00:58François Hollande, il a réuni ses soutiens.
01:00Ils étaient environ 150 hier au Sénat.
01:03Il y avait par exemple le maire de Paris-Centre, Ariel Veil,
01:06l'ancien patron de Libération, Laurent Joffrin,
01:08l'ancienne maire de Vaud-en-Velin, Hélène Joffroy,
01:10les sénateurs Rachid Temal, Patrick Caner aussi,
01:12ou Jean-Christophe Cambadélis.
01:14Et plusieurs petites phrases.
01:16Il a rappelé subtilement qu'il avait déjà été président,
01:20qu'il connaissait la fonction puisqu'il l'avait remplie.
01:22« Je peux être utile, mais je ne peux pas être un candidat de témoignage ».
01:27Ça veut dire quoi, selon vous ?
01:29Ça veut dire que si en octobre ou novembre, les sondages ne décollent pas,
01:33François Hollande ne sera pas une candidature de témoignage.
01:36Et qu'en revanche, s'il passe à part des 10%,
01:37peut-être qu'il tentera de s'imposer.
01:39Au-delà de la blague, ça dit quand même deux choses.
01:41Déjà, un...
01:41Je ne sais pas si c'est une blague, d'ailleurs.
01:43Oui, non, vous avez raison.
01:44Déjà, ça dit quelque chose quand même sur la drogue qu'est la politique.
01:49C'est-à-dire que cet homme-là, qui a été président de la République,
01:52qui aurait très bien pu se prélasser, profiter de ses beaux jours,
01:54passer à autre chose, surtout après le mandat qu'on a connu.
01:58Mais cette volonté de tous les hommes politiques,
02:00tous parce que Giscard d'Estaing l'a fait,
02:02Nicolas Sarkozy a tenté de le faire,
02:03j'ose imaginer qu'Emmanuel Macron le fera à son tour,
02:07ces hommes-là, une fois qu'ils ont goûté au pouvoir,
02:10ils ont beau avoir déçu,
02:11ils sont incapables d'avoir le recul nécessaire
02:14pour comprendre qu'il faut passer à autre chose.
02:15Et donc cet homme-là est quand même passé par la case législative
02:20en passant, en profitant du nouveau Front Populaire
02:23et donc de la France Insoumise
02:24pour réintégrer l'Assemblée,
02:26pour ensuite tenter de se dégager de la France Insoumise.
02:28Tout ça pour tenter peut-être de retrouver le pouvoir.
02:31Je trouve que c'est complètement lunaire.
02:32En attendant, il a une popularité qui rebondit.
02:35Vous avez vu le baromètre,
02:36le dernier baromètre de Paris Match pour Sud Radio notamment.
02:40Il bondit de six places.
02:42Il est juste après Michel-Erdon Leclerc.
02:43Donc il est l'homme politique préféré des Français.
02:45Est-ce que ça peut se traduire en intention de vote ?
02:48Ce n'est pas totalement improbable.
02:49Déjà, ça dit et ça confirme cette idée
02:52que la nostalgie présidentielle est extrêmement forte dans ce pays.
02:55C'est-à-dire que quand Jacques Chirac a quitté le pouvoir en 2007,
02:59c'était un homme fatigué, malade, très impopulaire,
03:02extrêmement impopulaire,
03:03à l'époque le plus impopulaire de la Ve République.
03:06Cinq ans plus tard, c'était l'homme préféré des Français, Jacques Chirac.
03:09Donc en fait, on aime les présidents quand ils ne sont plus à l'Elysée, c'est ça ?
03:12François Hollande, président le plus impopulaire de la Ve République,
03:14à égalité ou presque avec Emmanuel Macron désormais,
03:17personne ne donnait un copec à François Hollande une fois qu'il a quitté le pouvoir.
03:20D'ailleurs, il était tellement impopulaire
03:21qu'il n'a même pas pu se représenter,
03:23ce qui était un fait inédit pour un président sortant.
03:25Il y avait le chômage aussi.
03:26Il avait lié sa candidature à la Cour du chômage.
03:29Dix ans plus tard, c'est l'homme politique préféré des Français.
03:31Vous voyez à quel point la nostalgie présidentielle fonctionne.
03:33Et c'est pour ça d'ailleurs que si on élargit un petit peu la discussion,
03:37je vois très bien Emmanuel Macron revenir.
03:39Parce que la nostalgie présidentielle fonctionnera aussi avec Emmanuel Macron.
03:42Et parce qu'il est encore jeune.
03:43En plus.
03:44Ensuite, évidemment, la question électorale.
03:46Quel est l'espace politique et électoral de François Hollande ?
03:49C'est terrible à dire.
03:50Ça paraît improbable, fou.
03:52Mais il y a un espace.
03:53Il y a un espace dans ce centre-gauche.
03:55Il y a du monde dans cet espace-là.
03:57Oui, mais le problème, c'est qu'il n'y a aucune incarnation dans cet espace-là.
04:00Vous avez Gabriel Attal qui vient de cette famille politique du centre-gauche de la social-démocratie,
04:06mais qui aujourd'hui est affilié au bloc central
04:08et qui peine à se départir de son mano-a-mano avec Édouard Philippe.
04:12Vous avez les Raphaël Glucksmann, les François Ruffin, les Bernard Cazeneuve.
04:20Enfin, il y a un nouveau candidat toutes les semaines.
04:21Personne n'arrive réellement à s'imposer.
04:24Et donc, en effet, l'hypothèse d'imposer un ancien chef d'État
04:28dans une période de conflits internationaux.
04:30Il connaît très bien la géopolitique, tout ça.
04:32Ce sont des arguments qui fonctionnent.
04:34Donc, ça paraît complètement fou.
04:35Mais sur le papier, il y a un espace pour lui.
04:38Maintenant, cet espace, ça veut dire quoi ?
04:40Ça veut dire entre 8 et 12% sur le papier.
04:42Ça ne paraît pas énorme.
04:43Mais commencer une campagne à 10 ou 11%,
04:46vous pouvez très bien finir à 16 ou 18.
04:48Et aujourd'hui, le seuil d'accession au second tour est tellement faible que c'est possible.
04:52On l'appelait, je vous rappelle, M. 3%.
04:53Bien sûr.
04:54Donc, en réalité, c'est possible.
04:56Le problème, c'est que François Hollande,
04:58aux yeux de la majorité des électeurs de gauche,
05:01il n'est plus de gauche.
05:02C'est un traître.
05:03C'est le social traître.
05:05Aujourd'hui, ces électeurs de gauche,
05:07pour une partie, ils ont,
05:08même pour beaucoup,
05:09ils ont voté pour François Hollande en 2012.
05:10Ils ont cru à cette promesse initiale,
05:12mon ennemi, c'est la finance, etc.,
05:14d'un programme de rupture.
05:15Et François Hollande, en réalité,
05:16il a fait un mandat de centre-gauche
05:20plutôt libéral d'ailleurs.
05:22Et donc ça, ça a déçu les électeurs de gauche.
05:23Et je pense que la gauche, aujourd'hui,
05:25dans son ensemble, s'est radicalisée
05:27dans tous les points de vue,
05:28d'un point de vue sociétal,
05:29mais aussi d'un point de vue économique.
05:31La social-démocratie est quand même
05:33beaucoup plus faible.
05:34La gauche est dans une période de rupture.
05:36Et François Hollande n'incarne absolument pas la rupture.
05:38Alors, il en a conscience, certainement,
05:39puisqu'il dit que pour tenter de l'emporter,
05:41il faut se préparer sur le fond,
05:42mais aussi dans les formes que doit revêtir
05:44une nouvelle campagne présidentielle.
05:46Pour être au second tour,
05:47il va falloir aller chercher des électeurs au-delà.
05:50Ah bah oui, mais ça c'est le cas pour tout le monde.
05:53J'allais dire à François Hollande,
05:53hormis pour Marine Le Pen,
05:55qui n'a qu'à se projeter sur le second tour,
05:58tout le monde va devoir convaincre au-delà de sa base.
06:00Maintenant, sur la forme,
06:01je n'ai aucun doute que François Hollande
06:02pourrait faire une très bonne campagne.
06:03Il ne faut quand même pas oublier
06:04que cet homme-là est un roublard de la politique,
06:08comme on en a fait très peu sous la Ve République,
06:10qu'il est devenu président de la République,
06:11alors qu'un an avant,
06:12il était à 2% dans les sondages.
06:14Alors en effet, il a bénéficié de circonstances,
06:16il a bénéficié de l'élimination de fait de DSK,
06:20et c'est un vrai roublard.
06:21Il a été premier secrétaire du PS pendant plus de 10 ans,
06:23il connaît très bien les arcanes,
06:24je n'ai aucun doute qu'il puisse faire campagne.
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