00:00Europe 1 Info
00:0211h46 sur Europe 1, c'est Europe 1 Info avec Lélie Mathias.
00:05Et autour de la table, nous avons toujours Gabrielle Cluzel,
00:07éditorialiste et directrice de la rédaction du site Boulevard Voltaire,
00:11Georges Fenech, ancien juge d'instruction,
00:13Arnaud Stéphan, communicant et fondateur de l'agence La Note de Com
00:15et ancien conseiller de communication de Marine Le Pen
00:18sur la présidentielle de 2022.
00:20Et avec nous, François Picmal, député LFI de Haute-Garonne.
00:24Et si vous nous rejoignez, évidemment,
00:26Europe 1 Info qui est largement consacrée à cette décision de justice
00:29concernant Marine Le Pen hier et à sa candidature,
00:32sa quatrième candidature à la présidentielle
00:34et les conséquences que cela a sur le paysage politique français
00:37et bien sûr sur l'élection présidentielle à venir.
00:40Georges Fenech.
00:41La question que se posent beaucoup de Français, je pense,
00:45c'est comment votre mouvement, LFI et Jean-Luc Mélenchon,
00:51vont réussir, vous allez réussir, à fédérer toute la gauche.
00:55D'abord, est-ce que c'est une ambition des LFI d'avoir avec vous
00:58Olivier Faure, que sais-je peut-être, peut-être Luceman,
01:02enfin, toutes les sensibilités, François Hollande, etc.
01:05Est-ce que vous avez une stratégie, justement, pas d'hégémonie,
01:09c'est pas ce que je veux dire, mais de leadership sur la gauche ?
01:12Est-ce que vous pensez à cette stratégie-là
01:14et comment vous allez vous y prendre ?
01:16Nous, notre objectif, c'est toujours le même.
01:18C'est fédérer le peuple de gauche
01:20et aller chercher les personnes qui s'abstiennent,
01:23les convaincre de l'utilité du vote
01:25pour changer leurs conditions de vie.
01:26Mais on l'a toujours fait aux dernières présidentielles.
01:29Si vous regardez, c'est ce qui s'est passé,
01:30au-delà des tambouilles d'appareils.
01:32Parce que nous, on a fait des appels
01:34à un certain nombre d'organisations politiques,
01:36le Parti communiste, les écologistes
01:38et le Parti socialiste.
01:40Je le mets de côté parce que moi-même,
01:42j'aurais du mal à vous expliquer ce qui s'y passe.
01:45Je pense que tout le monde a du mal à suivre.
01:48Et puis, on sait que c'est très fluctuant
01:50au niveau des positions.
01:52Donc nous, on est vraiment concentrés
01:53sur ce qui est un marché,
01:55c'est-à-dire un programme, une stratégie,
01:59un candidat, et c'est carré.
02:01Et vous savez au moins ce qui va se passer
02:03si on est élu.
02:04Qu'est-ce qu'on va mettre en place ?
02:05Vous n'avez pas de discussion
02:05avec les leaders socialistes ?
02:07Je rappelle quand même que le ministère de l'Intérieur,
02:10je ne sais pas si vous êtes d'accord avec cela,
02:12dans le nuançage,
02:13vous avez classé à l'extrême gauche.
02:15Est-ce que vous considérez être l'extrême gauche
02:17à la gauche ?
02:18Non, moi, je considère qu'on est la gauche solide
02:21sur les appuis,
02:21mais souvent, on prend cette comparaison.
02:24Vous regardez le programme de 1981
02:26de François Mitterrand.
02:28À côté, on ne peut pas être classé d'extrême gauche.
02:32Il y avait la nationalisation de tout un tas de sociétés
02:34qui n'est pas dans notre programme
02:36de manière pragmatique.
02:37Donc je dirais, moi, je vous qualifierais
02:39de gauche pragmatique.
02:40En fait, on est juste de gauche
02:41avec un programme social
02:42qui prend en compte un certain nombre
02:43de nouveaux défis qui apparaissent à notre pays
02:46et qui essayent d'avoir une ambition pour la France.
02:50Et après, les électeurs socialistes
02:52comme écologistes, communistes et les autres,
02:54on essaye d'abord de les convaincre
02:57par un programme et par une démarche.
02:59Ça a fonctionné lors des dernières présidentielles.
03:01Et je pense que tout ce qui est, en fait,
03:05petites discussions d'appareils,
03:08ça fatigue les gens.
03:09Et il y a un moment où on dépasse ça,
03:12je pense, les uns et les autres.
03:13Et on se dit, qu'est-ce qui est efficace
03:14en termes de vote et de stratégie
03:16pour changer notre pays ?
03:18Je reviens sur ce que vous dites.
03:19Vous n'êtes pas d'extrême gauche,
03:21mais de gauche pragmatique.
03:22Est-ce que le RN n'est pas d'extrême droite,
03:24mais de droite pragmatique ?
03:25Non, pour moi, le Rassemblement national
03:27a des fondements d'extrême droite
03:29qui existent encore aujourd'hui.
03:31Il y a la loi qui est passée hier,
03:33la loi dite « permis de tuer », par exemple.
03:35C'est une loi qui avait été imaginée par Jean-Marc.
03:37C'est vous qui avez dit « permis de tuer ».
03:38Oui, moi je l'appelle comme ça.
03:39C'est pas la loi d'ici.
03:40Oui, parce que...
03:41Vous n'avez pas rêvé son bureau de la Sommission nationale.
03:44D'accord, c'est moi qui l'appelle comme ça.
03:46Oui, mais précisons effectivement.
03:47Pour ceux qui n'ont pas suivi,
03:48c'est la loi de présomption de légitime défense.
03:53Moi, je l'appelle « permis de tuer ».
03:54Mais chacun a sa terminologie.
03:56Non, c'est l'aube juste pour préciser.
03:57C'est une loi qui a été inspirée par Jean-Marie Le Pen.
04:00D'accord, Jean-Marie Le Pen,
04:01et qui dit que désormais,
04:03quand quelqu'un est tué par un policier,
04:07c'est à la famille ou proche de la victime
04:09de faire la preuve que c'était un usage
04:13disproportionné de son arme.
04:15On n'est pas les seuls à dire
04:16que c'est une dérive importante
04:18en termes de liberté publique des ONG,
04:20des associations de droits humains,
04:23avertisse sur ce sujet.
04:24Donc, je prends cet exemple,
04:25mais je pourrais en prendre d'autres,
04:26où le Rassemblement national n'a pas changé pour moi
04:29sur le fond politique qui est le sien,
04:31c'est-à-dire une politique xénophobe, discriminante,
04:35où tout le monde n'a pas les mêmes droits
04:36et les mêmes possibilités en France.
04:38Je note quand même, vous allez me dire,
04:40je vous invite à débattre aussi,
04:42Gabriel Cusel, Georges Fenech et Arnaud Stéphan,
04:44puisque avant vous, à votre place,
04:46là au micro d'Europe 1,
04:48il y avait Paul Midy, qui est un député EPR.
04:50Évidemment, on lui a posé la question
04:51de la candidature de Marine Le Pen.
04:53Et lui s'est positionné, non pas comme vous,
04:56tout de suite sur le programme,
04:57mais sur la condamnation de première instance
05:00et l'appel.
05:01Et est revenu sur le côté, finalement, judiciaire,
05:04sur la chronique judiciaire.
05:05Vous, vous avez justement peut-être savamment
05:09éclipsé ce côté-là,
05:11parce que Mélenchon et Jean-Luc Mélenchon
05:14aussi a eu ses déboires judiciaires ?
05:16Alors non, ça n'a rien à voir.
05:18Déjà, M. Mélenchon n'est pas mis en examen,
05:20personne n'est mis en examen.
05:21Il a été condamné pour autre chose.
05:22Pourquoi ?
05:23En 2019, pour rébellion à l'ordre public.
05:27Oui, d'accord, mais ce n'est pas détournement
05:31de fonds publics, désolé, ça n'a rien à voir.
05:33C'est une condamnation, pardon.
05:34Juste, je vais vous dire quelque chose.
05:35Moi, quand j'ai appris la peine,
05:37j'ai pensé à cet article.
05:39Je vais vous lire juste le titre.
05:40C'était le 9 mars 2026.
05:43Un homme condamné à une peine de prison ferme
05:45pour 13 euros de denrées volées
05:47dans un supermarché.
05:48Moi, je me demande quel justiciable
05:50aujourd'hui en France,
05:51qui a détourné 3 millions d'euros,
05:53d'accord, n'est pas en prison.
05:55Je trouve que la peine dont a écopé
05:57Mme Le Pen et ses co-accusés
06:00est vraiment très clémente.
06:02et montre vraiment qu'il y a,
06:04et je pense,
06:05il y a un ressenti dans la population
06:07qui est qu'on n'est pas tous
06:09sur un pied d'égalité de ce point de vue-là.
06:11Donc, Mme Le Pen,
06:13je pense que c'est une problématique
06:14qu'elle a été condamnée
06:15pour détournement de fonds publics.
06:18J'insiste là-dessus.
06:19Détournement de fonds publics.
06:20Ça veut dire quoi, les gens ?
06:21Ça veut dire qu'elle a détourné
06:22quasiment deux siècles de suite.
06:25Sans enrichissement personnel.
06:29Ça lui a permis d'avoir des assistants parlementaires
06:32qui faisaient ses campagnes électorales.
06:34Ça lui permet aujourd'hui
06:34d'être payé 12 000 euros par mois
06:36en plus de son indemnité parlementaire
06:38comme présidente du Rassemblement national.
06:40Donc, il faut arrêter avec cette affaire
06:41de ne pas d'enrichissement personnel.
06:43Ça enrichit qui,
06:44si ce n'est le Rassemblement national ?
06:45Et in fine, Mme Le Pen qui en est la présidente.
06:48Bref, il faut qu'on m'explique.
06:49Donc, en gros, désormais,
06:51les électeurs du Rassemblement national,
06:53ils avaient deux choix.
06:54Ils ont une candidate condamnée
06:57sous bracelet électronique
06:58pour avoir détourné des fonds publics
07:00ou Jordan de Monaco
07:01qui est devenu jet-setter
07:03sur la Côte d'Azur.
07:04Eh bien, moi, je serais électeur
07:06du Rassemblement national.
07:07Je serais très mal à l'aise.
07:08Et surtout, ça brise
07:10tous leurs discours sur
07:11on est des gens honnêtes,
07:13on est contre le laxisme.
07:14Mais quand c'est eux
07:15qui détournent des fonds publics,
07:16alors là, il n'y a plus personne
07:18pour essayer de justifier quoi que ce soit.
07:20Oui, moi, je voulais vous poser une question
07:22sur Jean-Luc Mélenchon
07:23qui a été condamné pour d'autres faits,
07:25vous avez raison, en 2019.
07:27Mais il y a une autre question
07:28qui m'interpelle
07:29parce qu'on entend beaucoup dire
07:31dans vos rangs
07:32qu'il faut aujourd'hui
07:34que les candidats,
07:35on l'a entendu au moment des législatives,
07:38ressemblent à l'électorat.
07:40Pardon, Jean-Luc Mélenchon,
07:42ce n'est pas la Nouvelle-France.
07:43C'est quand même très dérangeant.
07:44Est-ce qu'il ne faut pas arrêter
07:45avec ce...
07:46Le temps du porte-parole
07:47n'est-il pas révolu ?
07:48Au contraire, Jean-Luc Mélenchon,
07:50il incarne, je pense,
07:51la sagesse
07:51et il incarne aussi
07:53une personnalité politique
07:55qui est un intellectuel
07:57au sens noble du terme.
07:58Oui, mais vous savez bien
07:59ce que je veux dire.
08:00Non, je ne vois pas.
08:00Ah bon, c'est vous qui le conçue.
08:02C'est vous, c'est vous qui le conçue.
08:03C'est vos collègues qui le disent.
08:05Le temps du porte-parole
08:06est révolu, Rima Hassan.
08:08Oui, mais je ne vois pas
08:08le rapport avec Jean-Luc Mélenchon.
08:10Vous me dites,
08:11Jean-Luc Mélenchon,
08:12il n'incarne pas la Nouvelle-France.
08:13Je vous dis qu'au contraire,
08:14il incarne la Nouvelle-France
08:15par sa sagesse,
08:16par le fait qu'il a su
08:21et renouveler son logiciel,
08:22notamment au égard
08:23de la transition écologique,
08:24mais aussi de la manière
08:25dont on va s'occuper
08:26de nos aînés,
08:27puisque vous en parlez,
08:30de nos aînés.
08:31Et là-dessus, par exemple,
08:32je vais vous donner
08:32un exemple concret.
08:33Louisette, ça vous dit quelque chose ?
08:35Parce qu'on a beaucoup parlé
08:36de marine, mais Louisette,
08:37est-ce que ça vous dit quelque chose ?
08:39Louisette est morte
08:40le 29 juin dernier
08:41à 93 ans
08:42dans son appartement
08:43d'hypothermie
08:43parce qu'il n'y avait pas de volet,
08:45notamment à son appartement.
08:47Nous, on vient le déposer
08:48avec la France Insoumise
08:49une proposition de loi
08:49qui dit
08:50pas de volet,
08:51pas de loyer,
08:52pas de loyer.
08:54C'est-à-dire,
08:54tant que les multipropriétaires
08:56ne mettent pas des volets
08:57ou des brasseurs d'air,
08:58vous ne payez pas votre loyer.
09:00Nous sommes les seuls,
09:01aujourd'hui,
09:02avec la gauche,
09:03il y a eu une motion de censure
09:05d'ailleurs,
09:05à nous préoccuper
09:06de la question
09:07de la transition écologique
09:08de manière sérieuse
09:09parce qu'elle va avoir
09:11des impacts,
09:11évidemment,
09:12sur la planète,
09:12sur le vivant,
09:13mais aussi sur nos conditions de vie
09:14et celles des générations futures
09:16et ça va toucher,
09:16notamment,
09:17les plus fragiles
09:18et nos aînés.
09:20Il faudra installer
09:20la climatisation aussi,
09:21vous ne croyez pas ?
09:22Nous,
09:23on n'est pas contre
09:23la climatisation
09:24dans les endroits publics
09:25qui sont dédiés,
09:26mais si vous me laissez
09:27filer en ma phrase,
09:27je vais vous dire,
09:28dans les EHPAD,
09:29dans les écoles,
09:30dans un certain nombre
09:31d'institutions publiques.
09:32Après,
09:32oui,
09:32la climatisation en soi
09:34n'est pas une solution
09:35à long terme,
09:36vous le savez bien,
09:37puisque ça va réchauffer
09:37à l'extérieur,
09:38donc ça va faire
09:39que ceux qui travaillent,
09:40par exemple,
09:40à l'extérieur,
09:41les ouvriers,
09:42les essentiels,
09:43vont en souffrir
09:44et qu'en plus,
09:46on va rendre
09:47la planète invivable
09:48tout simplement,
09:49y compris pour le vivant
09:49dont on a besoin,
09:51vous en êtes d'accord ?
09:52Merci beaucoup François Picmal,
09:53je rappelle que vous êtes député
09:54de la France Insoumise
09:55de Haute-Garonne
09:55et j'en profite
09:56pour remercier également
09:58Arnaud Stéphan,
09:59communiquant
09:59et fondateur de l'agence
10:01La Note de Com.
10:02Et merci également
10:03à Gabriel Cluzel
10:05et à Georges Fenech.
10:06Europe 1 Info se poursuit
10:07évidemment juste après
10:08le journal de midi
10:09d'Alexandre Lemaire
10:11avec Philippe Ballard
10:11qui est député de l'Oise
10:12et porte-parole
10:13du Rassemblement National
10:14et les chroniqueurs
10:15Karim Maloum
10:16et Tugdu Aldoni.
10:17Europe 1 Info continue
10:18et on attend aussi
10:19vos appels
10:2001-80-39-21
10:22pour cette dernière heure
10:23d'émission.
10:24A tout de suite
10:24sur Europe 1
10:24il est 11h57.
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