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Avec Florian Hessique, réalisateur du film "face à face".

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##LE_FACE_A_FACE-2026-10-05##

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News
Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:07Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h04, très inhabituellement la France dans tous ses états va parler cinéma,
00:13mais c'est un cinéma qui nous parle parce qu'il rejoint une grande partie de l'actualité,
00:17qui est le monde bénitentiaire, qui est la prison, qui est la réinsertion, voilà.
00:22Et là il s'agit d'un film qui s'appelle Face à Face, alors un face à face qui
00:25est consacré au film Face à Face,
00:26je trouve ça absolument formidable, et j'ai le bonheur de recevoir Florian Essick,
00:31qui est à la fois le héros, l'acteur principal, voilà, il a à peu près le même look que
00:36dans le film,
00:37et le réalisateur de ce film Face à Face, c'est l'histoire d'un homme qui a tué sa
00:44femme,
00:44dans des conditions tragiques, mais on découvre au fur et à mesure, parce qu'on dit style,
00:49c'est Comédia Part, c'est un feuilleton, on donne les éléments les uns après les autres,
00:52et cet homme qui pour autant féminicide, c'est grave de tuer sa femme,
00:58pour autant il bénéficie de ce que l'état de droit de la République française prévoit,
01:02c'est-à-dire une possibilité de réinsertion,
01:03et la personne qui justement s'occupe de lui, de son cas,
01:07cette conseillère du Centre National d'Evaluation,
01:10n'est autre que Valérie Mérès, que l'on connaît dans des rôles un peu plus comiques,
01:14qui est un peu plus secondaire, et qui est là, ça se révèle être une dimension de Isabelle Huppé ou
01:21de Sandrine Bonner,
01:22comme quoi il y a des acteurs qui restent comme ça un petit peu dans l'ombre,
01:25et quant à Florian Lessig, il joue le rôle d'Antoine Martineau,
01:30il est condamné, il est coupable, il n'y a pas de problème,
01:32et Valérie Mérès, son nom à l'image c'est Fabienne Langlois,
01:39elle est d'une pugnacité, on se dit mais qu'elle le lâche,
01:42il est épouvantable ce type, et je ne vais pas tout raconter,
01:46parce qu'il faut aller voir le film qui sort le 11 novembre,
01:48voilà, on est dans une partie de yo-yo, ça va, ça vient,
01:50et on sent l'abnégation de la conseillère qui est portée par sa mission,
01:55profondément humaniste, et qui veut aller jusqu'au bout,
01:57est-ce que cet homme, oui ou non, peut être réinséré malgré la gravité de son crime,
02:01est-ce qu'il y a au fond de lui une humanité qui justifierait
02:04qu'il ne finisse pas ses jours en prison, et qu'il puisse réinsérer la société.
02:08Voilà, tel est le sujet.
02:10Florian Essig, merci d'abord d'être là,
02:12en studio, en direct,
02:14Anissa et moi, on se réjouit de vous recevoir.
02:17Merci à vous.
02:18J'ai visionné ce film avec attention,
02:20je n'ai pas dit que je l'ai revu deux fois,
02:21mais il y a peut-être des scènes qu'on aimerait bien recomprendre.
02:24Ce sujet qui est aujourd'hui prégnant,
02:27et aujourd'hui au cœur du débat de la prison pénitentiaire,
02:30vous l'avez, vous avez fait ce film,
02:31c'est une situation que vous avez connue,
02:33vous avez été témoin,
02:34on dirait que vous êtes impliqué quand même,
02:36c'est quelque chose qui vous bouleverse, pourquoi ?
02:38Oui, parce que, comme beaucoup de gens en fait,
02:40le métier de conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation,
02:43je n'en avais jamais entendu parler,
02:44jusqu'à il y a un peu plus d'une dizaine d'années,
02:46où j'ai rencontré une personne qui faisait ce métier,
02:49et qui, la France, jusqu'à ce qu'elle m'a dit,
02:51quand je lui ai dit, qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
02:53Elle m'a dit, je suis Cépip.
02:54J'ai dit, super, c'est quoi ?
02:56Et elle m'expliquait un peu le travail,
03:00et ce qui m'a fasciné dès le départ,
03:02c'est le décalage qu'il peut y avoir,
03:05entre l'importance, la mission de service public,
03:09et les responsabilités qui pèsent sur ces professionnels,
03:13et la méconnaissance de ce métier auprès du grand public.
03:16Je me suis dit, c'est quand même fou,
03:18d'avoir des missions aussi importantes,
03:22et que finalement, personne n'en ait conscience,
03:25au niveau de la société et du grand public.
03:27Donc c'est ce qui m'a vraiment donné envie de creuser,
03:30ce métier, et puis j'ai eu la chance,
03:32quand j'ai décidé vraiment de vouloir faire ce film,
03:34ce film, il a mis longtemps à se monter,
03:36parce qu'on a commencé à travailler dessus,
03:38j'ai commencé à travailler dessus en 2018.
03:40En effet.
03:40Donc ça met un petit peu de temps.
03:41Ah oui, c'est une longue réflexion.
03:43C'est une longue réflexion.
03:44Mais c'est pour ça qu'il est précis et concis,
03:47c'est que vous avez eu le temps de le travailler.
03:48Ben c'est ça.
03:49En fait, ce que je voulais vraiment,
03:51c'est être au plus près possible de la réalité.
03:54C'est une fiction,
03:55mais je me suis dit,
03:57j'avais envie de mettre en lumière ce métier,
04:00de voir comment ces professionnels
04:02qui oeuvrent tous les jours,
04:03là vraiment dans l'ombre,
04:05puisque j'ai eu l'occasion de visiter la prison de Freyne,
04:09les bureaux qu'on a reconstitués dans le film
04:11sont vraiment plus beaux que les bureaux de la prison de Freyne.
04:14Oui, ça on s'en doute.
04:15Voilà, c'est vraiment des...
04:16Vous auriez pu montrer la sinistrose
04:19qui est les locaux dans lesquels l'administration pénitentiaire agit.
04:22Bon, mais ce n'était pas le message du film.
04:25Non, l'idée c'était vraiment de voir
04:27comment ces professionnels vont mener des entretiens
04:29avec des profils totalement différents,
04:32avec des gens qui peuvent être mutiques,
04:34violents,
04:36faussement repentis.
04:37Comment on analyse ça ?
04:39Il y a d'ailleurs des scènes où c'est limite.
04:42Le gardien intervient, Valérie Mérès,
04:45donc Fabienne Langlois fait signe, tout va bien,
04:46elle maîtrise,
04:47elle est quand même exposée en première ligne,
04:49parce qu'elle pousse quelque part l'homme dans ses retranchements,
04:52elle pousse le condamné dans ses retranchements,
04:55elle lui dit, je ne suis pas le juge,
04:57ce n'est pas moi qui vais décider un magistrat,
04:58juge d'application des peines,
04:59moi je suis là.
05:00C'est en fait, c'est un complément de l'instruction,
05:03c'est une nouvelle instruction,
05:04une fois que l'homme est condamné,
05:05est-ce qu'on peut instruire une forme de réinsertion,
05:08et elle va jusqu'au bout de sa mission ?
05:10C'est quand même une démarche profondément humaniste,
05:12je suppose qu'il doit y avoir des conseillers
05:14plus sympathiques que d'autres,
05:16plus affectueux, plus attentifs,
05:18dans tous les domaines il y a des gens plus sympathiques que d'autres.
05:19Et qu'il doit y avoir des condamnés et des prisonniers
05:21plus approchables, plus acceptables.
05:24Vous avez voulu camper ce personnage d'Antoine Martineau,
05:29donc il tue sa femme,
05:31dont on peut penser une jeune femme belle,
05:33dans des conditions tragiques,
05:37est-ce qu'il faut voir dans cette tragédie humaine
05:40un problème sur les...
05:42Est-ce que le sujet que vous voulez soulever,
05:44c'est qu'il y a des réinsertions qu'on peut envisager,
05:47il y en a d'autres qui sont impossibles.
05:48Vous partez de ce principe,
05:50ou vous pensez, vous personnellement,
05:52que la réinsertion est toujours une chance
05:54qu'il faut donner aux condamnés ?
05:56Ou en tout cas qu'il faut la tenter.
05:58Moi j'ai du mal avec les généralités,
06:00donc j'ai plutôt tendance à dire
06:02qu'il faudrait peut-être individualiser un peu plus
06:04et faire du cas par cas.
06:06Maintenant, le constat, c'est qu'en France,
06:09à une ou deux très rares exceptions près,
06:11on finit par ressortir.
06:13Et à partir de ce moment-là,
06:15sans donner mon point de vue personnel,
06:17je pense qu'il est très important
06:19de préparer cette réinsertion
06:21dès le début de la peine.
06:23Mon seul problème,
06:24ce que j'ai pu constater,
06:26c'est qu'il y a des gens
06:27qui ne sont pas en mesure
06:29de comprendre cette peine
06:31par rapport à des troubles psychiatriques,
06:34psychologiques.
06:34Évidemment.
06:35Et finalement,
06:36le sens de la peine
06:38est complètement dévalué
06:40parce que quand on voit
06:41ces profils-là,
06:42on se dit,
06:43d'accord,
06:44il va passer 10,
06:4520, 30 ans,
06:47mais il ne peut pas avoir de recul
06:48sur ce qui s'est passé
06:49et j'ai peur qu'il ressorte
06:51pire qu'avant.
06:52En revanche,
06:53il y a des cas pour lesquels
06:53ça se passe très bien.
06:55Et d'ailleurs,
06:55ça je crois que c'est important
06:56de le souligner,
06:57c'est que
06:58sur les détenus à gros profils,
07:00contrairement à l'idée reçue
07:02qu'on en a,
07:03la récidive est vraiment minime.
07:05On a beaucoup de récidives
07:06sur les petites et moyennes peines,
07:08sur des stupéfiants,
07:09sur des choses comme ça.
07:10En revanche,
07:11sur des crimes
07:13très très importants,
07:15avec des grosses peines,
07:15il y a très peu de récidives.
07:17Alors, expliquez-nous.
07:18Valérie Mérez,
07:19le roule-voule de Famille Langlois,
07:21elle va faire un rapport,
07:23ce rapport sera destiné
07:24à un magistrat
07:25qui lui n'a pas participé
07:26à ces échanges,
07:27donc c'est elle
07:28qui fait sa thérapie.
07:29Elle est un petit peu
07:30psychiatre et psychanalyste aussi,
07:31elle est tout,
07:32elle est sociologue,
07:32enfin voilà,
07:33et quelque part,
07:34elle est confidente,
07:35parce qu'on voit bien
07:36qu'à un moment donné,
07:36il y a un climat de confiance,
07:38de complicité
07:39qui s'installe entre les deux.
07:41On se demandait
07:41ce qu'ils vont finir
07:41par se marier,
07:42à un moment donné.
07:43Et les deux acteurs,
07:44vous êtes absolument,
07:46je disais,
07:46hors antenne,
07:47on dirait que vous avez tué
07:47votre femme tellement
07:48vous jouez votre rôle
07:50avec précision et franchise.
07:51Je ne sais pas
07:51si c'est un compliment.
07:52Non, non,
07:53en tant qu'acteur,
07:54oui,
07:55parce que quand vous êtes
07:56en colère,
07:56on sent votre indignation,
07:58elle est finne
07:58puisque vous jouez la comédie,
08:00on a l'impression
08:01que vous la vivez
08:01cette indignation.
08:04Est-ce que c'est frustrant
08:05pour la conseillère
08:06de savoir qu'elle n'aura
08:06pas le dernier mot ?
08:07C'est quand même,
08:08malgré tout,
08:09un magistrat qui décidera.
08:10A savoir que son travail
08:11ne peut pas aboutir
08:12ou être mal interprété.
08:14Oui,
08:14je pense que c'est toujours
08:17un sentiment,
08:17une sensation
08:18qu'on peut ressentir
08:19à partir du moment
08:20où on n'a pas,
08:20comme on dit dans le cinéma,
08:21le final cut.
08:24Alors évidemment,
08:24le juge d'application
08:25des peines
08:26va fortement se baser
08:27sur son rapport.
08:28Donc s'il est favorable,
08:29on a quand même
08:30plus de chances
08:31que le juge
08:32aille dans le sens
08:33de la conseillère pénitentiaire
08:34d'insertion et de probation.
08:36Il faut savoir
08:36qu'il y a deux autres
08:38corps de métier
08:39qui rendent
08:40un rapport complémentaire,
08:41une psychologue
08:42ou un psychologue
08:43et des surveillants pénitentiaires.
08:47Voilà,
08:48sur le comportement,
08:49l'attitude,
08:49etc.
08:49Donc c'est ces trois dossiers.
08:51Tout est noté.
08:51Voilà,
08:51tout est noté,
08:52tout est consigné,
08:53mais après,
08:54ça reste de l'humain.
08:55Et c'est vrai
08:55que chaque professionnel
08:57a un petit peu
08:58sa méthodologie
09:00pour faire évoluer
09:01les entretiens,
09:02pour aller un peu
09:03là où ils veulent.
09:05Mais en fait,
09:07parfois,
09:08l'avis reste assez subjectif
09:10parce que c'est difficile.
09:11En plus,
09:12ils ont très peu de temps.
09:12Là,
09:13on est sur une série
09:13où il y a six
09:15ou sept entretiens
09:16sur un cycle de six semaines.
09:18Parfois,
09:18il y a tellement de dossiers
09:19qu'ils peuvent voir
09:20le détenu une fois,
09:21deux fois.
09:22Et il faut se faire
09:23un avis là-dessus.
09:24Donc le traitement
09:25n'est pas toujours le même
09:26pour des raisons
09:27de moyens
09:27et de temps disponibles ?
09:28C'est ce que je dis
09:29d'ailleurs dans le film.
09:30Travailler sur l'humain,
09:31ça demande du temps
09:32et de l'argent
09:32et il n'y a ni l'un
09:34ni l'autre
09:34dans l'administration pénitentiaire.
09:36Le but,
09:36c'est quand même
09:37d'expliquer
09:38qu'à une situation
09:39pour monstrueuse
09:41qu'elle soit
09:42violente,
09:43terrible,
09:43tragique,
09:45la justice,
09:46en l'occurrence
09:46la justice française,
09:47doit de s'assurer
09:49jusqu'au bout
09:49que cet individu,
09:50que cette femme,
09:51que cet homme
09:51ont peut-être droit
09:52à une chance
09:52de se remettre.
09:53Mais attention,
09:54il ne faut pas se tromper.
09:54Il faut vraiment
09:55que cette personne,
09:56que la réinsertion
09:57aboutisse.
09:57On est compte
09:58de la responsabilité
09:59et on connaît
09:59les cas de réinsertion ratée
10:01avec récidive tragique.
10:03C'est pour ça
10:03qu'aujourd'hui,
10:04il y a des gens
10:04qui disent
10:04c'est fini la réinsertion.
10:06Dieu reconnaîtra les siens,
10:07ils restent tous en taux
10:07et puis tant pis
10:08pour ceux
10:09qu'on aurait pu réinsérer.
10:10C'est un vrai débat d'actualité.
10:12Vous le portez comme tel.
10:13C'est un vrai débat.
10:14C'est d'ailleurs
10:14ce que je rencontre.
10:15Là, on est sur une tournée
10:16d'avant-première
10:17et c'est les échanges
10:18qu'on a.
10:18Il y a évidemment
10:20des pro-réinsertions
10:21et des gens
10:22complètement fermés.
10:23Ce que je peux comprendre
10:24parce qu'on n'a
10:25pas tous le même vécu.
10:27Il y a des gens
10:28qui ont de près
10:29ou de loin
10:30connu ce genre
10:30de tragédie
10:31donc qui évidemment
10:32de prime abord
10:33vont être contre.
10:35Mais j'ai toujours tendance,
10:36ils me disent
10:37mais vous,
10:37si vous aviez vécu ça
10:38parce qu'évidemment
10:39par chance,
10:39je touche du bois,
10:40je n'ai pas vécu
10:41ni de près
10:42ni de loin
10:42ce genre de situation.
10:43ils me disent
10:44mais vous,
10:44si vous le viviez,
10:45est-ce que vous voudriez
10:46que le meurtrier
10:47de votre femme,
10:48de votre père,
10:48de votre mère
10:50ressorte ?
10:50Et je dis
10:51ce que je pense,
10:53ce que je ressens,
10:54c'est que mon avis
10:54ne compte pas.
10:55Ce qui est important
10:56c'est l'intérêt général.
10:56Si chacun
10:58prend son exemple
11:00pour en faire une généralité,
11:01ça ne marche pas.
11:03Donc oui,
11:03ça suscite le débat.
11:05Je dois vous avouer
11:06que sur certains cas
11:07que j'ai pu rencontrer,
11:08je ne peux même pas vous dire
11:10si d'une manière générale
11:10je suis pour
11:11ou je suis contre.
11:12Ce n'est pas
11:12je voulais juste
11:13montrer comment ça se passe
11:15et surtout
11:17vraiment le travail
11:18extrêmement important
11:19que mènent ces professionnels
11:20au quotidien
11:20et qui sont
11:23clairement méconnus.
11:24Vous soulevez le problème
11:25qui avait été
11:25j'allais dire
11:26traité par
11:27Robert Badinter
11:28lorsqu'il fait abolir
11:29la loi pour la peine de mort.
11:31Il dit
11:31je me battrai
11:32pour abolir la loi
11:32pour la peine de mort
11:34de la peine de mort
11:35qui est absolument
11:37incompatible
11:37avec la manière de la République.
11:38Pour autant
11:38si on tue mon enfant
11:39je serai évidemment
11:40pour l'exécution immédiate
11:41de l'assassin
11:42de mon enfant
11:42mais en tant que magistrat
11:44nous sommes avec
11:45Florian ici
11:46qu'Anissa
11:46va continuer ce débat
11:47Mais évidemment
11:48peut-on réinsérer
11:49les criminels ?
11:50On en parle donc
11:50avec Florian ici
11:51réalisateur du film
11:52Face à Face
11:53qui traite de ce sujet.
11:55Maintenant
11:55comment ça se passe
11:56derrière les murs
11:57d'une prison ?
11:57Concrètement
11:58nous entendrons
11:59Bruno
11:59gardien de prison
12:00à Béziers
12:01qui nous apportera
12:02son expérience de terrain
12:03à suivre sur Sud Radio.
12:05Midi 14h
12:06Sud Radio
12:07La France dans tous ses états
12:09Péricault Légas
12:11Vous êtes bien sur Sud Radio
12:12il est 13h19
12:14en ce lundi 5 octobre
12:162026
12:17et nous recevons
12:20pas Valérie Mérès
12:21ça viendra peut-être
12:22Elle a changé
12:23Parce que je suis fasciné
12:27par Valérie Mérès
12:28dans ce film
12:28donc on reçoit Florian Essic
12:30qui est à la fois
12:31le réalisateur
12:31et l'acteur principal
12:32du film Face à Face
12:34qui a été réalisé
12:35en partenariat
12:36avec Sud Radio
12:37vous voyez
12:37on ne fait pas que du cinéma
12:38à l'antenne
12:38on en fait aussi
12:40en direct
12:40et c'est l'histoire
12:41d'une conseillère
12:43une CEPIP
12:44je découvre
12:45le nom
12:46conseillère
12:46du Centre National
12:47d'Evaluation
12:47qui est là
12:48pour savoir si
12:49l'assassin
12:50de son épouse
12:51peut
12:52ou pas
12:52être réinséré
12:53dans la société
12:54et bénéficier
12:55à un moment donné
12:56d'une libération
12:59provisoire
13:00ce film
13:00prenant
13:01il vous prend au trip
13:031h24
13:04d'un face à face
13:05on se dit
13:05mais il va y avoir
13:06des longueurs
13:07il n'y a aucune longueur
13:08on est dans le film
13:09alors
13:10de temps en temps
13:10on prend parti
13:11pour le condamner
13:12de temps en temps
13:12on comprend
13:13la patience
13:13de Fabienne Langlois
13:15Valérie Mérès
13:16en tout cas
13:17c'est captivant
13:18on va évidemment avoir
13:20parce que
13:20Florian Essic
13:22vous avez soulevé
13:22quand même
13:23un sujet
13:24qui aujourd'hui
13:24anime beaucoup
13:25l'actualité
13:26est-ce qu'il faut
13:27réinsérer
13:27on a eu tellement
13:28cas de réinsertion
13:29ratée
13:30si je puis dire
13:30voilà
13:31et on a Bruno
13:32qui nous appelle
13:33de Béziers
13:35et Bruno
13:36représente aujourd'hui
13:37là dans cette séquence
13:38l'administration pénitentiaire
13:40bonjour Bruno
13:41bonjour Péricault
13:42bonjour Bruno
13:43ce sont des situations
13:44que vous avez vécues
13:45vous Bruno
13:46je pense
13:46dans vos différentes missions
13:49vous avez côtoyé
13:50des gens
13:50qui ont commis
13:51des homicides graves
13:52et vous avez donc
13:53évidemment assisté
13:54à des opérations
13:55de réinsertion
13:56qu'est-ce que vous en pensez
13:57c'est une nécessité
13:58de tenter toujours
13:59une réinsertion
14:00pour un prisonnier
14:01quelle que soit
14:01la gravité du crime
14:04oui je pense
14:04qu'il faut la tenter
14:05après je suis assez d'accord
14:06avec Florian
14:08il y a des détenus
14:10qui peuvent se réinsérer
14:12et d'autres
14:13qui ne le peuvent pas
14:13mais pour être réinséré
14:16dans la société
14:16il faut d'abord
14:17y avoir été inséré
14:19c'est-à-dire que
14:20les détenus
14:21effectivement
14:21comme le disait Florian
14:23qui ont des lourdes peines
14:24sont des gens
14:26en général
14:26qui ont été
14:29insérés dans la société
14:30par le travail notamment
14:32et beaucoup de
14:34malheureusement
14:35beaucoup de détenus
14:36qu'on a aujourd'hui
14:37sont des détenus
14:38on voit avec
14:39les jeunes
14:40qui sont
14:41les cervelés
14:42qui sont en train
14:43de tout casser
14:45malheureusement
14:45les prisonniers français
14:46sont beaucoup remplis
14:48de ce genre de personnes
14:49on les appelle aussi
14:50les sauvageons Bruno
14:50on les appelle aussi
14:51les sauvageons
14:52voilà
14:52ils n'ont pas
14:53ils n'ont pas de repères
14:54ils n'ont pas de paramètres
14:56ils n'ont pas de valeur
14:57et ils sont livrés
14:58à eux-mêmes
14:58et voilà
14:59ils finissent un jour
15:01entre quatre murs
15:02d'une prison
15:02c'est le problème
15:04ils n'ont pas de repères
15:06parce que
15:06moi je le vois
15:08je le vois dévié
15:09depuis leur plus jeune âge
15:10ils se bourrent de chit
15:12voilà
15:12il faut le dire aussi
15:13parce que
15:13quand on se 15 ans
15:15on se met
15:1510 ou 15 pétards
15:17par jour
15:18quand on arrive
15:19à 18-20 ans
15:20et vous l'avez souligné
15:22on est complètement
15:23schizophrène
15:23donc on ne comprend plus
15:24le bien le mal
15:25le bon le mauvais
15:26et vous pouvez toujours
15:28discuter avec des gens
15:29comme ça
15:30ils ne comprendront rien
15:31ils ne comprendront rien
15:33c'est malheureux à dire
15:34mais
15:35ces jeunes là
15:36sont perdus
15:37donc là vous partez du principe
15:38Bruno
15:38que dans ce cas de figure là
15:40d'un jeune
15:41qui a
15:41voilà
15:41abusé de stupéfiants
15:42vous allez me dire
15:43il a le cerveau explosé
15:44il n'a plus de repères
15:45la réinsertion est
15:47impensable
15:47en revanche
15:48dans le cas du film
15:49c'est une tragédie
15:50c'est un homme qui a tué
15:51sa jeune femme
15:52en plus
15:52une femme
15:53dont on comprend
15:54qu'il aime
15:55qu'il a aimé
15:55pour autant
15:56il a commis cet acte tragique
15:57là vous admettez
15:58vous en tant que
15:59gardien de prison
16:00que même les cas
16:01les plus extrêmes
16:02peuvent ouvrir
16:02à une forme de réinsertion
16:03ce n'est pas perdu
16:05avance
16:06non c'est pas perdu
16:07parce que moi
16:08j'ai eu la chance
16:08de travailler
16:09à la maison d'arrêt
16:09de Bézier
16:10de travailler
16:10dans une maison centrale
16:11et une maison centrale
16:12c'est des détenus
16:13qui ont des lourdes peines
16:15et ce sont des gens
16:18qui étaient en fait
16:19quelqu'un d'eux
16:20qui savaient faire fonctionner
16:21le cerveau
16:22que ce soit
16:22des gros trafiqués
16:24temps de drogue
16:25des grands braqueurs
16:26où moi j'ai connu
16:28un ancien tueur
16:29de Francis le Belge
16:30pour les plus
16:32voilà
16:33mais en fait
16:34moi j'ai une phrase
16:35que j'ai toujours retenue
16:37et que je ressors
16:37quand je discute
16:38de ce genre de sujet
16:39j'ai connu
16:40donc Noël Mariotti
16:41qui était un des tueurs
16:42de Francis le Belge
16:43et il m'a dit
16:44surveillant
16:44ce que j'ai fait avant
16:46aujourd'hui
16:46je ne pourrais plus le faire
16:47et je lui ai dit
16:48pourquoi
16:48il m'a dit
16:49parce que le minot
16:49de 14 ans
16:50il te met un coup de calache
16:52il n'a plus de respire
16:53pour rien
16:56c'est incroyable
16:57ce que vous dites
16:58c'est-à-dire que même
16:59dans la paigre
17:00et dans le monde du crime
17:01ils considèrent
17:02qu'il y a des valeurs
17:03que eux s'appliquaient
17:04qui ne sont plus appliquées
17:04aujourd'hui
17:05et que par conséquent
17:06le code d'honneur
17:07le code d'honneur
17:08oui
17:08alors le mot code d'honneur
17:09est évidemment assez insolite
17:10mais on sait bien
17:11il y a tellement de flics
17:12qui ont témoigné
17:13sur le fait
17:14que la parole était donnée
17:15et qu'on pouvait passer
17:16un accord
17:17et elle était respectée
17:17parce qu'on avait donné sa parole
17:18et aujourd'hui
17:19ça n'est plus
17:20ça n'est plus qu'à
17:20Florian Essic
17:22c'est un aspect du problème
17:23évidemment
17:24que vous avez
17:25inévitablement approché
17:26même si le cas
17:27le cas du film
17:27face à face
17:28est un crime
17:29j'allais dire
17:30familial
17:30classique
17:32vous pouvez considérer
17:33effectivement
17:34qu'aujourd'hui
17:35la société
17:35produit des individus
17:37qui hélas
17:38parce qu'ils sont corrompus
17:39dès le départ
17:39par la société
17:40voilà
17:41ils sont foutus
17:42et il n'y aura pas
17:42de réinsertion possible
17:43oui
17:44alors après
17:46la question
17:47qu'il faut se poser
17:48parce que là
17:50les médias
17:51la multiplication
17:52des médias
17:53fait qu'on a accès
17:54à toutes ces informations
17:54est-ce que c'est pire
17:56qu'avant ?
17:57alors effectivement
17:58il y a beaucoup
17:58de témoignages
17:59qui vont dans ce sens
18:01quand on parle
18:01de code d'honneur
18:02de choses comme ça
18:02effectivement
18:03il y a une montée
18:03de la violence
18:05maintenant moi
18:05je n'ai pas de chiffres
18:07sur lesquels m'appuyer
18:08là-dessus
18:08mais je pense
18:09qu'effectivement
18:10il y a des gens
18:10dès le départ
18:11en fait on parle
18:12c'est des situations
18:13différentes
18:14c'est des situations
18:14différentes
18:15et je pense qu'effectivement
18:16il y a des gens
18:16qui on ne peut pas
18:17les réinsérer
18:17pour la bonne et simple raison
18:18qui n'ont jamais été insérés
18:20après il y a des gens
18:21qui n'ont jamais été insérés
18:22qui trouvent des valeurs
18:24en prison
18:24parce qu'on leur met des règles
18:26ils sont suivis
18:28ça peut amener
18:29à réfléchir
18:29mais pour ça
18:30effectivement
18:31je pense qu'il faut
18:32quand même avoir
18:32quelques bases au départ
18:34pour avoir du recul
18:35et réfléchir
18:37sur ce qu'on a fait
18:38quand l'école
18:38ne transmet plus
18:39les valeurs
18:40quand il n'y a plus
18:40d'instruction civique
18:41quand il n'y a plus
18:41la conscience du vivre ensemble
18:43le respect de l'autorité
18:44le respect de la loi
18:46du système social
18:47dans lequel on est
18:47et que vous avez
18:48des intellectuels
18:49ou des élites
18:50qui vous disent
18:50sous une forme comme ça
18:53de liberté exacerbée
18:54balance tout par terre
18:55et fais ta vie
18:56comme tu veux
18:57tu n'es entouré
18:58que d'ennemis
18:59qui veulent exploiter
18:59et qui veulent ta mort
19:01c'est sûr
19:02que la réaction
19:02de l'adolescent
19:03pour peu
19:04en plus
19:04qu'il est ingurgité
19:06des substances
19:07stupéfiantes
19:07complique la donne
19:09Bruno
19:09vous connaissez
19:10quand même
19:11quelques fois
19:12quelques jeunes
19:13qui s'en sont sortis
19:13dans la catégorie
19:14que vous définissez
19:16à la maison
19:17d'arrêt de Béziers
19:18franchement
19:19très très peu
19:20quand il y a eu
19:21l'épisode du Covid
19:23la prison a été
19:24vide d'un tiers
19:25parce qu'à Béziers
19:26nous sommes quand même
19:26la cinquième
19:27plus grosse prison
19:28de France
19:29la prison a été
19:30vide d'un tiers
19:31dans les 6 mois
19:328 mois
19:33qui ont suivi
19:34la plupart étaient
19:35déjà tous rentrés
19:36mais après
19:38il y a aussi
19:38Robert Bédard
19:40avait cité
19:41ce fait
19:42que vous dites
19:42qu'on en les a libérés
19:43et ils sont revenus
19:44inévitablement
19:46Oui
19:46Florian a soulevé
19:47aussi un problème
19:48c'est le problème
19:49de moyenne
19:50parce que là
19:51dans la fiction
19:52effectivement
19:53la concière
19:54d'insertion
19:55s'occupe
19:56de ses détenus
19:57mais quand vous avez
19:5810 dossiers
19:59ou quand vous en avez
20:0050
20:01vous ne pouvez pas
20:01vous occuper
20:02de la même manière
20:03du détenu
20:04donc nous
20:05les surveillants
20:06avant
20:06on était nombreux
20:08sur la cour civ
20:09aujourd'hui
20:09on est seul
20:09pour gérer
20:10110
20:10120 voyous
20:11donc c'est ingérable
20:13et de la même manière
20:14pour les conseillers
20:15d'insertion de probation
20:16quand vous gérez
20:1820 dossiers
20:18vous en gérez
20:1950 ou 70
20:21forcément
20:21vous ne pouvez plus
20:21prendre le temps
20:23surtout
20:23comme je vous l'aurais dit
20:24quand vous avez affaire
20:25à des gens
20:26qui ne comprennent rien
20:26c'est très intéressant
20:28je me permets de rebondir
20:29ce que dit Bruno
20:30parce qu'il faut savoir
20:31là on s'intéresse
20:32vraiment
20:33au CNE
20:34mais les conseillers pénitentiaires
20:35à sa soeur de probation
20:36font aussi
20:37toutes les petites peines
20:38et normalement
20:39ils devraient avoir
20:40à gérer
20:40entre 40 et 60 dossiers
20:43sur par exemple
20:44sur l'exemple
20:45de la prison de Fresnes
20:46on est parfois
20:46à 120
20:47130 dossiers
20:49effectivement
20:49c'est ingérable
20:50il y a des détenus
20:51qui n'ont même pas
20:51le temps de voir
20:52donc ça manque clairement
20:53de moyens financiers
20:54humains
20:55en fait ça veut dire
20:56que toute l'administration française
20:57est saturée
20:58de dossiers
20:59que ce soit dans la justice
21:00que ce soit le greffe
21:01que ce soit la réinsertion
21:03et même dans les dossiers
21:04de santé
21:04on est dépassé
21:06on est submergé
21:06par le nombre de dossiers
21:08qu'on n'arrive pas à traiter
21:09mais quand il s'agit
21:10de réinsertion
21:11c'est quand même gravissif
21:12ça veut dire
21:13que le conseiller
21:13peut être amené
21:14à bâcler
21:14ou à passer à côté
21:15d'une réalité
21:16parce que justement
21:17il n'a pas le temps
21:18et qu'il n'a pas les moyens
21:19de se poser posément
21:21précisément sur le choix
21:21oui
21:22il faut on leur demande
21:23de rendre des dossiers
21:24des rapports à date
21:25on leur donne très peu
21:26de marge
21:27ce qui est normal
21:28puisqu'il y a des calendriers
21:29à respecter
21:29sauf qu'on ne leur met pas
21:30les moyens
21:31moi quand je suis
21:32quand j'ai pu observer
21:35ces conseillers
21:35en plein travail
21:37on est tombé
21:37sur un moment
21:38où deux CEPIP
21:39étaient en arrêt
21:40mais les dossiers
21:41qu'est-ce qu'on fait
21:42on les répartit
21:43sur ceux qui restent
21:43et le problème
21:44c'est que chacun
21:45sur le CNE
21:46a six dossiers
21:47et comme ils sont quatre
21:49quatre, cinq
21:50forcément ça double
21:51la charge de travail
21:52pour tout le monde
21:52et il y en a forcément
21:54sur lesquels
21:55on va passer moins de temps
21:56c'est sûr que c'est pas
21:57une bonne administration
21:57de la justice
21:58avant de donner la parole
21:59à Gérald
22:00et puis on a beaucoup
22:01beaucoup d'appels
22:02qui viennent
22:02ce qui est normal
22:03à Nice
22:04on continue ce débat
22:04bien sûr
22:05et vous croyez-vous
22:06qu'un criminel
22:06puisse changer
22:07après sa peine
22:08seriez-vous prêt
22:10à lui faire
22:10à nouveau confiance
22:11est-ce que vous avez
22:12peut-être connu la prison
22:13accompagné un proche détenu
22:14et vous êtes victime
22:15d'un crime
22:16partagez vos expériences
22:17en nous appelant
22:18au 0826 300 300
22:21midi 14h
22:22Sud Radio
22:23la France dans tous ses états
22:25Péricault Légas
22:26vous êtes bien sur Sud Radio
22:28il est 13h32
22:29nous parlons
22:30réinsertion
22:31de prisonniers
22:32condamnés
22:33à travers le film
22:34face à face
22:35je suis en face à face
22:36avec Florian Essic
22:37réalisateur et acteur principal
22:39on part de ce film admirable
22:40qui raconte
22:41justement
22:42le drame
22:43d'un homme
22:44qui a été condamné
22:44pour l'assassinat de sa femme
22:45pour l'homicide
22:46un féminicide
22:47et il est confronté
22:49à une conseillère
22:50du centre national d'évaluation
22:52une CEPIP
22:53comme on dit
22:53qui est jouée par Valérie Mérès
22:55et qui tente
22:56d'aller jusqu'au fond
22:57de la personnalité
22:58de l'âme
22:59de cet être humain
23:00qui est évidemment
23:01qui vit une tragédie
23:02une déchirure
23:02est-ce que oui ou non
23:03on peut le réinsérer
23:04et le film montre bien
23:05que la partie n'est pas facile
23:06parce que c'est comme la météo
23:07à un moment donné
23:08il y a des éclaircies
23:09et ensuite c'est l'orage absolu
23:10et là on repart à zéro
23:11et pourtant
23:12il faut continuer cette mission
23:13et Florian Essic
23:15nous dit d'autant plus
23:16qu'il y a des calendriers
23:16précis
23:17il faut que la conseillère
23:18remette son rapport
23:19et quand elle a 30 rapports
23:20à faire dans le mois
23:21c'est pas évident
23:22alors on avait Bruno en ligne
23:23qui lui
23:23qui représente
23:24l'administration pénitentiaire
23:25qui était à Béziers
23:27on a Jean-Louis et Gérald
23:28mais Anissa
23:29je voudrais que vous nous disiez
23:30d'abord
23:31est-ce qu'il se pourrait
23:33que la prison arrive trop tard
23:34dans le parcours
23:36pour permettre une réinsertion
23:39c'est effectivement
23:39la question
23:40que l'on peut se poser
23:42qui rebondit d'ailleurs
23:43un peu sur le témoignage
23:44de Bruno
23:45gardien de prison à Béziers
23:46qui expliquait
23:47qu'il y avait des sorties
23:48et qu'en fait
23:49ils revenaient tout aussi vite
23:50le Covid on les a libérés
23:51et puis comme ils n'étaient pas
23:53réinsérables
23:53ils ont refait des bêtises
23:54ils sont revenus
23:55à la case départ
23:55alors du coup
23:57je vais être assez rapide
23:58et j'irai droit au but
23:59en France
24:00environ 90 000 à 100 000 détenus
24:02sortent de prison chaque année
24:04et près de 60 à 63%
24:06des personnes libérées
24:07récidives
24:08dans les 5 ans
24:09suivant leur sortie
24:11la messe est dite
24:12donc avant d'aller en prison
24:14il y a un autre problème
24:15c'est qu'il y a un long parcours
24:16et parfois même très long
24:17c'est à dire qu'en raison
24:18de l'engorgement des tribunaux
24:20le manque de moyens
24:21de l'institution judiciaire
24:23Florian vous l'évoquiez
24:24Perico aussi
24:25et bien ce manque de moyens
24:28retarde le traitement des dossiers
24:30ce qui reporte
24:30d'autant plus
24:31l'application de mesures
24:32éducatives
24:33et ou restrictives
24:35conséquence
24:36il y a un effet d'impunité
24:37apparent
24:38l'accumulation de simples rappels
24:40à la loi
24:41ou de procédures
24:42classées sans suite
24:42au début du parcours
24:43peut donner l'impression
24:45à la personne
24:46que rien n'est grave
24:47et puis de bénéficier
24:49d'un sentiment
24:50d'impunité
24:51sans conséquence réelle
24:52de ces actes
24:53et de ces faits
24:54résultat des courses
24:56des chiffres
24:56pas super
24:57puisque effectivement
24:59selon une étude
24:59du ministère de la justice
25:00publiée en avril 2026
25:03donc assez récente
25:04parmi les condamnés
25:05sortis de prison
25:05en 2021
25:07quasiment 79%
25:08avaient déjà au moins
25:10une condamnation
25:11antérieure recensée
25:12ça veut dire quoi ?
25:13ça veut dire
25:13que la réinsertion
25:14on peut effectivement
25:15se poser la question
25:16mais est-ce que
25:17finalement
25:18quand la prison
25:19intervient
25:19après plusieurs condamnations
25:21est-ce qu'elle n'arriverait pas
25:22trop tard
25:23pour se réinsérer ?
25:25Florian Essic
25:26ce film
25:27a été réalisé
25:28en partenariat
25:29avec Sud Radio
25:30nous sommes un média
25:31où on débat
25:32des réalités
25:33de ce pays
25:34face à face
25:36face à face
25:36c'est un film
25:37d'actualité
25:39il y a un message
25:40subliminal
25:41politique
25:42ou sociétal
25:43ou sociologique
25:44vous avez quand même
25:45voulu prendre possession
25:46vous ne faites pas que ça
25:47dans la vie
25:47vous avez été interpellé
25:48par ces cas de figure
25:50est-ce que c'est un film
25:52voilà
25:52je ne dis pas que c'est Z
25:53ou que c'est
25:54que c'est état d'urgence
25:55de Costa-Gabras
25:55mais je sens quand même
25:57qu'il y a un message
25:57dans ce film
25:58quel est-il ?
25:59alors je vous avoue
26:01que quand j'ai commencé
26:02à travailler sur ce film
26:04si je n'avais pas eu le temps
26:05de rencontrer
26:06tous ces professionnels
26:07d'aller visiter
26:09la prison de Fresnes
26:10de voir un petit peu
26:11comment tout cet univers
26:12parce qu'une prison
26:12c'est une ville dans la ville
26:14avec ses propres lois
26:15ses propres codes
26:17et le message
26:18n'aurait pas été le même
26:18parce que de l'extérieur
26:20pour moi
26:20j'avais ce point de vue
26:22de dire
26:22c'est bon
26:23qu'on les laisse en prison
26:24etc.
26:24et puis
26:26en voyant un petit peu
26:28ce qui se passe dedans
26:30j'ai été interpellé
26:32déjà
26:33par ces professionnels
26:34qui vont chaque jour
26:35s'enfermer sciemment
26:36dans ces prisons
26:37qui arrivent l'hiver
26:38le matin à 8h
26:39qui repartent à 18h
26:40ou 19h
26:40voire plus tard
26:42qui ne voient jamais le jour
26:43ils vivent en prison
26:44ils vivent en prison
26:45et d'ailleurs
26:46il y a un ancien
26:47gardien de prison
26:48qui s'appelle
26:49Riyad Bax
26:49qui est maintenant comédien
26:51qui a arrêté
26:52ce métier
26:53il y a quelques années
26:54quand un détenu
26:55lui a dit
26:55tu sais que
26:57moi j'ai de la chance
26:58parce que
26:59moi je connais
27:00ma date de sortie
27:00je sortirais avant toi
27:01exactement
27:02et en fait
27:03c'est fou
27:03ça c'est classique
27:04c'est très très classique
27:05mais on a quand même
27:06des professionnels
27:07qui passent plus de temps
27:08en prison
27:09qu'avec leur famille
27:10leurs amis
27:10mais qui finissent
27:11leur vie en prison
27:12ils peuvent mourir
27:14d'un infarctus
27:14dans l'exercice
27:15de leur fonction
27:16et ça c'est fou
27:17quand on arrive
27:18dans la prison de Frey
27:18il y a une chose
27:19qui vous saisit
27:20au delà de l'insalubrité
27:22de tout
27:22des bureaux
27:23des professionnels
27:23des couloirs
27:24des prisons
27:25des cellules
27:26enfin tout est
27:27infect
27:28il y a l'odeur
27:29qui est absolument abominable
27:30d'ailleurs les professionnels
27:31quand ils rentrent chez eux
27:32la première chose qu'ils font
27:33c'est qu'ils balancent
27:34toutes leurs affaires
27:35à la machine
27:35ça ne dure pas deux jours
27:37et
27:39on rentre là-dedans
27:41et moi
27:41la sensation que j'ai eue
27:43je me dis
27:43si moi je vais là-dedans
27:44à un moment donné
27:45si je fais quelque chose
27:47de suffisamment grave
27:48pour être incarcéré
27:50comment je peux sortir
27:51meilleur de cet endroit ?
27:53ça me paraît
27:53complètement impossible
27:54c'est l'interrogation
27:55du siècle je crois
27:56et en France
27:57c'est la question
27:58qu'on se pose
28:00oui
28:00les prisonniers
28:03qui vont sortir
28:05ils sortent
28:06et les matons restent
28:08quand on voit l'image
28:08que le cinéma
28:09vous êtes cinéaste
28:10les matons
28:11ne sont pas
28:11que ce soit
28:12notenaires ou autres
28:13le maton
28:13n'est pas forcément
28:14un mec sympa
28:15c'est souvent un beau
28:15un peu violent
28:17il y a même des films
28:17on les fait passer
28:18pour des tortionnaires
28:19quelques-uns
28:20on voit le maton
28:21qui est humain
28:21qui garde même des liens
28:23ou alors qui devient complice
28:24parce qu'il peut être corrompu
28:25là on sait aujourd'hui
28:25qu'il y a eu des cas
28:26de corruption
28:28dans face à face
28:29alors on ne voit pas
28:30on ne voit pas vraiment
28:31le personnel pénitentiaire
28:33mais ça fait partie d'un tout
28:34la prison française
28:36aujourd'hui
28:36dans la république française
28:37qui était si soucieuse
28:38de son école
28:39de ses hôpitaux
28:40de ses chemin de fer
28:41les prisons ont réduit
28:42de quelque chose de modèle
28:43et aujourd'hui
28:43c'est un des points noirs
28:45de la république
28:45mais un des points noirs
28:46les plus terribles
28:47et les plus condamnables
28:48n'oublions pas
28:49que la France
28:49est condamnée
28:50quasiment chaque année
28:50par l'Europe
28:51pour l'état de ses prisons
28:52les surpopulations
28:54les chiffres sont sortis
28:55je crois qu'il y a
28:5663 000 places
28:58et il y a 96 000 détenus
28:59oui
29:00j'étais hier
29:03à Auxerre
29:03où il y a
29:04une prison là-bas
29:05et je discutais avec les
29:06elle est belle de l'extérieur
29:07elle est très belle
29:08mais apparemment
29:09elle n'est pas si mal
29:09de l'intérieur
29:10et à l'intérieur
29:10voilà
29:11mais
29:12et en fait
29:13ils ont
29:14entre deux fois et demi
29:15et trois fois
29:16la population maximale
29:17à l'intérieur de leur mur
29:18je me souviens
29:19de témoignages
29:20de prisonniers politiques
29:21basques espagnols
29:22anciens militants
29:23d'état
29:24qui avaient fait la prison
29:25dans les deux pays
29:26ils préféraient la prison espagnole
29:28y compris
29:29avec un régime
29:30un peu tortionnaire
29:30il y avait une espèce
29:32de laisser aller
29:32ou autre
29:33que la sordidité
29:35des prisons françaises
29:36même Gradignan
29:37qui était des prisons modèle
29:37il y en avait
29:39voilà
29:39il y avait cette dichotomie
29:40entre les deux
29:41entre les deux formes de prison
29:42nous avons
29:43Jean-Louis
29:43qui nous appelle
29:44Arles
29:46bonjour
29:46Jean-Louis
29:48bonjour
29:48vous avez une maison
29:49vous avez une centrale
29:50Arles je crois également
29:51aussi
29:52magnifique
29:53elle est réputée
29:55je ne sais pas si on va mettre
29:56des étoiles Michelin
29:57je ne rigole pas
29:58parce que c'est un sujet tragique
30:00mais je sais qu'il y a des prisonniers
30:01voilà
30:03celle-là
30:03celle-là en mériterait plusieurs
30:05il se trouve que je suis médecin
30:07j'ai été amené à aller
30:09entre autres à la prison
30:10d'Aix-en-Provence
30:11à l'époque où j'étais médecin
30:13aux urgences
30:14bien sûr
30:14et c'était à l'intérieur
30:16véritablement une horreur
30:17de plus en plus
30:19même à Marseille
30:20les célèbres baumettes
30:21ont été refaites
30:23moi ce qui me dérange
30:25beaucoup c'est
30:25j'entends souvent
30:27les politiciens
30:27dire il faudrait construire
30:28des prisons
30:29il faudrait construire des prisons
30:31quand on voit ce que ça coûte
30:33je pense qu'il faudrait
30:34un peu réfléchir
30:35on a des tas de bases militaires
30:37qui ont été abandonnées
30:39où on pourrait mettre
30:40des gens sous surveillance
30:41alors bien entendu
30:42on va me dire
30:43que ça ressemble
30:44aux camps de concentration
30:45oui
30:45j'allais vous le dire
30:47mais pour vous soutenir
30:48en disant
30:48effectivement
30:49que c'est une très bonne idée
30:50le tout de savoir
30:51comment c'est aménagé
30:53je crois que les camps de concentration
30:54malheureusement
30:55ils s'y passaient des choses
30:56qui étaient plus graves
30:57que le lieu en soi
30:58on parle pas de camps
30:59de concentration
31:01mais justement
31:01un espace
31:02on va prendre des mots
31:03mesurés
31:04un espace de réinsertion
31:06dans lequel
31:07au lieu d'être enfermé
31:07dans un univers
31:08justement
31:09pénitentiaire terrible
31:10il y aurait
31:11un peu d'humanité
31:12qui pourrait permettre
31:13peut-être
31:14de se dégager
31:15des approches
31:16les plus tragiques
31:17de la prison
31:18il y a peut-être
31:19des moyens
31:20d'y réfléchir
31:20il y a tout ça
31:21et en plus
31:23je suis toujours médecin
31:24moi
31:25et je suis amené
31:26à soigner des gens âgés
31:27qui sont dans une situation
31:29et si vous
31:30aujourd'hui
31:31on se plaigne
31:31de l'état des prisons
31:32mais si vous voyez
31:33certaines maisons de retraite
31:35je pense qu'il y a des sous
31:37à mettre
31:37il faudrait commencer
31:38par les maîtres
31:38chez nos vieux
31:39qui ont gagné
31:40le droit d'être bien traités
31:41oui Jean-Louis
31:42merci et bravo
31:43oui
31:44et certains commissariats
31:46et certains commissariats
31:47qui sont dans un état
31:48de vie de juster
31:48et on a parlé
31:49je peux vous parler
31:51du commissariat
31:52je peux vous parler aussi
31:53du commissariat d'Arles
31:54que je connais depuis longtemps
31:55puisque j'ai 70 ans
31:57quand j'étais gamin
31:58les portes étaient ouvertes
31:59maintenant il y a des grilles
32:01et eux ils sont armés
32:02vous imaginez
32:03à quel point
32:03ils se sentent en sécurité
32:04les temps ont bien changé
32:05vous avez connu le temps
32:06où les gendarmes
32:07s'arrêtaient dans les fermes
32:07pour boire un coup
32:08et quand le gamin
32:09avait fait une bêtise
32:10il se prenait une fessée
32:11du gendarme
32:11il s'était terminé
32:12le gendarme était juge de paix
32:13cette période est révolue
32:15on pouvait prendre
32:16un coup de pied au cul
32:17mais rissait
32:19peut-être que c'était
32:20c'est un meilleur système
32:22Florian Essic
32:24vous pensez
32:25qu'on peut repenser la prison
32:26maintenant que vous avez été
32:27vous avez été dedans
32:28par votre rôle
32:29vous pensez qu'il faut
32:31peut-être repenser la prison
32:32qu'il y a d'autres formes
32:33de détention
32:35pénitentiaire
32:36que celles que l'on connait
32:37aujourd'hui
32:37de façon académique
32:39ma place est assez facile
32:40parce que
32:41j'ai pas de pouvoir
32:42donc ça c'est assez facile
32:44de dire
32:44on pourrait faire autrement
32:45on pourrait faire mieux
32:46ce que font très bien
32:47d'ailleurs les politiques
32:48sans appliquer leur propre conseil
32:50qu'elle soit de tous bords
32:52mais
32:52oui de toute façon
32:53il faut repenser
32:54mais pas que la prison
32:55je pense qu'on a une société
32:57en général
32:58à repenser
33:01tout s'écroule
33:02le service public s'écroule
33:03dans tous les domaines
33:04les professionnels
33:06déjà la fracture sociale
33:08c'est elle qui envoie les gens
33:09en prison
33:09que disait Victor Hugo
33:10ouvrez une école
33:11vous fermez une prison
33:12cette réalité
33:13est toujours d'actualité
33:14elle est toujours d'actualité
33:15elle est toujours d'actualité
33:16malheureusement
33:17de plus en plus
33:18donc oui
33:19il faut repenser le système
33:20moi quand même
33:21je souligne ce que j'ai vu en prison
33:23c'est pour la grande majorité
33:25le caractère exceptionnel
33:27et exceptionnellement humain
33:28des professionnels
33:29qu'il y a dedans
33:30même des surveillants pénitentiaires
33:32qui font franchement
33:33un travail compliqué
33:35encore une fois
33:36absolument pas considéré
33:37payé au lance-pierre
33:39toujours en sous-effectif
33:41on va en manquer
33:43parce que c'est un métier
33:44qu'on ne veut plus faire
33:44comme d'autres métiers à risque
33:46ou avec des contrats épouvantables
33:48et un jour on va manquer
33:49de gardien de prison
33:49donc qu'est-ce qu'on va faire ?
33:50qui a envie de faire ça ?
33:51une intelligence artificielle
33:52on aura un robot
33:53peut-être qu'on aura des robots
33:53ça se voit dans des films
33:54de science-fiction
33:54ça se voit
33:55formidable
33:57peut-être qu'on aura des robots
33:58et alors là
33:58en termes d'humanité
33:59parce qu'il ne faut pas oublier
34:00que ce qui va faire
34:02la réussite d'une sortie
34:04c'est ce lien social
34:05c'est l'humanité
34:06c'est les gens qu'on a en face
34:08évidemment
34:08si on a des gens violents
34:09pas sympathiques
34:10etc.
34:10il y a peu de chances
34:11que ça marche
34:12par contre
34:12si on a des gens
34:13qui font un travail de fond
34:14avec des vraies compétences
34:16et une humanité
34:17à toute épreuve
34:18on a plus de chances
34:19de réussir
34:20et je rebondis
34:21sur les chiffres
34:21que vous avez donnés tout à l'heure
34:22c'est vrai
34:2363% de récidive
34:25mais
34:25ce chiffre englobe tout
34:27et on est vraiment
34:28sur un chiffre
34:29qui se rapproche
34:30beaucoup plus
34:30de la petite et moyenne délinquance
34:32que sur des peines
34:33de 15 ou 20 ans
34:35en termes de récidive
34:36pour meurtre
34:36vous savez
34:38on aura peut-être
34:39des directeurs de prison
34:40qui seront des robots
34:40on en aura peut-être
34:41un jour à l'Elysée
34:42c'est pas dit
34:42qu'on soit plus mal gouverné
34:44aujourd'hui
34:44vous restez avec nous
34:45n'est-ce pas Nessa ?
34:47bien sûr
34:47pensez-vous que la prison
34:48on a Gérald
34:50qui attend le téléphone
34:50non non non
34:51on le prend juste après
34:52on le prend juste après
34:53alors d'abord
34:54on va solliciter
34:55les personnes qui nous écoutent
34:56pensez-vous
34:56que la prison prépare
34:57ses détenus
34:58à se réinsérer
34:59puisque de 60 à 63%
35:01des personnes libérées
35:02récidives
35:03dans les 5 ans
35:03suivant leur sortie
35:04pour des délits mineurs
35:05comme Florian
35:06vous venez de le dire
35:07à qui la faute
35:08appelez-nous
35:08pour nous le dire
35:09pour nous dire
35:09ce que vous en pensez
35:10au 0826 300 300
35:11La France dans tous ses états
35:14Péricault-Legas
35:15Il est 13h48
35:17vous êtes bien sur Sud Radio
35:18et nous continuons
35:19à en parler
35:19avec Florian Essic
35:20réalisateur de face à face
35:22de ce vaste sujet
35:24politique et social
35:25qui est la réinsertion
35:26des prisonniers
35:26faut-il laisser leur chance
35:28y compris à des criminels
35:29est-ce que
35:30l'humanité
35:31de la République française
35:32est de beaucoup de démocratie
35:33et qu'une fois
35:34que l'homme
35:34la femme
35:35est condamné
35:36est-ce qu'il a une chance
35:37de revenir au droit chemin
35:39et a-t-on mis en place
35:42des institutions
35:42des codes
35:43et des protocoles
35:44qui permettent
35:45de façon raisonnable
35:46et humaine
35:47de réinsérer quelqu'un
35:48c'est le débat
35:49et nous en discutons
35:49avec les gens
35:50qui nous appellent
35:51bien sûr qu'il faut essayer
35:53mais nous constatons
35:54aujourd'hui
35:54que vu la dégradation
35:55des relations sociales
35:57du niveau culturel
35:58de cette école
35:59qui ne marche plus
35:59voilà
36:00nous avions Bruno
36:01qui était un gardien de prison
36:02qu'il y a des gens
36:02qui sont foutus
36:03dès le départ
36:04et quoi qu'il arrive
36:05on ne pourra pas
36:05les réinsérer
36:06ici t'es l'exemple
36:07à la prison de Béziers
36:08on a libéré
36:09des prisonniers
36:09pendant le Covid
36:10et 60% sont revenus
36:12nous avons Christine
36:14Florian
36:15je vous donne la parole
36:15dans une seconde
36:16je voudrais avoir
36:16le témoignage de Christine
36:17qui nous appelle de Lyon
36:18parce que Christine
36:19vous avez travaillé
36:20à Fresnes
36:21et à Lyon
36:22à la fameuse prison
36:23en prison Saint-Paul
36:24aujourd'hui transformée
36:25en campus universitaire
36:26et vous avez rencontré
36:29pendant son incarcération
36:30Yvan Colonna
36:31oui je ne sais pas
36:33tout à fait
36:33vous m'entendez ?
36:35je vous entends très bien
36:36alors comment avez-vous vécu
36:37bonjour bonjour
36:38comment avez-vous vécu
36:39ce rôle d'infirmière
36:40à Fresnes
36:41et à Lyon
36:42au contact
36:43de ces détenus
36:44dont certains
36:45étaient certainement condamnés
36:46pour de lourdes peines
36:48alors
36:49d'abord
36:50je suis très émue
36:51de vous parler
36:52vraiment
36:52je me sens très honnourée
36:55de pouvoir vous parler
36:55mais c'est moi qui suis honnourée
36:56de vous écouter
36:57ma chère Christine
36:58c'est réciproque
36:59allez-y
37:00au contraire
37:00non non
37:01livrez-vous
37:02en fait
37:03je refitue
37:05avant de revenir en France
37:07j'avais
37:08pour le CICR
37:09j'avais travaillé
37:10pendant 3 ans
37:11j'avais fait
37:12le suivi
37:13des 25 prisons
37:15de Haïti
37:15pour la Croix-Rouge
37:16Haïti
37:17les prisons d'Haïti
37:18pour le comité
37:19pour le comité international
37:20de la Croix-Rouge
37:21ça ne devait pas être mal
37:22ça non plus
37:22les prisons d'Haïti
37:23vous avez dû voir des choses
37:24à mon avis
37:25assez différentes
37:26c'est là justement
37:27où je vais en venir
37:28quand je suis revenue en France
37:30ils m'ont dit
37:31vous étiez dans les prisons
37:32est-ce que vous voulez continuer
37:33j'ai dit
37:34ben oui
37:34pourquoi pas
37:35et j'arrive effectivement
37:37à Frey
37:37que moi
37:38je trouvais quand même
37:40comme prison
37:40assez agréable
37:41parce que
37:42les couloirs
37:44étaient très larges
37:45ils étaient très clairs
37:47c'était du plancher
37:49au sol
37:50donc un très vieux
37:52un très vieux bâtiment
37:54ce qui avait très bien
37:56parce que moi
37:56j'avais une particularité
37:57j'étais à ce qu'on appelait
37:59le CSST
38:00c'est-à-dire
38:00le centre
38:01de soins
38:02et de suivi
38:03des toxicomanes
38:04d'accord
38:05et la particularité
38:07de Frey
38:07c'est qu'il avait
38:09déjà à l'époque
38:10un hôpital psychiatrique
38:12à l'intérieur
38:13de la prison
38:14ce qui fait
38:15que les prisonniers
38:18avec des problèmes
38:19psychiatriques
38:20qui arrivaient
38:21ils étaient pris
38:22en charge
38:23au rez-de-chaussée
38:24ceux qui étaient
38:26stabilisés
38:27étaient pris en charge
38:28au premier étage
38:29et
38:30le deuxième étage
38:32c'était
38:33tous les
38:34les messieurs
38:36qui avaient
38:37accepté
38:38un suivi
38:40c'était tous
38:41des pédocriminels
38:42vous en tant que
38:44représentant
38:45du monde de la santé
38:46vous trouviez
38:47qu'il y avait
38:48plutôt de l'humanité
38:49ou que
38:50déjà ça commençait
38:51à se dégrader
38:52dans les relations humaines
38:55alors
38:55non
38:56les équipes soignantes
38:58et comme les surveillants
38:59d'abord
38:59d'ailleurs
39:00je tiens quand même
39:01à le dire
39:02moi j'étais
39:03en admiration
39:04devant certains
39:05surveillants
39:05la patience
39:06qu'ils avaient
39:08le sens
39:09l'intuition
39:11qu'ils avaient
39:11de détenus
39:12qui allait peut-être
39:13péter un câble
39:14moi
39:14j'ai vraiment appris
39:15de certains
39:17surveillants
39:19qui vraiment
39:20moi j'ai toujours
39:21eu une bonne
39:22collaboration
39:23avec eux
39:23je ne peux vraiment
39:24pas me plaindre
39:27j'y suis restée
39:28en tout
39:29j'ai dû faire
39:294 ans
39:30en tout
39:31dans l'une
39:31et dans l'autre
39:33voilà
39:36honnêtement
39:37surprenne
39:38moi je trouvais
39:39que ça allait
39:39plutôt
39:39pas trop mal
39:41non mais c'est intéressant
39:41ce que vous dites
39:42Christine
39:43la pire c'était
39:44la prison de Lyon
39:45de Saint-Paul
39:46donc oui
39:47de Saint-Paul
39:48où on traversait
39:49d'une prison
39:50à l'autre
39:50parce qu'en fait
39:51c'est deux prisons
39:52différentes
39:52et pour rejoindre
39:54l'une à l'autre
39:55il fallait passer
39:56dans les sous-sols
39:58et quand c'était inondé
39:59quand le Rhône montait
40:01il nous installait
40:02des planches
40:03on marchait sur les planches
40:04et puis
40:04c'était lourd
40:06mais surtout
40:07alors ce qui m'a
40:08moins choquée
40:09à l'époque
40:09je vous parle de 2005
40:11ce qui m'a choquée
40:12à l'époque
40:13c'est que
40:15surtout à Saint-Paul
40:16c'était les rats
40:17quoi
40:17on avait des rats
40:18qui étaient gros
40:19comme des moitiés
40:20de castors
40:20je suis surpris
40:22vous les ayez pas vus
40:23à Freyne
40:23parce qu'ils sont
40:24quand même
40:24très présents
40:26écoutez
40:26moi
40:27je ne passais pas
40:29dans les
40:29je montais pas
40:31dans les cours
40:32donc on était
40:34en bas
40:34et on était
40:37sur l'hôpital
40:38psychiatrique
40:39donc
40:40bien sûr
40:41qu'on en a vu
40:42mais le pire
40:43pour moi
40:43ça a été vraiment
40:44Saint-Paul
40:46merci Christine
40:47pour votre témoignage
40:48Florian
40:49ici Christine
40:50soulève quelque chose
40:50d'important
40:51la qualité
40:52du personnel
40:53la compétence
40:54du personnel
40:55pénitentiaire
40:55participe aussi
40:56de la chance
40:56de réinsertion
40:58bien entendu
40:59je pense
40:59que vous avez dû
41:00dans le film
41:01vous l'évoquez peu
41:01on le sent quand même
41:02évidemment
41:03les conditions
41:03de détention
41:04c'est important
41:05les gardiens de prison
41:06doivent être aussi
41:07accompagnés
41:07c'est extrêmement
41:08c'est extrêmement important
41:09comme je le disais
41:10selon les personnes
41:11qu'on a en face
41:12on ne va pas ressortir pareil
41:13tout comme
41:14selon dans quelle famille
41:16on est
41:16on n'a pas la même éducation
41:17on n'a pas les mêmes
41:18bases sociales
41:19donc c'est assez évident
41:21après
41:21ce témoignage
41:22était intéressant
41:23parce que
41:24moi je n'ai pas eu la chance
41:25de pouvoir comparer
41:26les différentes prisons
41:27donc effectivement
41:28il y en a sûrement
41:29des pires
41:30que Fren
41:31mais en étant
41:33objectivement neutre
41:34et en arrivant
41:35à la prison de Fren
41:36je maintiens
41:37qu'il est impossible
41:37d'en ressortir meilleur
41:38que ce qu'on est rentré
41:39elle est absolument insalubre
41:40il y a des rats partout
41:41les murs s'effrites
41:42l'humidité est permanente
41:44les professionnels
41:45ne voient pas le jour
41:47je pense
41:48que
41:48ne serait-ce que
41:49pour les professionnels
41:50ça ne me paraît pas humain
41:51de travailler
41:52dans ce genre de conditions
41:52il y a une anecdote
41:53qui dit
41:54qu'à un moment donné
41:54il y avait un bistrot
41:55en face de la prison de Fren
41:56qui s'était intitulé
41:57on est mieux ici
41:58qu'en face
41:59alors ça je confirme
42:01sans doute
42:01nous avons Sophie
42:02qui nous appelle de Bordeaux
42:04Sophie
42:05je suis
42:06très intéressé
42:07par votre trémagnage
42:08parce que
42:09vous avez participé
42:10vous aussi
42:10à la réinsertion
42:11de détenus
42:15bonjour Sophie
42:16bonjour Sophie
42:16vous m'entendez ?
42:17je vous entends très bien
42:18on vous en prie Sophie
42:20on vous écoute
42:20alors c'est parfait
42:22donc non
42:23moi je n'ai pas participé
42:24à la réinsertion
42:24de détenus
42:25j'ai eu à connaître
42:27le monde carcéral
42:28à travers mon fils
42:29qui a été incarcéré
42:30ah d'accord
42:31vous étiez de l'autre côté
42:32au contraire
42:32mais vous avez assisté
42:34à une réinsertion
42:34si je comprends bien
42:35d'accord
42:35donc vous témoignez
42:36en ce sens
42:36alors tout à fait
42:38donc bon
42:39alors déjà
42:40dans un premier temps
42:42je pense
42:43que sa place
42:44était plus
42:44en hôpital
42:45qu'en prison
42:47ce qui est dommage
42:48ça c'est déjà
42:49une erreur d'aiguillage
42:50c'est une erreur d'aiguillage
42:51qui arrive assez souvent
42:52alors disons
42:52que c'est un problème
42:53oui complètement
42:54c'est un problème
42:55certainement de moyens
42:58donc il a fait
42:59sa peine en prison
43:02il a
43:03je pense qu'il a compris
43:04que c'était pas
43:05un endroit
43:07très très intéressant
43:08bon
43:09donc j'espère
43:10qu'il va comprendre
43:12qu'il va comprendre
43:13que l'idée
43:14ne va pas y retourner
43:15mais après
43:16moi ce qui m'a un peu choqué
43:18c'est le manque
43:19de
43:21d'humanité
43:22par le
43:22par le fait
43:23qu'il n'y a pas d'hygiène
43:24en prison
43:25pardon
43:25pour ce qui est de la réinsertion
43:27il a contacté
43:28il a côtoyé
43:29je veux dire
43:29il a été reçu
43:30suivi par un conseiller
43:31ou une conseillère
43:32ou non
43:33oui
43:33oui
43:34et là
43:35sur ce côté là
43:36qui est sujet
43:36de notre émission
43:37là ça s'est bien passé
43:38là ça s'est bien passé
43:40tout à fait
43:41son conseiller
43:42vraiment quelqu'un d'exceptionnel
43:43c'est les conditions
43:44de détention
43:44c'est les conditions
43:45de détention
43:45évidemment
43:46qui étaient épouvantables
43:47ça je comprends
43:48Florian Essic
43:48merci
43:49une dernière question
43:50est-ce qu'Antoine Martino
43:52est fou
43:53ou non
43:55sans tout révéler
43:56et bien il faudra
43:57que les gens
43:57c'est vous qui le jouez
43:58à un moment donné
43:58on se pose la question
43:59et bien c'est exactement
44:01ce que disait l'auditrice
44:03je pense que tout est là
44:04je pense que parfois
44:06c'est la limite
44:07la limite est très
44:09est très fine
44:10entre des gens
44:11qui peuvent
44:12comprendre l'incarcération
44:13et d'autres
44:14qui auraient plus leur place
44:15dans un milieu hospitalier
44:16et la prison peut rendre fou
44:17la prison peut rendre fou
44:18voilà
44:18face à face
44:20avec Florian Essic
44:21derrière la caméra
44:22et sur scène
44:23Valérie Mérès
44:24on a oublié de parler
44:25de Frédéric Diffenthal
44:26qui joue le directeur de la prison
44:27qui nous change du flic
44:28de taxi
44:30extraordinaire là aussi
44:30à aller voir absolument
44:31sorti du 11 novembre
44:32et on est en tournée
44:33dans toute la France
44:34à partir de demain
44:35pour les avant-premiers
44:36et un film en partenariat
44:37avec Sud Radio
44:39j'espère que vous en ferez d'autres
44:40et si vous voulez me prendre
44:40pour je ne sais pas
44:42pour jouer à l'étenue
44:43pour jouer à l'étenue
44:43ou à garder une prison
44:44je ferai des vôtres
44:45voilà
44:45et si on est tous prêts
44:46à collaborer avec vous
44:47avec plaisir
44:48parce qu'on aime
44:49justement la passion
44:50qui est dans ce film
44:50et la sensibilité
44:52merci Florian Essic
44:53merci à vous
44:53bien sûr
44:54et merci aussi
44:55à nos autres invités
44:56Baptiste Gilly
44:57pour l'Uni
44:58et Bastien
44:59bon argent
44:59pour les jeunes communistes
45:03à suivre évidemment
45:04Brigitte Lay
45:04qui vous parlera
45:06qui nous parlera
45:07de sexualité
45:07après 50 ou 60 ans
45:09et comment la maintenir
45:10et là vous me libérez
45:11ou non je peux
45:11je vous libère
45:12et pourquoi je ne suis pas
45:13invitée dans l'émission d'après
45:14mais vous pouvez demander lui
45:16au contraire
45:17vous aurez beaucoup
45:17autre chose à dire

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