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  • il y a 11 minutes
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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Transcription
00:00On va en venir à l'autre actualité de ce début de soirée, le temps de saluer dans un instant
00:04ceux qui nous rejoignent sur ce plateau.
00:06C'est bien sûr cette nouvelle manifestation, Demain contre la vie chère, avec le gouvernement qui alerte contre des risques
00:11de dérapage,
00:12des risques de violence semblables à celles commises le 17 octobre.
00:17Laurent Nunez dit même son entourage des épisodes de violence comparable, des émeutes en début de soirée.
00:22On va en parler ce soir avec ceux qui nous rejoignent, à commencer par Richard Caminade.
00:27Bonsoir, ancien général de gendarmerie, spécialiste du maintien de l'ordre, Laurence Saillet est à vos côtés.
00:32Bonsoir, Madame Saillet, ancienne eurodéputée Les Républicains, face à vous Aminata Niakate.
00:36Bonsoir, porte-parole des écologistes, soyez également la bienvenue, Rocaïa Diallo.
00:40Bonsoir, présidente de Politis et éditorialiste aux Guardian.
00:45Les mots de Laurent Nunez ce soir, Vincent Vantiquem, sont assez inquiétants.
00:49Ce que dit le ministère de l'Intérieur également sur 17 octobre, le retour.
00:54Oui, grosso modo, 17 octobre, le retour, ce n'est pas un fait, ce n'est pas une évocation, c
00:59'est une crainte.
01:00Mais une crainte qui est très perceptible dans les propos du ministre de l'Intérieur et de son entourage depuis
01:04hier et encore plus aujourd'hui.
01:06Parce que demain, c'est le troisième samedi de mobilisation.
01:10Il y a un énorme dispositif policier qui est mis en place.
01:14Mais il y a toujours une incertitude sur des parcours de manifestation.
01:17Ça, c'est l'une des premières craintes des autorités.
01:19On le voit à Paris, c'est encore la pagaille.
01:22On ne sait pas encore exactement où les manifestants vont pouvoir défiler et être autorisés par la préfecture de police
01:30à le faire.
01:30Il y a des problèmes dans d'autres villes.
01:31Et puis surtout, la journée de demain, elle marque dans une drôle de concordance des temps, une rencontre avec la
01:37fête d'Halloween.
01:38Et ça, c'est quelque chose d'extrêmement inquiétant pour les autorités parce qu'ils ont vu surgir, fleurir sur
01:43les réseaux sociaux des appels à fêter Halloween, à faire la fête, à faire la révolution.
01:48Je reprends les termes qu'on voit sur ces vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux en étant masqués, dissimulés.
01:54Ce qui a conduit le ministre de l'Intérieur à prendre des directives pour éviter ça.
01:58On le sait, il y a des couvre-feu, il y a des interdictions de manifester.
02:01Et il y a surtout une demande d'être mobile, réactif, efficace, très rapide.
02:05Richard Camilla, il y a eu le fiasco du 17 octobre il y a deux semaines.
02:07Le gouvernement, qui s'en est d'ailleurs excusé depuis, qui n'a pas vu venir la menace et ses
02:12milliers de casseurs un peu partout en France.
02:14Est-ce qu'il en fait trop aujourd'hui ? Est-ce qu'il est en train d'ouvrir le
02:16parapluie pour se faire un peu, pour se rattraper un peu d'avoir raté le coche il y a deux
02:22semaines ?
02:22Écoutez, je crois que le gouvernement fait le nécessaire puisqu'il a tous les éléments à sa disposition pour mettre
02:29la jauge au bon niveau.
02:30Déjà, le week-end dernier, le dispositif qui était très conséquent, malgré le fait qu'il ait fallu assurer la
02:38protection du meeting du RN à l'Orléans,
02:40le dispositif conséquent a permis de réduire considérablement les débordements.
02:44Et qui est reconduit à l'identique pour cette fois-ci.
02:46Et qui est pratiquement reconduit à l'identique.
02:48Il sera un petit peu différent puisque les itinéraires ne sont pas encore calés.
02:52Et en fait, les itinéraires seront de nouveau en centre-ville.
02:55Donc il va falloir s'adapter, concentrer les efforts sur le cortège bien entendu,
03:00mais aussi la protection des commerces qui sont tout autour.
03:03Et tout en étant en mesure, comme l'a dit M. le ministre à l'Intérieur, M. Laurent Dunez,
03:07tout en étant en mesure d'intervenir en tout point où des pillages ou des saccages, des casses seraient signalés.
03:14– Rokagia Diallo, quand vous entendez Laurent Dunez dire risque très élevé de réitération de ce qui s'est passé
03:22le 17 octobre,
03:23vous considérez que quoi qu'il a raison, parce que ça peut dissuader aussi certains casseurs de venir,
03:27en disant qu'il y aura du bleu dans la rue demain ?
03:30Comment vous lisez son discours ?
03:32– J'ai l'impression qu'il essaie d'avoir un discours qui est à la hauteur du possible risque,
03:36dans le sens où effectivement on a beaucoup reproché au gouvernement,
03:38et en particulier à ses services, de ne pas avoir été à la hauteur et de ne pas avoir anticipé
03:41le 17 octobre.
03:42Donc c'est une manière de se couvrir, et le fait de former un recours, comme il l'a dit,
03:46et de bien signifier le fait que si, en tout cas le tribunal administratif ne lui donne pas raison sur
03:52le parcours final,
03:53ce ne sera pas de son fait, ce ne sera pas du fait de ses services.
03:55– Cache précise, pour ceux qui ont raté le feuilleton, qui ont occupé une bonne partie de la journée sur
03:59ce plateau,
04:00ça c'est pour la manifestation parisienne, parce que des cortèges il y en aura 150 demain un peu partout
04:04en France,
04:05la CGT dépose un trajet entre la place de la Bastille et la place de la Nation, c'est-à
04:09-dire à l'intérieur de Paris,
04:10la préfecture de police dit manifestation interdite, merci d'aller manifester plutôt sur les boulevards maréchaux,
04:17c'est plus facile à sécuriser, c'est ce qui s'est passé d'ailleurs samedi dernier, ça ne s
04:21'est pas trop mal passé,
04:22et là à 18h, le tribunal administratif dit non, désolé, mais la CGT a bien le droit de manifester à
04:28l'intérieur de Paris,
04:29et là on se dit c'est fini, et là c'est toujours pas fini Vincent, puisque Laurent Nunez nous
04:33dit,
04:34non, non, moi je fais appel de la non-interdiction de la manifestation, il faut suivre, pardon.
04:38Oui c'est un peu compliqué, ça fait des allers-retours pour une manifestation, on pourrait dire,
04:42ce qu'il faut retenir c'est que le tribunal administratif dit noir sur blanc aujourd'hui,
04:47que l'arrêté, l'interdiction par la préfecture de police de ce parcours entre Bastille et Nation est une atteinte
04:53grave
04:53à la liberté de manifester, voilà pourquoi il dit aux manifestants, si si vous pouvez faire ça.
04:58Maintenant, Laurent Nunez a indiqué qu'il voulait faire appel devant le Conseil d'État,
05:02donc effectivement, on va avoir une nouvelle audience devant ce degré de juridiction.
05:06Demain matin ?
05:07Sans doute demain matin, alors je viens de me renseigner en même temps,
05:10il est possible aussi d'avoir des audiences nocturnes devant le Conseil d'État.
05:12Le Conseil d'État siège même la nuit ?
05:14Il est possible que le Conseil d'État siège la nuit, à ce stade, c'est une information qu'on
05:18peut vous donner,
05:18le Conseil d'État n'est pas avisé du recours formé par les autorités, il va l'être, à n
05:22'en pas douter,
05:22mais pourquoi ne l'est-il pas encore ? Parce qu'il va falloir revoir un petit peu la copie
05:26du côté de la préfecture de police,
05:28le règlement du tribunal administratif est assez sévère, on n'a pas compté le nombre de commerces
05:33qui pourraient être impactés d'un côté versus l'autre côté, on n'a pas donné d'indication sur comment
05:38disperser
05:38la manifestation du côté de la porte de Charenton ou de la porte de Bagnolet quand elle va partir.
05:43Donc ça, c'est aussi des choses sur lesquelles la préfecture de police de Paris va devoir travailler
05:47avant de saisir le Conseil d'État pour espérer obtenir gain de cause avant 14 heures.
05:51Avant 14 heures, on l'espère, parce que sinon les gens ne sauront pas où aller manifester.
05:55Laurent, ça y est, la démocratie française marche bien, c'est normal que la justice administrative
05:59puisse contredire le préfet, même si à un peu plus de 12 heures du départ de la manif, on ne
06:05sait pas.
06:05Vous êtes heureuse de cette décision ou vous considérez que ça ajoute un peu de pagaille à la pagaille ?
06:10Moi, je suis très inquiète, très inquiète, parce que si vous voulez, j'entends beaucoup dire
06:14l'issue est politique et il suffit de répondre aux revendications.
06:17Je crois que quand on écoute les revendications, on sait très bien que ce n'est pas possible
06:22de répondre politiquement aujourd'hui à un grand nombre de revendications,
06:25notamment l'augmentation des salaires.
06:27Ce n'est pas le gouvernement qui va décider aujourd'hui.
06:30Il n'a pas la main sur l'augmentation des salaires et les entreprises, etc.
06:34Le mouvement s'est fortement politisé.
06:36Il y a des manifestants, et bien heureux, qu'on manifeste quand on veut montrer son mécontentement,
06:42qui le font de toute bonne foi.
06:43Mais j'observe une radicalisation du mouvement.
06:47D'ailleurs, les Français aussi.
06:48Il y a un sondage au DOXA qui est sorti aujourd'hui, où 73% des Français le disent ultra
06:53-politisés.
06:54Donc, si vous voulez, ce que je comprends, c'est que certains ne lâcheront pas la rue,
06:59parce que c'est une stratégie bien plus globale que les revendications.
07:02C'est une stratégie de bordélisation, si vous me permettez le terme, de la France,
07:07avant l'élection présidentielle.
07:09Donc, je ne vois pas comment on en sort, et ce qui va se passer,
07:13vous voyez demain, des jeunes enfants qui ont envie d'aller se balader
07:16pour aller chercher des bonbons à Halloween, ne pourront pas le faire.
07:19Ce n'est pas très grave, mais il y a une torpeur qui se crée, une crainte réelle,
07:25et je suis contente que Rocaille Adelot ait confirmé le fait que,
07:28ce que certains disent, le ministre de l'Intérieur dit ça pour faire peur.
07:30Non, il y a une réalité, et je crois que personne ne peut le nier.
07:34Les commerçants ne vont pas travailler, tout le monde est terrorisé.
07:37C'est un système de la terreur.
07:39On terrorise les Français qui vivent dans les villes dans lesquelles il y a des manifestations.
07:43Donc, moi, je pense que les gens de bonne foi devraient ne pas aller manifester
07:52dans le sens où faire une pause.
07:54Ça a été demandé au moins jusqu'à Noël.
07:56Pensez aux commerçants.
07:57Je veux dire, c'est dramatique ce qui va se passer.
08:00Le chiffre d'affaires sur cette période-là est immense.
08:03Donc, on est en train de poser la tombe.
08:06C'est qu'on entende ce qu'en pense peut-être votre voisine de gauche sur ce plateau à Minatar.
08:10Eh bien, à KT, vous entendez Laurent Saillet qui dit qu'il faut faire une pause.
08:13Les commerçants n'en peuvent plus.
08:14Je rappelle les chiffres, 3000 commerces vandalisés ou pillés depuis le début du mouvement.
08:18Et des commerçants qui en centre-ville disaient,
08:20bon, maintenant, il va falloir reconstruire peut-être les vitrines.
08:23Une pause dans les cortèges.
08:25Ça vous semble impossible ?
08:26Moi, j'avoue que je trouve extrêmement grave cette demande de demander à des citoyens
08:31de renoncer à une liberté fondamentale garantie par la Constitution,
08:35à savoir le droit de manifester.
08:36Enfin, je ne sais pas si vous vous rendez compte de la gravité.
08:37Et vous, la liberté de travailler, la liberté de circuler, c'est grave aussi, madame.
08:41Et les manifestants, ils ne demandent qu'une chose,
08:43c'est de manifester sereinement en sécurité.
08:46Et la responsabilité du ministre de l'Intérieur,
08:48c'est de garantir la sécurité des manifestants
08:52qui ont des revendications légitimes.
08:54Mais vous voyez bien que ce n'est pas comme ça que ça se passe.
08:56Mais ça fait des décennies et des décennies qu'on manifeste,
08:59qu'il y a eu de très grosses manifestations pour la République.
09:02J'espère que les commerçants parisiens vous entendent.
09:03Vous êtes élus à Paris, madame.
09:04Je pense qu'ils doivent bien arrêter d'avoir voté pour vous, si c'est le cas.
09:08Je suis élu à Paris.
09:09Je suis élu à Paris.
09:10Et que leur dites-vous, alors ?
09:11Je connais les artisans.
09:12Et la sécurité des artisans, des commerçants doit être assurée.
09:18Est-ce que ce sera le cas ?
09:20Et la sécurité des manifestants doit être assurée.
09:22Est-ce qu'ils peuvent travailler demain, les commerçants ?
09:24Je pense que si le dispositif de sécurité déployé par le préfet de police
09:31garantit la sécurité des commerçants et des manifestants,
09:35la manifestation peut bien se passer.
09:36Moi, il m'est déjà arrivé de participer à des manifestations
09:38dans des contextes très tendus.
09:39où on regardait les sacs de tout le monde.
09:45C'est tout à fait possible, parce que c'est déjà arrivé,
09:47je ne sais pas si vous avez fait beaucoup de manifestations,
09:49mais c'est déjà arrivé de s'assurer que les gens n'étaient pas porteurs d'armes par destination.
09:54N'oubliez pas aussi que le 24 octobre, la manifestation s'est relativement passée de manière apaisée,
10:04plus apaisée que le 10 octobre.
10:24On a parlé sur ce plateau des appels à un faux Halloween,
10:29c'est-à-dire avancer, masquer toute la nuit et metter le bazar un peu partout.
10:33Marguerite, le gouvernement, on sait aussi, met la pression en ce moment sur les grands réseaux sociaux.
10:38Quelle est la teneur de ces messages qui inquiètent ?
10:40Laurent Nunez, d'ailleurs, s'est exprimé à ce sujet il y a quelques instants.
10:44On va tout de suite écouter ce qu'a dit le ministre de l'Intérieur.
10:48Et demain, on a de nombreux appels qui fleurissent en ce sens,
10:52c'est-à-dire d'aller faire dégénérer les cortèges.
10:54Il y a des appels à commettre des pillages, des exactions,
10:57et puis à faire le lien avec la soirée d'Halloween, puisque demain, c'est le 31 octobre.
11:01Et on voit sur les sites de la mouvance, ultra-gauche, extrême-gauche radicale,
11:05énormément d'appels à profiter de la soirée d'Halloween pour se réunir sur les places publiques,
11:10si possible masquées, et commettre des exactions.
11:12Dans le viseur du ministre de l'Intérieur, des vidéos et des publications
11:18largement relayées sur les réseaux sociaux,
11:20notamment par des comptes qui disposent d'une importante audience.
11:24C'est le cas ici de cerveaux non disponibles.
11:261,3 million d'abonnés sur Facebook et Instagram,
11:30un média considéré comme de gauche radicale,
11:33et qui diffuse par exemple ce visuel avec cette question légende.
11:37Dès l'acte 3, on passe la seconde.
11:40Ce compte a aussi relayé cette vidéo qui évoque, je cite,
11:45une nuit des ténèbres pour Halloween, donc ce 31 octobre,
11:48de la violence sur les images, des tirs de mortiers,
11:51et des appels aussi à se masquer.
11:53Cette vidéo, elle cumule des centaines de milliers de vues,
11:57400 000 pour être précis, rien que sur Instagram.
12:00Elle a été relayée par un autre mouvement d'ultra-gauche
12:03qui s'appelle Contre-Attaque, anciennement Nantes révoltées.
12:07430 000 abonnés sur Instagram, avec ce commentaire à coller à la vidéo.
12:11C'est l'occasion de réinventer une forme festive, audacieuse et insaisissable
12:16pour poursuivre ce grand mouvement de joie insurrectionnelle.
12:20On ne sait pas si le gouvernement a réclamé la suppression de ces contenus sur Instagram,
12:25mais en tout cas, je viens de regarder, ils sont toujours en ligne ce vendredi soir.
12:28Voilà, ils ne sont pas des petits comptes, ce n'est pas 50 personnes.
12:33Pour autant, je pense que la question de la liberté de manifester,
12:37la liberté d'expression, de la vitalité démocratique,
12:39elle ne peut pas être effacée par les enjeux sécuritaires.
12:42C'est-à-dire qu'on doit conjuguer les deux cas,
12:45garantir la sécurité des personnes qui sont sur le parcours, des commerçants,
12:48garantir la sécurité des manifestants, y compris contre les démarches policières,
12:52parce qu'il y a quand même énormément de personnes qui ont été blessées
12:55alors qu'elles n'étaient ni menaçantes, ni violentes,
12:57y compris des personnes qui n'étaient même pas dans les manifestations,
12:58et permettre effectivement à l'expression démocratique de se déployer
13:02dans des endroits où elle est visible.
13:04Parce que si on la relègue en périphérie, ça devient la norme,
13:07ça ne veut plus rien dire en fait de manifester.
13:09Antoine Oberdorf, est-ce qu'il y a un risque de durcissement d'une frange ?
13:12Et je ne parle pas des manifestants qui par centaines de milliers
13:15viennent pacifiquement depuis plusieurs semaines manifester,
13:18mais il y a une réalité qu'il ne faut pas nier,
13:21c'est qu'il y a de nombreux manifestants, plusieurs centaines de milliers à chaque fois,
13:24et qu'il y a aussi les chiffres par exemple donnés par le préfet de police de Paris
13:27ce matin dans le Parisien, c'est à Paris, le 17 octobre, c'était 10 000 casseurs.
13:3210 000 casseurs. Est-ce qu'on peut redouter la même chose demain ?
13:35Ce sont de toute manière des fractions radicales qui font profession de la casse.
13:41Donc ce sont les gens qui ont commis ces exactions à Paris.
13:44Pour ce qui est de la casse, je ne parle pas des pillages,
13:47c'est des profils tout à fait différents,
13:48mais pour ce qui est de la casse, ce sont des gens qui vont se fixer
13:51sur des mobilisations, des points de contestation très différents,
13:55alors ça a pu être par le passé sur des zones à défendre,
13:58à Notre-Dame-des-Landes, ça a pu être des gens qui ont fait un tour à un moment donné
14:01à Sainte-Sauline pour se greffer à la mobilisation des militants écologistes
14:04qui militent contre les bassines,
14:06c'est des gens que vous pourrez retrouver sur différents terrains de lutte.
14:10Vous voulez dire que ce sont des pros ?
14:11Bien sûr, ce sont des pros.
14:12Et vous le voyez dans l'équipement qu'ils revêtent,
14:15ce sont des gens qui sont préparés, conditionnés pour ça,
14:18et qui veulent en découdre,
14:20quelles que soient d'ailleurs les revendications,
14:21il n'y a pas de terreau idéologique particulier à cela,
14:24sinon la contestation des institutions et la volonté d'abattre le système.
14:29Voilà.
14:29Vincent ?
14:30Juste une remarque, c'est vrai qu'on parle beaucoup depuis tout à l'heure
14:32sur la nécessité de protéger les commerçants,
14:35d'éviter les exactions, de faire une pause,
14:37je crois que c'est le terme que vous avez employé.
14:39Qui a été demandé par les commerçants.
14:40Oui, oui, juste la réponse qui n'est pas la mienne,
14:43mais qui est celle du tribunal administratif,
14:44et que je veux vous livrer parce qu'elle est intéressante,
14:47la seule circonstance qu'un événement annoncé soit susceptible d'être l'occasion de troubles majeurs à l'ordre public
14:52n'est pas de nature à justifier, en toutes circonstances, une interdiction générale de manifester.
14:57Ce que nous dit le tribunal administratif,
14:59c'est que c'est à l'État, aux autorités, de prendre en charge cette réalité,
15:03d'autant plus quand l'autorité administrative dispose de moyens humains, matériels et juridiques
15:08de prévenir autrement les troubles en cause que par une telle interdiction.
15:11Donc autrement dit, oui, il faut protéger les commerces, éviter les pillages, éviter la casse,
15:18mais c'est à l'État de le prendre à charge.
15:19Je voudrais vous poser à tous une question naïve, sincèrement naïve.
15:22Pourquoi la France est sans doute le seul pays aujourd'hui
15:26où des cortèges se terminent régulièrement comme ils se terminent depuis plusieurs semaines ?
15:30C'est-à-dire par des affrontements et par des scènes de pillage.
15:34Est-ce qu'il y a chez les casseurs une violence qui n'existe pas chez certains de nos voisins
15:39?
15:39Est-ce que la politique de maintien de l'ordre en France n'est pas adaptée, n'est pas la
15:43bonne ?
15:43Expliquez-moi, et je précise vraiment que ma question n'est pas politique, qu'elle est naïve.
15:47Pourquoi ? Il y a eu des scènes, comme on a connu en France, à Milan ces derniers jours,
15:51mais uniquement à Milan.
15:52Il n'y a pas, à ma connaissance, dans toutes les villes d'Italie, régulièrement la même chose.
15:55Il n'y a pas les scènes après le PSG.
15:58Pourquoi on n'y arrive pas en France ?
16:00Sentiment d'impunité déjà, c'est certain.
16:02C'est-à-dire que quand on voit les groupes, les premiers, c'est-à-dire qui ont agi le
16:0717,
16:07vous savez, en début de cortège.
16:09D'habitude, ils agissent en fin de cortège, qui se constitue en black bloc,
16:12et là où il y a eu beaucoup de violence gauche, ultra-gauche.
16:16Ce sont des gens qui sont, comme le disait M. Oberdoff, des gens très organisés,
16:20et avec le sentiment qu'ils ne seront pas attrapés, qu'ils ne seront pas condamnés.
16:24Et ensuite, les pilleurs, qui sont venus se greffer, en fait, sur la brèche ouverte,
16:30par ces premiers casseurs, qui sont de gauche et d'ultra-gauche,
16:33les pilleurs, eux, étaient aussi dans un sentiment de totale impunité.
16:37– Mais pardon, mais ce n'est pas le cas en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Espagne ?
16:40– Peut-être que la justice est différente, mais aujourd'hui, ils se sont…
16:43– Mais vous trouvez que la justice n'est pas assez ferme ?
16:45– Je ne sais pas, je ne sais pas, j'essaie de réfléchir.
16:47Mais en tout cas, des jeunes qui pillent, qui volent dans les magasins,
16:50qui se prennent en vidéo, qui revendent directement,
16:54ce sont des gens qui considèrent que la réponse judiciaire
16:57ne sera peut-être pas à la hauteur de leurs actions.
17:00Sinon, ils ne le feraient pas.
17:02– Richard Caminade, il y a une spécificité française ?
17:05– Alors, de la violence ?
17:06– Oui.
17:07– Je ne crois pas.
17:08– Non ?
17:08– Je ne crois pas, parce que depuis, je rappelle que le phénomène Black Bloc
17:11est apparu en Allemagne.
17:13– Il a été importé.
17:14– Il a été importé.
17:15Il a été aussi présent lors du sommet de l'OMC,
17:18du sommet des Amériques, etc.
17:20Donc la violence, on n'a pas le monopole de la violence.
17:23La violence, je crois, elle engraine l'ensemble des pays,
17:27notamment pays occidentaux.
17:28Après, elle est traitée différemment dans les pays un peu moins démocratiques.
17:33Mais ce n'est pas le sujet.
17:34Donc en fait, c'est la combinaison de tout.
17:36La combinaison d'un sentiment d'exclusivité, d'un sentiment d'impunité,
17:40les réseaux sociaux, tout ceci combiné fait que…
17:43– Pardon, mais les réseaux sociaux, à ma connaissance,
17:46il y en a des deux côtés de la frontière aussi.
17:47– J'entends bien, mais si vous voulez, c'est un élément fédérateur
17:51qu'on retrouve depuis les Gilets jaunes.
17:54Parce qu'avant, on avait des manifestations
17:59dont l'autorisation était déposée à la mairie trois jours avant,
18:03avec des responsables, avec des horaires de début,
18:06des horaires de fin, des itinéraires, etc.
18:07Aujourd'hui, on a des manifestations sauvages,
18:09et chacun part un petit peu dans tous les sens.
18:11Et bien évidemment, c'est une aubaine que pour ces casseurs et pilleurs
18:16qui sont là uniquement, sans aucune revendication,
18:19que de profiter de l'hébergement, entre guillemets,
18:22d'un cortège pour commettre dans ces sections.
18:25– Roquette, est-ce que vous pensez que les manifestations
18:27peuvent continuer comme ça longtemps ?
18:29– Je pense que si on doit parler de spécificité française,
18:31il faut aussi parler de la manière dont on maintient l'ordre.
18:34C'est-à-dire que vous avez mentionné les Gilets jaunes,
18:36il y a eu énormément de manifestants qui ont été blessés,
18:38y compris parmi ceux qui ne présentaient pas de risque,
18:40qui n'avaient pas forcément mobilisé des formes de violence.
18:44C'est-à-dire que quand on regarde la France du point de vue
18:45de la presse étrangère pour laquelle je travaille régulièrement,
18:47le fait qu'autant de mineurs aient été blessés par les policiers,
18:50ça interpelle à l'extérieur.
18:51Et c'est une spécificité qui est suivie d'un discours
18:55où le ministre de l'Intérieur dit qu'il n'appelle pas les policiers à la retenue.
18:58Ça, ça pose quand même des questions.
19:00C'est-à-dire que quand le ministre de l'Intérieur dit
19:01qu'il n'a pas donné de consignes spécifiques de retenue
19:03après qu'un enfant ait été éborgné, qu'un autre ait perdu une main,
19:07vu de l'extérieur de la France, ça pose énormément de questions.
19:10Et c'est pareil, les stratégies, pour avoir beaucoup manifesté,
19:12j'ai l'impression qu'aujourd'hui on ne peut plus manifester
19:14sans recevoir des gaz lacrymogènes ou sans être nassé,
19:16parfois sans raison.
19:18C'est-à-dire que ça, c'est quelque chose qu'on ne connaissait pas il y a 15 ans.
19:20– Sur les comparaisons européennes et la possibilité d'une singularité française,
19:26sommes-nous plus violents que nos voisins ?
19:28Il faut quand même remettre les choses à leur place
19:30dans la mesure où les exemples qui sont souvent cités,
19:33par exemple l'Allemagne, où un certain nombre d'armements intermédiaires
19:36ne sont pas autorisés, ou nos voisins britanniques.
19:39Si on prend l'Allemagne, par exemple, en 2015,
19:42lors de l'inauguration du siège de la BCE à Francfort,
19:45alors certes, il n'y avait pas d'armement intermédiaire,
19:47mais il vous avait eu des affrontements extrêmement violents
19:50avec 200 blessés à l'époque, extrêmement violents,
19:52entre les forces de l'ordre allemandes et des collectifs contre le libéralisme
19:57et beaucoup plus radicaux pour certains d'entre eux,
19:59où c'était des scènes dignes du Moyen-Âge.
20:01Et effectivement, tout ça se faisait à coup de tonfa, de matraque.
20:03Il n'y avait pas d'armement intermédiaire, mais c'était extrêmement violent.
20:05Merci beaucoup à tous les cinq.
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