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00:00Et d'abord donc le choc ce soir en Normandie puisque c'est bien la piste d'un acte de
00:04malveillance qui est privilégié par les enquêteurs après le déraillement d'un TER.
00:08C'était hier soir une quarantaine de blessés.
00:11Mathéo Pasto, vous êtes à Cléon en Seine-Maritime où les enquêteurs ont donc découvert aujourd'hui ce rail, un
00:17rail qui semble avoir été utilisé pour faire dérailler le train.
00:22Alors oui, vous le disiez, la piste d'un acte de malveillance est privilégiée ici car un rail, un rail
00:27de près de 300 kg a été retrouvé sur les voies, ce qui pourrait donc expliquer le choc très violent.
00:34Il est 19h45 hier lorsque ce TER que vous voyez sur les images de Baptiste Deveau est lancé à près
00:41de 150 km heure.
00:42Il percute donc un objet sur la voie, le choc est très violent, la voiture de tête où se situe
00:48le conducteur est carrément projetée de l'autre côté de la voie.
00:52C'est ce que l'on voit à ce moment à l'antenne, l'acte de malveillance est pour l
00:55'heure privilégiée.
00:57Il faut bien comprendre que nous sommes ici à quelques centaines de mètres de la route, la voie ferrée est
01:01accessible à tout un chacun.
01:03Une vingtaine d'enquêteurs de la PJ de Rouen sont arrivés sur les lieux cet après-midi.
01:07Ils ont effectué des prélèvements, ont décortiqué cette scène pour tenter de comprendre comment un tel accident a pu se
01:14produire.
01:15La boîte noire du train a d'ailleurs été récupérée pour être analysée.
01:17Des analyses toxicologiques qui sont revenues négatives ont été faites hier sur le conducteur.
01:24Le bilan est de 44 BC sur les 186 passagers.
01:28Une jeune fille âgée de 18 ans était en urgence absolue.
01:31Son pronostic vital n'est plus engagé au moment où l'on se parle.
01:35Merci à vous Mathéo.
01:36Avec Baptiste Deveau, je précise qu'on sera dans quelques instants avec l'une des passagères de ce TER qui
01:41accepte de témoigner ce soir.
01:43Pour revenir sur ce qui s'est passé précisément hier soir en Normandie, j'ai le plaisir d'accueillir Ludovic
01:47Pingano.
01:47Bonsoir, vous êtes consultant gestion de crise à BFM TV.
01:50A vos côtés Gérard Felser.
01:52Bonsoir Gérard, ravi de vous retrouver.
01:54Consultant transport également à BFM.
01:56Jean-Pierre Colombias, bonsoir.
01:57Ancien commandant de la police judiciaire puisque c'est le temps de l'enquête désormais qui s'ouvre.
02:01Et Maxime Brunstater, journaliste police-justice, bonsoir à BFM TV.
02:06C'est clairement la piste criminelle ce soir qui tient la corde.
02:09C'est l'hypothèse principale.
02:12En tout cas, le procureur dit que l'hypothèse principale, c'est que ce rail posé sur un autre, sur
02:16un des rails de la voie, a provoqué le déraillement.
02:20Et des sources policières nous disent que c'est bien l'acte malveillant qui est privilégié.
02:24Pourquoi ? L'indice, les enquêteurs, ils l'ont vu tout de suite.
02:28C'est ce rail qui se trouve là, un endroit où il n'a pas de raison d'être.
02:32Donc c'est pour ça qu'on soupçonne un acte malveillant.
02:34En tout cas, que quelqu'un l'ait apporté sur cette voie, peut-être dans le but de le faire
02:40dérailler.
02:40Parce que pour faire dérailler un train, on va sans doute en parler après, mais il faut des objets particuliers.
02:45Il faut que ce soit un objet qui tienne le choc et un rail remplit totalement ces conditions.
02:50Après, acte malveillant, ce n'est qu'une piste privilégiée.
02:53Elle n'est pas définitive.
02:54Les enquêteurs continuent à suivre d'autres.
02:56Et à l'heure où on se parle, d'après nos sources, il n'y a aucun type de revendication
03:00qui n'a été trouvée.
03:02Information importante, priorité, je vous le disais, au témoignage ce soir, puisque nous sommes en ligne avec Laura.
03:07Merci beaucoup d'être avec nous ce soir.
03:09Vous étiez hier soir dans ce TER.
03:11Je crois même que vous étiez dans le tout premier wagon.
03:13Vous sortez tout juste, on le voit à l'image de l'hôpital où vous avez été blessée.
03:18Est-ce que vous pouvez tout simplement nous raconter ce que vous avez vécu hier soir ?
03:23En fait, on était sur les rails.
03:26Tout se passait très bien.
03:27Mais d'un coup, il y a commencé à avoir énormément de secours.
03:30Moi, je pensais que c'était juste un changement de voie.
03:32C'est que mon baguette s'est décroché.
03:34On a été projeté.
03:37Et mon baguette s'est retrouvé couché.
03:39Donc les gens et les balises ont trouvé sur nous.
03:42Et ça n'a duré que quelques secondes.
03:44Mais c'était absolument horrible.
03:46On a réussi à sortir par une des fenêtres.
03:47Et après, on n'était plus en charge super vite par les services de secours.
03:52Vous avez compris tout de suite ce qui était en train de se passer ?
03:54Ou dans le moment, il y a surtout un instinct de survie ?
03:57Comment ça s'est passé ?
04:00Alors moi, je sais que j'ai été prise par l'adrénaline parce que je n'ai pas eu le
04:04temps de crier.
04:05Je sais juste que j'ai pleuré.
04:06Et j'ai juste attendu de sortir du train.
04:09Je me suis évanouie juste après.
04:12Vous êtes évanouie, donc juste à côté des rails, juste après, une fois sortie du train, c'est ça ?
04:17Oui, on a traversé les quelques mètres de bois qu'il y avait et ils se tombaient par terre.
04:22Comment étaient les autres passagers au moment de l'accident ?
04:26Et une fois sortis du train, il y a eu des moments de panique, des moments de stupéfaction ?
04:31Oui, les gens qui étaient dans mon wagon appelaient leurs parents.
04:34Ils étaient en fleurs, en sang.
04:36On a tous évacués.
04:37Après, on s'est tous assis par terre en attendant les secours.
04:40et on n'était plus en charge.
04:42Après, ça allait relativement mieux.
04:44Ils étaient en état de choc.
04:46Est-ce qu'il y avait eu un message du conducteur dans les secondes qui ont procédé le choc
04:52ou il n'y a absolument rien qui vous laissait penser qu'il fallait être encore plus vigilante à ce
04:56moment-là ?
04:57Non, absolument rien du tout.
04:59Ça s'est passé.
05:00Une fraction de seconde, on a été projeté.
05:01On n'a eu aucun message d'alerte.
05:06Projeter sur le bord du wagon, ça a été extrêmement violent ?
05:10Oui, oui, j'ai du bien réclinauté.
05:12Quand c'était vite, ils se sont brisés.
05:14J'ai eu du verre sur le visage, dans les cheveux.
05:17Et encore, moi, j'ai eu beaucoup de chance.
05:19Vous avez pu parler aux autres passagers de ce wagon ?
05:23Oui, oui, je suis restée avec trois filles, dont une qui est passée semaine sur téléphone.
05:29On ne s'est pas lâchée du tout parce qu'on était toutes les trois en panique.
05:32On n'avait plus de batterie, donc on est resté soudés.
05:35Vous avez pris de l'heure nouvelle aujourd'hui ?
05:37Oui, oui.
05:39Comment allez-vous, vous ?
05:41Il y a ce qu'on voit, cette minerve qu'on voit là, autour de votre cou.
05:45Comment vous êtes quasiment 24 heures après ?
05:48Je suis encore en état de choc.
05:50J'ai mal partout et psychologiquement, je ne fais que pleurer.
05:54Et dès que je m'assume, il ne se reste un peu.
05:56J'ai des flashbacks, tu dis ce qui s'est passé hier.
05:58Mais en fait, je n'arrive pas à y croire.
06:00C'est fou.
06:02Je n'arrive pas à y croire.
06:03Effectivement, on vous comprend.
06:05On a appris aujourd'hui que c'était donc la piste d'un acte de malveillance,
06:10puisqu'un rail a été retrouvé sur les lieux du déraillement.
06:14Comment vous réagissez à ça ?
06:17Je ne comprends pas, je suis désirée,
06:18parce que peu importe ce qu'ils revendiquent,
06:20en fait, ils ont mis la vie d'une centaine de personnes en danger.
06:24Dieu merci, il n'y a pas eu de mort,
06:25mais c'est incompréhensible.
06:28Je ne vois pas comment on peut faire ça.
06:31Il n'y a rien qui vous permet d'expliquer, évidemment, un geste comme celui-ci.
06:35Non, mais quoi qu'il en soit, cette semaine,
06:37je ne porterai pas de contrôle,
06:39parce que je ne peux pas laisser passer quelque chose comme ça.
06:42Oui.
06:44On entend ce que vous dites,
06:45et on entend que vous êtes encore, Laura, sous le choc.
06:49Ce soir, vous vous protégez un peu de tout ça ?
06:52Vous êtes accompagnée ?
06:53Comment vous vivez aujourd'hui ?
06:55Aujourd'hui, je suis chez les parents de mon copain
06:57qui m'aident à tenir du coup.
06:59J'ai une psychologue aussi qui est derrière moi,
07:01puisque j'ai besoin.
07:03Je ne peux pas rester toute seule dans cette situation.
07:05Oui, évidemment, ne pas rester toute seule dans cette situation.
07:08Lezik Pinganou voulait dire peut-être un mot à Laura,
07:11dont on entend le témoignage,
07:12et on entend qu'elle est encore sous le choc ce soir, évidemment.
07:15Oui, bonjour Laura.
07:16Moi, je suis un ancien sapeur-pompier,
07:18et je suis intervenu sur des opérations particulièrement graves.
07:23Tout d'abord, je pense que vous mesurez
07:25le fait que ce bilan aurait pu être beaucoup, beaucoup plus grave.
07:29Dans votre malheur,
07:31vous avez eu finalement de la chance,
07:34mais on parle beaucoup, vous savez,
07:36des blessés graves, des blessés légers,
07:38et je crois qu'il faut qu'on entende aussi,
07:40au travers de ces témoignages,
07:41le choc psychologique que ce type d'accident peut générer.
07:47Et vous l'exprimez très bien, Laura,
07:49en disant, voilà, moi, aujourd'hui, c'est difficile,
07:51je pleure beaucoup,
07:53j'ai besoin d'être accompagné,
07:54et je pense qu'il faut parler,
07:56il faut échanger,
07:57et il faut se faire aider.
07:59Et le témoignage que vous venez de nous donner
08:01en disant, je me fais aider,
08:03c'est déjà quelque chose de très important
08:05pour toutes les autres personnes qui sont dans le train,
08:07celles qui ont été blessées,
08:08mais également celles qu'on pense ne pas être blessées,
08:11mais qui ont été très marquées,
08:12et qui seront encore très marquées psychologiquement
08:14pendant très longtemps.
08:16Moi, je n'ai pas de questions à vous poser, Laura,
08:17seulement vous souhaitez beaucoup, beaucoup de courage
08:21pour la suite.
08:21Jean-Pierre Connovias,
08:24un mot sur Laura,
08:25et à Laura,
08:26si vous le permettez,
08:27qui a accepté,
08:28et qui a eu beaucoup de courage ce soir pour témoigner.
08:30Malheureusement pour elle,
08:31je ne suis pas psychologue,
08:32mais je pense qu'il ne faut pas
08:33qu'elle se laisse abattre,
08:35en tout cas,
08:35elle s'en est sortie vivante,
08:36il faut voir le positif,
08:37on dit souvent,
08:38il faut voir le verre à moitié vide
08:39ou à moitié plein,
08:40elle s'en est sortie vivante,
08:42qu'il y ait des séquelles immédiates,
08:44c'est tout à fait probable,
08:46et il faudra,
08:47en tout état de cause,
08:48les surmonter,
08:49faire preuve de résilience.
08:50Donc si j'ai un message à faire passer,
08:52c'est celui-là,
08:53c'est la résilience,
08:53tout simplement.
08:54Merci beaucoup.
08:55Ça aurait pu être beaucoup plus grave.
08:56Merci beaucoup Laura
08:57d'avoir pris quelques minutes
08:57pour être avec nous ce soir.
08:58Je retiens aussi ce que vous avez dit,
09:00plein de contrics,
09:00ce que vous allez déposer,
09:01vous ne serez sans doute pas la seule
09:02cette semaine.
09:03Merci,
09:04bon courage à vous.
09:05Laura,
09:06je reviens à cette image,
09:07celle de ce rail
09:08qu'on a donc découvert
09:09et que les enquêteurs ont découvert
09:10aujourd'hui,
09:10le long de cette voie ferrée.
09:12Le rail qui pèse combien,
09:14on le sait aujourd'hui ?
09:15Plusieurs centaines de kilos,
09:16ça dépend de sa taille,
09:17et on ne voit pas exactement.
09:18On me disait que c'est à peu près
09:2050 km au mètre,
09:21un rail comme ça.
09:22Il a l'air similaire
09:23au rail de la SNCF.
09:25Après,
09:25il faudra quand même confirmer
09:26que c'est un rail de la SNCF.
09:28Et là,
09:28ce que vous voyez,
09:29c'est important,
09:29cette photo qui a circulé
09:30sur les réseaux sociaux,
09:31c'est après l'accident.
09:33Authentifié,
09:34je précise.
09:35Ce qu'on a authentifié
09:36exactement grâce à nos sources,
09:37c'est après l'accident,
09:38c'est là où il se trouve après.
09:40Le procureur,
09:40lui,
09:40semble dire qu'il était
09:42sur l'un des deux rails.
09:43Pardon,
09:43je pose une question.
09:44C'est normal qu'il ne soit pas tordu ?
09:47Oui.
09:48C'est difficile à dire.
09:50Il va falloir faire parler ce rail.
09:52Après,
09:53c'est un objet
09:54que disaient
09:54des sources policières.
09:55C'est l'un des objets
09:57qui est assez solide
09:57pour ne pas se briser
09:59quand le train arrive.
10:00Et c'est ça
10:00qui peut causer le déraillement.
10:03Jean-Pierre Colombias.
10:05Oui, peut-être.
10:05Moi,
10:05je voulais juste réagir.
10:06Déjà,
10:06dans le cas de l'enquête,
10:08déjà,
10:08on verra si ce rail
10:09a subi un choc particulier.
10:10Peut-être qu'il n'est pas tordu.
10:11Mais en tout cas,
10:12il y aura,
10:12j'imagine,
10:13des traces de choc sur le rail,
10:14mais des traces de choc également
10:16sur les bougies,
10:17donc sur les roues du train.
10:19Une chose est certaine,
10:20c'est que ce rail,
10:21a priori,
10:22n'a rien à faire là.
10:23Il existe,
10:23ce qu'on appelle,
10:24autour des rails,
10:25ce qu'on appelle
10:25une zone de danger
10:26en fonction de la vitesse
10:27de circulation des trains.
10:28Sur les trains TER
10:29qui circulent
10:30en moyenne
10:31entre 100 et 160 km heure,
10:32cette distance de danger,
10:33elle est d'un mètre 50
10:34de part et d'autre des rails.
10:35Qu'est-ce que ça veut dire ?
10:36Ça veut dire qu'on a en fait
10:37une zone
10:38qui doit être libre
10:39de tout objet
10:40et de toute personne,
10:42éviter tous les effets de souffle
10:43et éviter que des objets extérieurs
10:45viennent percuter le train
10:47et générer des accidents.
10:48Donc en l'occurrence,
10:49ça, ça reste un point important.
10:50Ce train est circulé
10:51en ligne droite,
10:52il n'y a pas d'aiguillage,
10:53il n'y a pas de virage,
10:55donc forcément,
10:56il va falloir chercher
10:56une cause extérieure,
10:58même si la cause accidentelle
10:59et la défaillance technique
11:00n'est pas écartée complètement.
11:02Je salue Fabien Villieu
11:03qui est en ligne avec nous,
11:04secrétaire confédéral
11:05du syndicat Sudrail
11:06qui est également,
11:06bonsoir M. Villieu,
11:08conducteur de train.
11:09La présence de ce rail
11:10sur les lieux
11:12du déraillement du train,
11:13pour vous,
11:14c'est la preuve
11:14que c'est effectivement
11:16un acte de malveillance ?
11:18Écoutez,
11:19on va voir ce que va dire l'enquête,
11:20mais d'abord,
11:21je voudrais dire la première chose.
11:22On est passé à côté
11:23d'une catastrophe
11:24qui aurait pu être
11:25bien plus grave,
11:26parce que là,
11:27pour l'instant,
11:27il n'y a pas de mort
11:28et le train s'est couché,
11:30une partie du train s'est couché
11:31et quand le train se couche,
11:33c'est là où vous pouvez avoir des morts.
11:35On a évidemment une catastrophe,
11:36mais on est passé à côté
11:37d'une catastrophe
11:38qui aurait pu être
11:39bien plus grave.
11:40Après,
11:40les éléments qu'on a,
11:41que j'ai à mon niveau,
11:43je ne suis pas enquêteur,
11:44mais la seule chose
11:45que je peux vous dire,
11:45c'est qu'un,
11:46ce n'était pas une zone de travaux.
11:48Deux,
11:49une heure avant,
11:50un train était passé
11:51exactement au même endroit.
11:52Et trois,
11:53il y a un rail de 7 mètres
11:55qui pèse plus de 300 kg.
11:57Je peux vous dire
11:58que 300 kg,
11:59les rails sauteurs,
12:00ça n'existe pas.
12:01Donc,
12:01il y a bien quelqu'un
12:03qui a mis,
12:04et à mon avis,
12:05pour mettre un rail
12:06de 300 kg
12:07à bout de bras,
12:08il faut au moins
12:09une dizaine de personnes
12:10qui ont mis ce rail
12:12sur les voies.
12:13Voilà.
12:13Ça,
12:14c'est les éléments factuels
12:15qu'on a.
12:16Pas de zone de travaux,
12:17un train qui est passé
12:18une heure avant
12:18exactement au même endroit,
12:21et un rail
12:22qui se retrouve
12:23sur un autre rail.
12:24Et ça,
12:24les rails sauteurs,
12:25ni ça tombe du ciel,
12:26ni ça saute.
12:27Effectivement,
12:28ça n'existe pas.
12:31Est-ce que vous aviez
12:32déjà connu ça ?
12:33Est-ce qu'il y a
12:33des précédents en France
12:34d'actes volontaires
12:35de rails posés
12:35sur les rails ?
12:38Ce qui peut arriver,
12:39c'est du ballast.
12:40Voilà.
12:40Ça,
12:42les ados,
12:42ça les fait beaucoup rire,
12:43de mettre du ballast.
12:44Le ballast,
12:44c'est les cailloux.
12:45Ça,
12:46ça arrive assez régulièrement.
12:48Il peut y avoir
12:48même des voitures.
12:50Quelquefois,
12:50il y a eu même
12:50des voitures posées
12:52sur le passage à niveau,
12:53voilà,
12:53avec personne à l'intérieur.
12:55Par contre,
12:56un rail comme ça,
12:57parce qu'encore une fois,
12:59300 kilos,
13:00vous ne le faites pas à deux.
13:01Vous ne le faites même pas à trois.
13:03Il faut être au moins
13:04une dizaine de personnes.
13:05Si vous êtes outillé,
13:07espèce de crochet,
13:09les copains de l'infra,
13:10ils sont outillés.
13:11Quand ils sont outillés,
13:12il faut être six.
13:13Six pour soulever
13:15un rail de 300 kilos.
13:17Donc,
13:17si vous n'êtes pas outillé,
13:18il faut être au moins
13:18une dizaine.
13:19Voilà.
13:20Donc,
13:21vous imaginez bien
13:22que ça ne s'organise pas,
13:23ça ne se fait pas comme ça
13:24régulièrement.
13:25Des actes comme ça,
13:26à ma connaissance,
13:26on n'en a jamais connu à la SNCF.
13:29Merci beaucoup.
13:30Merci à vous,
13:30Fabien Vildieu.
13:31Pas une zone de travaux,
13:32dit Fabien Vildieu.
13:33Un train passé une heure avant
13:34qui n'a rien vu.
13:36Un rail qui pèse 300 kilos,
13:37ça confirme la thèse
13:40d'un groupe,
13:40d'un commando possible ?
13:41C'était l'idée
13:42que je me posais,
13:44à vrai dire.
13:44Et cette personne
13:45y a répondu.
13:46Il y avait peut-être
13:47l'hypothèse
13:47d'une erreur de manipulation
13:50au cours de travaux
13:51d'entretien.
13:51s'est écartée,
13:53clairement s'est écartée.
13:54Donc on en revient,
13:55et c'était l'action
13:55que je me posais
13:56à l'acte volontaire.
13:58Après,
13:58deux questions.
13:59Est-ce qu'il y a
14:00une volonté politique ?
14:01Peut-être une arrière-pensée
14:02ou juste l'idée
14:04d'une performance,
14:05entre guillemets,
14:06de quelques copains
14:07qui se sont dit,
14:08tiens,
14:08on va essayer de se marrer,
14:10de provoquer une catastrophe
14:11et de la filmer,
14:11pourquoi pas ?
14:12Et c'est là où
14:12on peut,
14:13au niveau de l'enquête,
14:14surveiller attentivement,
14:15par exemple,
14:16les réseaux,
14:16tous les réseaux sociaux
14:18de part et d'autre,
14:19parce qu'on ne peut pas
14:20exclure l'hypothèse
14:21d'un acte purement gratuit,
14:24d'esprit purement reptilien
14:26qui se serait amusé
14:27à tenter de provoquer
14:28une catastrophe,
14:29quelque chose
14:29de vraiment cataclysmique
14:31et de s'en vanter
14:32par la suite.
14:33Je suis assez optimiste
14:34sur l'enquête
14:34parce qu'effectivement,
14:35comme ça vient d'être dit,
14:36on ne peut pas faire ça
14:36à deux ou à trois,
14:38300 kilos.
14:38Donc on laisse des traces ?
14:39On laisse des traces,
14:40en tout cas,
14:41je ne suis pas le fait
14:43qu'on en parle
14:43et que ça se sache
14:44parce que voilà,
14:45c'est un événement
14:46qui est un sur-événement,
14:47il y a un choc psychologique,
14:49clairement.
14:50Si c'est ce que je crois,
14:52on n'a peut-être pas affaire
14:53et je l'espère
14:54à des voyous
14:55de très très grande envergure
14:57parce que soit ça l'est
14:58et il y aura des revendications,
15:00il y aura quelque chose.
15:00Pardon,
15:01la dernière fois
15:01qu'on a dit ça,
15:02c'était le Louvre.
15:02On n'a pas encore
15:03retrouvé les bijoux.
15:05C'est un parallèle
15:06mais on ne retrouve pas toujours.
15:08Et sur les rails,
15:09les sabotages des TGV
15:10avant les Jeux Olympiques
15:10où d'après nos informations,
15:11on n'a toujours
15:12à faire plus les personnes.
15:13Oui, mais il y avait
15:13une arrière-pensée sociale
15:14aussi quelque part
15:15de saboter un événement
15:16lié à quelque chose
15:17qui...
15:17Oui, mais il n'empêche
15:18que l'enquête est compliquée
15:19et aujourd'hui...
15:20Là, on s'attaque
15:21à des gens
15:21qui vont bosser
15:22tout simplement.
15:23Gérard Felzer,
15:24l'enquête,
15:25la police technique
15:26aujourd'hui est sur place.
15:26Elle est toujours sur place
15:27d'ailleurs sur les lieux
15:29du déraillement.
15:30Sur quoi elle va se concentrer
15:31aujourd'hui ?
15:33Le BATT,
15:34le transport terrestre,
15:35le bureau enquête analyse,
15:36devra,
15:37c'est son rôle en tous les cas,
15:38faire des recommandations
15:39pour pas que ça arrive de nouveau.
15:41Mais alors,
15:42le pire est toujours devant nous.
15:43C'est terrible
15:44parce que comment on aurait pu penser
15:47que quelqu'un
15:48volontairement
15:48fasse dérailler un train ?
15:50C'est complètement inédit.
15:51Mais c'est dans tous
15:52les moyens de transport,
15:53c'est la même chose.
15:54Moi-même,
15:54quand j'étais commandant de bord,
15:56il y a un passager
15:56qui m'a coupé mes quatre moteurs
15:57qui voulait se suicider
15:58avec tout l'avion.
16:00Impensable.
16:01On n'y avait jamais pensé avant.
16:02Mais on a quand même
16:03proposé des formations
16:05spécifiques à ce genre d'incident.
16:06Je pense qu'il va falloir
16:07faire la même chose pour ça.
16:08Mais là,
16:09on n'est pas sûr
16:09que le conducteur a eu le temps
16:10tout simplement
16:10d'appuyer sur un bouton.
16:12D'après ce qu'on a vu
16:14des témoignages,
16:15juste avant l'accident,
16:16il y avait des vibrations
16:17assez importantes.
16:18Donc,
16:20probablement,
16:20il n'a pas eu le temps,
16:21mais c'est vrai
16:22qu'un train
16:24qui pèse en gros
16:26200 à 300 tonnes
16:27à 150 km heure,
16:29il lui faut un kilomètre
16:30pour s'arrêter
16:30en freinage du freinage.
16:32On peut freiner,
16:33avoir un choc
16:34un peu moins fort,
16:35mais un kilomètre
16:36pour s'arrêter
16:36sur un train...
16:37Hier soir,
16:38il roulait à quelle vitesse ?
16:39Oui.
16:40On sait à quelle vitesse
16:41s'il roulait ?
16:41Oui,
16:42je crois que c'est 150 ou 100...
16:44dans ces zoos-là.
16:44Les vitesses de TER,
16:45en tout cas,
16:46c'est entre 100 et 160 km heure
16:47en fonction des voies.
16:49Et là,
16:49effectivement,
16:49il semblerait que c'était
16:50un train qui circulait
16:51aux alentours de 140 km heure.
16:52Peut-être un point
16:53qui ira à compléter,
16:55c'est que les trains
16:56disposent également
16:57d'une boîte noire,
16:58si j'ai bien compris,
16:59qui devrait pouvoir également
17:00apporter des informations
17:01importantes
17:01sur les circonstances
17:03de l'accident.
17:04Donc,
17:04Maxime le confirme,
17:06elle va être allé étudier
17:07et elle va également
17:08servir à l'enquête.
17:10On est avec Bernard Aubin,
17:11ancien ingénieur
17:12transport et exploitation
17:13à la SNCF.
17:14Bonsoir,
17:14M. Aubin.
17:15Quand on vous a contacté
17:16un peu plus tôt
17:17dans la journée,
17:18vous nous avez dit
17:19qu'il faut rester prudent
17:20sur l'origine
17:21de ce déraillement.
17:22Est-ce que vous dites
17:22ce soir la même chose encore
17:24avec ce qu'on vient d'entendre,
17:25c'est-à-dire
17:25un rail de 300 kg
17:27dans une zone
17:28où il n'y avait pas de travaux
17:29et un train
17:30qui était passé une heure avant ?
17:32Oui,
17:32il faut toujours être prudent.
17:34L'expérience en termes d'accident
17:37m'a moi-même invité
17:38à être extrêmement prudent
17:39parce que les causes
17:41de déraillement
17:41peuvent être multiples.
17:43Alors,
17:43il y a effectivement ce soir
17:44une cause
17:45qui est privilégiée.
17:47Ce rail,
17:48comment est-il apparu
17:49au milieu des voies ?
17:51On peut très bien imaginer
17:52qu'il y ait eu
17:53des travaux d'entretien
17:54quelques jours auparavant
17:56qui ont conduit
17:56la SNCF
17:57à découper un tronçon de rail,
17:59à laisser l'ancien tronçon
18:00sur place
18:01remplacé par un rail neuf
18:03parce qu'on n'imagine pas
18:05faire des kilomètres
18:06et des kilomètres
18:07avec à bout de bois
18:09un rail de 300 kilos.
18:11Donc,
18:11ce qui interpelle aussi,
18:13c'est la connaissance
18:15parce que les personnes
18:16qui ont commis
18:17ce méfait
18:18qui n'est pas un acte
18:20de malveillance,
18:20qui est un acte criminel,
18:22je pense qu'il faut appeler
18:23les choses par leur nom,
18:26ces gens-là,
18:28ils savaient pertinemment
18:29le cas échéant
18:30que le rail était en place,
18:31ils se sont sans doute
18:33renseignés aussi
18:34sur la circulation
18:35des trains,
18:36ils ont pris
18:37le matériel nécessaire
18:39pour soulever le rail
18:40parce que ce n'est pas
18:41avec une paire de gants
18:42qu'on soulève un rail.
18:43Une autre chose
18:44qui interpelle aussi,
18:46c'est qu'en fonction,
18:47et je ne rentrerai pas
18:48plus en avant
18:48dans les détails,
18:49mais en fonction
18:50du positionnement
18:51de cet obstacle
18:52dans les voies,
18:53ça aurait pu,
18:54au contraire,
18:55empêcher le déraillement.
18:57Je n'en dirai pas plus,
18:58mais il faut aussi savoir
19:00que c'était peut-être
19:02contre-intuitif
19:04de placer comme ils l'ont placé
19:06de manière à ce que
19:06les installations de sécurité
19:07ne le détectent pas
19:09et que le déraillement
19:10puisse avoir lieu.
19:11Donc il y a quand même
19:12une planification,
19:13il y a quand même
19:14une réflexion derrière tout ça.
19:16Pardon Bernard Robin,
19:17je vous ai interrompu,
19:17vous nous dites que
19:19ce rail aurait pu être détecté
19:21par les services de sécurité
19:22de la SNCF ?
19:22Quand on pose un rail
19:24sur les deux,
19:25ça crée quelque chose,
19:26ça allume un bouton rouge
19:28quelque part ?
19:28Alors, vous comprendrez
19:31que je ne vais pas rentrer
19:32trop dans les détails
19:33parce que je ne vais pas
19:34donner le mode d'emploi
19:36à des gens
19:36pour bien disposer
19:39des éléments
19:40qui peuvent compromettre
19:41la sécurité.
19:42Mais dans certains cas,
19:44il arrive qu'un obstacle
19:45provoque par lui-même,
19:46par sa présence elle-même,
19:49l'arrêt des circulations
19:51et ça n'a pas été le cas.
19:52Donc ça m'interpelle aussi
19:53et je me dis
19:54est-ce que ces gens-là
19:55sont vraiment bien renseignés
19:57sur les systèmes de sécurité,
19:59sur les systèmes de fonctionnement
20:01parce que quand on amalgame
20:02tous ces éléments
20:03entre le passage des trains,
20:06entre le déplacement de ce rail,
20:08entre le positionnement du rail,
20:09ça fait quand même
20:10pas mal d'éléments
20:11qui interpellent.
20:13Merci beaucoup Bernard Aubin.
20:15Merci à vous d'avoir été en direct
20:16avec nous.
20:17C'est intéressant ce que dit M. Aubin.
20:19Je voudrais d'un mot
20:19qu'on revienne sur ce qui se passe maintenant.
20:21Sur place,
20:21on a parlé de la boîte noire du train
20:22qui est en cours d'examen.
20:24L'enquête,
20:25elle va se dérouler
20:25à la fois le long
20:27de cette voie ferrée
20:28et aussi, sans doute,
20:29à l'heure où on se parle,
20:30auprès des passagers,
20:31auprès des gens
20:31qui habitent à côté.
20:32Oui, bien sûr, oui.
20:33Au niveau des abords immédiats,
20:35ça a été dit
20:37et répété à juste titre,
20:38on ne peut pas manipuler ça
20:39comme ça.
20:39Il faut être plus sûr.
20:42Il n'est pas à exclure,
20:43et je pense que les enquêteurs
20:44n'ont pas besoin de moi
20:45pour leur suggérer,
20:46d'imaginer que dans le voisinage,
20:49on ait repéré
20:49quelques individus
20:51qui n'ont pas l'habitude
20:52d'être là,
20:53se rassembler,
20:53se diriger vers les voies
20:54et peut-être même
20:55être équipés de ce qu'il faut
20:56pour le déplacer.
20:57Parce que,
20:58si j'ai bien entendu,
21:00le rail était sur l'autre rail.
21:02C'est bien ça ?
21:03Le procureur dit
21:04qu'il était sur l'un des deux rails
21:07et pour décrire rapidement les lieux,
21:09c'est à côté de la départementale 7,
21:11d'une route,
21:11qui se trouve à 50 mètres,
21:13il y a une forêt entre les deux,
21:14il y a un léger parking à côté,
21:16c'est juste après un passage à niveau.
21:17Et si j'ai bien compris
21:18ce qu'a dit Encreux M. Aubin
21:19il y a quelques minutes,
21:20s'il avait été posé sur les deux rails,
21:22peut-être qu'un dispositif de sécurité
21:24se serait déclenché.
21:25Ce qui exclut en tout cas
21:26l'hypothèse de travaux préalables
21:28qui auraient expliqué
21:29qu'il était laissé là par hasard.
21:31Si j'ai bien compris,
21:33ça l'exclut.
21:33Et les travaux ont lieu la nuit,
21:35donc s'il y avait eu une erreur de commise
21:37lors des travaux...
22:04on va dire 250 000 blessés.
22:07Je ne parle que des blessés,
22:07pas des morts,
22:08on ne fait pas de statistiques.
22:09Un mort, c'est un mort de trop.
22:11Donc ça prouve,
22:12dans le même temps,
22:14on a l'automobile,
22:15les routes,
22:16et bien c'est considérable.
22:19Et pour le ferroviaire,
22:20et bien c'est moins de 50 ou 60.
22:22Donc entre 60 et 235 000,
22:25on voit que c'est quand même
22:26le mode de transport
22:27le plus sûr du monde.
22:29Merci beaucoup à tous les quatre.
22:31Je vous rappelle donc le dernier bilan,
22:3244 blessés,
22:33et très clairement la piste
22:34d'un acte criminel,
22:35d'un acte de malveillance,
22:36d'un acte criminel,
22:37avec ce rail qui a probablement
22:39été donc déposé
22:40et qui a causé
22:41le déraillement de ce train hier soir.
22:43On va revenir tout à l'heure
22:44sur l'enquête.
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