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  • il y a 15 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Bienvenue dans BFM, grand soir nous allons continuer à parler évidemment de la mobilisation des lycéens.
00:05Quelle suite au mouvement peut-il échapper à la violence ?
00:09Il y a encore beaucoup de réactions ce soir et des témoignages aussi très forts qui nous parviennent
00:14et qui illustrent la violence extrême qui a accompagné cette contestation des lycéens.
00:21Un témoignage notamment, celui de cette femme à Marseille.
00:25C'est un témoignage exclusif recueilli par les équipes de BFM TV, Anne Boisiz et Arnaud Delerre.
00:32Cette femme hier à Marseille a donc été blessée au niveau du visage par un spray enflammé
00:39alors qu'elle tentait d'empêcher un groupe de jeunes de dégrader un abribus.
00:45Ça s'est passé dans le 13e arrondissement à proximité d'un lycée.
00:49Son témoignage est très fort et il en dit long aussi sur ce qui s'est passé ces dernières heures.
00:54Écoutez et on en parle ensuite.
00:56Moi je suis auxiliaire de vie donc je sortais, le papy m'a envoyé faire deux courses à Super U.
01:03J'étais à l'arribus parce que bon je travaille beaucoup, je fais tout à pied.
01:07Donc là je me suis dit je monte avec le bus, on était à l'arribus, il y avait un
01:10couple de personnes âgées aussi,
01:12il y avait une autre personne avec moi.
01:14On entendait crier, ça avait commencé très tôt.
01:18Et après d'un coup je vois derrière moi qu'il y a un mouvement, il y a des petits
01:25jeunes qui arrivent, un mouvement de foule et tout.
01:28Et c'est là où tout a commencé.
01:32Et c'est là où tout a commencé, qu'est-ce qui s'est passé ?
01:36En premier j'ai vu des jeunes filles venir vers la barrière qui était collée à l'arribus.
01:45Elles l'ont prise et elles ont dit on va casser l'arribus et après on va casser, je pense
01:50qu'elle parlait de la glace ou du restaurant à côté.
01:54Et j'ai entendu, j'ai dit avec la dame qui était à côté de moi, j'ai dit elles
01:56sont sérieuses.
01:58Et j'ai fait le tour, je leur ai parlé, j'ai dit mais qu'est-ce que vous faites
02:01? Vous n'allez rien casser du tout.
02:02J'ai dit allez manifester, il faut marcher.
02:04J'ai dit vous ne cassez rien, vous ne voyez pas qu'il y a du monde, vous ne voyez
02:07pas qu'on attend le bus, on travaille.
02:09J'ai dit, j'ai essayé de leur parler parce qu'elles n'ont pas paru violentes au début, elles
02:14avaient leur tenue.
02:17Et puis c'est arrivé tellement vite en fait.
02:19Il y en a quand même, elles écoutaient, elles ont dit oui c'est vrai, on va manifester.
02:23Et puis il y a un groupe qui tenait la barrière, qui m'enfonçait dessus, elles m'enfonçaient dessus.
02:29Et c'est là où j'ai retenu la barrière, d'ailleurs je me suis baissée.
02:32Et après j'ai eu l'impression que ça s'est enchaîné.
02:35Elles ont continué, je poussais, elles m'ont poussée, il y a quelqu'un qui m'a grippée.
02:39Et c'est là où j'ai vu quelqu'un avancer vers moi et j'ai senti une forte chaleur
02:44sur mon visage.
02:45Mais je ne pensais pas, je ne pensais pas que ça allait en arriver là.
02:47Je ne m'attendais pas à une telle violence, je ne m'attendais pas.
02:51Je pensais me faire bousculer, j'ai vu qu'elles dégageaient, sinon vous allez vous prendre les vitres.
02:57C'est-à-dire, et puis elles m'ont poussée, elles ont commencé à taper la vitre avec la barrière.
03:01Comme elles n'avaient pas assez de force, elles ne s'étaient pas cassées.
03:03Donc elles voulaient que ça se casse sur moi.
03:04Mais je leur ai dit, mais arrêtez vos conneries, arrêtez-vous.
03:09J'essayais de leur parler.
03:10Je pensais vraiment qu'à un moment, parce que j'avais vu une ou deux qui avaient reculé.
03:15Mais après, ça s'est enchaîné, je pense.
03:17Quand ça a chauffé comme ça, l'autre gars, il est venu derrière.
03:21Je ne m'attendais vraiment pas à des gamins qui soient si violents,
03:24parce que j'ai revu les images après et c'était terrible de voir.
03:29Heureusement, je n'ai pas la gravité des images de séquelles sur mon visage.
03:33Mais de voir un gamin qu'on ne connaît pas, avec qui on parlait normalement,
03:39qui vous vise délibérément au visage.
03:40Il n'a pas visé les habits, il n'a pas visé les jambes.
03:44Il m'a visé au visage.
03:45Quand je le vois qu'il me vise au visage, je me dis, pourquoi ?
03:49Pourquoi ?
03:50La journée de jeudi, je l'ai passée à faire les commissariats,
03:54à essayer de porter plainte.
03:55Parce que j'ai été prise en charge par les pompiers.
03:59Les hôpitaux étaient débordés.
04:00Ils m'ont amenée vite au centre médical de la Corderie.
04:03J'ai été prise en charge là-bas, ils ont été super.
04:06Ils m'ont fait les premiers soins.
04:07Grâce à la pommade où tu le grailles, ça a désenflé.
04:11C'est pour ça que j'ai moins de traces.
04:13Et après, j'ai vite voulu aller porter plainte.
04:15Je ne voulais pas laisser passer.
04:18Malheureusement, tous les commissariats étaient débordés.
04:21Il n'y avait pas d'agents.
04:23Et c'est après, je suis rentrée chez moi le soir.
04:27Bien sûr, j'étais encore sous le choc, je tremblais.
04:29Et c'est dans la nuit, on m'a envoyé les images.
04:31Le lendemain matin, en me réveillant.
04:33Et c'est là où j'ai éclaté.
04:36J'ai tremblé.
04:37J'ai commencé à pleurer, à pleurer en regardant les images.
04:40Voilà pour ce témoignage exclusif, très fort, recueilli par Anne Boisiz et Arnaud Delerre à Marseille.
04:46On va en parler avec nos invités.
04:47Stéphane Troussel, bonsoir.
04:48Bonsoir.
04:49Président du département de la Seine-Saint-Denis et porte-parole du Parti Socialiste.
04:53Jérôme Riménez, bonsoir.
04:55Bonsoir.
04:55Délégué du syndicat Alliance Police Nationale.
04:57Nous sommes aussi avec Matisse Aversing, bonsoir.
05:00Bonsoir.
05:00Étudiant parisien, militant NPA, jeune révolutionnaire.
05:05Et Léna Guerrier, bonsoir.
05:06Porte-parole de l'Union étudiante qui accompagne cette contestation des lycéens.
05:12Hélène Lecomte pour le service police-justice de BFMTV est avec nous.
05:15Bonsoir Hélène.
05:16Et évidemment Thierry Arnaud.
05:17Il faut rappeler les circonstances de cette agression, Hélène.
05:20Et aussi, ce que raconte ce témoignage très fort de cette femme.
05:25C'est ce qui est très intéressant.
05:26C'est-à-dire que ce témoignage, il les éclaire les circonstances.
05:29Nous, ce que l'on avait et ce que l'on a vu, c'est cette vidéo que l'on
05:32a revue d'ailleurs pendant le témoignage.
05:33On sait que cette femme était près de cet abribus.
05:36Qu'elle est intervenue parce qu'elle sentait que des dégradations allaient être commises.
05:40Et qu'à un moment donné, un jeune homme, alors il y a un suspect aujourd'hui, il est suspecté,
05:46mais est-ce que c'est lui ?
05:47Ça, c'est l'enquête qui le dira.
05:48En tout cas, un jeune homme s'avance vers elle.
05:50Déclenche un spray aérosol, allume un briquet et donc l'enflamme et le tourne vers le visage de cette femme
05:57qui tentait de s'interposer.
05:58Ce qui est intéressant dans ce qu'elle dit, c'est ce qui se passe avant.
06:03Et ça, c'est un témoignage qui va compter aussi puisqu'elle a porté plainte vendredi matin après avoir fait
06:09les constatations médicales
06:10et que, très vraisemblablement, c'est un témoignage qu'elle a aussi donné aux policiers.
06:13Et elle évoque, par exemple, ces deux jeunes filles.
06:16Ces deux jeunes filles dont elle parle, dont on ne sait pas d'ailleurs si elles faisaient partie de ce
06:21mouvement,
06:21si elles sont là pour d'autres raisons, mais ce sera des circonstances à éclaircir.
06:25Qui sont-elles, ces lycéennes ? Est-ce qu'elles étaient lycéennes d'ailleurs ? Est-ce qu'elles participaient
06:29au blocage ?
06:29Et puis, ce jeune homme, alors on a un peu de mal à comprendre, je trouve, est-ce qu'elle
06:34a échangé avec lui ?
06:35Ou est-ce qu'à un moment donné, elle se retourne et on ne comprend pas très bien pourquoi il
06:38fait ce geste ?
06:39Mais en tout cas, elle donne de la matière, et c'est ça qui est important aussi dans une enquête,
06:44c'est l'explication des faits.
06:45Simplement pour vous dire où en est l'enquête, il y a donc un jeune homme de 15 ans qui
06:50était jusque-là inconnu des services de police,
06:53qui pour l'instant a été interpellé et qui est donc en garde à vue.
06:57Une enquête qui est ouverte, une enquête pour violences volontaires avec incapacité de travail inférieure ou égale à 8 jours
07:05et avec des circonstances aggravantes, avec armes, c'est l'aérosol enflammé, avec le visage dissimulé et en groupe.
07:12Ce qui est frappant, effectivement, Jérôme Rémenès, c'est que lorsqu'on écoute cette femme,
07:17on sent qu'elle a tout fait pour que ça ne dérape pas.
07:21Elle a essayé de discuter, de dialoguer, d'empêcher que ça bascule dans la violence.
07:27Et cela en vain. Qu'est-ce que ça raconte, selon vous, de ce à quoi on assiste depuis quelques
07:33jours ?
07:33Je rappelle que ces actes d'une extrême violence ne résument pas l'entièreté de cette contestation
07:39et la manière dont les mobilisations s'est déroulée.
07:41Mais il y a eu plusieurs faits comme cela. Et là, c'est assez édifiant.
07:46Déjà, ça traduit qu'il y a des individus qui viennent avec des intentions pacifiques,
07:50qui ne sont pas là forcément pour que ça se passe mal.
07:53Et qu'aujourd'hui, en fait, cela montre aussi la difficulté qu'on a avec l'explosion de la violence
07:57chez les jeunes.
07:58C'est-à-dire que quand on veut intervenir ou faire cesser un trouble grave à l'ordre public,
08:03que l'on soit un policier ou un civil, on s'expose à un risque.
08:08Et ça, c'est dans le quotidien.
08:09Ça arrive tous les jours, dans les transports, dans les rues.
08:12Enfin, c'est le quotidien. C'est le niveau de violence qu'il y a dans notre pays, dans nos
08:16sociétés actuellement.
08:18L'un et l'autre qui accompagnaient ce mouvement de contestation.
08:22Est-ce que quand vous entendez ce type de témoignage,
08:26vous vous dites d'une certaine manière que vous êtes en train de perdre le contrôle de ce mouvement ?
08:32Mais personne ne contrôle ce mouvement.
08:34Les lycéens et les lycéennes se mobilisent, là, depuis bientôt deux semaines, s'organisent par eux-mêmes.
08:40Il n'y a aucune organisation qui, là, aujourd'hui, manipulerait les lycéens.
08:44Je trouve que tout ce qu'on entend en ce moment, c'est assez méprisant, en fait,
08:47vers la nouvelle génération qui, aujourd'hui, se mobilise.
08:50Et celles et ceux qui portent la responsabilité de la violence aujourd'hui, ils sont au gouvernement.
08:54Ils sont au gouvernement parce que depuis une semaine...
08:56Mais sans parler de contrôle, juste sans parler de contrôle.
08:58Mais j'aimerais juste peut-être terminer sur le fait que...
08:59On va échanger l'un et l'autre.
09:00Sans parler de contrôle, il faut des organisateurs pour que des manifestations se passent bien
09:06et qu'il n'y ait pas d'ébordement et qu'il n'y ait pas de violence.
09:08Mais ils sont en train de s'organiser, justement, les lycéens.
09:10Là, cet après-midi, à Paris, il y a plus de 300 lycéens qui se sont réunis, justement,
09:14pour organiser leur cortège à la prochaine manifestation.
09:17Ils venaient d'énormément de lycées, de banlieues parisiennes et de Paris.
09:21Et justement, ils discutaient de ce qu'ils allaient organiser pour la semaine qui vient.
09:23Donc, c'est en train de se faire.
09:24Des exemples comme ça, il y en a à Bordeaux, il y en a à Toulouse, à Montpellier, à Lyon.
09:28Donc, ça, moi, je pense que c'est extrêmement positif et il faut l'encourager.
09:31Et ce témoignage, il évoque quoi, pour vous ?
09:35Effectivement, le gouvernement, il est dans une impasse
09:38parce qu'il essaie de faire passer un budget qui est extrêmement impopulaire
09:42du fait qu'il va encore taper sur les services publics, les hôpitaux et l'éducation.
09:46Mais je termine sur ça.
09:46Ça n'a rien à voir avec ça ?
09:47Parce que depuis des décennies, on voit la casse de l'éducation.
09:51Et c'est ça dont les jeunes aujourd'hui parlent.
09:53Ils voient leurs conditions de vie et d'études empirées.
09:56Et donc, ils essayent de dire quelque chose, ils s'organisent, ils font des manifestations.
09:59La seule réponse que le gouvernement, c'est d'envoyer directement la police.
10:02Ça a été d'envoyer la police.
10:04Ça a été de commettre un certain nombre de violences sur ces jeunes.
10:07Et ensuite, maintenant, c'est carrément de fermer les lycées.
10:10Et donc, ce sont des gens qui n'ont absolument rien à voir avec cette mobilisation qu'ils prennent.
10:17C'est ça que vous dites ?
10:18Parce que là, en l'occurrence, cette femme, elle n'a rien à voir avec la contestation.
10:20Elle travaille avec des personnes âgées.
10:22Elle est partie faire un tour.
10:24Elle se retrouve face à ces jeunes filles.
10:25Elle essaie de les empêcher de dégrader un agribus.
10:29Et voilà comment ça tourne.
10:30Vous condamnez ?
10:31Évidemment, je condamne toutes les formes de violence
10:33parce que je me bats pour une société non-violente.
10:37Mais aujourd'hui, la société, elle est violente.
10:39Et cette violence, c'est celle, aujourd'hui, qui est portée par la politique du gouvernement.
10:43Et le fait est qu'on fait en permanence le procès des lycéens et des lycéennes.
10:47Mais ce procès, en réalité, il faut plutôt le faire contre la société
10:51qui permet, aujourd'hui, qu'on voit la jeunesse galérer,
10:56qui voit sa famille aussi galérer.
11:00Et c'est ça, aujourd'hui, qu'on souhaite combattre.
11:02Et ça, on va en parler, évidemment, du malaise profond, des revendications.
11:05Mais un mot aussi avec vous, sur ces images.
11:08Vous, quel regard vous portez sur ce qui s'est passé ?
11:11Et comment faire en sorte qu'en fait, ces scènes-là ne se produisent pas en marge de cette contestation
11:17?
11:17Les scènes ?
11:17Je vais rejoindre l'intervention qui a été faite juste avant.
11:20Pour nous, c'est qu'on voit qu'on a la conséquence de 10 ans d'année de Macron au
11:25pouvoir
11:25qui a mené des politiques extrêmement violentes contre l'ensemble de la population
11:28et en particulier contre la jeunesse.
11:30et donc que c'est un ras-le-bol qui éclate et qui fait que, en fait,
11:33aujourd'hui, les étudiants, les lycéens aspirent à mieux que ce monde
11:37qui, justement, nous trie, nous sélectionne, nous discrimine.
11:40Parce qu'on voit que, rien que sur cette rentrée, on a eu des politiques extrêmement violentes,
11:43ne serait-ce qu'à l'échelle de l'enseignement supérieur,
11:45puisqu'on a le gouvernement qui a décidé d'exclure, très concrètement,
11:48les étudiants étrangers des bancs de l'université en leur augmentant les frais d'inscription par 16,
11:52en leur supprimant les APL, en mettant, en fait, des barrières à l'accès à l'enseignement.
11:55Donc, c'est un ras-le-bol de ces jeunes qui les fait tomber dans la violence.
11:59C'est ça que vous dites.
12:00Mais est-ce que vous ne souhaitez pas que ça s'arrête ?
12:04Est-ce que vous ne dites pas à ces jeunes filles, à ce jeune homme qui a agressé cette femme,
12:09« Stop ! Vous êtes en train de gâcher notre contestation ? »
12:13Notre stratégie, ce n'est pas la violence aujourd'hui,
12:15mais pour autant, on comprend pourquoi cette violence s'est incarnée
12:18après des années de politique qui ont fait que, en fait, la jeunesse n'a pas été écoutée.
12:22Parce que c'est loin d'être le premier mouvement qui a eu deux contestations vis-à-vis des politiques
12:27menées à la fois dans l'éducation, à la fois dans l'enseignement supérieur.
12:30C'est loin d'être le premier mouvement qui porte ces revendications-là.
12:33Le gouvernement est tout à fait au courant de ce que revendique la jeunesse aujourd'hui,
12:36à savoir un droit à l'avenir.
12:37Pour autant, ça fait bien dix ans qu'on n'est pas écouté.
12:39Ça fait dix ans qu'à chaque fois qu'il y a une mobilisation,
12:41il y a la police qui est envoyée pour casser les manifestations.
12:44Ça fait dix ans que là, on est mis en compétition les uns avec les autres,
12:47qu'on est retranché dans une situation où, en fait, on est dans une création de l'enseignement du chaque
12:521%.
12:53Mais donc, si on vous écoute, on se dit que, finalement, ce qui s'est passé à Marseille,
12:56ce qui est arrivé à cette femme, pourrait se reproduire, là, dans les jours qui viennent,
12:59si la contestation se poursuit.
13:02Parce qu'il y a un ras-le-bol, parce qu'il y a un malaise très profond,
13:04et que, du coup, forcément, certains basculent dans la violence.
13:07C'est ça que vous nous dites ?
13:08Pour nous, le principal, c'est de dire qu'aujourd'hui,
13:10il y a des revendications qui sont légitimes de la part de la jeunesse.
13:13On demande à avoir plus de moyens dans l'éducation.
13:16On demande à avoir des places qui nous sont attitrées, en fait, dans l'enseignement supérieur.
13:19On demande à arrêter d'être mis en compétition les uns avec les autres.
13:22Et c'est pour ça qu'on appelle à la date de manifestation du mardi 6.
13:25Et on va parler de la suite, Stéphane Troussel.
13:27Je vous voyais écouté, mais vous avez envie de réagir.
13:31Oui, j'ai envie de réagir, parce que ça fait un quart d'heure que je suis sur votre plateau,
13:34et vous m'avez invité pour parler des mobilisations lycéennes.
13:39Et ça fait un quart d'heure que nous évoquons ce drame horrible, terrible.
13:43Parce que, bien évidemment, la violence que subit cette femme est insupportable.
13:47Et toutes les violences qui se déroulent, toutes les dégradations,
13:51un lycée en feu, des agressions de personnel,
13:54que ce soit des personnels éducatifs ou des personnels techniques
13:58dans les établissements scolaires qui sont victimes de violences,
14:01c'est insupportable.
14:03Mais ce n'est pas la très grande majorité de ce qui se passe
14:07devant les établissements scolaires.
14:09Ce n'est pas ça, la réalité.
14:10Moi, j'étais encore jeudi devant plusieurs lycées de Seine-Saint-Denis,
14:13et ce que j'ai entendu, et ce que j'ai vu,
14:16c'est des élèves, des lycéens qui se mobilisent
14:18avec des parents présents, avec des enseignants présents
14:21pour faire qu'ils puissent s'exprimer sereinement,
14:25de manière apaisée, calme, avec des élus locaux présents
14:28qui veillent à ce que, effectivement,
14:30les revendications légitimes, elles puissent s'exprimer.
14:33Mais précisément, ça ne s'est pas passé serait plus de 5 000 interpellations ?
14:3890% de mineurs ?
14:40Mais il faut que le gouvernement comprenne
14:43qu'il n'y aura pas d'issue à ce conflit,
14:45qu'il n'y aura pas d'issue à ces revendications
14:47dans une réponse exclusivement sécuritaire.
14:51Par ailleurs, je le dis, ça fait maintenant des années
14:53qu'il s'agisse des gilets jaunes,
14:55qu'il s'agisse des mouvements sociaux contre les ordonnances Macron,
14:58qu'il s'agisse de tout un tas de mouvements sociaux,
15:01que le gouvernement fait semblant de croire,
15:05je crois que c'est soit de la bêtise, soit du mensonge,
15:08il oublie le sens des revendications.
15:10Donc oui, la réalité aujourd'hui de l'école dans notre pays,
15:14de l'éducation dans notre pays,
15:15c'est qu'elle est source d'angoisse.
15:17Quand vous avez des professeurs qui ne sont pas remplacés,
15:20alors qu'on sait aujourd'hui, à la sortie du Covid et du confinement,
15:23à quel point la situation des jeunes de notre pays
15:25est particulièrement préoccupante,
15:27que des médecins scolaires, des infirmières scolaires,
15:30ces postes ne sont pas pourvus.
15:32Faute d'attractivité de ces métiers aujourd'hui,
15:35la situation de l'école dans notre pays est catastrophique.
15:39Alors que notre pays, notre République,
15:41elle s'est construite par l'émancipation scolaire.
15:43Mais c'est la réalité, on ne parle pas des revendications.
15:46Non, c'est faux, je suis désolée.
15:48Depuis un quart d'heure, on n'en parle pas,
15:49sauf depuis un instant.
15:50Depuis dix minutes, parce qu'on commence avec ce témoignage.
15:52Mais il est drame, bien évidemment que ce...
15:54Est-ce qu'il ne raconte pas quelque chose aussi de notre jeunesse ?
15:56Je veux dire, c'est important d'en parler.
15:58Il raconte quelque chose, de mon point de vue,
16:01de l'extrême violence qui existe dans notre société,
16:06mais je vous le dis aussi,
16:07je considère qu'il y a désormais un problème de doctrine,
16:11du maintien de l'ordre dans notre pays.
16:13Ce n'est pas possible que quand il y a un rassemblement
16:15d'élèves, de jeunes, d'enfants devant un établissement scolaire,
16:20on considère que pour régler le problème,
16:22il faut envoyer des dizaines de policiers.
16:24Par ailleurs, je le dis, il faut exiger
16:28que quand il y a des rassemblements d'enfants et de jeunes
16:30devant des établissements scolaires,
16:32il y ait interdiction d'utiliser des LBD.
16:34Ce n'est pas possible.
16:36On est arrivé...
16:37Aujourd'hui, c'est un problème, le niveau de défiance qui existe
16:40entre les forces de police et la population,
16:43les plus jeunes de nos concitoyens.
16:45C'est un problème démocratique qu'il y ait un tel niveau de défiance aujourd'hui.
16:49Donc ça doit...
16:50Et je le dis, pourtant, j'ai l'occasion parfois
16:53de saluer le travail du ministre de l'Intérieur.
16:55Mais quand j'entends le ministre de l'Intérieur
16:57expliquer qu'il ne doit y avoir aucune retenue
17:00dans l'utilisation des différents moyens de maintien de l'ordre,
17:03ce n'est pas acceptable.
17:05Il est urgent de sortir de cette situation sécuritaire
17:09pour que maintenant, le gouvernement se mette autour de la table
17:12et entende un certain nombre de revendications.
17:14Je voudrais vous donner un exemple.
17:15Je voudrais qu'on laisse répondre quand même à un policier sur ce plateau
17:18et vous mettez en pause.
17:19Je vous reviendrai vers vous ensuite.
17:21Allez-y, Jérôme Riménez.
17:22C'est quand même assez triste d'entendre ça
17:23parce que ça ne flette pas du tout la réalité, monsieur.
17:25Donc, stratégie de maintien de l'ordre,
17:26si vous avez quelque chose de mieux à proposer,
17:28on vous écoute attentivement.
17:30Sachez que les policiers qui interviennent depuis des jours
17:32sur les lycéens et notamment les jeunes,
17:35dès le départ, font avec les moyens qu'ils ont à leur disposition.
17:39Et on marche sur des oeufs.
17:40On sait très bien qu'on a un public jeune
17:42qui, en grande majorité, est aussi pacifique.
17:45Mais vous ne pouvez pas nier.
17:46En grande majorité, pacifique.
17:47Mais vous ne pouvez pas nier.
17:49Mais on ne dit pas le contraire.
17:51Personne n'a dit le contraire, monsieur.
17:53Et d'ailleurs, ces lycéens qui sont dans ce mouvement
17:56se désoladirisent complètement des exactions
18:01qui sont faites d'un côté comme de l'autre.
18:03D'accord ?
18:04Ça, c'est un point.
18:05En revanche, ne dites pas que l'usage de la force,
18:08elle est toujours légitime et sur ordre.
18:10Ça veut dire qu'un policier, quand il intervient,
18:13il n'a pas le choix, monsieur.
18:14Qu'est-ce qu'on fait ?
18:15On laisse cramer, on laisse...
18:17Laissez-moi finir, je vous ai laissé parler attentivement.
18:19Doucement, tranquillement, et chacun prendra la parole.
18:21Qu'est-ce qu'on doit faire ?
18:22On laisse cramer du mobilier urbain,
18:25on laisse des violences se commettre
18:26comme cette brave dame qui s'est prise...
18:29Qui vous a dit ça ?
18:30Non, mais je ne sais pas, parce que vous dites
18:31qu'on ne doit pas faire interpell...
18:32Non, mais parce que quand on a 5000 interpellations,
18:35croyez-moi qu'on ne les fait pas avec plaisir.
18:37Les policiers préfèreraient être avec leur famille
18:39plutôt que d'être au quotidien sur la voie publique.
18:42D'ailleurs, on n'arrive même pas à avoir
18:43un seul jour de repos par rapport à ça.
18:45Donc, oui, c'est très compliqué,
18:48mais quand on a 5000 interpellations en France
18:50et qu'on a 5 enquêtes IGPN à l'heure où je vous parle
18:53et que ça reste toujours...
18:55Peut-être qu'il y en aura peut-être une autre,
18:57mais à la marge, c'est infime.
19:00Ça veut dire qu'on prend toutes les précautions.
19:01Enquête IGPN, police-dépolice
19:03sur d'éventuels débordements et...
19:06Enquête pour savoir si le policier a fauté
19:08avec un usage abusif de la France.
19:09Je précise pour ceux qui nous regardent.
19:10Vous vouliez intervenir ?
19:11Oui, puisque je trouve que ce n'est pas vrai,
19:13est-ce que vous êtes en train de dire
19:15que les violences de la police
19:16ne se font pas à la marge ?
19:17Et on voit bien que c'est quelque chose
19:18qui est répété sur l'ensemble des situations
19:20de blocage partout en France.
19:22On voit bien qu'il y a des consignes
19:23qui sont données, en fait,
19:24de réprimer le mouvement de la jeunesse.
19:26Rétablir l'ordre public, maintenant.
19:27De réprimer le mouvement...
19:28Vous vouliez que je vous laisse parler,
19:30peut-être laissez-vous aligner ?
19:30Non, mais juste, attention,
19:31pas les violences, c'est rétablir l'ordre public.
19:33Alors, non, excusez-moi,
19:34mais éborner un lycéen,
19:36ce n'est pas rétablir l'ordre.
19:38Hier, on a pu voir des images
19:39qui sont absolument choquantes.
19:40À Belfort, un policier
19:41qui est en train de plonger la tête
19:43d'un lycéen tout haut.
19:44C'est faux, ça a été démenti par le procureur.
19:45Donc, renseignez-vous correctement, madame.
19:46Il y a deux versions.
19:48Oui, oui, c'est une belle tech news.
19:49Il y a des images.
19:51C'est l'enquête qui tranchera.
19:53Oui, mais ça a été démenti ce matin.
19:55Il y a des versions contradictoires.
19:56Ça a été démenti par le procureur
19:57de la République de Belfort.
19:58Et il y a une autre version
20:00qui est en effet celle que vous exposez.
20:01Et ça, ce sera tranché par l'enquête
20:03sur la base d'une vidéo.
20:04Mais la parole du procureur de la République
20:06et celle du procureur de la République,
20:09elle sera confrontée aussi
20:10à ce qui va se passer pendant l'enquête.
20:11C'est le but aussi d'une enquête
20:13et d'une instruction.
20:14Si, admettons ce cas,
20:15on le met de côté,
20:16on peut parler de l'ensemble
20:17des autres cas.
20:18On a un lycéen
20:19qui a perdu ses dents
20:20parce qu'il a subi
20:21un tir à bout portant.
20:22Excuse-moi, ça,
20:23ce n'est pas du maintien de l'ordre.
20:24Ça, c'est bien une volonté
20:24de faire peur,
20:25de faire peur à la jeunesse
20:26qui se mobilise pour ses droits.
20:28Il y a une volonté aujourd'hui politique
20:30de casser la mobilisation
20:31de la jeunesse
20:32qui pourtant demande juste
20:32des meilleures conditions
20:34pour son avenir.
20:35Sur la responsabilité
20:36de ces violences,
20:38le gouvernement continue de dire
20:41que la France insoumise
20:42a une part de responsabilité
20:44dans ces débordements.
20:46Certains membres du gouvernement
20:47parlent même
20:48de violences urbaines.
20:49Est-ce que ça,
20:50vous l'entendez
20:51ou vous le rejetez totalement ?
20:52Écoutez, je pense
20:53qu'encore une fois,
20:54ça participe
20:55de cette volonté
20:57de mentir
20:59et d'empêcher
21:01le gouvernement
21:01de se poser
21:02quelques questions
21:03sur la réalité
21:04des établissements
21:05dans notre pays.
21:06Enfin, quand même,
21:07la France s'est construite
21:08en particulier
21:09autour de son école
21:10qui est un pilier
21:12de l'émancipation
21:13et de l'égalité républicaine.
21:15Nous avons déjà remet
21:16dans ce pays
21:16une des écoles
21:18qui reproduit
21:19le plus
21:19les inégalités.
21:20Jusqu'à quand
21:21va-t-on accepter
21:23qu'il y ait
21:23maintenant dans notre pays
21:25une école
21:25à deux vitesses
21:26qui s'installe ?
21:27Jusqu'à quand
21:28va-t-on accepter
21:29par exemple
21:30que l'école privée,
21:31moi je ne veux pas
21:32rallumer la guerre scolaire,
21:33mais enfin quand même,
21:3411 milliards
21:35de financements publics,
21:3611 milliards
21:37de financements publics
21:39à l'école privée
21:39à qui on ne donne
21:41aucune obligation
21:42de mixité sociale
21:43ou de mixité scolaire.
21:45Il y a des établissements
21:46qui sont surfinancés,
21:48des établissements
21:48qui sont privés,
21:49qui sont surfinancés
21:50par l'argent public
21:51et qui bien évidemment
21:52vivent dans des conditions
21:53toutes bien plus favorables
21:56que des établissements
21:57publics
21:58de notre pays.
21:59Je voudrais vous donner
22:00quelques autres exemples.
22:01Mais elle est où
22:01la sortie de crise pour vous ?
22:03Je pense qu'il y a beaucoup
22:04de gens qui sont d'accord
22:04sur le constat.
22:05Et pour le coup,
22:06vous, votre département,
22:08c'est de quoi il parle.
22:09Elle est où la sortie ?
22:10Je vous donne un exemple précis.
22:12On vient d'affronter
22:13un épisode caniculaire
22:15très important.
22:16Et la canicule a commencé
22:18je ne sais plus quand,
22:19mais on était quasiment
22:20fin mai, début juin.
22:22S'il n'y a pas
22:23dès maintenant
22:24des travaux
22:25qui se sont entrepris
22:26pour l'été prochain,
22:28la réalité c'est
22:29qu'on aura des questions
22:30qui vont se poser
22:31avec des épisodes caniculaires
22:32de plus en plus fréquents,
22:34de plus en plus intenses,
22:35de plus en plus précoces
22:36pour faire passer
22:37les examens.
22:38Et donc,
22:38c'est maintenant
22:39que le gouvernement
22:39doit aider les collectivités locales
22:41à engager maintenant
22:42des travaux
22:43dans des établissements
22:44qui sont des passoires thermiques,
22:46qui sont des bouilloires thermiques
22:47pendant l'été.
22:48Donc, pour vous...
22:49Il y a une première réponse
22:49parce que ça fait partie
22:50des revendications,
22:52des locaux vieillissants
22:53qui sont inquiétés.
22:55Non, des professeurs
22:55non remplacés.
22:56Je vous donne un exemple.
22:57J'étais vendredi matin
22:59devant le lycée
23:00Blaise-Sandras
23:01à Sevran,
23:02en Seine-Saint-Denis.
23:03Pas de professeurs de français
23:05entre décembre 25
23:06et juin 26,
23:07alors même que les élèves
23:08passent en première
23:10et ils passent
23:11le bac français.
23:12Pas de professeurs d'anglais
23:13depuis la rentrée.
23:14C'est ça, la réalité.
23:15À force d'avoir affaibli
23:17l'école dans notre pays,
23:18on en est là.
23:18Mais je suis quand même étonnée,
23:19vous ne parliez pas du tout
23:20des dégâts causés
23:21dans votre département,
23:22du fait que
23:23des professeurs,
23:24des policiers
23:25ont été aussi pris pour cibles,
23:27comme si vous faisiez
23:28un peu abstraction.
23:29Mais qui vous dit ça ?
23:31J'ai commencé l'interview
23:33avec vous en vous disant
23:34que bien évidemment
23:35que les formes de violence
23:36elles sont condamnables
23:36parce qu'elles desservent
23:38la cause que justement
23:40les lycéens
23:41qui sont dans leur
23:41très grande majorité
23:43pacifique,
23:44elles desservent la cause
23:45qu'ils sont en train
23:46de mener.
23:46Et donc bien évidemment
23:47que moi j'ai partout,
23:49devant les établissements,
23:50avec de très nombreux maires
23:51de Seine-Saint-Denis,
23:52appelés au calme,
23:53à l'apaisement
23:53et au dialogue.
23:54Combien de lycées
23:55fermées en Seine-Saint-Denis ?
23:56Vraisemblablement
23:57les autorités préfectorales
23:59annoncent 28 établissements,
24:01enfin ordonnent,
24:02ordonnent la fermeture
24:04de 28 établissements
24:05pour empêcher les blocus.
24:08Lundi qui arrive,
24:0928 établissements fermés,
24:10c'est ça ?
24:10Oui, est-ce que
24:11la seule réponse
24:14elle doit être politique
24:15au plus haut niveau
24:16de l'État
24:16pour qu'il y ait
24:17la prise de conscience
24:18de la réalité
24:19de la situation
24:20de notre école
24:21aujourd'hui dans notre pays.
24:2228 établissements
24:23fermés sur combien ?
24:24Les lycées,
24:25ça doit être à peu près
24:2565 en Seine-Saint-Denis.
24:27Comment vous imaginez
24:28la suite du mouvement ?
24:30Et si je peux
24:30compléter la question,
24:31Alice,
24:32si vous me permettez,
24:33qu'est-ce que
24:34vous attendez précisément
24:36du gouvernement ?
24:37On se pose vraiment
24:38deux questions ce soir.
24:39Comment est-ce qu'on sort
24:40de cette crise
24:41et comment est-ce qu'on évite
24:42qu'elle ne dégénère
24:43pour ne devenir encore plus grave
24:44en début de semaine prochaine ?
24:45Qu'est-ce que le gouvernement
24:46peut vous dire
24:47en début de semaine prochaine,
24:49très concrètement,
24:50très simplement,
24:51qui met fin à ce mouvement ?
24:52Moi, je pense que
24:53le gouvernement,
24:53il ne va rien pouvoir dire
24:54parce qu'il est justement
24:55dans une impasse politique.
24:56Vous avez des revendications ?
24:57Bien sûr, bien sûr.
24:58Mais le fait est que là,
25:00aujourd'hui,
25:00les lycéens et lycéennes,
25:01ils combattent
25:02cette école à deux vitesses,
25:04ils combattent toute une société
25:04en réalité qui est à deux vitesses.
25:06Aujourd'hui,
25:07le fait d'avoir le bac
25:08ne garantit pas
25:08d'avoir un avenir,
25:09ne garantit même pas
25:10d'avoir des études qu'on a
25:11puisqu'il y a une vraie
25:11machine de sélection
25:13et de tri social
25:14et donc en fait aussi
25:15un petit peu raciste
25:17qui s'opèrent
25:20avec Parcoursup.
25:21Aujourd'hui,
25:21on n'est pas sûr
25:22d'avoir une place
25:22à l'université,
25:23on n'est pas sûr
25:23de pouvoir suivre des études
25:24mais vous avez raison,
25:26en réalité,
25:26il n'y a rien qui nous garantit
25:27d'avoir un emploi
25:27aujourd'hui dans ce pays.
25:29Il y a des centaines
25:29de milliers de licenciements
25:31qui ont lieu.
25:32Là, à Sodexo,
25:33une entreprise
25:33qui fait des centaines
25:35de millions de bénéfices,
25:36là, ils ont fait
25:37un rassemblement
25:37la semaine dernière
25:38les salariés
25:38parce qu'il y a plus
25:39de 1000 salariés
25:40qui sont en train
25:41d'être licenciés.
25:42C'est ça la réalité.
25:44Les lycéens,
25:45ils se rendent compte
25:45de ça.
25:46Ils voient leurs parents
25:46galérer.
25:47Et donc,
25:48c'est toutes ces sociétés
25:49aujourd'hui
25:49qui combattent.
25:50Je parlais de Parcoursup,
25:52le tri social,
25:52extrêmement violent.
25:53Vous, par exemple,
25:54pour être tout à fait concret,
25:56Mathis,
25:56ce que vous demandez
25:57en premier lieu,
25:58c'est la suppression
25:59de Parcoursup.
26:00Ça, ce serait susceptible
26:02de vous faire
26:04mettre fin au blocage ?
26:06Mais moi,
26:06je vais mettre fin
26:07à rien du tout.
26:08Les lycéens,
26:09les lycéennes,
26:10ils demandent effectivement
26:10la suppression de Parcoursup
26:11mais ils ne s'arrêtent pas là.
26:12On parle des classes surchargées
26:14mais faisons comme
26:15à Stanislas
26:15ou dans les écoles privées.
26:16Ils aimeraient bien être
26:1725 par classe,
26:18elles et eux aussi.
26:19Pourquoi pas même
26:20avoir les deux piscines
26:21qui sont dans certains
26:21établissements privés ?
26:23Donc, en réalité,
26:23oui,
26:24les lycéens et les lycéennes
26:25vont continuer de se mobiliser.
26:26Ils appellent à la mobilisation.
26:28Mais vous,
26:28vous êtes tout,
26:29par exemple,
26:29vous étiez mobilisé
26:30cette semaine ?
26:31Bien sûr que j'étais mobilisé
26:32cette semaine
26:32aux côtés des lycéens.
26:33J'étais sur mon université.
26:35On organisait une assemblée générale.
26:37On organisait des rassemblements.
26:39Et lundi,
26:39vous continuez dans une université ?
26:41Mais bien sûr.
26:42Donc, c'était pour ça
26:42ma question.
26:43Si vous obtenez
26:44la suppression de parcours sup
26:45pour ces lycéens,
26:46est-ce que vous arrêterez
26:48les blocages ?
26:48Mais le fait que Macron
26:49s'en aille avec sa réforme
26:51parcours sup,
26:51ce serait déjà
26:52une victoire assez importante.
26:53Mais on ne va évidemment
26:54pas s'arrêter là.
26:55Il y a énormément
26:55d'autres problèmes aujourd'hui,
26:57non seulement dans les universités
26:58et dans les lycées,
26:59mais il y a toute une question
27:00du coût de la vie aujourd'hui.
27:02On le voit avec l'augmentation
27:03des prix de l'essence.
27:04Et ça,
27:04je tiens quand même à le dire.
27:05Les lycéens et les lycéennes,
27:06aujourd'hui,
27:07ils appellent l'ensemble
27:07de la population
27:08à les rejoindre.
27:09À les rejoindre
27:10en manifestation mardi.
27:11On voit qu'il y a déjà
27:12non seulement les profs
27:13qui ont décidé
27:14de les rejoindre,
27:14la CGT,
27:15la FSU,
27:16des assemblées générales
27:17d'enseignants
27:18qui se tiennent,
27:19mais également Sudrail,
27:21la CGT,
27:22RATP.
27:22En fait,
27:22il y a plein d'autres secteurs
27:23qui ont l'enjeu.
27:23Mais vous,
27:24on sent quand même
27:25que votre discours,
27:26il va bien au-delà
27:27des revendications
27:28qui ont été exprimées
27:29par les lycéens.
27:31sur les blocus.
27:31Ils parlent de la situation
27:32en Palestine.
27:34Ils parlent de la guerre
27:34parce qu'ils voient
27:35les budgets augmentés.
27:36Ils ne veulent pas
27:37ce nouveau service militaire.
27:38Mais ils remettent en cause
27:40toute cette société pourrie.
27:41Et ça,
27:42ils ont bien raison de le faire.
27:43Et ce n'est pas qu'en France
27:44qu'on le voit.
27:44On le voit à l'échelle
27:45de la planète.
27:45Il y a toute une génération
27:47à l'international
27:48qui se réveille
27:49et elle aurait bien raison
27:50d'entraîner l'ensemble
27:51du monde du travail
27:52et l'ensemble
27:52de celles et ceux
27:53aujourd'hui
27:53qui sont exploitées
27:54et qui se prennent
27:55à chaque fois.
27:56Une société pourrie.
27:57Une société pourrie.
27:59Comment est-ce qu'on qualifierait
28:00aujourd'hui la société
28:01dans laquelle on voit
28:03un génération
28:04qui voudrait aller
28:04étudier la vie
28:05et qui ne pourront pas y aller.
28:06Allez sur les lycées
28:07et vous verrez
28:07ce que disent les lycéens.
28:08Ils font de la politique.
28:09Et oui, c'est vrai.
28:10Et ils ont bien raison
28:11de le faire
28:11parce que c'est leur avenir
28:12qui est en jeu.
28:12Léna Guerrier,
28:13sur les revendications,
28:15sur quoi, selon vous,
28:16le gouvernement
28:17devrait-il céder
28:18en priorité ?
28:20Pour nous,
28:21on exige une rupture
28:22totale avec l'ensemble
28:23des politiques libérales
28:24qui ont été mises en place
28:25par Macron
28:25depuis une dizaine d'années.
28:26Il y a déjà eu le cas
28:27de Parcoursup
28:28qui a été cité.
28:29On peut aussi parler
28:30de l'abolition
28:30de la plateforme Mon Master
28:31qui, chaque année,
28:33laisse plus de 100 000 étudiants
28:34sur le carreau
28:35parce qu'en fait,
28:36on a un véritable tri social
28:37et raciste
28:38qui est mis en place
28:38au sein de l'enseignement supérieur
28:41et qui fait qu'en fait,
28:41on est mis en compétition
28:42les uns avec les autres
28:43en tant que jeunes.
28:44Là, aujourd'hui,
28:44la jeunesse qu'elle demande,
28:46c'est vraiment une rupture
28:46avec justement tout ce système
28:48qui nous précarise,
28:49qui nous met en difficulté,
28:50qui fait qu'aujourd'hui,
28:50c'est par exemple
28:55le premier facteur d'échec
28:56en licence.
28:57Donc, c'est bien en fait
28:57qu'il y a justement
28:59une sélection qui s'applique
29:00selon nos moyens.
29:00Donc, nous,
29:01c'est une rupture avec ça
29:02qu'on demande.
29:02Donc, nous, ce qu'on veut,
29:03c'est déjà le revenu d'autonomie
29:05pour l'ensemble des étudiants
29:06à hauteur du seuil de pauvreté.
29:07On veut une ouverture de place
29:08en licence en master.
29:09Par exemple, le gel des APL
29:10qui figure dans le prochain budget,
29:12est-ce que ça,
29:12ça doit être retiré ?
29:14Absolument.
29:14Ça, de manière évidente,
29:15ça doit être retiré.
29:16Pour ça, je vous demande
29:16des mesures concrètes.
29:17Ce qu'on veut,
29:25ce genre de mesures
29:26qui font qu'en fait,
29:27les étudiants étrangers
29:28sont exclus de l'université,
29:29n'ont rien à faire
29:30au sein de l'enseignement.
29:32Stéphane Troussel,
29:32vous disiez tout à l'heure
29:34que malheureusement,
29:35les réponses du gouvernement
29:36pour l'instant ne se font
29:37que sur le plan sécuritaire.
29:38Et vous n'avez pas
29:39complètement tort, là,
29:40pour le coup.
29:40C'est vrai qu'on a senti
29:41que le ministre de l'Éducation nationale
29:43était un peu démuni hier.
29:45Et pour cause,
29:45il n'est pas encore là
29:46pour très longtemps.
29:47Il temporise,
29:48il a quand même fait des promesses.
29:50Sur quoi devrait-il céder,
29:51selon vous, en priorité ?
29:52Ce que je remarque,
29:53c'est que ce mouvement
29:54des lycéens,
29:54il a eu un premier effet.
29:56C'est que le gouvernement
29:56avait inscrit
29:57dans le projet de loi de finances
29:58des frais d'inscription
30:00pour les BTS
30:01et les classes préparatoires.
30:03Et le soir même,
30:05le ministre a annoncé
30:06chez un de vos confrères
30:07qu'ils étaient abandonnés.
30:10C'est bien la preuve
30:11que ce mouvement
30:12a un premier effet.
30:13Donc, bien évidemment...
30:14Ou que ce gouvernement
30:15sait entendre aussi
30:16le malaise
30:17et faire preuve de lucidité.
30:19Mais à l'évidence,
30:20ça ne va pas suffire.
30:21Je vous prenais l'exemple
30:22de la rénovation
30:24des établissements.
30:25Eh bien,
30:25il peut,
30:26dans la préparation
30:27du projet de loi de finances,
30:29demander aux collectivités locales,
30:30en les soutenant financièrement,
30:32un grand plan
30:32pour avoir
30:34dans chacun des établissements
30:36une prise en compte
30:37de la canicule
30:39qui va,
30:39à l'évidence,
30:40arriver
30:41pour nous permettre
30:42dès maintenant
30:42d'engager des travaux
30:43dans les collèges
30:44comme dans les lycées
30:45où il y a des examens
30:47qui se déroulent
30:47au mois de juin,
30:48eh bien que les élèves
30:49ne passent pas les examens
30:50dans des classes surchauffées.
30:52Mais il y a d'autres mesures.
30:53La question de la vie scolaire,
30:54des postes de CPE,
30:56des postes d'aide
30:58d'assistants d'éducation,
31:00le remplacement
31:01des professeurs absents.
31:04On ne peut pas expliquer
31:05dans un certain nombre
31:06de territoires
31:07où la pression démographique,
31:09comme dans un territoire
31:09comme le vient
31:10à la Seine-Saint-Denis,
31:11la pression démographique,
31:13elle continue.
31:15On n'est pas dans le cœur de Paris
31:17ou dans des départements
31:19où il y a une déprise démographique.
31:21Dans les lycées,
31:22dans mon département,
31:23la hausse démographique,
31:24elle est encore très forte.
31:25Mais pardon,
31:26mais le budget
31:26de l'éducation nationale,
31:27il est en hausse.
31:28Alors, est-ce que c'est vraiment
31:29un problème de moyens
31:29ou c'est un problème de gestion ?
31:31Non, mais attendez,
31:32il est en hausse.
31:32Je viens de vous dire tout à l'heure
31:34qu'on donne désormais
31:3611 milliards d'argent public
31:38à l'école privée
31:39sans aucune obligation
31:41de mixité scolaire ou sociale.
31:43Jusqu'à quand va-t-on accepter ça ?
31:45C'est l'école de la République...
31:46Donc c'est ça le problème ?
31:47Trop d'écoles privées ?
31:48Non, je dis simplement...
31:49J'essaie de comprendre
31:50votre raisonnement.
31:51Ce que je dis simplement,
31:52c'est que puisque le gouvernement
31:53nous explique que l'argent public
31:55est rare que les finances publiques,
31:56qu'il a lui-même mis dans l'État
31:58où elles sont,
31:58parce que quand même,
31:59Emmanuel Macron a privé notre pays
32:01de 60 milliards d'euros
32:03de recettes dans le budget de l'État.
32:05C'est ça la réalité.
32:07Eh bien écoutez,
32:07plutôt que d'engraisser les plus riches,
32:10les multinationales,
32:11de supprimer l'impôt sur la fortune,
32:12la flaxe taxe et tout le reste,
32:14eh bien cet argent-là,
32:15il aurait été utile
32:16pour justement lutter
32:18contre la dégradation de notre école.
32:20Il est urgent de mettre en place
32:22un grand plan de sauvetage
32:23de l'école publique dans notre pays.
32:25Parce que c'est un élément
32:26plus que dans aucun autre pays européen,
32:30c'est un pilier de la République française.
32:32Et la révolte des mobilisations,
32:35les revendications lycéennes d'aujourd'hui,
32:37elles traduisent aussi,
32:38au-delà des revendications très concrètes,
32:40très ponctuelles,
32:41une angoisse face à l'avenir.
32:43Mais du coup, vous vous serez mobilisés
32:44la semaine prochaine ?
32:44Mais je continuerai d'être
32:46aux côtés des lycéens de Seine-Saint-Denis,
32:48d'être avec eux,
32:49d'entendre leurs revendications,
32:50que ce soit devant les lycées
32:51ou dans nos collectivités,
32:54pour être à leur côté,
32:55pour porter ces revendications,
32:57encore une fois,
32:57qui sont légitimes.
32:58J'ai un témoignage très fort dans un instant,
33:00mais Hélène, je vous voyais...
33:01J'ai une question,
33:02parce que ce mouvement,
33:03il est né il y a plus d'une semaine,
33:05il est né à Créteil,
33:06des mouvements lycéens,
33:07on peut en voir d'ailleurs
33:09de manière un peu spontanée
33:10à d'autres moments de l'année.
33:11Est-ce que vous vous dites,
33:13mais peut-être la question est pour vous aussi,
33:15est-ce que vous vous dites
33:15que le gouvernement s'est dit
33:17« Ok, il se passe ça à Créteil,
33:19et puis il se passe ça en Seine-Saint-Denis,
33:21et puis c'est des poubelles
33:21et des slogans devant des portes d'établissements,
33:23on a déjà vu ça,
33:24ça va se tasser tout seul ? »
33:26Est-ce que s'il vous avait entendu,
33:29reçu,
33:29dès les premiers jours de ce mouvement,
33:31est-ce que s'il y avait eu un geste
33:32du ministre de l'Éducation nationale,
33:34on n'en serait pas là aujourd'hui ?
33:36Je pense qu'un simple geste
33:38n'effacera pas dix ans de politique
33:40de destruction de l'éducation,
33:43de destruction de l'avenir des jeunes.
33:44Est-ce que s'il avait commencé par ça,
33:45est-ce que c'était déjà un gage
33:46que le dialogue s'ouvrait ?
33:47Vous savez, les alertes
33:48que les élus locaux,
33:50les représentants des enseignants,
33:52les représentants des lycéens
33:53ou des étudiants,
33:54elles sont nombreuses
33:55sur la situation de l'école.
33:56Donc elles n'ont pas été entendues ?
33:58Encore une fois,
33:59l'école publique dans notre pays,
34:00aujourd'hui,
34:00est dans une situation catastrophique.
34:03Et avec le sentiment,
34:04oui,
34:05qu'en fonction que vous êtes
34:06dans un territoire ou dans un autre,
34:08que vous êtes issu d'un milieu social
34:10ou dans un autre,
34:11vous n'êtes pas traité
34:12de la même manière.
34:13Et ça,
34:13ce n'est la faute
34:14que de dix ans de macronisme ?
34:16La gauche n'a aucune responsabilité là-dedans ?
34:18Parce qu'on voit quand même
34:19que ça vient de loin.
34:20C'est tout de même pas la même chose
34:22de créer 60 000 postes
34:23dans l'éducation nationale
34:24que de diminuer
34:27et de faire en sorte
34:28que l'école soit dépréciée.
34:30On a aujourd'hui atteint
34:31un niveau, par exemple,
34:32de rémunération des enseignants
34:34dans notre pays
34:35qui est sans commune mesure
34:37avec la situation
34:37des enseignants
34:39des autres pays de l'OCDE.
34:41Sur la responsabilité.
34:42Bien évidemment qu'il va falloir
34:44révaloriser, par exemple,
34:45les métiers des enseignants
34:46pour le rendre attractif.
34:47Non, mais de fait,
34:48on se demande
34:49si le gouvernement
34:50avait fait un geste au début.
34:51Mais pour qui il fait des gestes
34:52aujourd'hui, le gouvernement ?
34:53Il n'en a pas fait
34:54pour les gilets jaunes,
34:55il n'en a pas fait
34:56pour les retraités,
34:57il n'en a pas fait
34:58pour les travailleurs,
34:58il n'en a fait pour personne.
34:59Il n'y a eu aucun geste
35:01pour les gilets jaunes,
35:02il y a des mesures
35:02qui ont été prises.
35:03Non, il n'y a rien.
35:04Moi, les gestes que je vois,
35:05c'est 270 milliards d'euros par an
35:08de subvention au patronat.
35:10Et ça, ça fait partie
35:11des seuls budgets
35:12qui augmentent.
35:12Ça, avec la dette,
35:14ça, avec l'armée.
35:15C'est cette société-là
35:16dont les jeunes,
35:16ils n'ont pas envie.
35:17Et cette politique,
35:19elle n'a pas commencé
35:19avec Macron,
35:20ce n'est pas vrai.
35:21Depuis 50 ans,
35:21les gouvernements de gauche
35:23comme de droite,
35:23ils ont attaqué
35:24les droits des travailleurs,
35:25ils ont attaqué
35:26les droits de la jeunesse.
35:28Les manifestations
35:29de la loi travail,
35:30elles étaient très fortement
35:32réprimées sous Hollande.
35:33Et ça, on s'en rappelle
35:34quand même un petit peu.
35:35Et donc, de fait,
35:36aujourd'hui,
35:36la responsabilité,
35:37c'est celle d'une société
35:38qui favorise toujours
35:39les riches,
35:40qui favorise toujours
35:41les banques,
35:41qui favorise toujours
35:42les multinationales
35:43comme Total,
35:44alors que les prix
35:44n'arrêtent pas
35:45d'augmenter de l'essence.
35:47Mais bien sûr,
35:48évidemment,
35:48parce que c'est seulement
35:49de ça, aujourd'hui,
35:50qu'on a besoin.
35:51On a besoin de renvaisser
35:52cette société sur la tête
35:53parce qu'elle ne fonctionne pas
35:54pour la majorité.
35:56les revendications
35:57des lycéens,
35:57ce qui est votre droit,
35:59mais ce n'est pas vraiment
35:59le sujet.
36:00Le fait est qu'aujourd'hui,
36:01les lycéens,
36:02ils se battent sur des sujets
36:03politiques.
36:04Je ne sais pas
36:04s'ils sont tous révolutionnaires,
36:05mais à leur envoyer la police
36:06en permanence
36:07quand ils essayent
36:08de se mobiliser,
36:09peut-être que oui,
36:09il y a des idées
36:10qui vont venir
36:10et qui vont leur faire dire
36:11que oui,
36:12il va falloir changer de société
36:13parce que là,
36:14ce n'est pas possible.
36:15Et ce n'est pas seulement en France,
36:16on le voit partout
36:17sur la planète.
36:18On arrive à la fin d'un monde
36:19qui nous propose quoi aujourd'hui ?
36:21Le réchauffement climatique,
36:22la montée de l'extrême droite
36:24et la guerre.
36:25La guerre,
36:25la guerre,
36:26la guerre.
36:26On le voit en Ukraine,
36:27on le voit en Iran
36:28et on voit le génocide en Palestine.
36:30Et oui,
36:30on va le combattre.
36:31S'il vous plaît,
36:31Mathieu,
36:32je ne suis pas sûre
36:33que vous soyez le meilleur
36:35porte-voix des revendications lycéennes.
36:37On savait que vous étiez
36:38un représentant de NPR.
36:40Je ne suis pas porte-parole.
36:41On était là pour parler de ça ce soir.
36:43Mais allez sur les piquets de grève
36:45des lycéens,
36:47allez discuter avec eux.
36:48Ils ont énormément de choses
36:50à vous dire sur la manière
36:51de s'enfoncer.
36:51On dépend d'un programme politique
36:52d'extrême gauche
36:53que vous faites ce soir.
36:53C'est votre droit,
36:54mais c'est pas tué de la soirée.
36:56Si vous,
36:56vous dépendez quel programme,
36:57monsieur ?
36:59S'il vous plaît.
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