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  • il y a 2 heures
Vendredi 9 octobre 2026, retrouvez Thierry Coulhon (président, Institut Polytechnique de Paris) dans FACE À THOMAS HUGUES, une émission présentée par Thomas Hugues.

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00:08Bonjour, bonjour à toutes et à tous, nouveau rendez-vous, vous le savez, sur Bismarck for Change,
00:13consacré aux chefs d'entreprise, aux décideurs économiques, à celles et ceux qui donnent l'impulsion au quotidien à l
00:19'activité de notre pays.
00:21C'est un face-à-face pour parler stratégie face aux grands défis du siècle.
00:25Et aujourd'hui, je reçois Thierry Coulon, le président du directoire de l'Institut Polytechnique de Paris, un face-à
00:31-face de 28 minutes.
00:37Mon invité aujourd'hui, c'est Thierry Coulon, bonjour.
00:39Bonjour Thomas Huck.
00:40Bienvenue, vous êtes le président du directoire de l'Institut Polytechnique de Paris.
00:44Alors, on va démarrer par un mot de présentation, évidemment.
00:47Si l'école polytechnique a été créée en 1794, l'Institut Polytechnique de Paris, il est beaucoup plus jeune, 2019.
00:54C'est ça.
00:55Il recoupe quoi ? Six grandes écoles d'ingénieurs, c'est ça ?
00:57Absolument, absolument. Six grandes écoles d'ingénieurs, dont certaines, vous l'avez dit, sont ancrées dans le XVIIIe siècle français.
01:04L'ENSTA, l'École Nationale Supérieure des Techniques Avancées, figurez-vous qu'elle a été créée en 1741.
01:10Il s'agissait à l'époque de former ceux qui seraient capables de construire les bateaux de guerre qui intéressaient
01:16le droit de France.
01:16Vous voyez qu'on a un petit peu évolué, mais après tout, on est aussi, comment dire, intéressé par des
01:24technologies navales.
01:25Oui, donc vous êtes un peu le dépositaire pour certaines de ces écoles de cette histoire.
01:30Absolument. Donc l'idée, si vous voulez, c'est de prendre six écoles d'ingénieurs qui sont ancrées, effectivement, dans
01:36l'histoire française,
01:36qui sont prestigieuses, qui ont des relations entre elles, très fortes, et depuis longtemps,
01:41et d'en faire un outil internationalisé du XXIe siècle, qui soit bien en face des grands défis.
01:47C'est pourquoi, d'ailleurs, je trouve intéressant d'être invité dans une émission où vous vous adressez aux décideurs
01:52économiques.
01:52Alors moi, je suis un décideur académique, mais avec un lien extrêmement fort avec l'économie.
01:57Évidemment, un lien direct, avec des solutions sur lesquelles vous travaillez, qui sont déployées depuis, évidemment, des générations.
02:04Donc c'est six écoles, il faut que je vous dise.
02:06Alors, il faut les citer.
02:07Voilà, c'est les citer.
02:08Donc l'école polytechnique et l'ENSTA, qui sont toutes les deux, l'école nationale supérieure des techniques avant ça,
02:14qui sont toutes les deux sous tutelle ministère de la Défense.
02:17Et puis, Télécom Paris, Télécom Sud Paris, l'ENSAE, qui forme les statisticiens, la statistique publique,
02:24mais aussi les gens qui vont dans la banque et dans l'économie et qui manipulent des données.
02:28Et puis l'école nationale des ponts des chaussées, qui a rejoint l'alliance récemment.
02:33Donc vous voyez qu'il y a des questions de souveraineté, qui sont une espèce de fil rouge de toutes
02:38ces écoles.
02:39Il y a des questions évidemment de technologie en face des grands défis.
02:42Ce sont des écoles qui enseignent depuis longtemps la haute science, un niveau scientifique très, comment dire, exigeant.
02:49Mais il se trouve que c'est intéressant dans le monde d'aujourd'hui d'avoir des gens qui maîtrisent
02:54les sciences.
02:54Et on en a encore plus besoin.
02:56Évidemment, pendant ce face-à-face, on va parler d'intelligence artificielle, on va parler de défis climatiques,
03:02on va parler d'énergie parce que ce sont des secteurs, des piliers sur lesquels vous travaillez beaucoup.
03:07Je vais donner quelques chiffres de l'Institut politique de Paris.
03:123 700 étudiants, 23 laboratoires, plus de 600 chercheurs et enseignants-chercheurs permanents,
03:192 769 publications annuelles, ça doit être les derniers chiffres.
03:24C'est donc aussi ou d'abord, je ne sais pas d'ailleurs quel terme employer, un lieu de recherche
03:28?
03:29C'est d'abord, je dirais, historiquement un lieu de formation, mais attention, les chiffres, je crois que les chiffres
03:35que vous donnez,
03:36ça ne m'étonnerait pas qu'ils soient liés à l'école polytechnique.
03:38Ce sont ceux polytechniques uniquement, d'accord.
03:40L'Institut, et c'est intéressant d'ailleurs, parce que tout le jeu, c'est ça, c'est de passer
03:45à l'échelle.
03:46Parce qu'en réalité, maintenant, c'est 11 000 étudiants, plus de 11 000 étudiants.
03:50Avec les 6 écoles, d'accord.
03:52C'est 2 000 enseignants-chercheurs, et puis surtout, ce sont des recompositions scientifiques que vous pouvez faire à cette
03:58échelle-là,
03:58en croisant les disciplines qui sont extrêmement fructueuses.
04:02Donc ça valait le coup.
04:03Si vous voulez jouer avec Caltech, avec le PFL, avec le Technion, avec le MIT...
04:10Ça, ce sont des grands concourants internationaux.
04:13Concourants ou partenaires, on en reparlera sans doute, parce qu'en particulier dans le champ européen,
04:18il se trouve que l'Institut polytechnique de Paris préside une alliance qui s'appelle Eurotech
04:23et qui réunit un certain nombre de grandes universités de technologie européennes.
04:28Donc voilà ce qu'il s'agissait de faire, c'était de passer à cette échelle-là.
04:31Alors, sur votre question, est-ce qu'on est d'abord un lieu de formation, un lieu de recherche ou
04:34un lieu d'innovation ?
04:36Les trois m'ont capitaine, certainement.
04:38Alors, historiquement, effectivement, la question, c'est de former les cadres techniques dont la nation a besoin au 18e, 19e
04:45siècle.
04:46Donc c'est de la formation.
04:47On met de la formation par la recherche.
04:51Donc là aussi, 23 labos au niveau de l'X, mais 42 au niveau de l'Institut polytechnique de Paris.
04:58Donc beaucoup de recherches.
04:59Et une recherche qui est à la fois fondamentale, mais aussi très tournée vers les applications.
05:05Et aujourd'hui, cette contradiction, elle se surmonte.
05:08Ce sont aussi des start-up nombreuses qui naissent au sein de l'Institut polytechnique de Paris.
05:16Alors, à la fois, il ne faut pas idéaliser la situation, c'est du travail.
05:21Il faut changer de modèle et se débrouiller pour que la start-up, ce ne soit pas seulement l'alumni
05:27très intelligent qui, 10 ans après être sorti de l'école, a une idée et puis la met en œuvre.
05:32Le vrai jeu, c'est d'arriver à ce que l'innovation sorte des laboratoires directement, c'est-à-dire
05:38sorte de la recherche fondamentale.
05:41Mais au fond, si vous voulez, le monde évolue d'une manière qui fait que nous sommes encore plus pertinents.
05:49Pourquoi ? Il y a quelques années, on disait, écoutez, vous enseignez des maths à très haut niveau et de
05:56la physique théorique.
05:57Il y a quelques années, on vous enseigne la mécanique quantique.
05:59Écoutez, la mécanique quantique, tout de même, ça gouverne quoi ?
06:03Aujourd'hui, on a tous compris que la mécanique quantique, il y avait intérêt à la connaître.
06:08Si vous parlez de maths, d'informatique, de statistique, etc., il se trouve que l'intelligence artificielle, c'est ça,
06:17c'est des maths, de l'informatique, des stats à très haut niveau.
06:21Donc, aujourd'hui, il n'y a plus de contradiction entre la haute science, si vous voulez, et les applications.
06:26On va y venir à l'IA tout de suite, mais peut-être une question encore sur les liens que
06:30vous tissez avec le monde économique.
06:32Est-ce que certains de ces programmes de recherche sont financés, cofinancés, parrainés par de grandes entreprises ou des secteurs
06:40d'activité ?
06:42Absolument. D'abord, vous parliez de start-up tout à l'heure, il faut se donner une idée simple.
06:49On aime se dire, et c'est vrai, qu'on pèse un tiers de l'écosystème des start-up en
06:55France.
06:56On en incube une centaine par an, on a un certain nombre d'incubateurs sur plusieurs sites.
07:03Vous connaissez les noms qu'on cite sans cesse, les Arthur Mensch, les Théo Péronin,
07:08Arthur Mensch dans l'intelligence artificielle, Théo Péronin dans le quantique,
07:10et on pourrait en citer beaucoup d'autres qui sortent de chez nous.
07:13Alors maintenant, est-ce qu'on a réussi à systématiser le lien entre nos écoles et le monde économique ?
07:22D'abord, une fois de plus, ça plonge ses racines.
07:26Enfin, il y a une histoire très ancienne, évidemment.
07:28Parce qu'il se trouve qu'on a formé, alors classiquement, les grands acteurs du Cap 40 sortent souvent de
07:36chez nous.
07:36Mais aujourd'hui, un autre modèle, ce sont les étudiants qui très vite veulent fonder une start-up et qui
07:42réussissent.
07:43Alors donc, historiquement, il y a une espèce de racine parce que c'était la mission des écoles.
07:48Maintenant, aujourd'hui, la relation est multiple.
07:52C'est-à-dire, c'est évidemment former des gens qui iront dans l'économie, qui est à très haut
07:57niveau,
07:58c'est incuber des start-up, c'est faire de la recherche partenariale,
08:03c'est, comment dire, encadrer ce qu'on appelle des thèses-siffres.
08:08Des thèses-siffres, ce sont des thèses qui sont partiellement financées par une entreprise
08:12où il y a une discussion entre l'académique et l'entreprise.
08:17Il y a du mécénat.
08:19Un des outils qu'on a fondés, qui est un peu plus original que les autres,
08:23ce sont des centres interdisciplinaires sur les grands défis.
08:25Sur l'intelligence artificielle, on fait ça avec HEC, ça s'appelle I-Paris.
08:29Sur la défense et la sécurité, centre interdisciplinaire d'études sur la défense et la sécurité.
08:34Sur l'ingénierie pour la santé, sur le mer et océan, etc.
08:37Sur tous les grands défis, on en a sept.
08:39Eh bien, c'est le lieu de faire atterrir des fonds publics,
08:43des fonds compétitifs, nationaux, européens, et des fonds privés.
08:46Alors évidemment, ça réclame de la déontologie, de l'équilibre.
08:52On a une stratégie scientifique.
08:54Notre mission, c'est d'aligner cette stratégie scientifique avec les grands défis.
08:58Il se trouve que ça rencontre, évidemment, les stratégies des entreprises.
09:04Si on parle de la transition climatique, on ne la fera pas si les boîtes ne prêtent pas un virage.
09:12Et donc, quand on travaille avec Schneider Electric sur un certain nombre de questions d'IA
09:17liées avec des applications à la diffusion et l'usage de l'électricité, on est dans le sujet.
09:24Alors, justement, sur l'IA, je vais vous citer.
09:27Alors, ça date un peu, c'était février 2025, lors des journées scientifiques.
09:30Avec l'IA, vous disiez, l'Institut Polytechnique de Paris est fier d'être à la pointe de la recherche
09:34et de l'innovation et de l'intelligence artificielle.
09:36Nous réussissons les plus grandes voies internationales pour réfléchir ensemble aux défis et aux opportunités de cette révolution technologique.
09:44Défis et opportunités.
09:46On est en plein dans ce débat en ce moment.
09:47On enregistre cette interview quelques jours après que des ingénieurs et peut-être les patrons des géants américains du secteur
09:55demandent d'appuyer sur le frein.
09:57Il y a notamment cette peur que les dernières générations d'IA leur et nous échappent.
10:02Vous vous situez où, vous, dans ce débat ?
10:04Alors, je disais l'an dernier, au moment où on organisait ces journées scientifiques, vous vous souvenez, c'était avant
10:11le AI Action Summit.
10:12Et c'était la semaine suivante.
10:14Alors, il se trouve que la présidence de la République nous avait demandé d'organiser des journées scientifiques en ouverture
10:20de ce sommet.
10:21Et déjà, ça, ça donne le vertige.
10:23C'est-à-dire que vous aviez un sommet de chefs d'État, au Grand Palais, un salon avec des
10:33entreprises, des grands acteurs économiques et, au fond, les citoyens, parce que ça impacte la vie quotidienne.
10:39Et vous aviez un colloque scientifique la semaine précédente.
10:42Moi, je suis un mathématicien, je fais des maths pures une grande partie de ma vie.
10:46Je n'étais pas habitué à ce qu'un colloque scientifique ait une application politique et une application sociétale.
10:55C'est-à-dire comme une espèce de court-circuit.
10:56Ça, c'est la première chose.
10:58Enfin, une fois de plus, on a le vertige.
11:00Mais d'un autre côté, depuis février 2025, Dieu sait qu'il s'en est passé, des choses.
11:04À l'époque, ou peu avant, un des plus grands mathématiciens vivants qui s'appelle Terence Tao disait, je me
11:16sers de l'IA comme d'un étudiant de troisième année avec des aptitudes moyennes.
11:22Là, la semaine dernière ou il y a deux semaines, on a eu la résolution du problème de Navier-Stokes,
11:29qui est un des totems.
11:33Donc, on a vraiment le sol qui vibre sous nos pieds et tout change à une très grande vitesse.
11:39Et donc, il faut appuyer sur le frein ou pas ?
11:41Alors, si vous voulez, ça, c'est un débat.
11:44J'allais dire, c'est un débat d'experts et c'est un débat de citoyens aussi.
11:49Je ne sais pas s'il faut appuyer sur le frein.
11:52La position qu'on tenait à l'époque du colloque de février 2025, c'était une position assumée qui était
11:57de ne pas être dans le camp des apocalyptiques,
12:01ou pas être non plus dans le camp des B.A., mais d'être dans le camp de la lucidité,
12:07de l'optimisme vigilant.
12:09Il me semble que c'est cette attitude-là qu'il faut tenir, qu'il faille réguler la comparaison avec
12:17l'automobile et le fait qu'il a fallu un côté de la route et pas complètement déplacé.
12:25Et en tout cas, que l'IA soit une espèce de facilitateur incroyable, par exemple pour la recherche scientifique, sans
12:36parler de l'enseignement, c'est une évidence.
12:39Vous vous souvenez, c'était Steve Jobs qui disait, finalement, l'humain, c'est un des mammifères les plus lents
12:47à se déplacer sur la planète.
12:49Bon, si vous lui donnez une bicyclette, il bat tout le monde.
12:52Et à ce moment-là, il parle de l'ordinateur, il dit, l'ordinateur, it's a bicycle for the mind.
12:57Bon, là, on a un outil qui va nous permettre, d'une certaine manière, de prendre un niveau d'altitude.
13:04Par exemple, si on parle de maths, on va pouvoir voir le champ de bataille d'assez haut.
13:09Avec quand même cette logique qu'on appelle, ou qu'on commence à appeler l'imbrication.
13:13C'est-à-dire, est-ce que l'humain, qui va devenir peut-être de plus en plus efficace grâce
13:17à l'IA, sera obligé d'avoir une IA et ne pourra plus s'en passer ?
13:21Alors, il y a des problèmes politiques, des problèmes de pouvoir, des problèmes de modification de ce que c'est
13:26que l'humanité, de modification de ce que c'est que le savoir et sa diffusion.
13:30Donc, ça va extraordinairement vite.
13:32Et qui suis-je pour prédire l'avenir ? Évidemment, non.
13:37Et pour avoir l'équilibre fin entre les précautions qu'il faut prendre et les opportunités.
13:44En tout cas, nous, notre attitude, c'est une attitude de scientifique et une attitude rationnelle.
13:50C'est-à-dire que, et c'est d'une manière générale, d'ailleurs, c'est l'attitude qu'on
13:53cherche à donner à nos élèves.
13:54C'est-à-dire, leur donner les outils pour maîtriser les choses.
13:57Vous le disiez tout à l'heure, vous présidez l'Eurotech Universities Alliance.
14:01Est-ce qu'il y a une vision européenne, justement, de cette IA ?
14:07Alors, est-ce qu'il y a une vision européenne de ce que c'est que le savoir ?
14:12D'une certaine manière, là aussi, sur ma carrière, qui maintenant commence à devenir assez longue,
14:18j'ai vu une évolution incroyable.
14:21Les Français, il y a quelques années, connaissaient assez peu les outils européens
14:24et finalement, s'intéressaient à l'Europe à travers Arasmus.
14:27Bon, c'est sympathique.
14:28Puis ensuite, à travers l'ERC, European Research Council,
14:31parce que ça donne des financements, etc.
14:33C'était intéressant.
14:34Bon, là, à nouveau, le monde a complètement basculé.
14:37C'est-à-dire que, du point de vue géopolitique,
14:40la construction de l'Europe,
14:42en particulier dans le champ de l'enseignement supérieur de la recherche,
14:45reprend une actualité extrêmement forte.
14:47Alors, quand je parle à mes amis de l'ATUM,
14:50la Technische Universität München,
14:52de l'EPFL, parce que c'est une alliance européenne au sens large.
14:55Donc, vous avez la Suisse et Israël, qui sont représentés par le Technion.
14:58Vous avez aussi les Danois de la DTU,
15:02Eindhoven.
15:03Et puis, on a fait rentrer récemment
15:06Taltec de Tallinn.
15:07Ils sont, j'aime autant vous dire qu'en cybersécurité,
15:10ils sont assez affûtés.
15:11Et puis, la Czech Technische Universität.
15:14Et c'est facile de parler le même langage ?
15:16C'est assez évident.
15:18Alors, je vais même être plus précis.
15:21Si vous parlez des grands défis,
15:25on travaille sur quoi ?
15:26On travaille tous sur l'IA,
15:28on travaille tous sur le quantique,
15:29les questions climatiques,
15:30les semi-conducteurs.
15:32Enfin, toutes ces questions-là sont communes.
15:35Alors, il y avait une question qui n'était pas commune.
15:37Et c'est très intéressant, parce qu'il y a deux ans,
15:41quand j'arrive au sein d'Eurotech,
15:42il y a un débat sur les programmes européens.
15:44Est-ce qu'il faut que la recherche duale,
15:47enfin, disons, la recherche militaire
15:48et la recherche civile,
15:49à travers ce qu'on appelle la recherche duale,
15:52eh bien, est-ce qu'il faut que ces programmes,
15:53est-ce qu'il y ait une porosité ?
15:55Et je suis le seul de mon espèce,
15:57parce que, évidemment,
15:58les Suisses et les Allemands,
16:00pour des raisons historiques bien connues,
16:02ils disent niettes.
16:03Surtout pas.
16:04Surtout pas.
16:04Il faut que ce soit très...
16:05Alors, moi, je leur dis,
16:07excusez-moi,
16:07vous comprendrez qu'avec les tutelles que j'ai,
16:09bon, là, c'est pas comme si c'était depuis hier
16:12que Polytechnique et que l'Ensta
16:14font de la recherche duale
16:16et, d'une certaine manière,
16:17enfin, les télécoms,
16:18ils ont en face, c'est tout ça.
16:20D'ailleurs, aujourd'hui,
16:21bien malin qui distingue
16:24ce qui a une application civile
16:25et ce qui a une application militaire.
16:26Par l'hypocrisie,
16:27donc, ceux qui disent...
16:28Si vous faites de la robotique,
16:29bon,
16:31et on en reparle
16:33il y a quelques mois,
16:35mais tout a changé.
16:35Le contexte géopolitique fait que
16:37c'est devenu une évidence.
16:38Il est bien clair qu'il va falloir travailler là-dessus,
16:41qu'il va y avoir des opportunités de financement
16:43et que c'est une responsabilité.
16:44Donc, oui, on parle le même langage,
16:46y compris là-dessus.
16:46Un dernier mot,
16:47il nous reste le temps,
16:48file vite,
16:48mais je voudrais quand même
16:49une dernière question sur l'IA
16:50parce que ça questionne aussi
16:52toute la chaîne éducative.
16:53Oui.
16:54C'est-à-dire,
16:55comment les établissements
16:57de l'Institut Polytechnique de Paris
16:59adaptent leur cursus ?
17:00C'est-à-dire,
17:00est-ce que vos étudiants doivent
17:02ou sont déjà en train d'apprendre différemment ?
17:04Bien sûr.
17:04Bien sûr.
17:05Et ça va aller très vite.
17:08Alors,
17:09d'une certaine manière,
17:12d'abord,
17:13depuis toujours,
17:14on donne des outils
17:15de très haut niveau
17:15aux étudiants.
17:17Ce n'est pas une question
17:17de contenu,
17:18c'est plutôt une question
17:19de méthode
17:20et de beaucoup de pédagogie
17:24par projet,
17:25beaucoup de pédagogie
17:26par la recherche,
17:27etc.
17:28Je pense que l'utilisation
17:30maîtrisée de l'IA
17:31et intelligente de l'IA
17:32sera assez naturelle.
17:33Mais effectivement,
17:34ça va nous bouleverser.
17:36Et tel qu'on se parle,
17:38je ne suis pas sûr
17:38que l'année académique
17:39se termine de la même manière
17:40qu'elle a commencé,
17:40d'une certaine manière,
17:41parce qu'il y a des choses
17:42qui vont apparaître.
17:43Alors, la question,
17:44ce n'est pas l'évaluation
17:46et est-ce qu'ils vont rédiger
17:48leur devoir de maths
17:48avec de l'IA ?
17:49Parce qu'évidemment,
17:49on va être un peu plus à l'oral,
17:51on va être un peu plus en présentiel,
17:52on va essayer quand même
17:53de stimuler ces capacités humaines
17:55qui sont essentielles,
17:56même et surtout
17:57si on veut faire de l'IA.
17:58Mais oui,
17:59la pédagogie va changer,
18:01mais plus profondément,
18:02c'est le rapport au savoir
18:03qui va changer.
18:04C'est-à-dire,
18:04non seulement les labos
18:05se servent de l'IA
18:06dès qu'ils ont beaucoup
18:07de données à examiner,
18:10et c'est souvent le cas,
18:12mais au fond,
18:13une fois de plus,
18:14même les disciplines théoriques
18:17vont évoluer,
18:18ça va être passionnant.
18:19Alors, parfois,
18:20c'est un peu angoissant aussi.
18:22Effectivement.
18:22Allez, on parle un peu plus,
18:24il nous reste 10 minutes,
18:25on va parler
18:26d'enjeux environnementaux
18:28et énergétiques.
18:29Vous avez mis en place
18:30un écosystème scientifique
18:32pour repenser,
18:35transformer la production,
18:36la consommation d'énergie.
18:37De quoi il s'agit ?
18:38Alors,
18:39un de nos centres interdisciplinaires,
18:41ceux dont je vous parlais
18:42tout à l'heure,
18:43s'appellent E4C,
18:45Energy for Climate.
18:46Alors,
18:47ces gens,
18:48ils viennent d'un univers
18:50qui s'appelle
18:51le laboratoire
18:52de météorologie dynamique,
18:53qui d'ailleurs
18:54implique d'autres institutions,
18:56et ce sont des gens
18:57qui prédisent
18:58l'évolution de l'atmosphère.
18:59Ils ont des instruments
19:00assez fabuleux,
19:03des lidars
19:04et toutes ces sortes de choses
19:05qui leur permettent
19:05de regarder l'atmosphère
19:07et de faire des prévisions climatiques
19:08à toutes les échelles,
19:09assez fines, etc.
19:10Bon,
19:10ça intéresse beaucoup de gens,
19:11évidemment.
19:13Et alors,
19:14il y a cette base scientifique,
19:18et puis,
19:19il y a quelque chose
19:20de très intéressant,
19:21d'assez particulier,
19:22c'est l'idée
19:23d'avoir des démonstrateurs
19:24sur le campus.
19:25Parce qu'après,
19:26un campus,
19:26c'est un lieu de vie,
19:28il se trouve qu'on a
19:29un certain nombre
19:30de bâtiments.
19:31Alors,
19:31l'école polytechnique
19:32est en train de rénover
19:33son bâtiment central,
19:34elle l'a fermé pour trois ans,
19:35il y a une superbe rénovation,
19:36il y a de nouveaux bâtiments
19:37qui ont été construits,
19:38mais enfin,
19:38il y a des bâtiments
19:39qui logent des étudiants,
19:41les étudiants du bachelor
19:43de l'école polytechnique,
19:43alors ça,
19:44c'est un bâtiment très récent,
19:45puis il y a des bâtiments
19:46plus anciens
19:46qui logent des familles,
19:48des familles de militaires,
19:50de personnes
19:50qui sont sur le campus.
19:51On a équipé ces...
19:54Enfin,
19:54ils ont,
19:55les scientifiques,
19:57ont équipé
19:57ces bâtiments de capteurs
19:59qui permettent
20:00à la fois
20:01d'avoir une évaluation fine
20:03des comportements
20:05de consommation,
20:05mais aussi des effets,
20:07par exemple,
20:07du stockage
20:08d'énergie solaire,
20:09de différents types
20:10de stockage.
20:11Donc,
20:11ce sont des labos aussi.
20:12C'est un labo...
20:13Les bâtiments de vie
20:13deviennent des labos.
20:14C'est ça.
20:15C'est un labo,
20:16c'est effectivement
20:17un démonstrateur
20:17in vivo.
20:19Bon,
20:19il y a un autre démonstrateur
20:20qu'on va mettre en place...
20:23Enfin,
20:23il est en train
20:24d'être mis en place,
20:24on le voit,
20:26sur le lac de l'école polytechnique
20:27qui extrait le CO2
20:29et le réutilise
20:30pour faire un carburant
20:32de synthèse.
20:33Donc,
20:33on a ce genre de choses.
20:34On a aussi une ferme
20:35agrivoltaïque.
20:35Bon,
20:36donc,
20:36c'est assez passionnant
20:38de voir
20:40comment ce grand thème
20:43impacte la recherche,
20:46impacte le lien
20:47avec l'entreprise
20:47et puis la vie quotidienne
20:49sur le campus
20:50et aussi impacte la formation.
20:52Parce qu'il y a un grand cours,
20:54le premier grand cours
20:57auquel sont confrontés
20:58les étudiants
20:59d'école polytechnique
20:59quand ils reviennent
21:00sur le campus
21:00en deuxième année.
21:01C'est un campus qui a...
21:03C'est un cours
21:03qui est fait par
21:04Stéline Guivarge
21:05qui est chercheuse
21:05à l'école nationale
21:06des Ponts et Chaussées
21:07et qui a impliqué
21:10toutes les disciplines
21:11sur les enjeux
21:12de la transition
21:15écologique,
21:15climatique,
21:16énergétique,
21:17etc.
21:17Si vous connaissez
21:18l'école polytechnique
21:20qui est sur un plateau,
21:21on vient du chemin
21:21de la station
21:23RER de Lozère
21:24et il y a un chemin
21:25qui monte dans les bois.
21:26Ils ont un casque audio
21:27et on leur fait...
21:28Le cours commence.
21:29Le premier cours
21:29commence là
21:30et on leur fait
21:31une sensibilisation
21:32à travers le campus
21:33à la transition écologique.
21:34Et l'école nationale
21:35dépense des chaussées
21:35elle aussi,
21:36dès la première année
21:39les sensibilise à ça.
21:40Est-ce que ça,
21:40Thierry Coulon,
21:41ça répond aussi
21:42à une demande
21:43des étudiants ?
21:44Je crois que c'est
21:44lors de la dernière
21:45mais il y en a eu d'autres
21:46cérémonie de remise
21:47des diplômes
21:49et un certain nombre
21:49d'étudiants
21:49qui se disent
21:50c'est quoi notre rôle ?
21:51Quel va être le rôle
21:52des ingénieurs
21:53face à ces défis
21:55climatiques,
21:56énergétiques,
21:56même géopolitiques ?
21:58C'est une demande
21:59qui s'exprime
21:59de plus en plus fortement ?
22:00Oui, bien sûr.
22:01Il y a des éléments
22:02d'éco-anxiété
22:03mais enfin
22:04la peur n'exclut pas
22:05le danger
22:06et il y a des éléments
22:07d'intérêt.
22:08Si vous voulez,
22:09quand vous prenez
22:11ces promotions
22:13d'école d'ingénieurs
22:14mais aussi des masters
22:15et des doctorats
22:16puisqu'on attire,
22:16on a 40%
22:17d'internationaux
22:18donc on attire
22:19beaucoup
22:19dans nos masters
22:21et nos doctorats
22:22ces jeunes gens
22:25cherchent du sens.
22:27Alors,
22:27ils auront des trajectoires
22:29très différentes.
22:30Les gens qui seront
22:31intéressés
22:32par la transition écologique
22:34d'autres par la défense
22:35et la sécurité
22:36d'autres iront
22:37dans l'IA.
22:38En tout cas,
22:38tous ont d'une part
22:40des outils
22:42de très haut niveau
22:42et d'autre part
22:43une sensibilisation
22:46aux enjeux écologiques
22:47d'une part
22:48à l'IA
22:48d'autre part
22:50et ensuite
22:50ils peuvent faire
22:51leur chemin.
22:53Est-ce que ça répond
22:54à un souhait
22:55d'une grande partie
22:56des élèves ?
22:57Oui,
22:57évidemment.
22:58Et alors là,
22:58vous nous parliez
22:59de ces grands cours
23:00l'arrivée,
23:01deuxième année.
23:02Est-ce que ça essaime
23:03dans un peu
23:04tous les cursus aussi ?
23:06Oui.
23:06L'enjeu
23:07et la transition environnementale ?
23:09Bien sûr,
23:10cet enjeu-là,
23:11mais les autres aussi.
23:13Enfin,
23:13il y a une richesse.
23:14Non,
23:14parce que ça pourrait
23:15être un silo,
23:15ça pourrait être,
23:16pardon de vous interrompre,
23:17mais un cours
23:17sur la transition environnementale
23:18et puis partout ailleurs
23:20on n'en parle plus.
23:20ce serait un peu absurde
23:21si on est...
23:23Bien sûr,
23:26les grands défis
23:27infusent
23:28dans toute la formation.
23:29Cela dit,
23:30il faut,
23:30comment dire,
23:31ne pas s'asseoir
23:32sur ses lauriers.
23:33Il va falloir faire évoluer
23:34sans cesse
23:35l'offre de formation
23:36et la graduate school
23:38qui propose
23:40les masters
23:41et les doctorats
23:42évolue sans cesse.
23:43La semaine dernière,
23:45on a regardé
23:46comment dans le prochain
23:47conseil d'administration
23:48on va présenter
23:48les évolutions
23:49de l'offre de formation.
23:50C'est une matière vivante,
23:51évidemment.
23:52Vous travaillez aussi
23:53sur le bilan carbone.
23:54Alors,
23:54vous avez en partie répondu
23:55en disant qu'il y avait
23:56ces démonstrateurs
23:57ou ces laboratoires
23:59vivos.
24:00Mais si je regarde,
24:01je pense que c'est seulement
24:02l'école polytechnique
24:03mais ce plan climat
24:05qui affiche une réduction
24:06de 20% des émissions
24:07de gaz à effet de serre
24:08par usager,
24:0950% des commandes
24:10intégrant des critères
24:11environnementaux sociaux,
24:12baisse de 30%
24:13des repas à base de bœuf,
24:15etc.
24:17Dans les six écoles,
24:18il y a cette volonté,
24:20vous avez fait un audit,
24:21une sorte d'audit carbone
24:24pour dire voilà
24:24où on veut aller.
24:25La manière dont on fonctionne,
24:27c'est que quand quelqu'un
24:29est en avance
24:30et fait quelque chose de bien,
24:31on diffuse
24:32et on imite.
24:33Donc,
24:33il y a un plan climat
24:34de l'X
24:35qui est remarquable.
24:36Il faut qu'on fasse
24:37effectivement
24:39un bilan
24:40de l'impact carbone
24:42des labos.
24:43Il y a une association
24:43qui s'appelle
24:44Labo 1.5
24:45qui travaille là-dessus
24:47et qui peut nous fournir
24:48des outils.
24:49Oui,
24:49on va généraliser ça.
24:50C'est très important.
24:52Avec,
24:53j'imagine,
24:54les déplacements
24:55des étudiants,
24:56des intervenants
24:56qui pèsent
24:57pour une partie importante.
24:58Les chercheurs,
24:58on y réfléchit tous.
25:00On se demande tous
25:01si les antacologues
25:02Est-ce qu'il y a des cycles
25:03dans ces défis ?
25:04Là,
25:04on parle,
25:05si je regarde,
25:06je parle du prisme médiatique,
25:08mais on parle
25:10IA partout,
25:11ça fait la une
25:11de nombreux magazines
25:12et peut-être un peu moins
25:14à tort à mon avis
25:15des défis
25:16et des enjeux
25:16environnementaux.
25:17Est-ce que vous voyez
25:18ces cycles,
25:18vous,
25:19à l'œuvre
25:19pour des grandes écoles
25:20comme les vôtres ?
25:21On les voit
25:22parce qu'on lit les journaux.
25:25On les voit
25:25parce qu'on lit les journaux.
25:28On est sensible
25:30non pas à des cycles
25:32de mode
25:32mais à des grandes évolutions.
25:35Effectivement,
25:36l'enjeu géopolitique,
25:38il y a encore
25:39quelques années,
25:39il n'a pas la même
25:41acuité.
25:41Il y a quelques années,
25:42on peut se dire,
25:43dites donc,
25:43avoir des écoles militaires,
25:44est-ce que c'est
25:45une rémanence du passé ?
25:47Est-ce que c'est du folklore ?
25:48Est-ce que ça a un sens ?
25:49Oui,
25:49il se trouve que ça
25:51a un sens parfait.
25:52Mais là,
25:53on parle de grandes évolutions
25:55qui ne sont pas
25:57vraiment cycliques.
25:58Enfin,
25:58à moins que le monde
25:59dans dix ans
26:00rentre dans une ère
26:01de paix
26:03inespérée.
26:05Alors,
26:05en revanche...
26:06Je pose la question
26:06parce que
26:07quand on prépare
26:09des cycles
26:13d'investissement,
26:14de cursus scolaires,
26:15etc.,
26:16on ne peut pas
26:16suivre comme ça
26:17les modes ?
26:18Mais les modes,
26:20on y est moins sensible.
26:21C'est-à-dire que...
26:22Alors,
26:22il y a une question politique,
26:24une question d'arbitrage
26:25qui est...
26:26On nous parle
26:26du backlash
26:26à propos des questions
26:29environnementales.
26:30Nous,
26:30on reste très calme
26:31par rapport
26:32à ces questions-là.
26:34Il y a un mouvement
26:34de fond.
26:35il suffisait
26:37d'être en France
26:38cet été
26:38pour avoir
26:39le sentiment
26:40qu'il y avait
26:41une certaine urgence.
26:43Donc,
26:43de toute façon,
26:45à la fois,
26:46c'est intéressant
26:47parce qu'on cherche
26:47à être connecté
26:49au grand défi,
26:50connecté à l'économie,
26:51mais d'un autre côté,
26:52ce qu'on fait,
26:53c'est de fournir
26:53des méthodes scientifiques
26:56et de fournir
26:56une espèce
26:56de souplesse,
26:58quand même,
26:58de capacité
26:59d'adaptation
27:00aux étudiants.
27:01Et puis,
27:03on fait aussi
27:04de la recherche fondamentale.
27:06une fois de plus,
27:08voilà une opposition
27:09qui est difficile
27:11sur laquelle
27:12il n'est pas
27:12très utile
27:13d'insister.
27:13On fait des lasers.
27:15Les lasers,
27:15ça peut servir
27:15à beaucoup de choses.
27:16Alors ça,
27:17c'est des installations
27:17très lourdes.
27:18On ne va pas défaire
27:19en cinq minutes
27:19et sur lesquelles
27:20on va continuer
27:21à travailler.
27:25Et oui,
27:26on a l'impression
27:27que ces grands investissements
27:29de recherche,
27:29ils resteront
27:30de toute façon pertinents.
27:31Merci beaucoup,
27:32Thierry Coulon,
27:33d'être venu nous présenter
27:35les six grandes écoles
27:37d'ingénieurs
27:37de l'Institut Polytechnique
27:38de Paris.
27:39À bientôt
27:40sur Bismarck 4chan.
27:41Voilà,
27:41c'est la fin
27:42de cette émission.
27:43Merci de votre fidélité.
27:45À très bientôt
27:46sur la chaîne des affaires,
27:47sur la chaîne des audacieuses
27:48et des audacieux.
27:49Salut.
27:54Sous-titrage Société Radio-Canada
27:56Sous-titrage Société Radio-Canada
27:57Sous-titrage Société Radio-Canada
27:58Sous-titrage Société Radio-Canada

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