00:00Avec Sylver Luquin, bonjour et bienvenue à vous, vous êtes président de la biothèque Okomera.
00:05Vous personnalisez la prise en charge du cancer avec une technologie avancée où vous reproduisez les tumeurs, si j'ai
00:11bien compris, en les miniaturisant,
00:13ce qui permet ensuite d'analyser ces miniaturisations et de trouver en fait des protocoles adaptés, c'est bien ça
00:22?
00:22Tout à fait, Okomera c'est une spin-off de l'école polytechnique qui a maintenant aujourd'hui 5 ans
00:25et qui effectivement développe une plateforme,
00:28la première plateforme au monde qui permet sur ce genre de puce que j'ai là dans la main, de
00:33recréer effectivement à partir de la biopsie du patient
00:35une centaine d'avatars de la tumeur, des jumeaux biologiques, on parlait de jumeaux numériques juste avant, de la tumeur
00:40du patient.
00:41Et effectivement ça a un intérêt assez fort puisqu'en l'oncologie aujourd'hui on a une double tension assez
00:45nette sur tout le spectre de développement de traitement.
00:48En aval, côté patient, en fait aujourd'hui on a besoin de toujours plus de traitements personnalisés,
00:53on dit toujours qu'en fait on a un patient sur deux en moyenne qui ne répond pas à sa
00:56première ligne de traitement,
00:57c'est-à-dire pour laquelle la chimiothérapie n'endiquera pas la croissance.
01:00Donc ça, ça permettrait d'éviter les protocoles qui ne fonctionnent pas et de perdre du temps finalement pour un
01:04malade ?
01:04Et aussi en amont également, en développement de médicaments, puisque développer des médicaments aujourd'hui ça coûte toujours plus cher,
01:11c'est toujours plus fastidieux, on dit toujours que 90% des traitements n'atteignent jamais les phases cliniques.
01:15Mais alors comment vous faites justement pour fabriquer ces mini-tumeurs ?
01:18C'est-à-dire qu'on prend un morceau de la tumeur du patient et ensuite on la réplique ?
01:22Et comment ça fonctionne ? Est-ce que vous parliez d'une puce ? Mais c'est quoi ? C
01:24'est une puce électronique et on la met dessus ?
01:26C'est une puce microfluidique. Alors l'idée c'est qu'en fait, la tumeur est effectivement...
01:31On vient ponctionner une partie de la tumeur, on vient désagréger, on vient à une biopsie.
01:35Et enfin on vient la mettre directement dans la machine et la machine vient en fait, par une technologie microfluidique,
01:41recréer une centaine de mini-avatars de cette tumeur qui sont parfaitement identiques, parfaitement productibles.
01:46Tout ça de façon complètement automatisée et standardisée. C'est l'unicité de notre approche.
01:50Et donc là on va tester plein de types de protocoles de médicaments et voir celui qui est le plus
01:54efficace potentiellement.
01:55Et on peut le faire pour n'importe quelle tumeur, n'importe quel cancer ?
01:58Tout à fait, c'est une technologie qui n'est pas en cancer, qui est agnostique.
02:01Donc qui pourrait effectivement être utilisée sur n'importe quel type de tumeur et de cancer.
02:05Alors vous venez d'annoncer un accord commercial avec Servier.
02:09Tout à fait.
02:10En quoi c'est une étape clé dans ce développement industriel ?
02:14Alors c'est une étape clé pour deux raisons. La toute première, c'est qu'effectivement c'est une très
02:17très grosse validation de la proposition de valeur,
02:20et notamment de tout ce qu'on vient d'évoquer à l'instant.
02:22Servier, aujourd'hui, en fait, ce qui les intéresse, c'est de mettre en place ce genre de processus en
02:27interne pour dérisquer et accélérer leur développement de médicaments,
02:30en particulier dans les phases amont.
02:32Et ce qu'ils apprécient énormément dans notre approche, c'est effectivement cette approche de standardisation et d'automatisation.
02:38C'est aussi effectivement l'occasion de démontrer le potentiel pan-cancer, on l'évoquait à l'instant,
02:42puisque aujourd'hui le projet, cette collaboration avec Servier, c'est un projet où ils utilisent notre technologie sur deux
02:49projets différents,
02:50en l'occurrence des identifications de cibles dans le cancer du pancréas et dans le cancer du glioblastome.
02:57Et puis effectivement, plus globalement, pour l'histoire de la société, aujourd'hui, Okomera, c'est une société qui a
03:03un tournant assez majeur.
03:04On était dans une phase où on développait cette technologie pendant cinq ans, où on a exploré différents cas d
03:09'usage,
03:09et aujourd'hui, en fait, on rentre dans la vraie vie, c'est l'occasion d'aller effectivement se confronter
03:13directement à des utilisateurs,
03:15c'est l'occasion effectivement de tester en vie réelle notre technologie.
03:20Et en fait, ce premier accord commercial avec un premier client, c'est la parfaite démonstration de tout.
03:25Et quelle échéance finalement pour le patient, ces avancées, ça va prendre combien de temps ?
03:30Alors sur ces nouveaux traitements, j'aurais beaucoup de mal à le dire effectivement,
03:34parce que c'est en fait des projets qui sont propres à Servier,
03:36et tout l'enjeu de ces collaborations, c'est qu'ils utilisent cette machine en autonomie sur leurs propres projets.
03:43Effectivement, l'ambition, c'est de pouvoir accélérer ces développements,
03:46mais tout est entre les mains des équipes de Servier, notamment de Nicolas Mollinier.
03:51De notre côté, effectivement, ce que j'arrête pas de dire aussi, c'est que notre technologie,
03:54c'est une technologie qui a la particularité, parce qu'on standardise, d'aller toucher toute la chaîne des valeurs.
03:59On parlait de l'amont, on va aussi potentiellement aller jusqu'à l'aval,
04:02puisqu'en standardisant, en automatisant, on peut également aussi s'inscrire dans un workflow clinique,
04:06ce qui est un propre de notre approche, et donc notamment d'aller aider les oncologues.
04:11Et là, c'est un des axes stratégiques aussi importants sur lesquels la société se projette,
04:15et sur lesquels on aimerait se projeter dans les prochains.
04:17Merci Sylvain Lucas d'avoir été notre invité.