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  • il y a 33 minutes
Ce jeudi 5 novembre, réécoutez en podcast le replay de French Tech sur BFM Business.

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Transcription
00:00Bonjour Jean-Mac, bienvenue à vous, vous êtes cofondateur et président d'Inévitable.
00:04Alors que le monde de la culture s'inquiète, vous voulez révolutionner le cinéma français grâce à l'IA.
00:09Alors vous voulez faire du cinéma virtuel, qu'est-ce qui serait fait avec l'IA ? Quelle place pour
00:14l'humain ?
00:15Alors notre studio, effectivement, Inévitable, permet de faire des films beaucoup moins chers que ce qui se fait habituellement,
00:22mais on laisse l'humain au centre du jeu, ça serait très important.
00:25Beaucoup moins chers, c'est-à-dire que vous promettez un blockbuster en 4 mois pour 250 000 euros,
00:29là où ça prend des mois, voire plusieurs années, et des budgets de 50 millions.
00:34Oui, alors c'est à partir de 250 000 euros, c'est-à-dire que si jamais la charte graphique
00:38est amenée,
00:39tout le travail est fait, on n'a plus qu'à fabriquer le film, effectivement ça coûtera ça.
00:42Après, plus on a de travail à faire, plus ça sera cher.
00:454 mois, oui, bien sûr, ça permet d'aller beaucoup plus vite.
00:47Pour autant, le réalisateur à la fin aura le film qu'il avait exactement en tête,
00:51c'est-à-dire que l'IA n'est qu'un outil pour l'aider à faire le film qu
00:55'il veut faire,
00:56et ensuite les comédiens jouent, c'est-à-dire que...
00:59Donc c'est des vrais comédiens ?
01:00Ce sont des vrais comédiens.
01:01Et ils tournent vraiment, et sauf que c'est l'IA qui monte et qui mixe et tout ça ?
01:05Alors, on fait tourner les comédiens, les prises sur fond vert ou sur Studio Motion Capture,
01:12ensuite vous avez le réalisateur qui valide les prises,
01:14et ensuite, si vous voulez, le scan des visages avec exactement la prise
01:18est envoyé au niveau de la prévisualisation qui a été faite en animation.
01:22C'est-à-dire que le réalisateur, plan par plan, a décidé du film qu'il voulait,
01:26le film qu'il avait en tête, et à partir de là, nous, avec notre technologie,
01:29on sort le film en live action avec les comédiens et avec les bonnes prises.
01:33Voilà, moi qui suis un promoteur d'utiliser l'IA un peu dans tous les domaines,
01:38mais je me dis quand même, vous êtes producteur, réalisateur depuis 20-25 ans,
01:41vous connaissez ce milieu-là, qu'est-ce qui vous a pris d'aller vous lancer tout ça ?
01:46C'est un peu, alors je comprends, l'utiliser l'GA,
01:49mais c'est un peu casse-gueule quand même dans ce milieu-là, aujourd'hui.
01:52Non, je ne pense pas, je pense qu'à partir du moment où on aura rassuré le milieu,
01:57je pense qu'il sera en ravi de travailler avec nous.
01:59En fait, effectivement, de toute façon, ça fait 12 ans que je fais des séries qui sont hybrides,
02:03c'est-à-dire qui mélangeaient animation, prise de vue réelle,
02:06et aussi effet visuel.
02:07Donc, de toute manière, d'aller ensuite vers l'IA, c'était quelque chose, c'est logique.
02:12Vous en avez parlé au Festival de Cannes, ça a été accueilli comment d'ailleurs ?
02:14Très bien, parce qu'en fait, certains journalistes sont venus nous interviewer,
02:20on a vu au bout de deux, trois questions que c'était un peu abrupt le sujet,
02:23mais quand on explique, après, il n'y a aucun problème.
02:26C'est-à-dire que notre but à nous, ce n'est pas de ruiner les collègues,
02:29notre but à nous, c'est de faire des films.
02:31C'est quand même ce qui va arriver.
02:32Ah non, pourquoi ?
02:33Parce que c'est quand même la fin du cinéma,
02:36tel qu'on le connaît.
02:38C'est un peu la fin de l'exception culturelle française, non ?
02:40Non, non, non, on travaille avec le CNC, vous savez,
02:43c'est-à-dire que là, en fait, on a une manière de travailler
02:46qui nous permet de faire des économies,
02:48mais les gens sont payés, la chaîne de droit est respectée,
02:50les comédiens travaillent,
02:51on va pouvoir même utiliser des comédiens,
02:54je ne sais pas, moi, de 60 ans,
02:55qui vont jouer un jeune de 18 qui va faire sa promenade,
02:59on va pouvoir faire travailler des comédiens qu'on aime
03:02et qui sont un peu plus âgés et on va pouvoir les rajeunir
03:05avec leur autorisation.
03:07Ça ouvre, le champ des perspectives est énorme
03:09et à aucun moment, on ne chante l'humain.
03:12L'humain va rester au centre du jeu.
03:13Mais justement, on a vu, je ne sais plus le nom,
03:16c'était un film en Chine,
03:17la Zhang Ziyi, quelque chose,
03:19qui a été un film entièrement réalisé en IA,
03:21on a vu que ça n'avait pas tellement marché,
03:23alors ils ont fait beaucoup de promotions pour dire
03:24c'est fait avec de l'IA,
03:26même par curiosité, les gens n'y sont pas allés.
03:28Vous pensez que le public,
03:30on va peu à peu s'habituer à avoir de plus en plus d'IA
03:34et puis ma question suivante,
03:35c'est que ça arrivera quand le jour où on ne ménagera plus personne ?
03:39On dirait, maintenant, film totalement en IA,
03:40il n'y a plus d'acteurs.
03:41C'est ça, est-ce que ce n'est pas une première étape
03:43vers la fin des acteurs, la fin des réalisateurs ?
03:46Non, parce qu'en fait, vous avez des films d'animation
03:49et les films d'animation,
03:50vous ne voyez pas les comédiens, ce genre de choses.
03:52On peut faire de l'animation avec de l'IA,
03:53donc en fait, à partir du moment où on fait du live action,
03:56c'est qu'on a envie de tourner avec des auteurs,
03:59avec des réalisateurs, avec des comédiens.
04:00Donc moi, j'ai envie de travailler avec des comédiens,
04:04je pourrais vous en citer une vingtaine,
04:05je rêve de travailler avec eux
04:06et il n'est pas question de les chanter
04:08parce qu'un bon film, c'est un bon scénario
04:10et aussi des émotions.
04:12Les émotions, c'est les comédiens.
04:13Les émotions, elles seront toujours là
04:14parce qu'en Chine, effectivement,
04:15comme le disait Frédéric,
04:17il n'y avait pas eu de public.
04:18Voilà, il n'y a pas eu de public,
04:20mais il n'y avait pas de comédiens non plus.
04:23Nous, notre but, c'est de faire des films
04:26que vous garderiez dans votre tiroir sinon,
04:28parce que le budget, il est ce qu'il est.
04:30Ça participerait à une démocratisation aujourd'hui
04:33parce qu'on peut dire qu'il y a des jeunes,
04:34ils ont plein d'idées,
04:36mais certains vont le faire avec leur iPhone
04:39un peu comme ils peuvent.
04:40Et vous pensez que là,
04:42le type d'outil que vous proposez avec Inevitable,
04:44ça permet de ça ?
04:46C'est exactement le terme.
04:47On va démocratiser, alors d'une part,
04:49du côté des jeunes,
04:50parce que c'est difficile de rentrer dans le milieu du cinéma,
04:53donc en fait, des jeunes de 18, 20, 25
04:55vont pouvoir faire des films qui vont être,
04:58voilà, des pépites, on espère,
04:59et ensuite, ils vont avoir une énorme carrière
05:00et on les aura aidés à ça,
05:01parce que ça coûte beaucoup moins cher,
05:03donc on peut leur donner leur chance,
05:04et ça va démocratiser aussi au niveau international,
05:07parce que les pays africains,
05:09les pays sud-américains,
05:10vont pouvoir faire leur blockbuster,
05:12vont pouvoir avoir des images
05:13qui sont à la hauteur des films hollywoodiens,
05:15et vont pouvoir exporter leur culture.
05:17Et ça, ça va être très intéressant à faire aussi.
05:18Merci Jean-Marc d'avoir été avec nous ce matin,
05:20cofondateur et président d'Inévitable.
05:23Merci à vous.
05:24Et c'est une interview à retrouver en podcast en replay
05:26sur l'application BFM Business.
05:28Merci Frédéric Simotel.

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