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  • il y a 23 minutes
Ce mercredi 7 octobre, retrouvez le replay de French Tech présenté par Anthony Morel sur BFM Business

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Transcription
00:00La souveraineté numérique, ça va vous parler Olivier Lambert, complètement, on est en plein dedans,
00:03directeur général et cofondateur de Vates, entreprise de plus de 150 salariés dans le cloud souverain.
00:09Vous nous dites exactement et concrètement, moi j'ai besoin de beaucoup de concrets, ce que vous faites ?
00:14Alors ce qu'on fait chez Vates, on est éditeur logiciel, on fabrique une couche essentielle
00:18qui fait fonctionner le cloud d'aujourd'hui, qui s'appelle la virtualisation.
00:22C'est une couche nécessaire et qui a permis l'émergence du cloud à la fin des années 2000
00:25et qui est socle et qui est présente partout dans tous les data centers.
00:29Ça veut dire quoi concrètement ? Il faut vous expliquer, je suis une entreprise, un patron de PME,
00:34qu'est-ce que ça m'apporte d'avoir un logiciel de virtualisation ?
00:36En fait, si vous êtes aujourd'hui un patron d'entreprise, vous l'utilisez déjà probablement
00:40par rapport par exemple au leader du marché qui s'appelle VMware
00:43et donc c'est comme ça que vous connaissez cette technologie qui permet d'avoir plusieurs machines
00:47sur une seule machine physique, un seul serveur.
00:49Cette technologie, elle est incontournable aujourd'hui et il y avait un acteur monopolistique
00:53et il y a eu un événement de marché par rapport à cet acteur.
00:55VMware qui a été racheté par Broadcom et c'est là que vous vous insérez en réalité, vous Vattes ?
01:00Exactement, nous on produit un produit, on fait une solution exactement similaire à ce que fait VMware
01:05alors pas à 100% des capacités parce qu'ils sont leaders de très très loin
01:09mais par contre aujourd'hui on a une accélération très forte depuis ce rachat
01:12et avec une petite particularité c'est que Vattes on est présent à 50% aux Etats-Unis déjà
01:18à l'origine en fait on est surtout présents aux Etats-Unis, par contre on constate depuis 2-3 ans
01:22une très forte croissance en Europe avec une prise de conscience des décideurs
01:26justement sur ces questions de souveraineté.
01:28Alors c'est bien qu'il y ait un marché et que vous reveniez vers l'Europe,
01:31c'est pas nous qui allons nous en plaindre mais l'Europe c'est maxi réglementée
01:34est-ce que en termes de business c'est intéressant pour vous ?
01:37Oui c'est intéressant parce que je pense qu'effectivement ces histoires de souveraineté
01:41étaient un peu des vœux pieux il y a encore 3-4 ans
01:44mais on a eu ce double effet de cet acteur qui s'est fait racheter
01:48avec en plus l'administration Trump et ces tensions géopolitiques qui arrivent
01:53et il y a eu une vraie demande de sourcer différemment ces solutions informatiques
01:57de manière générale et plus particulièrement dans notre cas de la virtualisation.
02:00Donc c'est un deuxième accélérateur pour nous qui nous permet de nous développer encore plus vite.
02:03Donc vous le sentez, on aime bien avoir un peu l'humeur générale des entreprises
02:07c'est-à-dire qu'il y a vraiment des chefs d'entreprise qui viennent vous voir aujourd'hui
02:09et qui disent nous avec tous les sujets autour de la souveraineté
02:12on commence à avoir peur d'une intrusion américaine dans nos datas
02:16c'est ce genre de choses et donc on veut revenir vers des solutions européennes
02:19ça c'est vraiment une petite musique que vous entendez ?
02:21Alors c'est plus qu'une petite musique
02:22aujourd'hui l'Europe est devenue notre zone de croissance la plus forte
02:26et donc ça se traduit de manière très concrète en termes de revenus d'ores et déjà
02:30donc cette prise de conscience comme je disais elle est arrivée il y a 2-3 ans
02:33mais aujourd'hui les chefs d'entreprise commencent à joindre le geste et la parole.
02:38Parce que le risque concret c'est quoi ? C'est justement le fait qu'avec le Patriot Act par
02:43exemple
02:43les Etats-Unis aient accès potentiellement à des données qui sont hébergées sur des serveurs
02:47y compris des serveurs en France si c'est hébergé par des entreprises américaines ?
02:51Ça fait partie des risques mais il y a aussi le risque je pense de monoculture sur le marché
02:56le fait d'avoir cherché à n'utiliser qu'une seule solution pour toute son infrastructure
03:00d'ailleurs qu'elle soit chinoise ou américaine
03:02donc il y a plutôt une prise de conscience de se dire on a besoin d'avoir de l'expertise
03:05en Europe
03:05de l'ARD faite en Europe et que s'il s'agit pas juste d'exploiter une solution
03:09mais aussi de la maîtriser toute la chaîne de valeur finalement
03:11et on en revient à ce besoin de maîtriser la chaîne de valeur.
03:14Vous êtes sur des solutions open source et vous dites que les entreprises et leurs décideurs
03:19ont du mal à comprendre tous les avantages de l'open source
03:22ils l'adoptent mais ils ne la maîtrisent pas.
03:25Qu'est-ce que vous voulez dire par là et justement rappeler peut-être ce que c'est que les
03:28avantages de cela ?
03:29Bien sûr. Alors l'open source c'est un petit peu une garantie du fait que même si l'éditeur
03:34a un problème ou disparaît
03:35le code reste toujours à disposition donc c'est un peu si vous voulez une sécurité
03:38vous avez la possibilité aussi de l'auditer c'est pour ça qu'on a des acteurs américains de la
03:42défense par exemple
03:42qui nous font confiance parce que notre code est open source.
03:45Ensuite sur cette adoption de l'open source il faut aussi comprendre que qui le fabrique cet open source
03:49parce que si vous utilisez de l'open source qui est édité presque à 100% par des sociétés américaines
03:53finalement vous n'avez pas non plus la maîtrise
03:55et donc nous on essaie d'instaurer ou de donner cette idée que faire du code open source c'est
04:00déjà une très bonne chose
04:01mais deuxièmement il faut que les gens qui le fabriquent soient en Europe.
04:04Comment on résiste face aux géants américains ?
04:06On parlait à l'instant de Mistral qui est un peu le petit village gaulois face à Anthropik ou face
04:11à OpenAI
04:11mais qui ne se bat pas avec les mêmes moyens et pas dans la même cour.
04:14J'allais prendre la comparaison avec vous, vous êtes 150 salariés du côté de Grenoble
04:17VMware c'est une entreprise qui a été rachetée 70 milliards de dollars.
04:22Il faut se rendre compte encore une fois de l'écart c'est des ordres de grandeur.
04:25Comment on fait pour être compétitif dans ces conditions-là ?
04:27Alors on est compétitif sur la façon dont on se place sur le marché.
04:30La stratégie de Mistral est aussi intéressante, il y a les aspects souverains, le développement en Europe,
04:34la maîtrise de la chaîne de valeur et aussi il y a un égalisateur aujourd'hui qui arrive, c'est
04:39l'IA.
04:40L'IA elle permet à des entreprises qui n'avaient pas les moyens de ces gigantesques entreprises précédemment
04:44d'aller beaucoup plus vite entre l'idée et la réalisation.
04:46On est capable aujourd'hui de faire en une semaine ce qui nous aurait nécessité
04:49beaucoup plus de temps et de moyens précédemment.
04:52Donc je pense qu'aujourd'hui on est une situation où acteurs européens
04:55on a la capacité de compétitif même face à des géants
04:57et sur juste l'aspect recrutement qui est intéressant,
05:01les grandes entreprises américaines ont battu le rappel de faire venir tout le monde en présentiel.
05:05Si vous vous battez sur le terrain de la qualité de vie au travail,
05:07la possibilité de faire du télétravail à votre guise,
05:10vous êtes compétitif même sur les embauches.
05:12Oui parce que vous vous êtes en total télétravail.
05:14Exactement.
05:14Tout à fait.
05:15Vous avez donc levé 30 millions, c'est quoi la suite de cette levée pour terminer ?
05:19Alors la suite c'est utiliser cet argent pour accélérer dans différents domaines,
05:23ne pas avoir à choisir où on accélère.
05:25Accélérer sur la partie commerciale évidemment,
05:27accélérer sur les marchés où on est déjà fort,
05:28je parlais des Etats-Unis, mais ça veut dire s'implanter plus.
05:30On a déjà une filiale certes, mais on a une quinzaine de personnes.
05:33Aujourd'hui on a envie d'accélérer encore sur ces marchés-là.
05:36Certes l'Europe c'est la plus forte croissance,
05:37mais on ne néglige pas le fait qu'aujourd'hui on est devenu ce qu'on est devenu grâce au
05:40marché américain.
05:41Merci beaucoup Olivier Lambert, directeur général et cofondateur de VATES.
05:45Vous êtes à Grenoble c'est ça ?
05:46Le QG est à Grenoble, mais on a des gens de partout en France et une filiale aux Etats-Unis.
05:50De fait, puisque vous êtes à distance.
05:52Merci beaucoup d'être venu ce matin dans la French Tech.
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