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  • il y a 15 heures
Nicolas Dufourcq, directeur général de BpiFrance, était l'invité de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce jeudi 8 octobre. Ils sont revenus sur les temps forts du BIG 2026, notamment le "culot" des entrepreneurs, leur prise de risque au quotidien et l’effort budgétaire auquel ils doivent contribuer, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le Grand Entretien avec Nicolas Dufourque ce matin, directeur général de BPI France.
00:05Bonjour Nicolas Dufourque et merci d'être avec nous pour le Grand Entretien.
00:09Nous sommes ici en direct de BIC, c'est le Grand Salon des Entrepreneurs que vous organisez ici à l
00:14'Accor Arena de Bercy.
00:16Merci de nous recevoir.
00:18Une question d'actualité pour commencer.
00:19Le Premier ministre a annoncé hier une baisse de 12 à 18 centimes du gazole.
00:25Est-ce que c'est une bonne nouvelle, voire un soulagement pour les entreprises ?
00:30C'est sûr que les patrons de PME que je rencontre, encore hier, disent tous que leurs collaborateurs qui ont
00:36pas mal de kilomètres à faire quand même, souffrent.
00:39C'est clair.
00:40Et en particulier dans l'industrie, l'industrie c'est les territoires.
00:43Donc beaucoup, beaucoup d'ouvriers en particulier ont une demi-heure, trois quarts d'heure de voiture, matin et soir.
00:50Donc on peut comprendre la pression que ça représente sur leur budget.
00:54Donc ce salon de l'Accor Arena ici, BIG, il réunit 95 000 inscrits, donc c'est un record cette
01:01année, 1000 intervenants, 500 ateliers et conférences, 225 heures de débat avec un thème retenu qui est le culot.
01:08Alors comment avoir le culot d'entreprendre, d'investir quand on a un taux à 10 ans qui frôle les
01:155%, peut-être une crise de la dette ?
01:17On n'est pas sûr d'avoir un budget ni même un gouvernement d'ici la fin de l'année.
01:20Oui.
01:20Bah écoutez, il arrive à la France des choses qui sont arrivées à tous les pays.
01:24Ça devait finir par arriver, vous savez.
01:26Bon, et donc l'Allemagne l'a vécu dans les années 2000, la Grande-Bretagne l'a vécu il n
01:31'y a pas longtemps, la Suède l'a vécu également, tous les pays du Sud l'ont vécu.
01:35Donc maintenant, c'est au tour de la France de faire ce travail qui consiste à ranger la maison de
01:40ses finances publiques, vous savez.
01:42Et on va tous y mettre, parce que si les finances publiques sont dans une grande grande difficulté, c'est
01:48aussi parce que le peuple français l'a finalement un peu souhaité, demandant, demandant, demandant, demandant, toujours plus de prestations
01:53sociales.
01:54C'est la faute des Français ?
01:55Comment ?
01:56C'est la faute des Français ?
01:56Non, je n'ai absolument pas la faute sur quiconque, c'est juste que c'est notre modèle de société.
02:01On ne peut pas à la fois dire qu'on a un modèle de société, dire qu'on en est
02:04fier, et dire que personne n'en est responsable.
02:06On est tous responsables de notre modèle.
02:08Voilà. On a tous nos empreintes digitales sur le truc, et on a tous nos doigts dans le pot de
02:13confiture.
02:14Voilà. Donc on va tous faire des efforts.
02:16Vous, BPI France, êtes un bon baromètre, finalement, de l'indicateur des entreprises.
02:20Vous êtes inquiet de la situation financière et budgétaire pour la France, pour les entreprises ?
02:27Ce qui m'inquiète beaucoup, c'est que beaucoup de gens ne prennent pas conscience de l'impact de leur
02:32comportement sur les marchés.
02:35Voyez-vous, on est comme une bande de tout petits personnages dans une cour de récréation qui se chamaille.
02:42Et dehors, vous avez un espèce de gigantesque yéti de 40 mètres de haut, très très poilu comme ça, avec
02:49des yeux méchants qui nous regardent et qui va nous donner un grand coup de jambe.
02:51Enfin, ça s'appelle le marché. C'est lui qui commande. C'est lui qui nous prête. C'est lui
02:57qui nous finance notre pouvoir d'achat.
02:59Le marché, le fameux marché que tout le monde déteste. Sauf que c'est grâce à lui qu'on a
03:03eu une augmentation du pouvoir d'achat pendant le Covid.
03:06Seul pays au monde. Donc il y a un moment, le yéti, il nous dit, vous êtes gentil, mais vous
03:11voulez ranger votre maison.
03:12Mais là, vous dites qu'il y a urgence. Il est minu moins le quart ?
03:15Il y a urgence.
03:17Il y a urgence.
03:18Absolument.
03:19Le culot. Pourquoi le culot, ce thème retenu pour ce salon big ?
03:24Eh bien parce que je voulais retrouver un thème qui soit autour de ces questions de l'audace et de
03:32la prise de risque.
03:33Je trouvais que la plupart des mots étaient des mots finalement un peu abîmés, fatigués. Même le mot audace finalement,
03:40un peu surutilisé.
03:42Et je me suis dit qu'en fait, le vrai mot qui définit la manière française d'être entrepreneur, c
03:49'est culot.
03:50D'ailleurs, c'est un mot intraduisible. C'est vraiment, c'est d'artagnan. C'est le panache. C'est
03:55le truc que vous retrouvez au fond de votre ventre.
03:58C'est sensationnellement animal. Et c'est ça qui vous emmène.
04:01Et ça, ça existe toujours du côté des chefs d'entreprise, des entrepreneurs. Vous sentez, vous, ce culot-là à
04:07vouloir, malgré les multiples crises, démographiques, climatiques, budgétaires...
04:13Les entrepreneurs, ils prennent des risques. C'est compliqué. Ce qui définit l'entrepreneur, c'est qu'il prend des
04:17risques tous les jours.
04:18Vous savez, quand vous avez un salarié qui travaille avec un entrepreneur et qui le regarde bien en se disant
04:22« Est-ce que je serais peut-être entrepreneur moi-même ? »
04:24Si vous observez bien comment fonctionne l'entrepreneur, vous allez reconnaître qu'il prend un risque tous les jours. Un
04:29nouveau risque.
04:30Voilà. Donc, il n'y a pas un entrepreneur qui ne comprenne le côté fondamental du culot. Ils ont tous
04:35eu leur moment.
04:36Il ne faut pas avoir du culot tous les jours, parce que le culot, il y a sa part de
04:39danger, quand même.
04:42Mais régulièrement, dans ces moments qui sont un peu décroisées des chemins, où il faut... ça passe ou ça casse,
04:46en réalité.
04:47Il faut se projeter, là, et vous allez chercher des ressources qui sont des ressources intimes, en fait, presque des
04:51ressources d'enfance,
04:54qui vous projettent vers le futur. Et quand vous avez agi, il y a un avant et un après. Vous
04:59ne vous retournez plus.
05:01Le budget vient d'être présenté. Il est en débat à l'Assemblée nationale. Il y a 4 milliards, déjà,
05:07de dépenses qui ont été supprimées dans les débats en commission.
05:13Vous, vous êtes inquiet ? Vous dites qu'il faut un budget ? Ce budget-là, il vous convient ?
05:19Ou il faut le modifier ?
05:21Non, il faut absolument le voter, ce budget. 54 milliards d'euros, c'est courageux. Et donc, il faut y
05:27aller, maintenant. Et il ne faut surtout pas le détricoter.
05:31Parce que s'il n'y a pas de budget, ça veut dire quoi pour les entreprises ? Ça veut
05:34dire quoi pour BPI France ?
05:35Mais s'il n'y a pas de budget, il y a une crise financière. Il faut que les gens
05:39comprennent ce que ça veut dire, une crise financière, quand même.
05:41Une crise financière, ça veut dire qu'un jour, vous avez quelqu'un qui va arriver à la télé, vous
05:45verrez son visage, on ne saura pas qui c'est.
05:47L'homme ou la femme providentielle du moment, et qui va dire, écoutez, voilà le plan, maintenant. Comme Jacques Delors,
05:52en 1983.
05:53Et le plan, c'est retraite à tel âge, c'est tant d'années de cotisation, c'est le chômage
05:58réduit à temps, c'est l'assurance maladie réduite de temps,
06:02c'est des efforts considérables sur le pouvoir d'achat pendant tant d'années. Il va vous le dire. C
06:07'est ça, une crise financière.
06:09Donc, il faut peut-être essayer de l'éviter.
06:11BPI France a octroyé ces cinq dernières années 5 milliards à plus de 6 000 opérateurs du tourisme et des
06:17loisirs.
06:17Vous lancez aujourd'hui la French Experience. C'est quoi le but ?
06:21Le tourisme, ça représente 8% du PIB, c'est gigantesque.
06:25C'est presque aussi gros que l'industrie.
06:27Et donc, c'est une communauté d'entrepreneurs exceptionnelle, qui d'ailleurs traverse à peu près toute la société,
06:32puisqu'il y avait beaucoup d'entrepreneurs de l'industrie qui investissent une partie de leur fortune dans le tourisme,
06:37ou des entrepreneurs de la French Tech, qui ayant fait une petite pelote, investissent également dans l'hôtellerie, par exemple,
06:44ou dans la restauration.
06:45Donc, c'est quelque chose qui est culturel chez nous, un énorme secteur.
06:48Ça représente donc une communauté humaine que nous rassemblons dans une nouvelle tribu, qui s'appelle la French Experience.
06:55Alors, il y a toujours un anglicisme, parce qu'en fait, on est en projection mondiale.
06:58C'est un peu comme la K-pop.
07:00Et donc, ça, c'est l'emblème désormais, l'espèce de fagnon romain, comme ça,
07:06qui descend les Champs-Elysées de la communauté française des entrepreneurs du tourisme.
07:10Et puis, il y a le fonds BPI France Défense, qui a été lancé il y a un an.
07:15Est-ce qu'il rencontre le succès escompté ?
07:17Ah ben, complètement, puisqu'on a passé les 150 millions d'euros.
07:21Ça ne nous est jamais arrivé, de collecter autant, aussi vite.
07:25Donc, non, ça rencontre vraiment un désir important de beaucoup de Français de savoir où va le répargne.
07:32Vous savez, ils mettent le répargne dans l'assurance-vie, ils ne savent pas très bien ce que ça devient,
07:35finalement.
07:36Ils ne savent pas très bien que ça finance la dette de l'État, pour partie, ils ne savent pas
07:39où ça va, en fait.
07:41Donc, ce côté anonyme, c'est un peu froid.
07:45Et puis, ça ne permet pas de comprendre comment fonctionne le capitalisme, au fond.
07:50BPI, c'est une banque de financement du capitalisme.
07:53Il y a une banque qui respecte le capitalisme.
07:54Le capitalisme, c'est quoi ? C'est les entrepreneurs, on les finance.
07:56Donc, notre produit grand public, complètement démocratique, d'investissement au fonds propres dans les PME,
08:04il répond à cette demande de compréhension intime du fonctionnement du circuit économique.
08:09Vous savez, on vous donne la liste, en plus, des PME dans lesquelles on va investir.
08:12Mais les Français, en tout cas, sont intéressés à investir dans la défense, dans la situation géopolitique que l'on
08:18connaît.
08:19Je voudrais vous faire réagir à Emmanuel Moulin, qui a été accusé de trahison par Jean-Luc Mélenchon,
08:24qui veut le poursuivre s'il est élu en 2027.
08:26Il l'accuse d'avoir publiquement pris parti contre son pays à l'étranger pour avoir déclaré au FT que
08:32la France risquait d'être étranglée par les taux d'intérêt.
08:35Donc, Emmanuel Moulin a répliqué sur France Inter, disant qu'il ne se laisserait pas intimider.
08:39Accusé de trahison, c'est quand même pas rien.
08:42Vous le soutenez ?
08:44Bah, c'est une vieille vieille tradition française qui remonte à Robespierre, quand même, à tout ça.
08:48Donc, je ne peux que déplorer le passage à la violence dans le discours politique français.
08:55Voilà, on a une banque centrale française, ça s'appelle la Banque de France.
08:58Elle est totalement indépendante depuis les lois qu'on a votées il y a maintenant bien longtemps.
09:03Il faut respecter cette indépendance.
09:05L'indépendance des banques centrales, c'est une condition de la démocratie économique.
09:09Donc, ça se respecte.
09:10Et puis, le président du MEDEF, Patrick Martin, a dit, lui, qu'une victoire de LFI le ferait fuir physiquement
09:16et financièrement.
09:18Vous aussi, vous partez, si Jean-Luc Mélenchon est élu ?
09:21La question ne se pose pas dans ces termes-là.
09:23Et de toute façon, je vais vous dire, la raison pour laquelle les gens se posent ces questions-là,
09:27c'est qu'on revient à nouveau, à l'occasion de cette présidentielle, un débat sur le capitalisme.
09:33Et donc, il faut traiter ce fond anticapitaliste de la société française,
09:37qui est quand même quelque chose qui nous ramène au Moyen-Âge.
09:40Le capitalisme, fortement régulé, le capitalisme tempéré par un État-providence le plus généreux du monde, c'est bien.
09:52Le capitalisme français, c'est un très beau capitalisme.
09:55Et donc, cette espèce de critique permanente contre les entrepreneurs, contre la vie économique,
10:00contre cette soi-disant accumulation du capital, c'est insupportable.
10:05Je vais vous dire, insupportable.
10:08Je n'admets plus que les entrepreneurs me disent, à chaque fois que je les rencontre, vous savez, j'ai
10:12peur.
10:14J'ai peur de dire que je réussis.
10:17La peur de l'entrepreneur.
10:17Alors que l'entrepreneur, il fait l'économie, et l'économie finance l'État-providence.
10:21Vous voulez quoi ?
10:22Vous voulez des retraites et de l'assurance maladie sans entrepreneurs ?
10:25Mais ça n'existe pas !
10:26Arrêtez de mentir aux gens !
10:28Vous voulez un État-providence ?
10:30Il faut du capitalisme.
10:31Donc, respectez le capitalisme.
10:33Une dernière question sur notre jeunesse qui manifeste, c'est l'acte 4 ce jeudi.
10:37Il y aura aussi une manifestation anti-IA à l'extérieur de Big aujourd'hui.
10:41Les revendications de la jeunesse, elles sont légitimes ?
10:44Est-ce que la jeunesse, elle a des raisons d'être inquiète pour son avenir ?
10:47Justement, peut-être avec l'arrivée de l'IA et aussi d'autres crises qui se profilent ?
10:52Il n'y a rien de très nouveau sous le soleil quand même.
10:54On a tous été jeunes.
10:55Moi aussi, j'ai manifesté.
10:58La jeunesse, c'est par définition une espèce extrêmement sauvage et c'est très bien comme ça.
11:02Quelles sont les revendications de la jeunesse ?
11:03Je ne suis pas sûr de le savoir.
11:07Est-ce qu'il y a un énorme problème du budget d'éducation nationale
11:09quand on voit les augmentations de budget qui ont été faites massives en sortie de Covid ?
11:12Je n'en suis pas sûr.
11:14Est-ce qu'il y a un problème de démographie ?
11:16La démographie de l'éducation nationale, elle est en chute libre quand même.
11:20Est-ce qu'on manque de profs ?
11:21Je n'en suis pas sûr du tout quand on regarde les comparatifs européens.
11:26Je note que...
11:30Vous avez 40% des professeurs français qui prennent au moins un arrêt maladie par an.
11:34Ce n'est pas du tout le cas dans le secteur privé.
11:36Donc il y a quand même des problèmes dans le système de l'éducation nationale.
11:39Et c'est vrai que je me mets à la place d'un élève quand le prof n'est pas
11:41là.
11:41C'est juste insupportable.
11:43Donc c'est ça qu'il faut traiter en réalité.
11:45Pour le reste, l'inquiétude sur le futur, l'inquiétude climatique, toutes les angoisses, elles sont tout à fait normales.
11:50Merci à vous Nicolas Dufourg d'avoir été notre invité ce matin, directeur général de BPI France.
11:56On vous souhaite évidemment un très beau salon BIG qui se tient aujourd'hui ici toute la journée à l
12:01'Accor Arena de Bercy.
12:03Très belle journée à vous.
12:05Merci.

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