00:00Chaque jour, il est 16h48, un expert de marché vient combattre le consensus et les idées reçues.
00:04C'est David Crug qui vient nous apporter le moral, David, on en a besoin à la financière de l
00:07'échiquier.
00:08Bienvenue, David.
00:09Oui, mais ça.
00:11Alors, on parlera peut-être, si vous voulez bien, un peu à un mot de la dette française dans un
00:14instant.
00:14Est-ce que le marché peut rebondir avec des taux aussi élevés ?
00:16Mais vous avez choisi de nous apporter, vous, des bonnes nouvelles au-delà de ces questions de taux et de
00:20dette,
00:20parce qu'il n'y a pas que les taux et la dette dans la vie, il y a aussi
00:22consommer.
00:23Il faut consommer.
00:24Non, et la croissance a un peu besoin de consommateurs quand même.
00:26La situation du consommateur américain est critique, certains le pensent, mais pas vous.
00:30Vous dites à ceux qui sont pessimistes sur la consommation que c'est des gros mythos.
00:32Voilà.
00:33Gros mythos.
00:35Gros mythos.
00:36Vous foudroyez en effet ceux qui sont trop pessimistes sur l'état des consommateurs américains.
00:40Pourquoi vous êtes optimiste, vous ?
00:41J'adore venir vous voir quand les marchés baissent, en fait.
00:43Il faudrait que je trouve juste ces jours-là.
00:46Non, je pense que c'est faux.
00:47Le consommateur américain est vraiment en forme.
00:49Alors, si on regarde d'un point de vue chiffre, finalement, on s'aperçoit que les données de carte de
00:53crédit
00:53qui sont données à nous par Citi et Bank of America, qui sont deux très très grandes banques,
00:58si ce n'est les plus grandes sur la partie particulière, en fait, les chiffres en septembre ont vraiment bien
01:03rebondi.
01:03Si on regarde les chiffres des dépenses hors alimentaire, on est à plus 3,1 %, ce qui est quand
01:09même un chiffre exceptionnel.
01:10Les ventes de détail, on les avait commentées, les ventes de détail du mois d'août ont été très fortes.
01:15Plus 1,2, c'est le plus haut chiffre depuis 2024.
01:18Si on regarde la croissance également globale, le fameux GDP Nowe d'Atlanta, on est à 3,7.
01:25Et d'ailleurs, hier, on va arrêter avec les chiffres, mais hier, le PIB a été revu à la hausse
01:28encore.
01:29Oui, on était à 1,2.
01:30C'était quand même un chiffre exceptionnel.
01:31Et si on regarde les taux de retard de paiement à 30 jours, c'est peut-être plus intéressant.
01:35Finalement, ils sont assez stables.
01:36Donc, stabilisation aussi dessus.
01:38Donc, si on regarde vraiment les chiffres, Guillaume, on n'a pas de détérioration.
01:41Même, on a une amélioration du consommateur américain.
01:44On le voit dans les chiffres, on le voit dans les dépenses, on le voit dans la consommation.
01:47Peut-être, d'ailleurs, que la consommation ait le meilleur return en bonheur.
01:51C'est peut-être là où il faut investir.
01:52Mais en l'occurrence, on voit des chiffres très solides.
01:55Oui, et des déclarations de CEO encourageantes, c'est ça ?
01:58Absolument, les CEOs de Beurre.
01:59Bon, là, vous pourriez m'apporter une contradiction,
02:02parce que c'est vrai, peut-être celui de Loulou Lepon va vous dire autre chose.
02:05Mais celui de Beurre, vraiment, nous a donné des indications.
02:07Uber.
02:07Uber, pardon, nous a donné des indications.
02:10Pardon, c'est la télé.
02:13Qui sont quand même très positifs pour les deux pans des consommateurs américains.
02:18Oui, c'est vrai que vous dépeignez plutôt un tableau idyllique.
02:21Ils sont parfaits, vos chiffres.
02:22Mais est-ce que ça se traduit vraiment dans les consommateurs ?
02:25Et aussi, oui, débat salaire.
02:27Ça, c'est vraiment une question importante.
02:29Il y en a plein, débat salaire.
02:29C'est une question.
02:30Marc Fiorentino, ce matin, dans sa lettre, disait d'ailleurs qu'il y avait une inégalité aux Etats-Unis
02:34qui était absolument extraordinaire, beaucoup plus forte qu'en France.
02:37Il a raison.
02:37Mais juste, il y a une chose qui commence à émerger de la part des brokers,
02:41et c'est intéressant, puisque je suis votre filtre ici de ça,
02:44c'est qu'on parle moins en moins du K-shape, donc de la figure en K,
02:48donc avec les hauts salaires qui montent et les bas salaires qui baissent.
02:50On a une figure maintenant en C-shape, un C.
02:52Il y a une forme de convergence.
02:54Donc, ça veut dire que les bas salaires arrêtent d'avoir des difficultés très fortes.
02:58Au contraire, on l'a vu d'ailleurs, selon Bancafé America,
03:01il y a une croissance des salaires après impôt de 4,7% sur les bas salaires,
03:06tandis que sur les hauts salaires, on n'est qu'à une progression de 3,5%.
03:10Ça veut dire, Guillaume, qu'il y a une inversion de la dynamique salariale,
03:13et c'est la première fois depuis fin 2024 qu'on voit ça.
03:16Donc, le premier point, c'est que déjà dans les salaires, ce qui est vraiment la clé,
03:19on voit que les bas salaires, on commence à avoir une amélioration.
03:23Alors, est-ce que ça vient des data centers ? Certainement.
03:25Est-ce que ça vient de l'IA ? Sûrement.
03:26Mais ça, c'est intéressant.
03:27Et le deuxième point, j'en ai que deux, qui m'intéresse vraiment.
03:31Il fait bien pour qu'on suive.
03:33Mais j'adore le deuxième point.
03:34C'est l'effet richesse, c'est-à-dire ce fameux wealth effect.
03:37C'est-à-dire qu'on a le sentiment, effectivement, à juste titre,
03:40que les hauts salaires, ceux qui ont un gros patrimoine, gagnent le plus.
03:43C'est vrai.
03:44Mais j'ai vu une stat qui m'a vraiment très intéressé.
03:46D'abord, chaque dollar supplémentaire de richesse génère 4 cents de plus de consommation.
03:52Donc, il y a un vrai effet.
03:54Vous pouvez répéter ce chiffre ?
03:55Alors, je vais le retenir.
03:56Selon Oxford, chaque dollar supplémentaire de richesse sur les marchés génère environ 4 cents de consommation additionnelle.
04:05Donc, il y a un vrai rapport entre marché et consommation.
04:07C'est le premier point.
04:09J'en suis déjà à deux, d'ailleurs.
04:10Donc, c'est le troisième.
04:10Et le chiffre qui m'a vraiment intéressé, c'est que 28% des Américains avec un revenu inférieur à
04:1650 000 dollars,
04:18donc on parle de bas salaire, eux, c'est leur critère, détiennent des actions.
04:23Ça veut dire qu'en dessous de 50 000 dollars de revenus, les Américains détiennent des actions et donc profitent
04:29de la hausse des marchés.
04:30Et ce n'est pas neutre.
04:31Et ça, on s'aperçoit, c'est là où le C-shape intervient, c'est qu'il y a effectivement
04:35des salaires qui progressent et qui progressent peut-être plus qu'on le pense.
04:39Et il y a un effet richesse qui devient de plus en plus et tant mieux sur les bas salaires
04:44également.
04:44Oui, cela dit, cet effet richesse, les salaires, etc., ces 4 cents de consommation en plus,
04:52ils se font avec des taux de 20% sur les cartes de crédit ou de plus de 20%.
04:55Le résultat, c'est que le sentiment du consommateur, l'indice de confiance du Michigan, il a été publié hier
05:01et au plus bas depuis 2024.
05:03Il y a un effet richesse, mais parallèlement, il y a une vie qui est de plus en plus hors
05:06de prix.
05:06Et je ne vous parle même pas des taux hypothécaires qui atteignent des sommets.
05:09Plus de 7%.
05:10En fait, les Américains sont habitués à vivre avec des taux très élevés depuis longtemps.
05:14Et on a eu dans l'histoire, il n'y a pas si longtemps que ça, des taux qui étaient
05:16bien plus hauts.
05:17Mais en ce qui concerne, et vous avez raison de citer l'indice de confiance des consommateurs qui était au
05:21plus bas depuis 2024,
05:22c'est tout à fait juste, Antoine.
05:24Mais en fait, ça c'est des enquêtes d'opinion.
05:26Et généralement, les gens ont le moral en berne pour des raisons qui ont un rapport avec l'économie,
05:32qui ont un rapport avec la confiance modérée ou détériorée dans les institutions.
05:37Donc en fait, même les gens qui sont très riches n'ont pas le moral en ce moment.
05:39J'en connais qui sont sous antidépresseurs, même en ayant des millions.
05:42Donc ces enquêtes d'opinion, il faut les prendre avec des pincettes.
05:45Et je pense que peut-être que l'argent ne fait pas le bonheur.
05:47C'est peut-être la conclusion qu'on peut avoir de ça.
05:49Mais vous pouvez avoir de l'argent et même dire dans ces enquêtes d'opinion que ça ne va pas.
05:53Donc c'est là où je mets un bémol sur ces enquêtes,
05:55qui ne sont que des enquêtes et les statistiques sont plus intéressantes.
05:59Effectivement, et donc le consommateur américain n'a pas si mal que ça.
06:01C'est votre message aujourd'hui, c'est une bonne nouvelle.
06:04Effectivement, on a pas mal de bonnes nouvelles sur l'économie américaine.
06:06Vous le disiez, la croissance du deuxième trimestre a été révisée à la hausse.
06:09Et l'inflation, au contraire, tente à ralentir.
06:12Ça, c'est des bonnes nouvelles.
06:13Quels seront les prochains catalyseurs à suivre pour les marchés ?
06:15On en a un exceptionnel demain, Guillaume, vous allez certainement parler de ça.
06:18C'est les chiffres de l'emploi, puisque la pérennité du scénario que j'invoque
06:21est due principalement au marché de l'emploi.
06:23Donc on va voir s'il reste presque en plein emploi, comme on l'a vu ces derniers temps.
06:26Rapport mensuel sur l'emploi de demain.
06:27Le rapport mensuel avec les fameuses non-farm payrolls,
06:30qu'on attend autour de 80 000, il me semble, de création d'emploi.
06:32La deuxième chose, ça va être les résultats dans 10 jours.
06:35Ça va être passionnant, parce qu'on a un troisième trimestre.
06:37C'est probablement, Guillaume, à plus de 25% de croissance des bénéfices par action.
06:42C'est colossal.
06:43C'est difficile d'avoir une vue quand même pessimiste sur les marchés
06:46quand on a croissance des salaires et croissance des entreprises,
06:51des résultats des entreprises.
06:53Et on l'a vu, Accenture, aujourd'hui, vous avez certainement parlé,
06:55qui prend plus de 20%.
06:57Dernière chose, on va voir le retour des rachats d'actions qui vont arriver.
07:00Là, pour l'instant, les marchés sont un peu en fragilité
07:02parce qu'on a perdu le plus gros acteur qui intervient dans le marché.
07:06Et les particuliers aussi qu'on a évoqués, ils sont un peu passifs en septembre.
07:09Donc, on va avoir deux gros acheteurs qui reviennent durant le mois d'octobre.
07:12Effectivement, et qui pourraient soutenir un peu la tendance sur les marchés.
07:15En attendant, aujourd'hui, c'est la baisse parce que le 10 ans américain est encore en haut,
07:185,3% le 10 ans américain.
07:20Le S&P perd donc 0,2%.
07:21Rien de méchant.
07:22En revanche, à Paris, c'est un peu plus douloureux, moins 1,5% le CAC.
07:25Il est sur un plus bas de 7 mois, le CAC 40,
07:26plombé à cette défiance vis-à-vis de la trajectoire budgétaire française.
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