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  • il y a 13 minutes
Édouard Dumas est l'invité de Thomas Hugues dans Smart Impact. Il est le président de la Compagnie Dumas, entreprise familiale qui fabrique des oreillers et des couettes depuis plus d’un siècle.

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Transcription
00:06L'invité de ce Smart Impact, c'est Edouard Dumas, bonjour.
00:09Bonjour.
00:10Bienvenue, vous êtes le président de la compagnie Dumas, entreprise familiale qui existe depuis 1910
00:14et qui est implantée depuis cette date-là, c'est ça, dans Lyon, à Tonnerre.
00:19Alors il y a une double question, un, la longévité et deux, la persistance géographique.
00:25Comment vous l'expliquez ?
00:26Alors la longévité, c'est parce qu'en fait, à chaque génération, il n'y a eu qu'un repreneur.
00:31Ce qui fait que pour manager, c'est beaucoup plus simple.
00:35Et c'est le cas encore pour moi, puisque j'ai racheté l'entreprise à la famille en 2018,
00:39mes frères et soeurs, parce qu'on était cinq.
00:42Et donc ça, ça fait partie des explications, en tout cas de la longévité.
00:45Et puis la longévité, elle est aussi liée à la possibilité et à la capacité de la famille à s
00:50'adapter,
00:50parce qu'on n'a pas toujours fait le métier qu'on fait aujourd'hui, les oreillers et les couettes.
00:54Initialement, on a racheté une entreprise de récupération à la famille Pierrot-Pradier,
00:58qui était ministre de la Troisième République à l'époque.
01:01Et donc de ferrailleurs, chiffonniers, on est passé par les pots de lapins avant d'arriver sur les plumes et
01:06duvet.
01:07Et donc pour finir par la confection des articles que l'on vend aujourd'hui.
01:12Oui, donc des oreillers, des couettes et l'ancrage territorial, vous auriez pu déménager, aller ailleurs.
01:19Pourquoi vous êtes resté dans Lyon ?
01:21Alors, principalement, c'est une question de savoir-faire, d'ancrage bien évidemment familial aussi.
01:30Toute PME familiale a ses racines et capitalise dessus pour pouvoir fortifier son écosystème.
01:38C'est le cas aujourd'hui avec la compagnie Dumas et notamment une mairie de Tonnerre qui est enclin à
01:44faire en sorte de nous garder parmi elles.
01:47Et donc, ça facilite beaucoup de choses.
01:49Là, on va reconstruire un atelier, d'ailleurs le premier coup de pelle est ce matin, de 1000 mètres carrés.
01:58Et bien évidemment, on a des facilités pour déposer les dossiers.
02:02Enfin, tout est beaucoup plus simple quand on connaît les gens et quand l'écosystème que l'on a autour
02:06de soi est enclin à coopérer.
02:09Vous êtes labellisé entreprise du patrimoine vivant.
02:13Qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
02:14Il y a des savoir-faire, d'ailleurs ça rejoint ce que vous venez de décrire,
02:17que vous faites perdurer en quelque sorte ?
02:21Alors oui, en effet, on a des techniques de fabrication qui sont bien particulières.
02:26C'est un label d'État et dont la démarche est volontaire.
02:31Toute entreprise peut y souscrire.
02:34C'est une démarche qui, en plus de ça, est labellisée et certifiée par une personne tiers, un organisme tiers.
02:42Et donc, ça permet en effet de mettre l'accent et de souligner le trait de toutes ces entreprises qui
02:48ont des savoir-faire très particuliers.
02:51Ce n'est pas contradictoire, par exemple, avec l'industrialisation ?
02:54Alors, l'industrie parfois a besoin, bien évidemment, de savoir d'où elle vient pour industrialiser un peu plus, automatiser
03:01un peu plus.
03:02La répétition des gestes de certains ouvriers nécessite parfois d'avoir une automatisation pour avoir une régularité
03:10et puis pour pouvoir aussi prétendre à rester en France par rapport à la compétitivité que l'on doit forcément
03:18conserver
03:20et ça avec des contraintes qui sont quand même de plus en plus grandes.
03:24Et c'est pour ça qu'à la compagnie Dumas, on a tout un tas de marchés différents qui vont
03:28vraiment de gros volumes
03:30avec l'hospitalité et l'hôtellerie, notamment des groupes comme Accor,
03:34mais également avec des choses très raffinées, très particulières, des produits qui sont faits main.
03:40Du sur-mesure et du très haut de gamme.
03:42Exactement, et donc on a un panel de produits qui est quand même assez large
03:46et qui permet de répondre d'un côté par le biais de l'artisanat
03:50et de l'autre côté par le biais de l'industrie.
03:52On marche vraiment sur deux jambes à la compagnie.
03:54Quelques chiffres, donc je l'ai dit, créé en 1910, une cinquantaine de salariés,
03:582 millions d'oreillers, 200 000 couettes, produits, produites chaque année
04:03et une marque que vous avez créée il y a 4 ans, je crois, qui s'appelle Edona,
04:07qui concentre un peu vos engagements en matière environnementale et sociétale, c'est ça ?
04:13Tout à fait. En fait, on a fait notre premier bilan carbone en 2009,
04:17donc c'est quand même assez précoce.
04:19Oui, vous étiez plutôt pionnier, oui.
04:21Tout à fait. Et depuis cette date, on compense en carbone notre activité par la plantation d'arbres.
04:27Alors dans un premier temps, c'était au Pérou avec Tristan Lecomte à l'époque.
04:30Et puis on commence à le faire aujourd'hui sur notre territoire
04:35en plantant des arbres en Bourgogne, et ça avec nos collaborateurs.
04:40Donc on ferme l'usine et puis on va planter des arbres.
04:43Alors ça, ça fait partie des engagements qui sont visibles,
04:47parce qu'il y a forcément une action qui va avec, qui est la plantation d'arbres.
04:51Mais il y a toutes ces actions, on parlait d'écosystème tout à l'heure avec la mairie,
04:55mais pas seulement, il y a toutes les entreprises qui gravitent autour de la ville de Tonnerre
04:59et plus largement dans le département, qui sont également des acteurs incontournables.
05:06Je fais partie d'un groupement qui s'appelle APM, Association du Progrès pour le Management.
05:12Et typiquement, ce sont des chefs d'entreprise altruistes qui visent la coopération plutôt que la compétition.
05:20Et ça donne des choses qui sont assez intéressantes en termes de développement.
05:23Alors là, vous avez cité des actions de compensation, le fait de planter les arbres,
05:27mais dans vos processus de production, qu'est-ce que vous avez changé ?
05:30Je ne sais pas, par exemple, est-ce qu'il y a de la récupération, du recyclage, de l'économie
05:34circulaire ?
05:35Alors, bien évidemment, il y a eu plusieurs étapes.
05:37La première étape, c'était de sourcer des produits, des matières premières,
05:42qui étaient principalement issues du recyclage, aux consumers visés en tout cas.
05:47Dans le pire des cas, on essayait de récupérer des matériaux qui étaient post-production.
05:53Et puis, ensuite de ça, on a commencé à initier différents programmes.
05:59On en a un avec le groupe Accor sur la récupération des produits en fin de vie,
06:03qui est notamment financé par l'ADEME, et qui débute cet automne.
06:08On a également un programme assez sérieux, puisque c'est une circularité parfaite avec le groupe Air France.
06:17Vous récupérez quoi ? Des oreillers, par exemple ?
06:19Alors, on fournit le groupe Air France depuis 35 ans, et on fabrique les oreillers de la classe éco jusqu
06:24'à la première.
06:25On a d'ailleurs un partenariat avec la marque Duma Paris pour la première classe,
06:30qui vient d'être élue meilleure que la première classe du monde la semaine dernière.
06:33On est très fiers.
06:34Et donc, avec cette compagnie, on récupère notamment le surmatelas qui a été développé expressément pour eux,
06:45pour la business classe.
06:47En fait, on le défibre.
06:49Et en faisant ce défibrage, en le récupérant, puisqu'on a une proximité aussi,
06:53la logistique est un point important pour la récupération et le recyclage.
06:59Cette proximité nous permet vraiment de récupérer ces matériaux, de les défibrer et de les réincorporer dans des produits.
07:04Est-ce qu'il y a une filière, au-delà de votre entreprise, de la compagnie d'humains,
07:09une filière de la récupération des couettes, des oreillers en fin de vie, ou est-ce qu'il faut la
07:14créer ?
07:15Non, il faut tout créer de toutes pièces.
07:17En fait, on a un éco-organisme qui s'appelle Éco-Maison.
07:19Comme pour les téléviseurs ou les frigos, vous avez une éco-participation pour nos produits.
07:24Et donc, ça finance cet éco-organisme qui rétrocède différents portefeuilles et enveloppes
07:32pour des projets d'éco-conception, de récupération, de collecte.
07:36Donc, sur l'oreiller et la couette, aujourd'hui, tout est à construire.
07:40Ce n'est pas un réflexe des citoyens ou des consommateurs, j'ai l'impression.
07:44Pas spécialement, non.
07:46Pas spécialement.
07:46Et puis, alors, si en plus de ça, on prend une particularité,
07:50qui est le produit garni en plumes et duvet, parce qu'il y a différentes catégories de produits,
07:54les gens ont l'impression d'avoir un trésor.
07:56Et de manière générale, plutôt que de mettre à la poubelle un produit de ce type,
08:00il est conservé pour rester pour la chambre d'amis ou au cas où.
08:06Et c'est vrai qu'on a de grandes difficultés à savoir quel est le gisement réel
08:11qu'on pourra capter une fois la mise en place de cette filière.
08:15Un mot pour terminer de la certification Bicorp que vous avez obtenue il y a deux ans.
08:22Là aussi, c'est un engagement qui est quand même important parce que les critères sont rudes.
08:27Et ils vont le devenir encore plus.
08:31D'ailleurs, ça vous a demandé beaucoup d'investissements humains, collectifs ?
08:36Oui, tout à fait.
08:36C'est une vraie démarche.
08:38Et c'est aussi pour ancrer notre dynamique.
08:42On a une politique et une trajectoire avec une feuille de route SBTI sur 2030 qui est assez costaud.
08:49Et l'objectif, c'est vraiment de réduire non pas notre impact seulement sur la partie carbone.
08:54Avec la plantation d'arbres, c'est une partie de notre compensation.
08:57Mais le but, c'est aussi de viser la biodiversité puisqu'on est avec les plumes et duvet un peu
09:02impliqués dans la question agricole.
09:05Bien que ce soit des produits de récupération, parce que c'est de la plume et duvet qui est issue
09:10des animaux une fois abattus,
09:13et élevés pour leur viande.
09:14Et donc, là, en l'occurrence, Bicorp, c'était vraiment l'objectif de démontrer que la compagnie Dumas était pionnière
09:22dans toutes ses démarches.
09:23Et on a eu un score phénoménal de 118.
09:26Et on espère, on est déjà amorcé.
09:29Eh bien oui, ça met la pression pour le prochain.
09:31Pour la renotation et qui s'annonce ardu comme vous l'avez évoqué, parce que le référentiel a un peu
09:38évolué et un peu changé.
09:39Merci beaucoup, Edouard Dumas.
09:42Sur Bsmart4Change, on passe à notre débat.
09:44On va parler pilotage de la stratégie ESG d'une entreprise.

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