00:00On va retourner dans les cortèges de la manifestation, retrouver les équipes de BFMTV, savoir où on en est, on
00:05est en fin de manif et c'est vrai qu'on a eu les pompiers et les lycéens.
00:096 000 pompiers dans la rue aujourd'hui selon le ministère de l'Intérieur.
00:15Oui, et là ce qu'on voit c'est vraiment une fin de manifestation très calme ici, place de la
00:19Nation, il en reste à peu près 1000 personnes sur la place, ça se disperse gentiment.
00:23Vous voyez autour de nous beaucoup de pompiers, de groupes de lycéens aussi qui discutent, ambiance globalement, bon enfant ici,
00:30quelques pétards qui sont tirés, quelques fusées de détresse lancées par des pompiers.
00:34Ça se disperse aussi parce que les pompiers doivent rentrer chez eux, il y en a un du Ménéloir qui
00:38nous parlait tout à l'heure, qui nous disait qu'il devait prendre son bus pour rentrer à Cholet.
00:42Une foule hétéroclite, lycéens, pompiers, fonctionnaires territoriaux qui se parlent, qui se mélangent.
00:46Et puis même les CRS qu'on a vus tout à l'heure qui étaient disposés ici au milieu de
00:50la place, et bien eux aussi, ils sont déjà partis, ils sont déjà rejoints, les abords de la place, signent
00:56vraiment que cette manifestation se termine et se termine dans le calme.
01:02Calme, tranquillement, fin de cortège effectivement avec les équipes de BFMTV d'ailleurs qui aujourd'hui, il faut le souligner
01:08encore, ont été prises à partie.
01:10Oui, par des lycéens.
01:13Et d'ailleurs BFMTV va porter plainte contre ceux qui ont fait ça.
01:17Nathalie Arthaud, bonsoir.
01:18Bonsoir.
01:19Dans un instant vous serez face à Charles Consigny, mais votre réaction sur cette mobilisation de la fonction publique, on
01:25a entendu des slogans, notamment celui-ci,
01:27« ras-le-bol des bas salaires », des fonctionnaires qui constatent qu'une fois de plus, leur point d
01:33'indice va être gelé, alors ça va rapporter 2 milliards d'euros à l'État,
01:38et l'État cherche de l'argent un peu partout, c'est un sacrifice nécessaire ou au contraire, vous dites
01:43stop ?
01:44Alors c'était une belle manifestation qui a d'ailleurs été boostée par une présence très importante des pompiers, qui
01:52étaient venus quand même massivement aussi hurler leur colère face au manque de moyens.
01:58Après sur les salariés de la fonction publique, la fonction publique c'est quand même le royaume des bas salaires,
02:05c'est le royaume des bas salaires,
02:06et puis de plus en plus le royaume de la précarité maintenant, parce que c'est pareil, des emplois contractuels,
02:12il y en a dans les hôpitaux, dans l'éducation, de partout en fait.
02:16– L'État est un mauvais employeur ?
02:18– Il est comme tous les employeurs, c'est-à-dire qu'il écrase aussi les salariés et les salaires,
02:27et cette manifestation c'était pour dire quoi ?
02:30C'était pour dire que les sacrifices ont des limites, et que les limites elles sont plus que jamais atteintes,
02:35et moi j'espère que demain il y aura des mobilisations avec encore plus de salariés, y compris avec ceux
02:40du privé.
02:40– Le gouvernement dit que tout le monde doit faire des efforts.
02:42– Parce qu'on est confronté au même problème, non, alors je voulais aussi réagir par rapport à ça.
02:46Il explique qu'il y a des efforts partagés, qu'il est prêt à prendre un peu partout, mais c
02:49'est pas vrai.
02:50– Même chez les retraités.
02:51– Mais ce n'est pas vrai, aujourd'hui on a quand même un gouvernement qui prend exclusivement dans la
02:55poche des travailleurs,
02:57avec le blocage du point d'indice de la fonction publique, dans la poche des retraités,
03:02et c'est en effet une campagne qui est scandaleuse de faire passer les retraités pour des privilégiés,
03:07dans la poche des locataires, dans la poche des locataires, des malades également, des personnes handicapées.
03:12C'est un véritable scandale, un véritable scandale, alors que bien sûr qu'il y a de l'argent dans
03:17la société.
03:18Écoutez, on est raquetté aujourd'hui par quand même un gros trust qui s'appelle Total Energy,
03:23qui va annoncer quoi ?
03:24– Ce sont eux qui ont les prix les moins chers.
03:26– 20 milliards, il n'empêche qu'avec leur prix, comme vous dites, plafonné,
03:30combien ont-ils réalisé de bénéfices sur les six premiers mois ?
03:33Plus de 10 milliards d'euros.
03:35– Essentiellement à l'étranger, madame, en France.
03:37– Alors, en France, soi-disant, ils ne font pas de marge.
03:40– C'est une entreprise internationale.
03:41– Franchement, vous y croyez ?
03:42– Ce n'est pas que vous y croyez, c'est factuel.
03:44– Non, ce n'est pas factuel.
03:45– C'est pas une croyance.
03:45– Moi, si, c'est une croyance totale.
03:47En fait, vous faites une confiance absolue à des gens qui mentent,
03:52qui mentent comme des arracheurs de dents.
03:53En réalité, les comptabilités de Total Energy, ou à qui ils vendent,
03:59les marges qu'ils font, elles sont bien cachées.
04:01Et il y a 130 000 stations-services totales en France.
04:05Ils ne font pas de marge là-dessus.
04:06Mais c'est une blague.
04:08Total est en train de se gaver, comme toutes les autres compagnies pétrolières.
04:13Et donc, il faut effectivement réquisitionner ces bénéfices pour ramener le prix.
04:18– Ils seront mieux gérés par l'État ?
04:20– Le prix.
04:20Il faut réquisitionner ces bénéfices.
04:22Et si, effectivement, ils sauraient qu'à le sutrant, moi, je suis en effet pour une croyance totale.
04:27– Avant d'ici, c'est un succès, cette journée.
04:28– On est tous en train de se faire piquer 300, 400 balles par an.
04:32– Les Français se ruent dans leur station.
04:35Ils trouvent cela plus efficace que les aides ciblées,
04:37qui, visiblement, sont jugées comme des usines à gaz.
04:40On ne les touche pas tout de suite, c'est compliqué, etc.
04:42– Vous avez le choix entre payer 2,70 euros ou 2,25 euros ?
04:46Évidemment, mais ils n'en pêchent.
04:48– Merci total ?
04:48– Non, pas merci total, parce qu'ils sont en train de nous étrangler en douceur, en fait.
04:52Et ils sont en train, parce qu'ils participent à l'augmentation des prix.
04:57Moi, je ne peux pas entendre que tout ça, c'est la loi de l'offre et de la demande,
05:02c'est la faute à personne, c'est une guerre que nous subissons.
05:05Non, ces compagnies pétrolières, elles ont décidé,
05:08elles ont voulu cette flambée des prix,
05:11c'est elles qui vendent le cours du baril à plus de 100 dollars,
05:15alors que, je ne sais pas, franchement,
05:17personne ne se pose la question de combien ça leur coûte de produire le baril de brut,
05:21mais même pas 10 dollars.
05:23Alors, ce qu'ils produisent à 10 dollars, ils le vendent à plus de 100 dollars,
05:27ça fait une belle marge quand même, non ? Vous ne trouvez pas ?
05:28On a des infos BFM TV qui se basent sur le renseignement,
05:32comme quoi la colère des lycéens, elle est noyautée, instrumentalisée par l'extrême gauche,
05:38c'est ce que disent les services de renseignement.
05:41Cette colère des lycéens, elle est...
05:43Est-ce que l'UT ouvrière est derrière cette mobilisation ?
05:46Non, mais je vous pose la question directement.
05:47C'est une très bonne nouvelle.
05:49C'est vraiment, moi j'en suis vraiment très heureux,
05:52je suis heureuse de voir que ces jeunes disent ce qu'ils ont sur le cœur.
05:56Est-ce que vous l'organisez, cette révolte ?
05:58Parce que vous croyez que les jeunes, on les manipule comme ça ?
06:00Oui.
06:01Eh bien, vous vous trompez.
06:03Vous posez une question, je vous réponds.
06:05Oui, ça témoigne de votre mépris.
06:06Louis Bollard a fait la tournée des lycées,
06:08on sait aussi comment ça se passe dans les lycées,
06:10en voyant des représentants devant les lycées,
06:12en disant les gars, il faut se mobiliser, on donne des tracts.
06:14Je peux vous dire que moi je suis enseignante.
06:15Et moi j'ai été lycée, je l'ai vu, vous les chauffez.
06:18Je suis enseignante à Aubervilliers,
06:19et les jeunes, ils font ce qu'ils ont envie de faire.
06:23Et là, en l'occurrence, ils expriment vraiment justement ça,
06:28un ras-le-bol du mépris social, du fait qu'ils sont relégués.
06:33Et c'est vrai que les lycées dans les quartiers populaires
06:36sont les derniers, effectivement, c'est la dernière roue du carrosse.
06:39Donc toutes leurs dénonciations, les salles surchargées,
06:43le fait qu'y compris les bâtiments soient insalubres,
06:46le fait qu'ils manquent de collègues, bien sûr qu'ils sont légitimes.
06:49Et moi je vais vous dire, j'espère franchement que ça, ça inspirera beaucoup de salariés
06:55de, justement, de dire ce qui est, de dénoncer l'inacceptable.
07:01Moi je veux juste apporter d'abord mon soutien à vos journalistes
07:04qui ont été agressés ce matin dans les cortèges lycéens,
07:07de ce que j'ai compris, évidemment que la presse doit faire librement son travail sur le terrain.
07:11Moi je les avais écoutés quand j'étais commissaire de police sur les autres personnes en public.
07:14Et oui madame, les services de renseignement dans notre pays, c'est sérieux.
07:16Et quand je vois qu'on a des barrages humains formés par des élus,
07:21des députés de la France insoumise et qui gênent l'action des policiers
07:23quand ils se sont tirés au marché lorsqu'il y a des dégradations de mobilier,
07:26à Lille, chez moi il y a eu des dégradations de mobilier,
07:28il y a eu des incendies devant les établissements scolaires,
07:29tout ça c'est des honnêtes gens qui payent,
07:31ça disant ceux que vous défendez, mais un marteau.
07:32Donc moi je dis simplement que je n'appelle pas ça des révoltes.
07:34Quand on s'en prend et qu'on violente des policiers, des gendarmes
07:37et même des enseignants du personnel éducatif qui a été blessés,
07:39je pense que vous auriez dû condamner ces exactions, ces violences.
07:42On peut revendiquer sans casser.
07:44Et quand je vois M. Boyard qui ferait mieux d'être à l'Assemblée...
07:47Mais c'est ce qu'ils font !
07:48Pardon, on n'a pas vu les mêmes images et les mêmes retours.
07:50Parce que vous montrez toujours les quelques images que vous avez.
07:53Ah, pardon de montrer la réalité.
07:54Moi je peux vous dire, d'abord dans mon lycée ça s'est très bien passé ce matin,
07:57sans aucun problème, précisément pourquoi ?
07:59Parce qu'il n'y avait pas la police et parce qu'en général,
08:02quand il n'y a pas la police, ça marche parfaitement.
08:04Parce qu'en effet, les jeunes, ils sortent, ils expriment ce qu'ils ont envie d'exprimer,
08:09ils le disent, ils expliquent, ils expliquent ce qu'ils pensent,
08:12ils expliquent ce qu'ils vivent, ils disent que c'est inacceptable.
08:15Donc vous avez aucun mot pour les policiers, les gens ont blessés ma marteau ?
08:17Moi ce qui me choque, c'est qu'en effet, le ministre de l'Intérieur
08:20est envoyé des camions de policiers casqués.
08:24Non, non, non, c'est sûr.
08:25Vous déballez sur votre discours anti-flic.
08:27Moi ce qui me choque, c'est qu'en effet, il y a eu un tir de grenade
08:30dans la figure d'un jeune de 15 ans.
08:31Il y a une enquête qui est ouverte, il y a un policier qui a dû se repérer de la
08:34main
08:34et un autre qui a eu le tapant crevé, madame Arthaud.
08:36Il n'y a pas besoin de laisser ces jeunes s'exprimer,
08:39leurs revendications, être légitimes.
08:41Merci à vous, merci Mathieu Vallée.
08:42Merci Mathieu Vallée, la mandina.
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