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  • il y a 9 minutes
Comment mieux suivre les patients atteints d’insuffisance cardiaque au quotidien, au-delà des consultations ? Alors que leur état peut évoluer entre deux rendez-vous médicaux, la télésurveillance ouvre de nouvelles possibilités pour détecter plus rapidement une aggravation et adapter leur prise en charge. Nicolas Pagès, médecin anesthésiste-réanimateur et CEO de Satelia, nous explique les enjeux de ce suivi à distance.

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Transcription
00:04On vient de parler de prévention et de dépistage, mais pour les patients atteints d'une maladie chronique,
00:09un autre enjeu se pose, celui du suivi au quotidien.
00:12C'est notamment le cas dans l'insuffisance cardiaque, où l'état d'un patient peut évoluer entre deux consultations.
00:18Comment alors assurer un suivi au-delà de l'hôpital et du cabinet médical ?
00:22C'est tout l'enjeu de la télésurveillance.
00:24Pour en parler, j'accueille Nicolas Pagès, médecin anesthésiste, réanimateur et cofondateur de Satellia.
00:30Satellia a développé un dispositif destiné aux patients atteints d'insuffisance cardiaque.
00:35Bonjour et bienvenue dans Santé Futur, Nicolas.
00:38Bonjour.
00:38Quel est aujourd'hui l'angle mort dans le suivi d'un patient insuffisant cardiaque, une fois qu'il est
00:44rentré chez lui ?
00:45Je vous dirais que c'est quasiment le même angle mort que la plupart des maladies chroniques,
00:49c'est-à-dire qu'on a un système aujourd'hui qui est fait plutôt pour les maladies aiguës, qu
00:52'on appelle épisodique.
00:52On a un problème, on va voir le médecin ou on va à l'hôpital,
00:55mais qui n'est pas forcément fait ou qui ne dispose pas forcément des outils pour suivre les patients atteints
01:00de maladies chroniques,
01:01insuffisants cardiaques ou autres, puisque cela nécessite par définition un suivi relativement continu ou régulier,
01:07tous les jours ou toutes les semaines, afin de voir quand les patients vont avoir leur maladie chronique qui va
01:12s'aggraver.
01:13Et alors, quels sont les premiers signes qui doivent alerter sur une dégradation de son état ?
01:18Alors, si on parle des patients insuffisants cardiaques, il y a quatre principaux signes.
01:22Le premier, c'est l'essoufflement. Vous savez, dès qu'on est un peu âgé, la moyenne d'âge des
01:26patients que suit Satelia, c'est 74 ans.
01:29On est souvent essoufflé dès qu'on marche un peu longtemps ou dès qu'on monte les escaliers.
01:32Ça, ce n'est pas forcément toujours quelque chose de normal, même quand on est âgé.
01:35Ensuite, la prise de poids. Vous prenez un, deux, trois kilos dans la semaine.
01:39Alors, à moins que vous ayez fait un repas gargantuesque, c'est quelque chose qui doit vous alerter.
01:42Ça veut dire que vous stockez l'eau.
01:44Le troisième signe, c'est parfois que vous avez les jambes ou les mollets gonflés, surtout en fin de journée.
01:48Ça ne veut pas dire que vous êtes insuffisant cardiaque, mais ça nécessite que vous consultiez votre médecin.
01:52Et puis le dernier, qui est la fatigue.
01:54Une fatigue relativement anormale est un signe.
01:56Donc, si vous avez une conjonction de deux de ces quatre signes ou plus, en effet, il convient d'en
02:00parler aux médecins généralistes.
02:02C'est précisément là qu'intervient la télésurveillance. Comment fonctionne cet atelier ?
02:05Alors, la télésurveillance, c'est un logiciel préventif qui a la qualification de dispositif médical et qui permet le suivi
02:12à distance des patients atteints d'insuffisants cardiaques.
02:15Comment ça marche ? On va poser des questions régulièrement aux patients sur son poids, qui peut être remonté par
02:20une balance connectée ou par une balance classique.
02:24Est-ce qu'il tousse ? Est-ce qu'il est fatigué ? Est-ce qu'il a du mal
02:26à respirer, à l'effort, au repos ou allongé ?
02:29Quelque chose d'assez spécifique de l'insuffisance cardiaque.
02:31Et ensuite, cet atelier est la seule solution actuellement à disposer d'un algorithme qui permet de faire de l
02:37'analyse du risque.
02:38On va prendre toutes ces informations-là, et notamment la tendance de ces informations-là, et on va dire que
02:43le patient est risqué ou pas.
02:44Et le professionnel de santé, les cardiologues que vous avez reçus tout à l'heure, ou les infirmières de cardiologie,
02:49vont pouvoir regarder sur un dashboard, sur un espèce de centre de contrôle,
02:55plusieurs centaines de patients qui nécessitent, sur les 500 patients, qui sont les deux ou trois qui nécessitent une intervention
03:00aujourd'hui.
03:00Et l'enjeu, j'imagine, c'est aussi de ne pas submerger les équipes sous une masse d'informations.
03:06Comment est-ce que vous distinguez les patients qui nécessitent réellement d'une intervention ?
03:09C'est toute la plus-value de l'algorithme.
03:11Cet algorithme, il a ce qu'on appelle une valeur prédictive négative.
03:14C'est un mot compliqué qui veut dire que quand le curseur est en zone verte, le patient est bien
03:20vert et n'a aucun risque, ou quasiment aucun risque, à 7 jours de s'aggraver.
03:24Et cet algorithme permet de différencier sur 500 ou 600 patients tous les jours ou toutes les semaines, qui sont
03:30les 5 ou 10 tous les jours,
03:32qui nécessitent l'attention du médecin, via une consultation ou une téléconsultation, puisque je vous rappelle, on parle de patients
03:36qui sont suivis à domicile.
03:37Et est-ce qu'on sait aujourd'hui combien d'hospitalisations la télésurveillance permet-elle d'éviter ?
03:43On sait qu'en insuffisance cardiaque, il y a environ 1,5 à 2 millions de patients insuffisants cardiaques en
03:48France.
03:49On sait qu'à peu près 150 à 180 000 sont hospitalisés chaque année.
03:52Pour info, ça représente le trafic quotidien d'un aéroport comme au Roissy.
03:57Ce n'est pas rien comme nombre de patients.
03:59Et on estime qu'on peut éviter plusieurs milliers d'hospitalisations.
04:02Si on prend l'exemple de Satellia, qui a sorti une grande étude scientifique l'année dernière,
04:06on a montré qu'on avait un number needed to treat, le nombre de patients à traiter.
04:10Tous les 10,5 patients, on évite un décès.
04:14Est-ce qu'on se dispose aujourd'hui d'une évaluation médico-économique de la télésurveillance ?
04:18Oui.
04:18S'agissant du coût pour le système de santé ?
04:20Exactement.
04:20Et donc Satellia est la première solution à avoir publié il y a trois mois maintenant, début 2026.
04:25Une évaluation médico-économique qui démontre ce qu'on appelle que nous sommes net zéro.
04:29C'est-à-dire que Satellia est rémunéré une soixantaine d'euros par mois par l'assurance maladie.
04:34Et les médecins qui en fait reçoivent les alertes, puisque ce n'est pas Satellia qui gère,
04:37c'est les médecins qui gèrent ces alertes, sont également rémunérés en moyenne une quarantaine d'euros.
04:42Et donc au mois numéro 2, on a remboursé les frais du mois numéro 1.
04:45Au mois numéro 3, on a remboursé les frais du mois numéro 1 et 2, etc. jusqu'à 24 mois.
04:50Merci beaucoup.
04:50Je suis navrée, on aurait pu en dire beaucoup plus, mais c'est la fin de cette séquence.
04:54Merci beaucoup Nicolas Pagès, CEO de Satellia.
04:57Merci à Camille Rioual qui produit cette émission.
05:00A bientôt sur Bismarck for Change.
05:04Sous-titrage Société Radio-Canada

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