00:01France Inter, le 6-9
00:04Quentin Laffey vous recevez ce matin la députée France Insoumise et vice-présidente de l'Assemblée Nationale
00:09Bonjour Clémence Guettet
00:10Bonjour
00:10Menace hybride, attaque russe, guerre au Moyen-Orient, prix qui explose hier aux 20h de TF1 et de France 2
00:16Le président de la République a décrit une situation inquiétante, préoccupante
00:21Est-ce que vous êtes Clémence Guettet aussi préoccupée qu'Emmanuel Macron aujourd'hui ?
00:25Alors je suis très préoccupée par la situation et notamment la situation en France
00:29J'ai trouvé que le président une nouvelle fois était quand même très satisfait de lui-même
00:33C'est-à-dire qu'il a assumé l'entièreté de son bilan qui conduit en partie à la situation
00:39économique qu'on connaît aujourd'hui
00:40Il a rejeté la seule proposition qui permettrait réellement de contrôler les prix du carburant
00:45J'imagine qu'on va en parler juste après
00:47Il a menti en disant que les raffineurs dont Total ne faisaient pas de marge et de super profit en
00:52France
00:52On va revenir sur tout ça mais sur les menaces quand même, objectifs réels et internationales
00:56Un président très satisfait de lui-même
00:56Sur les menaces objectives, commençons par la menace russe par exemple
01:00Dont l'Europe est peut-être le premier objet aujourd'hui
01:03Est-ce que vous êtes inquiète par cette menace russe concrètement là aussi ?
01:06Alors je suis inquiète par la situation et notamment par le risque d'escalade de la situation
01:10On a vu qu'il y a des mots prononcés de part et d'autre
01:15Qui peuvent conduire à une augmentation de la menace
01:18On a vu d'ailleurs aussi que le président de la République était prudent sur ce point
01:22Sur l'escalade dans les mots belliqueuses de la situation
01:26Et nous ça fait 4 ans maintenant qu'on dit
01:29C'est les mots qui peuvent augmenter la menace russe aujourd'hui ?
01:31Mais bien sûr, ça fait partie d'un climat, d'une ambiance qui conduisent à une escalade ensuite très concrète
01:37Qui ont déjà fait 2 millions de victimes dans ce conflit je le rappelle
01:40Entre les morts, entre les blessés, entre les personnes disparues
01:44Donc il y a une urgence à faire redescendre la pression et à proposer des solutions concrètes pour ça
01:50Donc par exemple, j'y viens, le président de la République a proposé un double moratoire dans le conflit
01:56Notamment pour arrêter de frapper les infrastructures énergétiques, les infrastructures civiles, la zone de la mer Noire
02:03Et donc il me semble que ça va dans le sens de ce que nous on prône depuis très longtemps
02:08Qui est une stratégie des petits pas pour concrètement arriver à débloquer la situation
02:14Puisqu'on le voit, le front n'évolue pas quasiment depuis 4 ans
02:17Par contre ce qui évolue c'est le nombre de victimes de ce conflit
02:20Donc il y a une urgence à la paix, on le redit
02:22Et on continuera de proposer des solutions dans ce sens
02:25Je voudrais revenir Clémence Guettet sur une déclaration proférée par Jean-Luc Mélenchon mercredi en conférence de presse
02:31Il explique, ce qui nous inquiète c'est que personne n'a l'air de s'inquiéter de la raison
02:35pour laquelle la menace russe paraît plus grande aujourd'hui
02:38De la part de la Russie qu'elle ne l'était il y a quelques temps
02:41Il faut peut-être se demander si ça n'a pas un rapport avec les tirs en profondeur que fait
02:46l'Ukraine
02:46La menace russe sur l'Europe c'est donc la faute de l'Ukraine ?
02:50Alors je vous trouve un petit peu caricatural parce que la suite de la déclaration que vous ne citez pas
02:55évidemment
02:56C'est que Jean-Luc Mélenchon rappelle que la Russie est l'agresseur initial qui nous vaut aujourd'hui cette
03:02situation
03:02Que ce qu'il dit là n'excuse en rien la Russie et cette agression là que nous avons dénoncée
03:08dès le premier jour
03:10Mais que concrètement c'est un état de la situation
03:12Le président a convoqué les chefs de parti y compris pour expliquer qu'il y avait bien des menaces de
03:17part et d'autre
03:17Et que notamment les frappes sur Moscou ne participez pas à cette désescalade dont je viens de vous parler juste
03:22avant
03:22C'est parce que l'Ukraine se défend et parce que la capitale ukrainienne elle-même est touchée particulièrement depuis
03:26l'été
03:27Monsieur vous pouvez en penser ce que vous voulez
03:29Je reprends simplement la citation de Jean-Luc Mélenchon
03:31Non vous en reprenez une seule partie comme d'habitude
03:34Celles et ceux qui s'amusent à se faire frémir sur des plateaux de télévision et de radio
03:39En disant dès que l'un va plus loin il faudrait que nous répliquions immédiatement
03:44Que nous envoyions des troupes etc. comme ça a pu être dit par le président de la république
03:48Nous disons non, stop, stop, la guerre, la guerre ce sont des morts et des victimes
03:52Et par ailleurs celles et ceux qui s'amusent à faire ça sur des plateaux de télévision
03:56N'iront pas mourir au front en Ukraine
03:58Donc stop, désescalade et solutions concrètes
04:01J'interroge simplement le droit de l'Ukraine justement à se défendre
04:04Lorsque sa propre capitale est attaquée directement chaque jour
04:08Et que le nombre de morts augmente constamment notamment du côté civil ukrainien
04:11C'est une situation que nous n'avons jamais remise en question
04:14Nous avons toujours dit très clairement que la Russie était l'agresseur
04:17Par ailleurs nous hébergeons des opposants au régime de Poutine
04:21Nous avons toujours accepté évidemment la situation
04:26Et le fait qu'il fallait aider l'Ukraine à se défendre parce que le pays a été envahi
04:30Ce que nous disons c'est que maintenant que le front n'évolue pas depuis 4 ans
04:34Il faut faire des pas pour que la situation retombe en pression
04:37Et ces pas là ils sont très concrets
04:39Donc par exemple aller vers une interdiction des missiles de moyenne et de longue portée
04:43C'est une opération qui pourrait permettre là aussi de faire baisser un peu cette pression
04:48Sur la guerre au Moyen-Orient cette fois-ci
04:50Clémence Guettet, Emmanuel Macron a annoncé hier qu'il déploierait des moyens militaires
04:54C'est-à-dire je le cite des soldats, des radars, des systèmes de défense
04:57Pour protéger le site de Yambou
04:59Une pièce capitale du réseau énergétique saoudien et mondial
05:03Votre position sur cette décision ?
05:06Alors notre position c'est que la première des choses c'est que si on est dans cette situation
05:10Pourquoi M. Macron, M. le Président veut envoyer des troupes dans cette zone-là ?
05:14C'est notamment pour avoir un impact sur la situation intérieure et sur les prix des carburants
05:19Puisque nous sommes totalement dépendants, en très grande partie dépendants
05:22De ce qui se passe dans la zone
05:23Et du fait qu'Hormuz bloquait l'approvisionnement en majorité bloqué
05:27Ça a une répercussion sur les prix
05:29La première chose c'est qu'évidemment nous nous le disons
05:33Il y a des solutions simples quand même qu'on pourrait mettre en action au niveau national
05:37Et notamment le blocage des prix et des marges
05:39Parce que contrairement à ce qu'a dit le Président puisqu'il a menti
05:41Oui les raffineurs font des marges en France
05:44Et notamment Total fait des super profits
05:46Qui sont des super profits de profiteurs de guerre et de crise
05:49La deuxième chose c'est que nous nous sommes exprimés hier soir
05:52Pour dire que l'envoi de troupes françaises dans une zone de guerre
05:56Pouvait très rapidement faire de nous des co-belligérants
05:59Et nous ne sommes pas les seuls à le dire
06:00Et que donc à minima il fallait une discussion devant le Parlement
06:04Mais pardonnez-moi, pardonnez-moi, sur ce point précis
06:05Non, non, non, non, je termine mon raisonnement
06:07Sur ce point précis, Clément Zieté
06:08Le chef de l'Etat ne peut pas envoyer de troupes dans un conflit
06:11Qui est aussi brûlant que celui qui a lieu au Proche et au Moyen-Orient en ce moment
06:15Sans qu'une discussion ait lieu devant le Parlement national
06:20Mais ce qui n'est pas indispensable, Clément Zieté
06:21Tout de même de protéger cet endroit stratégique
06:23Qui convoie 5 millions de barils par jour
06:26Et surtout qui permet de contourner le détroit d'Ormousse
06:29Donc qui est absolument capital pour notre approvisionnement
06:32Mais je crois que je vous ai répondu sur ce point
06:33Évidemment il y a une tension sur les prix du carburant en France
06:36Mais donc il ne faudrait pas aller protéger ce lieu ?
06:38Mais alors, le chef de l'Etat décide de toute façon ce qu'il veut
06:42Depuis quelques années, on s'est habitué à ce que la représentation nationale
06:46N'ait aucune information
06:47Ça a été une nouveauté de la semaine dernière
06:49Les chefs de parti ont enfin eu des informations
06:51Les Français, hier soir, ont eu quelques informations
06:53Mais nous, ce que nous disons, c'est que l'article 35 de notre Constitution
06:57Permet que normalement, les parlementaires puissent se prononcer
07:00Quand on envoie des hommes, potentiellement dans des missions risquées
07:03Et potentiellement dans des missions qui feraient de nous
07:05Des co-béligérants dans ce conflit
07:07Nous, nous le refusons
07:08Sur le risque de pénurie, cette fois-ci, Clémence Guettet
07:11Pénurie sur le pétrole, sur le gaz
07:13Emmanuel Macron s'est voulu rassurant
07:15Il aurait pris, selon lui, les décisions qu'il fallait prendre
07:19Est-ce que vous lui accordez le point ?
07:21Tout va bien, les Français le disent d'ailleurs
07:23Vraiment, c'est flagrant
07:2430% de consommation en moins de carburant la semaine dernière
07:28Pourquoi ?
07:29Pas parce que les gens, tout d'un coup, n'ont plus besoin de se déplacer
07:31Ils sont toujours aussi dépendants de la voiture
07:32Pourquoi ?
07:33Parce que l'aménagement du territoire a été fait de telle sorte
07:35Que les lieux où l'on peut vivre sont éloignés des centres urbains
07:39Éloignés des zones d'emploi
07:40Donc les gens sont dépendants de la voiture
07:42Les gens sont dépendants de la voiture
07:44Et ils ne peuvent plus se permettre de faire le plein
07:46Donc on est dans une situation où
07:48Ils renoncent à aller faire des courses
07:50À des loisirs
07:51À des loisirs pour les enfants
07:52À rendre visite à leurs proches
07:53Ils renoncent à des soins
07:54On est dans une situation de privation extrêmement grave
07:57Je rappelle qu'au moment où les Gilets jaunes
07:59Ont commencé à se mobiliser en 2018
08:02C'était 1,40 environ le prix du litre
08:04On n'est plus du tout dans la même mesure
08:06Donc là, il y a un moment donné
08:07Moi, je le trouve complètement déconnecté
08:10De ce que sont les enjeux des Français aujourd'hui
08:12Il y a urgence à agir
08:13Et il y a des solutions pour le faire
08:14Un mot, Clémence Guettet
08:15Cette fois-ci sur la campagne présidentielle en France
08:18Et sur la primaire socialiste
08:20Est-ce que vous avez regardé le débat de mercredi ?
08:22Oui, parce que sans doute
08:23Je suis trop fan de politique
08:27Mais malheureusement
08:28Trop fan de politique
08:29Malheureusement
08:29Parce que ça m'intéresse quand même
08:31Et puis parce qu'ils ont quand même passé
08:32La moitié du débat à parler de nous
08:33Donc évidemment, je me sens un petit peu concernée
08:35Mais les Français n'ont pas regardé, eux
08:38Voilà, ils ont un intérêt
08:40709 000 auditeurs
08:41C'est trois fois plus que
08:42C'est 1% de la population française
08:44Donc 1% de la population française
08:46Donc de toute évidence
08:47L'intérêt populaire pour cette primaire est relative
08:50Et je le...
08:52Mais ça c'est votre appréciation
08:531% de la population française
08:54Non, trois fois plus par rapport à une case habituelle
08:55C'est objectif
08:56Oui, oui, non mais d'accord
08:56Mais dix fois moins que les primaires précédentes
08:58Donc si vous voulez, tout est relatif
08:59Comment expliquez-vous que la pomme du discours
09:01Se loge justement dans ces débats
09:02Autour de la France insoumise ?
09:04Parce qu'on est au centre du jeu à gauche en France
09:07Parce que la gauche s'est recomposée
09:08Autour d'une gauche radicale
09:10Qui propose un projet de rupture
09:11Avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon
09:13D'ailleurs, on a des grands rendez-vous
09:15On a le 11 octobre
09:16Un meeting à Clermont-Ferrand
09:18Le 7 novembre
09:19Une convention au bourget
09:21Et si les français ont 15 euros à mettre
09:23Dans une bonne cause
09:24Pour changer véritablement la vie du pays
09:27Qu'ils participent à notre campagne
09:28Sur Mélenchon2027.fr
09:30Merci Clémence Guettet d'être venu ce matin
09:32Au micro d'Inter
09:32Merci
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