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  • il y a 15 heures
Mathilde Panot, députée La France insoumise et présidente du groupe à l'Assemblée, invitée de France Inter ce mercredi, demande une commission d'enquête parlementaire après le piratage du fisc.

Retrouvez « L'invité de 8h20 » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien

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Transcription
00:008h22 sur Inter
00:02France Inter
00:05Alexis Morel
00:06Le 6-9
00:08Bonjour Mathilde Panot, députée de la France Insoumise du Val-de-Marne,
00:11présidente du groupe LFI à l'Assemblée Nationale.
00:14Vous faites donc votre rentrée politique sur France Inter ce matin,
00:16à la veille de vos universités d'été, les Amphys dans la Drôme.
00:20Je rappelle aux auditrices et aux auditeurs qu'ils peuvent vous poser leurs questions
00:25au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France.
00:28Rentrée politique en vue donc, la dernière avant la présidentielle, on en reparlera évidemment.
00:32Arrêtons-nous d'abord sur ce qui fait l'actualité ces dernières heures.
00:36Ces cyberattaques très inquiétantes contre l'administration,
00:39ces fuites de données massives au sein du fisc, de l'éducation nationale notamment.
00:43L'État apparaît très vulnérable, mais on entend assez rarement les politiques là-dessus.
00:48Ce n'est pas vraiment une priorité des programmes, est-ce que ça doit le devenir ?
00:51Oui, d'ailleurs nous c'est une priorité depuis longtemps,
00:53puisque en avril 2024, Adrien Clouet, qui est vice-président du groupe parlementaire
00:58de la France Insoumise, avait déjà demandé une commission d'enquête
01:01sur des fuites de données.
01:03Là, elle est évidemment spectaculaire les trois fuites de données
01:05qu'on voit au niveau de la Direction Générale des Finances,
01:09mais on sait que dans de nombreuses administrations,
01:12il y en a eu à France Travail, dans l'éducation nationale à la CAF
01:15et dans beaucoup d'autres.
01:17Et donc dès 2024, nous demandions une commission d'enquête sur la question.
01:19Là, il faut une commission d'enquête sur ce qui se passe spécifiquement sur le FIS,
01:23parce que là, on passe un cap.
01:24Oui, oui, même si nous savons ce qu'il faut faire.
01:26Et nous savons qu'il faut donner des moyens à la fois
01:29à l'Agence Nationale de Sécurité des Systèmes Informatiques
01:31et à la CNIL, qui en demande budget après budget.
01:35Et budget après budget, parfois on augmente de 5, 6, 7, 8 équivalents temps plein
01:40donc emplois dans ces agences-là.
01:42Mais c'est bien en deçà du nombre d'attaques qu'il y a,
01:45puisque la France est un des pays qui est le plus ciblé au monde.
01:48Ce qui est très inquiétant dans les fuites de données qu'il y a eu là,
01:51c'est que si les cybercriminels n'avaient pas revendiqué leur attaque le 12 août,
01:56alors nous n'aurions pas su qu'il y avait 700 000 données personnelles
01:59qui auraient été volées.
02:01Or, ces fuites de données, ces vols de données,
02:03a été fait en juin et en juillet.
02:05Donc il y a deux options.
02:07Soit Bercy ne s'est pas rendu compte,
02:09et la Direction Générale des Finances Publiques ne s'est pas rendu compte
02:12qu'il y avait un vol de données, et c'est extrêmement grave.
02:15Soit ils le savaient, et de manière légale,
02:18ils étaient dans l'obligation d'avertir les gens et de le dire publiquement.
02:22Donc vous soupçonnez potentiellement une dissimulation de la part du fisc
02:25pendant plusieurs semaines.
02:26Écoutez, vous comprenez que quand le vol de données a lieu en juin ou en juillet,
02:30pourquoi est-ce qu'on l'apprend seulement le 12 août
02:32quand c'est revendiqué par les cybercriminels ?
02:33Sinon, peut-être, ne l'aurions-nous pas su.
02:35Eux, avancent des raisons techniques.
02:37C'est très, très grave.
02:38Oui, mais y compris les syndicalistes à Bercy disent qu'ils ont alerté,
02:42en juin, en juillet et à d'autres moments,
02:44sur le fait qu'ils voyaient beaucoup d'intrusions dans les systèmes de données,
02:47et donc ont alerté la Direction, qui n'a pas tenu compte de leurs alertes.
02:51Donc on se retrouve dans une situation qui est extrêmement grave,
02:55parce que soit ils ne se sont pas rendus compte qu'il y avait un vol de données,
03:00et c'est grave, tout le monde comprend pourquoi c'est grave,
03:03soit ils l'ont dissimulé, or derrière, c'est possiblement des usurpations d'identité,
03:08des arnaques qui seraient faites, etc., des ciblages de gens.
03:11Donc nous sommes dans une situation qui est très grave,
03:13et je me réjouis d'autant plus que nous ayons réussi notre recours au Conseil constitutionnel
03:17sur la loi réseaux sociaux, qui visait à obliger toutes les personnes
03:20à mettre leur pièce d'identité lorsqu'ils allaient sur des réseaux sociaux,
03:24parce que nous ne savions pas, dans cette loi,
03:26si l'application pour mettre sa pièce d'identité,
03:28en plus de poser des grands problèmes de liberté fondamentale,
03:31allait être publique ou privée,
03:33française ou d'un autre pays.
03:35Donc vous comprenez qu'il va falloir arrêter avec tout ça.
03:37Puisque vous en parlez, je pensais vous en parler plus tard,
03:40mais le Conseil constitutionnel qui a donc retoqué
03:43l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans,
03:45vous vous en êtes félicité,
03:46donc vous vous félicitez du statu quo,
03:48du fait qu'on laisse des gamins se perdre sur des plateformes,
03:52face aux multiples dangers que l'on connaît sur ces réseaux sociaux,
03:54on ne bouge pas ?
03:55Vous savez, l'Australie par exemple a mis en place un tel système d'interdiction des réseaux sociaux pour les
04:00plus jeunes.
04:00Or, que se passe-t-il en Australie ?
04:02Deux tiers des jeunes arrivent à contourner le système.
04:04Donc lorsque l'on prend pour prétexte la question de la santé mentale des jeunes,
04:08moi j'interpelle officiellement, comme l'ont fait plusieurs membres de mon groupe,
04:11qui ont combattu cette loi,
04:13puisque vous parlez de la santé mentale des jeunes,
04:16faites en sorte qu'il y ait un vrai plan de santé mentale avec des financements,
04:19notamment, vous savez peut-être qu'aujourd'hui,
04:21lorsqu'un jeune est en détresse,
04:23il doit attendre entre 4 et 12 mois pour voir un pédopsychiatre.
04:26Il y a aujourd'hui un médecin scolaire pour 13 000 élèves.
04:30Donc si on veut mettre des moyens sur la santé mentale des jeunes,
04:34il faut mettre des moyens financiers et humains,
04:36et je le dis d'autant plus que les jeunes vont vivre toute leur vie avec les réseaux sociaux.
04:40Donc il faut de la prévention, de l'éducation,
04:43et évidemment forcer les plateformes à changer des algorithmes.
04:46Un dernier mot sur ces sujets cyber.
04:48Vous concernant chez LFI, vous êtes sûr que vos fichiers adhérents militants sont en sécurité ?
04:53Vous pouvez le garantir à vos adhérents ?
04:54Parce que personne n'est à l'abri là, clairement.
04:57Alors, vous avez effectivement dans tous les systèmes, vous pouvez avoir des failles.
05:01Mais nous, à la France Insoumise, nous avons quelque chose de particulier,
05:04c'est que nous avons construit toute notre plateforme nous-mêmes,
05:07ce qui nous permet d'être beaucoup plus protecteurs sur les données.
05:10Donc oui, nous faisons extrêmement attention.
05:12Arrêtons-nous aussi sur l'été que l'on vient de vivre.
05:14L'été, on a vu et compris à quel point le changement climatique allait affecter nos vies.
05:18Vous avez sévèrement critiqué chez LFI la gestion, notamment des incendies par le gouvernement.
05:23Face à de tels phénomènes, face à ces méga-feux dont on n'avait jamais vu une telle ampleur,
05:28était-il vraiment possible, Mathilde Panot, de faire mieux ?
05:31Oui, bien sûr. Alors d'abord, plusieurs choses.
05:34On voit dans l'été catastrophique qu'on vient de vivre,
05:36un dix ans de ma chronique qui nous a rendu complètement incapables
05:40de répondre aux effets du dérèglement climatique,
05:42dont tout le monde savait qu'ils allaient arriver.
05:44Tout le monde savait que les vagues de chaleur allaient se multiplier.
05:47Tout le monde savait que les incendies allaient se multiplier.
05:49Vous me permettrez, sur les canicules, de penser...
05:51Peut-être pas aussi rapidement et peut-être pas dans cette ampleur aussi rapidement.
05:55Des effets dont nous savons qu'effectivement, ils peuvent avoir des effets qui s'accélèrent entre eux
06:00et donc sont extrêmement graves avec des effets irréversibles.
06:03Vous me permettrez de commencer par avoir des pensées, évidemment,
06:05pour les 5700 familles qui sont endeuillées par les morts supplémentaires de la canicule.
06:11Je vous fais juste signaler quelque chose qui est, à mon avis, important.
06:15Nous ne connaissons toujours pas le bilan du nombre de morts de la canicule.
06:19Le nombre de morts qui a été donné a été donné jusqu'au 2 juillet.
06:22Nous ne savons toujours pas la mortalité supplémentaire qu'il y a eu
06:26avec des écoles et des hôpitaux qui étaient des fournaises,
06:29avec un logement sur deux qui est une bouilloire thermique.
06:32Donc ça, c'est sur la question de la canicule.
06:34Sur la question des incendies, vous avez quand même des pompiers qui ont été au feu
06:38avec des cagoules qui coûtent 12 euros,
06:41qui permettent de laisser passer les particules, notamment cancérogènes.
06:45On leur a donné d'autres des cagoules qui coûtent, elles, 60 euros,
06:48mais qui ne permettent pas de faire un effort physique.
06:50Donc vous comprenez que ça ne sert absolument à rien pour des pompiers face à ces méga-feux.
06:54Et évidemment, on se pose la question des moyens pour aider les pompiers,
06:57notamment des canadières.
06:58Vous avez dit 10 ans de Macroni.
06:58Pendant les 10 ans de Macroni, la partie État du budget de la sécurité civile
07:02est passée de 450 millions à 800.
07:04Il a presque doublé.
07:05Alors, c'est probablement insuffisant, mais est-ce qu'on peut dire que rien n'a été fait ?
07:09Le problème, c'est qu'il manque 50 000 pompiers.
07:11Le problème, c'est que comme il n'y a plus, par exemple, de médecine de ville,
07:15ou en tout cas plus assez, du coup, ce sont souvent les pompiers qui sont appelés.
07:18Et rappelez-vous qu'en 2019, déjà, les pompiers manifestaient pour des moyens.
07:22Quelle a été la réponse de l'État ?
07:23De leur envoyer du gaz lacrymogène et des canons à eau.
07:26Donc maintenant, toutes les alertes ont été faites.
07:28Vous savez ce qui est bien dans notre pays, à l'aube d'une élection présidentielle,
07:32c'est qu'à chaque fois, les soignants pendant le Covid,
07:35les pompiers là pendant les incendies,
07:37à chaque fois, ils ont fait des alertes et ils ont dit ce qu'il faudrait faire.
07:40Donc nous, nous nous appuyons sur l'expertise des associations, des syndicats,
07:44pour savoir ce qu'il faut faire.
07:46Et je veux juste dire un point qu'on entend peu dans le débat,
07:48mais qui, à mon avis, est important.
07:49Ça fait 10 ans qu'Emmanuel Macron et ses gouvernements continuent
07:53une politique d'industrialisation de la forêt.
07:55Personne ne se pose la question de savoir pourquoi ces méga-feux ont une superficie aussi forte.
07:59Pourquoi ? Parce qu'on a fait des monocultures.
08:02Du monoculture de pain maritime.
08:04C'est Emmanuel Macron, la monoculture de pain maritime en Nouvelle-Aquitaine.
08:07Ça s'est accéléré et nous sommes dans un moment de croiser des chemins dans la forêt.
08:10Vous avez un système de monoculture, donc avec plantation monoculture coupra,
08:14c'est ça le triptyque.
08:15Et évidemment, cela propage les feux beaucoup plus rapidement.
08:19Et l'ONF a alerté à de nombreuses reprises.
08:22Vous savez qu'en 30 ans, l'Office national des forêts a perdu 40% de ses effets.
08:26Donc nous, nous voulons des forêts diversifiées en âge, en essence,
08:30avec des forestiers et des forestiers.
08:32Mathilde Panot, la lutte anti-incendie, elle est essentiellement à la charge des départements,
08:35à travers les SDIS.
08:37Quel financement vous proposez, vous, pour les aider, ces départements ?
08:40Il y avait eu des tentatives au Parlement via des taxes, sur les assurances,
08:44sur la taxe de séjour, c'est ce que proposait la gauche l'an dernier.
08:47Est-ce que c'est la solution de taxer, donc, que les Français, finalement, in fine,
08:51financent ce qu'il faut en plus pour la lutte anti-incendie ?
08:55Mais moi, je vais vous dire, de l'argent, il y en a beaucoup dans ce pays.
08:58Nous sommes la septième puissance économique au monde.
09:00Donc, il est possible d'aller chercher de l'argent.
09:02Et vous savez, ce qui est très frappant avec les incendies,
09:04on va peut-être du budget et des pistes budgétaires du gouvernement,
09:08ce qui est très frappant, c'est que vous êtes en train de voir
09:10le prix des coupes budgétaires sur tous les services publics de ce pays,
09:14dont les pompiers.
09:15Parce que quand vous faites des coupes budgétaires à tout va,
09:17que vous enlevez aux départements et aux collectivités,
09:20les moyens de financer les services publics un peu partout,
09:23et à l'État aussi, vous savez qu'Emmanuel Macron,
09:25c'est 100 000 fonctionnaires en moins, en 10 ans.
09:27Est-ce que l'État fonctionne mieux ? Non.
09:29Il fonctionne moins bien, on a recours au privé, cela coûte plus cher.
09:33Et donc, on se retrouve avec Gabriel Attal,
09:36qui veut faire 53 millions d'économies en annulant deux commandes de Canadair.
09:40Et à la fin, ça va coûter des centaines de millions au moins à l'État,
09:43entre le chômage partiel, des petites et moyennes entreprises
09:46qui sont touchées durablement, des gens qui ont absolument tout perdu,
09:50la reconstruction des écosystèmes qui va devoir se faire.
09:53Vous noteriez la loi de modernisation de la sécurité civile
09:55que le ministre de l'Intérieur compte proposer cet automne ?
09:57Eh bien, nous attendons de voir ce qu'il en est,
09:59parce que je vous indique que les syndicats de pompiers ont été voir le ministre
10:03et en sont ressortis extrêmement peu satisfaits,
10:05avec une date de mobilisation à laquelle j'invite tout le monde à aller,
10:08qui est le 29 septembre.
10:10La sécheresse, les agriculteurs accablés par la sécheresse,
10:13certains ont tout perdu et nous disent,
10:14il faut absolument qu'on puisse stocker l'eau, sinon on ne s'en sortira pas.
10:17La loi d'urgence agricole, elle prévoit justement,
10:20qui vient d'être adoptée et confirmée par le Conseil constitutionnel,
10:24elle prévoit justement de doubler le stockage d'eau pour l'agriculture.
10:26Vous, vous vous y êtes toujours opposé.
10:27C'est quoi la solution pour ces agriculteurs
10:29qui aujourd'hui ont perdu pour certains la totalité de leur culture ?
10:32Avec des conséquences qui vont être très graves et à long terme.
10:35Par exemple, lorsque l'on parle à la fois des agriculteurs et des agricultrices
10:39avec la sécheresse sur la question de la baisse de production
10:42qu'ils vont pouvoir faire, sur la question des légumes, etc.,
10:45ça veut dire aussi derrière des prix alimentaires
10:47qui risquent encore d'augmenter pour les Français et les Français.
10:50Je vais vous dire, il y a eu trois lois agricoles en deux ans et demi.
10:53Le résultat est pire que tout.
10:55Le résultat, c'est que tout empire à chaque fois.
10:57Et dans cette loi agricole, il y a notamment le fait
10:59de restreindre encore les zones humides alors qu'on a besoin de zones humides.
11:03Vous savez quel est le meilleur stockage de l'eau ?
11:05C'est les sols.
11:07Et quand vous voyez qu'à Sainte-Sauline, par exemple,
11:09toute l'eau des stockages d'eau qui sont faits, c'est évaporé,
11:13vous comprenez que les stockages d'eau comme ça,
11:15les méga-bassines qui sont faites, sont une aberration.
11:18Donc il faut changer de modèle agricole.
11:20Avec Jean-Luc Mélenchon, nous proposons de réorganiser les régions
11:23pour en faire des éco-régions.
11:24Donc on ne profite pas des moments où il pleut
11:27pour récupérer cette eau de pluie, la stocker et s'en servir en plein essai ?
11:30Vous savez, quand il pleut, justement, il faut permettre de faire en sorte
11:33de ne pas artificialiser les sols, que l'eau puisse rentrer dans les sols,
11:36qu'elle puisse re-remplir les nappes phréatiques.
11:38C'est comme ça qu'on fait une bonne gestion de l'eau.
11:40Et donc les éco-régions, autour justement des bassins, des fleuves,
11:45permettent d'avoir une structure administrative
11:48qui permet de répondre à ces enjeux et de penser à une autre agriculture
11:51pour une autre alimentation et pour une meilleure santé.
11:53Puisqu'on parle d'agriculture, vous annoncez ce matin dans une tribune
11:56que vous comptez, chez LFI, faire tomber la réautorisation dérogatoire
12:00de certains pesticides qui étaient une mesure de cette loi d'urgence agricole.
12:03Comment vous allez vous y prendre ?
12:04Alors, il se trouve que le 29 octobre, c'est la niche parlementaire
12:08de la France Insoumise, le jour où nous pouvons décider de l'ordre du jour.
12:11Et donc, nous vous annonçons ce matin que nous utiliserons notre niche parlementaire
12:15pour abroger cette loi poison qui a été faite,
12:18c'est-à-dire le fait de réintroduire deux néonicotinoïdes
12:21qui attaquent le cerveau des enfants.
12:23Je rappelle que l'année dernière, il y avait 2,2 millions de personnes
12:27qui avaient signé une pétition contre la réintroduction des néonicotinoïdes.
12:31Je rappelle que l'ordre des médecins et plusieurs sociétés savantes
12:34ont dit qu'il ne fallait pas reproduire le scandale,
12:36notamment du chlordécone et de l'amiante.
12:39Le Conseil constitutionnel a validé cet article au nom de l'intérêt général.
12:43Non, alors il l'a validé en disant qu'il y avait peut-être des risques pour la santé,
12:46ce qui est déjà un problème,
12:47et en disant parce qu'il pesait des dangers graves sur l'agriculture.
12:51Or, le danger grave sur l'agriculture, ce ne sont pas les pesticides.
12:54Les dangers graves pour l'agriculture, ce sont les accords de libre-échange
12:57que les macronistes ne cessent de signer,
12:59et c'est le fait qu'on ne protège pas les agriculteurs d'une concurrence déloyale.
13:03Je vous donne un exemple.
13:04Dans la loi d'urgence agricole, nous avions fait voter un amendement
13:07qui permettait d'interdire toute importation de produits en France
13:11traités avec des pesticides interdits dans notre pays,
13:14ce qui semble être de bon sens.
13:16Eh bien, le gouvernement l'a enlevé.
13:18Et sur la question des néonicotinoïdes, des pesticides,
13:22l'Assemblée nationale a été empêchée de voter.
13:25Donc c'est un scandale sanitaire, c'est un scandale démocratique.
13:28Et le 29 octobre, à l'Assemblée nationale, nous le ferons voter.
13:30Vous y croyez ? Ça a des chances de passer ?
13:33Alors oui, parce que figurez-vous que lorsque le gouvernement a empêché le vote,
13:36il se trouve que des gens, par exemple, comme l'ancienne première ministre,
13:39Elisabeth Borne, avaient proposé de supprimer cette disposition qui était dans la loi
13:43et dont le gouvernement avait promis qu'ils ne seraient pas dans la loi.
13:46Donc ça fera aussi partie, évidemment, de l'élection présidentielle
13:49de défaire la coalition du cancer.
13:52Madame Le Pen, M. Attal, M. Édouard Philippe,
13:55qui ont tous participé à faire réautoriser ces pesticides.
13:58Donc vos sept niches parlementaires en octobre.
14:00L'automne sera aussi budgétaire avec cette nouvelle bataille budgétaire.
14:05Alors à ce stade, on ne voit pas bien comment un budget pourrait être adopté au 31 décembre.
14:08On pourrait donc repartir sur une loi spéciale,
14:10ce qui n'est pas idéal avant une présidentielle.
14:13Ce n'est pas idéal, d'abord, pour ceux qui vont gagner en 2027.
14:16Vous qui comptez prendre le pouvoir,
14:19est-ce que c'est dans votre intérêt de démarrer votre mandat
14:23avec une loi spéciale sans budget que vous pourrez rectifier ?
14:26On va dire que ce qui est dans notre intérêt,
14:30c'est de faire savoir à tout le monde que lorsque nous arriverons au pouvoir,
14:33nous ferons immédiatement un projet de loi de finances rectificatif
14:35pour changer radicalement les choix politiques qu'a fait ce gouvernement.
14:40Encore faut-il qu'il y a un budget à rectifier.
14:42Oui, mais vous savez, une loi spéciale peut durer un peu et nous permettre de tout modifier derrière.
14:47Nous avons un gouvernement qui est en train de parler de prendre aux retraités,
14:49qui est en train de parler de prendre aux malades avec les franchises médicales,
14:53qui est en train de parler de prendre aux étudiants avec l'éventualité de supprimer des APL.
14:58Pendant ce temps-là, pour savoir à quel niveau un retraité serait riche ou autre,
15:02on ne parle pas de taxer les riches en général,
15:05de l'impôt de solidarité sur la fortune, de la taxe Zuckman,
15:08d'un impôt sur le revenu qui est plus équilibré.
15:11Et pendant ce temps-là, on ne parle pas des 500 plus riches de ce pays
15:14qui ont vu leur fortune doubler sous les deux quinquennats d'Emmanuel Macron.
15:18On ne parle pas de Total qui a fait 10 milliards de bénéfices sur le dos des Français.
15:22Et on ne parle pas, par exemple, de Bernard Arnault qui vient de s'acheter un yacht à 500 millions
15:26d'euros.
15:26De toute façon, Jean-Luc Mélenchon estime qu'on peut, je cite, « foutre la dette au feu ».
15:30Est-ce que c'est un propos vraiment responsable de la part d'un candidat à la présidentielle ?
15:34Eh bien oui, c'est un bon débat que celui de la dette,
15:36qui est d'ailleurs, il y a plusieurs économistes, M. Piketty et autres,
15:40qui nous donnent raison sur cette question.
15:41Alors il y a d'autres économistes qui ne disent pas du tout ça.
15:43Oui, ce sont des débats économistes.
15:44Abandonner une partie de la dette, c'est la voie royale vers une hyperinflation,
15:47remet beaucoup d'argent en circulation, c'est la défiance des marchés,
15:50des taux d'intérêt qui explosent, bref, c'est l'engrenage infernal
15:53et c'est les Français qui en payent le prix à la fin.
15:54Vous savez, les mêmes qui nous font la morale sont ceux qui ont créé
15:571000 milliards de dettes et voire même plus sous 10 ans d'Emmanuel Macron.
16:00Vous vous rappelez ce banquier de génie qu'est Emmanuel Macron.
16:04Nous, nous disons que nous pouvons faire autrement,
16:05que ça suffit maintenant sur le chantage de la dette de tout sacrifier.
16:09Les services publics, l'adaptation et l'atténuation du dérèglement climatique,
16:13le fait que nous ayons une démocratie où un homme seul peut décider contre tout un peuple.
16:18Nous, nous ferons la VIème République sur ces questions-là.
16:21Et je vais vous dire, sur la question de la dette, oui, il est possible d'annuler une partie de
16:24la dette.
16:25C'est tout à fait faisable et cela permettra de libérer la France de ce poids qui est fait.
16:32Et personne ne sera, enfin, personne n'aura rien puisque c'est une ligne à effacer auprès de la banque
16:37centrale.
16:38Vous faites paniquer tout le monde, les marchés, et donc ça se retourne contre les Français à la fin.
16:42Pas du tout, pas du tout.
16:43Si les taux d'intérêt augmentent, explosent, si l'inflation explose,
16:47l'inflation à deux chiffres, si on libère 18% de la dette.
16:49C'est une action qui fait que l'inflation explose.
16:52Vous trouvez que l'inflation est bien en ce moment ?
16:54Elle n'est pas à deux chiffres.
16:55Oui, mais vous trouvez que c'est formidable la politique économique qui a été menée ?
16:58Vous savez qu'Emmanuel Macron, c'est un record de défaillance d'entreprise
17:02avec 66 000 en petites entreprises et moyennes entreprises qui font faillite chaque année.
17:08Donc, nous, nous proposons tout autre chose.
17:11Il est possible de repartir des besoins, de l'expertise des gens.
17:14Je parlais tout à l'heure des associations et des syndicats qui, depuis des années, nous disent ce qu'il
17:18faut faire.
17:19Et maintenant, c'est l'heure des grands choix.
17:21Soit nous voulons continuer avec une politique d'égoïsme qui est tout pour les riches,
17:25ou une politique d'entraide, ce que nous, nous proposons.
17:27Vous faites donc votre entrée politique chez LFI dans la Drôme demain.
17:30Les écologistes à Grenoble, les communistes à Toulouse, le PS la semaine prochaine.
17:34La gauche qui apparaît morcelée comme jamais à huit mois de la présidentielle.
17:38C'est un peu la chronique d'une défaite annoncée quand même en 2027 ?
17:41Absolument pas.
17:42Et d'ailleurs, il faut arrêter de désespérer les gens avec ça.
17:44Nous, nous avons lancé notre candidature avec Jean-Luc Mélenchon le 3 mai.
17:48Il y a d'ores et déjà 340 000 soutiens citoyens sur le site mélenchon2027.fr.
17:53Et nous avons une dynamique qu'on a vue à Saint-Denis avec 26 000 personnes qui étaient présentes.
17:58Là, les amphi-détés s'annoncent comme le record de participation
18:01puisque nous avons 6 000 préinscriptions, ce qui est le double de l'année dernière.
18:05Et donc, il y a une dynamique et j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent à venir nous
18:09aider.
18:09Mais ça, c'est votre base. Votre enjeu pour vous, c'est d'élargir votre base pour 2027.
18:13Vous ne pouvez pas seulement gagner avec vos électeurs actuels.
18:17Il va falloir convaincre les autres.
18:18Comment vous allez convaincre des électeurs du PS de voter pour vous en 2027 ?
18:23Mais comment nous allons convaincre avec un programme ?
18:26C'est ce que nous sommes en train de faire.
18:27Convaincre et rassurer peut-être aussi.
18:29Oui, nous avons un programme avec des livrets.
18:32Nous sommes extrêmement précis sur ce que nous allons faire.
18:35Et je vais vous dire, c'est le peuple qui écrit son histoire.
18:37Ce ne sont pas les instituts de sondage.
18:39Ce n'est pas le désespoir qu'on répond absolument partout.
18:42Et lorsqu'on nous annonce que la victoire de l'extrême droite est inéluctable,
18:45la candidature de Jean-Luc Mélenchon est non seulement celle qui peut arriver au second tour,
18:49mais qui peut emporter l'élection présidentielle et ainsi montrer qu'un autre monde est toujours possible.
18:54Vous avez peut-être lu Cécile Duflo dans Libération ce matin,
18:56l'ex-ministre patronne aujourd'hui d'Oxfam,
18:58qui dit que face à la situation climatique, face à l'extrême droite,
19:02la gauche doit se remettre en question.
19:04Il n'y aura pas de victoire possible derrière un Mélenchon prisonnier de son dogmatisme
19:07ou en face avec un projet qui fait de Mélenchon l'adversaire numéro un.
19:11Comment vous sortez de ça à gauche ?
19:12Mais on sort de ça avec une dynamique.
19:15Encore une fois, nous avons tendu la main à la fois aux écologistes et aux communistes pour que...
19:20Il y a Marine Tondelier, l'écologiste Marine Tondelier, qui vous tend la main,
19:23qui dit qu'il faut qu'on discute.
19:24Oui, on va discuter par exemple, moi aux Amphis d'été,
19:27je discute avec Cyrielle Châtelain, présidente du groupe des écologistes.
19:30Il y a sept députés écologistes qui viennent à nos Amphis.
19:33Donc nous discutons, mais je vais vous dire,
19:35il faut arrêter de désespérer tout le monde en expliquant que si nous ne sommes pas unis,
19:39nous n'y arriverons pas.
19:40Déjà, la gauche a été très peu unie, voire jamais unie dans les élections présidentielles.
19:44C'est la première chose.
19:45L'unité, quand elle s'est faite, NUPES, NFP, c'est nous qui l'avons faite,
19:49lorsque nous faisions 22% et les autres moins de 5%.
19:52Et je rappelle que la dernière fois, si nous ratons le second tour à 420 000 voix,
19:56c'est parce qu'il y a eu d'autres candidatures qui se sont maintenues jusqu'au bout.
20:00Donc nous, nous prenons nos responsabilités.
20:02Et nos responsabilités, ce n'est pas de désespérer tout le monde en disant...
20:05Donc vous êtes sûr de vous, on y va, tout seul, Jean-Luc Mélenchon devant.
20:08Mais nous n'y allons pas tout seul.
20:10Nous n'y allons pas tout seul.
20:11Nous avons beaucoup d'artistes qui sont avec nous, dont beaucoup seront aux amphis.
20:15Nous avons les Verts populaires qui nous ont rejoints.
20:17Nous avons d'autres qui vont, je l'espère, nous rejoindre encore.
20:20Et donc nous ne sommes pas tout seul.
20:21Nous avons au contraire une équipe, un programme et un seul candidat.
20:25Peut-être est-ce cela qui gêne ?
20:26C'est que nous ne nous mettons pas des couteaux dans le dos.
20:28Que ça veut dire que vous allez aussi changer de stratégie pour les huit mois qui viennent
20:31et abandonner la stratégie de la conflictualisation permanente, du tout feu, tout flamme,
20:36qui peut inquiéter certains des électeurs à gauche ?
20:40Du conflit naît la conscience, mais je ne crois pas que nous sommes dans une conflictualité permanente.
20:45Nous, au contraire, nous essayons de faire réfléchir les gens
20:47et de convaincre les gens autour d'idées qui montrent qu'on peut faire autrement dans ce pays.
20:52Donc, je le redis, ne désespérez pas, nous pouvons l'emporter,
20:56non seulement tourner la page de la Macronie, mais battre l'extrême droite dans ce pays.
21:00Et pour cela, il faut vérifier son inscription sur les listes électorales
21:03quand il y a 11 millions de personnes qui sont non inscrits et mal inscrits.
21:07Et ça, seule la France Insoumise fait ce travail d'inscription sur les listes.
21:10Et puis ensuite, venez nous aider sur Mélenchon2027.fr.
21:13Vous parliez de vos amphis d'été, vous avez notamment aussi convié le banquier Mathieu Pigasse,
21:18dont beaucoup des propositions sont assez proches des vôtres,
21:20sauf peut-être sur l'Europe et sur le nucléaire.
21:23Vous craignez une éventuelle candidature de Mathieu Pigasse ?
21:25Non, nous ne craignons aucune candidature.
21:27Et je vais vous dire, c'est la démocratie.
21:30C'est avec la démocratie qu'on permet de confronter des idées
21:34et justement de faire naître du débat.
21:36Nous, ce que nous craignons plus que tout,
21:37c'est que l'élection présidentielle soit en quelque sorte volée,
21:40comme elle l'a été en 2022.
21:42En 2022, ou sous le prétexte de la guerre en Ukraine,
21:45Emmanuel Macron a refusé absolument tous les débats.
21:48Je rappelle qu'en 2022, Jean-Luc Mélenchon faisait une campagne en disant
21:51« 2022 et l'élection présidentielle et la dernière station... »
21:54Parler d'élection volée, c'est trumpiste comme discours.
21:57Attendez, dernière station avant le désert,
21:59et avait fait toute une campagne sur la question de la politique de l'eau
22:01qui n'avait intéressé absolument aucun des médias à cette époque-là.
22:04Et on voit bien que c'était entièrement fondé.
22:07Oui, je pense que le débat présidentiel, la dernière fois, s'est fait voler.
22:10Et j'espère que dans cette élection présidentielle,
22:13nous aurons des sujets de fond sur la question de la dette,
22:15sur la question de l'économie, sur la question du social.
22:18Vous savez par exemple dans le budget que là on parle de supprimer
22:2110 000 places d'hébergement,
22:24alors qu'encore la semaine dernière,
22:26il y a 430 personnes qui se sont fait expulser à Paris
22:29avec des enfants qui avaient en moyenne 5 ans.
22:32Et vous aurez l'occasion d'en reparler dans le cadre du débat budgétaire.
22:36Merci Mathilde Panot, invitée de France Inter ce matin.
22:40Bonne journée.
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