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  • il y a 2 heures
À Nantes, 3500 personnes vivraient dans 64 bidonvilles, dont un tiers d'enfants. Expulsions, logements insalubres et précarité : sur place, les problèmes s'accumulent. StreetPress a rencontré plusieurs habitants pour ce nouvel épisode de La Vraie vie.

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00:00Je m'appelle Ravonda, je vis avec mes parents pour plusieurs caravanes.
00:06Dans ma classe, il y en a qui rigolent de moi parce que j'habitais sur la caravane.
00:11Moi je leur dis mais c'est pas grave, mais moi j'ai une maison.
00:15C'est un caravane, un caravane.
00:18Moi ici c'est ma trois enfants.
00:21Trois enfants, ça la caravane des petits et ça.
00:26C'est catastrophique.
00:27C'est maximale, après vient le franc.
00:30C'est une catastrophe.
00:32Il est nécessaire comme ça, trois.
00:35Trois, comme ça, pour nous accopérer.
00:40Sur l'ensemble de l'agglomération nantaise qui comporte 24 communes,
00:44on dénombre aujourd'hui quelques 65 bidonvilles.
00:49Ça représente 3500 personnes.
01:01La Loire-Atlantique, c'est le deuxième département de France hexagonale où il y a le plus de bidonvilles.
01:05En tout, il y a une soixantaine de terrains autour de Nantes.
01:08Certains avec quelques familles et d'autres avec des centaines de personnes.
01:11Au total, il serait 3500 dans ces bidonvilles.
01:14On y trouve en majorité des gens issus de la communauté rome qui viennent de Roumanie.
01:17Forcément, les conditions de vie sont très précaires.
01:20Habitat insalubre, accès limité à l'eau, à l'électricité, aux soins, à la scolarisation ou à l'emploi.
01:26Pour pouvoir raconter comment ces personnes arrivent à vivre dans ces conditions,
01:29je suis allé dans quatre de ces bidonvilles.
01:31Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un tiers de ceux qui vivent ici seraient des enfants.
01:34Donc, pour commencer ma journée, j'ai fait le chemin pour aller à l'école avec Ramona et Serafine,
01:39deux enfants qui habitent à Sainte-Luce, une petite ville à l'est de Nantes.
01:44Je m'appelle Ramona, j'ai 11 ans.
01:47Je vis avec mes parents dans plusieurs caravans.
01:52Moi, je vis avec ma grand-mère, ma mère avec mon père.
01:56Je suis en Sera et en Sèbre.
01:58Je vais en bus à l'école avec plusieurs gens qui sont là-bas.
02:05C'est Raphine et j'ai 8 ans.
02:08Et moi, quand je veux être grand, je veux être policier.
02:11Parce qu'on attrape les autres, on a des voitures.
02:15Du coup, c'est pour ça.
02:18Dans ma classe, il y en a qui rigolent de moi parce que j'habitais sur la caravane.
02:22Et du coup, moi, je leur dis, mais c'est pas grave.
02:25Moi, j'ai une maison.
02:27Et après, on est en train de jouer, on commence à jouer à l'impervive, tout ça.
02:35Ça fait rien.
02:37Parce qu'au moins, ils m'ont rien fait, ils m'ont pas dit de gros mots, tout ça.
02:45Il y a plusieurs gens qui viennent de là-bas, il y a d'autres au camp.
02:48Il y a des gens qui sont avec nous dans la classe.
02:51Parce qu'on a trois camps ici.
02:54Je laisse Serafine et Ramona à l'arrêt de bus.
02:57Ils vont passer la journée à l'école, comme tous les autres enfants.
03:01Le bus qui arrive, il y a ta main.
03:10Je vais voir comment ça se passe dans les autres bidonvilles.
03:12Je vais filmer le plus vieux.
03:14C'est un terrain qui appartient à la ville de Nantes et sur lequel les Roms se sont installés illégalement
03:18il y a 16 ans.
03:19Entre temps, ils ont reçu plusieurs avis d'expulsion qui ont été contestés par des associations locales.
03:24Le dernier avis date de 2025.
03:27Ici, c'est comme la cuisine.
03:29Normalement, c'est la cuisine qu'on est restée toutes les journées.
03:31On est fait manger, tout ça.
03:34Et l'autre, c'est un mobilon.
03:36Moi.
03:37Le grand.
03:39Et c'est le lit.
03:41Et derrière, il y a un petit champ.
03:45C'est les deux grands qui dorment là-bas.
03:48Elle, c'est Laura.
03:50Elle m'a ouvert les portes de sa maison.
03:51Elle a 30 ans, 4 enfants et habite sur le terrain depuis 11 ans.
03:57J'arrive en 2015, ici en France, moi et mon mari.
04:02C'est plus moi ici en France comme la Roumanie.
04:04C'est très difficile là-bas.
04:06C'est difficile pour trouver du travail.
04:09C'est pour vivre.
04:11Et vous n'avez plus qu'on pouvait vivre avec l'argent que tu fais à la Roumanie.
04:19Et à coup de ça, on est bien ici en France.
04:25Après, on a commencé au travail.
04:27Moi, j'ai fait le ménage.
04:29Et mon mari, ça aussi.
04:31Après, mon mari charge et tout ça.
04:33Avant, j'ai travaillé 8 heures.
04:35Et maintenant, comme j'avais les enfants et j'avais un bébé, il avait 12 ans.
04:39J'ai commencé à la 5h du matin.
04:43Et je reste jusqu'à 9h, 3h du travail.
04:47On est contentes ici.
04:52Vous avez peur d'être expulsés ?
04:54Oui.
04:55Si le terrain va exploser, on a fait quoi ?
04:58Après, c'est avec l'école et tout ça avec le travail.
05:02Parce que le travail, c'est jusqu'à côté de chez nous.
05:04C'est pas loin.
05:05Même l'école, c'est à côté du carrefour.
05:07C'est tout ici.
05:08On est habitués ici.
05:10Les enfants et les grands d'ici.
05:11Des fois, je l'expliquais, les enfants, si on est exposés, vous faites quoi ?
05:15Si vous choisissez l'école, les enfants ont dit non, on n'a pas accepté ça.
05:20Parce qu'on est habitués ici.
05:22Et on ne peut pas aller à l'autre école.
05:25Oui, on est stressés.
05:32Je m'appelle Sefra et j'ai 8 ans.
05:37Ouais, c'est mon frère, t'as quel âge ?
05:39C'est ton.
05:41Quand je fais grand, je fais la police.
05:45et je fais la vérité dans la France.
05:50J'ai peur à m'insister.
05:52Il se passe quoi, si tu veux ?
05:54D'accord !
05:55Bah...
05:59On n'a pas la maison.
06:03On va vivre...
06:08On va vivre là.
06:11Et c'est pour ça.
06:12Mais bref, c'est les jours ici.
06:15Pour tout le jour.
06:22Vous ne l'avez pas vu pour l'instant, mais depuis ce matin, je suis avec Philippe.
06:26C'est grâce à lui que je peux filmer et rencontrer autant de familles.
06:29J'ai un micro aussi.
06:31J'ai un micro aussi.
06:33Philippe, c'est un habitant de Sainte-Luce qui a créé Roata, une association qui accompagne les familles de la
06:39communauté rome.
06:40Ça fait 20 ans qu'il travaille avec eux. Il a même fait plusieurs séjours en Roumanie. Il connaît très
06:45bien cette communauté.
06:46Moi, je suis surpris sur leur fatalité et sur d'accepter de vivre comme ça, dans des conditions d'insalubrité,
07:00d'insécurité, d'indignité.
07:02Notamment quand il y a des phénomènes, des épisodes d'expulsion, comme ce qu'on a connu il y a
07:10trois semaines au Moulin des Maréens.
07:13Leur installation, certes précaire, mais qui leur a permis quand même de vivre quelques années à l'abri, ont été
07:20détruites.
07:34Là, on peut imaginer l'installation de cette famille.
07:42Là, ils ont amené un mobilhome qui sert essentiellement de couchage, de lieu où ils dorment.
07:51Et puis, à proximité, ils construisent des cabanes où là, c'est plutôt leur espace de vie.
07:58Donc, on imagine ici une cuisine avec des restes de tables, de meubles.
08:04Et tout a été évidemment détruit lors du démantèlement du 18 août.
08:19Ce terrain comportait une trentaine de familles, peut-être 140 personnes identifiées.
08:27Mais il y avait juste à côté une petite partie, une zone d'un endroit où là sévissaient des trafiquants
08:36de tous ordres,
08:38à savoir des vols, des recels, des incivilités, des rodéos, des courses-poursuites avec la police,
08:48et voire des crimes et des délits, puisqu'on a identifié des violences sexuelles et même de la prostitution.
08:58Les riverains à proximité, depuis 2021, ont déposé 40 plaintes auprès de la police.
09:08Aucune n'a abouti.
09:10Et on a laissé pourrir cette situation pour, au bout de 4 ans, intervenir pour expulser l'ensemble du terrain.
09:20Donc, c'est une sanction collective.
09:24Sur ce terrain-là, moi, je connais des familles qui travaillent, qui travaillaient depuis des années.
09:30C'est des familles qui travaillent dans l'agriculture, dans l'agroalimentaire.
09:34Ils ont des contrats, c'est des dés répétés régulièrement au cours des années.
09:39Ces familles-là, aujourd'hui, sont dans l'errance.
09:42Donc, ils sont sans-abri.
09:45C'est un fiasco de cette politique-là, de l'immobilisme.
09:54Philippe m'explique aussi que d'autres solutions sont proposées aux familles.
09:58Il y a, par exemple, les terrains d'insertion temporaires.
10:00Ce sont des terrains aménagés par la mairie, avec des mobilhomes,
10:04des accès à l'eau, à l'électricité, des blocs sanitaires et des laveries.
10:08Il y en a 7 en région nantaise.
10:10La métropole de Nantes a aussi lancé ce qu'elle appelle un plan de résorption des bidonvilles.
10:1580 millions d'euros injectés sur 4 ans depuis 2024
10:18pour accompagner les familles vers des solutions durables,
10:21que ce soit au niveau de l'hébergement ou de l'insertion.
10:24En attendant de voir si ce plan est efficace, les problèmes continuent de s'accumuler.
10:29Avec Philippe, on termine la journée au Moulin des Marais 4.
10:32Fin juillet, un feu est parti d'un terrain juste à côté.
10:35Il a détruit 10 hectares, deux tiers du bidonville aurait brûlé.
10:39Plusieurs familles ont été hébergées en urgence dans un gymnase.
10:42C'est le cas de Kostika.
10:43Lui, il habite juste à l'entrée du bidonville.
10:46Son logement n'a pas brûlé, mais il est encore très marqué par l'incendie.
10:49Ici, c'est la dernière caravane.
10:52Absolument, d'ici, brûlée, 33 caravanes.
10:56Et la voyature, 27 voyatures.
11:01Par exemple, les enfants, il n'y a pas de copains.
11:05Leur dormir comme ici, ici, ici dormir, ici.
11:08Après, viennent de la...
11:10Comment s'appelait la gymnazio?
11:12Merci à toutes les personnes de la gymnazio.
11:15Beaucoup de respect.
11:16Donnent de doulour, de manger, quelque chose.
11:19Et dormir la gymnazio.
11:21Deux omen.
11:23Maximum.
11:24Après, les autorités de la gymnazio ne-a dit
11:28que je suis désolé, il n'y en a pas de doulour, il n'y en a pas de manger.
11:33Et le chef m'a dit de faire les gymnazios.
11:38Viens ici.
11:40Regarde, la personne est déjà construite.
11:47Voilà, c'est la fin de cette vidéo.
11:49Merci à vous de l'avoir regardé jusqu'au bout.
11:51J'ai pu échanger avec la métropole de Nantes.
11:53Ils m'assurent qu'ils accompagnent les communes
11:55avec notamment la mise en place de ce plan de résorption,
11:58des financements, la médiation scolaire,
12:00mais aussi le raccordement à l'eau potable de plusieurs bidonvilles.
12:03Et pour finir, n'oubliez pas,
12:04si vous avez aimé cette vidéo, abonnez-vous à notre chaîne YouTube.
12:07Et si vous le pouvez, soutenez-nous financièrement.
12:09C'est super important.

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