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Menaces de procès, pressions financières, machines de communication prêtes à tout étouffer, comment enquêter sur les plus grandes fortunes de France ? Dans ce nouveau podcast vidéo, on en parle entre médias indés, avec Disclose, Mediapart et Les Jours.
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00:00:00Dès le début de notre enquête sur Bolloré, on nous a parlé d'une vidéo des guignols que Vincent Bolloré
00:00:06aurait écrite.
00:00:08Et ça ressemblait vraiment à une légende urbaine, tout le monde nous en parlait, les gens la fantasmaient à force,
00:00:12jusqu'à ce qu'au bout de 2-3 ans, quelqu'un nous dise « bon, j'ai lu vos...
00:00:16on en avait fait 60 peut-être papiers, je vous donne cette vidéo-là ».
00:00:20Et ça, on n'aurait pas pu le faire sans qu'une source, à l'intérieur de Décathlon, nous transmette
00:00:25un document très sensible.
00:00:26C'est un truc, c'est dans un coffre-fort, il faut que personne ne le trouve.
00:00:30Déjà que les sources étaient très frileuses à nous parler, qu'on marchait sur des oeufs, que c'était compliqué
00:00:35même après des années,
00:00:37là, il y avait carrément le grand patron qui les menaçait en 4x3.
00:00:41Les jours, une officine d'extrême-gauche, alors que l'officine d'extrême-gauche, c'est vous, c'est pas
00:00:44nous.
00:00:45Mais alors c'est vous, chez Street Press peut-être.
00:00:47Eux, c'est l'officine, et nous, c'est l'extrême-gauche.
00:00:50Il faut enquêter sur les milliardaires, parce que les entreprises qu'ils possèdent produisent et commercialisent une grande partie de
00:00:57ce que nous, nous possédons.
00:00:58Nos téléphones, nos vêtements, et même ce que l'on mange.
00:01:01Ils façonnent aussi nos imaginaires à travers les films qu'ils produisent, les livres qu'ils éditent, et les médias
00:01:06qu'ils possèdent.
00:01:08Et pourtant, ces ultra-riches, ils ne rendent que peu de comptes.
00:01:11On ne les voit presque jamais, et les enquêtes sur eux sont finalement assez rares.
00:01:15Pas vraiment étonnant, quand on sait qu'en France, l'immense majorité des médias appartient à une dizaine de ces
00:01:21ultra-riches.
00:01:23Ceux qui font le taf, c'est surtout les médias du service public et les médias indépendants.
00:01:27Et bien souvent, ça les énerve.
00:01:29J'ai été un peu choqué.
00:01:30Aujourd'hui, pour parler de ce travail extrêmement difficile, j'ai invité trois journalistes.
00:01:35Ils enquêtent depuis des années sur ces milliardaires et leurs groupes.
00:01:38Radhij Azerwali s'intéresse pour Mediapart à l'homme le plus riche de France, Bernard Arnault.
00:01:43Mathias Destal, cofondateur de Disclose, un média d'investigation, a enquêté sur plusieurs entreprises propriétés de ces ultra-riches.
00:01:51Et Raphaël Garigos, qui a créé Les Jours, il enquête depuis dix ans sur l'empire médiatique d'un homme
00:01:56qu'on connaît bien à Street Press,
00:01:58le milliardaire d'extrême droite Vincent Bolloré.
00:02:01Avant de les écouter, je voudrais vous rappeler que le travail d'enquête que Street Press mène depuis plus de
00:02:0515 ans prend du temps et coûte cher.
00:02:08Donc si vous voulez qu'on continue, faites des dons.
00:02:10Le lien vers notre cagnotte est en description de cette vidéo.
00:02:18Bonjour à tous les trois.
00:02:20Merci de participer à ce sixième épisode du podcast de Street Press consacré aux milliardaires,
00:02:25ou plutôt aux enquêtes sur ces ultra-riches et leurs empires.
00:02:29On va essayer de raconter comment on travaille, d'où viennent nos informations, vos informations,
00:02:35quelle pression aussi on subit quand on enquête sur ces hommes, c'est rarement des femmes, très puissants.
00:02:40Mais avant de commencer, je voudrais qu'on présente vos médias.
00:02:44Bon, Mediapart, il n'y a pas vraiment besoin, tout le monde connaît.
00:02:47Des milliers d'enquêtes sur Sarkozy et la Libye.
00:02:49Les accusations de viol contre Patrick Bruel pour citer la grosse affaire la plus récente.
00:02:54Bonjour, merci.
00:02:55Merci, oui, de l'invitation.
00:02:57Disclose, on connaît un peu moins, même si ceux qui nous suivent ont déjà entendu, vu Ariane Lavrieux dans cette
00:03:04émission.
00:03:05Mathias, c'est quoi Disclose ?
00:03:07Eh bien, déjà, merci Mathieu pour l'invitation.
00:03:09Disclose, c'est un média qui ne fait que de l'enquête.
00:03:12Globalement, on n'a pas d'édito, on n'a pas de commentaires, on ne fait pas de l'actu
00:03:16chaude, on fait de l'investigation.
00:03:18C'est un média à but non lucratif, donc on n'a pas d'actionnaire, pas de publicité, on est
00:03:23financé par le don.
00:03:24Et à côté de ça, on a des newsletters sur les coulisses, l'impact de nos enquêtes, on fait des
00:03:30guides et des manuels pour les journalistes et le grand public sur comment faire de l'impact et comment bouger
00:03:35et faire changer les choses avec des informations vérifiées, rigoureuses.
00:03:39Disclose, c'est un peu tout ça.
00:03:41Eh bien, merci.
00:03:42Les jours, c'est la première fois que vous venez.
00:03:44Merci.
00:03:45Même question, c'est quoi les jours, Raphaël ?
00:03:48Les jours, c'est lundi, mars, pardon.
00:03:51Non, les jours, c'est un site d'information qui fait ses dix ans avec cette particularité de raconter l
00:03:58'actualité, l'information en série.
00:04:00C'est de l'investigation en série.
00:04:02On compte aujourd'hui 350 séries qu'on a lancées depuis dix ans.
00:04:07On appelle ça des obsessions pour montrer que nous, on ne lâche pas l'affaire.
00:04:11Et parmi ces obsessions, il y a l'Empire, dont on va beaucoup parler aujourd'hui, qui documente en 251
00:04:18épisodes, je crois, les vicissitudes de Vincent Bolleray et de son groupe Média.
00:04:22Entrons dans le vif du sujet.
00:04:24Radija, en mars dernier, avec ton collègue Younes Abzouz, tu as révélé un extrait d'interview d'Hélène Mercier, qui
00:04:32c'est la femme de l'homme le plus riche de France, Bernard Arnault.
00:04:34C'est un extrait d'une interview coupée au montage sur RTL. Qu'est-ce qu'on entend ? Qu
00:04:38'est-ce que c'est cette affaire ?
00:04:40Oui. Alors, Hélène Mercier-Arnault, elle est pianiste, une pianiste de renommée internationale, et elle venait vendre un disque qu
00:04:48'elle a fait en collaboration avec un autre artiste.
00:04:50Et donc, elle est artiste, mais elle est aussi la femme de Bernard Arnault.
00:04:56Et je veux dire, elle se déplace avec lui dans des déplacements quasi diplomatiques à ce niveau-là.
00:05:02Ils ont été à l'investiture, par exemple, de Donald Trump.
00:05:05Sympa comme soirée.
00:05:06Voilà, ce n'est pas que la femme d'eux.
00:05:09Enfin, elle est dans les endroits où lui, il va se rendre en tant que président directeur général de LVMH,
00:05:15donc le plus grand groupe de luxe au monde.
00:05:17Et donc, c'est sans surprise que Marc-Olivier Fogel, il lui pose des questions sur tout un tas de
00:05:21sujets, et pas uniquement la musique classique, et donc des sujets sociétaux divers et variés.
00:05:26Et donc, quand même, l'interview qui paraît dans RTL est plutôt intéressante, parce que sa parole est rare, elle
00:05:32s'exprime très peu.
00:05:33Or, si on met de côté les médias spécialisés dans la musique classique, mais dans les médias généralistes, elle s
00:05:39'exprime assez peu.
00:05:40L'interview est intéressante, même si on pourra y revenir.
00:05:44Je trouve qu'il ne la titille pas assez sur certains points, il ne va pas assez au fond avec
00:05:48elle, etc.
00:05:48Vous me dites que l'argent ne fait pas le bonheur. On sent la femme sincère que vous êtes, et
00:05:52qui vit dans un milieu confortable, et on ne peut pas vous le reprocher.
00:05:55Comment vous vivez ce décalage-là ? Cette espèce quand même de société qui ne va pas bien.
00:05:59Je ne vis pas avec de la culpabilité tous les jours, à partir du moment où je ne pourrais rien
00:06:04faire. C'est la société, c'est le monde dans lequel on vit partout, en fait.
00:06:08Mais il décide, et lui il dit que c'est un choix éditorial, de couper la partie, une partie où
00:06:12elle parle, comme elle dit elle, des clochards.
00:06:14La première fois que j'ai vu des clochards, c'était quand je suis arrivée à Paris, parce qu'il
00:06:18n'y en avait pas à Montréal.
00:06:19Peut-être qu'il faisait, à l'époque, il faisait trop froid. C'est aussi, j'ai l'impression, un
00:06:23choix de vie.
00:06:24Un choix éditorial, que c'est aussi un choix de vie, oui.
00:06:28Un choix de vie, il y a eu des gens aussi qui se sont retrouvés, qui avaient des choux, qui
00:06:31ont décidé de lâcher la société. C'est un retrait du monde.
00:06:35Elle va plus loin, elle dit qu'à Vienne, il siffle du Schubert, voilà.
00:06:40Et donc, ça a été reçu. Nous avons publié l'extrait qui avait été tronqué au montage, je crois que
00:06:48juste après Blast l'a fait aussi.
00:06:51Et en fait, ça dit quelque chose du niveau de déconnexion de Hélène Mercier-Arnaud, mais aussi du coup de
00:06:59Bernard Arnaud, sur ce que c'est que la société française.
00:07:01Parce qu'aujourd'hui, en fait, la pauvreté, ce n'est pas un choix, en fait. C'est pas quasiment,
00:07:06c'est pas un choix.
00:07:08Les politiques publiques mises en place par Emmanuel Macron, soutenu longtemps par le PDG de LVMH, sont venus empirer la
00:07:18pauvreté, etc.
00:07:20Donc, c'est inaudible, en fait, quand elle dit ça. Après, comme ça a fait le buzz, elle est allée
00:07:24s'en expliquer dans des plateaux plus sympathiques.
00:07:26Chez Léa Salamé, dans quelle époque ?
00:07:29Voilà, exactement. Ceci étant dit, nous, on les a quand même contactés, parce qu'on a contacté Louis Jubelin, qui
00:07:34est son conseiller en communication,
00:07:35qui a dit que ce n'était pas une demande de sa part de censure, mais qu'évidemment, après l
00:07:39'interview, ils avaient discuté avec Marco-Olivier Fogiel de ce qu'allait être gardé ou pas,
00:07:43mais que lui, il n'avait pas fait une demande de censure. En tout cas, c'était un choix éditoral
00:07:46de Marco-Olivier Fogiel.
00:07:48Un choix qui l'arrangeait bien. Mais ce niveau de déconnexion, il est important, parce que c'est des gens
00:07:53qui gèrent des empires,
00:07:54qui sont propriétaires d'Empire, donc qui ont un impact sur nos vies.
00:07:58Ça m'a fait penser à une enquête de ma collègue Clara Monivier, quand on avait enquêté sur le groupe
00:08:03Altrice, propriété de Patrick Drahi, à partir de l'X.
00:08:06Et on avait eu accès aux emails de la boîte mail de Patrick Drahi.
00:08:10Et on voyait comment il gérait son quotidien et comment il était dans le contrôle absolu de tout,
00:08:16y compris jusqu'aux tenues des gens qui l'entouraient, les femmes particulièrement quand même.
00:08:22Et ne pas se rendre compte de la vie qu'il y avait autour, de ce que ça impliquait.
00:08:27Tout était précis sur ce qu'il mangeait.
00:08:30Il y avait eu, sur la femme de Bernard Arnault aussi, l'histoire de la salade de fruits.
00:08:34C'était aussi...
00:08:35Oui, elle fait une différence entre la salade de fruits et des fruits découpés.
00:08:39Voilà.
00:08:39C'est le canard.
00:08:41C'est le canard.
00:08:42Mais voilà, elle s'était indignée parce que c'était une salade de fruits et pas des fruits découpés.
00:08:47Ou l'inverse, on voit le niveau de contrôle aussi et l'habitude qu'ils ont d'être servis en
00:08:52permanence.
00:08:53T'as parlé du récit qui est fait dans les médias quand on présente les grands patrons.
00:08:58Et Bernard Arnault, c'est toujours un capitaine d'industrie.
00:09:01Le loup du Cachemire, c'est comme ça qu'on l'appelle, non ?
00:09:04Ils ont tous des surnoms comme ça incroyables.
00:09:06Je crois que c'est le loup du Cachemire.
00:09:07Mais Vincent Bolloré, il a aussi été présenté pendant des années comme un capitaine d'industrie brillant
00:09:15jusqu'à ce qu'il mette la main sur e-télé, qu'il devienne CNews avec ce qui a été
00:09:22un peu l'étincelle
00:09:23qui a mis le feu aux poudres.
00:09:24C'est l'arrivée de Jean-Marc Morandini qui a été imposé sur les antennes de CNews.
00:09:29Ça commence à dater, c'est il y a une dizaine d'années, cette histoire ?
00:09:31C'était il y a dix ans pile.
00:09:33Est-ce que tu peux nous re-raconter cette séquence que vous avez documentée assez précisément sur les jours ?
00:09:38Oui, le petit prince de la finance, lui, on l'appelle.
00:09:41Sympa, sympa.
00:09:42Le petit prince de la finance, aujourd'hui, pour répondre rapidement à ta question,
00:09:47le petit prince de la finance, aujourd'hui, il soutient le JDD qui perd 7 millions d'euros par an.
00:09:53Ce qui ne l'empêche pas de faire, par exemple, un plan social dans le groupe de magazine Prisma qui,
00:09:57lui, est bénéficiaire.
00:09:59Vincent Bolloré, ça commence de manière assez classique.
00:10:02C'est un homme d'affaires qui rachète Canal+, ce qui était déjà arrivé avant, ce qui est arrivé
00:10:06dans d'autres secteurs.
00:10:08Nous, ce qui nous a intéressés en 2015, quand on commence à s'intéresser à l'histoire, c'est la
00:10:13brutalité avec laquelle il s'installe.
00:10:17Il y a une scène qu'on raconte sur les jours, un des tout premiers épisodes de la série L
00:10:21'Empire,
00:10:22où il rassemble le haut management de Canal+.
00:10:25Il y a donc là une centaine de cadres et il en vire un tiers séance tenante, mais vraiment séance
00:10:30tenante.
00:10:30C'est-à-dire que les remplaçants sont là.
00:10:33Il leur dit voilà ceux qui vont vous remplacer.
00:10:35Et il dit dans cette séquence-là, qui n'est pas lors d'un comité d'entreprise le même jour,
00:10:42il dit aux syndicalistes, aux élus du personnel, il dit la violence fait bouger les gens.
00:10:47Et c'est vraiment nous, cette phrase-là qu'on garde et qu'on ressort quasiment à chaque épisode,
00:10:53puisqu'à chaque fois, il utilise cette même technique qui est celle de placer un agent provocateur
00:10:58ou un épouvantail, comme on veut, sur ITL, c'est Jean-Marc Mordini.
00:11:02Il installe Jean-Marc Mordini sur ITL.
00:11:05Qui, à cette époque-là, est donc déjà mis en examen.
00:11:08Il vient, je ne sais plus s'il est déjà mis en examen, s'il est mis en examen.
00:11:11Mais en tout cas, les Inrocs viennent de sortir une première affaire le concernant.
00:11:16Et en juillet et en septembre suivant, il arrive sur ITL.
00:11:21Et c'est vraiment un casus belli pour...
00:11:22Parce qu'il est mis en examen pour des faits de...
00:11:27Aujourd'hui, il a été condamné pour corruption de mineurs.
00:11:31Et totalement et définitivement condamné.
00:11:34Et c'est cet épouvantail qui, effectivement, met le feu aux poudres chez ITL,
00:11:39où les journalistes disent, non, s'il vient, nous, on s'en va.
00:11:42Et Vincent Bolloré dit, eh bien, partez.
00:11:44Et ce qui se passe, c'est que Vincent Bolloré préfère voir partir une centaine de journalistes
00:11:50plutôt que de se priver de Jean-Marc Mordini.
00:11:54Et de fait, est-ce que le plan était ourdi totalement ?
00:11:58Ou s'il a profité de l'aubaine, d'une certaine manière, pour se débarrasser.
00:12:02Il profite de l'aubaine de changer totalement ITL.
00:12:05Parce que ITL était une chaîne d'information avec ses défauts, etc.
00:12:08Mais elle était une chaîne qui faisait du reportage,
00:12:12qui partait sur le terrain.
00:12:13Et il la remplace par une formule totalement low cost,
00:12:15qui est trois crétins, trois personnes autour d'un micro, j'ai...
00:12:20J'ai quatre !
00:12:21Pardon !
00:12:23Allez, je me mets tous dans le même lot.
00:12:26Et c'est quand même beaucoup moins cher, ça,
00:12:28surtout en mettant des gens qui ont des avis un petit peu...
00:12:31Un petit peu...
00:12:34Caricaturaux !
00:12:34Caricaturaux, on va dire.
00:12:36Et qui de mieux que des gens d'extrême droite pour ça ?
00:12:37Et donc, on crée du buzz et on crée de l'engueulade.
00:12:42Et c'est comme ça qu'il crée CNews.
00:12:45Et ensuite, pendant une décennie,
00:12:47il va mettre la main sur un certain nombre de médias.
00:12:50Et à chaque fois, puisqu'on parlait des conditions de travail,
00:12:53les conditions vont se dégrader.
00:12:55Il se trouve que je suis passé chez Prisma Média il y a quelques jours.
00:12:59J'ai rencontré les syndicalistes de Prisma Média.
00:13:02Et ils me racontaient le plan social en cours chez Prisma Média.
00:13:05Prisma Média, c'est Géo, ça m'intéresse.
00:13:07De la presse télé, de nombreux titres.
00:13:11Et ils ont annoncé le licenciement de 40% des effectifs.
00:13:1540% des effectifs.
00:13:16Et qu'on comprenne un plan social comme ça,
00:13:19c'est des gens qui font dans l'arme parce qu'ils perdent leur travail.
00:13:21C'est des gens sur...
00:13:22Par exemple, la fabrication, c'est ceux qui envoient les maquettes des journaux
00:13:26à l'imprimeur et qui gèrent le lien.
00:13:29Il y avait 13 postes, ils ont décidé de supprimer les 13 postes.
00:13:32Il y en a deux qui sont littéralement tombés dans les pommes,
00:13:34qui sont partis à l'hôpital directement.
00:13:35Quand on leur a appris que leur boulot a été supprimé.
00:13:38C'est d'une brutalité terrible.
00:13:41Mais c'est quoi le motif ? Parce que tu disais qu'ils sont bénéficiaires en plus.
00:13:44Ils prévoient et ils ont annoncé qu'ils risquaient de ne plus l'être.
00:13:48Ah, ils anticipent ?
00:13:49Ils anticipent.
00:13:50Alors certainement, la presse papier, la presse magazine,
00:13:54effectivement, se casse la gueule de tous côtés.
00:13:57Mais ils ne maîtrisent absolument pas comment marche un groupe de magazine,
00:14:01qui est un groupe de magazine, le premier d'ailleurs.
00:14:03Ça marche beaucoup avec des pigistes,
00:14:07encadrés par des journalistes indépendants,
00:14:10qui écrivent à la tâche, comme on dit.
00:14:14Et ce groupe de magazine fonctionne, je crois, avec 70% de pigistes.
00:14:20Les pigistes qui n'ont pas attendu chez Prisma Bolloré
00:14:23pour être déjà bien attaqués par les directions précédentes.
00:14:29Mais on voit que la seule idée, c'est de garder des marques,
00:14:34de garder Femmes Actuelles, de garder Voici,
00:14:38tout en faisant ce qui est le grand fantasme de Vincent Bolloré,
00:14:42ce qu'il appelle l'intégration verticale.
00:14:44C'est-à-dire qu'il faut que dans Voici,
00:14:47on parle des stars de cinéma produites par Studio Canal,
00:14:52des artistes universals,
00:14:54et que tout ça fonctionne en boucle fermée.
00:14:57Mais quoi qu'on pense de Voici ou de Sainte Actuelle,
00:15:00tout ça, c'est de la culture.
00:15:02Et ça ne se gère pas comme des...
00:15:05Ce n'est pas des panneaux publicitaires.
00:15:07Ce n'est pas des panneaux publicitaires,
00:15:08ce n'est pas des conteneurs indépendants.
00:15:11On parle des conditions de travail.
00:15:13Mathias, avec Disclose,
00:15:14vous avez longuement enquêté
00:15:16sur les conditions de travail des hommes et des femmes
00:15:19qui produisent les vêtements d'une marque bien connue en France,
00:15:22c'est Decathlon.
00:15:23Decathlon, c'est français,
00:15:24ça appartient à une famille qui s'appelle les Mulies.
00:15:27Et ce que vous avez trouvé
00:15:28ne se passe pas totalement en France,
00:15:30mais est dramatique.
00:15:32Du travail d'enfant, du travail forcé,
00:15:34tu peux nous raconter ?
00:15:35En suivant la piste de ces vidéos sur le web chinois,
00:15:38et à l'aide de documents confidentiels,
00:15:41Disclose et Cash Investigation
00:15:42ont remonté la chaîne d'approvisionnement
00:15:44de la multinationale du sport.
00:15:47Notre enquête révèle que Decathlon
00:15:49est lié à un système de travail forcé en Chine.
00:15:51Nous, en fait, à Disclose,
00:15:53on aime bien,
00:15:53on bosse sur les multinationales,
00:15:55on bosse sur les groupes puissants,
00:15:56on aime bien aller gratter derrière les engagements,
00:15:59tu vois, derrière la vitrine,
00:16:00derrière la communication,
00:16:02soit développement durable,
00:16:04soit l'ambiance super cool dans les équipes,
00:16:08tu vois, ils ont tellement d'argent à mettre
00:16:09pour produire de la vidéo,
00:16:10produire de la publicité,
00:16:12inonder les médias.
00:16:13Les réseaux sociaux, Decathlon,
00:16:14le CM très cool de Decathlon.
00:16:16Laisse tomber, meilleur CM,
00:16:18communication super rodée.
00:16:20Dans le Nord, c'est quasi une secte Decathlon,
00:16:23les décathloniens,
00:16:24c'est comme ça qu'ils s'appellent,
00:16:25tu vois, c'est un groupe,
00:16:26tu ne peux pas les branler si facilement,
00:16:28et ils ont très peu d'accès dans le groupe
00:16:31à comment finalement sont produits les choses.
00:16:33Et donc, du coup, nous,
00:16:34ce qu'on fait régulièrement,
00:16:35on parle de Decathlon,
00:16:37on l'a fait pour plein de boîtes,
00:16:38c'est de travailler sur les chaînes d'approvisionnement.
00:16:41Parce qu'une boîte,
00:16:42quand elle fait des volumes aussi énormes
00:16:46que peut le faire Decathlon,
00:16:47et si elle vend des produits,
00:16:48des baskets à 3,50€,
00:16:51forcément, il y a un loup,
00:16:52forcément, derrière ce prix,
00:16:54derrière les volumes de production,
00:16:56il y a quelque chose qui déconne.
00:16:59Et en l'occurrence, à Decathlon,
00:17:00tu l'as bien introduit au départ,
00:17:02c'est qu'en fait, c'est une marque française,
00:17:03mais qui produit essentiellement
00:17:05ses vêtements, ses chaussures,
00:17:09ses jogging, tout ce que tu veux,
00:17:11à l'étranger, en Chine,
00:17:12au Bangladesh,
00:17:13et on a du coup obtenu,
00:17:15parce que c'était difficile,
00:17:17ça aurait été très difficile
00:17:18d'arriver à démontrer,
00:17:20par exemple,
00:17:21ce qu'on démontre dans cette enquête,
00:17:22que Decathlon produit
00:17:24ses vêtements
00:17:26grâce au travail forcé
00:17:27des Ouïghours,
00:17:28donc une communauté musulmane
00:17:29réprimée en Chine,
00:17:31dans le Xinjiang,
00:17:32et ça, on n'aurait pas pu le faire
00:17:34sans qu'une source
00:17:35à l'intérieur de Decathlon
00:17:36nous transmette un document
00:17:38très sensible
00:17:39pour les entreprises,
00:17:40c'est la liste
00:17:41de ses fournisseurs.
00:17:421700 fournisseurs
00:17:43de Decathlon,
00:17:44c'est un truc,
00:17:45c'est dans un coffre-fort,
00:17:46il faut que personne
00:17:47ne le trouve,
00:17:48notamment les petits concurrents,
00:17:49mais par ailleurs,
00:17:50les journalistes,
00:17:51pour ensuite remonter la liste,
00:17:53et depuis certains noms,
00:17:56on voit que très vite,
00:17:56en fait,
00:17:57on voit que la Chine
00:17:58est parmi les premiers fournisseurs
00:17:59avec des gros prestataires,
00:18:01donc des sous-traitants,
00:18:02on commence à regarder
00:18:03la liste des sous-traitants chinois,
00:18:05et il y a un nom
00:18:06qui va tilter,
00:18:07c'est Jifa,
00:18:08Jifa,
00:18:09c'est le deuxième
00:18:10plus gros sous-traitant
00:18:11de Decathlon en Chine,
00:18:12et Jifa a été déjà accusé
00:18:14dans des rapports internationaux
00:18:16de faire travailler
00:18:17les Ouïghours,
00:18:19c'est de l'esclavage moderne,
00:18:20les mecs,
00:18:21enfin les mecs,
00:18:21les femmes,
00:18:22essentiellement,
00:18:23les familles,
00:18:23il y a des enfants et tout,
00:18:24mais ils ne sont pas payés
00:18:27où on lance-pierre
00:18:28des miettes,
00:18:29on leur retire
00:18:29leurs papiers,
00:18:31ils sont transférés
00:18:32du Xinjiang
00:18:32pour aller travailler
00:18:33dans des usines,
00:18:34ils dorment dans des camps,
00:18:35enfin c'est un truc,
00:18:36et il y a très peu d'images
00:18:37par ailleurs
00:18:38qui sortent depuis la Chine
00:18:39de ces conditions,
00:18:40il y en a eu,
00:18:41quelques médias ont sorti
00:18:42des choses,
00:18:42c'est effrayant,
00:18:42on voit des wagons
00:18:44de trains
00:18:45avec des policiers
00:18:46qui font monter
00:18:47ces musulmans
00:18:49dans des wagons
00:18:49pour aller travailler,
00:18:50c'est un esclavage quoi,
00:18:51c'est...
00:18:52et donc grâce à cette liste,
00:18:54on remonte
00:18:54et on fait ce que je te disais,
00:18:55la chaîne d'Appro,
00:18:56c'est là,
00:18:57t'as ton Kalenji là
00:18:59que tu mets pour aller
00:18:59jouer au football,
00:19:01je t'ai vu l'année dernière fois,
00:19:02c'est vrai,
00:19:04tiens vas-y,
00:19:04on va essayer de voir
00:19:05où il a été,
00:19:06on remonte,
00:19:07on remonte,
00:19:07on remonte,
00:19:07on arrive à la source,
00:19:08c'est ce que j'allais demander,
00:19:09comment,
00:19:10c'était ma question d'après,
00:19:11vous remontez le fil,
00:19:12vous partez pas de l'étiquette,
00:19:13un peu,
00:19:14c'est surtout
00:19:15vous essayez de trouver
00:19:16des sources en interne,
00:19:18c'est une question
00:19:18que je pose à tout le monde,
00:19:20comment dans ces groupes
00:19:21où il y a,
00:19:22comment on trouve des sources,
00:19:27c'est comme Decathlon,
00:19:28c'est une liste secrète,
00:19:29c'est ça,
00:19:30non franchement,
00:19:30pour Decathlon,
00:19:31pour Decathlon,
00:19:33je peux te faire la coulisse
00:19:34rapidement,
00:19:35sans trop le détailler,
00:19:37mais c'est quelqu'un
00:19:37qui nous contacte,
00:19:38quelqu'un qui travaille
00:19:39chez Decathlon,
00:19:40qui nous contacte
00:19:40sur un sujet tout autre,
00:19:41et c'est souvent le cas,
00:19:42c'est un sujet personnel,
00:19:44un sujet de mauvais traitement,
00:19:47un manager qui te parle mal,
00:19:49un licenciement brutal,
00:19:52ça peut être toutes sortes
00:19:53de mauvais traitements,
00:19:55mauvaises conditions,
00:19:55tu demandes une augmentation,
00:19:56tu ne l'as pas,
00:19:57j'en sais rien,
00:19:57dans l'occurrence,
00:19:58je ne vous dirai pas
00:19:58ce que c'était son problème
00:19:59à lui ou à elle,
00:20:00à la source,
00:20:02mais elle nous contacte
00:20:04sur quelque chose
00:20:04qui nous,
00:20:05à Decathlon,
00:20:05nous intéresse peu,
00:20:07à savoir les problématiques
00:20:09personnelles,
00:20:09on ne fera pas un sujet
00:20:11social,
00:20:11tu vois,
00:20:12en revanche,
00:20:12en discutant,
00:20:13très vite,
00:20:14on comprend qu'elle est
00:20:16à un endroit
00:20:17qui est stratégique,
00:20:18et de fil en aiguille,
00:20:20on lui explique,
00:20:20nous,
00:20:21on voit l'intérêt
00:20:23pour le public,
00:20:24pour Disclose
00:20:26et à la fin
00:20:27pour la source,
00:20:28de changer le braquet
00:20:30et plutôt que de partir
00:20:32sur un conflit personnel,
00:20:34de partir sur une faille
00:20:36du système de production.
00:20:37C'est vrai que c'est souvent ça,
00:20:39on est souvent confronté
00:20:39à quelqu'un qui vient
00:20:40et qui a un problème
00:20:41qui la concerne avant tout,
00:20:43et puis,
00:20:44au cours du témoignage,
00:20:45on découvre des choses
00:20:46plus graves.
00:20:47toi,
00:20:48ça part de là ?
00:20:49Ça part de plein de choses ?
00:20:51Parfois,
00:20:52le problème,
00:20:52il est juste
00:20:55en termes de valeur,
00:20:56quoi.
00:20:56Il y a des gens
00:20:57qui bossent
00:20:57à des niveaux
00:20:58où ils ont accès
00:20:59à des documents
00:20:59qui nous peuvent
00:21:00nous intéresser,
00:21:01confidentiels,
00:21:01etc.
00:21:02Ils n'ont pas forcément
00:21:03de problème direct
00:21:04avec leur patron,
00:21:05mais qui sont dans
00:21:06une lutte un peu interne
00:21:07en termes de valeur
00:21:08entre ce qu'ils portent,
00:21:10eux, personnellement,
00:21:11dans leur vie privée,
00:21:12etc.,
00:21:12et ce qu'ils font
00:21:13dans leur entreprise
00:21:13et qui,
00:21:14à un moment donné,
00:21:15parce qu'ils ne peuvent pas,
00:21:16dans le cadre
00:21:16de leur entreprise,
00:21:17peut-être faire quelque chose
00:21:19de fort,
00:21:20etc.,
00:21:20parce que c'est des entreprises
00:21:21où les CSE sont faibles,
00:21:24où il n'y a pas beaucoup
00:21:24de syndicats,
00:21:25moi,
00:21:25je parle pour LVMH,
00:21:26où le syndicalisme
00:21:27est attaqué constamment,
00:21:30où c'est difficile,
00:21:31en fait,
00:21:31de faire de la résistance
00:21:33en interne.
00:21:34Donc,
00:21:34il y a des gens
00:21:34qui,
00:21:35parfois,
00:21:35le font
00:21:36en nous filant
00:21:38des infos.
00:21:39Et puis,
00:21:40aussi,
00:21:41il y a le fait
00:21:41de réécrire,
00:21:42mais je pense que
00:21:42c'est pareil
00:21:43pour nous trois,
00:21:44en fait,
00:21:44c'est de réécrire
00:21:45souvent sur la même
00:21:47entreprise.
00:21:48Moi,
00:21:49au début,
00:21:50je n'avais vraiment
00:21:51que,
00:21:52entre guillemets,
00:21:53les petites mains
00:21:53qui m'écrivaient,
00:21:54et c'est parce que,
00:21:55avec tous ces papiers,
00:21:56j'ai été identifiée
00:21:57sur le groupe LVMH
00:21:58qu'après,
00:21:58j'ai reçu des choses
00:21:59qui concernaient
00:22:00après des plus hauts cadres,
00:22:02après des sièges,
00:22:02après le groupe tout court,
00:22:03enfin voilà.
00:22:04Mais maintenant,
00:22:05tu es une star.
00:22:06Pas du tout.
00:22:07Toujours pas,
00:22:08mais maintenant,
00:22:09je reçois plus de choses,
00:22:10par contre.
00:22:11Et tu es une star,
00:22:12au point qu'ils aient fait
00:22:14une liste noire
00:22:15de médias
00:22:16auxquels il ne faut pas parler.
00:22:19Mediapart,
00:22:19ils ont interdiction
00:22:20de communiquer avec Mediapart.
00:22:21Oui,
00:22:22alors,
00:22:23moi,
00:22:23ça m'a fait moyennement rigoler
00:22:24cette histoire,
00:22:25parce que c'est une histoire
00:22:26qui a été révélée
00:22:27par Alexandre Berthaud
00:22:28de la Lettre.
00:22:29En fait,
00:22:30c'était un document
00:22:32signé de la main
00:22:33de Bernard Arnault
00:22:34qui était envoyé
00:22:36au cadre du groupe
00:22:37pour leur expliquer
00:22:38qu'il y avait une liste
00:22:40de médias
00:22:40dont on n'est pas les seuls.
00:22:41Il y a la Lettre
00:22:43qui est aussi
00:22:44un média indépendant.
00:22:45La Lettre A,
00:22:45ça s'appelait
00:22:46la Lettre A,
00:22:47qui est un média
00:22:47peut-être plus confidentiel,
00:22:49mais en tout cas,
00:22:50qui est écrit régulièrement
00:22:51sur les entreprises.
00:22:52Il y avait Glitz
00:22:52qui est leur média mode.
00:22:56Il y avait Mystuide,
00:22:59il y avait Le Canard.
00:23:01Voilà.
00:23:01Et en tout cas,
00:23:02ils disaient au cadre,
00:23:04attention,
00:23:05si vous avez dans vos équipes
00:23:06des gens qui parlent
00:23:07à ces médias-là,
00:23:08ils risquent gros,
00:23:10en somme,
00:23:10le licenciement.
00:23:12Et ça peut être pris
00:23:14comme un truc,
00:23:14tu vois,
00:23:15tu disais Star,
00:23:15ça peut être pris
00:23:16comme un pin's,
00:23:17mais moi,
00:23:17ça m'a emmerdée gravement
00:23:18parce que du coup,
00:23:19déjà que les sources
00:23:20étaient très frileuses
00:23:21à nous parler,
00:23:22qu'on marchait sur des oeufs,
00:23:24que c'était compliqué
00:23:25même après des années,
00:23:26là,
00:23:26il y avait carrément
00:23:27le grand patron
00:23:27qui les menaçait
00:23:28en 4x3
00:23:30et en plus que c'est sorti.
00:23:32Donc,
00:23:33ça a stressé
00:23:34pas mal de monde
00:23:35et notamment les gens
00:23:36qui n'ont pas
00:23:37de protection,
00:23:38etc.
00:23:39Ça ne nous a pas empêchés
00:23:40de faire les papiers,
00:23:41on arrive toujours
00:23:41à rassurer les gens
00:23:42et à trouver une manière
00:23:43quand même de raconter
00:23:44les histoires.
00:23:45Mais il y a une période
00:23:46où moi,
00:23:46je sentais qu'avec mes sources
00:23:47à lever un match,
00:23:47c'était plus compliqué
00:23:48à cause de cette lettre.
00:23:50Dans le groupe Bolloré,
00:23:51il y a la difficulté
00:23:52de faire parler
00:23:53ceux qui y sont,
00:23:54mais il tente aussi
00:23:55de contrôler la parole
00:23:56de ceux qui sont partis.
00:23:58On a vu récemment
00:24:00Jean-Baptiste Rivoire,
00:24:01qui est un ancien
00:24:02de Canal+,
00:24:03qui a été condamné
00:24:04pour avoir témoigné.
00:24:06Ils font signer une clause,
00:24:07c'est ça ?
00:24:07Oui,
00:24:09je ne sais plus
00:24:09à combien s'élève aujourd'hui
00:24:11le nombre de journalistes
00:24:12qui ont été virés
00:24:13de l'Empire Bolloré,
00:24:15pour résumer,
00:24:16et qui tous sont partis
00:24:19en signant soit...
00:24:20Alors,
00:24:21il y a des clauses
00:24:21dans les ruptures
00:24:22de contrats
00:24:23de non-dénigrement
00:24:24où on ne se pourrit pas
00:24:26la gueule
00:24:26les uns les autres
00:24:27quand on se sépare.
00:24:28C'est usuel.
00:24:30C'est usuel,
00:24:31ça peut s'entendre.
00:24:32Mais sont négociées,
00:24:33souvent,
00:24:34pas systématiquement non plus,
00:24:35mais des clauses à part
00:24:37de non-dénigrement,
00:24:39mais qui vont jusqu'à dire
00:24:40que la personne
00:24:41n'a pas le droit
00:24:41d'enquêter
00:24:42ou de parler
00:24:43sur ce qui pourrait se passer
00:24:44par la suite
00:24:45dans l'Empire Bolloré.
00:24:46En droit,
00:24:47c'est des clauses
00:24:47qui,
00:24:48si on les attaque,
00:24:50sont totalement léonines.
00:24:54On peut les faire sauter.
00:24:57Le problème,
00:24:58c'est que quand
00:24:59on vous dit
00:25:01tiens,
00:25:02t'as 100 000 euros
00:25:02de plus
00:25:03si tu acceptes
00:25:04cette clause,
00:25:06les gens réfléchissent
00:25:07forcément.
00:25:07Bien sûr.
00:25:08Surtout quand après,
00:25:09ils sont au chômage.
00:25:10Surtout quand après,
00:25:11ils sont au chômage,
00:25:11effectivement.
00:25:12Et ce qui est arrivé
00:25:13à Jean-Baptiste Trivoire,
00:25:14qui était donc
00:25:15un journaliste
00:25:16en charge
00:25:16des documentaires
00:25:17et de l'investigation
00:25:18à Canal+,
00:25:18qui n'avait plus
00:25:19beaucoup de travail,
00:25:20le pauvre,
00:25:21parce que le sujet
00:25:23avait été totalement
00:25:23zappé par l'équipe
00:25:25de Canal+,
00:25:26c'est qu'il a signé
00:25:27cette clause.
00:25:28Il part, je crois,
00:25:29en février 2021
00:25:31et il témoigne.
00:25:33Je ne veux pas minimiser
00:25:35le témoignage
00:25:35de Jean-Baptiste Trivoire
00:25:37dans ce documentaire
00:25:37de RSF,
00:25:38mais il dit en gros
00:25:39ce que beaucoup de gens
00:25:40disaient déjà,
00:25:41sauf que lui avait signé
00:25:42cette clause.
00:25:43Il a été attaqué,
00:25:44il a perdu
00:25:44et il doit rembourser
00:25:45142 000 euros.
00:25:47Et c'est vrai
00:25:48qu'il y a cet aspect-là
00:25:49qui concerne
00:25:51l'Empire Bolloré
00:25:52et il y a effectivement
00:25:53ce fait de trouver
00:25:54des sources.
00:25:55Alors, soit il y a
00:25:56un corps social
00:25:57dans l'entité menacée
00:25:58quand c'est une rédaction,
00:26:00c'est souvent des choses
00:26:01plus simples,
00:26:01mais quand il n'y a pas
00:26:02de...
00:26:03Quand on parle de...
00:26:03Je ne sais pas,
00:26:04on a beaucoup enquêté
00:26:05sur les centres d'appel
00:26:06par exemple de CanalVus
00:26:07qui ont tous fermé aussi
00:26:08avec des gens
00:26:09qui ne sont pas rompus
00:26:10à parler avec des journalistes,
00:26:11ça devient beaucoup
00:26:12plus compliqué.
00:26:13Quand on monte
00:26:13dans les sphères dirigeantes,
00:26:15ça devient toujours
00:26:15encore plus compliqué.
00:26:16Il faut à chaque fois
00:26:17persuader les gens,
00:26:19on leur dit,
00:26:19mais il faut que vous parliez,
00:26:21il faut que vous témoignez
00:26:22parce que c'est
00:26:23ce qui se passe chez vous
00:26:24et scandaleux
00:26:25et c'est un travail
00:26:27très compliqué
00:26:28alors qu'il nous devient
00:26:29plus compliqué
00:26:30quand on vit
00:26:30d'une rédaction
00:26:31de tous ces journalistes.
00:26:32Forcément,
00:26:33nous,
00:26:33il nous arrive
00:26:33de perdre de sources,
00:26:35mais il en reste
00:26:37toujours.
00:26:38Je calculais
00:26:39dans un papier
00:26:39qu'on a fait
00:26:40il n'y a pas longtemps
00:26:40avec Isabelle Roberts,
00:26:41nous,
00:26:42on a environ
00:26:4225 sources
00:26:44par papier.
00:26:45En plus,
00:26:45c'en est deux,
00:26:46donc c'est pratique,
00:26:47on se recoupe
00:26:47chacun de nos sources.
00:26:49Pour expliquer aux gens,
00:26:50vous co-signez
00:26:51tous nos articles.
00:26:52On écrit à deux
00:26:53avec Isabelle Roberts
00:26:54et on signe
00:26:54tous nos papiers à deux,
00:26:55ce qui fait que,
00:26:56un,
00:26:57on multiplie les sources,
00:26:59deux,
00:26:59ça évite aussi
00:27:00les problèmes
00:27:00de déformation
00:27:02de ce que l'un dit
00:27:02à l'autre
00:27:03en disant,
00:27:04il y a un mec
00:27:04qui m'a dit quelque chose,
00:27:05je trouve que ça ressemble
00:27:06vachement à ce qu'il t'a dit
00:27:06parce que t'es sûr
00:27:07qu'ils ne sont pas parlés
00:27:08par le biais d'un troisième,
00:27:09donc on évite
00:27:11ce genre de choses-là
00:27:12et la confiance,
00:27:13le fait,
00:27:14effectivement,
00:27:15de rester sur un sujet
00:27:17comme vous le faites
00:27:17chez Mediapart,
00:27:18comme on l'a
00:27:20institutionalisé au jour
00:27:21avec notre feuilletonnage
00:27:22qui nous est totalement assumé,
00:27:24contrairement au reproche
00:27:25qui est fait à Mediapart,
00:27:27ça crée vraiment
00:27:28une confiance,
00:27:29c'est-à-dire que les gens
00:27:30lisent un papier,
00:27:30se disent,
00:27:31ok, bon,
00:27:31ils ont fait un papier,
00:27:32il n'est pas mal,
00:27:32mais ils en ont fait quatre,
00:27:34ils en ont fait cinq
00:27:34sur le même sujet,
00:27:35ils se sont dit,
00:27:35on va peut-être
00:27:36la faire confiance.
00:27:37Nous, ça nous est arrivé
00:27:37dès le début
00:27:39de notre enquête
00:27:40sur Bolloré,
00:27:42on nous a parlé
00:27:42d'une vidéo
00:27:44des guignols
00:27:44que Vincent Bolloré
00:27:45aurait écrite
00:27:46et ça ressemblait
00:27:47vraiment à une légende urbaine,
00:27:48tout le monde nous en parlait,
00:27:49les gens l'ont fantasmé
00:27:50à force,
00:27:51jusqu'à ce qu'au bout
00:27:52de deux, trois ans,
00:27:53quelqu'un nous dise,
00:27:54bon, j'ai lu vos,
00:27:55on en avait fait 60,
00:27:56peut-être, papier,
00:27:57je vous donne
00:27:58cette vidéo-là.
00:27:59C'est au moment où ils,
00:28:01parce que je l'ai regardée
00:28:02il n'y a pas longtemps,
00:28:02cette vidéo,
00:28:03c'est au moment où
00:28:05ils virent les auteurs
00:28:06des guignols
00:28:06parce qu'ils trouvent
00:28:07que ça ne le fait pas rire,
00:28:08ils les virent
00:28:09et si j'ai bien compris,
00:28:11pour caster les nouveaux auteurs,
00:28:13ils leur demandent
00:28:13d'écrire une vidéo,
00:28:15alors soit lui l'a écrit,
00:28:16soit quelqu'un a écrit
00:28:17cette vidéo
00:28:17ou en gros
00:28:18qu'il met en scène
00:28:20le limogéage de PPD
00:28:22qui est le présentateur guignol
00:28:24et il va les obliger
00:28:25à tourner cette vidéo
00:28:26pour tester un studio,
00:28:27donc en fait,
00:28:28on a les équipes des guignols
00:28:31qui tournent une vidéo
00:28:32de leur propre humiliation,
00:28:34en forçant la main.
00:28:49C'est fou
00:28:50parce qu'on y voit
00:28:51une fête,
00:28:52alors une fête à la canale
00:28:53telle que l'imagine
00:28:54Vincent Bolloré,
00:28:55il y a donc des mecs
00:28:56en train de fumer des pétards,
00:28:58il y a de la coke,
00:28:58du champagne,
00:28:59il y a de la coke,
00:29:00du champagne
00:29:00et pourquoi ils font la fête ?
00:29:01Parce que c'est lundi
00:29:03et d'un seul coup,
00:29:04tout s'arrête,
00:29:05on voit une main mystérieuse
00:29:07qui arrête toute la fête
00:29:08en disant
00:29:08la fête c'est fini,
00:29:09etc.
00:29:10Et c'est totalement dingue
00:29:12de faire un truc pareil.
00:29:13Et de les obliger
00:29:14à tourner la vidéo
00:29:15que vous avez diffusée
00:29:17et aller la voir,
00:29:19c'est vraiment incroyable.
00:29:21Et ça nous manque,
00:29:22les guignols.
00:29:23C'est vrai.
00:29:24C'était bien quand même.
00:29:26C'était déjà moins drôle
00:29:28avant Bolloré.
00:29:29Ouais,
00:29:30mais je sais pas,
00:29:30moi j'ai re-regardé là
00:29:32les trucs
00:29:33quand il m'était en scène
00:29:34Sarkozy et tout.
00:29:36C'était bien.
00:29:37Il y avait des trucs pas mal.
00:29:38Moi c'est une partie
00:29:39de ma formation politique.
00:29:40Il n'y a de châtire nulle part
00:29:43aujourd'hui.
00:29:43Et cette vidéo,
00:29:45elle montre la main de Bolloré
00:29:46qui coupe l'électricité
00:29:47et ce qui est incroyable
00:29:49dans ces groupes
00:29:49et les quelques fois
00:29:50où j'ai enquêté,
00:29:51c'est à quel point
00:29:51ce contrôle,
00:29:52il est extrêmement centralisé.
00:29:55Tu vois,
00:29:55tu disais la liste des médias
00:29:57elle est signée
00:29:58de la main de Bernard Arnault.
00:29:59On se demande
00:30:00comment dans un empire
00:30:01aussi grand
00:30:01il a le temps
00:30:02de se pencher
00:30:02sur des choses
00:30:03qui peuvent paraître.
00:30:04Ah bah si,
00:30:05c'est hyper important
00:30:05pour lui l'image publique.
00:30:07Mais il contrôle tout.
00:30:08Il contrôle tout
00:30:08et il y a eu une affaire
00:30:10dont on a beaucoup parlé
00:30:11dans le groupe LVMH.
00:30:12C'est François Ruffin
00:30:13quand il était journaliste
00:30:14où ils vont aller
00:30:15jusqu'à l'espionner.
00:30:17Oui.
00:30:17Le placer.
00:30:18Vous avez publié
00:30:19sur Mediapart
00:30:19les ozios
00:30:20où on entend ça.
00:30:21Oui.
00:30:21Où ils vont aller
00:30:22jusqu'à espionner un journaliste
00:30:23parce qu'il fait un happening
00:30:26et il écrit des papiers
00:30:27dans Fakir.
00:30:28J'adore Fakir,
00:30:29c'est des copains
00:30:29mais on se dit
00:30:30c'est l'empire de Bernard Arnault
00:30:31qui ne va pas s'écrouler
00:30:32à cause de Fakir
00:30:34et pourtant il...
00:30:34Eh oui,
00:30:35il fait carrément appel
00:30:37à Bernard Scorsini
00:30:38qui lui
00:30:39va aller chercher
00:30:40tous ses contacts
00:30:41dans la police
00:30:42et dans la gendarmerie.
00:30:44C'est-à-dire qu'en plus
00:30:45on est dans un mélange
00:30:45privé-public
00:30:46complètement délirant
00:30:47qui d'ailleurs
00:30:48n'a pas été
00:30:48vraiment condamné
00:30:50puisqu'il y a un accord judiciaire
00:30:51concernant cette histoire
00:30:52LVMH a payé
00:30:54même si François Ruffin
00:30:56aujourd'hui
00:30:56essaye de ramener l'affaire
00:30:57par un autre billet judiciaire
00:30:59mais c'est hallucinant
00:31:02l'énergie qu'ils ont mis
00:31:03pour surveiller Fakir
00:31:04mais ils ne se sont pas arrêtés là
00:31:06malgré l'accord qu'il y a eu.
00:31:08Aujourd'hui encore
00:31:10l'énergie qu'ils mettent
00:31:11pour essayer d'empêcher
00:31:12toute parution médiatique
00:31:15concernant leur groupe
00:31:16qui dirait
00:31:17ce qui s'y passe vraiment
00:31:19elle est quand même hallucinante.
00:31:20Moi j'ai plein d'exemples
00:31:21En relisant tes papiers
00:31:23je me souviens de cette histoire
00:31:24d'une femme
00:31:26qui s'appelle Samira
00:31:27qui a monté
00:31:28une petite entreprise
00:31:29de crème
00:31:30elle fabrique des crèmes
00:31:31chez elle
00:31:32et elle a décidé
00:31:35d'appeler
00:31:35sa TPE
00:31:37sa micro-entreprise
00:31:39L'Instinct Paris
00:31:42sauf que
00:31:43LVMH
00:31:44est propriétaire
00:31:45d'une entreprise
00:31:46qui s'appelle
00:31:46Givenchy L'Instinct
00:31:48et ils vont l'attaquer
00:31:49pendant des années
00:31:50pour faire disparaître
00:31:51sa marque
00:31:52et quand toi
00:31:53tu vas enquêter
00:31:54et ben
00:31:55là d'un coup
00:31:55le discours change
00:31:57Mais tout est délirant
00:31:58dans cette histoire
00:31:58franchement
00:31:59bon déjà
00:31:59elle est toute seule
00:32:00elle fait des crèmes
00:32:00que globalement
00:32:01elle vend sur les marchés locaux
00:32:03c'est ça l'histoire
00:32:04parce qu'en fait
00:32:04elle est en situation
00:32:05de polyhandicap
00:32:06et qu'elle ne pouvait plus
00:32:07faire son taf d'avant
00:32:08donc c'est des petites crèmes
00:32:10qu'elle fait faire
00:32:10dans un laboratoire
00:32:11pas trop loin
00:32:11elle a choisi
00:32:12il y a trois parfums
00:32:13enfin je veux dire
00:32:13on est sur un truc
00:32:14petit quoi
00:32:15donc elle fait ça
00:32:17et elle dépose
00:32:18l'Instinct Paris
00:32:19à l'INPI
00:32:20donc
00:32:21l'INPI c'est l'endroit
00:32:22où on dépose des marques
00:32:23pour qu'on ne puisse pas
00:32:24la propriété intellectuelle
00:32:25voilà
00:32:25la propriété intellectuelle
00:32:26voilà
00:32:26et là
00:32:27elle subit
00:32:29une première attaque
00:32:30de LVMH
00:32:31qui dit
00:32:31en fait nous
00:32:32donc Givenchy
00:32:33fait partie de LVMH
00:32:34et Givenchy a déposé
00:32:35l'instinct
00:32:35alors moi j'ai essayé
00:32:36de trouver ce parfum
00:32:37j'ai jamais trouvé
00:32:37mais ils l'ont déposé
00:32:39voilà
00:32:39Givenchy l'instinct
00:32:40et ils lui disent
00:32:42en fait
00:32:42du coup tu nous recopies
00:32:43les gens risqueraient
00:32:44de se tromper
00:32:45entre un parfum
00:32:46Givenchy
00:32:46qui n'existe pas
00:32:47pour l'instant
00:32:47et tes crèmes
00:32:49que toi tu fais
00:32:49et que tu vends
00:32:50sur les marchés
00:32:50donc en fait
00:32:51non
00:32:51sauf que l'INPI
00:32:52dit non mais là
00:32:53vous déconnez
00:32:54l'instinct ne vous appartient pas
00:32:55vous pouvez pas privatiser
00:32:57un mot du dictionnaire français
00:32:58donc le premier passe-pas
00:33:00il vous en faut un deuxième
00:33:01et il faut savoir
00:33:02que pendant
00:33:02qu'il y a
00:33:03cet ambroglio là
00:33:05elle ne peut pas vendre
00:33:06ses crèmes
00:33:06elle se retrouve au RSA
00:33:07avec des cartons
00:33:08dans son salon
00:33:09qui s'empilent
00:33:12et puis
00:33:13et devoir préparer aussi
00:33:14j'imagine
00:33:14sa défense en plus
00:33:17toute seule
00:33:17parce qu'elle n'a pas d'argent
00:33:18pour les avocats
00:33:19mais oui
00:33:20donc oui
00:33:20donc la fille
00:33:21elle se retrouve
00:33:22sur des forums juridiques
00:33:24à essayer de faire un truc
00:33:25elle crée
00:33:26une défense
00:33:27des conclusions
00:33:27qui franchement
00:33:28sont assez
00:33:29voilà
00:33:30elle est forte quand même
00:33:31donc elle fait des conclusions
00:33:32et moi j'arrive
00:33:34alors qu'ils l'ont attaqué
00:33:35déjà deux fois
00:33:36et il y a déjà
00:33:38un article
00:33:38dans la presse locale
00:33:39qui raconte un petit peu
00:33:40l'histoire
00:33:42et j'arrive deux ans
00:33:43après le début du conflit
00:33:44je pense
00:33:45j'envoie des questions
00:33:45en disant
00:33:46mais sérieux
00:33:47ça c'est vraiment
00:33:48le pot de fer
00:33:49contre le pot de terre
00:33:50à un niveau incroyable
00:33:51pourquoi vous faites ça
00:33:52je ne comprends pas
00:33:53en plus elle a leur écrit
00:33:54des lettres larmoyantes
00:33:56mais elle raconte sa réalité
00:33:57elle dit
00:33:57voilà moi
00:33:58je suis handicapée
00:33:58j'ai pas de travail
00:33:59j'ai les cartons chez moi
00:34:00je suis en train de me former
00:34:00au juridique
00:34:01pour répondre
00:34:01j'en peux plus
00:34:02arrêter de me harceler
00:34:03elle écrit chez Bernard Arnault
00:34:05enfin bon bref
00:34:05elle fait des pieds et des mains
00:34:07il la calcule pas
00:34:08le média local
00:34:09qui écrit l'article
00:34:10ils leur répondent pas
00:34:12et moi quand je leur écris
00:34:13comme c'est pour Mediapart
00:34:15il l'appelle tout de suite
00:34:16genre le lendemain
00:34:17il l'appelle tout de suite
00:34:21le lendemain
00:34:21en disant
00:34:22oh là là
00:34:24en faisant montre
00:34:25d'une humanité nouvelle
00:34:27en leur disant
00:34:28oh là là
00:34:28mais c'est terrible
00:34:29ce qui vous arrive
00:34:29etc
00:34:30il faut vraiment
00:34:30qu'on discute
00:34:31avec votre avocat
00:34:32entre temps
00:34:32elle a trouvé
00:34:32un peu d'argent
00:34:33pour se prendre
00:34:34un avocat et tout
00:34:34donc ils commencent
00:34:35à discuter
00:34:36d'un arrangement financier
00:34:37parce qu'elle
00:34:38pendant deux ans
00:34:38elle a pas pu bosser
00:34:39elle a pu rien faire
00:34:39et puis surtout
00:34:40elle a payé les crèmes
00:34:40et tout
00:34:41enfin bon bref
00:34:42et mon article
00:34:43il sort dans l'intervalle
00:34:45je lui dis
00:34:46vous êtes sûre
00:34:48elle me dit
00:34:48oui
00:34:48il n'y a pas de problème
00:34:51et l'article sort
00:34:52et deux trois jours après
00:34:53l'avocat de Samira Rilassi
00:34:55rappelle elle vers moi
00:34:55j'ai un mot
00:34:55on est où dans notre accord
00:34:56vous ne m'avez pas rappelé
00:34:57ils disent
00:34:57il n'y a plus d'accord
00:34:58en fait
00:34:59l'article est sorti
00:35:00il n'y a plus d'accord
00:35:01ils ne le disent pas comme ça
00:35:02parce qu'ils sont
00:35:03un peu plus étudiants
00:35:03ils disent
00:35:04mais non
00:35:04en fait finalement
00:35:06on a changé d'avis
00:35:06il n'y a plus d'accord
00:35:07et le but c'était juste
00:35:08d'empêcher
00:35:09qu'il y ait une enquête
00:35:09dans Mediapart
00:35:10et du coup
00:35:10on a fait un deuxième papier
00:35:12toujours en rajouter une couche
00:35:15ouais
00:35:15est-ce que
00:35:16quand vous enquêtez
00:35:17sur ces groupes
00:35:18alors le groupe Bolloré
00:35:19l'Empire Muluès
00:35:21mais d'autres enquêtes
00:35:22est-ce que
00:35:23vous avez des réponses
00:35:24est-ce que vous avez
00:35:25accès à des interlocuteurs
00:35:26c'est quoi
00:35:27c'est des services de com
00:35:28c'est le PDG en personne
00:35:30vous vous avez
00:35:31sur Decathlon
00:35:32vous avez eu qui en face
00:35:33pour vous répondre
00:35:33c'est toujours ultra verrouillé
00:35:35et c'est toujours
00:35:35les services de communication
00:35:37qui sont
00:35:37toujours très bien dotés
00:35:39et très bien garnis
00:35:40donc non non
00:35:42tu peux essayer
00:35:43on essaye toujours
00:35:43de filouter
00:35:44de bypasser
00:35:46de passer au dessus
00:35:47de la com
00:35:48et t'as toujours
00:35:49quelqu'un qui te renvoie
00:35:50vos questions
00:35:51à la com
00:35:52et t'as
00:35:52ah encore raté
00:35:53et donc tu
00:35:54non c'est toujours la com
00:35:55mais pareil
00:35:57tu vois on avait fait
00:35:57une grande enquête
00:35:58sur Ikea
00:35:59toujours
00:35:59chaîne d'approvisionnement
00:36:00Ikea
00:36:01géant de l'ameublement
00:36:02un arbre coupé
00:36:03toutes les deux secondes
00:36:04des terres accaparées
00:36:06des terres accaparées
00:36:07c'est un des plus gros
00:36:09propriétaires de forêts
00:36:10au monde
00:36:10Ikea
00:36:10parce qu'il faut bien
00:36:11qu'on meuble nos trucs
00:36:13pendant un an et demi
00:36:13là nos petits studios parisiens
00:36:15avec une bibliothèque Billy
00:36:17pour la citer
00:36:18mais ouais
00:36:20donc quand on fait
00:36:20Ikea
00:36:21bah pareil
00:36:22là on fait un documentaire
00:36:23en plus des enquêtes écrites
00:36:24on produit un documentaire
00:36:25pour Arte
00:36:27qui est trop bien
00:36:28merci
00:36:30et là t'es dans un docu
00:36:31donc t'as de l'image
00:36:32donc t'as d'autres contraintes
00:36:34que quand t'es à l'écrit
00:36:34tu dois avoir des personnages
00:36:36des témoins
00:36:37des gens face caméra
00:36:38t'as la contrainte de l'image
00:36:39donc on a essayé évidemment
00:36:41de d'abord tourner dans des magasins
00:36:43parce que pareil
00:36:43un documentaire
00:36:44t'as envie d'avoir la séquence
00:36:45dans les grands hangars Ikea
00:36:47refus
00:36:48on a essayé d'avoir
00:36:49des représentants d'Ikea
00:36:51alors qu'en plus là
00:36:52notre filouterie
00:36:53c'était de dire
00:36:53que c'était un documentaire
00:36:54sur toute la communication
00:36:56comment on fait du durable
00:36:58dans le monde
00:36:59dans le bois
00:37:00dans l'industrie du bois
00:37:01aujourd'hui
00:37:02dans les difficultés
00:37:03qu'on connait
00:37:04ils ont dû sentir
00:37:05que le truc n'allait pas
00:37:06même si on s'était pas présenté
00:37:07en disclose
00:37:08mais en Arte
00:37:08et bon
00:37:10on n'a pas eu
00:37:10de communicants d'Ikea
00:37:12en revanche à la fin
00:37:13quand on sort le documentaire
00:37:16là je me prends des
00:37:17je me prends une salle
00:37:19de menaces
00:37:21de prise de contact
00:37:23mais pas par Ikea
00:37:23par des prestataires
00:37:25et c'est là que c'est intéressant
00:37:26c'est les sous-traitants
00:37:27parce qu'encore une fois
00:37:28on est allé chercher
00:37:29les sous-traitants
00:37:29en Pologne
00:37:30les sous-traitants
00:37:31un peu partout
00:37:31en Europe
00:37:33en Suède et ailleurs
00:37:35en Roumanie
00:37:36beaucoup
00:37:36ils saccagent tout là-bas
00:37:37et c'est les sous-traitants
00:37:39qui disent
00:37:39qu'on avait réussi
00:37:41à avoir deux
00:37:41là où la filouterie
00:37:42avait fonctionné
00:37:43content de parler
00:37:44à une chaîne de télé française
00:37:45au Brésil
00:37:46Artemobili
00:37:47et Mardom
00:37:47c'est une boîte en Pologne
00:37:49et là par contre
00:37:50on reçoit des messages
00:37:51d'avocat
00:37:52je reçois des lettres d'avocat
00:37:53je suis à l'étranger
00:37:54je suis pas dans le truc
00:37:56retirez immédiatement
00:37:57on va vous mettre
00:37:58un procès
00:37:59retirez immédiatement
00:37:59la séquence
00:38:00qui était l'ouverture
00:38:01la Mardom
00:38:01les Polonais
00:38:01l'ouverture du documentaire
00:38:03j'ai Arte qui m'appelle
00:38:04attendez qu'est-ce qui se passe
00:38:05vous aviez mal d'y aller
00:38:06non non non
00:38:07c'est un coup de pression
00:38:08tranquille
00:38:08et moi j'étais quand même
00:38:09j'essaye de temporiser
00:38:10mais je revérifie
00:38:11on avait des accords signés
00:38:13tu vois on demande des conventions
00:38:14des attestations
00:38:15de droit à l'image
00:38:16donc on avait tout récupéré
00:38:17ils avaient tout
00:38:18on avait tout fait
00:38:19dans les clous
00:38:20avec cette boîte
00:38:21mais elle s'est pris
00:38:22une énorme soufflante
00:38:23de son principal client
00:38:25ils arrêtent
00:38:26quasi ils l'écoulent
00:38:27donc là c'était un peu chaud
00:38:29mais c'est pour dire que
00:38:30donc non
00:38:31pour répondre à ta question
00:38:32franchement on les a jamais
00:38:32dans quasiment aucune
00:38:33des enquêtes maintenant
00:38:34même quand c'est l'État
00:38:35on n'arrive plus à avoir
00:38:36des contradictoires
00:38:37c'est super compliqué
00:38:38et donc eux
00:38:39ils essayent de passer
00:38:40autrement pour
00:38:42et Vincent Bolloré
00:38:42vous prenez le café
00:38:43ou vous avez des coups de pression
00:38:46alors ni café hélas
00:38:47ni coup de pression
00:38:49tant mieux
00:38:50mais bon
00:38:51à chaque papier
00:38:52enfin 252 épisodes
00:38:54de l'Empire
00:38:54alors pas autant de contradictoires
00:38:56parce que tous les papiers
00:38:56ne nécessitent pas un contradictoire
00:38:58à savoir
00:38:58quand on a une info
00:39:00à balancer
00:39:00il faut quand même
00:39:01avoir la version
00:39:02du groupe incriminé
00:39:04mais je ne sais pas combien
00:39:06Isabelle et moi
00:39:07on a je ne sais pas combien
00:39:08de mails envoyés
00:39:08à la communication
00:39:09soit de Viviendi
00:39:10soit de Canal+,
00:39:11en disant
00:39:12bonjour
00:39:13est-ce qu'il serait possible
00:39:14de parler à M. Bolloré
00:39:16ou tel ou tel
00:39:16au sujet de ça
00:39:17et on nous dit
00:39:18bon on nous répond
00:39:19bonjour Raphaël
00:39:20non la direction
00:39:20ne s'exprime pas
00:39:22donc et après
00:39:24nous on s'est aperçu
00:39:25très vite
00:39:25qu'on était
00:39:27blacklisté
00:39:28parce que Canal+,
00:39:29organise très régulièrement
00:39:31des projections
00:39:32des conférences de presse
00:39:33donc on n'est plus invité
00:39:34à rien du tout
00:39:35la dernière
00:39:36on y était allé
00:39:37bon on avait titré
00:39:38un nouveau canal
00:39:39à la conf
00:39:39certes mais
00:39:40c'était pas très gentil
00:39:42et t'es pas à Cannes non plus
00:39:43et bah non
00:39:44je le regrette
00:39:46mais oui effectivement
00:39:47on est totalement
00:39:48totalement blacklisté
00:39:49et on ne nous répond jamais
00:39:52ce qui est toujours gênant
00:39:54si on
00:39:55mais bon si
00:39:56si on nous attaque ensuite
00:39:57derrière pour dire
00:39:58pour dire
00:39:59vous n'avez pas respecté
00:40:00le contradictoire
00:40:00on a bien voulu
00:40:01mais on ne nous répond pas
00:40:04et les pressions
00:40:06j'imagine
00:40:07du groupe LVMH
00:40:08c'est un peu pareil
00:40:09pareil
00:40:09et j'ai appris
00:40:10il n'y a pas longtemps
00:40:10un truc
00:40:11oui très peu de réponses
00:40:13déjà avant la lettre
00:40:14avant la lettre de Bernard Arnault
00:40:15et j'ai appris
00:40:16il n'y a pas longtemps
00:40:17par une source
00:40:18très bien placée
00:40:18à LVMH
00:40:19que des fois
00:40:20il y avait des patrons
00:40:20qui me faisaient des réponses
00:40:21et c'est Jean-Charles Tréant
00:40:22le responsable
00:40:23des chargés
00:40:24des relations publiques
00:40:26de LVMH
00:40:26donc très très haut placé
00:40:28qui les bloquaient
00:40:29genre des fois
00:40:30il y a des patrons
00:40:30parce que donc
00:40:31c'est 75 boîtes etc
00:40:32il y a des patrons
00:40:33qui me faisaient une réponse
00:40:34et tout
00:40:34qui prenaient du temps
00:40:35la personne en question
00:40:37il a quand même passé
00:40:37l'après-midi
00:40:38à te répondre
00:40:38et tout
00:40:39et en fait
00:40:39c'est Tréant qui bloque
00:40:40il a une pile
00:40:41de réponses sur son bureau
00:40:43non mais c'est fou
00:40:44en plus
00:40:44alors que nous
00:40:46on le fait de toute bonne foi
00:40:47c'est pour qu'il puisse répondre
00:40:48sur chacun
00:40:48des éléments
00:40:49qu'on publie etc
00:40:50c'est plutôt
00:40:51en leur faveur d'ailleurs
00:40:52oui et puis
00:40:53pour être très transparent
00:40:54moi il m'est déjà arrivé
00:40:55sur une enquête
00:40:56de préparer mon article
00:40:57d'envoyer des questions
00:40:58à la personne
00:40:59ou de la structure
00:41:00mise en cause
00:41:01et de modifier
00:41:01en fonction des réponses
00:41:02si les gens
00:41:02nous apportent
00:41:04des éléments
00:41:04qui permettent
00:41:05de remettre
00:41:06de faire évoluer
00:41:07l'article
00:41:08évidemment qu'on le fait
00:41:09enfin
00:41:09c'est pas que
00:41:10histoire de les emmerder
00:41:11c'est qu'en plus
00:41:12pour tous ces gens
00:41:14de la com
00:41:15auxquels on a affaire
00:41:17assez souvent
00:41:17si leur boulot
00:41:18c'est juste
00:41:19de faire porte de prison
00:41:19alors que c'est pas ça
00:41:20le boulot
00:41:20de quelqu'un de la com
00:41:21dans un groupe
00:41:22c'est aussi justement
00:41:23d'expliquer des choses
00:41:24parce qu'effectivement
00:41:25il y a des choses
00:41:25qu'on peut avoir
00:41:26mal comprises
00:41:27ou dont on n'a pas la version
00:41:28c'est leur boulot
00:41:29d'expliquer
00:41:30de parler avec vous
00:41:31alors éventuellement
00:41:32de nous mettre
00:41:33un petit peu de
00:41:34de pommade
00:41:35de pommade
00:41:37un peu de pommade
00:41:38pour essayer
00:41:38d'enrober tout ça
00:41:40mais
00:41:41ces gens là
00:41:41se retrouvent
00:41:42moi j'ai eu quelqu'un
00:41:43de la com
00:41:44une fois
00:41:45dans l'Empire Bolloré
00:41:47qui m'a dit
00:41:47mais j'arrête
00:41:47moi mon boulot
00:41:48ça consiste à dire
00:41:49non nous ne nous exprimons pas
00:41:50ça va j'arrête
00:41:52c'est vrai qu'en plus
00:41:53comme tu disais
00:41:54comme on est quand même
00:41:55rigoureux
00:41:55consciencieux
00:41:56et pro
00:41:57en fait tu peux déminer
00:41:58si tu réponds
00:41:58je pense que tu peux déminer
00:42:00faire tomber
00:42:01ou sauveter
00:42:02enfin alléger
00:42:02des infos
00:42:03que nous on les fait rentrer
00:42:04au bazooka
00:42:05c'est que parfois
00:42:06quelques fois
00:42:07où ils nous ont répondu
00:42:08et ils sont un peu finaux
00:42:09tu te fais une petite réune
00:42:10derrière
00:42:10genre
00:42:13au moins
00:42:13qui est leur version
00:42:15et ça les empêche pas
00:42:16des fois
00:42:17ils te répondent pas
00:42:17mais ils te menacent
00:42:18quand même après
00:42:18ils te disent
00:42:19ah c'est à charge
00:42:20on va porter plainte
00:42:21en diffamation
00:42:21on va faire un droit de réponse
00:42:22enfin oui bon
00:42:23le droit de réponse
00:42:23je t'ai donné
00:42:24pendant que je faisais
00:42:25l'enquête
00:42:25et tu m'as pas répondu
00:42:26Thales ils nous ont fait ça
00:42:27Thales sur les ventes d'armes
00:42:29à Israël
00:42:30on leur envoie
00:42:31toute une série de questions
00:42:32ils répondent
00:42:32ah oui quand tu fais 12 questions
00:42:3420 questions
00:42:34ils te font un tout petit paragraphe
00:42:36qui répond pas aux questions
00:42:37mais qui est un peu leur
00:42:37tiens on te donne
00:42:38notre sentiment
00:42:39ils ont fait ça
00:42:40donc il y avait rien dedans
00:42:41à utiliser pour une enquête
00:42:42qui était béton
00:42:43on avait des factures
00:42:44des éléments
00:42:45qu'ils envoyaient
00:42:45de drones
00:42:46pour assembler des drones
00:42:48par un des plus gros
00:42:50vendeurs d'armes israéliens
00:42:51qui fournit l'armée
00:42:51bref
00:42:52en plein génocide
00:42:54et on fait l'enquête
00:42:55et en fait
00:42:56ils nous envoient plus tard
00:42:57un droit de réponse
00:42:58on leur dit
00:42:59bah on vous a posé
00:43:00toutes les questions
00:43:00mais ok
00:43:01vas-y faire
00:43:02on va le mettre
00:43:02en fin de papier
00:43:03votre droit de réponse
00:43:04on va dire
00:43:04qu'on confirme
00:43:05tout ce qu'on a écrit
00:43:06puisque vous dites
00:43:06que c'est faux
00:43:07mais on le confirme
00:43:08on a les documents
00:43:09et bah hop
00:43:10tac
00:43:11attaque en diffamation
00:43:12en trois niveaux
00:43:13il y a aussi une autre technique
00:43:15que vous avez certainement
00:43:16prouvé aussi
00:43:16j'imagine à Mediapart
00:43:18moi je pense à pas mal
00:43:19de révélations
00:43:21qu'on a pu faire
00:43:21sur des députés
00:43:22du RN
00:43:24et ou des candidats
00:43:25municipaux
00:43:25dans des groupes
00:43:26Facebook racistes
00:43:27qu'ils n'ont pas modéré
00:43:28alors qu'ils avaient
00:43:29l'obligation
00:43:30de le faire
00:43:32on leur envoie
00:43:33le contradictoire
00:43:34tout comme il faut
00:43:34avec le délai
00:43:35comme il faut
00:43:35ils ne nous répondent pas
00:43:36et deux jours après
00:43:38il y a une interview
00:43:39dans la presse locale
00:43:40le grand classique
00:43:41et qui va être titré
00:43:42oui les jours
00:43:43une officine d'extrême gauche
00:43:44alors que l'officine
00:43:45d'extrême gauche
00:43:45c'est vous
00:43:46c'est pas nous
00:43:47alors c'est vous
00:43:48chez la presse peut-être
00:43:49eux c'est l'officine
00:43:50et nous c'est l'extrême gauche
00:43:50c'est ça que vous êtes à côté
00:43:53pardon
00:43:54désolé c'est trop long
00:43:55je rajoute un truc
00:43:56moi une fois
00:43:57ils m'ont fait ça
00:43:58avant publication
00:43:59c'est à dire
00:44:00je faisais
00:44:00c'était waouh
00:44:01genre je faisais
00:44:02un reportage
00:44:03enquête on va dire
00:44:04sur à quel point
00:44:05Saint-Tropez
00:44:06et la mairie de Saint-Tropez
00:44:07est soumise
00:44:07au desiderata de LVMH
00:44:09j'avais titré ça
00:44:09je sais pas
00:44:10Bernard Arnault
00:44:10seigneur de Saint-Tropez
00:44:11un truc comme ça
00:44:12j'envoie des questions
00:44:13à LVMH qui me snobe
00:44:14la mairie qui me snobe
00:44:15qui m'insulte juste
00:44:17dans un petit mail
00:44:17genre en mode
00:44:18oui c'est scandaleux
00:44:19et voilà
00:44:20avant que je publie
00:44:21ils sont allés
00:44:21c'est rapide
00:44:21parce que j'ai quand même
00:44:22publié vite
00:44:22mais avant que je publie
00:44:23un article dans le JDD
00:44:26de Bolloré
00:44:27ami de Bernard Arnault
00:44:29donc deux pages
00:44:30sur Saint-Tropez
00:44:30pour dire que c'est génial
00:44:31et que c'est pas du tout
00:44:33un grand centre commercial
00:44:34de luxe
00:44:35et que c'est un village
00:44:36de pêcheurs
00:44:36et que c'est génial
00:44:36etc
00:44:37bon
00:44:37grandir leur face
00:44:38mais surtout
00:44:39un petit paragraphe
00:44:40comme ça
00:44:40les sales méthodes
00:44:41de Mediapart
00:44:41mon papier
00:44:42il est même pas sorti
00:44:44et un tissu de mensonge
00:44:45sur mon papier
00:44:46qui n'est pas encore sorti
00:44:47et auquel ils n'ont pas répondu
00:44:49et ça
00:44:49ça sort dans le JDD
00:44:50même pas dans
00:44:51je sais pas
00:44:51le parisien
00:44:52où c'est pas l'Amérique
00:44:53qui s'exprime
00:44:53c'est le journaliste
00:44:54du JDD
00:44:55qui dit ça
00:44:57tout à l'heure
00:44:58tu parlais
00:45:00des réponses
00:45:00des cadres
00:45:01qui étaient censurés
00:45:03Mathias
00:45:03toi t'as eu affaire
00:45:04à un autre type
00:45:05de censure
00:45:06c'est dans le cadre
00:45:07de l'Actalis
00:45:08que l'Etat
00:45:10s'est mis en quelque sorte
00:45:11au service
00:45:12de l'entreprise
00:45:13parce que
00:45:13ils ont censuré
00:45:15des documents
00:45:15que vous avez demandé
00:45:17c'est assez drôle
00:45:18il y a des pages entières
00:45:19couvertes de noir
00:45:19littéralement
00:45:20est-ce que tu peux
00:45:20redonner le contexte
00:45:21de nous raconter ça
00:45:22en fait du coup
00:45:23on avait fait une enquête
00:45:24sur l'Actalis
00:45:25l'Actalis
00:45:25c'est le camembert président
00:45:27le bleu d'Auvergne
00:45:28le lait en bouteille
00:45:29évidemment
00:45:30l'Actel
00:45:31et tous les laits en bouteille
00:45:31c'est ce que vous avez
00:45:32dans votre frigo
00:45:33tout ce qu'on a souvent
00:45:34tous dans notre frigo
00:45:35sauf si vous allez
00:45:35chez le petit
00:45:37commerçant bio du coin
00:45:38et donc l'Actalis
00:45:40on a fait une très grande
00:45:41enquête sur l'ogre du lait
00:45:42l'Actalis
00:45:43une firme
00:45:44sans foi ni loi
00:45:45on mange le fromage
00:45:46on l'a acheté au supermarché
00:45:47on voit pas
00:45:49ce qui se passe derrière
00:45:50mais quand on voit ça
00:45:52ça fait beaucoup de peine
00:45:53il y a une certaine
00:45:55impunité
00:45:55de la part de l'entreprise
00:45:57à polluer
00:45:57en parfaite connaissance
00:45:58de cause
00:45:59c'est des méthodes de voyou
00:46:00faut pas qu'on dise le contraire
00:46:01c'est une enquête d'initiative
00:46:02c'est à dire
00:46:04il n'y a pas une source
00:46:05qui vient nous voir
00:46:06on se dit
00:46:06l'Actalis
00:46:07c'est un géant
00:46:08c'est le numéro 1
00:46:09des produits laitiers
00:46:10il est français
00:46:11il a des usines
00:46:12partout en France
00:46:13et par ailleurs
00:46:13ce qui était intéressant
00:46:14et ce qui nous a
00:46:15je digresse avant de répondre
00:46:16ce qui nous a
00:46:17ce qui nous a intéressé
00:46:18c'est qu'on connait pas
00:46:20on sait pas
00:46:21où sont produits
00:46:21les produits de l'Actalis
00:46:23tu vois
00:46:23c'est des laiteries
00:46:24ils appellent ça
00:46:25des crèmeries
00:46:25donc c'est très artisanal
00:46:27énorme usine
00:46:28que des usines
00:46:28mais qui sont jamais
00:46:31floquées à l'Actalis
00:46:32donc c'est rien que
00:46:33ce travail d'enquête là
00:46:34de ramasser
00:46:35les 60 et quelques usines
00:46:36qui bossent
00:46:37que pour l'Actalis
00:46:38et qui produisent
00:46:39son fromage
00:46:39et ses bouteilles de lait
00:46:41c'était intéressant
00:46:42et ensuite nous on voulait voir
00:46:43comment ils faisaient
00:46:44leur respect
00:46:45des normes environnementales
00:46:46etc
00:46:46bref
00:46:47il y a beaucoup
00:46:48beaucoup à dire
00:46:49sur l'Actalis
00:46:49notamment sur
00:46:50sur l'aspect
00:46:51sanitaire
00:46:52et
00:46:54sanitaire dans les usines
00:46:56et la propreté
00:46:57tout simplement
00:46:57et en fait
00:46:59on avait demandé
00:47:01à l'administration
00:47:03à
00:47:04à la
00:47:05DGCCRF
00:47:06donc c'était la direction
00:47:06des fraudes
00:47:07qui font des examens
00:47:08tu vois des inspections
00:47:09il y a des documents
00:47:10c'est des documents administratifs
00:47:11ils font des inspections
00:47:12dans les usines
00:47:13inopinées
00:47:14par surprise ou non
00:47:15le plus souvent
00:47:15pas par surprise
00:47:18et on voulait récupérer
00:47:19tout un tas de jeux
00:47:20de documents
00:47:21et analyser les inspections
00:47:22par les autorités
00:47:23sachant qu'ils sont
00:47:24un peu obligés
00:47:25de les donner
00:47:25c'est ça
00:47:25il y a dans le droit français
00:47:27tu as le droit d'accès
00:47:28à des documents administratifs
00:47:30tout le monde
00:47:31tous les citoyens
00:47:32peuvent demander
00:47:33des documents
00:47:33les journalistes
00:47:35évidemment
00:47:35s'en servent souvent
00:47:36là aussi on parlait
00:47:37des non-réponses
00:47:38et tout
00:47:38c'est aussi compliqué
00:47:39de plus en plus difficile
00:47:40de faire valoir ce droit
00:47:42et d'obtenir les documents
00:47:43mais là ils répondent
00:47:44mais là ils répondent
00:47:45ils répondent
00:47:46ils répondent assez vite
00:47:47d'ailleurs
00:47:48ils nous envoient des docs
00:47:49ils nous envoient des docs
00:47:50qui sont caviardés
00:47:51censurés
00:47:52des carrés entiers
00:47:53notamment sous les
00:47:54tu vois sous des titres
00:47:55qui nous intéressent
00:47:56anomalies
00:47:57problèmes
00:47:58tu vois problèmes
00:47:59les problèmes repérés
00:48:01dans l'usine
00:48:14carré entier
00:48:15on voulait d'abord
00:48:16il y a prescription
00:48:16maintenant
00:48:17on voulait faire
00:48:18une demande officielle
00:48:19comme ça
00:48:20on se baquait
00:48:21on avait
00:48:22si ils nous donnaient
00:48:22les bons docs
00:48:23c'était bien
00:48:23et c'est là que c'est rigolo
00:48:24c'est que du coup
00:48:25on a les docs
00:48:25on savait ce qu'il y avait
00:48:26en dessous
00:48:27et on voit tous les endroits
00:48:28qui sont biffés
00:48:28sont exactement les endroits
00:48:30qui nous intéressent
00:48:31et ce qui est intéressant
00:48:31c'est que du coup
00:48:32on a aussi récupéré
00:48:33les échanges de mails
00:48:34entre Bercy
00:48:35qui était le ministère
00:48:36de tutelle
00:48:37de la direction
00:48:38qu'on a
00:48:38le ministère
00:48:39d'économie
00:48:39des finances
00:48:40voilà pardon
00:48:41le ministère de l'économie
00:48:42et on a des mails
00:48:43de fonctionnaires
00:48:44de Bercy
00:48:45qui en fait
00:48:47rassemblent
00:48:48concentrent
00:48:48toutes les demandes
00:48:49qu'on a fait
00:48:49à plein d'entités
00:48:51de la
00:48:51de services différents
00:48:53voilà
00:48:53à plein de services
00:48:54et qui leur dit
00:48:55toutes les demandes
00:48:56de disclose
00:48:56vous nous les faites remonter
00:48:58on s'en occupe
00:48:59pareil
00:49:00centralise tout
00:49:01et c'est Bercy
00:49:02et pas les administrations
00:49:04qui vont
00:49:04eux ils auraient probablement
00:49:05envoyé tu vois
00:49:06mais là
00:49:06taxe est verrouillée
00:49:07par l'allié objectif
00:49:09d'Emmanuel Beignet
00:49:10le patron de l'actalis
00:49:11et c'était marrant
00:49:13de voir l'envers
00:49:14du décor
00:49:14j'ai vu
00:49:15excuse moi
00:49:16j'ai vu un gag
00:49:17dans ce goût là
00:49:18tout récent
00:49:19pour médiacité
00:49:20qui cherche à obtenir
00:49:22les notes de frais
00:49:23de Wauquiez
00:49:25à la tête
00:49:26de sa région
00:49:27quand il est à la tête
00:49:28de sa région
00:49:28donc refus etc
00:49:30et demande
00:49:31CADA
00:49:31comme on dit
00:49:32pour obtenir
00:49:33ces documents là
00:49:33et ils ont fini
00:49:34par gagner
00:49:36les docs
00:49:36leur ont été livrés
00:49:37ils leur ont tout livré
00:49:38en papier
00:49:38il y a trois cartons
00:49:40gigantesques
00:49:40et tout est en papier
00:49:41ça rappelle un film
00:49:44qui faisait ça
00:49:45et je crois que du coup
00:49:46médiacité fait appel
00:49:46à ses abonnés
00:49:47pour organiser une journée
00:49:48afin de dépiauter
00:49:48c'est drôle
00:49:50c'est drôle
00:49:51en fait
00:49:52derrière ça
00:49:52il y a le lien
00:49:53entre ces multinationales
00:49:55ces ultra riches
00:49:56et l'état
00:49:57il y a aussi le lien
00:49:58avec les politiques
00:50:00dans l'une de tes enquêtes
00:50:02tu racontes
00:50:02dans quelles conditions
00:50:04Vuitton a obtenu
00:50:05d'organiser son défilé
00:50:06sur le pont 9
00:50:07qui est le plus vieux pont de Paris
00:50:09contre les avis
00:50:10des agents de la ville
00:50:11oui voilà
00:50:12alors ça c'est une enquête
00:50:14qu'on a fait à plusieurs
00:50:15dans le cadre d'une série
00:50:16sur la prise de Paris
00:50:17par LVMH
00:50:18donc j'étais pas toute seule
00:50:19et sur le pont 9
00:50:21oui
00:50:22de longue date
00:50:23il y avait eu des demandes
00:50:24à chaque fois
00:50:25la préfecture déjà
00:50:26était plutôt réticente
00:50:27parce qu'il faut situer
00:50:29c'est un pont
00:50:29assez central
00:50:30dans le centre-ville
00:50:32dans le centre de Paris
00:50:35et là on a
00:50:36Pharrell Williams
00:50:38qui devient
00:50:40qui est à la tête
00:50:41de Louis Vuitton
00:50:42homme
00:50:42qui veut organiser
00:50:43un premier défilé
00:50:44qui claque
00:50:44il invite
00:50:45Beyoncé
00:50:46Rihanna
00:50:48voilà un truc stylé
00:50:50et en plus
00:50:51moi j'ai trouvé
00:50:51qu'il était joli
00:50:52ce défilé
00:50:53pour te dire
00:50:54ce que je n'ai pas
00:50:54mis dans l'article
00:50:55la musique et tout
00:50:56enfin c'était
00:50:59voilà c'était
00:51:00bon
00:51:00sauf qu'en fait
00:51:01ils veulent le faire
00:51:01sur le pont 9
00:51:03et que ça nécessite
00:51:04de le privatiser
00:51:05pour quelques happy few
00:51:08et de le privatiser
00:51:09pas que
00:51:10pendant le
00:51:11le défilé
00:51:12il faut installer
00:51:13et c'est une installation
00:51:14énorme
00:51:15parce que
00:51:15évidemment
00:51:16Louis Vuitton
00:51:16ne fait jamais rien
00:51:17en petit
00:51:17donc ils installent
00:51:18les carreaux de Louis Vuitton
00:51:19sur tout le pont 9
00:51:20une espèce
00:51:21de manière de dire
00:51:22c'est à nous quoi
00:51:23c'est à nous
00:51:23alors que le quartier
00:51:24il est déjà à eux
00:51:25parce qu'à la fin du pont 9
00:51:26il y a
00:51:26la Samaritaine
00:51:28c'est à eux
00:51:28le café Cova
00:51:29le café Milanais
00:51:30ils l'ont racheté
00:51:31en face
00:51:32il y a le siège social
00:51:33de Louis Vuitton
00:51:34la place en face
00:51:35ils installent toujours
00:51:36des œuvres d'art
00:51:36en lien avec des artistes
00:51:38avec lesquels ils travaillent
00:51:40alors que c'est une passe publique
00:51:41enfin je veux dire
00:51:41le quartier
00:51:42ils l'ont déjà privatisé
00:51:43et là
00:51:43ils veulent en plus le pont
00:51:44et donc
00:51:45les services administratifs
00:51:47de la ville disent
00:51:47bon là quand même
00:51:48vous abusez
00:51:48non quoi
00:51:49en termes d'intérêt
00:51:51du public
00:51:51via votre intérêt à vous
00:51:52là on n'est pas
00:51:53c'est pas ok
00:51:54et donc ils donnent
00:51:55un avis qui est consultatif
00:51:57mais qui est d'habitude
00:51:58écouté par la mairie
00:51:58qui est de dire
00:51:59bah non
00:52:00sauf que bon
00:52:01la mère elle était invitée
00:52:01au défilé quoi
00:52:02donc
00:52:04le cabinet
00:52:04de Anne Hidalgo
00:52:06mais on peut dire ça
00:52:07pour Delanoë
00:52:08on peut dire ça
00:52:09pour Hidalgo
00:52:10on dira ça
00:52:10dans pas longtemps
00:52:11pour la nouvelle mairie
00:52:13ils se sont soumis
00:52:14au désir
00:52:15de lever un match
00:52:16et donc c'est la mère
00:52:16qui a accepté
00:52:17oui
00:52:18alors Hidalgo
00:52:19était invité
00:52:19à se défilé
00:52:20et elle y est allée
00:52:21et puis
00:52:22il y a les médias aussi
00:52:23il est propriétaire
00:52:25du Parisien
00:52:26c'est très important pour elle
00:52:27c'est pas anodin
00:52:28et le lien
00:52:29entre les politiques
00:52:31et les médias
00:52:32c'est aussi quelque chose
00:52:33qu'on voit chez Bolloré
00:52:34alors Bolloré
00:52:35c'est un peu différent
00:52:36il y a un projet politique
00:52:37mais on voit
00:52:38qu'il y a
00:52:38Nicolas Sarkozy
00:52:39qui est au conseil
00:52:40d'administration
00:52:42du groupe Lagardère
00:52:43qui l'a racheté
00:52:44et puis
00:52:45il y a les liens
00:52:46avec Jordan Bardella
00:52:47avec qui
00:52:47il déjeune
00:52:49oui il y a eu
00:52:50un déjeuner
00:52:51c'est intéressant
00:52:52parce que
00:52:53l'Empire Bolloré
00:52:54n'était pas
00:52:54chaud chaud
00:52:55sur Marine Le Pen
00:52:56par exemple
00:52:57non
00:52:57elle était trop
00:52:58dans les impôts
00:52:58c'est un concept
00:52:59qu'ils n'aiment pas trop
00:53:00mais Jordan Bardella
00:53:01ça a l'air
00:53:01de leur aller un peu mieux
00:53:02c'est un peu
00:53:03la tarte à la crème
00:53:04qu'on entend
00:53:05avec Georgia Meloni
00:53:06en disant
00:53:06ouais elle est d'extrême droite
00:53:07elle est quand même
00:53:09ouverte au milieu des affaires
00:53:10donc ce qui serait
00:53:11un truc
00:53:12qui compenserait
00:53:13ça leur va carrément bien
00:53:15parce que Bardella
00:53:15ils lui ont
00:53:16enfin il faut quand même voir
00:53:17ils lui ont fait
00:53:18des nombreux cadeaux
00:53:19Bolloré
00:53:19il a édité son livre
00:53:20ce qui est une façon
00:53:21d'offrir
00:53:22800 000 euros
00:53:23à Jordan Bardella
00:53:25puisque c'est les droits d'auteur
00:53:26qu'on peut consulter
00:53:26dans les fiches de transparence
00:53:28en tant que député européen
00:53:29il doit indiquer
00:53:30toutes ses sources de revenus
00:53:31c'est vrai
00:53:32800 000 euros
00:53:33pour les droits d'auteur
00:53:34de ses livres
00:53:35alors que
00:53:37les hommes politiques
00:53:38ne peuvent pas être
00:53:40il y a des risques
00:53:41d'être accusés de corruption
00:53:42si on leur donne
00:53:42des trop grosses sommes
00:53:43et puis
00:53:44la sortie de ce livre
00:53:45ça a aussi été une tournée
00:53:46partout en France
00:53:47financée par le groupe Bolloré
00:53:49alors que théoriquement
00:53:50un particulier
00:53:52ne peut pas donner
00:53:52plus de 7 500 euros
00:53:54à un parti politique
00:53:55et une entreprise
00:53:55ne peut pas financer
00:53:56un parti politique
00:53:57là ils ont quand même
00:53:58financé une tournée
00:53:59avec l'argent
00:54:00d'un groupe
00:54:01donc c'est un soutien
00:54:02politique assez important
00:54:04moi je l'interprète comme ça
00:54:05c'est vrai
00:54:06on peut considérer ça
00:54:07comme ça
00:54:07si on est un petit peu
00:54:08pervers effectivement
00:54:09je ne saurais pas
00:54:09si je suis pervers
00:54:10merci
00:54:12et une tournée
00:54:14effectivement médiatique
00:54:15qui a des échos
00:54:17du JD News
00:54:18en JDD
00:54:19j'avais compté
00:54:20le nombre
00:54:20d'une du JD News
00:54:22sur Bardella
00:54:25enfin c'est fou
00:54:26et effectivement
00:54:28il y a une chambre d'échos
00:54:29qui est offerte
00:54:30par l'Empire Bolloré
00:54:31et qui en plus
00:54:32ce que je trouve intéressant
00:54:33avec Bolloré
00:54:33c'est aussi
00:54:34c'est qu'il a
00:54:35il permet autre chose
00:54:36chez les autres milliardaires
00:54:38dont chez Bernard Arnault
00:54:40qui a toujours eu
00:54:43un peu des médias
00:54:44et qui
00:54:44bon
00:54:45qui évidemment
00:54:45se satisfaisait assez
00:54:46d'avoir des médias
00:54:47qui perdaient un fric fou
00:54:49parce que nous
00:54:50des médias indépendants
00:54:51on ne perd pas tous
00:54:52de l'argent
00:54:52je peux vous dire
00:54:53nous on en gagne un petit peu
00:54:54vous en gagnez plein
00:54:55Street Press
00:54:56ça va aussi
00:54:57on a l'équilibre
00:54:58oui
00:54:59l'équilibre
00:54:59et l'opinion
00:55:01un des médias
00:55:01désormais rachetée
00:55:03par Bernard Arnault
00:55:04ils ont en 13 ans
00:55:06je crois
00:55:06ils ont cramé
00:55:0745 millions d'euros
00:55:09bref
00:55:11Bolloré
00:55:11il a libéré
00:55:14des autres milliardaires
00:55:15donc Bernard Arnault
00:55:16il n'avait un peu rien à foutre
00:55:17de ses médias
00:55:18c'était un peu
00:55:19c'était sa danseuse
00:55:19et il s'est mis à devenir
00:55:21très très dur
00:55:22avec ses médias
00:55:23parce que
00:55:24je pense
00:55:24son ami
00:55:25Vincent Bolloré
00:55:25se comporte encore plus mal
00:55:27et on l'a vu
00:55:28on l'a vu aux parisiens
00:55:29on l'a vu aux échos
00:55:31et ainsi de suite
00:55:32oui c'est un écho
00:55:32moi que j'ai entendu
00:55:34dans le groupe
00:55:36de cadres
00:55:36de médias
00:55:37comme ça
00:55:38où on a dit
00:55:39la remarque dit
00:55:39qu'il s'est dit
00:55:40ah on peut traiter
00:55:41comme ça des journalistes
00:55:42et ça passe
00:55:43oui
00:55:44et c'est vrai
00:55:45sur l'aspect
00:55:46financier social
00:55:46mais je pense
00:55:47c'est même vrai
00:55:47sur l'aspect
00:55:49de l'idéologie
00:55:50je pense que
00:55:51Bolloré
00:55:51il ouvre la porte
00:55:52à ce que Bernard Arnault
00:55:53aujourd'hui
00:55:53il utilise encore plus
00:55:54que ce qu'il faisait avant
00:55:55enfin en tout cas
00:55:56de manière encore plus
00:55:58assumée
00:55:59ces médias
00:56:00pour être vraiment
00:56:01des espèces de feuilles
00:56:02de propagande
00:56:03de ce que lui pense
00:56:04après bien sûr
00:56:05qu'il y a des gens
00:56:06qui résistent
00:56:07dans les rédacs
00:56:07il y a des SDG etc
00:56:08mais c'est à des niveaux
00:56:10maintenant
00:56:10par exemple aux parisiens
00:56:11qui sont assez hallucinants
00:56:12et d'ailleurs
00:56:13moi je pense
00:56:14qu'il faut qu'on arrête
00:56:15de dire
00:56:15que Bernard Arnault
00:56:17il est moins idéologique
00:56:18etc
00:56:19que Bolloré
00:56:20parce qu'il s'en rapproche
00:56:20déjà bon
00:56:21ils sont proches
00:56:21mais par ailleurs
00:56:22même sur le projet idéologique
00:56:23il s'en rapproche
00:56:24de plus en plus
00:56:24il disait toujours
00:56:25moi à l'extrême droite
00:56:26jamais
00:56:27pas du tout
00:56:28je ne travaillerai pas
00:56:29avec eux
00:56:29je ne les verrai pas
00:56:30et ses proches
00:56:30nous le disaient
00:56:31tout le temps
00:56:32en répétition
00:56:32bon ben
00:56:33il a fait la une
00:56:34très sympathique
00:56:35Jordan Bardella
00:56:36et sa meuf
00:56:37dans Paris Match
00:56:38voilà
00:56:39on est en train de
00:56:41Bolloré
00:56:41il ouvre vraiment des portes
00:56:42et puis
00:56:42un de ses fils
00:56:44a rencontré Bardella
00:56:45donc il y a
00:56:46des liens secrets
00:56:47on a parlé des liens
00:56:48avec les politiques
00:56:49en France
00:56:49mais il y a aussi
00:56:50le lien
00:56:50de ces ultra riches
00:56:52avec des régimes
00:56:54autoritaires
00:56:54ou dictatoriaux
00:56:55partout dans le monde
00:56:56parce que
00:56:57business is business
00:56:58Mathias
00:56:59vous avez révélé
00:57:01un projet secret
00:57:02de Decathlon
00:57:03pour continuer
00:57:04à vendre des produits
00:57:05en Russie
00:57:05alors que la France
00:57:07est semble-t-il
00:57:08en guerre contre la Russie
00:57:09ouais ouais ouais
00:57:10business is business
00:57:12t'as tout résumé
00:57:13ils avaient annoncé
00:57:14c'est pareil
00:57:14ils font l'annonce
00:57:15qu'ils vont se retirer
00:57:16ils se retirent
00:57:17de la Russie
00:57:19qui était un gros client
00:57:20parce que
00:57:20ils agressent
00:57:22un pays voisin
00:57:24et là nous
00:57:25on a eu
00:57:26on a eu
00:57:27une source
00:57:29dont on connaitra pas
00:57:30le détail
00:57:31non mais je me faisais
00:57:32le film
00:57:33en faisant ce papier
00:57:35ça nous a ramené
00:57:36la source d'après
00:57:37sur la plus grande enquête
00:57:38sur la Chine
00:57:40et tout ça
00:57:40non et ouais
00:57:41en fait ils ont continué
00:57:42à leur livrer
00:57:43et à leur fournir
00:57:44tous les stocks
00:57:46dont ils avaient besoin
00:57:47pour une
00:57:48décathlon ferme
00:57:49il y a une nouvelle entité
00:57:50qui se crée
00:57:51qui ne leur appartient plus
00:57:52ils ne sont plus dans le game
00:57:53en revanche
00:57:54ils ont toujours
00:57:54la continuité en interne
00:57:56c'est les mêmes équipes
00:57:57et tout
00:57:57donc ils ont toujours
00:57:58les 0-6
00:57:58et ils passent par
00:58:01c'était quoi
00:58:02un mécanisme hyper complexe
00:58:03ils passaient par
00:58:04Dubaï ou Abu Dhabi
00:58:06il y avait des structures
00:58:07tu vois
00:58:08un peu fantoches
00:58:09qui leur permettaient
00:58:10de contourner l'embargo
00:58:11on n'y disait pas
00:58:13en gros
00:58:13on part de France
00:58:15pour aller directement
00:58:15à Moscou
00:58:16et ils passaient par
00:58:17des pays du Golfe
00:58:18et c'est les pays du Golfe
00:58:20qui faisaient tampons
00:58:21et qui ensuite distribuaient
00:58:24tu les prends là
00:58:25tu les tops
00:58:25mais si tu les tops pas
00:58:26ça continue
00:58:28et c'est vrai
00:58:29pour tous ces groupes
00:58:31sur Bolloré
00:58:33il y a ses liens
00:58:33avec le Togo
00:58:34qui est un régime autoritaire
00:58:35il va être envoyé
00:58:37devant la justice
00:58:37pour corruption
00:58:38d'agents publics étrangers
00:58:41et c'est un lien
00:58:42qu'il entretient
00:58:43depuis longtemps
00:58:44il avait notamment
00:58:44utilisé Canal Plus
00:58:45à l'époque
00:58:46tu l'avais révélé
00:58:47pour faire
00:58:49c'est toi qui l'as révélé
00:58:50c'est vrai
00:58:52je remonte
00:58:54252 épisodes
00:58:55il y a des fois
00:58:55tu l'avais révélé
00:58:57il avait utilisé Canal Plus
00:58:58pour faire la publicité
00:59:00et suite à votre enquête
00:59:02ce qui s'était passé
00:59:03c'est qu'ils avaient fait
00:59:04un sujet
00:59:04sur Ford Yassimbe
00:59:06le président
00:59:07je mets des guillemets
00:59:09avec mes doigts
00:59:09du Togo
00:59:10président élu du Togo
00:59:12et
00:59:13on s'était aperçu
00:59:15c'était sur
00:59:16des entrepreneurs
00:59:17au Togo
00:59:18où ça cartonnait
00:59:20où la ville était super
00:59:21et tout
00:59:21et on s'était aperçu
00:59:22qu'il avait utilisé
00:59:23des images
00:59:24mais c'était à 70%
00:59:25du sujet
00:59:26le truc avait été à étapes
00:59:28à fonction des découvertes
00:59:29il avait utilisé
00:59:30vraiment des images
00:59:32fournies
00:59:32par la com
00:59:34du Togo
00:59:36et c'était vraiment
00:59:37d'un grossier
00:59:38d'un grossier accompli
00:59:39et il a fini
00:59:40par être contraint
00:59:41par l'ARCOM
00:59:43à un droit de réponse
00:59:44qui est passé
00:59:44je crois
00:59:45genre à un 29 décembre
00:59:46à 5h du matin
00:59:47un droit de réponse
00:59:48de l'ARCOM
00:59:49sur une chaîne
00:59:49c'est quand même
00:59:50des choses
00:59:51assez rares
00:59:52mais votre enquête
00:59:53a quand même eu
00:59:54de l'impact
00:59:54et un petit impact
00:59:55c'est important
00:59:56c'est important de le dire
00:59:57et c'est un peu le sujet
00:59:58il faut le dire
00:59:59que des fois ça bouge
01:00:00des fois on peut gagner
01:00:01contre Bolloré
01:00:03le dernier épisode
01:00:04qu'on vient de publier
01:00:04c'est une ancienne journaliste
01:00:06de Paris Match
01:00:07Caroline Fontaine
01:00:09qui a été virée
01:00:11du temps
01:00:11où Paris Match
01:00:12appartenait
01:00:12à Vincent Bolloré
01:00:14et elle a choisi
01:00:16de ne pas signer
01:00:16de clause de silence
01:00:17et d'aller au Prud'homme
01:00:19alors aller au Prud'homme
01:00:20c'est compliqué
01:00:20parce que ça prend du temps
01:00:22ça a commencé en 2023
01:00:23elle a gagné
01:00:24fin 2025
01:00:26et elle a gagné
01:00:26au nom de la liberté d'expression
01:00:28on estimait
01:00:29qu'elle avait bien le droit
01:00:31d'ouvrir sa bouche
01:00:31pour critiquer
01:00:32la ligne éditoriale
01:00:33de Paris Match
01:00:34et aussi du fait
01:00:35du harcèlement moral
01:00:36qui a été pratiqué
01:00:37sur elle
01:00:38par Laurence Ferrari
01:00:40tu as eu des victoires
01:00:42en relisant
01:00:43les papiers
01:00:44et tes enquêtes
01:00:45je suis tombée
01:00:45sur cette histoire
01:00:47de caméras d'espionnage
01:00:48planquées à la Samaritaine
01:00:50et c'est un sujet
01:00:51qui ensuite
01:00:51a eu des conséquences
01:00:53oui
01:00:53c'est sympa
01:00:55parce que t'as vraiment pris
01:00:56genre d'habitude
01:00:57ça n'a pas d'impact
01:00:58mais là oui
01:00:59on a fait un article
01:01:00avec mon collègue
01:01:01Dan Israël
01:01:02sur des caméras
01:01:03camouflées
01:01:04au sein de la Samaritaine
01:01:05Samaritaine
01:01:06qui est un grand magasin
01:01:07à Paris
01:01:07qui appartient
01:01:08à Bern
01:01:09qui l'a racheté en 2021
01:01:11le fameux truc
01:01:12qui ne marche pas du tout
01:01:14qui est un grand
01:01:15mall de luxe
01:01:15en gros
01:01:17et il avait installé
01:01:18au moins un
01:01:19donc là où il y a
01:01:20de la logistique
01:01:20où les salariés
01:01:21viennent pour prendre
01:01:22des objets
01:01:22et les mettre
01:01:23dans le magasin
01:01:24des caméras espions
01:01:26c'est-à-dire qu'il y avait
01:01:27déjà des caméras
01:01:27et ça il avait le droit
01:01:28parce qu'il avait prévenu
01:01:29enfin ils avaient prévenu
01:01:30le CSE etc
01:01:32c'est des caméras
01:01:33qui surveillaient
01:01:33non pas des postes de travail
01:01:34mais des espaces de travail
01:01:35donc tout était légal
01:01:36en termes de droit
01:01:38à la vie privée
01:01:39tout c'était ok
01:01:39mais il a rajouté en plus
01:01:41des caméras cachées
01:01:42dans des faux détecteurs
01:01:43de fumée
01:01:44un truc que t'achètes
01:01:45genre sur Amazon
01:01:46faux détecteurs de fumée
01:01:47caméras là
01:01:49il les a installées
01:01:50le pauvre
01:01:51pas de chance
01:01:52enfin le pauvre
01:01:52les pauvres
01:01:53pas de chance
01:01:53le truc en fait
01:01:55la caméra
01:01:56elle s'allume
01:01:56dès que tu bouges
01:01:57donc j'avais même
01:01:58eu accès
01:01:59à l'installation
01:02:00et ça avait été installé
01:02:01pas par un gars
01:02:02comme ça et tout
01:02:02ça avait été installé
01:02:03par le chef de la sécurité
01:02:04de la Samaritaine
01:02:05donc pas n'importe qui
01:02:06de DFS
01:02:07qui était la société
01:02:08à laquelle appartenait
01:02:09la Samaritaine
01:02:09et donc ils ont filmé
01:02:11et enregistré
01:02:12les conversations
01:02:13des salariés
01:02:14de manière illégale
01:02:15pendant quelques mois
01:02:15comme ça
01:02:16avant que
01:02:16des salariés
01:02:17s'en rendent compte
01:02:18qu'on récupère
01:02:19par la magie
01:02:21certaines vidéos
01:02:22voilà
01:02:22et qu'on puisse
01:02:23raconter cette histoire
01:02:24bon
01:02:25on pensait que ça allait
01:02:26comme d'habitude
01:02:27à chaque fois qu'on écrit
01:02:28sur LVMH
01:02:28on a globalement
01:02:29pas de reprise média
01:02:31tout le monde s'en fout
01:02:32etc
01:02:32surtout sur les sujets sociaux
01:02:34on s'est dit
01:02:35bon ben voilà
01:02:35on révèle ça
01:02:36tout le monde s'en fout
01:02:37sauf que non
01:02:37en fait il y a quelqu'un
01:02:38à la CNIL
01:02:38qui l'a lu
01:02:39qui s'en est saisie
01:02:40qui a ouvert une enquête
01:02:41et qui a condamné
01:02:42la Samaritaine
01:02:43pour
01:02:44enfin voilà
01:02:45la CNIL a condamné
01:02:46la Samaritaine
01:02:47et
01:02:48100 000 euros je crois
01:02:49ouais
01:02:49pas de chance encore
01:02:51il y a quelqu'un de la CNIL
01:02:52qui m'a prévenu
01:02:52qu'il y avait une audience
01:02:53et donc du coup
01:02:54on a suivi l'audience
01:02:56et c'est marrant
01:02:57parce que
01:02:57nous quand il nous avait répondu
01:02:59on nous avait dit
01:02:59mais encore vous
01:03:00bon parce qu'on se connait bien
01:03:01maintenant avec la Samaritaine
01:03:02encore vous
01:03:03c'est complètement diffamatoire
01:03:04mais vous êtes fou
01:03:05une réponse hyper agressive
01:03:06pour une fois qu'ils nous répondent
01:03:07quand ils étaient devant la CNIL
01:03:09ils ont fait
01:03:09ah mais on savait pas
01:03:10désolé par là
01:03:11excusez
01:03:11donc t'as quand même
01:03:14eu un impact
01:03:15ouais puis stylé
01:03:16de faire bouger la CNIL
01:03:18et toi Mathias
01:03:19est-ce que
01:03:20tes enquêtes
01:03:21vos enquêtes à Disclose
01:03:22ont un impact ?
01:03:24super question
01:03:25ça boulevard
01:03:27non
01:03:28non
01:03:28quand on s'est créé
01:03:30en 2018
01:03:30l'idée c'était
01:03:31dès le départ
01:03:32c'était vraiment
01:03:34de faire de l'impact
01:03:35avec nos enquêtes
01:03:36on voulait
01:03:37on avait vu
01:03:39toutes ces enquêtes
01:03:39Panama Papers
01:03:41et tout
01:03:41les gros trucs
01:03:42des consortiums
01:03:42où t'en entendais partout
01:03:44des énormes scandales
01:03:46d'évasion fiscale
01:03:46et du jour au lendemain
01:03:47tu savais plus rien
01:03:48en fait
01:03:48et donc on s'est dit
01:03:49c'est super frustrant
01:03:50et même pour la confiance
01:03:51dans notre métier
01:03:52qui est un peu érodée
01:03:53il faut le dire
01:03:53dans le journalisme
01:03:54montrer que
01:03:55quand on écrit
01:03:56quelque chose
01:03:57ça bouge
01:03:58quand on suit une obsession
01:03:59ça peut encore plus bouger
01:04:01ça recrée
01:04:02je pense
01:04:02un lien direct
01:04:03avec les lecteurs
01:04:05et nos donateurs aussi
01:04:06et ça permet
01:04:07de redonner
01:04:07une bonne image
01:04:08au journalisme
01:04:09sérieux
01:04:10et donc
01:04:11on pense même
01:04:13l'impact
01:04:13en amont
01:04:14des enquêtes
01:04:14c'est vraiment
01:04:15on est bête
01:04:16des exemples concrets
01:04:17d'impact
01:04:18de choses
01:04:19qui ont bougé
01:04:19typiquement
01:04:20on parlait
01:04:21de l'actalis
01:04:21je te disais
01:04:22qu'on avait
01:04:22beaucoup travaillé
01:04:23sur les rejets
01:04:24de polluants
01:04:24ils violaient
01:04:25le code
01:04:26de l'environnement
01:04:28allègrement
01:04:29avec toutes leurs usines
01:04:30qui rejetaient
01:04:30des trucs dégueulasses
01:04:31dans les cours d'eau
01:04:33qui tuaient
01:04:33les poissons
01:04:34la faune
01:04:34la flore
01:04:35les pêcheurs
01:04:36qui trouvaient
01:04:37des bandes
01:04:38de poissons morts
01:04:38et tout
01:04:39donc ça nous
01:04:39on a isolé
01:04:41sorti des documents
01:04:42avec les demandes
01:04:43de CADA
01:04:43etc
01:04:44isolé toutes ces usines
01:04:45et à l'issue de ça
01:04:46typiquement
01:04:47l'Etat était contraint
01:04:49et forcé
01:04:49de mettre en place
01:04:50un plan de vigilance
01:04:51renforcé
01:04:52sur plusieurs
01:04:53de ces usines
01:04:54qui ont fini
01:04:54par être inspectées
01:04:56réinspectées
01:04:56sur inspectées
01:04:56alors qu'ils n'aiment pas
01:04:57faire ça à l'Etat
01:04:58puisqu'il y a le chantage
01:04:59on n'en a pas parlé
01:05:00mais le chantage
01:05:00en l'emploi
01:05:01c'est quand même
01:05:01un très gros truc
01:05:02des milliardaires
01:05:03et des multinationales
01:05:04c'est comme ça
01:05:04qu'ils tiennent
01:05:05les pouvoirs publics
01:05:06bon il y a eu ça
01:05:07par exemple
01:05:07mais des impacts
01:05:10on en a tout le temps
01:05:11des impacts
01:05:12écoute
01:05:12j'ai un peu parlé
01:05:13nous des dry leaks
01:05:15donc nos enquêtes
01:05:15sur Patrick Drahi
01:05:17et Patrick Drahi
01:05:18il était
01:05:19alors avant
01:05:19qu'on publie notre enquête
01:05:20mis en cause
01:05:21par le fisc suisse
01:05:23parce qu'il avait fait
01:05:24une magouille
01:05:24il avait fait semblant
01:05:25de divorcer de sa femme
01:05:26pour changer de canton
01:05:28et payer moins d'impôts
01:05:29sauf que
01:05:30comme il voulait
01:05:31continuer à scolariser
01:05:32les enfants
01:05:33dans la même école
01:05:34ils avaient fait croire
01:05:35qu'ils divorçaient
01:05:35pour que
01:05:36madame
01:05:37avec les enfants
01:05:38puisse s'installer
01:05:38à un endroit
01:05:39et monsieur
01:05:40à un autre
01:05:40mais ils ne sont plus ensemble
01:05:43et comme ça
01:05:43lui
01:05:44il payait
01:05:44moins d'impôts
01:05:45parce qu'il n'était pas
01:05:45dans le même canton
01:05:46sauf que nous
01:05:48grâce au dry leaks
01:05:49on a révélé
01:05:49des centaines de mails
01:05:51qui démontrent
01:05:52qu'ils mènent
01:05:54une vie ensemble
01:05:54et surtout
01:05:55la question
01:05:55c'est pas tant
01:05:56est-ce qu'ils vivent ensemble
01:05:57parce que ça
01:05:57ça les regarde
01:05:58c'est qu'ils forment
01:05:59un foyer fiscal commun
01:06:00c'est à dire que
01:06:01c'est lui
01:06:01qui continue
01:06:02à payer
01:06:03et donc ils sont
01:06:04le même foyer fiscal
01:06:05et donc ils doivent
01:06:05déclarer leurs impôts
01:06:06ensemble
01:06:07et j'ai appris
01:06:09que ces documents là
01:06:10qui ont été publiés
01:06:11par Blast
01:06:13Street Press
01:06:13Reflet
01:06:14et aussi
01:06:15un média
01:06:16suisse
01:06:17qui a aussi
01:06:18récupéré ce leaks
01:06:18ont servi
01:06:20dans ce redressement fiscal
01:06:22alors je ne connais pas
01:06:23le montant du redressement fiscal
01:06:24parce qu'il y a eu
01:06:25une négociation
01:06:25et qu'elle n'est pas publique
01:06:26mais il semblerait
01:06:28qu'il ait dû verser
01:06:30au moins des dizaines
01:06:31de millions d'euros
01:06:32peut-être des centaines
01:06:33de millions d'euros
01:06:33de redressement fiscal
01:06:35dans cette affaire là
01:06:36on arrive à la fin
01:06:37de cet épisode
01:06:38merci à tous les trois
01:06:39déjà c'était très sympa
01:06:40merci à toi de l'invite
01:06:42avant de se quitter
01:06:43je voudrais rappeler
01:06:43que nos enquêtes
01:06:45on en a beaucoup parlé
01:06:46par deux sources
01:06:46donc si vous avez des infos
01:06:48écrivez-nous
01:06:49contactez-nous
01:06:50sur les réseaux sociaux
01:06:51nos différents médias
01:06:52ça nous intéresse
01:06:53ça mène à quelque chose
01:06:54et des fois ça a de l'impact
01:06:56et bien sûr
01:06:57allez soutenir
01:06:58les médias indépendants
01:06:59en vous abonnant
01:07:00ou en faisant des dons
01:07:01selon les modèles économiques
01:07:02de chacun
01:07:03merci à tous
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