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  • il y a 1 semaine
« Jusqu’à notre dernier souffle » est un documentaire sur le combat de trois femmes qui ont perdu un proche à cause du trafic de drogue à Marseille. Pendant deux ans, les réalisateurs ont suivi Karima, Laetitia et Atika dans leur quête de justice.

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Transcription
00:02:00Cette vidéo est un peu spéciale. On a décidé de diffuser un documentaire indépendant réalisé par Michael Jans, monteur et
00:02:08fondateur du collectif Nawak, et Etienne Bonneau, un journaliste indépendant.
00:02:12Pendant deux ans, ils ont suivi des familles victimes du trafic de drogue à Marseille. Dans ce film, vous allez
00:02:18suivre le combat de trois femmes, membres du collectif des familles de victimes.
00:02:22Karima, une avocate, qui se bat pour la mémoire de son frère Zaire. Il a été tué à 47 ans
00:02:28le 4 août 2016 à la cité La Paternelle.
00:02:32Laetitia, la tante de Ryan, tué à seulement 14 ans en 2021. A l'époque, il avait été présenté comme
00:02:39un guetteur dans certains médias alors qu'il était une victime collatérale de plus.
00:02:43Il y a aussi Attica, la tante de Sarah, tuée en 2020 après avoir reçu plusieurs balles à l'arrière
00:02:50de la voiture où elle était.
00:02:52Quel que soit le profil de ces victimes, ces femmes se battent pour stopper l'hémorragie sanglante qui touche Marseille.
00:02:58On parle de 17 morts dans la cité phocéenne en 2025, après une année record avec 49 morts dans les
00:03:05bouches du Rhône en 2023.
00:03:07Ce documentaire, il n'avait pas de diffuseur, mais sur Street Press, on a décidé de vous le proposer gratuitement.
00:03:13Pour nous, c'est important que ce type de sujet existe sur YouTube.
00:03:16Alors n'hésitez pas à le partager et si vous le pouvez, à soutenir Street Press.
00:03:54Sous-titrage Société Radio-Canada
00:03:58Ryan, c'est le fils de ma grande sœur Nora.
00:04:00Et moi, je suis la tante, donc je suis la petite sœur de Nora, la maman de Ryan.
00:04:07Ryan, c'était un fanat de voitures et de motos, surtout de motos.
00:04:14Le champion du monde de motos, Valentino Rossi, c'était l'idole de Ryan.
00:04:21À un point qu'il se faisait appeler comme ça, même sur les réseaux, à un point qu'on l
00:04:25'a même marqué sur sa tendue.
00:04:27Et sur un chœur qui est sur la tombe, il y a le NR46.
00:04:31Parce qu'il a toujours été appelé comme ça et que c'était vraiment lui, quoi.
00:04:37Ce qu'il voulait faire, c'était de la moto, mais il a bien compris qu'il ne pourrait pas
00:04:41en faire son métier par mécanicien.
00:04:43Donc après, il avait changé, il voulait faire ambulancier.
00:04:46Il voulait faire ambulancier.
00:04:47Et on ne saura jamais.
00:05:04Je viens auprès de vous, justement, pour que vous puissiez m'expliquer comment je dois faire et comment ça se
00:05:09passe.
00:05:14Je suis la tata de Sarah qui s'est faite assassiner au Moulin de Ney et elle est décédée de
00:05:19ses blessures le 13 octobre 2020.
00:05:22On n'a pas du tout été considérés comme des victimes, plutôt comme des personnes liées au trafic.
00:05:28Quand on a rencontré les policiers sur place, ils n'ont rien voulu nous dire.
00:05:31On arrive dans une étape de la procédure qui va être très longue.
00:05:35Mais, contrairement à l'enquête de police, je ne serai plus face au silence.
00:05:40Sachant qu'une instruction, ça dure en moyenne entre 3 et ça peut durer jusqu'à 10 ans.
00:05:48Au jour d'aujourd'hui, ça fait 4 ans que Sarah est décédée et je suis toujours en attente.
00:06:22Mon frère a été assassiné le 4 avril 2016 à la Cité-la-Paternelle à Marseille.
00:06:31Les policiers de police ont embrouiné à la porte et nous ont annoncé le décès de mon frère.
00:06:35Ça a été un cataclysme.
00:06:37Le ciel s'est abattu sur ma tête, sur nos têtes.
00:06:46Depuis, je milite au sein du collectif pour obtenir la justice pour mon frère,
00:06:50mais aussi pour l'ensemble des familles de victimes.
00:06:53Parce que, depuis 7 ans, moi, j'attends la justice, je ne vois rien venir.
00:06:58Et je suis à la fois en colère et dépité de tout ce qui se passe à Marseille.
00:07:07Comme un mauvais film, Marseille se...
00:07:0913 morts depuis le début de l'été dans des règlements de comptes sur fonds de trafic.
00:07:1224 personnes ont perdu la vie.
00:07:14On est sur une année record.
00:07:16On porte à 46, le nombre de morts cette année, elle est record.
00:07:1947 personnes ont été tuées cette année, dont plusieurs adolescents victimes de...
00:07:23Troisième arrondissement de Marseille.
00:07:24Deux jeunes femmes sont blessées.
00:07:26Deux individus sur une moto.
00:07:27Tirs à au moins huit reprises avec un fusil d'assaut.
00:07:30Une nouvelle attaque à la Joliette, en plein centre-ville de Marseille.
00:07:34Cette fois, les tirs ont visé trois adolescents.
00:07:36Le plus âgé n'a que 16 ans.
00:07:40Depuis des années, c'est comme un bourdonnement régulier.
00:07:42Loin, dans les quartiers au nord.
00:07:47Puis le nombre augmente.
00:07:49Puis du nord, ça se rapproche du centre-ville.
00:07:52Une nuit, ça retentit à deux pas de chez moi, vers la Joliette, sur le trajet d'école de ma
00:07:57fille.
00:07:58Trois adolescents sont victimes d'une fusillade.
00:08:01Un seul survivra.
00:08:02Deux morts, un blessé.
00:08:04Encore des chiffres pour leurs statistiques.
00:08:07On nomme ça règlement de comptes.
00:08:09Nous-mêmes, nous nous perçoivons que les comptes sont réglés.
00:08:12Et on continue à tourner la tête dans le confort de l'indifférence.
00:08:18On prend un mois pour organiser une marche blanche au départ de la Joliette.
00:08:22C'est là que je rencontre Karima, Laetitia et Atika venus nous soutenir.
00:08:28Car elles ont également perdu des proches dans des tragédies similaires.
00:08:32Au sein de leur collectif de familles de victimes,
00:08:35elles nous disent que ce sont des assassinats,
00:08:37que toutes les victimes se valent,
00:08:39qu'il faut se rassembler pour sortir du silence.
00:08:43Lors de cette marche blanche, j'ai filmé ces trois femmes.
00:08:47Avec Étienne, un ami journaliste,
00:08:49nous souhaitons les suivre dans leur combat pour la justice.
00:08:52Les accompagner plus longuement.
00:08:54Le temps d'un film.
00:09:01Je vous prends tout ce long.
00:09:31Sous-titrage Société Radio-Canada
00:09:41Sous-titrage Société Radio-Canada
00:09:43Sous-titrage Société Radio-Canada
00:10:06Je m'éloignais et il s'avérait qu'il avait toujours raison.
00:10:11Je me rappelle que la première fois que j'ai fait du vélo, c'était avec lui.
00:10:15J'ai appris à faire du vélo avec lui.
00:10:16C'est lui qui m'a appris.
00:10:17Il m'a appris à conduire aussi.
00:10:19Il m'a appris à conduire aussi.
00:10:21On a habité là.
00:10:22On a habité là.
00:10:23Tu t'es garée, tu as défoncé la voiture.
00:10:26Sa voiture.
00:10:27Marche arrière.
00:10:28C'était sa voiture.
00:10:30On avait rigolé.
00:10:33Il a toujours été protecté.
00:10:35On a toujours été tous comme ça entre nous.
00:10:37On n'a toujours fait que des noyaux.
00:10:40Voilà quoi.
00:10:40C'était un fêtard.
00:10:41Il aimait la famille, il aimait les amis.
00:10:44En plus, il cuisinait super bien.
00:10:46Il avait une pizzeria avant.
00:10:48C'était son collègue de travail qui l'avait pris en photo sur ses derniers sentiers où on le voit.
00:10:55Là, c'était le dernier voyage.
00:10:56C'était quand on a accompagné mon père pour se faire enterrer en Algérie.
00:11:01Du coup, il avait profité.
00:11:03C'est fou parce que quelques années plus tard, c'est lui qu'on a accompagné se faire enterrer là
00:11:08-bas.
00:11:09Donc, c'est compliqué, quoi.
00:11:13Et ça, c'était quand on l'a enterré.
00:11:16Ouais.
00:11:17Ça, c'est sa tombe.
00:11:20Avant qu'on revienne,
00:11:27il avait fait la promesse de faire arrêter ses assassins.
00:11:38Et c'était, voilà, on s'est mis tous les trois et il n'a pas une promesse qu'on
00:11:43se battrait jusqu'au bout.
00:11:46Voilà.
00:11:46Pour moi, elle reflète notre combat.
00:11:48Et voilà.
00:11:49C'est ça, le combat.
00:11:51Ça, c'est notre combat.
00:12:12On s'est rendu compte, au départ, c'était pour les dossiers de nos proches,
00:12:16mais on s'est rendu compte que c'était plus profond que ça.
00:12:18Donc, il fallait aller vraiment au noyau.
00:12:23On peut faire des revendications pour espérer qu'elles soient mises en place.
00:12:27Nous, ça a été les tribunes, finalement, les actions aussi de Marche Blanche.
00:12:32On a fait des tribunes, des actions, Marche Blanche.
00:12:35On a fait beaucoup d'interviews médias.
00:12:38On échange avec d'autres associations d'autres villes, notamment Paris ou autres.
00:12:41On nourrit notre expérience sur le terrain et on essaie de trouver des solutions.
00:12:45Et on les propose.
00:12:47C'est par rapport au Réci qu'on a des familles.
00:13:00Le mercredi 18 août, moins de 22h, je reçois un coup de fil de mon fils.
00:13:05J'étais en train de me manger chez mes amis.
00:13:08J'entends mon fils crier.
00:13:11Je ne comprends pas tout ce qu'il me raconte.
00:13:14Mais dans le truc, j'entends, on a tiré sur Ryan.
00:13:24Et là, je rappelle ma nièce, donc la grande sœur de Ryan.
00:13:28Et elle me décroche.
00:13:30Mais je ne comprends rien.
00:13:31J'entends un bordel.
00:13:33Je dis, sosso, tu es où ?
00:13:36Et elle criait.
00:13:37Elle me dit, je suis en bas des marronniers.
00:13:39Mais qu'est-ce que tu fais ?
00:13:40Et en fait, c'est le monde.
00:13:42J'entendais du monde, en fait.
00:13:43C'est le bruit du...
00:13:45Quand tout le monde parle, en fait.
00:13:46Ça fait le bordel.
00:13:48Je dis, mais qu'est-ce qui se passe ?
00:13:50Et en fait, pendant que je lui pose cette question, j'entends ma mère pleurer.
00:13:56Je perçois les cris de ma mère.
00:13:59Et là, je me dis, yo, vous êtes où, là ?
00:14:02Et j'entends juste des brides.
00:14:06Ryan Kalash.
00:14:09Et là, tu as ton cœur qui se ferme.
00:14:10Ah, ouais.
00:14:12Moins d'une heure après, j'appelais tout le monde toutes les cinq minutes, quand ils me répondaient.
00:14:17J'ai mon fils au téléphone qui me dit, ça y est, on est à Nord.
00:14:29Nora allait rentrer dans le box avec mamie.
00:14:34On attend.
00:14:36J'ai dit, OK.
00:14:38Mais ils vous ont dit quelque chose, les médecins.
00:14:40Mais qu'ils allaient l'opérer, ils m'ont n'a pas tout compris.
00:14:43Et pendant que je lui parle, j'entends le hurlement de ma sœur.
00:14:47C'est même pas...
00:14:56On habite dans les quartiers Nord, comme des milliers de personnes.
00:14:59Et c'est pas pour autant qu'on n'est pas des gens bien.
00:15:04Et faut quand même comprendre qu'on est une famille, à l'heure d'aujourd'hui, endeuillée.
00:15:08Qu'on a perdu un enfant.
00:15:11Et que ça serait bien que les gens se mettent un peu à la place des autres.
00:15:14Et ne salissent pas la mémoire d'un enfant de 14 ans.
00:15:17D'où ma première prise de parole par rapport à ça.
00:15:20Parce que la première chose qu'on pouvait lire, c'était...
00:15:23Un jeune de 14 ans, déscolarisé, connu des services de police, ou défavorablement...
00:15:29Alors toi, tu es là, tu rentres demain matin.
00:15:31Déjà, la première chose que tu vois, c'est la flappe de sang qui n'a pas été nettoyée.
00:15:40Tu es dans un autre monde, mais vraiment.
00:15:42Tu as l'impression de vivre dans un monde parallèle.
00:15:44Tu es là, sans être là.
00:15:45Tu regardes, tu vois des choses passées à la télé, on parle du petit, mais...
00:15:51Tu sais qu'il n'est plus là, mais tu te refuses à admettre que c'est le cas.
00:15:56Et puis après, oui, Macron, quoi.
00:15:57Macron, lui, nous a...
00:15:59Il a enterré le petit deuxième fois, lui.
00:16:01Parce que nous avons tous été bouleversés quand un jeune garçon de 14 ans a été abattu.
00:16:08Et évidemment, la réponse est sécuritaire.
00:16:10Mais la réponse, elle est aussi éducative et familiale.
00:16:13Parce que ce qui est insupportable, c'est qu'un jeune garçon de 14 ans se retrouve hors de l
00:16:17'école à faire ce qu'il était en train de faire.
00:16:20Ça sous-entendait que Ryan était impliqué dans les trafics et qu'il n'avait pas de famille derrière, en
00:16:24gros.
00:16:25Ça a été un calvaire.
00:16:26Ça a été un calvaire, au-delà de la mort du petit, au-delà du traumatisme, de la manière dont
00:16:31il est mort.
00:16:33Vraiment, je le dis, le poids des mots et des phrases que certaines personnes ont pu dire, ça a le
00:16:38même impact que les balles, quoi.
00:16:40Vraiment, ça fait aussi mal qu'une balle, quoi.
00:16:45Ça fait aussi mal qu'une balle.
00:16:48Avant de commencer ce film avec Mickaël, je ne mesurais pas toujours le poids de certains mots.
00:16:53Dans mes reportages, je résume une fusillade en deux minutes et le lendemain, je passe à autre chose.
00:16:59Alors là, je voulais prendre le temps d'écouter les familles de victimes.
00:17:03Au fil des échanges avec elles, je prenais conscience de ma responsabilité en tant que journaliste.
00:17:08Des expressions qu'on utilise.
00:17:11Règlements de comptes.
00:17:12Connus des services de police.
00:17:14Impliqués dans le trafic de stupéfiants.
00:17:17C'est quoi le sous-entendu ?
00:17:18Ils l'ont bien cherché ?
00:17:21Ça fait aussi mal qu'une balle.
00:17:23Cette phrase résonnait dans ma tête.
00:17:26Je me rendais compte aussi de l'impact des images.
00:17:29Quelques mois après mon arrivée à Marseille,
00:17:32j'ai dû faire un reportage sur l'assassinat d'un gamin de 18 ans.
00:17:36Le midi, au JT, l'image diffusée, c'était son corps, recouvert par un drap blanc.
00:17:42C'est un habitant du quartier qui a retrouvé le corps en se rendant au travail ce matin vers 6h30.
00:17:47Le jeune homme tué par balle était âgé de 20 ans.
00:17:50Il aurait été tué sur fond de trafic de stupéfiants.
00:17:52Tout à l'heure, les riverains m'affirmaient n'avoir rien entendu, aucun coup de feu.
00:17:57Mais tous me confiaient leur désarroi face à la situation du quartier.
00:18:00La police judiciaire était sur les lieux jusqu'à 11h ce matin.
00:18:03Moi, je sais que la dépouille de mon frère, elle était recouverte d'un drap et on voyait ses pieds.
00:18:10Et on voyait un peu le bout de ses cheveux.
00:18:12Et je sais qu'on se faisait interviewer derrière cette dépouille.
00:18:15Ça passait en grand écran sur une émission de télévision.
00:18:20Ça m'avait choquée de voir cette image.
00:18:22Et à chaque fois, on reprenait cette image comme si c'était l'image sur les pieds de mon frère
00:18:26au sol.
00:18:27« Désormais, l'ultra-violence s'assume et s'exile.
00:18:31Comme dans le sud de la France, certains des assassinats sont même filmés.
00:18:36Entre les bars d'immeubles, un dealer a été abattu l'été dernier.
00:18:40Les habitants du quartier ont filmé la scène.
00:18:46La cité roulerait pour la DZ-mafia.
00:18:53Est-ce que tu les avais vus, ces reportages ? C'est hyper violent.
00:18:57Je ne t'ai pas tous vus. J'en ai vu certains.
00:18:59C'est des images que je n'arrive pas à voir.
00:19:02Je sais qu'on nous avait sollicité pour intervenir dans un de ces reportages
00:19:05et qu'on avait longuement débattu sur le fait que s'ils devaient montrer des scènes d'assassinat,
00:19:09en partie, ils seraient plus bas.
00:19:10Parce que c'est quelque chose qu'on combat, en fait.
00:19:11On estime qu'il n'est pas nécessaire de montrer l'assassinat, le sang,
00:19:16du fer dans le bloc pour montrer la violence.
00:19:20C'est vraiment du voyeurisme.
00:19:23Plus que de l'information, c'est faire du spectacle gore
00:19:30et se dire qu'on va attirer du public, que des jeunes vont voir ça.
00:19:35Je n'ai pas l'impression que c'est pour informer.
00:19:37Je n'ai pas l'impression que c'est pour dissuader.
00:19:39En voyant ces images, moi, ça me fait aussi penser aux pratiques journalistiques que j'ai eues
00:19:44et où je me rends compte qu'il y a assez de volonté de faire du trash, comme tu dis,
00:19:51d'aller dans le morbide et que les familles sont constamment pas présentes,
00:19:57absentes, en fait, de ces reportages-là.
00:19:59Et d'ailleurs, c'était le cas quand moi, je couvrais ou je couvre des assassinats en tant que journaliste.
00:20:06Très souvent, les familles, on ne les entend pas, on ne les voit pas,
00:20:10soit parce qu'elles ne sont pas sur place,
00:20:12soit parce que c'est compliqué d'aller les voir avec une caméra, un micro,
00:20:17alors qu'elles sont sous le choc, qu'elles viennent de perdre un proche, et voilà.
00:20:22Mais c'est aussi pour ça que c'était important pour moi de faire ce film,
00:20:26c'était de dire, ben, on va parler de ces drames autrement,
00:20:30on va parler non pas des assassins ou des choses, des images chocs, des images brutales,
00:20:38mais plutôt des familles et de qui sont ces familles, quoi.
00:20:40Pas encore de date de procès.
00:20:45Et ta première marche, je ne voulais pas parler, hein ?
00:20:47Pardon ?
00:20:47Ta première marche, c'est tout juste si on avait...
00:20:51Ah non, non, je n'en avais pas parlé, la première marche.
00:20:51On avait galéré pour vous convaincre à venir, et tu ne voulais pas dire le nom.
00:20:56Oui.
00:20:57Tu ne voulais pas qu'on la cite.
00:20:59Mais pourquoi je ne voulais pas qu'on la cite ?
00:21:01Ben oui, parce qu'on la salit.
00:21:03Tu faisais ça ?
00:21:03On la salit.
00:21:04Alors que nous, on voulait...
00:21:14Et ce qu'on occulte, en fait, trop souvent.
00:21:16Et moi, je me rappelle que tu es venue me voir sur le pari du palais de justice,
00:21:20et tu m'as dit, vas-y, dis le nom.
00:21:22Et je lui ai dit, non, tu ne m'as pas autorisée,
00:21:23parce qu'en plus, on était tellement à cheval qu'il fallait une signature des familles,
00:21:27parce qu'on avait tellement peur de...
00:21:28Et tu m'as passé le micro.
00:21:29Voilà, et je t'ai passé le micro, et je t'ai dit, vas-y, cite le nom de...
00:21:33Elle a dit de ta nièce.
00:21:33De ta nièce, c'est vrai, effectivement.
00:21:36Et c'est la première fois que tu as prononcé le nom de Sarah sur le pari comme une victime.
00:21:41Moi, je me rappelle, ça a été très touchant, cette marche.
00:21:44Et t'as vu comment j'étais...
00:21:45Ah ouais, tu étais toute tremblante, et c'est quelque chose qui fait partie.
00:21:49C'est ça qui a fait le démarrage que...
00:21:52Ouais, ça a été une sacrée évolution.
00:21:53Ça agit sur les futurs.
00:22:02C'est la parole, là.
00:22:11C'est la parole, là.
00:22:52L'encre coule sur le papier, les gens ne conservent le même en tête,
00:22:54sur les gros titres toujours les mêmes, pendant que la police falsifie l'enquête.
00:22:57Va faire un tour en dehors de tes clivages, dans la rue c'est la guerre,
00:23:00la police tue pendant que t'admire le paysage.
00:23:03Ton politique a la narine pleine, tu critiques ceux qui crient à ha.
00:23:06T'attends que Marine vienne et discrimine, blague blanche du farable.
00:23:10Tu juges jusqu'à l'origine, mais t'en oublies les tiennes.
00:23:12Tu glorifies la France sous pétain, pendant que ses grétins se revendiquent à haine.
00:23:16Pour régner, tu divises.
00:23:17Mets des visages sur des cibles, tirs sur les civils.
00:23:20S'ils ne s'entretuent pas si vite.
00:23:22T'es la main gantée, le flanc qui va hanter ce gamin.
00:23:24Parce que son grand-femme ne verra pas le matin, ni son voisin rentrer.
00:23:27C'est la balle qui foche un môme, les larmes d'une poivre d'aronne,
00:23:30la drogue dans une sacoche à laquelle les costards s'accrochent.
00:23:33Alors ça fait monter les enchères et tu glorifies les flics,
00:23:35ceux qui battent en retraite si la victime n'est pas de la bonne ethnie.
00:23:37On se fait justice par nous-mêmes, on n'attend pas que le marteau résonne.
00:23:40On se soutient, on s'entraide pendant que tu politises les morts.
00:23:43Ce n'est pas un sombre décor, c'est nos halls, nos ruelles.
00:23:45Où la police assassine, où on s'entretue nos frères.
00:23:48On ne ferme pas les yeux, on tient et on se relève.
00:23:50On remet en question le système, on anticipe et lutte toujours le point en l'air.
00:23:54Ce ne sont plus des ombres, on les grave sur les murs.
00:23:56C'est Ryan, c'est Sarah, c'est Redouan, Caïs, c'est Sabrine, c'est Hugo, c'est Ziad,
00:24:00c'est Bouna, c'est Naël, c'est Adama, c'est Ibrahim,
00:24:02Mohamed, Abdelkarim, Ayman, Edji, Nathaniel, Mehdi, Jalil, Virgil.
00:24:07Ce n'est pas des putains de chiffres.
00:24:24Il n'y a pas encore pris la parole, il s'est présenté.
00:24:28Je fais aussi partie du collectif des parents et habitants de la Joliette.
00:24:31Et d'ailleurs, tu filmes aujourd'hui ?
00:24:33Oui.
00:24:33C'est vrai qu'à un moment, moi j'ai vu le collectif des familles dans les médias,
00:24:38j'ai tourné la tête aussi à un moment,
00:24:40et quand ça arrivait vraiment à la Joliette,
00:24:42c'est là où je me suis dit, mais merde en fait, qu'est-ce qu'on fait ?
00:24:44Marseille, comment on peut se regrouper ?
00:24:47Comment on peut se dire qu'il y a des endroits à Marseille où ça peut se faire ?
00:24:51Et nous, on peut vivre tranquille de ce côté-là.
00:24:55Il y avait certaines proches des familles de victimes qui se demandaient
00:25:00« Ah ben on va faire une énième marche, encore une fois ».
00:25:03Donc c'est vrai que c'est à la fois utile et nécessaire,
00:25:05et à la fois on a l'impression que ça se répète dans une forme de rengaine funeste.
00:25:11On voit quand même qu'il y a quand même une prise de conscience qui a été faite ces dernières
00:25:14semaines,
00:25:16que ce soit au niveau des habitants, que ce soit au niveau même des élus,
00:25:22parce qu'il faut quand même souligner que M. Payan,
00:25:25la prise de parole qu'il a prise pour les fusillades à Marseille,
00:25:29c'est la première fois qu'un maire en parle officiellement,
00:25:32lors d'un conseil municipal.
00:25:34Il y a quand même des choses qui ont été notifiées noir sur blanc.
00:25:36Donc je pense qu'il y a quand même une prise de conscience qui a eu lieu.
00:25:39J'espère que ça va perdurer sur du long terme.
00:25:44Parce qu'après, c'est bien d'en parler, mais il faut acter.
00:26:11C'est une marche pour les assassins à Marseille.
00:26:14Bonjour. Ça, c'est une marche pour les personnes qui se sont tuées à Marseille la semaine prochaine.
00:26:30D'accord, ça marche, merci.
00:26:31C'est qu'il tape pour mon neveu qui a été tué aussi, quoi.
00:26:33Ça marche.
00:26:34Mais c'est bien qu'on me pose la question, parce que beaucoup a fini ça au FN.
00:26:38Mais je leur dis, mais pourquoi on n'est pas français, nous aussi ?
00:26:40Non, mais c'est pas...
00:26:41Non, mais parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de personnes qui pensent,
00:26:44quand ils voient les drapeaux, que c'est un truc du FN.
00:26:46Ça ne s'est pas du tout.
00:26:47Quartier populaire, on tue nos gosses.
00:26:50Voilà. Merci.
00:26:56Bonjour, mademoiselle.
00:26:57C'est une marche pour qu'ils dénoncent les assassins à Marseille.
00:27:00C'est vous qui passez à BFM, vous êtes à...
00:27:02Vous êtes à toi.
00:27:03La taille de Ryan.
00:27:05C'est à Thierry aussi.
00:27:06C'est gentil. Merci, les filles.
00:27:08Merci.
00:27:09Merci.
00:27:10Tu vois, c'est bien, à force de passer à l'atel,
00:27:12moi, ils te reconnaissent, c'était une antipi.
00:27:15Même si c'est la mort qu'on identifie, mais bon.
00:27:20Sauf, sauf, solidarité avec la Palestine et tous les opprimés.
00:27:52Regarde ce que j'ai retrouvé.
00:27:54Je te souhaite un joyeux Noël, c'était quand on était...
00:27:57Au ski.
00:27:57Ouais, au ski, je te souhaite un joyeux Noël et une belle année.
00:28:03Tu te rappelles, c'était au ski avec Zohra et tout ça.
00:28:08Il se foutait beaucoup de choses dans la vie.
00:28:11Tout à l'élipartier.
00:28:13C'est vrai qu'elle aurait travaillé comme infirmière dans les hôpitaux,
00:28:17pour les enfants, la maternité.
00:28:19Ouais, la maternité.
00:28:19Moi, je la voyais vraiment dans ça.
00:28:21C'est ce que je lui dis, elle m'a dit.
00:28:22Mais justement, c'est pour ça qu'elle devait faire cette formation,
00:28:24pour voir si...
00:28:25Parce que quand ils viennent de naître ou ils sont nés prématurés,
00:28:28c'est un peu compliqué.
00:28:30Et je lui dis, est-ce que tu te sens capable de les voir comme ça ?
00:28:32On en avait parlé avec elle.
00:28:33Oui, oui, oui, on avait parlé, on parlait beaucoup de son orientation.
00:28:37Après, je lui disais, je lui disais, si tu vois que...
00:28:40J'ai dit, mais continue jusqu'au bac au moins, et après tu changeras.
00:28:43Mais on lui mettait la carotte en allant aux Etats-Unis.
00:28:45J'avais dit, je te promets que si tu as ton bac, on va aux Etats-Unis.
00:28:48C'est vrai, nanaise ?
00:28:49Je lui disais, oui, je te promets.
00:28:51On lui avait promis.
00:28:52On lui avait promis, on lui avait dit...
00:28:54Elle n'a pas eu le temps de finir.
00:28:55Elle n'a pas le temps d'y aller.
00:28:57Non, elle n'a pas eu le temps, on lui a ôté.
00:29:00On ne lui a pas laissé le temps.
00:29:01On ne lui a pas laissé le temps pour y aller.
00:29:04Ils ne lui ont pas laissé le temps de vivre.
00:29:09C'était une jeune fille qui avait la joie de vivre.
00:29:11Elle le voulait, son bac.
00:29:14Elle voulait arriver à son bac.
00:29:17C'est vrai que...
00:29:18Non, elle voulait vraiment travailler.
00:29:19C'était vraiment son objectif premier,
00:29:22c'est de travailler avec les enfants.
00:29:23Elle était folle des enfants.
00:29:25Aujourd'hui, quand tu regardes la réalité des choses,
00:29:28tuer, c'est devenu...
00:29:30On est au Far West.
00:29:31Banal.
00:29:31On est au Far West.
00:29:33On est au 18e siècle.
00:29:34On note la vie.
00:29:35C'est normal.
00:29:36Aujourd'hui, à 14 ans, on te tue.
00:29:38On prend, on tire dessus, c'est normal.
00:29:40Ah, je n'ai pas fait exprès.
00:29:42Tu trouves que c'est normal ?
00:29:43Je n'ai pas fait exprès.
00:29:44On me l'excuse toujours.
00:29:45Non, mais ce n'est pas une excuse,
00:29:47mais c'est hallucinant.
00:29:49Comment on peut laisser faire ?
00:29:50Et tu vois qu'on a alerté de plus en plus jeunes.
00:29:55Et il faut les aider, ces petits.
00:29:59Ce n'est pas possible.
00:30:01Il faut déjà...
00:30:07Regarde, on ne fait plus de fêtes ensemble,
00:30:09on ne fait plus de trucs,
00:30:10il y a toujours un manque.
00:30:11On essaie...
00:30:12On essaie de remonter le camp ?
00:30:13Non, mais on essaie de le faire le moins possible,
00:30:15justement, parce que...
00:30:16Mais c'est trop dur.
00:30:17Voilà.
00:30:18On n'arrive plus.
00:30:19On sait qu'il manque des personnes,
00:30:20et on arrive à 4 ans.
00:30:23Au 11 octobre, ça fera 4 ans,
00:30:254 ans, on n'a pas avancé dans la justice,
00:30:26tu imagines ?
00:30:27Et on est dans l'attente.
00:30:31Nous sommes des enfants
00:30:33des quartiers nord.
00:30:35Nous sommes des enfants
00:30:37des quartiers nord.
00:30:39Et à pied, ça fait loin
00:30:41jusqu'au Vieux-Port.
00:30:43Et à pied, ça fait loin
00:30:44jusqu'au Vieux-Port.
00:30:58On oublie pas !
00:31:12Y a un an, où je trouve eu,
00:31:13on était là,
00:31:14et on portait des cercles,
00:31:15Nous les mamans ont porté des cercueils pour aller frère sur la situation à Marseille
00:31:21et sur la situation sur d'autres villes comme Perpignan et Grenoble.
00:31:25Et au bout d'un an, on s'est rendu compte que toutes nos revendications,
00:31:28elles sont restées lettres mortes.
00:31:30Nous avions demandé la priorisation sans délai du relogement des familles de victimes,
00:31:35surtout lorsqu'elles sont contraintes de vivre dans le même immeuble
00:31:38ou les quartiers que les assassins présumés de leurs proches.
00:31:41Il n'y a aucun soutien psychologique pour ces familles, aucun, aucun.
00:31:45On les a laissés de côté, il n'y a pas de cellules, pas de médecins psychologiques
00:31:49qui sont capables de les prendre en charge.
00:31:50Le combat, il est aussi là.
00:31:52Nous demandons de la considération, de la considération pour les victimes,
00:31:56de la considération pour les familles et que la justice nous soit faite.
00:31:59Nous sommes des citoyens à part entière et nous méritons la considération de nos institutions.
00:32:25après il y a ça là, la chaussure.
00:32:33Voilà, déjà une, alors 18, 19 et 20 là-bas.
00:32:48En fait, Aïcha nous a laissé un message en nous disant qu'il y a une dame qui l'a
00:32:53contactée,
00:32:54qui a perdu son frère il y a 7 ans et qui voulait participer à la marche et qui voulait
00:32:58s'investir avec nous.
00:33:00Donc on verra avec Aïcha, elle n'en dit pas plus.
00:33:02C'est une bonne nouvelle, écoute, c'est bien qu'on arrive à donner du courage à certaines familles
00:33:07de venir combattre avec nous maintenant.
00:33:09Franchement, c'est toujours bien parce que c'est un moteur, quoi.
00:33:13C'est là où on voit que le collectif, les familles viennent de plus en plus vers nous, quoi.
00:33:31Toi, en tout cas, nous, nous flottons ensemble, donc c'est le même.
00:33:34Après les journées, c'est un centre de temps, c'est une matinée, tu fais un atelier,
00:33:40tu peux rencontrer diverses personnes.
00:33:42En l'occurrence, à Rome, on avait rencontré la journaliste qui est protégée par la police
00:33:46parce qu'elle a dénoncé des personnes de la mafia, donc elle est sous protection depuis 10 ans.
00:33:52Bienvenue au groupe Erasmus+, Casal, 6e Erasmus de Crime Alt, bienvenue à Rome.
00:33:58L'association Crime Alt organise un Erasmus+, un programme européen
00:34:02qui permet aux associations de se former partout en Europe sur des thématiques précises.
00:34:06Cette semaine, donc, 25 Français vont s'enrichir de ce qu'on appelle ici l'anti-mafia social,
00:34:11des initiatives à la fois législatives et citoyennes
00:34:14qui permettent de contrer la mainmise de la criminalité organisée sur un territoire.
00:34:18Beaucoup de Corses, de Marseillais qui ont créé des collectifs anti-mafia.
00:34:22C'est très récent pour la France et c'est pourquoi ses citoyens ont besoin du soutien et de l
00:34:26'expérience italienne.
00:34:40C'est fou quand même de se dire, on s'est rentrés dans une église et tuer la même...
00:34:47C'est le sommet de...
00:34:49Ah ouais, c'est horrible.
00:34:51De la violence.
00:34:53C'est le sommet de la violence.
00:34:55Et le tueur, c'est qui ?
00:34:58Ouais, c'est... le tueur, c'était qui ?
00:35:01Non, c'est pas le tueur, c'était qui ?
00:35:03Elle est jeune, elle est vieille.
00:35:07Ouais.
00:35:07Ouais, c'est pas bien.
00:35:08Non, non, non, non, non, non, non.
00:35:22Ce qui m'a trop ché c'est que...
00:35:28On va même 30 ans, 32 ans, 34 ans après...
00:35:33Mes proches en Parti sont toujours autant touchés.
00:35:35Lorsqu'il a été tué, il y a une balle qui a traversé le port et qui est venue se
00:35:39loger dans le mur.
00:35:40Et vous avez vu, la salle, elle est toute refaite, elle est nickel.
00:35:44Et nous, on pense, ça, on n'est pas...
00:35:46Que la balle, elle est toujours...
00:35:47Non, qu'il n'aurait pas fallu tout refaire, qu'il fallait laisser l'impact de balles.
00:35:53Je rappelle que, par exemple, en Sicile, il y a un entrepreneur qui a été tué pour avoir dénoncé la
00:35:58raquette.
00:35:59Tous les ans, on vient repeindre la tâche de sang par telle.
00:36:03Il y a la stèle, etc.
00:36:04C'est le métier.
00:36:06Pour ne pas oublier...
00:36:09Si tu veux, là, tu rentres dans la sacristie, elle est nickel.
00:36:11Pour un lieu de...
00:36:14Moi, il manquait de ça.
00:36:15C'est trop froid.
00:36:18Il y a un débat là-dessus.
00:36:19C'est trop froid.
00:36:53C'est une délégation familiale
00:37:22C'est une délégation familiale
00:37:28C'est une délégation
00:37:35C'est une délégation
00:37:44C'est une délégation
00:37:46C'est une délégation
00:38:42C'est une délégation
00:38:47C'est une délégation
00:38:49C'est une délégation
00:38:50Je suis à fond
00:38:51C'est une délégation
00:38:54Mais tu l'as tué l'agentement !
00:38:56Mais je m'en fous !
00:38:59Je suis une artiste en devenir !
00:39:00Mais il va pleuvoir, arrête !
00:39:02Mais il va pleuvoir !
00:39:02Mais non, il peut pas pleuvoir !
00:39:04Mais si !
00:39:05Mais non, attends !
00:39:19Sous-titrage Société Radio-Canada
00:39:45...
00:39:56...
00:39:58Ryan a été parmi les premiers assassinats.
00:40:02T'inquiète, c'est ce que je m'en dis.
00:40:03Non, non, les dossiers clôturés, dans les premiers...
00:40:06Et après, le comportement qu'ils ont envers les parents, les familles, quand on dirait que c'est tout, qu
00:40:10'ils ont à sauver leur d'enfants.
00:40:31Très certaine du bas un peu.
00:40:34Vous avez eu le sentiment d'être entendu, d'être écouté.
00:40:38Oui, écouté, entendu. On a parlé sans langue de bois.
00:40:42Parfois, on a eu des discours proposés, mais on a échangé avec courtoisie.
00:40:48Et honnêtement, je pense que oui, on a le sentiment que la commission a compris ce que nous, on voulait
00:40:54faire entendre.
00:40:55Cette commission d'enquête, elle est née de Marseille, d'une certaine manière, des narcomissibles.
00:41:01On a le compte-rendu d'une rencontre qui a été faite à Marseille avec les familles de victimes, avec
00:41:09des questions de gestion, notamment des mineurs.
00:41:13Il y a le sujet aussi de la priorité, j'allais dire, à l'exfiltration des quartiers pour ceux qui
00:41:19commencent à avoir des difficultés liées au narcotrafic.
00:41:22Donc c'est un sujet qui a été pris en considération et notamment grâce aux échanges que nous avons eu
00:41:29à Marseille.
00:41:32La proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic portée par un sénateur LR, Étienne Blanc
00:41:39et un PS, Jérôme Durin, a été votée à l'unanimité au Sénat le 4 février dernier.
00:41:45Parmi les mesures qui font polémique, on retrouve la mise à l'isolement des détenus mises en examen ou condamnés
00:41:51dans des quartiers spécialisés,
00:41:53le recours à la visioconférence pour éviter l'extraction de la prison de ces mêmes détenus ou encore la possibilité
00:41:59d'accéder aux correspondances issues des messageries chiffrées.
00:42:02Il y a également cette question de mise en place du dossier coffre ou procès verbal distinct qui pourrait bien
00:42:08faire son retour en hémicycle.
00:42:20Ça me fait plaisir de te voir Nico parce que je me souviens bien, c'est la première fois que
00:42:26j'ai rencontré Laetitia et le collectif des familles,
00:42:27c'était chez vous à la Ligue des droits de l'homme sur l'organisation de la marche de la
00:42:33Joliette.
00:42:34Je ne sais pas si tu en rappelles un peu.
00:42:37Et vous, vous étiez déjà en contact, en lien ?
00:42:40Ça, c'est pas longtemps.
00:42:41C'est là où on s'est rencontrés.
00:42:43Oui, c'est là où on s'est rencontrés.
00:42:45Parce que les familles, elles nous avaient sollicités.
00:42:47En fait, ils n'avaient jamais organisé de manif, donc ils ne savaient pas comment faire.
00:42:50Nous, on a juste fait l'accompagnement.
00:42:53Et c'est là où ils sont arrivés en renfort, enfin arrivés en renfort, en soutien comme elles savent faire
00:42:58le collectif des familles.
00:42:59Mais grave, elles nous ont super aidés pour cette marche, pour l'organisation et tout.
00:43:02Sur la loi narcotrafic, moi, comme je dis, c'est la famille du team qui va parler là.
00:43:09Faire une prison où on enlève beaucoup de droits à tous ces assassins, je suis pour.
00:43:13Après, alors, il y a des questions qui se soulèvent.
00:43:16Comme on disait, le droit à la défense, certaines choses qui vont cacher,
00:43:19que la défense ne pourra pas servir pour protéger leurs clients.
00:43:22Mais après, j'ai envie de te dire, pour les assassins, j'en ai rien à foutre, quoi.
00:43:25Ouais, mais je suis franche.
00:43:26La LDH, elle défend l'état de droit.
00:43:28L'état de droit, c'est dans les limites.
00:43:31Tu vois, c'est-à-dire que le pouvoir politique, il doit être limité par des principes.
00:43:34Parce que sinon, en fait, on va se retrouver comme en 40 ou comme à d'autres moments,
00:43:38où on va avoir un pouvoir tellement fort qu'il va pouvoir écraser les gens pour des raisons politiques.
00:43:43Et c'est là où il faut...
00:43:44Oui, il faut mesurer, je suis d'accord, il faut tempérer.
00:43:46Donc, à un moment, si on veut rétablir un peu l'équité au niveau des assassins présumés
00:43:52et des familles de victimes, moi, je pense que cette loi narcotrafic,
00:43:56elle contrebalance un peu le tout et ça rééquilibre un peu les choses.
00:44:00Vous pensez qu'il y a une instrumentalisation, une récupération du combat,
00:44:06de votre combat et du collectif des familles depuis cinq ans par ces politiques ?
00:44:11Je ne suis pas politicienne, moi. Je ne suis pas élue. Je ne suis personne.
00:44:15Je suis Laetitia, petite femme de ménage lambda.
00:44:20Je fais limite leur boulot, parce qu'on ne va pas se le cacher.
00:44:24Parce qu'à mes heures du collectif, au même titre que les autres, je suis assistante sociale,
00:44:28je suis psychologue, je suis avocate. Et ce n'est pas mon rôle à la base.
00:44:31Ce n'est pas mon rôle. Je le fais parce que j'ai envie de le faire, attention.
00:44:35Mais à la base, ce n'est pas mon rôle. Donc, il ne manquerait plus qu'eux.
00:44:38On vienne derrière me dire, parce qu'on parle avec vous en tant que politicien ou en tant qu'élu,
00:44:44tu vas devoir faire ça et ça et ça. J'en fais, je pense déjà assez.
00:44:47Donc, tu ne vas pas me récupérer, moi, derrière.
00:44:53Depuis le 8 août 1969, 675 trafiquants ont été arrêtés
00:44:59et une saisie spectaculaire de morphine-base a été faite.
00:45:04450 kilos, c'est là un grand succès.
00:45:06Depuis sorte-feu, c'est la cavalerie qui a débarqué hier soir à Marseille.
00:45:09Les Marseillais ont droit au même niveau de sécurité que l'ensemble du territoire national.
00:45:14Je me rendrai demain à Marseille afin d'examiner la situation et prendre les mesures nécessaires.
00:45:21Il y a Marseille, c'est les moyens supplémentaires de police que j'ai renoncés.
00:45:24C'est notamment les enquêtes qui doivent se perçues.
00:45:26Il ne faut surtout pas baisser la carte.
00:45:28La délinquance recule de manière significative à Marseille et dans les bouches du Rhône.
00:45:31Je suis venu ici pour regarder si les politiques que nous mettons en place tous ensemble
00:45:36doivent les résultats attendus.
00:45:37J'enverrai 60 policiers supplémentaires pour montrer que dans ces quartiers,
00:45:42l'ordre va pouvoir régner.
00:45:44Plus d'une dizaine d'effectifs sont arrivés dans ce quartier de Marseille.
00:45:46Il y aura, d'ici le mois de septembre, 11 magistrats à pied d'oeuf.
00:45:51Hier, Emmanuel Macron s'est offert une immersion dans la cité de la Castellane
00:45:55pour lancer son opération PlaceNet XXL.
00:45:58L'objectif, c'est rendre la vie des trafiquants, des dealers impossible.
00:46:024000 policiers qui sont mobilisés.
00:46:04Des CRS, des unités territoriales et des équipes synophiles.
00:46:07Appuyés par un hélicoptère.
00:46:08Dix opérations sont prévues chaque semaine en France.
00:46:11Après l'effet de surprise et l'effet waouh.
00:46:13Les saisies sont maigres.
00:46:1422 kg de stupéfiants ont été trouvés en deux jours.
00:46:17Mais cinq minutes après leur départ,
00:46:19des trafiquants ont installé de nouvelles barricades.
00:46:22Mais la tranquillité promise n'est pas revenue, selon ses habitants.
00:46:27Marseille, tais-toi Marseille, tu cries trop fort.
00:46:33Je n'entends pas claquer les voiles dans le port.
00:46:44Marseille, tais-toi Marseille, tu cries trop fort.
00:46:49Je n'entends pas claquer les voiles dans le port.
00:47:09Marseille, tais-toi Marseille, tais-toi Marseille, tais-toi Marseille.
00:47:26Si on essayait de faire la séquence, de rappeler tout, il n'y a rien qui est sorti.
00:47:32On aura retenu place qu'on foutait.
00:47:35Mais bon, ça fait partie du dur aussi.
00:47:37Il faut montrer aussi qu'on travaille dans la bonne humeur.
00:47:41Cette année, l'année dernière, on a vraiment évoqué le nombre d'assassinats,
00:47:45les conséquences du narco-banditisme et compagnie.
00:47:48Mais jamais, je ne crois pas avoir entendu débattre de la question de la légalisation.
00:47:53Pourtant, l'Allemagne vient de le mettre en place.
00:47:55Ça aurait pu être un sujet d'actualité en se disant « est-ce qu'on en débat ou pas
00:47:58? »
00:47:59J'ai l'impression qu'on a balayé cette question, qu'on l'a mise de côté.
00:48:02Moi, je me suis penché un peu sur ce que faisaient les autres pays,
00:48:05notamment l'Uruguay, le Canada, les États-Unis, etc.
00:48:09Et la façon dont on s'est impacté socialement, économiquement et sanitairement les populations
00:48:14dans le cadre de la prohibition et dans le cadre de la légalisation.
00:48:17Au Colorado, ils ne savent plus quoi faire des retombées de la vente.
00:48:21Ils ne savent plus quoi faire.
00:48:22Ils ne savent plus quoi faire parce que la vente des produits liés au cannabis
00:48:26était tellement forte.
00:48:27400 000 $ de bénéfices, ils les ont distribués à des jeunes étudiants pauvres
00:48:32pour pouvoir mener leurs études.
00:48:34Le piège de la légalisation, c'est que finalement, ce soit entre guillemets les riches
00:48:38qui ont la capacité financière de fournir des commerces, de produire et compagnie,
00:48:43qui s'enrichissent encore plus.
00:48:44Ah oui, clairement.
00:48:45Le risque, il est là.
00:48:46Et donc, du coup, ça ne profiterait pas aux habitants des quartiers
00:48:48qui, eux, ont supporté le fardeau de ces trafics de sublégion à Watt.
00:48:52C'est le vrai débat.
00:48:54C'est le modèle économique.
00:48:55Donc, il faut vraiment l'accompagner avec une obligation,
00:48:58et une obligation que ce soit des jeunes des quartiers
00:49:01qui soient, pas totalement, mais au moins qui soient à la gérance de ces points de vente
00:49:06et qu'il y ait du recrutement massif auprès de cette jeunesse.
00:49:09En France, on continue à laisser, malheureusement, les trafics gangréner les quartiers,
00:49:16les gens s'entretuer, etc., etc.
00:49:18Je ne dis pas que la légalisation, c'est la solution à tout.
00:49:23C'est la panacée.
00:49:24Jamais de la vie.
00:49:24Pour autant, je dis, qu'est-ce qui vous fait, en dehors de l'aspect moral de la question,
00:49:30qu'il faut éluder quand on est un responsable politique,
00:49:32on ne fait pas de morale, on voit un problème, on le regarde en face
00:49:36et on essaie de trouver des solutions.
00:49:38Moi, je ne dis pas, c'est bien, c'est mal, ça ne m'intéresse pas, ça.
00:49:40Tu l'as dit, on le regarde en face.
00:49:42Exactement.
00:49:42Mais ils ne le font pas, malheureusement.
00:49:44Et je redis encore une fois, l'État a une responsabilité
00:49:48dans ce qui se passe aujourd'hui dans nos quartiers.
00:50:23Je finis par voir un magistrat en 2023 qui me garantit qu'il ne classera jamais ce dossier,
00:50:27qui va lui donner une chance, donc je suis encore optimiste.
00:50:30Mon frère assassiné 4 avril 2016, et je vois un juge pour la première fois en novembre 2023.
00:50:38Elle décide qu'elle va rendre une ordonnance de non-lieu.
00:50:42Et là, je suis furieuse, mais profondément furieuse,
00:50:45et je me dis, mais vous, on est des victimes sacrifiées,
00:50:48pour lesquelles vous n'avez même pas jeté un regard, en fait.
00:50:51Vous ne vous intéressez pas à nous, vous vous disiez qu'on était victimes de règlements de comptes,
00:50:56qui réglaient leur affaire entre eux.
00:50:58Moi, ce n'est pas comme ça que je voyais la justice.
00:50:59Aujourd'hui, je suis déterminée aussi à partager ma connaissance de ce que je connais
00:51:03sur le droit, sur le fonctionnement de la justice,
00:51:05pour que les autres familles, ils agissent avant, en fait.
00:51:09Il dit, alors, le paramède d'affichage, OK.
00:51:13Bon, alors, attends, parce que là, je suis...
00:51:15J'enlève le câble, il me dit exactement la même chose.
00:51:18Oui, il enlève le câble.
00:51:22Oui, OK.
00:51:24Ah ben, tu feras avec le sourire, là.
00:51:27Non, ben, c'est bon, Ryan, on a trouvé notre solution.
00:51:30Donc, aujourd'hui, on a essayé d'organiser ce forum,
00:51:32en présence de maître de l'ANATA,
00:51:34pour permettre de répondre à vos questions,
00:51:36mais aussi d'aborder de manière synthétique et facile la procédure,
00:51:39pour que vous compreniez les étapes de la procédure pénale,
00:51:41et que vous compreniez de manière sématique quels sont vos droits.
00:51:45Bon, le mieux, c'est de vous expliquer un peu les points clés de la procédure pénale.
00:51:51Pourquoi c'est si long ?
00:51:53Et pourquoi, malheureusement, au stade de l'enquête pénale,
00:51:57bien souvent, les enquêteurs ne vous infirment pas de vos droits.
00:52:00Ils ont du mal à vous considérer comme victime,
00:52:03alors que vous venez de perdre un être cher.
00:52:05En tant qu'avocat, quand on intervient au stade de la garde à vue,
00:52:08on n'a accès à rien du tout.
00:52:10C'est pour ça que c'est très très long entre le moment où les personnes sont placées en garde
00:52:16à vue,
00:52:16elles sont mises en examen, éventuellement placées en détention provisoire,
00:52:20et le moment où le juge d'instruction commence enfin à organiser les auditions
00:52:26et les éventuelles confrontations, en fait à instruire, à charge et à décharge.
00:52:31Il est important de comprendre comment elle fonctionne l'instruction pénale,
00:52:33parce que c'est là où vous allez être.
00:52:35En général, même si vous quittez la quête de Flagrandélie,
00:52:38il y a forcément, même s'ils ont arrêté un suspect ou autre,
00:52:43vous passerez forcément en instruction.
00:52:45Vous me demandez, est-ce qu'il y a plusieurs juges d'instruction ?
00:52:48Ils ne sont pas nombreux.
00:52:49C'est assez.
00:52:50Clairement pas.
00:52:51C'est pour ça qu'en fait, l'erreur que j'ai commise,
00:52:54c'est de ne pas exiger avoir la juge de suite,
00:52:57d'avoir été trop gentille avec elle quand elle disait qu'elle avait besoin de temps
00:53:01ou de souplesse pour prendre connaissance du dossier.
00:53:04Non, nous, on n'est pas là pour faire de cadeaux, on est là pour avoir des réponses.
00:53:07Donc c'est pour ça qu'il faut que vous utilisiez vos prérogatives de victime.
00:53:10Vous êtes une victime, la cour latérale de l'infraction,
00:53:14puisque la personne qui a été victime, c'était un proche,
00:53:17donc vous avez le droit d'être entendu.
00:53:23Et voilà.
00:53:25En place pour une autre cible.
00:53:37C'est pas beau, parce qu'on le voit.
00:53:39Donc mets un coup et tu vas voir la différence.
00:53:41Mais je sais, mais on a le temps.
00:53:43Oui, oui.
00:53:44Voilà, la perfection pour Mme Karima Mediane.
00:53:48Mme Karima Mediane.
00:53:49Désolé, j'ai le souci du détail.
00:53:52Oui.
00:53:54Voilà, merci.
00:53:55Regarde, tu as parlé.
00:53:56Le souci du détail, hein.
00:53:58Quand tu es suffisamment, quand tu as le temps.
00:54:03Mais là, ce n'est pas le cas.
00:54:05Mais si.
00:54:06Oh là là.
00:54:07Me stresse, regarde.
00:54:09en ce moment c'est même pas la peine je suis trop stressée donc c'est même pas la peine
00:54:13de me dire
00:54:15la psy elle m'a donné des antidépresseurs elle m'a dit vous voulez prendre tout vas-y je les
00:54:23ai pris non rien du tout allô oui coucou ça va ouais ouais on est tout on est fatigué sous
00:54:33le rush sur le sous le stress on n'a pas beaucoup de coups de main non mais on n
00:54:39'a pas beaucoup de
00:54:39coups de main et c'est dur ça devient lourd pour nous parce qu'on a des vies de famille
00:54:43aussi
00:54:46on compte sur vous c'est pour nous tous pour nos morts donc il faut que tu rappelles tu rappelles
00:54:53le maximum de maman toi aïcha
00:55:02moi là déjà regarde il faut qu'à 11 à 10h30 j'ai bfm après il faut qu'on aille
00:55:10mettre les
00:55:11silhouettes et tout donc je prendrai plus d'interview jusqu'à jusqu'au départ de la marche
00:55:16et après à 22 heures ou je sais pas quoi j'ai encore bfm oui et ils te veulent avant
00:55:27mais pourquoi des deux c'est débile parce qu'on a peut-être pas la même ressenti je sais pas
00:55:32moi
00:55:32ils vont pas poser les mêmes questions comme ça ils font du contenu je sais pas l'idée voilà c
00:55:37'est
00:55:38ça voilà donc il y aura qu il y avait 49 morts donc normalement il y a 49 et 123
00:55:42j'espère je les ai
00:55:43tous tu enlèves celle-là au milieu laquelle concerné tous des cibles et tu mets celle-ci
00:55:49celle-là 49 morts 118 blessés sans oublier les morts des autres années
00:56:01toutes les familles de victimes et leurs proches est-ce que vous pouvez venir si vous plaît devant
00:56:06les familles de victimes et leurs proches merci
00:56:09on va partir d'ici on va prendre la rue de la république et la marche
00:56:18pour notre très belle ville à l'heure d'aujourd'hui des personnes meurent parce qu'elle vit dans des
00:56:23quartiers populaires et se prennent des balles perdues ce sujet devrait intéresser tous les
00:56:29marseillais marseillais marseillais marseillaise justice pour sarah justice pour socaïna justice pour
00:56:39counter justice pour du bril justice pour caïs ne nous regardez pas rejoignez nous ne nous regardez pas
00:56:56rejoignez nous ne nous regardez pas les gens ne comprennent pas donc là vous avez 49 silhouettes
00:57:04nous c'est en fait les 49 morts qu'il y a eu l'année dernière voilà ça ce sont
00:57:09des personnes
00:57:0949 personnes donc 49 familles brisées j'inspire à dire que quand ils meurent on meurt avec eux
00:57:18ça veut dire que vous nous voyez sourire vous nous voyez parler mais on porte un masque à
00:57:24l'intérieur on est mort parce que quand on vous dit cette année ça va mieux il ya eu que
00:57:2917 morts
00:57:31j'ai envie de vous dire c'est 17 morts de trop c'est 17 morts qui aurait peut-être
00:57:36pu être évité
00:57:37parce que ça fait des années qu'on dénonce les assassinats on lâchera jamais on ne baissera
00:57:45jamais les bras parce que nous on ne croit pas que la guerre est perdue pour nous la guerre n
00:57:48'est
00:57:48pas perdu et nous tout ce qu'on veut c'est quoi la justice justice pour tous faut savoir qu
00:58:03'on est
00:58:04des bénévoles mais pas de subvention on n'a pas de local on n'a rien on marche on marche
00:58:09avec le
00:58:09coeur on n'a que ça en fait et pour le coup ça a eu un impact énorme sur toutes
00:58:14nos vies de famille
00:58:24ça prend le pas sur les gosses sur le mari sur je veux dire passer des nuits au téléphone jusqu
00:58:29
00:58:29des deux trois heures du matin et des mamans à ne pas dormir à enchaîner le matin pour aller
00:58:33travailler être écrite au sol tu vois enfin je veux dire je pense que ça nous a tellement touché
00:58:38dans notre chair l'assassinat de nos proches et puis après le la tristesse des autres mamans
00:58:56à un moment si tu regardes les anciens reportages d'avant avant ils faisaient quoi ils centraient le
00:59:01truc sur l'assassin donc sur une demi-heure de reportage par les 20 minutes de l'assassin et
00:59:05les familles victimes elles étaient mises de côté tu as remarqué que de plus en plus ils donnent de plus
00:59:10en plus la parole aux familles victimes parce qu'ils ont compris qu'à un moment c'est bien
00:59:13moins de parler des assassins mais les victimes elles sont quoi dans l'histoire tu te rappelles
00:59:17un peu de qui qui ça c'est la est là c'est la maman de caïs sa soeur aïcha
00:59:29je l'ai déjà vu à fida
00:59:32elle sa petite elle a été tuée ici en 2017 la est là c'est le petit caïs de 16
00:59:36ans avec
00:59:37que j'ai dit qu'on avait fait ma 23 oui elle aussi c'est mathéo c'est quelle date
00:59:41c'est qu'elle
00:59:43n'est pas le même jour elle c'est de nous c'est le 3 avril ça fait pas longtemps
00:59:53qu'elle y est
00:59:53marie jour non ça fait pas longtemps ça fait pas longtemps ça a réellement débuté par rapport à
00:59:59la marche oui c'est ça on s'est contacté un peu avant la marche oui qu'elle voulait savoir
01:00:03exactement qui on était ce qu'on faisait on avait plus le temps d'en discuter au téléphone mais
01:00:07c'est à partir vraiment de là que oui que de temps en temps après ce quand je peux venir
01:00:12je suis un peu trop
01:00:24c'est ça
01:00:26donc
01:00:41on
01:00:42on
01:00:42on
01:00:45C'est Rayan, c'est Sarah, c'est Redo, c'est Caïs, c'est Sabrine, c'est Hugo, c'est
01:00:49Ziel, c'est Bounam, c'est Naël, c'est Adama, c'est Ibrahim, c'est Abelkari, c'est Zineb, Mohamed,
01:00:55Ayman, Regis, c'est Daniel, Regis, Yanis, Gershine, Valais d'Otaché.
01:01:26Je déteste passer sous ce tunnel, parce que c'est le dernier trajet qu'a fait mon frère, c'est
01:01:33compliqué parce que je sais qu'il est passé par là, et à chaque fois que j'y repense, je
01:01:39me dis que c'est l'une des dernières choses qu'il a vues.
01:01:48Ça fait que ça a un petit côté dur, quoi.
01:02:07Et moi, je trouve qu'on a évolué dans l'opinion publique.
01:02:10Ça, on n'en parlait pas, ou en tout cas, on était beaucoup moqués. Je rappelle qu'au début, quand
01:02:15on regardait les commentaires sur les assassinats, c'est un de plus, soit bien fait, les parents ont profité des
01:02:21grands plasmas, tant mieux pour eux, tant mieux pour nous.
01:02:24En gros, c'était ça, en fait. Vraiment, l'opinion publique dans les médias, c'était violent.
01:02:31C'était violent. Et même nous, en fait, on pensait la même chose. Même nous, on se disait, il y
01:02:35a les bonnes et les mauvaises victimes.
01:02:37Et heureusement qu'au contact des parents, au contact des familles, on a compris, en fait, qu'il ne fallait
01:02:45pas qu'on rentre dans ce jeu-là.
01:02:46Il ne fallait pas qu'on les laisse vouloir nous imposer cette classification-là.
01:02:49Je trouve que le combat qu'on a porté au sein du collectif, c'était de dire, vous n'avez
01:02:53pas le droit de vouloir opérer une classification des victimes.
01:02:56On est en France, on est dans un état de droit, on a perdu un être cher, d'une manière
01:03:01totalement anormale, quoi.
01:03:03Et peu importe les mobiles qui ont suivi cet assassinat, on est dans un crime qui doit être sanctionné par
01:03:10l'État et on doit être considéré comme des victimes.
01:03:13En tout cas, nous, notre combat, c'est celui-là, il n'est pas terminé. Il va falloir continuer longtemps.
01:03:17C'est compliqué parce que je porte ce fardeau-là aussi.
01:03:21Non seulement je suis avocate, je n'ai pas de réponse pénale et autour de moi, je me dis, ma
01:03:25famille, elle ne comprend pas que je suis comme un citoyen lambda et que je n'ai pas la force,
01:03:31je n'ai pas le superpouvoir parce que je suis avocate de faire avancer mon dossier non plus, quoi.
01:03:36C'est vrai que m'entendre dire par maman, mais tu es avocate et tu n'arrives pas à faire
01:03:40avancer le dossier de ton frère, ce n'est pas possible.
01:03:42Je me dis, non, ouais, je n'arrive pas et je suis avocate et on imagine pour les autres, quoi.
01:03:46J'ai le sentiment que si j'arrêtais de lutter avec le collectif, j'abandonnerais Zahir.
01:03:51J'abandonnerais la promesse que je lui ai faite sur sa tombe.
01:03:54Et parfois, je me dis que même si j'obtiens une réponse pénale, je n'ai pas le droit d
01:03:57'abandonner les autres.
01:03:58Tu ne peux pas abandonner les autres, en fait.
01:04:00Oui.
01:04:01Je crois que...
01:04:02C'est pas de continuer.
01:04:03Enfin, honnêtement, je ne vois pas ce qu'ils pourraient me faire arrêter à part la mort.
01:04:07Je crois que c'est un combat à vie, maintenant, qu'on a pris.
01:04:10Il y a toujours de l'espoir, moi, je dis que...
01:04:12Enfin, il y a des dossiers qui ont été utilisés 20 ans, 30 ans après.
01:04:15On me dit que là, il y a des groupes de la promessie, de la chute, de la chute, de
01:04:19la chute, de la chute.
01:06:22...
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