- il y a 6 semaines
Vendredi 25 septembre 2026, retrouvez Bertrand de Rochambeau (Président, Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France), Caroline Moreau (Chercheuse, Inserm) et Eleonore Abadie (Cofondatrice, Cobalt contraception) dans SANTÉ FUTURE, une émission présentée par Alix Nguyen.
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00:08Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Santé Futur, votre rendez-vous dédié à l'innovation et à
00:13l'avenir de la santé.
00:15Pendant des décennies, elle a été le symbole de la contraception féminine, mais aujourd'hui, la pilule séduit de moins
00:22en moins les Françaises.
00:23En 2023, un basculement s'est opéré. Pour la première fois en France, le stérilet a dépassé la pilule chez
00:30les femmes de 18 à 49 ans concernées par la contraception.
00:34Une défiance qui pourrait être alimentée par une nouvelle alerte, celle de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament,
00:41quant à un sur-risque de méningiome associé à l'utilisation prolongée de certaines pilules de désogestrelle.
00:49Alors, comment mesurer ce risque ? Et surtout, que dit le recul de la pilule de notre rapport à la
00:55contraception ?
00:56On en parle avec mes deux invités, Bertrand de Rochambeau, gynécologue obstétricien et président du Syndicat National des gynécologues obstétriciens
01:05de France.
01:06Et à distance depuis les États-Unis, Caroline Moreau, chercheuse à l'Inserm et professeure à l'Université Johns Hopkins
01:13aux États-Unis.
01:14Caroline Moreau a notamment coordonné des travaux sur la désaffection pour la contraception médicale en France.
01:21Camille Rioual donnera la parole à une utilisatrice de la pilule victime d'un méningiome,
01:26qui questionne notamment l'information donnée aux femmes sur les bénéfices et les risques de leur contraception.
01:31Enfin, notre pépite santé s'intéressera à l'autre moitié de la population.
01:36Pourquoi la contraception repose-t-elle encore si largement sur les femmes ?
01:40Et Léonore Abadie, cofondatrice de Cobalt Contraception, viendra nous présenter un boxer contraceptif masculin fondé sur la contraception thermique.
01:56Bienvenue dans Santé Futur, chers invités.
01:59Bertrand de Rochambeau, je commence avec vous.
02:02Vous exercez donc en tant que gynécologue obstétricien depuis près de 40 ans.
02:06Dans votre cabinet, qu'est-ce qui a changé dans la demande des femmes ?
02:13Les femmes, aujourd'hui, et ce depuis le début du siècle, on peut mettre la barrière là,
02:23veulent vivre plus libres et ressentir mieux leur corps.
02:27Et leur contraception, aujourd'hui, n'est plus, comme la génération qui les a précédées,
02:37le leitmotiv pour la consultation.
02:42À la fin du XXe siècle, on découvrait la maîtrise de la contraception,
02:47la maîtrise de la volonté de la grossesse,
02:50et la contraception médicale s'est imposée.
02:55Aujourd'hui, les patientes viennent nous voir,
02:58et bien souvent, un des motifs, c'est
03:01« je veux arrêter ma pilule, je me sens enfermée,
03:04j'ai déjà essayé sans, c'est beaucoup mieux sans pilule. »
03:09Caroline Moreau, vos travaux permettent justement de mesurer ce basculement.
03:15Est-ce la pilule qui est remise en cause,
03:18ou plus largement le modèle d'une contraception médicalisée ?
03:24Je pense que les deux vont ensemble.
03:26Pendant longtemps, on avait un modèle qui était finalement assez rigide.
03:32Ça commençait par le préservatif au premier rapport,
03:36et quand les relations étaient pas tout à fait stables,
03:40en début de sexualité,
03:41et puis on passait à la pilule quand les relations se stabilisaient,
03:47et puis finalement, au stérilet, une fois que le projet parental était complété,
03:54et au fil du temps, et surtout depuis 2005-2010,
04:00on voit que ce modèle finalement se diversifie,
04:03et en particulier lié à une désaffectation de la pilule qui s'est accélérée depuis 2012.
04:11Et donc, les femmes se reportent sur d'autres méthodes.
04:14D'une part, des méthodes plus longs cours,
04:17comme le dispositif intra-utérin,
04:19qui est efficace sur plusieurs années,
04:22mais aussi des méthodes naturelles, barrières,
04:26qui sont moins médicalisées,
04:28et dont les femmes, finalement,
04:30semblent penser qu'elles ont le plus le contrôle.
04:33Voilà.
04:33Donc, c'est un mouvement qui s'inscrit dans les 15 dernières années,
04:39c'est pas nouveau,
04:40mais qui s'est accéléré ces dernières années.
04:45Bertrand de Rochambeau, il y a justement une nouvelle alerte,
04:47dont je l'évoquais en introduction,
04:49qui concerne la contraception hormonale.
04:51Un sur-risque de méningiome a été mis en évidence chez les femmes,
04:54utilisant de façon prolongée certaines pilules microprogestatives
04:58à base de dégestrel.
05:03Concrètement, de quel niveau de risque parle-t-on ?
05:06Le risque du méningiome, c'est une maladie sérieuse,
05:10mais tout à fait exceptionnelle.
05:13Et la prise de plus d'un an de ce type de médicaments,
05:19car l'alerte qu'on a aujourd'hui pour le désogestrel
05:22avait déjà été mise pour d'autres progestatifs.
05:25C'est cette classe de médicaments qui entraîne cela.
05:29Et on en a, en gynécologie, une grosse pratique.
05:34Et on utilise beaucoup les progestatifs au long cours.
05:38Et donc, c'était attendu.
05:42Parce qu'il n'y a pas bien de raison.
05:43Au départ, c'est une pilule que tout le monde a connue
05:46et qu'on utilisait dans le traitement de l'acné,
05:50mais aussi en contraception.
05:51Chacun connaissait Diane.
05:53Et qui a établi l'alerte pour les progestatifs.
05:58Diane avait déjà été mise en cause bien longtemps avant
06:04pour le risque de thrombophlébite lié à ces pilules-là.
06:08Et ça avait déjà donné un grand coup de frein à l'utilisation,
06:13car Diane était devenue un moyen de contraception
06:16chez les jeunes femmes gênées par de l'acné.
06:19Or, c'est un traitement de l'acné qui est contraceptif.
06:23Et donc, cette utilisation avait fait multiplier le risque
06:29et des accidents sont survenus.
06:31Ici, c'est la même chose.
06:33Le désogestrel est introduit il y a peu de temps.
06:36Il a fallu le temps d'accumuler les preuves.
06:39Et aujourd'hui, l'Agence nationale du médicament
06:42émet l'alerte.
06:44Mais d'autres médicaments ont déjà été ciblés.
06:48Et donc, il fallait s'y attendre.
06:52Mais qu'est-ce qu'une femme qui prend aujourd'hui
06:54l'une des ces pilules doit faire ?
06:55Qu'est-ce que vous leur recommandez ?
06:57Il faut qu'elle consulte un médecin et un médecin spécialiste.
07:02Parce qu'il faut expliquer, prendre le temps que...
07:05Donc, un gynécologue, pas un médecin généraliste.
07:07Donc, à mon avis, le meilleur conseil à donner,
07:13c'est celui-là.
07:14Car il faut établir et pouvoir décrire
07:17ce qu'est un méningium,
07:20quel est le risque qu'il se complique,
07:23sur quels symptômes on peut suspecter sa présence.
07:27Et donc, cela va nécessiter un parcours,
07:31une démarche que seul le médecin spécialiste
07:34peut gérer au plus près de l'intérêt des patientes.
07:39Caroline Moreau, vous insistez beaucoup
07:42sur la façon dont on présente le risque.
07:45Qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
07:49Chaque produit a un risque et un bénéfice.
07:53Et donc, l'Agence du médicament fait son travail,
07:57rapporte les risques liés à différents médicaments.
08:00La contraception orale est probablement l'un des médicaments
08:04les plus étudiés au monde.
08:07Et donc, l'Agence du médicament lance des alertes
08:12et fait son travail quand il rapporte des risques plus élevés,
08:16que ce soit les trombloses, les méningiums, etc.
08:18Le problème, quand on rapporte ces risques,
08:21c'est qu'on ne parle pas de l'alternative.
08:24Qu'est-ce qui se passe quand une femme n'utilise pas ses produits ?
08:27Et en général, on présente cette alternative
08:32comme si les femmes sans contraception,
08:35par exemple, ne tombaient jamais enceintes.
08:38En fait, ce n'est pas vrai.
08:39Une femme qui n'a pas de contraception
08:43a 85 chances sur 100 d'avoir une grossesse au cours de l'année.
08:49Et donc, par exemple, quand on parlait de risque de thrombose,
08:53ça c'était en 2012,
08:54il faut bien balancer le risque de thrombose
08:57quand on est sous pilule
08:58versus le risque de thrombose
09:01quand on devient enceinte.
09:03Et le risque de thrombose quand on est enceinte
09:05est bien supérieur au risque de thrombose sous pilule.
09:09Et donc, c'est ça un petit peu
09:10le problème de la façon dont on rapporte le risque.
09:14c'est qu'on rapporte le risque
09:16comme si les femmes sans contraception
09:19étaient soumises à zéro risque.
09:21C'est un petit peu comme ça qu'il faut voir les choses.
09:25La pilule comporte des risques,
09:27mais l'alternative de ne pas utiliser la pilule
09:30et avoir des méthodes, par exemple, moins efficaces,
09:33il y a également des conséquences
09:35si les femmes deviennent enceintes
09:37et poursuivent leur grossesse.
09:39Bertrand Rochambeau, je vous vois acquiescer.
09:40Vous rejoignez Caroline Moreau sur...
09:43Oui, évidemment.
09:46C'est pour ça qu'avoir affaire
09:50à un professionnel de santé
09:52qui connaît cette épidémiologie des risques
09:55permet de relativiser énormément
09:57et de poursuivre les traitements
10:00quand ils sont nécessaires.
10:02Et donc, c'est là où des gens moins qualifiés
10:06n'ont pas la somme de données
10:08pour affirmer ça, car c'est un engagement
10:11et une responsabilité professionnelle
10:14que de continuer à prendre
10:17le désogestrel micro-dosé
10:20s'il fonctionne bien,
10:22si le risque individuel pour la patiente est faible.
10:26Il n'y a pas aujourd'hui plus de raison qu'hier
10:29de l'interrompre.
10:31Caroline Moreau, quel rôle jouent aujourd'hui
10:34les réseaux sociaux quant à cette perception du risque ?
10:40Les réseaux sociaux, c'est un moyen formidable
10:43de partager son expérience,
10:45de chercher de l'information.
10:47Mais il faut quand même se rendre compte
10:50que les gens qui partagent leurs expériences
10:52sur les réseaux sociaux,
10:53ce n'est pas forcément la population générale
10:58des utilisatrices.
10:59On a plutôt tendance à rapporter
11:03et à chercher de l'information
11:05quand on a soi-même des difficultés,
11:09des effets secondaires,
11:10on cherche des solutions.
11:11Et donc, on rapporte et on témoigne
11:14sur les réseaux sociaux.
11:15Donc, finalement, on a un regard biaisé.
11:18C'est les gens qui cherchent des solutions
11:19qui, eux-mêmes, ont des effets secondaires
11:21qui vont s'exprimer plus
11:23que ceux qui n'ont pas de problème.
11:25Donc, il faut faire attention.
11:27C'est un moyen de communication extraordinaire.
11:31C'est un moyen pour les femmes aussi
11:32de partager leurs expériences.
11:35Mais c'est une plateforme qui est biaisée.
11:38On a plus de gens qui rapportent
11:40des effets secondaires
11:41puisque ceux qui vont bien
11:42n'ont pas forcément besoin
11:45de réponses sur les réseaux.
11:48Bertrand de Rochambeau,
11:49est-ce que ce rôle que jouent les réseaux sociaux,
11:53ça change aussi quelque part votre métier ?
11:56Complètement.
11:57C'est une donnée, aujourd'hui, incontournable.
12:01Si on voit la chose positivement,
12:03on a maintenant affaire à des patientes
12:05augmentées par de l'information
12:07qu'elles n'avaient pas avant.
12:09Avant, il fallait, et on avait,
12:11quelques patientes comme ça
12:12qui passaient leur temps
12:13dans le Larousse médical.
12:15Et c'était elles qui arrivaient
12:16avec une liste de questions
12:17qu'elles avaient trouvées, effectivement.
12:19Aujourd'hui, les réseaux sociaux
12:21jouent ce rôle avec ce biais
12:23très bien décrit par Caroline.
12:25parce qu'effectivement, sur les réseaux,
12:27ceux qui s'expriment en premier,
12:29c'est ceux qui ont des difficultés.
12:30Et ce n'est pas une vue objective de la réalité.
12:33Et c'est sûr que vous, aujourd'hui,
12:35vous passez un peu d'une logique
12:36de prescription pure
12:38à une logique d'accompagnement
12:40dans les choix des patientes, finalement.
12:42Bien sûr.
12:43notre premier devoir,
12:45c'est l'information.
12:47Ensuite, avec notre savoir,
12:48nous faisons des choix
12:49et nous devons les expliquer.
12:51Si vous ne l'expliquez pas,
12:52ce n'est pas compliqué,
12:53la patiente ne le suivra pas.
12:55Et donc, vous passerez à côté
12:57de votre objectif.
12:59Et donc, la première chose à faire
13:00est effectivement de connaître sa patiente,
13:03de l'informer des choses
13:05et de l'amener à la décision
13:07qui sera la sienne.
13:08mais qu'on aura amenée
13:10tranquillement avec nos arguments.
13:12Caroline Moreau évoquait tout à l'heure
13:14les IVG en France qui progressent.
13:17Est-ce qu'il faut voir une conséquence
13:21du recul de la contraception médicalisée ?
13:24Est-ce qu'on peut établir un lien direct ?
13:26Est-ce que c'est documenté ?
13:28Non, ce n'est pas documenté comme tel.
13:31L'augmentation des interruptions volontaires
13:34de grossesse est constante,
13:36même quand la contraception
13:38était le premier moyen,
13:40la contraception orale
13:41était le premier moyen
13:43de contraception en France.
13:44Le fait de se tourner vers autre chose,
13:49en tout cas, moi,
13:50je ne connais pas de publication
13:51qui nous montre que cela a accéléré
13:55la courbe des interruptions volontaires
13:57de grossesse.
13:58Mais dans le même temps,
14:00vous voyez aussi que le nombre
14:03de naissances en France baisse.
14:06et donc, il y a une transformation
14:09de notre société dans l'abord
14:11de la maternité.
14:13Et je crois que ça,
14:15c'est une chose qui est vraiment profonde.
14:20À quoi est-elle due ?
14:22C'est aux sociologues de nous éclairer là-dessus,
14:25mais on l'observe tous les jours.
14:27Oui, d'ailleurs, vous observez également
14:29davantage de demandes de contraception définitive.
14:32Exactement.
14:33Dans l'alternative,
14:35quand la femme veut se libérer
14:38de cette camisole chimique,
14:39entre guillemets,
14:41que la pilule représente,
14:44qu'elle pense avoir fait
14:48leur projet de grossesse,
14:51ou quand elle réalise
14:51qu'elles n'en ont aucun,
14:53elles ne veulent pas prendre une pilule
14:54pendant 30 ans de leur vie
14:56et demandent de plus en plus
14:58une stérilisation.
15:00Caroline Moreau,
15:01si on dézoome un peu,
15:02cette diversification peut sembler positive.
15:05Les femmes ont davantage de choix
15:06et se les approprient davantage,
15:08on le disait.
15:09Mais vos travaux montrent aussi
15:11qu'en 2023,
15:128,3% des femmes exposées
15:13au risque de grossesse non prévue
15:15n'utilisent aucune contraception.
15:17Est-ce que derrière ce recul
15:19de la contraception médicalisée,
15:21se creusent aussi de nouvelles inégalités ?
15:25Alors, oui, on voit,
15:29donc, ces 8% des femmes,
15:30ça reste une minorité.
15:32Ces femmes, en général,
15:34ont utilisé la contraception
15:36dans leur vie,
15:37mais il y a des interruptions
15:40et à ces moments-là,
15:42elles sont particulièrement exposées
15:44au risque de grossesse,
15:46qu'elles ne souhaitent pas.
15:47et il y a des multiples raisons.
15:51Mais donc, les travaux montrent quand même
15:53que des femmes qui sont
15:55en situation plus précarisée
15:57sont plus souvent dans des configurations
16:01où il y a une discontinuité
16:04des parcours contraceptifs.
16:06C'est le cas également des femmes
16:07qui ont des parcours de vie affective
16:12plus compliqués.
16:14C'est finalement,
16:16on est avec un partenaire,
16:18on utilise une contraception régulière
16:20et puis, il y a des ruptures
16:22et à ces moments-là,
16:24eh bien, la contraception ne continue pas,
16:28mais potentiellement,
16:29il y a des nouvelles rencontres
16:30et c'est des situations
16:31qui sont difficiles à gérer.
16:33Donc, il y a de multiples raisons
16:35de ne pas avoir de contraception.
16:38La précarité reste un problème,
16:41mais c'est aussi,
16:43ça s'inscrit dans des vies
16:45et des trajectoires relationnelles
16:47qui sont plus diversifiées,
16:50en particulier chez les jeunes.
16:52Merci beaucoup à tous les deux.
16:53Restez avec nous.
16:55Camille Rewel a rencontré
16:56une jeune femme
16:56qui s'interroge précisément
16:58sur l'information qu'elle a reçue
16:59lorsqu'on lui a prescrit la pilule.
17:07De plus en plus de femmes
17:08prennent la parole
17:09quant aux effets indésirables
17:11de certaines pilules contraceptives,
17:12on l'a dit.
17:13Pour certaines,
17:14ça les a même menées
17:15jusqu'au bloc opératoire, Camille.
17:17Oui, c'est le cas de Clélie
17:18que j'ai pu rencontrer
17:19via l'association Amavea.
17:21Alors, pour Clélie,
17:22tout a basculé, si je peux dire,
17:24en fin d'année dernière
17:25quand on lui prescrit
17:26la fameuse pilule Optimizette.
17:28Donc, c'est l'une des pilules
17:29concernées par le courrier
17:30envoyé par l'ANSM
17:31dont vous avez parlé.
17:33Le mois qui suit
17:34cette prise de pilule,
17:35elle est prise
17:36d'une violente crise d'épilepsie
17:37pendant une nuit.
17:38S'en suit ensuite
17:40de puissants maux de tête
17:41et un acouphène pulsatile récurrent
17:43pour lequel elle se fait
17:45prescrire une IRM
17:46qu'elle va faire
17:47sans arrière-pensée.
17:48Mais quand le verdict tombe,
17:50elle en reste sans voix.
17:52D'ailleurs,
17:52elle en tremblait encore
17:53quand elle me le racontait.
17:54Il m'annonce
17:56« Écoutez, madame,
17:58vous avez un volume
17:59de méningiome.
18:00Il faudrait aller voir
18:01un neurochirurgien en urgence. »
18:03J'ai cru que tout
18:04s'écroulait autour de moi.
18:07J'ai été opérée
18:07pendant 9 heures.
18:09C'était une opération
18:10assez lourde.
18:11Aujourd'hui,
18:12j'ai toujours
18:12cette douleur
18:14qui vient.
18:15Ça vient.
18:16Ça me fait souvent
18:17des décharges électriques
18:18qui arrivent.
18:18On m'a dit
18:19que c'était « normal ».
18:20C'est le temps
18:21que tout reprenne place
18:23dans le cerveau
18:24parce que la tumeur
18:26prenait quand même
18:26une certaine place.
18:27Le temps que tout
18:28se remette en place,
18:29il y a les cheveux
18:29qui poussent
18:30et tout ça.
18:31Cette douleur permanente
18:32qui ne nous fait pas oublier.
18:34Aujourd'hui,
18:34j'ai 37 ans.
18:35J'ai l'impression
18:36d'en faire au moins
18:3710, 15 de plus.
18:39C'est une fatigue morale,
18:41psychique.
18:42de l'anxiété
18:43parce que le méningiome
18:46n'a pas été retiré
18:47totalement.
18:48Il me reste
18:48un centimètre
18:49qui ne peut pas
18:50être opéré
18:51parce que c'est un endroit
18:52qui est difficilement opérable
18:53et que ça va être
18:55un suivi à vie
18:58avec probablement
18:59de la radiothérapie
19:00si le méningiome
19:01venait à grossir.
19:03C'est des suivis
19:05d'IRM sur IRM
19:06tous les 6 mois environ.
19:07Les 9 heures d'opération,
19:08ce n'est pas rien.
19:09On ne les oublie pas.
19:10Je pense que c'est
19:11des séquelles
19:11qui marquent à vie.
19:13Aujourd'hui encore,
19:14Clélie garde
19:14beaucoup de séquelles
19:16de cette opération.
19:18Elle m'expliquait
19:19avoir pu bénéficier
19:20d'un arrêt maladie
19:20longue durée
19:21mais ça va être
19:22comme elle le précisait
19:23un suivi à vie
19:24avec des examens
19:25récurrents à faire.
19:27Une expérience
19:27qui a laissé
19:28des marques
19:29et surtout
19:30le préjudice moral
19:31comme elle l'explique
19:32de vivre
19:32avec le stress
19:33que ça recommence.
19:35Mais Clélie,
19:35elle m'expliquait surtout
19:36qu'elle garde en elle
19:37un sentiment de colère
19:39car selon elle,
19:40elle n'aurait pas été
19:41suffisamment informée
19:43au moment
19:43où la pilule
19:44lui a été prescrite.
19:46J'ai senti comme
19:47une sorte de trahison
19:48en fait
19:49de la part
19:50de ces médecins
19:50parce que le jour
19:51de cette consultation
19:53le neurochirurgien
19:55a fait quand même
19:56le lien
19:57entre ces fameuses
19:58pilules
19:58et le méningiome
19:59sachant que
20:00je n'ai aucune pathologie
20:02j'ai aucun antécédent
20:04médical
20:05clairement
20:06alors j'avais pris
20:07cette pilule
20:07on me l'avait prescrite
20:08aussi parce que
20:09j'avais de l'acné
20:10qui n'était pas
20:10forcément importante
20:12à l'heure d'aujourd'hui
20:13j'aurais préféré
20:14avoir de l'acné
20:15en fait
20:16il suffit que ça soit
20:17même écrit sur un papier
20:18mais nous en fait
20:19on n'est pas des pharmacologues
20:20on n'est pas censé
20:21connaître tous ces risques
20:23donc c'est
20:24au devoir
20:25et la responsabilité
20:26du prescripteur
20:27de faire son travail
20:28et
20:29d'informer
20:30les patients
20:31j'aurais bien aimé
20:32savoir
20:32parce que
20:33si on me dit
20:35votre pilule
20:36telle pilule
20:37elle provoque
20:38tel risque
20:40au moins
20:40on a le choix
20:41de savoir
20:41si on peut l'apprendre
20:42ou pas
20:43là
20:43bon
20:45on fait confiance
20:46on l'apprend
20:48donc
20:49à l'écoute
20:49de ce témoignage
20:50Bertrand Rochambeau
20:51si vous voulez répondre
20:52est-ce que
20:52oui
20:53les femmes aujourd'hui
20:54sont-elles
20:54assez informées
20:55quant à la prise
20:56de la pilule
20:57contraceptive
20:59elle devrait l'être
21:00c'est le travail
21:01du médecin
21:03et donc
21:04c'est pour ça
21:04qu'il y a
21:08une contraception
21:08c'est un médicament
21:10le témoignage
21:11que l'on vient
21:12d'entendre
21:13nous fait penser
21:14que cette jeune femme
21:16n'a pas été informée
21:17complètement
21:18et on peut comprendre
21:20sa colère
21:23c'est le travail
21:24du médecin
21:25que de le faire
21:26et de faire
21:27un choix
21:27éclairé
21:30je rappelle
21:31que le désogestrel
21:32mais aussi
21:33les autres
21:33progestatifs
21:34augmentent le risque
21:36d'une maladie
21:36qui peut arriver
21:38indépendamment
21:39de ces médicaments
21:41après
21:42ceci est démontré
21:43pour
21:43une prescription
21:45et donc
21:46une prise
21:46de plus de un an
21:47donc au long cours
21:48dans le cas
21:49que vous nous avez cité
21:51j'ai cru comprendre
21:52qu'on venait
21:54de le lui prescrire
21:55et rapidement
21:56sont apparus
21:57les symptômes
21:57c'est qu'en fait
21:59il était déjà là
22:02et donc là
22:03c'est pas le médicament
22:05qui est en cause
22:08et il se trouve
22:09que
22:10les symptômes
22:11sont apparus
22:12rapidement
22:13et donc
22:14on a compris
22:15que c'est un gros
22:16méningiome
22:16donc il a pas poussé
22:18en quelques jours
22:19non
22:20elle l'avait
22:20et il n'y avait pas
22:22de symptômes
22:23alors peut-être
22:24ça a joué
22:25comme un accélérateur
22:26finalement
22:26cela peut-être
22:28le cas
22:28mais c'est pas
22:29ce qui est démontré
22:29ce que dit
22:30l'ANSM
22:31c'est que
22:32on voit apparaître
22:33plus de méningiomes
22:34chez des patientes
22:35qui prennent
22:36pendant longtemps
22:37c'est la prise
22:38au long cours
22:40donc là
22:41il y a peut-être
22:42une confusion
22:42dans le cas précis
22:45voilà
22:45ce qu'on peut dire
22:46dans votre observation
22:47merci beaucoup
22:48merci Camille
22:49pour cette chronique
22:50merci Bertrand
22:51de Rochambeau
22:52gynécologue
22:53obstétricien
22:53et président
22:54du syndicat national
22:55des gynécologues
22:56obstétriciens
22:57de France
22:57merci à vous
22:59Caroline Moreau
23:00depuis les Etats-Unis
23:01chercheuse à l'Inserm
23:02et professeur
23:03à l'université
23:04John Hopkins
23:05on passe tout de suite
23:06à la pépite santé
23:12depuis des décennies
23:13la contraception
23:14repose encore
23:15très majoritairement
23:16sur les femmes
23:17du côté masculin
23:18l'offre reste
23:19essentiellement limitée
23:21aux préservatifs
23:23et à la vasectomie
23:24mais plusieurs équipes
23:25travaillent aujourd'hui
23:26à développer
23:26d'autres solutions
23:27c'est le cas
23:28de Cobalt Contraception
23:29une jeune entreprise
23:31issue de l'IMT Atlantique
23:33qui développe
23:33un boxer contraceptif
23:35masculin
23:36un dispositif
23:37encore en développement
23:38pour en parler
23:39j'accueille
23:40sa cofondatrice
23:41bonjour
23:41Eleonore Abadie
23:42bonjour
23:43bienvenue
23:44la contraception
23:45masculine thermique
23:46existe dans la littérature
23:48scientifique
23:49depuis plusieurs décennies
23:50qu'est-ce que vous cherchez
23:52à apporter de nouveau
23:53avec Cobalt ?
23:54alors la contraception thermique
23:56elle existe dans la littérature
23:57c'est vrai
23:57elle a été développée
23:58au CHU de Toulouse
23:59comme les recherches
24:01datent d'il y a plus de 40 ans
24:04nous ce qu'on cherche
24:05à apporter
24:05c'est un dispositif
24:06certifié
24:06sur le marché européen
24:07donc qui suit la réglementation
24:09puisqu'aucun dispositif
24:10à ce jour
24:11n'est autorisé
24:11à être vendu
24:13et alors comment fonctionne
24:14ce boxer justement ?
24:15alors c'est un boxer
24:16qui maintient les testicules
24:17dans les canaux anguinaux
24:18à la racine de la verge
24:19et donc quand on porte
24:20ce boxer
24:21de manière prolongée
24:22donc tous les jours
24:23au bout d'un moment
24:24on arrive à une inhibition
24:26de la spermatogénèse
24:27donc une diminution
24:28de la concentration
24:29en spermatozoïdes
24:30et lorsqu'on tombe
24:30en dessous du seuil
24:31de 1 million de spermatozoïdes
24:32par millilitre
24:33on arrive donc à un état
24:34dit contracepté
24:35c'est efficace
24:36à 99%
24:38comme contraception
24:38donc c'est très efficace
24:40et ça a l'avantage
24:41de n'être pas hormonal
24:42pas invasif
24:43et simple d'utilisation
24:44et question qui je pense
24:46vient spontanément
24:47au commun des mortels
24:48qui regarde cette émission
24:49ça n'a pas d'impact
24:51sur la fertilité ?
24:52Sur le long terme
24:53donc pour l'instant
24:54les études ont montré
24:56que c'était complètement
24:57réversible
24:58mais c'est aussi
24:59le but de l'essai clinique
25:00qui permettra
25:01la mise sur le marché
25:02totale
25:03c'est de confirmer
25:04cette réversibilité totale
25:05donc un retour
25:06à la normale
25:06de la fertilité
25:07après arrêt total
25:08de port du boxer
25:09Votre innovation
25:11repose sur le boxer
25:12mais aussi une application
25:13de suivi
25:14comment fonctionne
25:16le parcours
25:17d'un utilisateur ?
25:18Alors donc
25:18il y a une application
25:20de suivi
25:20et un outil
25:21d'autodiagnostic
25:22pour la fertilité
25:24des tests de fertilité
25:26à faire chez soi
25:27un spermogramme
25:28à faire chez soi
25:28pour confirmer
25:29qu'on est bien
25:29en dessous de ce seuil
25:30d'un million de spermatozoïdes
25:31par millilitre
25:32donc l'application
25:33permet de suivre
25:34le port du boxer
25:34puisqu'il faut le porter
25:3515 heures par jour
25:36et également
25:37d'avoir ces rendez-vous
25:38de spermogrammes notés
25:40puisque maintenant
25:41les spermogrammes
25:42on peut déjà
25:42les faire en laboratoire
25:44ce qu'on aimerait bien
25:45c'est que les gens
25:45puissent aussi le faire
25:46chez eux
25:46pour vérifier
25:47leur taux
25:48de spermatozoïdes
25:51pour comme ça
25:53être rassurés
25:54sur leur contraception
25:55et avoir
25:55le protocole parfait
25:57On le disait
25:58il y a un enjeu central
25:59pour une entreprise
26:00de santé
26:00c'est la preuve clinique
26:01et la réglementation
26:03votre boxer
26:04n'est aujourd'hui
26:05pas commercialisé
26:08où en êtes-vous
26:08du développement ?
26:09Donc on a fait
26:10les phases pré-cliniques
26:12c'est-à-dire
26:12qu'on a développé
26:14le produit
26:14on l'a testé
26:15pour la usability
26:17on a testé
26:18pour la biocompatibilité
26:20par exemple
26:20donc nous avons
26:22un produit
26:23qui est prêt
26:23à être envoyé
26:24en essai clinique
26:25et donc l'essai clinique
26:26qui doit durer
26:27jusqu'à l'atteinte
26:28du sujet contraceptif
26:29puis la réversibilité
26:32et une fois
26:33que cet essai clinique
26:34a été fait
26:35nous pourrons
26:36passer les audits
26:37de marquage CE
26:38le marquage CE
26:39c'est cette fameuse
26:40autorisation de mise
26:41sur le marché
26:42pour les dispositifs médicaux
26:43enfin pour n'importe
26:44quel produit d'ailleurs
26:45sur les marchés européens
26:46Il y a aussi
26:47à convaincre
26:49les professionnels
26:50de santé
26:51comment est-ce que
26:51vous travaillez
26:52avec eux
26:53pour intégrer
26:54demain
26:54ce boxeur
26:55dans le parcours
26:56de soins
26:56par exemple ?
26:57Oui alors
26:58on présente
26:58notre solution
26:59évidemment
26:59aux professionnels
27:01de santé
27:01donc en ciblant
27:02les gynécologues
27:03les andrologues
27:03les médecins généralistes
27:04les centres de reproduction
27:05que vous sentez
27:06plutôt réceptifs
27:07qui sont plutôt réceptifs
27:09à une méthode
27:10comme celle-ci
27:11évidemment
27:12ils attendent
27:12la preuve clinique
27:14mais on sait aussi
27:16qu'en France
27:16il y a entre 5 000
27:17et 10 000 utilisateurs
27:18de cette méthode
27:18qui utilisent des produits
27:19non certifiés
27:20et donc
27:22on sait en fait
27:23que ça fonctionne
27:24donc beaucoup de médecins
27:26sont positifs
27:27sur le fait
27:28de l'issue
27:28de ces essais cliniques
27:29et donc soutiennent
27:30ce projet
27:31et ont envie
27:32d'enfin voir
27:32une méthode
27:33de contraception masculine
27:34et derrière votre produit
27:35il y a une évolution
27:36beaucoup plus large
27:37celle du partage
27:38de la charge contraceptive
27:40est-ce que vous observez
27:42une réelle demande
27:43des hommes
27:43les premiers concernés
27:44donc ?
27:45Oui
27:45c'est quelque chose
27:46qu'on nous demande
27:46très souvent
27:47est-ce que les hommes
27:48veulent de cette innovation
27:49en France
27:51c'est 73% des hommes
27:52qui seraient prêts
27:53à tester
27:55une contraception innovante
27:56et parmi ces hommes
27:5815% seraient prêts
27:59pour une contraception thermique
28:00telle que la nôtre
28:01donc avec cette méthode
28:02de remontée testiculaire
28:03on voit vraiment
28:04on reçoit des mails
28:05toutes les semaines
28:06d'hommes
28:08qui nous demandent
28:08quand est-ce qu'on pourra
28:09acheter notre produit
28:10est-ce qu'on peut acheter
28:11notre produit
28:11donc il n'est pas encore
28:12commercialisé
28:12Vous l'avisez sur le marché
28:14vous l'avisez pour quand ?
28:15On l'avise
28:16donc à partir du moment
28:17où on aura réussi
28:17à faire notre levée de fonds
28:19il faut faire encore
28:19un an à un an et demi
28:21d'essai clinique
28:21puis encore un an
28:22à un an et demi
28:23de certification
28:25donc aller entre 3 et 6 ans
28:28en fonction de la levée de fonds
28:30Merci beaucoup
28:31Merci Eleonore Abadi
28:33cofondatrice
28:34de Cobat Contraception
28:35Merci à Camille Rewal
28:37et à très bientôt
28:38sur Bismarck for Change
28:39Sous-titrage Société Radio-Canada
28:45Sous-titrage Société Radio-Canada
28:47Merci à Camille Rewal
28:47Merci à Camille Rewal