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  • il y a 9 minutes
Lundi 28 septembre 2026, retrouvez Cyril Roger (Président exécutif, Segula Technologies) et Frédéric Leriche (Directeur, LIMEEP-PS) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:07Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de SmartEco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie.
00:15Une émission à retrouver tous les jours à l'antenne, mais aussi sur le site bismart.fr
00:20et puis sur toutes vos plateformes d'écoute.
00:22Et aujourd'hui, nous parlerons d'industrie et de compétitivité.
00:26Après la restructuration de sa dette, Segula Technologies ouvre une nouvelle étape de son développement
00:32et mise notamment sur l'international et les nouvelles technologies.
00:37Nous recevrons son directeur exécutif dans l'actu du dirigeant tout de suite.
00:41Et puis place au débat éco, hausse des coûts de l'énergie, concurrence chinoise, politique industrielle américaine.
00:48Comment l'industrie européenne peut-elle préserver sa compétitivité ?
00:53Pour en parler, nous recevrons Cyril Roger, président exécutif de Segula Technologies
00:58et Frédéric Leriche, directeur de l'IMEPS à Paris-Saclay.
01:01C'est parti pour une nouvelle émission de SmartEco.
01:09Segula Technologies est un groupe d'ingénierie industrielle
01:12qui accompagne les grands industriels de la conception d'un produit jusqu'à son industrialisation
01:18et parfois sa production.
01:20Segula compte aujourd'hui 15 000 salariés, 5 000 en France
01:23et est présent dans une trentaine de pays.
01:26Et l'entreprise vient d'achever une importante restructuration de sa dette
01:30avec l'entrée d'Eurasio et d'Effel Investment Group comme actionnaire majoritaire.
01:35Pour en parler, je suis ravie de recevoir Cyril Roger.
01:37Bonjour.
01:38Bonjour Sybille.
01:38Merci beaucoup d'être avec nous.
01:40Vous êtes président exécutif de Segula Technologies.
01:43On va revenir un tout petit peu en arrière avant de parler de toute cette restructuration.
01:48Quelles étaient les causes de difficultés qui ont mené l'entreprise à devoir restructurer sa dette ?
01:55Eh bien écoutez, Segula, c'est une entreprise qui a 40 ans,
01:59qui a subi les aléas de l'industrie de ces dernières années,
02:03qui avait repris le bureau d'études industrielles d'Opel en Allemagne
02:08peu de temps avant le Covid, peu de temps avant que la Commission européenne
02:13ne passe au moteur électrique.
02:15Et donc cette opération qui a failli être fatale à Segula
02:19lui a coûté plus de 120 millions d'euros.
02:22Et donc fin 2025, la société avait le choix entre peu d'options
02:28si ce n'est que sa dette devait être revue et restructurée.
02:32C'est-à-dire que du coup l'entreprise dépendait majoritairement,
02:34ou en tout cas beaucoup, du secteur automobile ?
02:37Alors l'entreprise dépend à moitié de l'automobile,
02:41sachant qu'effectivement l'automobile est un des grands pourvoyeurs
02:44d'activités d'ingénierie comme la nôtre.
02:48Mais effectivement, l'automobile en tant que telle,
02:50depuis 40 ans, notre client principal est numéro un.
02:54Pour autant, l'opération d'Opel était particulièrement néfaste.
02:59Alors cette restructuration permet aujourd'hui au groupe de repartir
03:02sur de nouvelles bases financières.
03:04Quelle est votre feuille de route aujourd'hui pour renouer
03:07avec une croissance rentable ?
03:09Alors, vous l'avez constaté ces dernières années,
03:13beaucoup de données ont changé.
03:15Il y a eu le Covid qui a bousculé les sociétés.
03:18Il y a bien évidemment l'IA qui se profile.
03:22Il y a évidemment les diverses crises économico-géopolitiques.
03:26Et en réalité, Segula est un acteur qui a la chance
03:30d'être au cœur du développement des produits industriels.
03:33Et je pense que les produits industriels,
03:36et l'industrie plus particulièrement,
03:37est un enjeu pour les économies de demain,
03:41pour les sociétés de demain.
03:43Et donc, Segula peut avoir un rôle à jouer dans ce contexte.
03:46Et c'est-à-dire que là, est-ce que vous travaillez
03:50sur cette moins forte dépendance à l'automobile
03:53et justement cette agilité entre secteurs ?
03:55Qu'est-ce qui vous permet de vous développer vers cette croissance ?
04:00Alors, la première chose importante,
04:02c'est que l'enjeu n'est pas de se démuscler.
04:05L'automobile est notre point fort, notre savoir-faire.
04:08Et l'automobile est un pourvoyeur de technologies
04:11qui peuvent intéresser l'aéronautique, le ferroviaire
04:14et la défense et d'autres secteurs.
04:15Donc, la première chose, évidemment,
04:17c'est de se renforcer, de se structurer autour de ces métiers.
04:20Ensuite, vous avez raison,
04:21c'est d'aller chercher de nouveaux marchés
04:23dans la défense, dans l'aéronautique,
04:25des marchés qui vont équilibrer plus les parts de chacun
04:29dans le chiffre d'affaires de Segula,
04:30mais aussi lui permettre de développer de nouvelles technologies,
04:35de nouveaux savoir-faire.
04:36Oui, parce que quand même, le secteur automobile,
04:38c'est pas forcément...
04:39En tout cas, il y a eu beaucoup de difficultés
04:40ces dernières années, même post-Covid, etc.
04:43Donc, c'est quand même de...
04:44Alors, la particularité de notre métier,
04:46c'est que ce n'est pas toujours dans les secteurs
04:48les moins simples,
04:50il y a le moins d'activités, puisque nos clients...
04:52D'accord, vous n'êtes pas forcément
04:52complètement dépendant de cette route et de cette croissance.
04:55Et nos clients ont besoin d'innover encore plus.
04:57Lorsque la compétition au ferrage et que le marché est compliqué,
05:00que la Chine produit des véhicules à bien des égards
05:04tout aussi compétitifs et meilleurs que les nôtres,
05:07eh bien, nos clients ont besoin de renouveler leur gamme,
05:11de réinventer leurs produits.
05:12Et dans ce cas-là, parfois, paradoxalement,
05:15les marchés complexes sont pour nous une opportunité.
05:19Concrètement, est-ce que vous pouvez nous détailler
05:20sur cette nouvelle structure actionnariale
05:24et comment ce financement,
05:26une nouvelle manière de financer cette croissance ?
05:28Alors, la société avait, donc, l'année dernière,
05:31une dette totalement insurmontable, insupportable.
05:34Et en fait, ce sont des partenaires de long terme,
05:36Eiffel, Eurasio,
05:37qui détenaient une partie de cette dette,
05:39qui ont accepté de jouer le jeu
05:41et de rentrer au capital.
05:42Donc, déjà, c'est une histoire humaine,
05:45puisque ce sont des sociétés,
05:46des gens qui ont cru, qui croient en la société,
05:49qui ont accepté, avec nos partenaires banquiers,
05:52de renégocier cette dette
05:54afin que Segula puisse survivre.
05:57Et désormais, Segula est désendettée
05:59de manière extrêmement massive,
06:01ce qui est tout à fait essentiel
06:03pour une société industrielle
06:04qui va pouvoir, à nouveau,
06:06se déployer sur ces marchés.
06:07Est-ce que cette histoire,
06:11cette restructuration, etc.,
06:13est-ce que vos clients ont pu vous suivre ?
06:15Parce que, est-ce que ce genre d'événement
06:18au sein d'une société,
06:19ça peut faire peur, etc.,
06:20est-ce qu'il confie ?
06:21Finalement, c'est une aventure
06:23qui a mal commencé,
06:25mais qui se termine bien.
06:26Les clients ont été absolument fantastiques.
06:29Tous les clients ont,
06:30malgré les difficultés,
06:32voulu, souhaité, poussé
06:33à ce que Segula puisse survivre.
06:35Nous n'avons aucun client
06:36qui a quitté le bord.
06:37Et au contraire,
06:38beaucoup de nos clients
06:39se sont inquiétés,
06:41se sont rapprochés de nous,
06:42nous ont parfois même protégés
06:43de nos propres difficultés,
06:45puisqu'on a pu remporter,
06:47par exemple,
06:48le contrat pour le groupe Airbus
06:51OneWeb,
06:51pour l'intégration des satellites,
06:53dans un contexte
06:54où notre situation financière
06:56aurait pu nous en prévenir.
06:58Et donc, là,
06:58on voit cette notion de long terme.
07:00Tous nos clients industriels
07:01savent que l'industrie
07:02n'est pas un fleuve tranquille,
07:03qu'ils peuvent demain
07:04subir des difficultés.
07:06Nous serons là,
07:06nous avons toujours été là
07:07et ils ont été là pour nous.
07:08Parce qu'il faut faire
07:10en fait la part des choses
07:11entre conjoncture industrielle
07:13et difficulté interne,
07:15parce que finalement,
07:16les carnets de commandes
07:17étaient là.
07:17Oui, et puis,
07:18ce qui est tout à fait
07:19spectaculaire dans Segula,
07:21c'est d'abord
07:22l'engagement des équipes,
07:23là aussi,
07:23les clients n'ont pas déserté,
07:25mais pas plus les équipes.
07:26Tout le monde s'est attaché
07:29autour de moi
07:30à reconstruire le futur.
07:31Et ensuite,
07:32ce qui est aussi
07:32très remarquable,
07:34c'est que cette société
07:35de 15 000 employés
07:36a plus d'un tiers
07:37de ces employés
07:38qui sont des experts,
07:39ce qui est absolument
07:40considérable.
07:41Et donc,
07:41ces experts,
07:42ils ont une valeur,
07:43ils ont un savoir-faire
07:44à la fois qu'ils pourront
07:45transmettre aux jeunes
07:46ingénieurs arrivants,
07:48mais aussi qui font que,
07:49pour nos clients,
07:50Segula n'est pas
07:51l'entreprise
07:52dont on peut se passer
07:53facilement,
07:54non pas tant
07:54qu'on soit indispensable,
07:55mais qu'on est très utile.
07:57Oui, en plus,
07:57on sait l'enjeu
07:58de la transmission
07:59des compétences
08:00dans l'industrie.
08:01Et pour terminer
08:03avec vous
08:04sur cette première partie,
08:06sur la feuille de route
08:072026-2030,
08:08comment est-ce que
08:08vous prévoyez
08:09de développer l'entreprise ?
08:11Quels sont les grands
08:11axes de développement ?
08:12D'abord,
08:13Segula a été renforcée
08:15dans une organisation
08:17plutôt que je qualifierais
08:18de regroupement.
08:20C'est-à-dire qu'avant,
08:20il y avait beaucoup
08:21de choses en stylo,
08:22donc on a beaucoup
08:23déstyloté l'entreprise.
08:25Ensuite,
08:25et donc on a organisé
08:26les forces autour
08:27de ces valeurs,
08:29nous avons décidé
08:30de remettre
08:31au goût du jour
08:33cette intelligence collective.
08:34Donc on parie beaucoup,
08:36c'est un pari
08:36que je fais
08:37avec beaucoup de plaisir,
08:38sur la force
08:39de nos équipes
08:40et leur capacité
08:40à travailler en collectif.
08:42Le monde industriel
08:43dont nous arrivons
08:43devient très complexe.
08:45Les problématiques asiatiques
08:46qui sont extrêmement performantes,
08:48mais aussi les problématiques
08:49politiques,
08:50mais aussi technologiques
08:51et puis aussi sociétales,
08:52font que personne aujourd'hui,
08:54aucune société autour de nous
08:56ne peut dire
08:56demain je serai là
08:57à coup sûr.
08:58Tout le monde doit se renforcer
08:59et il faut garder
09:00tout en étant
09:01une grosse entreprise,
09:02800 millions d'euros
09:03de chiffre d'affaires,
09:04capable de jouer
09:06comme une start-up,
09:07d'être capable
09:07d'aller vite
09:08sur ces marchés.
09:09L'IA est un enjeu
09:10qui va bousculer
09:11les lignes.
09:12L'IA hallucine,
09:13mais l'IA peut être
09:14aussi un outil
09:15extrêmement fort
09:15entre les mains
09:16de nos experts.
09:17Donc on a une bataille
09:18à mener
09:19et il fallait se libérer
09:20de cette espèce
09:22de boulet
09:22qui était cette dette
09:23et maintenant
09:24tout le monde
09:25chez Ségula
09:26est sur le terrain
09:26prêt à servir.
09:28Cyril Roger,
09:29merci beaucoup.
09:30On va vous rester avec nous,
09:31on va justement
09:31parler un peu plus
09:32en profondeur
09:33de ce monde
09:33industriel
09:34qui est en développement,
09:37qui change énormément,
09:39qui évolue énormément
09:40et tout de suite
09:40c'est le débat éco.
09:41Avec plaisir Céminou.
09:46Hausse des coûts
09:47de l'énergie,
09:48tensions commerciales,
09:50pressions fiscales,
09:51de nouveaux défis
09:52sont à relever
09:53pour la compétitivité
09:54des industriels français
09:55et quel jeu
09:56d'équilibre trouver.
09:57Pour en parler,
09:58je suis ravie
09:59d'être entourée
10:00de Frédéric Leriche.
10:01Bonjour,
10:01vous nous rejoignez
10:02pour le débat éco.
10:03Vous êtes directeur
10:04du LIMEPS,
10:05le laboratoire interdisciplinaire
10:07sur les mutations
10:08des espaces économiques
10:09et politiques de Paris-Saclay.
10:11Donc on dira LIMEPS.
10:13Et Cyril Roger,
10:13vous êtes toujours avec nous,
10:14président exécutif
10:15de Cegula Technologies.
10:17Merci beaucoup.
10:19Frédéric Leriche,
10:20je me tourne vers vous.
10:20Tout d'abord,
10:21l'industrie française,
10:23ça représente
10:24près de 10% du PIB.
10:26Ma question
10:27par rapport
10:28à la compétitivité,
10:29c'est de savoir
10:30est-ce qu'il faut
10:30nécessairement
10:32déjà travailler
10:33sur la réindustrialisation
10:35de notre pays
10:36pour plus de compétitivité
10:38ou déjà
10:38gagner en compétitivité
10:39on pourrait le faire
10:41seulement avec
10:42ce pourcentage
10:43de 10%
10:44de PIB ?
10:46Je crois que vous faites
10:47bien de souligner
10:47que nous sommes
10:48à 10%
10:48en PIB
10:49en France
10:50qui est représenté
10:51par l'industrie.
10:52Nous sommes au niveau
10:53de la Grèce.
10:54Qui a beaucoup baissé
10:55depuis
10:56de nombreuses années.
10:58Oui,
10:58tout à fait.
10:58L'Allemagne
10:59est à peu près
10:59à 19%.
11:00L'Italie
11:01à peu près
11:01à 18%.
11:02Je crois que ce sont
11:03des pays
11:03qu'il faut prendre
11:04ces éléments
11:04de comparaison
11:06en considération.
11:08moi je crois
11:09que la question
11:10de la compétitivité
11:11elle se pose
11:12pour la France
11:12d'une manière
11:13un peu particulière
11:14parce que nous sommes
11:14dans un modèle
11:15où on ne sait pas
11:17exactement
11:17où il faut
11:18nous positionner.
11:20Parce que
11:20à mon sens
11:21je suis universitaire
11:22j'observe
11:22les choses
11:23de l'extérieur
11:23il y a deux stratégies
11:25industrielles possibles
11:26une stratégie
11:26qu'on peut résumer
11:27tout simplement
11:27par les termes
11:28de flexibilité offensive
11:29et territorialisation
11:31qui vont ensemble
11:32que je vais essayer
11:32d'expliquer un petit peu
11:33ou alors
11:35flexibilité défensive
11:36et localisation
11:37que je vais expliquer
11:38également.
11:39Alors cette idée
11:39de flexibilité offensive
11:41et de territorialisation
11:42c'est l'idée
11:43qu'on peut avoir
11:43une trajectoire
11:44de développement
11:45et j'ai apprécié
11:46d'écouter ce que vous disiez
11:47parce que ça va
11:47dans ce sens
11:48qui repose sur l'innovation
11:50l'innovation
11:50comme un facteur
11:51de compétitivité
11:51sur la qualité des produits
11:53sur une main d'oeuvre
11:55qualifiée
11:56compétente
11:57chère
11:58du coup
12:01donc des caractéristiques
12:02un petit peu particulières
12:03pour développer l'industrie
12:04on a des exemples
12:05on a l'exemple
12:06par exemple
12:06votre entreprise
12:07justement
12:08mais on a des exemples
12:09plus généraux
12:09comme la Suisse
12:10ou l'Allemagne
12:11par exemple
12:12et on sait que la main d'oeuvre
12:13suisse ou allemande
12:13n'est pas bon marché
12:15oui
12:15mais réussissent
12:16grâce à cette
12:18mais ça réussit
12:19en France
12:19on a un exemple
12:20tout simplement
12:21à Toulouse
12:21par exemple
12:22autour de l'industrie
12:23aéronautique
12:23ou de l'industrie spatiale
12:25ce que je veux dire par là
12:26en associant le terme
12:27territorialisation
12:28c'est que
12:29les ressources
12:30dont une entreprise
12:31a besoin
12:31sont ancrées dans un territoire
12:33et l'entreprise
12:34est fidèle
12:35au territoire
12:36parce que les ressources
12:36dont elle a besoin
12:37sont présentes
12:38et il y a un équilibre
12:39qui est trouvé
12:40et il y a un équilibre
12:41et il y a une dynamique
12:41un développement de gènes
12:43qui se met en marche
12:43et ça fonctionne
12:44sur le temps long
12:45en revanche
12:46la flexibilité défensive
12:47que j'associe
12:48à l'idée de localisation
12:49c'est un peu le contraire
12:50en quelque sorte
12:51on réfléchit en termes
12:52de compétitivité
12:53par les coûts
12:54en termes de produits
12:56plus ou moins banals
12:57on ne s'intéresse pas
12:58forcément à la qualité
12:59ce ne sont pas forcément
12:59des produits
13:00de mauvaise qualité
13:01mais ce n'est pas la priorité
13:02ou une main d'oeuvre
13:04peu qualifiée
13:05bon marché
13:06et éventuellement disponible
13:08dans plusieurs endroits
13:09de l'espace géographique
13:10donc sur cette base là
13:12on est tout de suite
13:13en concurrence
13:14avec des pays
13:14comme la Turquie
13:15le Maroc par exemple
13:15ou la Chine
13:16aujourd'hui
13:17ce qui fait que
13:18dans des secteurs
13:18comme le textile par exemple
13:20l'industrie française
13:21a été frappée
13:21de plein fouet
13:22pour ces raisons là
13:23et les entreprises
13:25sont en clean
13:26si elles le peuvent
13:27à se délocaliser
13:29tout simplement
13:29ça s'oppose
13:30ou c'est possible
13:31de faire une stratégie
13:33d'entreprise
13:33qui jouerait
13:34sur les deux tableaux
13:35en général
13:36les entreprises
13:37elles font un choix
13:38sur un axe
13:39ou sur un autre axe
13:40la difficulté
13:40à l'échelle française
13:42à l'échelle du pays
13:43dans son ensemble
13:44c'est qu'on n'a pas
13:45complètement décidé
13:46et je crois
13:47que c'est au monde politique
13:47de faire un choix
13:48pour accompagner
13:50les entreprises
13:51dans un sens
13:52ou dans un autre
13:52mais plutôt dans le sens
13:53de l'innovation
13:54parce que du coup
13:54vous correspondrez plus
13:55à la France
13:55ce serait pour vous
13:57si on suit votre logique
13:58de renforcer
13:59la territorialité
14:00de chaque industrie
14:01tout à fait
14:02oui
14:04comment est-ce que vous
14:05justement
14:05vous avez parlé
14:06au tout début
14:07de ces contraintes
14:08de prix de l'énergie
14:11les concurrences
14:11comment ça se répercute
14:13dans votre
14:14dans votre entreprise
14:16comment est-ce que vous voyez
14:17peut-être l'avenir
14:18pour
14:19l'encontre
14:20de ce qui est
14:20pour reprendre
14:22effectivement
14:22les propos
14:23de mon collègue
14:24je pense que
14:25ce qui est particulier
14:26c'est que nos clients
14:28sont
14:29il y a submergé
14:30de contraintes
14:31et pourtant
14:32ils grandissent
14:33et le choix
14:34qui a été fait
14:35il y a une quarantaine
14:36d'années
14:36une cinquantaine
14:36d'années
14:37de dire
14:38soyons faiblesse
14:39laissons au pays
14:40dit low cost
14:40le soin de faire
14:41des métiers industriels
14:42est une immense erreur
14:44car
14:45contrairement à ce qu'on peut penser
14:46quand on n'est pas industriel
14:47l'industrie
14:48est d'une très grande complexité
14:50nécessite des ingénieurs
14:51de très haut niveau
14:52et quand on perd
14:53l'industrie
14:54peu de temps après
14:55on perd tout le reste
14:56donc je pense qu'il faut
14:57recentrer au delà du mot
14:59réindustrialiser
14:59il faut d'abord et surtout
15:00reprendre le pouvoir
15:01la maîtrise de notre destin
15:02en disant
15:03c'est important
15:04d'être dans l'aéronautique
15:05c'est important
15:06d'être dans la défense
15:07on l'a vu
15:07et ce n'est pas quelque chose
15:09qu'on peut déléguer
15:10aujourd'hui on parle aussi
15:12de sujets plutôt d'électronique
15:14on a des systèmes
15:15souverains
15:15pas souverains
15:16mais comment en est-on arrivé là
15:18comment a-t-on pu laisser
15:19à ce point dériver
15:20ces chaînes industrielles
15:21en pensant
15:22qu'on pouvait mettre un bout
15:23en Chine
15:24un bout aux US
15:24et pouvoir garder
15:25la maîtrise
15:26ce n'est pas le cas
15:27est-ce que vos clients
15:30subissent les mêmes
15:31contraintes que vous
15:32parce que vous êtes
15:33dans l'ingénierie
15:34industrielle
15:35est-ce que vous subissez
15:36les mêmes éléments
15:37les mêmes contraintes
15:38et du coup
15:39est-ce que c'est encore
15:39plus difficile pour vous
15:40de réagir ?
15:41disons qu'on est
15:42dans le même bateau
15:43on a les mêmes vagues
15:45qui frappent la coque
15:45après on n'a pas
15:46les mêmes manières
15:47d'y réagir
15:47nos modèles sont différents
15:48nous notre problématique
15:50elle a été longtemps
15:51une recherche
15:52comme le disait
15:53effectivement Frédéric
15:54par les coûts
15:56ça a donné
15:57l'Inde
15:57ça a donné
15:58beaucoup de sujets
15:59mais en réalité
16:00avec le temps
16:00on se rend compte
16:01qu'on passe
16:02d'une société
16:02de la compétence
16:03à une société
16:04du savoir
16:04et quand on transfère
16:06des choses
16:07low cost
16:07on a du low cost
16:09aujourd'hui on le voit
16:10d'ailleurs c'est une réalité
16:11en Inde ou en Chine
16:12ce n'est plus les coûts
16:13qui dirigent les entreprises
16:14c'est la compétitivité
16:15la performance
16:16et avec l'IA
16:17on peut être
16:18très compétitif
16:19à maubeuge
16:20donc je pense
16:21qu'il faut repenser
16:21les chaînes industrielles
16:22et je pense là aussi
16:23mais c'est malheureusement
16:24un peu tard
16:25qu'il faut laisser
16:26à chacun son métier
16:27c'est aux industriels
16:29de faire de l'industrie
16:29et pas aux politiques
16:30chacun son métier
16:31IA, technologie
16:33c'est pour vous
16:33le principal levier
16:35de compétitivité
16:36ce qui est le levier
16:37principal
16:38c'est d'être capable
16:39de maîtriser
16:40une chaîne industrielle
16:41l'IA est un outil
16:43et à bord
16:44ce sont les IA
16:45il y a différents types d'IA
16:46et puis une IA
16:47sans un expert
16:48un ingénieur
16:48de très haut niveau
16:49ça peut être catastrophique
16:51donc en réalité
16:52le vrai enjeu
16:53n'est pas tant
16:54de se dire
16:55IA ou pas IA
16:56ou l'Europe
16:57ou pas l'Europe
16:58c'est surtout de se dire
16:58est-ce que moi
16:59en tant qu'industriel
17:00j'ai des experts
17:02des gens
17:02avec des cheveux blancs
17:04souvent
17:04qui sont capables
17:05de faire
17:05marcher mon usine
17:06marcher mes produits
17:07et ces experts
17:08seront les premiers
17:09à se servir de l'IA
17:10au profit
17:11de la performance
17:13Frédéric justement
17:13sur ces leviers
17:14de compétitivité
17:15pour vous
17:16est-ce qu'il y en aurait
17:17qui soient sous-estimés
17:18est-ce qu'il y aurait
17:18des priorités
17:19oui
17:20je vais rebondir
17:21sur ce qu'a dit Cyril
17:23on est vraiment en phase
17:24en fait
17:25parce que
17:25je crois que
17:27qu'est-ce qu'il faut faire
17:27en fait
17:28d'une certaine manière
17:29il y a évidemment
17:30un soutien
17:31qui doit être apporté
17:32à certains secteurs
17:33stratégiques
17:34on sous-estime
17:35la question du nucléaire
17:36je crois
17:37la question de l'énergie
17:37qui est
17:39dans quel sens
17:40c'est-à-dire que
17:40comme les entreprises
17:42subissent les hausses des coûts
17:43que le nucléaire
17:44pourrait permettre
17:45tout à fait
17:45à fortiori
17:46dans la situation
17:46d'aujourd'hui
17:47avec les coûts du pétrole
17:49qui augmentent
17:50on le voit bien
17:51dans l'actualité
17:52donc
17:52le secteur nucléaire
17:54l'intelligence artificielle
17:55le ferroviaire
17:56que vous avez évoqué
17:56tout à l'heure
17:57ou encore
17:57l'espace
17:58l'aéronautique
17:59je soulignerai aussi
18:01les industries culturelles
18:02dont on parle pas beaucoup
18:03mais les industries culturelles
18:04l'industrie cinématographique
18:05l'audiovisuel
18:06c'est pas une industrie
18:07au sens manufacturier du terme
18:08on est d'accord
18:09mais c'est un secteur
18:10d'exportation
18:12bénéficiaire
18:12dans la balance commerciale
18:14française
18:14il y a très peu de secteurs
18:15où nous dégageons
18:16un excédent commercial
18:16on peut rappeler
18:17que là
18:18au moins
18:18on a des cartes
18:20à jouer
18:21oui tout à fait
18:22donc il y a ça
18:23le soutien apporté
18:24à certains secteurs
18:24il faut réfléchir
18:26exactement
18:26qu'est-ce qu'il faut faire
18:27c'est un soutien politique
18:28oui oui
18:29ou des choix
18:30réglementaires
18:31réglementaires
18:31de choix d'investissement
18:32par exemple
18:33de choix aussi
18:34de quelle université soutenir
18:37quel programme de recherche
18:38soutenir
18:39c'est de cet ordre là
18:40il y a un deuxième soutien
18:41qui me paraît important
18:42à apporter
18:43je vais répondre
18:44à votre question tout à l'heure
18:45bien évidemment
18:46je ne l'oublie pas
18:46mais il y a un deuxième point
18:47qui me paraît important
18:48quand même
18:48c'est la commande publique
18:50on oublie l'importance
18:52de la commande publique
18:52parce que
18:53si on regarde
18:54en fait je vais le dire
18:55un peu sévèrement
18:56mais l'état français
18:57est un très mauvais consommateur
19:00l'état français
19:02achète 60%
19:03de ses besoins
19:04à l'étranger
19:05c'est-à-dire
19:06ça creuse
19:06la balance commerciale
19:07française
19:08en Allemagne
19:09par exemple
19:09ils sont à 40%
19:10la commande publique
19:12est importée
19:13à 40%
19:14c'est-à-dire que
19:14si en France
19:15on pouvait passer
19:16à 60%
19:16inverser la tendance
19:17tout à fait
19:17inverser la tendance
19:18c'est 15 milliards
19:1915 milliards d'euros
19:20qui du jour au lendemain
19:22au lieu d'être déversés
19:23en direction d'entreprises
19:24qui sont à l'étranger
19:26bénéficierait
19:26aux entreprises françaises
19:2815 milliards
19:29c'est pas négligeable
19:30je crois
19:31donc il faut prendre ça
19:32en considération
19:33d'autant que
19:33sur cette question
19:34de l'aide publique
19:35les Etats-Unis
19:36n'ont pas attendu
19:37qu'on leur autorise
19:38le droit de faire
19:39ce qu'ils ont envie
19:40de faire sur ces questions-là
19:41en 1933
19:42a été voté
19:44le premier
19:44Buy American Act
19:46qui est renouvelé
19:48régulièrement
19:48on en a entendu parler
19:49récemment
19:50Donald Trump
19:51Joe Biden
19:52avait mis ça
19:53à nouveau en marche
19:54ou avait renouvelé
19:55cette loi
19:56mais surtout
19:57en 1953
19:58a été voté
19:59la Small Business Act
20:02qui est une loi
20:03en fait très très importante
20:05parce qu'elle ouvre
20:06aux petites entreprises
20:08américaines
20:08bien sûr
20:09des marchés publics
20:11et donc ça donne
20:12un point d'amorçage
20:14pour des entreprises
20:15avec une garantie
20:16qu'une partie
20:17des marchés publics
20:18leur est accordée
20:19et donc c'est un point
20:20de démarrage
20:21pour des entreprises
20:22et en plus
20:23et par la suite
20:25ce sont des marchés
20:26qui s'étendent
20:27quand on dit
20:27des marchés
20:27qui s'étendent
20:28des gains de productivité
20:29des gains de compétitivité
20:30donc ça c'est
20:31la question
20:31de la commande publique
20:32c'est fondamental
20:33on l'oublie
20:34on fait comme si
20:35c'était normal
20:35mais non
20:36mais l'Etat français
20:36n'est pas un bon exemple
20:37et puis le troisième point
20:38je reviens plus directement
20:40à votre question
20:40parce que je pense
20:41que c'est une question
20:42fondamentale
20:43et ça rejoint
20:44ce que vous disiez
20:44Cyril
20:45sur l'histoire
20:46de la désindustrialisation
20:48française
20:48qui est aussi
20:49une histoire
20:50de la désindustrialisation
20:52intellectuelle
20:53mentale
20:54j'ai envie de dire
20:54presque morale
20:56nous
20:5750 années
20:58de désindustrialisation
20:59donc on n'y croit plus
21:00et je crois
21:00qu'il faut
21:02réinventer
21:03un imaginaire industriel
21:04il faut
21:05effectivement
21:06il faut y croire
21:07il faut travailler
21:09la culture technique
21:10la culture industrielle
21:11la culture d'entreprise
21:15l'industrie
21:16elle est mal comprise
21:17l'industrie est mal comprise
21:18mal aimée aussi
21:19de manière un peu caricaturale
21:20je suis un peu long
21:21mais
21:22c'est vrai qu'on a aussi souvent
21:23industrie et enjeux environnementaux
21:25il y a beaucoup d'éléments
21:26alors que
21:28quand une entreprise
21:31ferme
21:31il y a des manifestants
21:32qui disent
21:33on n'est pas d'accord
21:33quand une entreprise
21:34ouvre
21:35il y a des manifestants
21:35qui disent
21:36on n'est pas d'accord
21:36on est dans une espèce
21:37de schizophrénie en France
21:38dans notre rapport
21:39à l'industrie
21:40qu'il va falloir
21:41prendre de face
21:42je voudrais juste
21:43dire un petit mot
21:44sur un chercheur américain
21:47qui s'appelle
21:48Dan Wang
21:48qui est d'origine chinoise
21:50qui a publié très récemment
21:51un livre
21:52sur la Chine
21:54et sur le succès
21:54industriel de la Chine
21:55et il rappelle
21:56utilement
21:57que la Chine
21:58est dirigée
21:58par des ingénieurs
21:59et je crois
22:00qu'en France
22:01vous évoquez un petit peu ça
22:02finalement tout à l'heure
22:03il y a beaucoup de politiciens
22:05ils font très bien
22:06leur métier de politiciens
22:07mais je crois
22:07qu'on a besoin
22:08de culture technique
22:09et on a besoin
22:10de culture
22:11en ingénierie
22:12y compris dans le monde politique
22:13vous avez parlé
22:14justement des Etats-Unis
22:15là on a vu
22:16que Xi Jinping
22:17et Donald Trump
22:19s'étaient rencontrés
22:20ils ont créé
22:21des accords
22:22de droit de douane
22:23notamment sur des matières premières
22:25bois etc
22:25ça c'est des éléments
22:27qui pour vous
22:28sont inquiétants
22:29par rapport à la place
22:31de l'Europe
22:31et ces deux pôles
22:34Etats-Unis
22:36Chine
22:36sur la place industrielle
22:37Sur le point de vue
22:39purement industriel
22:40oui je rajouterais
22:41je suis géographe
22:42et je m'intéresse aussi
22:43à des enjeux
22:43de relations internationales
22:45et géopolitiques
22:46il y a aussi la Russie
22:47qui rentre dans l'équation
22:48sur des thématiques
22:49un peu différentes
22:50mais pour répondre
22:51directement à votre question
22:53oui l'Europe
22:53doit se réveiller
22:55pour devenir
22:56une puissance
22:59géopolitique
22:59et qui dit puissance
23:00géopolitique
23:01il faut donc
23:03mettre en place
23:04une stratégie
23:04au coeur de la stratégie
23:06c'est l'industrie
23:07sur cette base là
23:08il me semble que
23:09l'Europe
23:10a des cartes à jouer
23:12encore faut-il
23:13qu'elle en ait envie
23:14pour plagier un petit peu
23:15Raymond Aron
23:16qui disait quelque chose
23:16de cet ordre là
23:18en termes de protection
23:19d'abord
23:20c'est à dire
23:20il y a un débat
23:21sur l'automobile électrique
23:22vous maîtrisez bien
23:24ce débat
23:25sur l'automobile électrique
23:26en 1834
23:28je reviens un petit peu
23:29en arrière
23:29mais en 1834
23:30les états allemands
23:32ont instauré
23:33ce qui s'appelle
23:33la Zollverein
23:34c'est à dire
23:35un marché commun
23:36avec une protection douanière
23:38ça a marché
23:39l'objectif c'était
23:40de se protéger
23:42contre
23:42l'industrie britannique
23:44au début du 19ème siècle
23:46l'industrie la plus puissante
23:47c'est l'industrie britannique
23:48bien évidemment
23:48et l'industrie naissante
23:50c'est un concept
23:50en géographie économique
23:52le concept
23:52d'industrie naissante
23:53l'industrie naissante
23:55en Allemagne
23:55il faut la protéger
23:56aujourd'hui
23:57dans le domaine
23:57de l'industrie automobile
23:59on est un peu
24:00dans une situation comparable
24:01c'est à dire
24:01que l'industrie automobile
24:02électrique
24:03japonaise
24:04pardon
24:05chinoise
24:06est extrêmement puissante
24:08si on ne fait rien
24:09on va se retrouver
24:09dans une difficulté
24:10absolument colossale
24:11et il faut faire quelque chose
24:12et Cyril Roger
24:13ça vous touche
24:16principalement
24:16bien sûr
24:17en fait
24:17la Chine est un exemple
24:19d'ailleurs
24:19c'est un peu
24:20une leçon de l'histoire
24:20une punition de l'histoire
24:21on a longtemps considéré
24:22qu'ils nous copiaient
24:23et maintenant
24:23on essaie de voir
24:24comment on peut les copier
24:25mais ce que je retiens
24:26vraiment de la Chine
24:28c'est ce darwinisme encadré
24:30c'est à dire
24:30je lance un secteur
24:31l'automobile
24:32je laisse les sociétés
24:33je les aide énormément
24:34puis à un moment donné
24:35j'arrête de les aider
24:36puis ils survivent les meilleurs
24:37et je trouve que
24:38cela a prouvé
24:40une certaine
24:41parce que
24:41on pourrait dire
24:42ils sont low cost
24:43non
24:44les véhicules chinois
24:45sont de très grande qualité
24:46et donc
24:47on a peut-être
24:48un peu trop
24:49en fait
24:50c'est le temps long
24:51on a oublié une chose
24:52c'est qu'on ne peut pas
24:53changer de cap
24:54tous les 5 minutes
24:54et les chinois
24:55ont cet encadrement
24:57de l'industrie
24:58qui a d'autres inconvénients
24:59mais qui pour le coup
25:01a un avantage
25:02ce que je dirais là-dessus
25:02c'est quoi
25:03c'est qu'on ne peut pas
25:04à la fois avoir la tête
25:05qui dit
25:05je veux que mon pays
25:07ait pu créer plus de valeur
25:08et avoir les jambes
25:09qui font une fiscalité
25:10qui poussent
25:11à la mettre à l'extérieur
25:12donc tout ça
25:13c'est une problématique
25:14de politique industrielle
25:15on a connu avec le général de Gaulle
25:16qui revient beaucoup
25:16à la vote en ce moment
25:18on avait la volonté
25:19la Corée
25:20c'est l'échebol
25:21c'est qu'à un moment donné
25:22l'état a dit
25:22bon
25:23je vais être numéro 1
25:24dans un domaine
25:24le Canada pour les jeux vidéo
25:25je vais investir
25:27nous c'est un peu
25:28une politique à la gribouille
25:29on en voit un peu
25:30dans tous les sens
25:31on corrige le tir à court terme
25:32en se disant
25:33on verra bien ce qui se passe
25:34c'est pas le cas des autres
25:35et je crois qu'aujourd'hui
25:36même l'État livre
25:37nous rend des points
25:38je crois qu'il est temps
25:39de se réveiller
25:39vous développez désormais
25:42dans votre feuille de route
25:43un développement
25:45à l'international
25:45dans quel pays
25:47justement
25:47alors on est dans
25:48la moitié du CFR
25:49est fait à l'international
25:49oui
25:50on a près de 5000 collaborateurs
25:52du Canada à l'Argentine
25:53on a plus de 1000 collaborateurs
25:55en Inde
25:55un millier en Asie
25:57donc oui
25:57mais on l'a pas attendu
25:59parce que nos clients
26:00nous ont poussé
26:01c'est pas une politique
26:03qu'on a décidé
26:03un beau matin
26:04c'est que dans l'équation
26:06industrielle
26:07ne pas être en Chine
26:08ça n'a pas de sens
26:09ne pas être au Maroc
26:10qui est une nation
26:11remarquable
26:12ça n'a pas de sens
26:12après
26:13la planète est devenue
26:15unique
26:15on va
26:16en temps réel
26:17on peut dialoguer
26:17avec n'importe qui
26:18mais avec les droits de douane
26:19et puis d'autres considérations
26:20c'est devenu du multilocal
26:22donc l'équation
26:23pour une entreprise
26:24de la taille de cégula
26:25est déjà complexe
26:26mais alors pour des PME
26:27c'est insurmontable
26:28donc c'est là
26:29où les gouvernements
26:29pourraient justement
26:30faciliter ces choses là
26:31et autant que je puisse
26:33en juger
26:33c'est pas le cas aujourd'hui
26:34donc là
26:34si tous les deux
26:35vous deviez
26:36donner une priorité
26:37pour ces prochaines années
26:39ce serait
26:40que ce serait
26:40simplification
26:42donnée par le politique
26:45je crois que
26:46l'échelon européen
26:47le bon échelon
26:48en termes de
26:49de politique industrielle
26:51encore une fois
26:51pour rebondir sur le sujet
26:53qu'on évoquait tout à l'heure
26:54c'est pour faire face
26:55à la Chine
26:55et aux Etats-Unis
26:56il faut faire masse
26:57et l'Europe
26:58peut faire masse
26:59effectivement
27:00mais ça veut dire
27:01qu'aussi
27:01il y a un point important
27:02concernant l'Union Européenne
27:04c'est qu'il faut changer
27:04de philosophie
27:05la philosophie de l'Union Européenne
27:07jusqu'à présent
27:07c'est stimuler
27:08la concurrence intra-européenne
27:10au nom du droit
27:12du consommateur
27:13au nom
27:14du pouvoir d'achat
27:16du consommateur
27:16je crois que ça bénéficie
27:18à d'autres acteurs
27:19dont des acteurs chinois
27:20et là il faut se réveiller
27:21par rapport à ça
27:22et je crois que la philosophie européenne
27:24désormais doit être
27:24de favoriser
27:25l'émergence
27:26de champions européens
27:27qui vont être en capacité
27:28d'être compétitifs
27:30par rapport justement
27:31aux entreprises chinoises
27:33américaines et autres
27:34vous avez parfaitement raison
27:36et j'ajouterais
27:36que l'Europe
27:38devrait
27:38beaucoup plus
27:41encadrer
27:41que vouloir légiférer
27:43je pense que dans l'industrie
27:44personne ne sait mieux
27:45même dans l'électrique
27:46personne ne sait mieux
27:47que les experts
27:48de ce métier
27:49comment ça fonctionne
27:50vouloir dire
27:51on va intervenir
27:53à tous les niveaux
27:53de la chaîne de valeur
27:54et la rendre hyper statique
27:56facilite
27:57l'arrivée des chinois
27:58et surtout
27:59complexifie énormément
28:00pour nos entreprises
28:01Cyril Roger
28:02merci beaucoup
28:02vous êtes président exécutif
28:04de Segula Technologies
28:05Frédéric Le Riche
28:06directeur du Limex
28:08merci à tous les deux
28:09pour ce débat éco
28:10et merci à vous
28:11toutes et tous
28:11de nous avoir suivis
28:12c'était Smartéco
28:13merci
28:14merci à tous les deux
28:18on est
28:18au-dessus de la ville
28:18et aussi à tous les deux
28:22aussi à tous les deux
28:24qui est
28:24c'est
28:24un peu

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