Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 39 minutes
La hausse exponentielle du prix des carburants va-t-elle gripper les entreprises françaises ? Au-delà des coûts de fonctionnement, de nombreux actifs risquent de constater qu’aller travailler leur fait perdre de l’argent…

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:03Générique
00:12Le cercle RH, le débat d'actu, évidemment, centré sur l'enjeu des carburants.
00:17Alors, beaucoup de corps de métiers sont en première ligne.
00:19Les ambulanciers, les taxis, les auto-écoles, les infirmières libérales,
00:23tous ces métiers qui sont des gros rouleurs et qui ont besoin, évidemment, d'une aide.
00:28On découvre, et on va en parler, que les Français ne vont pas sur le site pour bénéficier de ces
00:33aides.
00:33Trop compliqué, trop long, trop administratif.
00:36Bref, c'est une crise importante qui s'installe dans notre pays
00:39et qui va impacter à la fois les entreprises, mais aussi les salariés.
00:43On en parle avec mes invités, c'est le débat d'actu,
00:46avec des annonces et une prise de position du président de la République vendredi dernier
00:50pour dire, pas d'aide massive, nous n'irons pas plus loin que ce que l'on fait aujourd'hui.
00:55Alexandre Lamy est avec nous. Bonjour Alexandre.
00:57Bonjour Amon.
00:57Très heureux de vous accueillir, avocat en droit social, un think tank.
01:02Néos.
01:02Néos, pour parler de plein de sujets.
01:04Je ne sais pas si vous avez décidé de vous pencher sur le sujet de carburant.
01:07Pas celui-ci.
01:08Pas celui-ci, ce n'est pas un sujet Néos.
01:11Je pense qu'on en parlera, c'est un sujet Néos
01:14parce que ça pose beaucoup d'autres questions
01:16que la seule question relative à la prise en charge des frais de carburant,
01:19en tout cas dans les entreprises et pour l'accompagnement des salariés,
01:22mais pas directement ce sujet-là, non.
01:24À suivre donc du côté de Néos, mais vous êtes bien avec nous pour ce débat.
01:28Merci.
01:29Et Loïc Michel est avec nous.
01:30Bonjour Loïc.
01:30Merci de revenir.
01:31CEO de 365 Talents.
01:33On dit bien 365 ?
01:34On dit bien 365.
01:36Et pas 365 Talents.
01:37Absolument.
01:37Plus facile à dire.
01:38Plus facile à dire.
01:39Merci d'être là.
01:41La Une du Monde titrait carburant de poing.
01:44Les carburants s'invitent dans la campagne présidentielle
01:46avec un débat politique qui est posé.
01:49Quel est le regard que vous portez sur la position qu'a choisi de porter le président de la République
01:56?
01:56Pas d'aide massive.
01:57On ne crame pas la caisse.
01:59Et on fait des aides ciblées qui vont être prorogées, prolongées.
02:03Est-ce que c'est suffisant ?
02:04Est-ce que c'est à la hauteur de la crise face à laquelle nous sommes ?
02:06Alors la crise, c'est une crise d'ampleur, on le sait,
02:09parce que non seulement les carburants en sont touchés,
02:11le gaz est également touché.
02:13Plus 6%.
02:14Plus 6%.
02:14Et on se rend compte aussi que le marché électrique,
02:17de l'énergie électrique, est touché également.
02:21Vous disiez que c'est un débat qui s'invite dans la campagne présidentielle,
02:25ce qui est assez naturel compte tenu de l'ampleur du débat,
02:27parce que ça touche à la question du pouvoir d'achat des Français et des salariés.
02:32Mais c'est un sujet aussi qui s'invite grandement dans l'entreprise.
02:35C'est-à-dire que, de mon regard et de mon point de vue,
02:38de plus en plus s'ouvrent dans l'entreprise des négociations
02:43relatives à l'accompagnement des contraintes budgétaires que subissent les salariés.
02:48Des compensations ?
02:49Des compensations, forcément, parce que ça touche à la question du pouvoir d'achat.
02:53Donc on va parler de compensations financières,
02:56notamment dans le cadre des NAO qui vont s'ouvrir,
02:59mais également de mesures ciblées.
03:00C'est-à-dire ce que vous disiez du gouvernement qui évoque des mesures ciblées.
03:04Les entreprises aussi, dans le cadre de leurs négociations,
03:09s'attachent de plus en plus, non pas au combien,
03:12ce qui était le cas lors des précédents chocs inflationnistes que l'on a connus,
03:17mais plutôt du comment.
03:19Quels outils, quels dispositifs peut-on mettre en place
03:22pour accompagner au mieux les contraintes budgétaires des salariés ?
03:25Dieu sait que ce sont des sujets qui rentrent déjà dans le cadre de la négociation dans l'entreprise
03:29au travers de différentes mesures comme la prime carburant, mobilité durable, etc.
03:34Loïc ?
03:34Oui, ce qui est intéressant sur ce que tu viens d'évoquer,
03:37c'est que la question, elle portait sur un choix ou une décision politique
03:43et on y répond par le prisme de l'entreprise,
03:48comme si le poids là devait se déporter et en vérité il se déporte.
03:51Comme si l'État n'avait plus d'argent.
03:53En tout cas, et les entreprises de moins en moins.
03:57Donc vous dites, la vertu de cette crise, je le redis, qui risque de durer,
04:01et qui risque de durer dans le temps, c'est que l'entreprise,
04:04moi je n'ai pas encore vu beaucoup d'entreprises prendre l'initiative,
04:06mais vous dites, l'entreprise doit en tout cas prendre des initiatives sur ce sujet.
04:11Moi je pense que c'est mieux si c'est le gouvernement qui s'en occupe,
04:14mais force est de constater que peut-être qu'il ne s'en occupera pas autant que nécessaire,
04:21donc c'est peut-être aux entreprises de faire le bout de chemin qui reste.
04:25Et ce bout de chemin, il est très dépendant de l'industrie dans laquelle l'entreprise opère,
04:30très dépendant des métiers, très dépendant des bassins d'emploi sur lesquels l'entreprise est installée,
04:36donc il y a plein de variantes.
04:38Et c'est, on va dire, c'est un nouveau sujet qui s'empile sur la to-do liste des
04:41leaders RH et des directions RH,
04:44notamment, qui ont beaucoup à faire cette année.
04:45On a une crise, Hormuz va rester bloquée, nous ditons encore plusieurs mois,
04:49on pensait que ça serait réglé, ça va durer.
04:51L'approvisionnement côté mer rouge est compliqué.
04:54Est-ce qu'on est de retour un peu à la crise Covid,
04:57où les entreprises se sont dit, bon on a des salariés qui, pour des raisons médicales, sanitaires,
05:02ne pourront pas venir au travail ?
05:03Là, on est un peu dans le même sujet.
05:05Il y a des salariés qui vous disent, moi je ne peux pas venir au travail,
05:07parce qu'en fait, ça va me coûter plus cher d'aller travailler que de rester à la maison.
05:10Est-ce qu'on ne repart pas à l'idée que tout le monde au télétravail,
05:13on ne bouge plus, on laisse les voitures au garage ?
05:15C'est extrêmement intéressant, ce que vous dites, comme souvent Arnaud.
05:17Oui, c'est vrai, c'est assez juste.
05:19Mais les problématiques que l'on voit émerger dans l'entreprise,
05:23dans le cadre des négociations que j'évoquais,
05:25sont celles qui étaient évoquées dans le cadre des négociations pour accompagner le Covid,
05:29mais sous un angle différent.
05:31Alors évidemment, on va y avoir l'angle mobilité,
05:34la mobilisation des dispositifs existants sur la prime carburant,
05:39une question de prime énergie.
05:41Alors attention à la gestion de ces dispositifs,
05:43qui ne sont pas tous les mêmes et qui sont soumis à des contraintes juridiques.
05:47Sans jeu de mots, c'est des usines à gaz par ailleurs.
05:49Peut-être des usines à gaz, et peut-être qu'une piste de réflexion serait,
05:51côté gouvernemental, serait de simplifier l'ensemble de ces dispositifs
05:56pour inciter les entreprises, notamment en s'agissant de la prise en charge de frais professionnels,
06:02pour négocier ce type de mesures.
06:03Mais le télétravail, par exemple, pour reprendre ce sujet que vous évoquiez,
06:07était à l'époque envisagé sous l'angle de la qualité de vie au travail.
06:11Là, il revient sous l'angle de l'organisation du travail,
06:13et non plus le financement, la gestion et la mise en place de dispositifs
06:18au soutien de financement des contraintes du salarié,
06:21mais de réduction des contraintes du salarié.
06:24Donc on a le télétravail, mais on a une autre question
06:26qui est tout aussi essentielle que celle du télétravail,
06:28qui pour moi est une question extrêmement importante,
06:31qui est l'organisation du travail lui-même.
06:33Donc la réduction de la contrainte par l'interrogation de l'organisation du travail,
06:37et donc la gestion des temps de travail.
06:39Loïc, favorable à cette idée ?
06:40Parce qu'en plus, ce serait bon pour le climat.
06:42On n'a pas de pluie depuis trois mois,
06:44et les pollutions atmosphériques, évidemment,
06:46sont encore plus présentes que lorsqu'il ne pleut pas.
06:48Après, il y a une réalité géographique aussi en France.
06:51Je crois que c'est au programme du brevet en troisième
06:53sur l'étalement urbain et les migrations pendulaires.
06:57Vous avez bossé, Loïc.
06:57Non, mais je travaille avec une adolescente de 13 ans
07:02qui est en troisième, ma fille.
07:03Du coup, je connais le programme.
07:05Et en réalité, l'éloignement est vraiment un facteur déterminant.
07:11Après, je pense qu'il faut faire la part des choses.
07:13Tous les travailleurs ne sont pas concernés par ces sujets.
07:17Personnellement...
07:17Paris, par exemple, le transport en commun.
07:19Nous, on travaille dans la technologie.
07:21Globalement, le télétravail, c'est très accepté.
07:24Ça peut être hybride.
07:25C'est le secteur où c'est le plus accepté.
07:26C'est très accepté.
07:27Mais on n'est ni pêcheur, on n'est ni infirmier libéraux,
07:31on n'est ni transporteur, ni taxi.
07:32Et je crois que c'est Aurel San dans une chanson qui dit
07:35« J'ai acheté... »
07:37Où tu achètes une voiture pour aller travailler
07:39et tu travailles pour rembourser la voiture que tu viens d'acheter.
07:44C'est sketch de Coluche avec le pavillon, c'est la même chose.
07:46Exactement.
07:47Et il y a une autre chanson qui s'appelle « L'odeur de l'essence »
07:48qui est un peu plus apocalyptique, mais qui aurait pu être dans le thème.
07:51Mais tiens, vous lancez un débat philosophique.
07:54On est sur une crise face à laquelle le gouvernement dit
07:57« On n'a plus d'argent et on ne peut pas subventionner l'accompagnement généralisé.
08:00Laissons aux entreprises le faire et on verra comment elles réagissent. »
08:03On imagine la réaction du MEDEF.
08:05On est aussi dans un enjeu de transition écologique,
08:08d'électrification de la voiture.
08:11Alors, est-ce que ce n'est pas l'opportunité rêvée, là aussi pour le gouvernement,
08:16d'enclencher une transfo de nos modes de circulation et de déplacement,
08:20c'est-à-dire repartir et accélérer sur la voiture électrique ?
08:23Qu'est-ce que vous en pensez ?
08:24Et là aussi, pas de sujet, pas de communication là-dessus.
08:28C'est absolument incroyable.
08:29Non, c'est un vrai sujet.
08:30Non seulement ça nous questionne sur notre dépendance à la voiture en tant que telle
08:37et, encore une fois, comme je le disais,
08:39dépendance qui est liée, à mon sens, à l'organisation du travail.
08:41Donc, ça va aussi ouvrir ce sujet-là sur l'organisation du travail
08:45et la réconciliation des différentes temporalités.
08:47Parce que tu as raison, le trajet entre le domicile et le travail,
08:51il s'allonge de plus en plus.
08:53Qu'est-ce qu'on fait des choix de vie particuliers ?
08:54Parce que les maisons coûtent cher.
08:55Les maisons coûtent cher.
08:56On s'éloigne, on a envie de faire dur.
08:58On s'éloigne de plus en plus de son lieu de travail.
09:00Donc, ça questionne tout ça.
09:05Ça renvoie à la question de l'organisation du travail
09:07et donc la réduction du temps de déplacement en tant que tel.
09:11Et l'articulation des temporalités du travailleur.
09:13Ça, c'est une première chose.
09:14Et la deuxième chose, c'est oui,
09:16cette question de la dépendance à la voiture,
09:18elle pose nécessairement la question de l'énergie,
09:22de la réduction de nos...
09:23Qu'est-ce qu'on met dedans ?
09:24... notre carbonisation.
09:24Qu'est-ce qu'on met dedans ?
09:25En revanche, la politique, là, pour le coup,
09:29à mon avis, suppose qu'il y ait un vrai effort
09:31de planification de cette question.
09:33C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on nous dit
09:34qu'il faut faire des efforts
09:36sur l'électrification de vos déplacements.
09:38C'est vrai.
09:38Annonce de Sébastien Cornu dans la Une des Échos
09:41il y a quelques mois,
09:41on va électrifier le pays.
09:43En revanche, ça reste très individuel.
09:45C'est-à-dire qu'en gros, débrouillez-vous.
09:47La ligne est donnée, la ligne est celle-ci,
09:48mais c'est débrouillé.
09:49Je pense qu'il y a un vrai effort de planification
09:51et d'efforts collectifs à mettre en place
09:53pour aller sur cette voie-là.
09:56Loïc Michel, la question qui est posée
09:58en sous-jacence, c'est notre dépendance énergétique.
10:00Grâce à l'électrification,
10:01on a aussi un enjeu d'indépendance énergétique.
10:04C'est aussi l'enjeu qui est posé, là.
10:06Je pense que c'est tout à fait l'enjeu.
10:08Là aussi, je pense que ça relève
10:10des dispositions et des pouvoirs de l'État
10:14plus que des entreprises.
10:15Clairement.
10:16Et encore moins des individus.
10:19Mais au final, il faut que tout le monde
10:22trouve midi à sa porte.
10:23Donc, il faut vraiment une planification
10:25qui vient de tout en haut.
10:27Sinon, on ne peut pas laisser la responsabilité
10:28de s'électrifier aux citoyens.
10:31On ne pense pas qu'on puisse le demander
10:32à l'employeur non plus.
10:34Donc, je pense que c'est vraiment
10:35de la planification gouvernementale.
10:37Oui, des dispositifs existent.
10:39Mais encore une fois, ça reste des dispositifs.
10:41Je parle du forfait mobilité durable, par exemple,
10:43qui bénéficie de régimes sociaux favorables.
10:46Ça reste une usine à gaz.
10:48C'est très compliqué à mettre en œuvre.
10:50Il faut le simplifier, l'élargir,
10:52en sorte à accompagner.
10:53Mais ça ne peut être qu'un dispositif
10:55accompagnant une planification
10:56beaucoup plus large et beaucoup plus générale.
10:57Mais vous me dites quoi ?
10:58Vous me dites qu'à force de ne pas réagir
10:59sur un sujet en disant
11:00qu'on n'a plus de sous,
11:01qu'il faut laisser faire,
11:02qu'on ne peut pas donner plus,
11:04est-ce qu'on va vers une crise sociale
11:05qui peut déboucher ?
11:06On l'a vu d'ailleurs
11:07par les premières manifestations
11:09de pêcheurs dans le sud de la France
11:10avec des violences et des combats
11:12avec les CRS.
11:12Est-ce que cette situation,
11:15si elle n'est pas traitée,
11:16peut conduire à une crise sociale
11:18et à un gilet jaune bise ?
11:19Puisque ça a été évoqué
11:20avec des appels au rassemblement.
11:22Est-ce que ça, vous le craignez ?
11:23Moi, je pense.
11:24Quand je regarde ce qui se passe
11:25dans l'entreprise,
11:27les questions de pouvoir d'achat
11:29sont extrêmement présentes.
11:31Et les négociations sont assez tendues
11:33s'agissant des dispositifs d'accompagnement,
11:36des dépenses contraintes
11:38de chaque salarié.
11:39Alors, ce qui est extrêmement compliqué.
11:40On ne peut pas gérer
11:42la situation individuelle
11:43de chaque salarié dans l'entreprise.
11:46Mais l'égalité de traitement,
11:47qui est un principe fondamental
11:48envers du travail,
11:49n'est pas uniformité de traitement.
11:52Donc, on a des outils
11:53avec lesquels on peut jouer
11:53et on peut individualiser
11:55certaines mesures.
11:56Mais oui, il y a un vrai risque.
11:58Oui, je trouve la question,
12:00encore une fois,
12:00je reviens à l'artiste
12:02que je citais tout à l'heure.
12:03Mais la question, c'est
12:04est-ce qu'on reste dans les paroles
12:05de Tour du Monde
12:06qui est cette question de voiture
12:08ou est-ce qu'on bascule
12:09dans les paroles
12:10de l'odeur de l'essence
12:11où on parle des gilets jaunes ?
12:12Les révoltes.
12:13Les révoltes.
12:14Et moi, je pense que
12:16les révoltes vont être...
12:17ou peuvent être localisées,
12:20spécialisées,
12:21puisqu'encore une fois,
12:22on n'est pas tous logés
12:22à la même enseigne.
12:23Non, mais la question du pouvoir d'achat
12:25sous-jacente au débat
12:26de la crise des carburants,
12:27elle est liée.
12:28Et alors, pour prendre
12:29le principe de l'entreprise,
12:30on demande aussi à l'entreprise
12:31aujourd'hui de faciliter les choses
12:34et d'être un rouage important
12:36dans ce pouvoir d'achat.
12:39Et je trouve qu'on demande
12:41à l'entreprise de travailler
12:42la rémunération,
12:45le coût du travail.
12:46Et là, maintenant,
12:47il y a le coût d'aller travailler.
12:48On lui demande beaucoup, quand même.
12:49Ça fait beaucoup,
12:50alors qu'il y a plein d'autres sujets
12:52sur lesquels elle doit se positionner.
12:54C'est ce qu'avait dit le MEDEF à l'AREF.
12:55C'est-à-dire qu'il faut que tout ça
12:56soit compensé.
12:57C'est-à-dire que si on demande
12:58autant à l'entreprise,
12:59il faut qu'au même moment,
13:00qu'il puisse y avoir un travail
13:01sur les cotisations,
13:02sur les charges.
13:03C'est le débat qui est posé.
13:05C'est ça qui est posé.
13:05C'est la question du coût du travail, par ailleurs.
13:06Mais oui.
13:08Là, on tourne en rond,
13:08parce qu'on va avoir des salariés
13:09qui vont monter au créneau
13:10chez les RH en disant,
13:11écoutez, j'entendais une femme
13:13tout à l'heure
13:13sur une chaîne de télévision
13:14qui gagne 1450 euros
13:16et qui auparavant mettaient
13:17100 euros d'essence
13:18et qui en met 400 aujourd'hui
13:19et qui, avec ses charges fixes,
13:21explique qu'elle commence
13:22le mois déjà à découvert.
13:24Ça, c'est quand même
13:25des ferments de contestation,
13:28de sentiments d'abandon.
13:29C'est violent quand même.
13:30Et ce d'autant plus
13:32que l'entreprise ne peut pas tout faire.
13:34Les entreprises,
13:35elles sont aussi directement touchées
13:36par cette crise.
13:37C'est-à-dire que les coûts
13:38de production augmentent.
13:39Vous parliez du marché
13:41d'électricité,
13:42mais on est dans un écart
13:44de compétitivité énergétique
13:46en Europe
13:48comparé aux autres pays du monde
13:49qui se creusent de plus en plus.
13:52Il y a un pays qui s'appauvrit.
13:54Il y a un pays qui s'appauvrit.
13:55Donc l'entreprise ne peut pas tout.
13:57Elle fait ce qu'elle peut.
13:57Les sujets sont là.
13:58On les traite
13:59autant qu'on peut le faire.
14:01Mais nos entreprises
14:02ne pourra pas tout.
14:03Donc on est dans un angle mort.
14:06L'État n'a plus d'argent,
14:07le Président l'a dit.
14:09Et l'entreprise dit,
14:10nous aussi,
14:10on est à l'os
14:12puisqu'on est dans un climat
14:13social-économique
14:14qui n'est pas simple.
14:15Donc il n'y a pas d'issue
14:16à cette histoire.
14:16Après, je pense que l'argent
14:18n'est pas toujours
14:20la réponse ultime.
14:21Elle l'est nécessairement
14:22quand on parle de pouvoir d'achat.
14:23Mais je pense que les entreprises,
14:25et tu le soulignais,
14:26ont des dispositifs
14:30déployables
14:30autour de la mobilité,
14:33autour du télétravail,
14:35de l'échange de postes.
14:36Je lisais qu'il y avait
14:38une association
14:38qui avait listée
14:39qu'il y avait peut-être
14:403 ou 4 millions de travailleurs
14:41en France
14:41qui pourraient échanger
14:42leur emploi
14:43avec quelqu'un
14:44qui aurait un emploi
14:46plus proche de chez eux,
14:48mais à compétences identiques.
14:49Donc il faut une plateforme, là.
14:50Donc il faut une plateforme.
14:51Après, au sein d'une entreprise...
14:53Au sein d'une entreprise,
14:54je trouve ça un peu farfouille,
14:57mais au sein d'une entreprise,
14:58développer la mobilité interne
14:59en mappant mieux les compétences
15:01et en rendant possible...
15:02Je m'autorise à croire
15:04que c'est un peu même dispo
15:06que le covoiturage,
15:07donc là, pour le coup,
15:08ce n'est pas un dispositif neuf,
15:10ça ne marche pas.
15:10C'est-à-dire que même les entreprises
15:11qui incitent les salariés
15:12à faire du covoiturage,
15:13regardez sur le périphérique,
15:15regardez sur la route.
15:16Les voitures, elles sont seules.
15:17C'est-à-dire que ça ne fonctionne pas.
15:18C'est-à-dire qu'il y a aussi
15:19un problème de mentalité.
15:23Mais soit on prend sa voiture
15:24et on est seuls.
15:25Je ne dis pas que c'est bien,
15:26mais en tout cas, je le vois.
15:28Globalement, est-ce qu'il y a une issue ?
15:29Alors, vous n'allez pas régler le sujet
15:31sur le plateau,
15:32mais est-ce qu'il y a de l'inquiétude
15:33ou est-ce que vous dites
15:34de toute façon, cas à cas,
15:36le système va se réguler ?
15:37Les Français roulent moins.
15:38L'État perd de l'argent.
15:39D'ailleurs, il y a moins de taxes
15:40qui sont prélevées.
15:42Est-ce que tout ça va se réguler
15:43ou vous pensez que tout ça
15:44va mal se finir ?
15:45Je pense que...
15:46Non, je pense que...
15:47J'ai un optimisme naturel,
15:48mais je pense que les choses
15:50vont se régler
15:51dès lors que les bonnes questions
15:52sont posées.
15:53C'est-à-dire qu'il va falloir
15:53effectivement poser la question
15:54de nos nouvelles modalités
15:57de la mobilité.
15:59Donc, d'avoir une réflexion
16:00sur ce qu'on évoquait tout à l'heure,
16:02notre dépendance à la voiture.
16:03Ce n'est pas par plaisir
16:07pour la majorité des Français
16:08que je prends ma voiture.
16:09Je suis dépendant de ma voiture
16:10et parce que,
16:11je reviens à la question
16:12que je posais tout à l'heure,
16:13et notamment une des questions essentielles
16:14qui méritera d'être posée,
16:15c'est cette question des temporalités.
16:17On a des temporalités extrêmement complexes
16:19qui ne s'articulent pas entre elles.
16:21Et cette question des temporalités
16:23pour définir des nouvelles modalités
16:25de mobilité sera essentielle.
16:27Et là, l'entreprise pourra participer
16:29à la résolution de ces questions
16:32sur l'articulation des temporalités du travail.
16:34Vous êtes d'accord avec cette analyse ?
16:35Je trouve ça intéressant
16:36parce qu'on sort du pur prisme financier,
16:40des aides, des dispositifs d'allègement,
16:43des charges.
16:44Est-ce qu'on donne d'un côté,
16:44on le reprend de l'autre ?
16:45Et là, on n'est plus sur une réflexion systémique
16:48globale de l'organisation du travail,
16:50des mobilités et du temps de travail.
16:53Donc, je pense que c'est là-dessus
16:54qu'il y a des choses à faire.
16:55Et je suis un optimiste aussi.
16:56Donc, on est aligné.
16:58Juste avant de nous quitter,
16:59c'est à l'État de prendre en compte
17:01ce type de sujet
17:01parce qu'on a un gouvernement
17:02qui est toujours en fonction.
17:03On est en campagne présidentielle,
17:05mais on a des ministres.
17:05On a Maude Bréjon qui dit,
17:07comme si elle le subissait,
17:08oui, nous vivons une situation
17:09très difficile.
17:11Enfin, on a le sentiment
17:11que même le gouvernement
17:12est observateur de la situation
17:14tout en expliquant,
17:15c'est l'élément de langage,
17:16que tout ça vient de l'extérieur,
17:18que c'est en bouse
17:19et que le gouvernement
17:19n'a pas choisi
17:20de faire monter le prix de l'essence.
17:23Ceux là-dessus,
17:23où tout le monde est d'accord.
17:25C'est à l'État
17:25ou c'est à l'entreprise ?
17:26Parce que l'entreprise
17:26va vous claquer la porte au visage
17:28si vous lui dites
17:29qu'il faut en plus aider
17:30à payer l'essence
17:31des collaborateurs.
17:32Alors, les entreprises le font
17:35dans la mesure de leur capacité,
17:36d'une manière générale.
17:37S'agissant, pour revenir
17:38sur ce que l'on évoquait,
17:40des grandes réflexions
17:41de fonds qui doivent se poser
17:43pour définir
17:44nos nouvelles modalités
17:45de mobilité,
17:45je pense que le gouvernement
17:46ne reste pas inactif
17:48sur le sujet.
17:49Moi, j'ai pu notamment
17:50travailler avec certains
17:52membres du gouvernement
17:52sur la question
17:53du compte de temps,
17:54par exemple,
17:55disponible pour les salariés,
17:57pour permettre une réflexion
18:00précisément sur la question
18:01de l'articulation
18:01des temporalités
18:03tout au long de sa vie.
18:04Donc, c'est des questions
18:05qui sont travaillées
18:10et qui ne manqueront pas
18:12de ressurgir, j'imagine,
18:13à l'occasion
18:14des élections présidentielles.
18:15Mais chez 3-6-5,
18:15vous parliez du télétravail
18:16qui était rentré dans les mœurs,
18:18ce n'est pas vrai partout.
18:19Qu'est-ce que vous disent
18:20les collaborateurs ?
18:22Je dirais la température,
18:23c'est intéressant d'avoir
18:23les avocats voient des clients,
18:25ils vous parlent,
18:26mais vous avez aussi
18:26des collaborateurs.
18:28Quelle température
18:29vous avez chez vos collabs,
18:30même si c'est des personnes
18:31qui gagnent convenablement
18:32leur vie et qui sont
18:34plutôt heureux
18:34et bien dans leurs chaussures ?
18:35Vous y voyez de l'inquiétude ?
18:37Vous y voyez une forme
18:38de désenchantement ?
18:40La réponse est non.
18:42On a la chance,
18:43je pense,
18:44dans la technologie
18:45à Lyon,
18:46où j'habite,
18:47et à Paris,
18:48de travailler en proximité,
18:50d'avoir un mode de travail,
18:52une organisation du travail
18:54et du temps
18:54quand même très flexible.
18:55Beaucoup d'exigences
18:56par ailleurs,
18:57mais voilà,
18:58je pense qu'on est protégés.
19:00Je ne pense pas
19:01que je sois le plus légitime
19:02pour dire qu'on a un impact fort
19:04de cette situation
19:05sur nos déplacements,
19:06parce que ce n'est pas le cas.
19:09Mais j'entends...
19:11Fécheurs, taxis,
19:13profession libérale.
19:14Vos clients vous disent quoi ?
19:16Parce qu'on a un sentiment
19:18d'entre-deux,
19:19à la fois une campagne présidentielle
19:20avec plein d'idées
19:21jetées comme ça en l'air,
19:22et puis une réalité
19:22très factuelle,
19:23très réelle,
19:24que quand je mets le plein
19:25de ma voiture,
19:26au lieu de payer 100,
19:26je paie 250.
19:27Ça, c'est une réalité.
19:29Qu'est-ce que vous disent
19:29vos clients,
19:30les entreprises
19:31que vous rencontrez ?
19:32Nos entreprises nous disent
19:33dans le cadre
19:33des négociations actuelles,
19:35notre enveloppe
19:35d'augmentation générale,
19:36elle n'est pas énorme,
19:37elle est très contrainte.
19:38Les enquêtes de rémunération
19:40nous disent que c'est
19:40entre 1, 6 et 2.
19:42Et en plus de ça,
19:43on doit imaginer
19:45la mise en place
19:45de dispositifs
19:46pour cibler
19:49les contraintes
19:49et les dépenses réelles
19:50des salariés.
19:51Donc c'est compliqué,
19:52il faut faire des choix.
19:54Et donc c'est là
19:56que nous on fait au mieux
19:57pour les accompagner
19:58et définir les dispositifs
19:59qui sont les plus opportuns
20:01dans l'enveloppe
20:02dont il se pose
20:03qui s'est réduite
20:04et qui se réduit
20:05de plus en plus.
20:05Merci messieurs
20:06pour cet optimisme
20:07teinté parfois
20:08de quelques pincées
20:09de pessimisme
20:10parce qu'effectivement
20:10on va suivre de près
20:11cette affaire
20:12en espérant,
20:13peut-être que c'est
20:13le choix du gouvernement,
20:14que tout ça passe
20:16sans trop de difficultés.
20:17C'est un sujet
20:18éminemment sensible.
20:20Merci à vous
20:20cher Loïc Nichel,
20:22CEO de 3, 6, 5,
20:23Talents Paris et Lyon,
20:24on aura compris.
20:25Et vos références
20:25à Aurel San.
20:27Merci Alexandre Lamy,
20:29Think Tank,
20:29Neos,
20:30peut-être que vous allez
20:30travailler sur ce sujet
20:31de manière plus globale,
20:32plus systémique.
20:33Avocat en droit social.
20:34Merci à vous,
20:35merci à tous ceux
20:36qui nous regardent
20:36et qui réagissent
20:37évidemment sur les réseaux sociaux.
20:39Merci à Nicolas Juchat,
20:40Charles à la réalisation
20:41et Paul au son.
20:42Merci à vous,
20:43portez-vous bien.
20:44Bye-bye.
20:45Bye-bye.
20:52– Sous-titrage FR 2021
Commentaires

Recommandations