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  • il y a 7 minutes
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:01R.M.C. jusqu'à 9h. Apolline Matin. Apolline de Malherbe.
00:08Il est 7h12 et vous êtes bien sur R.M.C. et R.M.C. Story.
00:11Pour les agriculteurs, c'est la double peine. Deux difficultés à la fois, la crise des carburants et la sécheresse
00:16avec une baisse de la production.
00:18Bertrand Vanto est resté avec nous, président de la coordination rurale.
00:22Vous êtes venu ce matin sans votre bonnet jaune, emblématique mais toujours en colère
00:26parce que les annonces du gouvernement commençons par celles sur le carburant.
00:30Vous estimez que les montants ne sont pas à la hauteur ?
00:32Non, ils ne sont pas à la hauteur. Aujourd'hui, on a du GNR qui est 1,50€, c'est
00:36-à-dire qu'il a quasiment doublé.
00:37Donc aujourd'hui, les 15 centimes, ce n'est pas suffisant.
00:39Et ce qu'il nous faut, on a un seuil fatidique d'un euro hors-taxe qu'on ne doit
00:43pas dépasser.
00:44Et puis effectivement, on regarde de près le dispositif qui est appliqué auprès des pêcheurs
00:47et on se dit que nous, en étant agriculteurs, pourquoi on serait considéré moins bien que les pêcheurs ?
00:51Donc il nous faut exactement le même dispositif.
00:53Rappelez-nous, ils ont combien les pêcheurs par rapport à vous ?
00:56Quasiment le double en fait.
00:57Quasiment le double.
00:58Eux, ils sont à 35 centimes, je crois, le litre.
01:01Vous, vous êtes à 15.
01:03Comment vous expliquez cette différence ?
01:04Comment eux vous expliquent cette différence quand vous avez rencontré la ministre par exemple de l'agriculture hier ?
01:08Écoutez, elle n'a pas été tellement locale sur le sujet.
01:10Elle nous a dit que c'était historique, que ça dépendait d'un accord qui était très ancien.
01:14Il n'empêche qu'aujourd'hui, il faut absolument nous mettre du carburant qui soit à un prix acceptable
01:20parce qu'on va continuer à ne pas produire, parce qu'on est en déproduction.
01:24Ils sont aussi plus intensifs en carburant.
01:27C'est un peu ça aussi l'explication.
01:28C'est-à-dire que la part du carburant dans leurs dépenses est plus importante que chez les agriculteurs, globalement.
01:33Oui, d'accord, mais enfin, les secteurs primaires sont toujours des grands consommateurs d'énergie
01:37et en particulier, aujourd'hui, on est lié à quelque chose qui s'appelle le diesel ou le GNR en
01:41agricole.
01:42Et donc, on a besoin d'aide parce que le secteur primaire, on est des grands consommateurs.
01:45C'est comme ça, c'est toujours à l'origine de ça.
01:48En fait, vous estimez qu'il y a des aides, mais qu'elles ne sont pas suffisantes ?
01:50Non, elles ne sont pas suffisantes.
01:52Si on avait des prix qui nous permettent de couvrir les coûts de production, il n'y aurait pas de
01:55problème.
01:56Si on pouvait impacter les surcoûts sur la vente de nos produits, il n'y aurait pas de souci.
01:59Mais aujourd'hui, ce n'est pas le cas, ce n'est pas possible.
02:01Donc, il nous faut une des taxes plus importantes sur le gasoil.
02:04On a l'impression que là-dessus, le gouvernement, Emmanuel, il dit qu'on aide, mais on n'aide pas
02:08complètement.
02:08Oui, c'est ça qui est un peu pénible.
02:10C'est vraiment de la perfusion.
02:12C'est-à-dire qu'on a l'impression qu'on injecte le minimum.
02:15Et là, on se dit, mais bon sang de bonsoir, le calcul qui devrait être fait à Bercy,
02:20c'est que si je dépense un euro pour aider toutes ces professions,
02:25aujourd'hui, il faut être clair, il y a des pans entiers de l'économie française qui sont menacés.
02:28L'agriculture, pêche, profession libérale, commerçant, artisan, etc.
02:33Donc, songez à un euro dépensé, si vous ne le dépensez pas, ce que ça vous coûte,
02:38ça vous coûte bien plus que si vous ne le dépensez pas.
02:40Et ça, il faudrait dépenser plus aujourd'hui.
02:44Dépenser plus pour les agriculteurs.
02:46Si ça n'est pas le cas, est-ce que vous voyez poindre un certain nombre de faillites possibles pour
02:52vos confrères ?
02:53Ah oui, c'est le cas.
02:54Mais en fait, c'est une succession de faits qui fait qu'on en est là.
02:56Mais c'est le déclencheur et c'est ce qui va finir de nous couler.
02:59La sécheresse a eu des impacts sur toutes les productions agricoles.
03:02Et aujourd'hui, effectivement, la flambée du carburant va amener beaucoup de mes collègues à cesser l'activité.
03:07Parce que ça s'ajoute, effectivement, à une situation extrêmement difficile après l'été qu'on vient de passer.
03:13Et la grande sécheresse, aucune pluie d'ailleurs à l'horizon dans un certain nombre de régions.
03:18Vous en êtes à dire, on va les creuser nous-mêmes, les bassines.
03:22C'est-à-dire ?
03:23On va creuser nos réserves, oui.
03:25Parce qu'effectivement, aujourd'hui, ça met trop de temps.
03:26Si vous avez un projet, même s'il y a eu de grandes avancées sur la loi d'urgence,
03:31c'est des projets qui vont vous amener, le temps que vous y réfléchissez, que vous aurez des autorisations,
03:35et ça dépend des modèles de retenue,
03:37vous êtes parti pour des projets qui vont durer 18 mois à 5 ans.
03:39Donc aujourd'hui, la logique fait que si on veut s'en sortir,
03:42on ne peut pas respecter la loi si on veut avancer sur le sujet du stockage de l'eau.
03:47Vous vous préparez à ne pas respecter la loi ?
03:49Vous assumez cette position ?
03:51Oui.
03:51Vous êtes leader syndical et vous dites ce matin, nous, on va le faire, tant pis.
03:54Oui, c'est une histoire de survie.
03:56On n'a pas le choix.
03:56Et vous vous rendez compte, juste une remarque,
03:58naturellement, on ne peut être que sensible à ce qui vous arrive,
04:00mais enfin, en France, tout le monde souffre en ce moment.
04:02Tout le monde.
04:02Tout le monde, Manu vient de le dire, c'est quasiment un cas généralisé.
04:05Si tout le monde commence à se dire ça, dans son coin,
04:07en se disant, moi, je ne vais pas respecter la loi parce que l'État est trop lent et je
04:10n'ai plus d'argent.
04:11Globalement, ça concerne 90% des Français aujourd'hui.
04:13Vous vous rendez bien compte que ça ne peut pas fonctionner.
04:15mais les agriculteurs bénéficient d'un soutien massif dans la population.
04:18Est-ce que vous n'avez pas peur de changer de camp, là, en faisant ça ?
04:21Devenir en la loi, c'est une autre aventure.
04:24Écoutez, aujourd'hui, il y a du bon sens paysan.
04:26Et aujourd'hui, ce qu'on doit faire, nous, on est producteurs.
04:27Et ce qu'on veut, c'est pouvoir produire pour que les Français aient de la nourriture.
04:30Si un jour, il y a une crise...
04:31On est bien d'accord, mais on ne fait pas un pays qui a du bon sens.
04:33On fait un pays avec des règles.
04:34On n'a personne qui nous soutient dans les gouvernants.
04:37On n'a personne qui nous soutient et qui nous simplifie la vie.
04:39On ne veut juste que travailler.
04:40On ne veut pas être la loi.
04:42On veut juste travailler et pouvoir produire.
04:44Et ça devient impossible.
04:45Et c'est impossible de pire en pire depuis 20 à 30 ans.
04:48C'est une réalité.
04:48Mais juste techniquement, ça ressemblerait à quoi, ces retenues d'eau ?
04:51C'est des réserves.
04:51Principalement, c'est des réserves collinaires.
04:53C'est-à-dire que vous faites un barrage au milieu d'une colline.
04:56Et par les eaux de pluie, ça va se remplir tout doucement.
04:59Dès qu'il repleuvra, ça se remplit.
05:00Ça veut dire quand même, Bertrand Manteau,
05:02que vous vous retrouvez avec un paysage où chacun fait ce qu'il veut.
05:05Mais nous, il ne nous faut pas beaucoup de volume d'eau supplémentaire pour faire.
05:08Et en plus, on fera de très jolis lacs, vous aurez des canards de flux.
05:11Non, mais ça, je vous fais confiance.
05:12Ce n'est pas la question.
05:13Ce n'est pas qu'il soit joli ou pas joli.
05:14C'est qu'effectivement, si chacun dans son coin fait son petit lac...
05:17Et vous privatisez l'eau, c'est un bien commun.
05:18Mais je suis sûr, je suis sûr, parce qu'on aura pris les devants et qu'on aura fait nos
05:22lacs,
05:22qu'à la fin, ils seront dans les règles absolues de toute la réglementation.
05:27Ça fait une belle jambe de bonheur.
05:28Vous voulez le faire avant même d'avoir l'autorisation ?
05:30Amaury nous appelle au 3216 depuis l'Indre-et-Loire.
05:32Bonjour Amaury.
05:34Bonjour Apolline.
05:34Je suis un peu émis de vous écouter et de vous entendre.
05:37Bonjour à toute l'équipe.
05:38Soyez le bienvenu Amaury.
05:39Vous vouliez réagir à cette histoire de ces lacs ou retenues collinaires
05:44qui seraient faites avant même d'en obtenir l'autorisation ?
05:47Je suis un petit peu d'accord comme M. Chevalier et comme un petit peu vous.
05:51C'est que...
05:53Ce qui me dépeure un petit peu, c'est que vous êtes...
05:57C'est que nous, on va voir comment après, quand toute l'ouest sera retenue.
06:01Oui, déjà, il ne peut plus. Quand il n'y aura plus rien dans les nappes phréatiques,
06:06vous avez déjà des forages.
06:08Moi, je pense qu'il faudrait adapter les types de cultures.
06:10Parce que maintenant, avec le réchauffement climatique,
06:12faire pousser du maïs dans le centre de la France...
06:15Oui, est-ce qu'il ne faut pas... Amaury le dit.
06:18Est-ce que s'il n'y a pas d'eau, est-ce qu'il ne faut pas juste aussi
06:21revenir
06:21à des cultures qui sont moins consommatrices d'eau ?
06:25Je ne sais pas ce qui peut pousser sans eau, moi.
06:28Ah non, mais ça, on est bien d'accord.
06:29Non, non, la preuve par rapport à cet été, si vous n'avez pas d'eau,
06:32à part les céréales d'hiver qui ont produit un peu,
06:34et encore sur la fin de cycle, elles ont perdu du rendement,
06:36toutes les autres cultures ont été impactées.
06:38Que ce soit l'herbe, que ce soit des céréales de printemps,
06:41tout a été impacté.
06:42Aujourd'hui, si on stocke de l'eau...
06:43Mais il y en a qui sont plus ou moins, le maïs ?
06:44Non, mais je vais répondre à ce qu'a dit l'auditeur.
06:48Amaury.
06:48Vous voyez, Amaury, aujourd'hui, si on fait des lacs,
06:51ils peuvent être aussi multidisages.
06:53Ils peuvent être, c'est très technique, mais en soutien d'étage,
06:55c'est-à-dire qu'ils peuvent relarguer de l'eau dans des ruisseaux compagnie
06:58qui seraient à secs, et ils peuvent servir à la fois pour l'usage agricole,
07:01de l'usage industriel, et également pour l'eau potable.
07:04Ils vous suivent, vos adhérents ?
07:05Ils vous suivent, vos camarades, j'allais dire, agriculteurs ?
07:09Écoutez, je vais vous prendre un cas qui est très clair.
07:11Le lac de Cossade, au début, quand il a été creusé en Lotte-Garonne,
07:14il avait les autorisations, et après il est devenu illégal.
07:16Il est encore là, il est en soutien d'étage,
07:18il permet de sauver 20 à 30 paysans,
07:20et tout cet été, il y avait de la vie dans le ruisseau,
07:23et c'était la seule partie du Lotte-Garonne qui n'était pas classée en sécheresse.
07:26Donc c'est du bon sens.
07:28Ce que je veux dire, c'est qu'il faut qu'on aille plus vite
07:29que ce que veulent l'Etat et les collectivités locales sur ce stockage de l'eau.
07:33Sinon, on va perdre cette bataille-là de stocker de l'eau très rapidement.
07:37Je vous sens à bout.
07:37Je sens que là, vous...
07:38On est quand même fatigué par la sécheresse,
07:41on est fatigué par trois hivers à manifester,
07:43où on n'a pas les solutions,
07:45et ce qui est extrêmement pénible,
07:46c'est qu'on est obligé de faire par nous-mêmes,
07:48plutôt que d'être accompagné.
07:49La rencontière avec le ministre Lecornu et Genevard
07:53était de dire, mais mettez vos services à nous aider
07:55plutôt qu'à nous entraver,
07:57parce qu'on nous entrave en permanence.
07:58Et donc, simplement pour pouvoir travailler et envisager l'avenir,
08:01eh bien oui, il y a des risques qu'on se mette hors la loi,
08:04mais si ça se trouve, on ne sera que dans du bon sens dans deux ou trois ans.
08:07Merci beaucoup d'être venu à notre micro,
08:09Bertrand Venteau, président de la coordination rurale.
08:13Et merci à Maurice,
08:14et après une fois que je vous accueille à Maurice, je prends à l'antenne.
08:16Oui, merci.
08:17Et puis juste rajouter un petit chose,
08:18parce que j'ai l'impression que les agriculteurs en ce moment,
08:21vous êtes dans une phase difficile, c'est sûr,
08:24mais après, il ne faut pas mélanger l'essence et l'eau, quoi.
08:26Ce n'est pas parce que l'essence est chère
08:27qu'après il faut s'attaquer à l'eau.
08:30Amaury, je vais vous prendre comme chroniqueur, je crois.
08:32Vous venez de prendre mon travail, Amaury, je vous félicite.
08:34Merci beaucoup.
08:35Effectivement, ces deux difficultés, l'une comme l'autre,
08:38mais on disait, elles sont concomitantes pour vous,
08:41les agriculteurs.
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