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  • il y a 6 minutes
Tous les matins à 8h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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00:02R.M.C. jusqu'à 9h. Apolline Matin. Apolline de Malherbe.
00:098h13 sur R.M.C. et à la télé sur R.M.C. Story. Acte 3 des Gilets jaunes ce
00:14samedi partout en France.
00:15Benjamin Ball, vous êtes toujours avec nous, vous êtes porte-parole de la coordination des Gilets jaunes.
00:19Après le 17 octobre, le 24 octobre, vous appelez donc de nouveau à des rassemblements ce samedi.
00:26Vous voulez bloquer le pays ?
00:27Oui, c'est nécessaire puisque le président de la République refuse de répondre aux revendications de l'ensemble des secteurs
00:34mobilisés.
00:35Il est nécessaire de créer un rapport de force pour pouvoir faire en sorte qu'au lieu de s'occuper
00:38de ses amis milliardaires, il s'occupe du peuple.
00:40C'est quoi les revendications à proprement parler ?
00:42Quand vous dites tant qu'il n'aura pas répondu, qu'est-ce que vous attendez ?
00:45Qu'est-ce qui pourrait vous faire renoncer à ces samedi après samedi dehors en manifestation ?
00:50Je l'ai déjà dit, nous l'avons déjà dit, nous souhaitons des états généraux,
00:53c'est-à-dire une rencontre avec l'ensemble des secteurs concernés, l'ensemble des secteurs mobilisés,
00:58et qu'ils puissent répondre aux étudiants, aux paysans, aux Gilets jaunes, aux profs, à la fonction publique, aux travailleurs
01:05ou travailleuses, au mouvement climat.
01:07Tout le monde demande un plan d'urgence et donc on prend l'ensemble des revendications,
01:11on les liste, à la fin ils répondent et on ressort de là et on a à régler les choses
01:15de manière tranquille et pacifique.
01:16En attendant, il y a donc cet appel à nouveau à manifester samedi avec déjà des casseroleades dès vendredi, c
01:23'est bien ça ?
01:24Oui, la casseroleade c'est quelque chose qui est intéressant parce que ça permet aux gens de faire des petits
01:29regroupements,
01:30de se rassembler de manière légère, de pouvoir faire des casseroleades aux fenêtres, dans la rue, devant des permanences parlementaires,
01:35que sais-je encore.
01:36Et nous on en fait une devant l'Assemblée nationale dès demain soir à 18h.
01:41Vous êtes très remonté aussi sur les tracés des manifestations qui avaient été retoquées par les préfectures la semaine dernière.
01:47Et d'ailleurs Emmanuel Macron l'a dit, désormais les manifestations se feront autour des villes mais non pas dans
01:52les centres-villes.
01:53Il n'y a écrit nulle part dans la Constitution ni dans les textes associés que c'est le Président
01:57de la République qui décide des tracés de manifs.
02:00Mais je n'arrive pas à comprendre Benjamin Ball en quoi pour vous c'est problématique que la manifestation n
02:03'est pas lue dans le centre de Paris ?
02:04Alors j'imagine que symboliquement, République, Nation, centre-ville, ça pourrait au niveau de l'image médiatique...
02:10C'est pour Paris ?
02:10C'est pour Paris, mais le fait, parce que j'ai en tête la manifestation du week-end dernier aux
02:15portes de Paris,
02:15dans les grandes tours qu'il y a aux portes de Paris, on avait de très belles images, de très
02:19belles photos,
02:19on voyait la foule, la masse, et ça, même médiatiquement, c'est impactant.
02:24Écoutez, je vais vous dire que vous avez raison sur les deux points.
02:26C'est-à-dire que premièrement, sur l'aspect symbolique, nous, quand on déclare une manifestation,
02:31quand on propose quelque chose, c'est pour porter un message, c'est pour porter un message politique.
02:35Et évidemment, le symbole, ça fait partie de ça.
02:37Voilà. La deuxième chose, c'est qu'effectivement, moi, j'ai été agréablement surpris, surprise,
02:42quand nous avons manifesté sur ces boulevards extérieurs, quand bien même, ce n'était pas notre choix.
02:46Nous avons vu ces gens autour, dont beaucoup nous applaudissaient, et ça créait de l'engouement.
02:51J'espère que ces personnes seront avec nous dans la rue samedi.
02:56Benjamin Ball, si le président de la République a évoqué des interdictions dans les centres-villes,
03:00même si ce n'est pas lui qui revient à cette décision,
03:02ce n'est pas pour protéger ses amis milliardaires, je reprends vos propos,
03:05c'est pour protéger des commerçants qui ont perdu des fortunes,
03:09des commerçants qui, d'ailleurs, sont subventionnés par de l'argent pris sur l'argent des Français.
03:12Donc, en fait, vous voyez, là, je ne parle pas de riches.
03:13Enfin, subventionnés, qui vont être compensés.
03:15Compensés avec de l'argent.
03:16On parle jusqu'à 10 000 euros par petit commerce qui a été effectivement pillé.
03:20Mais ce sera de l'argent qui sera donc pris sur l'argent des Français, naturellement.
03:23Et là, on ne parle pas de riches, on parle de commerçants,
03:25de gens qui, en fait, réclament juste un peu de dignité dans leur travail.
03:28Est-ce que vous pensez parfois au problème des autres ?
03:32Oui, moi, je pense que ces commerçants qui ont vécu quelque chose de dramatique et terrible,
03:37ça doit être terrible pour eux parce qu'en fait, ils ont mis toute leur vie,
03:40ils ont mis toutes leurs économies pour pouvoir ouvrir un commerce.
03:42Moi-même, j'ai ouvert un commerce et je sais ce que c'est de travailler jusqu'à pas d
03:45'heure
03:46et de voir que ça peut se casser la gueule.
03:48Et là, que ça se casse la gueule parce qu'il y a des gens qui ont pété,
03:50les commerces, c'est franchement terrible.
03:53Moi, je crois que nous devons arrêter de nous diviser entre nous,
03:56arrêter de penser que le problème, c'est de la faute du voisin.
04:00En fait, on doit se dire qu'on doit se mettre ensemble
04:03pour pouvoir régler l'ensemble des problèmes de la société
04:06et donc demander réparation au président de la République.
04:10Pour vous, vous estimez que le 17 octobre, c'est une réussite ou c'est un désastre ?
04:15Pour moi, le 17 octobre, c'est un début.
04:18C'est quelque chose où, quand on met seulement 800 000 personnes dans les rues,
04:23c'est pas assez pour pouvoir faire céder un gouvernement.
04:25C'est beaucoup.
04:25C'est beaucoup, mais c'est pas encore assez.
04:27C'est-à-dire qu'on voit qu'il y a besoin d'aller plus loin.
04:30On voit qu'il y a besoin d'élargir le mouvement.
04:32Oui, mais le 17 octobre, c'est aussi les images de pillages,
04:34c'est aussi les images de casseurs.
04:35Alors dire que pour vous, c'est un début d'un mouvement qui pourra prendre ou pas
04:39avec les Gilets jaunes et avec votre prochain mouvement de ce week-end.
04:41C'est la mairie de Limoges ?
04:42C'est aussi la mairie de Limoges, c'est les rues de Marseille totalement délabrées, cassées, pillées.
04:46C'est les rues parisiennes qui ont continué d'ailleurs les pillages, ont continué dimanche.
04:50Donc dire que c'est un début à vous écouter,
04:52que le début d'un mouvement qui pourra permettre d'améliorer la situation des Français,
04:56je pense qu'il y a beaucoup de gens qui nous écoutent et qui disent non, au contraire.
04:58Benjamin Ball.
05:00Moi, je comprends qu'il y ait des gens qui aient peur
05:01et je comprends qu'il y ait des gens qui se disent
05:03si c'est ça la mobilisation, moi j'ai pas envie d'y participer,
05:06j'ai pas envie de soutenir,
05:07quand bien même je serais d'accord avec les lycéens et je serais d'accord là-dessus.
05:12Mais en fait, ce qui se passe, c'est qu'il y a l'immense majorité des images,
05:16l'immense majorité des modes d'action qui sont bon enfant,
05:19que ce soit sur un rond-point avec le barbecue des Gilets jaunes,
05:22que ce soit sur un péage filtrant où les gens se disent bonjour, etc.
05:25Ou même quand il y a des actions qui sont un peu plus dures,
05:27de type piquet de grève, blocage, etc.
05:29On voit qu'il y a de la solidarité, de la convivialité.
05:31Vous voyez dans les rues ces pancartes qui sont diversifiées avec beaucoup d'humour.
05:35Donc ces images-là, ça vaut le coup de les montrer aussi
05:38pour que les gens puissent se faire une idée.
05:40Et quand on dit qu'on va continuer et que je dis qu'il faut qu'on soit plus nombreux
05:44et nombreuses,
05:45nous préparons le 31 octobre, le 5 novembre.
05:48Mais vous allez peut-être y venir dans une prochaine question.
05:49Le 5 novembre, c'est effectivement cet appel à la grève, y compris de la part des syndicats.
05:53Exactement. Donc le 5 novembre, les syndicats appellent à la grève.
05:56Nous, on pense qu'on doit faire en sorte que le 5 novembre
05:58ne soit pas un 5 novembre intersyndical seulement,
06:00mais le 5 novembre du peuple, que le peuple fasse irruption dans cette mobilisation.
06:04Et nous, après le 5, on appelle à un 6-7.
06:06À un 6-7. Donc c'est-à-dire que vous enchaignez,
06:09puisque le 5 est un mercredi, je crois,
06:10que vous enchaignez, ou un jeudi,
06:12donc que vous enchaignez jusqu'au...
06:14Jusqu'à l'acte 4.
06:15Et on vous imagine évidemment qu'il y a une référence aussi au fameux 6-7.
06:19Merci Benjamin Ball.
06:20Vous êtes porte-parole de la coordination des Gilets jaunes,
06:22cofondateur du site qui regroupe les points de mobilisation des Gilets jaunes.
06:25Il est 8h19 sur RMC.

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