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Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00La suite de notre soirée spéciale en direct sur BFM TV, soirée consacrée à votre pouvoir d'achat.
00:04Avec l'information principale de ce mardi soir, le gouvernement refuse toujours de baisser les taxes sur le carburant.
00:10Mais il annonce une nouvelle LED, 100 euros pour les gros rouleurs, plus de 5 millions de français désormais concernés.
00:18De nouvelles aides, pour qui, pour combien ?
00:21Nous allons renouveler l'aide aux grands rouleurs pour les mois d'octobre et de novembre.
00:26Sur les 3 millions d'automobilistes qui sont éligibles à cette aide carburant en 200 euros, seulement 1,5 million
00:33en ont fait la demande.
00:34J'avais rempli un formulaire d'une aide de 100 euros. Je l'ai rempli il y a 3 mois,
00:38mais les 100 euros, je ne les ai pas encore reçus.
00:40Ça devient rentable d'aller travailler ?
00:42Moi, ça ne devient pas rentable du tout.
00:43Je suis passé de 300 balles à 600 balles. Ça a doublé, quoi.
00:47Ces gens-là, aujourd'hui, ont perdu 12% de leur salaire sur l'essence.
00:52Ça devient cher d'aller travailler. Ça devient trop cher d'aller prendre sa voiture pour aller voir ses enfants.
00:58L'État a un rôle à jouer pour baisser les prix de l'essence.
01:00L'équation impossible du gouvernement, c'est d'aider sans que cela plombe un peu plus les finances publiques.
01:05Tout ça, ça ressemble à un sacré numéro d'équilibriste.
01:12Avec nous pour parler de cette nouvelle aide et de votre pouvoir d'achat.
01:15Je le remercie d'être là, Mathieu Lefebvre.
01:16Bonsoir, M. le ministre.
01:17Merci d'être là. Votre tâche n'est pas facile ce soir, je le dis d'emblée.
01:19Ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique.
01:23Je salue également Philippe Moitier avec nous.
01:24Bonsoir et merci d'être là, professeur émérite à l'Université Paris-Cité et cofondateur de l'Observatoire Société et
01:30Consommation, notre consommation.
01:31Pierre Chasseret avec nous, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes.
01:35Bonsoir à vous.
01:37Yves, Amélie, Elisa, toujours avec moi.
01:40On va détailler dans une seconde et redétailler parce que c'est important ce qu'il y a dans cette
01:43aide ce soir.
01:44Mais Mathieu Lefebvre, pourquoi, pourquoi est-ce que le gouvernement n'a pas accepté de faire un geste aujourd'hui
01:50sur les taxes qui pèsent sur l'essence ?
01:53Mais pour une raison simple, c'est que les chèques en bois d'aujourd'hui se paieraient et se paieront
01:57par des impôts demain.
01:59Et donc, le gouvernement est dans une épreuve de responsabilité dans cette crise et privilégie des aides qui sont des
02:05aides ciblées, temporaires, efficaces et surtout qui sont finançables.
02:11C'est la raison pour laquelle, face à une crise que nous n'avons pas choisie, je rappelle que ce
02:15désordre est lié aux crises internationales.
02:18Le Premier ministre a fait preuve de réactivité.
02:21Dès le mois de mars, des aides ont été déployées.
02:23Ces aides évoluent encore aujourd'hui au gré des crises.
02:27Mais ne rien faire, c'est évidemment impossible.
02:31Mais la démagogie consistant à baisser de façon indiscriminée les taxes alors qu'on n'a pas l'argent pour
02:36le faire,
02:37c'est soit reporter la charge sur nos successeurs, soit créer demain les conditions des impôts de demain.
02:41Mais une chose, vous dites, au moins cette aide-là, 450 millions d'euros, c'est ce que va coûter
02:46cette nouvelle aide,
02:47c'est finançable.
02:49Ok, très bien, je prends l'argument.
02:52Mais ça veut dire que vous reconnaissez que ce n'est pas suffisant ?
02:54Non, je vous dis simplement que le gouvernement est responsable.
02:58Et quand il met un euro de dépense, il met un euro d'économie en face.
03:03Je dis que toutes celles et ceux qui promettent la liste du Père Noël aujourd'hui,
03:08vont soit renvoyer la facture à nos successeurs, ce qui après tout pourrait être bien commode,
03:12soit créer les conditions d'avoir demain des taxes qui seraient beaucoup plus importantes pour les Français.
03:18C'est la raison pour laquelle on fait le choix d'aide ciblée pour les Français qui travaillent,
03:22qui sont évolutives en fonction de la situation internationale,
03:25et que par ailleurs, le Président de la République mène un travail d'ampleur,
03:29à la fois pour sécuriser nos approvisionnements,
03:32et évidemment pour essayer d'avoir une ouverture pacifique des Trois-Dormous.
03:36Pardon Yves, il faut qu'on détaille simplement l'aide.
03:38En quelques phrases, l'ISA-DEF, ce qui a été annoncé aujourd'hui par le gouvernement.
03:42Un renouvellement de l'aide Grand Rouleur de 100 euros pour les mois d'octobre, novembre, décembre,
03:47qui concerne désormais 5,5 millions de Français, 5,5 millions de Français contre 3 millions avant.
03:53Vous êtes éligible si vous gagnez pour une personne seule jusqu'à 2035 euros net par mois,
03:58et si vous êtes un couple avec en France, c'est 6 104 euros net par mois.
04:03Le versement est automatique si vous avez déjà fait la demande,
04:06et il y a également l'aide pour les pêcheurs, les agriculteurs,
04:09et le secteur du BTP qui sont reconduites.
04:12Donc pour le GNR, c'est 15 centimes d'euros par litre pour les agriculteurs,
04:16BTP, 20 centimes d'euros par litre, et voilà.
04:20Je précise que c'est 450 millions qui vont s'ajouter aux 1,4 milliard déjà dépensés en aide depuis
04:28le début du printemps.
04:28Pierre Chasserey, 100 euros à destination de 5,5 millions, c'est pas rien ce soir quand même.
04:35Je précise aussi que cette somme va s'ajouter à la croissance qu'on vient de perdre avec vos mesures.
04:43Parce qu'on en est à moins 0,6, point de croissance, ça fait 18 milliards.
04:47Ils ne sont pas liés aux mesures du gouvernement, mais pour partir à la crise internationale.
04:52Je vous ai écouté, j'ai pris des notes, parce que je vais corriger vos bêtises.
04:56La première, quand vous me dites, c'est dû à une crise internationale.
05:00Le détroit d'Hormuz, non, c'est lié au détroit de Bercy.
05:03Pourquoi ? Parce que vous oubliez systématiquement de dire une chose,
05:06c'est qu'en 2026, vous avez augmenté les certificats d'économie d'énergie.
05:10Pas de manière anodine.
05:12Vous les avez augmentés, si vous me le permettez d'aller au bout de la phrase.
05:15Je vous ai bien écouté, j'ai pris des notes, vous avez vu.
05:1815 centimes d'euros par litre, en plus, sur 2026.
05:20C'est pas anodin.
05:21Donc ça, c'est pas Hormuz, c'est Bercy.
05:24On continue. Vous dites que c'est donc pas la faute du gouvernement, ça c'est fait.
05:28Vous dites que vous allez prendre des mesures efficaces, les fameux 100 euros.
05:33Dois-je vous rappeler que quand vous donnez 100 euros qui partent en carburant,
05:36ça fait 40, il y a 60% de taxes.
05:39Ça c'est fait.
05:40Vous dites derrière que votre mesure est efficace, vous trouvez ?
05:44Avec moins 0,6 point de PIB, soit 18 milliards de perdus, je trouve pas ça très efficace.
05:50On mélangeait beaucoup de choses.
05:54Je réponds à chacun.
05:54La démonstration est alléchante, il faut la réponse en face.
05:57L'autosatisfaction, l'autosatisfaction dont vous faites preuve, j'ai encore un dernier point.
06:00Non mais c'est pas l'autosatisfaction, je ne suis pas d'accord avec vous.
06:02Mais c'est un petit dernier point, c'est sur le cibler.
06:04Et ensuite, je vous écoute.
06:05Vous avez vu, je suis sage et poli, je vous ai écouté dans un premier temps.
06:08Et croyais que c'était dur pour tous les automobilistes qui se sont sentis méprisés aujourd'hui.
06:12En revanche, pour terminer, je voudrais vous parler de Marion.
06:14Marion, elle est infirmière libérale.
06:16Marion, chaque matin, elle va bosser.
06:17Et quand elle a une indemnité kilométrique, elle est inférieure à ce que ça lui coûte en carburant.
06:22Comment vous expliquez qu'aujourd'hui...
06:24Vous n'aurez pas échappé que des aides nouvelles ont été prises pour les infirmières libérales aujourd'hui ?
06:26Oui, elle les a vues aussi, Marion.
06:28Mais vous l'avez vu ça, vous aussi ?
06:28Elle les a vues, les 80 euros.
06:30Oui, elle les a vues.
06:31En plus de l'aide gros rouleaux.
06:32On va parler comme ça, mais il y a un bonus pour les infirmières libérales qui est 80 euros en
06:35plus des 100 euros dont on a parlé.
06:36Mais il y a une chose que vous n'avez pas vue, c'est que leur demande, c'est juste
06:39de réussir à gagner sa vie avec le travail qu'elle effectue.
06:43Alors attendez, il faut que Mathieu Lefebvre vous réponde.
06:46On clame, c'est un petit faux.
06:48Moi je pense que dans une crise comme celle-ci, il ne faut pas raconter n'importe quoi aux Français.
06:53Chacun voit bien...
06:53J'ai raconté n'importe quoi, c'est faux ce que j'ai dit ?
06:55Mais notamment sur l'origine de la crise.
06:57Chacun voit bien que ce n'est pas Bercy qui est à l'origine de la crise.
06:59Non mais les 100 centimes, c'est faux, j'ai dit des bêtises.
07:01Attendez, attendez, attendez, attendez.
07:03On a un conflit international de très grande ampleur qui empêche les tankers, les bateaux de passer,
07:09qui pèsent largement sur la production de pétrole.
07:12C'est évidemment ce qui est à l'origine de l'augmentation des prix,
07:16c'est ce qui est à l'origine également du ralentissement de la croissance.
07:18Pas seulement de la croissance française, monsieur, mais de la croissance internationale,
07:22avec évidemment un été caniculaire qui a beaucoup pesé sur la crise agricole que nous avons connue.
07:29Sur les certificats d'économie d'énergie, je voudrais d'abord redire à vos téléspectateurs
07:32que ça n'est pas une taxe, ça ne va pas dans la poche de l'État.
07:37Non, c'est payé par l'automobiliste.
07:38Je peux juste terminer. Les certificats d'économie d'énergie, c'est une obligation qui incombe aux énergéticiens
07:44de procéder à la transition écologique et qui permet très concrètement pour les Français
07:49de bénéficier d'un bonus de 7700 euros pour avoir accès à des véhicules électriques.
07:54Il y a une demande en ce moment de véhicules électriques.
07:56d'avoir accès aux pompes à chaleur qui a permis, c'était la grande promesse sociale du président Macron,
08:01à des milliers de Français d'avoir accès aux véhicules électriques à 100 euros par mois.
08:05Donc, si vous voulez arrêter les certificats d'économie d'énergie, vous allez l'expliquer à tout le monde
08:10de la rénovation thermique, vous allez l'expliquer aux artisans, vous allez l'expliquer à toutes les personnes
08:15qui font la rénovation.
08:16– Ils n'ont aucun problème, je vais aller l'expliquer.
08:19– Le chiffre qu'on avait, c'était 75 000 directs et indirects.
08:21Philippe Moitier, je ne vais pas demander d'arbitrer le débat entre les deux.
08:25Mais quand même, je vous soumets un chiffre qui a été donné aujourd'hui par le gouvernement
08:29pour voir l'ampleur de la crise qu'on est en train de traverser.
08:31Le gouvernement, et on était surpris avec Amélie Rosy, dit aujourd'hui,
08:35on est à 30% de baisse de consommation de carburant.
08:40– Entre le 10 et le 20 septembre, comparé à cette période l'année dernière.
08:44– Ça nous semble être un décrochage assez vertigineux.
08:47Comment est-ce que vous, vous accueillez ce chiffre-là ?
08:49– Ça ne m'étonne pas, c'est ce qu'on voit dans nos enquêtes en fait.
08:53L'ampleur est quand même un peu étonnante.
08:55– L'ampleur énorme, tout à l'heure le patron de Carrefour nous disait,
08:57nous on est plutôt en dessous de 10.
08:58– Oui, ça me paraît un peu étrange.
08:59Mais enfin, ceci dit dans nos enquêtes, on a demandé au mois de juin,
09:03aux Français comment ils se sentaient impactés par les événements
09:07reliés par la crise au Moyen-Orient.
09:09Eh bien, on a 71% des Français qui disent que ça les a effectués dans leur budget,
09:14ce qui n'est pas vraiment étonnant.
09:15Et parmi ceux-là, 25%, donc un Français sur quatre,
09:18qui nous dit qu'ils ont vraiment du mal à boucler les budgets.
09:20Et quand on leur demande comment ils font finalement pour s'ajuster,
09:23qu'est-ce qui part en premier ?
09:24Ce qu'on appelle les dépenses arbitrables,
09:26donc les sorties au cinéma, les restaurants, l'épargne.
09:31L'épargne aussi, alors qu'il y a un vrai désir d'épargne.
09:32On voit le taux d'épargne qui commence enfin un petit peu à se réduire.
09:36– Une pioche dans l'épargne.
09:36– Et ensuite, il y a de l'alimentation et les déplacements.
09:39Donc effectivement, les déplacements, quand on peut,
09:40quand on est prisonnier de la voiture pour aller au boulot,
09:43il n'y a pas le choix.
09:44Mais sinon, effectivement, on peut tenter d'être un peu plus économe,
09:46se déplacer moins.
09:47Ça pourra peut-être même avoir un impact sur le commerce,
09:49on verra plus tard, parce que le commerce implique des mobilités.
09:51Donc effectivement, on a une partie des Français durement impactés.
09:55Et puis encore, on regarde le profil de ceux qui nous disent
09:57effectivement qu'ils n'arrivent plus à boucler les fins de mois.
09:59C'est sans surprise.
09:59Ils combinent deux scories, en quelque sorte,
10:02c'est d'habiter en zone rurale ou périurbaine
10:05et d'avoir des revenus modestes.
10:07Et c'est effectivement, on peut comprendre ensuite
10:09que les aides soient dirigées en priorité vers ces personnes.
10:12– Justement, alors, j'entends cet argument-là,
10:15mais je reprends l'argument qui était celui de Pierre Chasseret tout à l'heure,
10:17Mathieu Lefebvre, qui est de dire,
10:19à ne pas aider suffisamment,
10:20est-ce qu'on n'est pas en train aussi
10:24de tuer la croissance française ?
10:26C'est-à-dire que quand on voit qu'on a un décrochage
10:27de 30% de la consommation de carburant,
10:29ce qui est quand même assez sidérant,
10:31est-ce que ça ne veut pas dire que derrière,
10:32tout va s'étioler, voire, pardon pour l'expression,
10:35mais casser la gamme ?
10:36– D'abord, cette baisse de 30%,
10:37elle est à l'origine de la perte de recettes pour l'État.
10:41Elle permet de déminer un fantasme
10:44selon lequel l'État s'enrichirait.
10:45– Ça, d'accord, on reviendra sur la cagnotte
10:47qui n'existe pas dans un instant.
10:49– C'est important de le dire.
10:50Et deuxièmement, il faut bien avoir à l'esprit aussi
10:54les conséquences que pourrait avoir une politique budgétaire
10:57qui ne serait pas maîtrisée.
10:58Je rappelle que nous empruntons aujourd'hui
11:00à des taux qui ne sont plus les mêmes
11:01que ceux d'il y a cinq ans.
11:03Souvenez-vous, entre 2021 et 2024,
11:05on a considérablement protégé les Français
11:07de l'évolution des prix énergétiques
11:09à hauteur de 70 milliards d'euros.
11:12Nous ne sommes plus du tout dans le même contexte budgétaire.
11:15Le Premier ministre est un Premier ministre responsable.
11:17Au fond, il serait tellement plus facile
11:19d'ouvrir les vannes à milliards.
11:22Il serait tellement plus facile
11:23de prendre des mesures indiscriminées.
11:24– Mais justement, quand il y a une baisse de la consommation
11:28qui est drastique, comme on l'a vu avec ces chiffres,
11:30alors sur un an, si on ne prend pas cette période-là…
11:32– Il n'y a pas que l'essence dans la consommation.
11:33– Non, non, ça fait moins de 19%,
11:36consommation de carburant.
11:38Est-ce qu'on n'aurait pas intérêt
11:40à plus d'aides pour soutenir la consommation
11:44et derrière, on perdrait donc moins de recettes fiscales ?
11:47Parce que je pense qu'on va peut-être pouvoir le voir,
11:49les recettes fiscales, c'est vrai, vous avez raison,
11:52on a drastiquement perdu, puisque ça se vend plus cher,
11:55mais en termes de volume, il y en a beaucoup moins.
11:57Donc l'ATVA augmente, mais l'Axis baisse drastiquement.
12:00Donc est-ce que ce ne serait pas mieux ?
12:01Plus d'aide pour soutenir la consommation
12:04et pour avoir de plus gros volumes ?
12:05– Ce que je sais, c'est qu'en termes de croissance,
12:07il faut être très vigilant vis-à-vis de certains secteurs
12:09qui sont particulièrement exposés.
12:11C'est la raison pour laquelle on a pris des mesures sectorielles
12:13dès le début, pour les pêcheurs,
12:15pour les agriculteurs,
12:17pour les artisans du BTP.
12:19Et c'est la raison pour laquelle il fallait absolument
12:21que ces secteurs ne sombrent pas.
12:23Donc les aides qui ont été prises
12:25sont des aides sectorielles indispensables à celles-ci.
12:28Mais je le dis et je le redis,
12:29une mesure indiscriminée n'aurait pas du tout,
12:31un d'abord, la même efficacité sociale.
12:33– Une mesure indiscriminée, c'est baisse d'étac.
12:35– Pardon, baisse d'étac, une baisse généralisée.
12:37Et deuxièmement, elle se traduirait par des impôts de main.
12:41– Est-ce qu'on ne pourrait pas, justement,
12:42c'est là le sujet, je crois que c'est le sujet principal d'ailleurs,
12:47le gouvernement est bloqué aujourd'hui.
12:49Parce que s'il baisse les taxes,
12:52ou s'il généralise par exemple les aides,
12:56ou s'il les élargit à volonté,
12:59eh bien vous n'allez pas,
12:59ce n'est pas 50 milliards,
13:0154 milliards que vous allez être obligés de chercher pour le budget.
13:04Déjà vous n'allez, à mon avis, pas les trouver,
13:07mais c'est 60 milliards, ça va être terrible.
13:12En plus, je dirais que c'est la double peine,
13:15parce que vous allez être condamnés par vos adversaires politiques,
13:18et par peut-être beaucoup de Français,
13:20parce que vous n'élargissez pas suffisamment les aides,
13:23et en plus, vous allez être condamnés,
13:27et vous allez être opposés…
13:29– Oui, mais moi j'ai envie de finir ma question.
13:30– Mais oui, mais il faut avancer, il faut avancer,
13:33elle a démarré à 22h05 votre question, il faut avancer.
13:36– Et être opposé à une opposition qui va vous sanctionner.
13:41– Je vous laisse répondre, M. Lefebvre, Pierre Chasserey,
13:44je vous vais faire le nom de la tête,
13:45à ce que vient de dire Amélie Rosic, à ce que vient de dire Yves Tréhard.
13:47– Je ne sais plus comment expliquer,
13:49si ce n'est par les chiffres depuis avril,
13:52si ce n'est par tout ce qui s'est passé à chaque fois
13:54que vous avez fait une politique du chèque.
13:56Les aides ne fonctionnent pas,
13:59parce que vous ne modifiez pas le prix à la pompe.
14:01Il faut, la seule mesure intelligible pour tous,
14:04c'est d'arrêter de corriger un système fiscal qui ne tient pas la route.
14:08Si vous êtes obligé de sortir le carnet de chèques en disant
14:10« Ah ben toi, t'auras 80, toi t'auras 100, toi t'auras… »
14:13ça veut dire que le système fiscal est mauvais.
14:16Un bon système fiscal, on n'a pas besoin de le corriger.
14:18CQFD, je pense que ça, là-dessus,
14:20je n'ai même pas besoin d'en débattre.
14:22Si on corrige, c'est que c'est mauvais.
14:23Le système fiscal tel qu'il est.
14:26– Mais vous allez nous dire comment vous financez ?
14:29– Mais ne bougez pas, j'arrive.
14:32En tout cas, je sais une chose,
14:34c'est que depuis que vous y êtes,
14:35depuis que vous nous gérez cette crise,
14:38on sombre dans la décroissance,
14:40là où d'autres pays font beaucoup mieux que nous.
14:42Tous les autres, d'ailleurs.
14:43– Je suis en total désaccord avec vous là-dessus.
14:45– Allez-y, Mathieu Lopère.
14:46– Les déterminants du ralentissement de la croissance
14:48ne sont pas du tout ceci.
14:49Ils ne sont pas du tout strictement nationaux.
14:51Ils ne sont pas internationaux liés à la crise.
14:53– Il doit y avoir une baisse drastique de la fiscalité.
14:56On ne peut pas continuer à taxer 60% du coût d'un produit.
15:00Ça n'a pas de sens.
15:01Ça n'a pas de sens.
15:03Et comment on relance ?
15:04Est-ce que…
15:05Ah ben j'arrive.
15:06– Oui mais il faut avancer aussi.
15:07– Est-ce que vous croyez que c'est possible
15:08pour les Français de dépenser de l'argent qu'ils n'ont pas ?
15:11– Non.
15:12– Mais d'abord.
15:12– Non.
15:12Bon, alors, dans ces cas-là,
15:15dans ces cas-là, c'est très simple.
15:17Redonnez du pouvoir roulé.
15:19Redonnez du pouvoir d'achat.
15:20Vous avez les moyens de le faire.
15:21Vous avez les moyens de faire en sorte
15:23que demain la France puisse retrouver
15:25le chemin de la consommation.
15:27Moi, je peux vous dire que si j'étais à haute place
15:28et qu'on montrait le chiffre qu'a montré Amélie,
15:31moins 30% d'achat et de consommation de carburant,
15:34donc de mobilité, de déplacement,
15:36je serais en train de trembler.
15:38Parce qu'il y a un indice en économie
15:39qui doit faire trembler.
15:39– Je ne sais toujours pas quand vous le financez.
15:41– Je viens de vous le dire,
15:42la reprise de la consommation.
15:43Il y a quelque chose qui doit…
15:44– Mais vous ricaner…
15:45– Mais parce que ça ne fonctionne pas.
15:46– Mais il faut que je le fais vous répondre.
15:48Il y a une chose qui est sûre,
15:49c'est qu'en économie, on regarde la courbe.
15:52Et là, pour l'instant,
15:53la courbe de la baisse de la consommation,
15:55elle est de plus en plus forte.
15:57On est en train de sombrer économiquement.
15:59On va dans le mur.
16:01– Mathieu Lefebvre.
16:02– C'est la raison pour laquelle
16:03on prend des mesures d'urgence
16:04sur les publics qui sont évidemment
16:06les plus vulnérables.
16:08Il faut continuer à le faire.
16:09Et on continuera à le faire
16:10de façon évolutive,
16:11comme l'a fait le Premier ministre
16:12depuis le début.
16:13Mais on mentirait aux Français,
16:14tout simplement,
16:15si on expliquait qu'on avait les moyens
16:17d'avoir des aides
16:19totalement généralisées et indiscriminées.
16:20J'observe que, monsieur,
16:21vous ne proposez pas de financement.
16:24– Je viens de vous l'expliquer.
16:25– Dans un contexte financier…
16:26– Vous connaissez sur l'affaire,
16:27l'économie ?
16:27– On est par ailleurs face à une crise
16:29qui est une crise internationale.
16:31Nous ne sommes pas les seuls à la vivre.
16:33Il y a également d'autres leviers
16:35pour y répondre.
16:35Il y a évidemment l'urgence,
16:37parce que c'est indispensable
16:38pour nombreux de nos concitoyens
16:39qui doivent utiliser leurs voitures.
16:42Mais il y a aussi des aides de moyen terme
16:43qu'il faut continuer à activer,
16:45continuer à réduire nos dépendances,
16:47nos dépendances aux hydrocarbures
16:49qui nous coûtent 64 milliards d'euros
16:50chaque année
16:50et qui font que nous sommes extrêmement vulnérables
16:53à l'évolution des prix.
16:54– Sauf que tout le monde ne peut pas le faire.
16:55– Tout le monde ne peut pas le faire.
16:56C'est pour ça que les certificats
16:57d'économie d'énergie
16:59aident à l'acquisition.
17:00C'est pour ça qu'on a des mesures d'urgence
17:01qu'on ne culpabilise pas,
17:03évidemment, les Français.
17:04Mais il faut continuer
17:05à donner les moyens
17:06d'avoir une transition
17:07pour être moins dépendant
17:08aux hydrocarbures à l'avenir.
17:10C'est ce qu'a fait le Premier ministre
17:11avec le plan d'électrification des usages,
17:13avec la programmation pluriannuelle
17:14de l'énergie,
17:15ce que fait le Président de la République
17:16avec le soutien au nucléaire
17:18et aux énergies renouvelables.
17:20Ça, évidemment,
17:20ce n'est pas une réponse...
17:20– Ça ne règle pas le problème de Monique
17:22qui fait le plan de Monique.
17:23– Philippe Moati, je vois réagir.
17:23– Mais c'est une réponse
17:24de moyen terme malgré tout.
17:25– En fait, le problème majeur
17:27qu'on doit affronter,
17:29c'est le déficit de croissance.
17:31Pas assez de croissance.
17:32Le pouvoir d'achat,
17:33il a déjà baissé l'année dernière.
17:34En 2025, on a eu une année
17:35de baisse du pouvoir d'achat.
17:36– Et il va baisser en 2025.
17:37– Et il va baisser encore.
17:38Je ne crois pas qu'on ait eu,
17:39dans notre histoire récente,
17:40deux années consécutives
17:42de baisse du pouvoir d'achat.
17:43Je crois que c'est absolument inédit.
17:45Et pourquoi ?
17:45Parce que finalement,
17:46sur le long terme,
17:46le pouvoir d'achat,
17:47enfin la croissance du pouvoir d'achat
17:49dépend de la croissance économique,
17:50fondamentalement.
17:50Et on n'a plus de moteur de la croissance.
17:53Parce que le pouvoir d'achat est en berne,
17:54la consommation est stagnante.
17:56L'investissement des entreprises
17:57est pénalisé par l'incertitude généralisée
17:59et puis par la montée des taux.
18:01Et puis la dépense publique ne peut pas suivre.
18:04On a perdu le booster
18:06qu'on actionnait en général
18:07lorsque la croissance était trop molle.
18:08Une politique budgétaire expansionniste,
18:11si possible couplée
18:11avec une politique monétaire plus offensive.
18:14Une politique monétaire offensive,
18:15on ne l'aura pas.
18:15Au contraire,
18:16on est plutôt dans une logique
18:16d'augmentation des taux.
18:17Et on paye aujourd'hui
18:18l'impossibilité d'avoir
18:19une politique budgétaire
18:20qui compense
18:21et qui relance la croissance.
18:22Je ne parle pas
18:22de la compétitivité internationale.
18:24Est-ce qu'en baissant les taxes,
18:25vous relancez la croissance ?
18:27Je n'en suis pas sûr.
18:28Je n'en suis pas sûr.
18:29On est quand même confronté
18:30à un problème relativement insoluble.
18:32Il faut bien le reconnaître.
18:32On s'achemine pour 2026.
18:35On va avoir un service de la dette,
18:37c'est-à-dire le paiement des intérêts,
18:38de 70 milliards.
18:40Je rappelle que la recette
18:42liée à l'impôt sur le revenu,
18:43c'est 100 milliards.
18:44C'est 100 milliards.
18:45Donc c'est colossal.
18:46C'est colossal.
18:47C'est de l'argent qui part par les fenêtres.
18:48Et si en plus,
18:49si on continue d'avoir une montée des taux
18:50telle qu'on commence à l'avoir,
18:52ce ne sera pas 70 milliards,
18:53ce sera 80, 90.
18:54Donc il y a un moment,
18:56la gabegie budgétaire du passé
18:58empêche aujourd'hui
18:59d'avoir une vraie politique de fond
19:00sur le pouvoir d'achat
19:01et pas savant.
19:02On voit l'entonnoir dans lequel on est.
19:04Remarque de téléspectateurs,
19:05Isabelle.
19:05Monsieur le ministre,
19:05qu'est-ce que vous répondez
19:06aux téléspectateurs
19:07qui nous regardent
19:07et continuent à nous écrire
19:08sur le WhatsApp de BFMTV
19:10et qui s'étonnent
19:11de ne pas toucher d'aide du tout
19:13parce qu'il,
19:13malheureusement pour eux,
19:14il remplisse presque tous les critères
19:15sauf un,
19:16c'est qu'il gagne,
19:16par exemple,
19:172050 euros net par mois.
19:19Donc il gagne
19:20un tout petit peu trop d'argent.
19:21C'est ce qui me permet
19:23de répondre à monsieur Chasserey.
19:24Je vais répondre à votre question,
19:25mais qui nous dit
19:26il ne s'est rien passé,
19:27personne n'a touché d'aide,
19:27etc.
19:28Il y a même 1,5 million
19:29de Français qui ont touché
19:30cette aide.
19:30100 euros,
19:31donc 40,
19:32oui, super.
19:32Oui, ça représente
19:3340 centimes d'euros
19:35par litre de carburant.
19:36C'est la raison pour laquelle
19:37on a aujourd'hui
19:38étendu les critères
19:39et on est aujourd'hui
19:40à 6100 euros
19:41de revenus de référence
19:43pour un couple
19:44avec deux enfants
19:45et ça va permettre
19:47de faire en sorte
19:47que 5,5 millions de foyers
19:49puissent en bénéficier.
19:50Au lieu de 3 millions
19:51jusqu'à maintenant.
19:52Merci monsieur le ministre
19:52d'avoir été avec nous.
19:53Pierre Chasserey,
19:53Philippe Moiti,
19:54merci à vous.
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