- il y a 7 minutes
Chaque week-end, Sami Sfaxi vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:01De retour sur BFM TV avec, on le disait, cette accélération majeure des événements ces dernières heures et ces derniers
00:08jours
00:08du côté de la menace russe mais également un autre front puisqu'on va parler dans un instant du Moyen
00:15-Orient
00:15et cette annonce du président de la République cette semaine qui a retenu particulièrement notre attention,
00:21sa volonté d'envoyer des moyens militaires.
00:25Ça a été dit de cette façon-là en Arabie Saoudite. Regardez, nous allons envoyer des moyens militaires, des soldats,
00:30des radars, des systèmes de défense
00:32pour protéger le site de Yonbu en Arabie Saoudite évidemment pour répondre à cette crise des carburants et à cette
00:38crise du pétrole
00:39qui secoue le monde entier. On part d'ailleurs tout de suite du côté du Qatar pour vous retrouver, Laura
00:44Cambo.
00:45Laura, d'abord, quels moyens militaires et pour quoi faire ?
00:51Oui, la France va déployer donc des moyens militaires, vous le disiez, des soldats, des radars et également des systèmes
00:58de défense,
00:59peut-être même des radars si c'était nécessaire. Voici ce qu'a affirmé Emmanuel Macron.
01:03Il y a encore beaucoup d'inconnus qui sont encore négociés par Paris et Riyad. On ignore le calendrier, le
01:09nombre d'effectifs mobilisés
01:10ou encore l'arsenal militaire qui sera déployé exactement. Ce qu'on prend, c'est que le site pétrolier de
01:17Yonbu,
01:18il se trouve à l'ouest de l'Arabie Saoudite et ce site, il est absolument crucial puisqu'il est
01:22relié à un oléoduc
01:23qui traverse l'Arabie Saoudite d'est en ouest. Il permet en fait, cet oléoduc à l'Arabie Saoudite d
01:30'éviter le détroit d'Hormuz
01:31qui est toujours bloqué, de continuer à exporter des barils de pétrole à travers la mer Rouge.
01:37Seulement ce site de Yonbu, il a été visé il y a quelques jours par les rebelles Houthis, cette milice
01:42chiite du Yémen
01:44qui a donc touché ce site de Yonbu. Il est donc désormais plus compliqué pour l'Arabie Saoudite d'exporter
01:49des barils de pétrole.
01:51Il y a moins de barils qui sont donc envoyés, ce qui aggrave évidemment la crise énergétique.
01:55Moins de pétrole sur le marché, ça veut donc dire des cours plus hauts et de l'essence évidemment plus
02:00chère.
02:01Voilà pourquoi Emmanuel Macron veut déployer des moyens militaires sur ce site de Yonbu.
02:05– Merci beaucoup Laura Cambeau depuis Doha au Qatar avec Benjamin Danan qui vous accompagne.
02:11Général Sido sur cette question. Le président de la République, c'est vrai, a annoncé les choses de façon très
02:17simple
02:17et de façon très directe. Mais pourquoi faire véritablement et comment ça va se passer ?
02:22Les soldats français vont aller en Arabie Saoudite, armes à la main, défendre des sites pétroliers,
02:28défendre ce port pour répondre à la crise énergétique. Comment est-ce que ça va se passer concrètement ?
02:33– Oui effectivement, la réponse qui est amenée par le président, c'est ce site de Yonbu qui a fait
02:39augmenter
02:39le problème de Bab el-Mandeb et cette attaque. C'est ça qui a vraiment fait augmenter le prix du
02:43litre à la pompe.
02:44C'est vraiment cette étape majeure qui s'ajoute aux autres bien sûr, mais c'est vraiment l'étape majeure.
02:49On attendait Bab el-Mandeb depuis février en fait. Et bien c'est arrivé.
02:52– On rappelle, c'est ce détroit à l'ouest du Yémen qui justement, on le voit d'ailleurs sur
02:57cette carte,
02:58avec un détroit d'Hormuz fermé et un détroit de Bab el-Mandeb fermé,
03:02là c'est l'approvisionnement énergétique en Europe qui est presque totalement coupé.
03:06– C'est le paradoxe parce qu'on est présent dans la zone avec la mission Aspides,
03:11la mission européenne, on a deux frégates dans la zone. On n'est pas les seuls,
03:16c'est une mission européenne justement faite pour protéger le passage du détroit de Bab el-Mandeb.
03:20Et puis là, Yonbu est bombardé, les exportations de pétrole saoudiennes sont quasiment stoppées.
03:28On sait qu'ils ont fait une petite bascule à nouveau vers le golfe Persique,
03:33mais bon, tout ça, ça ne résout pas le problème. Et là, la France décide de s'engager,
03:37ce qui est assez incroyable d'ailleurs, parce que même les Britanniques sont très timides.
03:40Les Britanniques ont dit on envoie un avion ravitailleur pour aider les avions saoudiens.
03:45Alors nous, on agit un peu de façon autonome.
03:48Alors il y a une frégate italienne également qui doit aller dans la zone de façon autonome également.
03:52Vous voyez, chacun agit de son côté. Les Américains ne volent pas,
03:55alors qu'ils étaient intervenus en 2023 et 2025.
03:59Donc là, il y a beaucoup de réticence.
04:01Et donc la France décide, le Président nous annonce le 24 septembre qu'on va mettre des moyens.
04:07Alors est-ce que c'est une frégate antiaérienne ?
04:09Oui, c'est ça. La proportion, on ne la connaît pas finalement.
04:11Voilà, on ne la connaît pas.
04:12Alors on peut imaginer qu'une frégate antiaérienne se positionne à côté de Yonbu.
04:17Elle couvre la zone, bien évidemment.
04:19Bon, je me suis permis d'imaginer, il parle de radar,
04:22on peut imaginer qu'on envoie un système Aster, un système solaire moyenne porté franco-italien.
04:28C'est ce que l'on a.
04:28Bon, on peut imaginer qu'on peut réparer également ces installations pétrolières.
04:35On a un service de l'énergie opérationnelle, on a des techniciens.
04:39On peut imaginer ça.
04:40J'ai vu apparaître force spéciale dans un article.
04:42On se calme, on fantasme pas.
04:44On a parlé d'avions également, on lui a posé la question.
04:47On a des éviens aux Émirats arabes unis.
04:49Qui ont été engagés ?
04:51Le chef d'état-major l'a dit, on a battu 200 drones.
04:53Peut-être plus, peu importe.
04:55Ils ont été engagés très sérieusement.
04:57Au-dessus des Émirats, notamment.
04:58Au-dessus des Émirats unis pendant tout le conflit,
05:00pour protéger les Émirats arabes dans le cadre d'un accord de défense.
05:04Donc c'est très clair.
05:04Je veux dire, il ne faut pas découvrir que l'on va au Moyen-Orient.
05:08On y est.
05:08Oui, avec en plus, d'ailleurs, on a des moyens militaires qui sont à Djibouti.
05:11En plus, on a Djibouti qui est une base très importante.
05:13Mais en tout cas, la volonté, David Rigoleros, du président de la République,
05:17c'est de sécuriser les approvisionnements énergétiques, bien sûr, avec ce port de Yambou.
05:24C'est vraiment un soutien militaire, défensif ?
05:27Ou alors, est-ce que par cette action-là, on va rentrer dans une forme de cobelligérance avec l'Éouti
05:32?
05:32Non, il a dit qu'il n'était pas question de rentrer dans une logique de cobelligérance.
05:37C'est purement défensif, mais c'est un signal autant politique que militaire, en réalité.
05:44Certes, il y a effectivement l'envoi d'une...
05:47Il faut rappeler qu'il n'y a pas, à la différence des Émirats arabes unis,
05:50il n'y a pas un accord de défense en tant que tel.
05:54En revanche, il y a un partenariat stratégique.
05:56Et il faut rappeler que le prince Mohamed Bin Samad est venu cet été, en août, à Paris,
06:01et qu'à cette occasion, il y a eu la première réunion, justement,
06:04du conseil de ce partenariat stratégique.
06:07Donc, il y a une relation privilégiée, effectivement, à l'Arabie Saoudite,
06:09qui a appelé à l'aide tous azimuts.
06:14Mohamed Bin Samad est allé voir le président Sissi,
06:16il a demandé... Les Américains ont décliné, ils ne voulaient pas s'engager directement.
06:19Il l'avait fait précédemment.
06:20Ils avaient bombardé les Houthis entre janvier et...
06:23Entre mars et mai 2025.
06:26Mais il y a eu un accord, après, qui était passé avec les Houthis,
06:28qui ont pris soin de dire qu'ils respecteraient l'accord avec les Américains.
06:32Donc, on voit que tout ça est très compliqué.
06:33Ce qui est sûr, c'est qu'en Arabie Saoudite, il y a un accord de coopération militaire, en fait.
06:39Ce n'est pas un accord d'assistance, de clause de défense, en tant que tel,
06:42qui est assuré par un officier général, qui cumule, en fait, deux missions,
06:46celles d'attachés militaires et de chefs de mission de coopération de défense
06:48pour approfondir les relations entre les deux pays.
06:51Mais là, effectivement, il y a un flou sur, à la fois, le périmètre, le calendrier...
06:55Le volume.
06:55Et le volume, c'est ce qui a expliqué, d'ailleurs, l'effervescence en politique intérieure
07:00par rapport à cette annonce.
07:01Puisqu'il y a, effectivement, l'évocation de l'article 35 de la Constitution
07:04qui oblige, dans un premier temps, à informer la représentation nationale.
07:09Et si ça devait durer, au-delà d'un certain nombre de mois, effectivement,
07:13de procéder éventuellement à un vote.
07:14On écoutera, d'ailleurs, je fais une parenthèse dans un instant,
07:18Jean-Luc Mélenchon, d'ailleurs, et Marine Le Pen.
07:20En tout cas, Sébastien Chenu, qui était à notre micro hier,
07:23et qui disait, hors de question, pour nous, d'envoyer des soldats,
07:26le moindre soldat en Arabie Saoudite.
07:28Mais ça relève des prérogatives du domaine réservé par le président de la République.
07:32Oui, a priori, c'est ça.
07:34Thierry, c'est vrai que l'Arabie Saoudite a quand même déclaré,
07:38ces dernières semaines, ne plus avoir la capacité d'envoyer du pétrole aux raffineurs,
07:44en tout cas aux raffineries européennes.
07:46Est-ce que ce coup de pression qui a été mis par l'Arabie Saoudite européen
07:49a provoqué, quelque part, la réaction de la France
07:51et cette décision, finalement, d'Emmanuel Macron d'aller prêter main-forte aux Saoudiens ?
07:56Je crois que ce qui a été le moteur des propos du président de la République,
08:00c'est le prix à la pompe en France.
08:01C'est ça le point de départ.
08:02Consécutif, aussi, aux déclarations des Saoudiens.
08:04Oui, mais je pense qu'il faut remettre aussi ces déclarations dans leur contexte,
08:07et dans le contexte de l'interview que le président accorde,
08:09et qu'il commence en expliquant qu'au fond,
08:14la France n'a pas la maîtrise de la situation
08:17et n'est pas à l'origine de l'augmentation des prix,
08:19puisque ce qui a commencé à faire monter les prix
08:23et les a fait monter drastiquement,
08:24c'est la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran,
08:27puis la fermeture du détroit d'Hormuz,
08:29et puis les incidents en cascade,
08:31et aujourd'hui, les menaces sur le détroit de Bab-el-Mandeb.
08:35Tout ça pour vous dire qu'il y avait aussi,
08:38de la part du président de la République,
08:40la volonté de délivrer un message politique,
08:43dans lequel il disait,
08:44la France ne reste pas les bras croisés,
08:46et elle ne reste pas impuissante,
08:49elle agit là où elle le peut.
08:50Et là où elle le peut aujourd'hui,
08:52c'est effectivement ce port de Yongu,
08:54qui effectivement a été pris pour cible,
08:56mais d'où, disait le président de la République dans ce même entretien,
08:59sortait il y a quelques semaines encore 5 millions de barils jour,
09:02et donc il est essentiel de préserver cette voie-là d'acheminement de pétrole
09:09vers l'Europe en général,
09:11vers la France en particulier,
09:12parce que, disait-il,
09:13ça pour le coup,
09:15ça peut avoir une incidence réelle sur le prix du pétrole à la pompe.
09:18Alors Robin Gassadi,
09:19on va voir justement sur cette infographie
09:21qui a été réalisée par les équipes de BFM,
09:23ce qui va être envoyé précisément par nos armées en Arabie Saoudite,
09:27des systèmes de défense, des radars, des soldats, des avions de chasse.
09:30On a les moyens, à l'heure du front ukrainien,
09:32d'envoyer encore du matériel sur un autre terrain de projection.
09:38D'ailleurs, qui, je le rappelle,
09:40ces soldats peuvent tomber,
09:41en tout cas peuvent être sous le feu,
09:45des projectiles outils.
09:46Je veux dire, c'est une mission défensive,
09:47mais l'Arabie Saoudite a vu son pays
09:51sous le feu des outils proxys,
09:53justement, des Iraniens.
09:54Alors, juste pour revenir en arrière sur une petite chose,
09:56l'Arabie Saoudite, c'est là des alliances militaires.
09:58Et là, récemment, l'alliance de la Mecque avec le Pakistan, avec la Turquie.
10:03Ils n'ont rien fait.
10:04Il y a une alliance avec les pays du Conseil de coopération du Golfe,
10:08qui n'ont rien fait.
10:09La France n'a peut-être pas une alliance militaire directe,
10:12mais elle a du courage.
10:13Et aujourd'hui, quand on appelle les soldats français
10:14à protéger un allié, à protéger ses intérêts,
10:17la France réagit.
10:18Je pense que c'est une bonne chose si on veut peser sur l'histoire.
10:20Maintenant, sur les moyens déployés.
10:22Moi, je n'ai pas d'informations,
10:23je ne peux pas vous confirmer, par exemple,
10:24que des avions de chasse seront déployés.
10:25Mais c'est vrai que c'est une possibilité.
10:27On peut déployer un petit nombre d'avions de chasse Rafale
10:29avec des matériels de lutte anti-drone,
10:32notamment des roquettes guidées laser ou des missiles antiaériens.
10:34Le président avait précisé que ces avions étaient déjà sur zone.
10:37Tout dépend de ce qu'on entend sur zone.
10:39Est-ce qu'ils sont aux Émirats arabes unis ?
10:40Est-ce qu'ils sont à Djibouti ?
10:42Ou est-ce qu'ils sont en Arabie Saoudite ?
10:45Ce n'est pas tout à fait la même chose.
10:46Enfin, on pourrait aussi imaginer des avions de renseignement.
10:49On pourrait soutenir les Saoudiens
10:50à travers des avions de ravitaillement en vol,
10:52à travers des petits avions de guerre électronique et de renseignement.
10:54Donc, il y a toute une palette de choses.
10:56Mais oui, on prend des risques pour défendre les intérêts français,
10:59pour défendre un pays allié qui a été attaqué.
11:01Il faut toujours se souvenir que la France n'a jamais attaqué
11:03ni l'Iran ni les outils.
11:04Les Britanniques, par exemple, ont frappé les outils.
11:06On ne l'a jamais fait.
11:07Donc, c'est notre honneur de défendre ce partenaire.
11:09Moi, je regrette à titre personnel
11:11qu'on n'ait pas ce courage d'aller aussi loin pour l'Ukraine.
11:13On en parlait d'ailleurs tout à l'heure.
11:14Général Sido, ça peut prendre combien de temps,
11:15cette opération militaire ?
11:17D'abord pour la mise en place.
11:18Et puis, est-ce que ça peut être réellement efficace ?
11:20La mise en place, pour moi, elle est quasiment effectif.
11:22À Djibouti, on a des mirages.
11:23On a, je crois, six mirages.
11:25On en a aux Émirats arabes unis.
11:26Vous voyez, on est des deux côtés.
11:27Vous parliez d'avions de ravitaillement.
11:29Oui, les Anglais l'ont fait.
11:30On peut le faire également.
11:31C'est interopérable.
11:32On a énormément de coopérations militaires avec l'Arabie solide
11:34depuis la nuit des temps.
11:36Donc, voilà.
11:37Ensuite, ça peut durer.
11:38À Djibouti, on y est depuis une éternité.
11:39Les Émirats ont depuis une éternité.
11:41Le problème du pétrole, ça dure depuis...
11:43Moi, j'ai découvert en 1973.
11:45Vous voyez, on n'a pas fini.
11:47Donc, les guerres sans fin, il ne faut pas rêver.
11:48Alors, c'est des guerres à bas bruit.
11:49C'est de l'influence, c'est de la présence.
11:51Il y a à la fois des combats, de la présence, des arrêts de combat.
11:55Mais la coopération militaire, elle ne cessera jamais.
11:59Il ne faut pas croire qu'on va se replier sur notre petit village
12:02avec de la potion magique.
12:03Non, ce n'est pas possible.
12:05Si on va avoir un rôle, effectivement,
12:07et là, on étend le rôle géopolitique de la France
12:09au prix du lit de gasoil.
12:10Certes, mais oui, c'est une réalité.
12:12Ça a toujours été le cas.
12:13Ça a toujours été le cas, quelque part.
12:15Alors, après, on peut avoir de grandes intentions.
12:17Oui, tout à fait.
12:17Et quand vous entendez, et j'anticipe un peu sur le prochain débat,
12:19mais les responsables politiques qui vous disent
12:21non, non, nous, on ne veut pas envoyer de soldats français
12:23prendre le risque de se faire tuer dans ce conflit,
12:26dans cette zone-là.
12:27Dans ce cas-là, on supprime les armées, on supprime tout.
12:29Et puis, on garde une garde nationale intérieure.
12:31Et puis, on tourne en rond dans la gare Saint-Lazare
12:32avec Sentinelle.
12:34Et on n'existe plus.
12:35Et on abandonne notre poste permanent
12:38au secrétaire des Nations Unies.
12:40On ne joue plus de rôle.
12:41Il ne faut pas être dupe sur ça.
12:43Le problème, il est là.
12:44Vous savez qu'en Mitterrand,
12:46au bout de de stock, dit
12:48les missiles sont à l'est et les pacifistes à l'ouest,
12:50cette parole fait basculer.
12:53Mais pourquoi ?
12:54Parce qu'on a une armée française sérieuse
12:56avec des missiles, avec une force classique lourde.
12:58Mais elle est déjà engagée en mer rouge, de toute façon, avec Aspides.
13:00Et on est engagé en mer rouge.
13:02Juste une petite remarque, je suis complètement d'accord
13:03avec ce qui vient d'être dit.
13:05Et ce qui me gêne, c'est qu'on a deux forces politiques
13:07aux deux extrêmes du spectre
13:07qui parlent tout le temps de nos déclassements,
13:09qui adorent parler de déclassements de la France.
13:11Là, ce qu'il propose, c'est de transformer la France
13:13en une puissance membre du Conseil de sécurité
13:15qui défend ses intérêts et celles de ses alliés
13:16à une espèce d'organisateur de conférences.
13:19On deviendrait un peu la première superpuissance
13:23réception, petit four.
13:24Je pense que la France, elle vaut mieux que ça.
13:25On peut faire plus qu'organiser des sommets diplomatiques.
13:28Et si on veut encore peser,
13:29si on veut que la France tienne son rang,
13:31il faut être prêt à se battre pour le préserver.
13:32Bon, j'ai un peu anticipé, je vous l'accorde,
13:34sur le prochain débat.
13:35Mais j'aimerais qu'on écoute quand même
13:36cette toute dernière déclaration de Donald Trump.
13:38C'était il y a quelques minutes,
13:40elle est quelques heures,
13:41qui ne va pas finalement dans le sens de l'apaisement
13:43puisqu'il refuse le plan qui a été proposé
13:46par les Iraniens sur la réouverture en 7 jours
13:49du Détroit d'Harmouz.
13:50Écoutez, c'est assez rapide.
13:59Thierry, avec d'ailleurs nos confrères du Wall Street Journal
14:02qui affirme finalement que Donald Trump
14:05pourrait frapper à nouveau dans les prochains jours.
14:08Oui, alors si on en fait la chronologie
14:09pour expliquer le contexte de ce qu'on vient d'entendre,
14:12le Wall Street Journal publie un article
14:13dans lequel il s'explique que le président américain
14:17envisage une nouvelle vague de frappes de l'Iran.
14:21dans des proportions, dit le journal,
14:22qui ne sont pas claires à ce stade.
14:25Mais ce que l'on sait, c'est qu'elles intervieweraient
14:27après les élections à mi-mandat,
14:29c'est-à-dire après le 3 novembre prochain.
14:32Qu'est-ce que ça changerait pour nos téléspectateurs
14:34qui nous regardent ?
14:35Face à ce projet américain,
14:38il y aurait donc ce plan qui aurait été soumis par l'Iran
14:43pour un cessez-le-feu et des négociations,
14:45un plan en 7 points.
14:46Et donc le président interrogé sur cet article
14:48il dit qu'il rejette cette hypothèse
14:51et ça relance effectivement du coup
14:54la probabilité de frappe.
14:56Mais ces frappes, leur contenu et leur ampleur
15:00n'est pas claire à ce stade,
15:02dit le Wall Street Journal,
15:03qui rappelle par ailleurs dans les confidences
15:05qu'il recueille auprès de l'entourage du président américain
15:07que je pense que ce n'est pas mes camarades
15:11avec lesquels on a passé de longues heures
15:12sur ces plateaux à discuter ces sujets.
15:15Il arrive à Donald Trump de faire une menace,
15:17de ne pas la mettre à exécution,
15:19de dire un certain jour qu'il envisage de bombarder,
15:22de dire le lendemain qu'il est prêt à négocier.
15:24Donc il faut prendre tous ces propos du président américain
15:26avec une certaine distance.
15:28Mais la réalité de la situation aujourd'hui,
15:30c'est qu'il est empêtré,
15:32il est dans une espèce de drogue de guerre.
15:34Et manifestement, si on écoute un peu plus
15:38les propos qu'il tient que l'extrait qu'on vient d'entendre,
15:41si on comprend bien son raisonnement,
15:43ça consiste à dire que l'embargo
15:48dont les Iraniens sont victimes aujourd'hui
15:51marche au sens où il fait souffrir de plus en plus
15:54l'économie et donc le régime.
15:57Et donc le pari que semble vouloir faire Donald Trump
16:00consiste à dire qu'en maintenant cet embargo,
16:02ce n'est pas le moment de négocier
16:04parce qu'au fond, à force de les mettre en tonaille,
16:08à force de les priver de ressources,
16:10on va finir par les amener à la table des négociations
16:13où ils concèderont ce que le président américain attend d'eux.
16:16Mais alors, est-ce qu'on n'est pas, pardonnez-moi David Rigoleros,
16:18dans une forme d'impasse stratégique ou de paradoxe ?
16:21D'un côté, la France qui dit
16:22non, non, nous on va défendre les intérêts justement saoudiens
16:26et du brut, du pétrole brut dans le golfe Persique.
16:29Et puis d'un autre côté, Donald Trump qui dit
16:31« Moi, de toute façon, je vais refrapper.
16:33Finalement, vos problèmes de coût du diesel en Europe,
16:36ce n'est pas mon problème.
16:39Je ne vais pas vers l'apaisement proposé en tout cas par les Iraniens.
16:43Même si bien sûr, ce plan iranien,
16:46il faut le prendre évidemment avec des pincettes. »
16:48Oui, de toute façon, il y avait des conditions qui avaient été énoncées par les Iraniens
16:51qui étaient irrecevables.
16:53Elles émanaient surtout de Moshem Rezaï,
16:55qui est le chef du Conseil suprême de sécurité nationale.
16:58Et donc, en réalité, c'était revenir en arrière
17:02en sachant qu'il y aurait à nouveau une impasse.
17:03Et effectivement, le président américain fait un pari sur
17:08l'efficacité du blocus qui est irréelle.
17:11Elle est irréelle.
17:11Et c'est d'ailleurs pour ça que les Iraniens se sentent de plus en plus…
17:15Mais qui nous coûtent cher.
17:16Alors, c'est intéressant ce que vous disiez sur le diesel
17:19parce qu'il est aussi celui qui a évoqué le fait
17:21de restreindre l'exportation du diesel.
17:24Et ses propres pétroliers ont dit que ce serait une mauvaise idée.
17:27Donc, il est quand même conscient du problème.
17:28Ça prouve que les choix ne sont pas uniquement des choix pétroliers.
17:32Ce qui peut paraître paradoxal par rapport au logiciel économique,
17:36on va dire, de Donald Trump.
17:38Et je pense qu'on oublie vraisemblablement,
17:41par-delà la confusion générale de sa stratégie,
17:45qu'il y a quand même une balise, c'est le nucléaire.
17:47Et il en a reparlé d'ailleurs.
17:49Simplement, oui, il y a une impasse stratégique
17:51parce que les Iraniens ne cèdent pas.
17:53Mais l'impasse stratégique, elle est des deux côtés, en réalité.
17:55C'est le problème.
17:56Général Sidos, question un peu provocatrice,
18:01mais on n'est pas un peu trop tendre avec Donald Trump
18:02quand on voit l'impasse dans laquelle on est ?
18:04Non, mais c'est vrai.
18:05Cette question, elle se pose d'ailleurs.
18:07Pendant cette réunion dans cette fameuse salle Vegas
18:10sous l'Elysée avec les différents chefs de Paris,
18:12partis, a été évoquée la question d'approvisionnement
18:14avec les Américains désormais qui vont refuser
18:16d'exporter leur diesel et leur pétrole.
18:20Et les pétromonarchies également du Golfe
18:25qui refusent cela.
18:26Donc, c'est cet impasse-là.
18:27L'impasse, c'est toujours le lien que l'on a avec les États-Unis.
18:31C'est historique, ça fait des années.
18:33Après la guerre de 14-18, il y a le traité de Versailles.
18:36Les Américains ne le soutiennent pas.
18:38On se retrouve seul.
18:39Il y a un ambassadeur qui a écrit
18:40« Nous étions seuls » en 1940.
18:42Je ne vais pas revenir sur la guerre de la Chine.
18:44Il y a une bien foule.
18:44Les Américains, quand ça tourne de main,
18:45ils nous laissent tomber, alors qu'ils nous ont soutenus.
18:48Bon.
18:49Pour Suez, en 1956, ils nous laissent tomber, etc.
18:52Bon, là, en fait, l'histoire balbutie à nouveau.
18:54Alors, c'est certain qu'avec un porte-avions nucléaires,
18:57on n'a pas beaucoup d'arguments à opposer.
18:59Quand les Européens, je crois avoir vu le chiffre,
19:02ils vont acheter des F-35, ils vont en acheter 465, je crois,
19:05ils n'achètent pas des Rafales.
19:07Ou même des avions suédois.
19:08Je leur conseille, ils pourraient prendre des avions qui sont très bons.
19:10Mais non, le problème, il est là, quelque part.
19:12C'est que nous, déjà, on n'a pas une armée qui est volumineuse.
19:15On est une petite armée.
19:16On a tout abandonné.
19:18Je ne vais pas revenir sur les dividendes de la paix.
19:19Ça ferait mal à certaines personnes.
19:22Mais on n'est pas les seuls en Europe.
19:25Et l'Europe ne suit pas notre...
19:26Alors, c'est bizarre, parce que les Allemands veulent réarmer,
19:28les Polonais veulent réarmer,
19:30mais ils n'achètent pas de Rafale,
19:31ils n'achètent pas d'avions suédois.
19:32Ou des tigres, même.
19:33Ou un hélicoptère de combat.
19:35Donc, on est quand même aussi dans une...
19:37C'est illogique.
19:38C'est-à-dire qu'on veut se libérer des Américains,
19:40mais on en est...
19:40Alors, il y a après une culture.
19:42Peut-être qu'il y a trop de gens qui n'ont pas...
19:44Oh, excusez-moi.
19:45Bon, il y a 6 millions de personnes qui sont allées voir un film,
19:47qui montraient quand même clairement
19:48qu'il y avait un moment où on était amis.
19:51D'accord.
19:51Mais il y a un moment où on disait non.
19:53Alors, on était amis pour la crise des missiles à Cuba.
19:56Oui, là, on a soutenu.
19:57Et puis, on dit non à d'autres moments.
19:59Donc là, vous voyez, c'est un petit peu ça.
20:01On est un peu à la pêche de cet état d'esprit.
20:03Et l'industrie, elle doit suivre également.
20:06L'industrie, la volonté, le financement.
20:09On a des arguments.
20:10J'ai envie de dire, si on a deux porte-avions nucléaires.
20:12Si on a 400 Rafales.
20:14Si ce n'est pas le cas.
20:15Ce qui est loin d'être le cas.
20:16Pour l'instant.
20:17Thierry, est-ce que là, véritablement,
20:19cette séquence montre aussi toute l'impuissance,
20:21quelque part, des puissances européennes
20:24sur cette question de l'approvisionnement énergétique
20:27autour du diesel, autour de ces combustibles-là
20:33si essentiels pour les Français, pour les Européens ?
20:35Et alors, je pourrais combiner ça aux frappes ukrainiennes
20:38en profondeur sur les raffineries russes.
20:41Voilà. Si vous mélangez tout ça, ça laisse une confusion absolument globale.
20:44Oui, vous avez raison.
20:46Et vous avez raison d'amener ce deuxième front.
20:48Parce qu'il est effectivement un facteur explicatif très important
20:52dans les prix du carburant aujourd'hui.
20:54Parce que là, on parle des capacités de raffinage en Russie
20:58qui ont été considérablement endommagées par les Ukrainiens.
21:02qui ont fait que non seulement les Russes n'exportent plus
21:06à la fois pour des raisons de sanctions et pour des raisons de capacité,
21:09mais ils en ont été réduits, notamment à devoir procéder
21:12à quelques importations.
21:14Donc effectivement, on a des pressions qui arrivent de tous les côtés
21:18sur le marché mondial et qu'on ne maîtrise pas.
21:21Parce que, voilà, on a des capacités de raffinage
21:25qui correspondent, le président de la République le disait
21:27à l'occasion de son intervention, à peu près à la moitié
21:30de ce qu'on consomme, mais il y a donc la moitié
21:34qu'il faut aller chercher ailleurs, qu'il faut importer,
21:36dans un contexte où les prix des produits raffinés s'envolent.
21:40Donc on est dans la tenaille avec d'un côté les prix du brut
21:43et les pressions qui viennent en particulier du Moyen-Orient
21:48et de l'autre des produits raffinés sur lesquels il y a une crise mondiale
21:51avec, vous le disiez aussi maintenant, cette troisième menace
21:54qui est la menace américaine de cesser les importations
21:57puisque les exportations, pardon, puisqu'on s'est aussi tourné
22:02vers les Etats-Unis.
22:02Alors cette décision, elle n'est pas prise encore.
22:05Il n'est pas certain d'ailleurs qu'elle aurait un impact très fort,
22:08positif pour les Américains sur les prix à la pompe aux Etats-Unis,
22:11mais c'est effectivement une menace qui a été brandie
22:13par le président Trump.
22:14Et une menace, Robin, sur également les opinions publiques
22:16qui pourraient se dire, bon, on va arrêter avec l'Ukraine
22:19parce que ça nous coûte trop cher à la pompe,
22:20peut-être sur une vision un peu court-termiste.
22:22On va arrêter également l'alignement avec les Américains
22:25sur les questions, en tout cas, géopolitiques au Proche et au Moyen-Orient
22:28et donc des conséquences comme cela en cascade
22:31sur, en tout cas, cette opinion publique qui est si importante quand même.
22:36L'opinion publique, elle est aussi façonnée par des gens qui agissent.
22:39Je ne veux pas tout expliquer par les réseaux sociaux
22:41ou par quelques influenceurs.
22:43On a des forces politiques en France
22:44qui, et sont peut-être la majorité des personnalités politiques,
22:48aujourd'hui, nous disent, tout va bien,
22:49on va pouvoir donner 100 balles et 1 mars à tous les Français
22:51s'ils votent pour moi, quel que soit mon programme.
22:53La réalité, c'est qu'on est dans un monde qui n'a littéralement
22:55jamais été aussi dangereux.
22:57Même pendant la guerre froide, on avait au moins le soutien américain.
23:00Ici, on a les États-Unis qui sont potentiellement une menace.
23:02Mais c'est difficile de le comprendre aussi
23:03quand on a un véhicule à remplir,
23:05quand on va bosser et qu'on se dit
23:08« Attendez, moi, l'Ukraine, c'est loin,
23:09ce n'est pas forcément ma guerre,
23:11ce n'est pas en tout cas ma raison. »
23:13Alors, il y a deux réponses.
23:14La première, c'est que sur l'Ukraine, il faut savoir
23:15que l'aide française, c'est quelques centaines de millions d'euros.
23:18Par contre, les Ukrainiens nous achètent des armes.
23:20Ils nous achètent des Rafales pour 5 milliards.
23:22Lorsque le président Zelensky est venu en France,
23:24il a acheté des armes.
23:25Il ne lui a pas de données.
23:27Il l'a achetées avec de l'argent russe qu'on a saisi.
23:30Malheureusement, l'Union européenne n'est pas allée
23:31jusqu'au bout du processus.
23:32Et on pourrait saisir jusqu'à 200 milliards d'euros d'argent russe
23:35que les Ukrainiens serviraient pour acheter des armes européennes.
23:38Et ça, ce serait extrêmement utile.
23:40Mais je veux juste terminer sur l'élection présidentielle à venir.
23:42Aujourd'hui, en France, on est dans le déni.
23:44C'est très grave ce qui se passe.
23:45On risque d'avoir une pénurie d'énergie cet été.
23:48On risque de ne pas pouvoir se chauffer à cause de la gravité de ce qui se passe.
23:51Donc on doit pouvoir se défendre.
23:52Il faut pouvoir investir dans notre sécurité.
23:55Et il faut dire les choses.
23:56On est à 5% de déficit.
23:57On n'est pas prêts.
23:58Et l'état de la France n'est pas bon.
24:00Est-ce que dans cette grande confusion,
24:02parce que c'est vrai que je pense que c'est très difficile aussi de comprendre cela,
24:05même pour les spécialistes, c'est compliqué.
24:06Alors pour ceux qui parfois nous regardent et ne sont pas habitués,
24:10ça peut être difficile.
24:11Est-ce que David Rigolet-Rose, le président de la République,
24:13surjoue la partition sur la gravité du moment ?
24:15Lorsqu'il a convoqué ses chefs de parti à l'Elysée,
24:18lorsqu'il explique la situation ?
24:20Non, non, il ne surjoue pas la gravité.
24:21Non, non.
24:22La situation est grave.
24:24Et d'ailleurs, c'est une procédure démocratique bienvenue
24:28d'informer les différentes formations politiques.
24:33Il n'y avait pas d'ailleurs la ministre de la Défense,
24:35qui n'était pas présente.
24:37Donc ce n'était pas un cabinet de guerre.
24:39C'était informer les formations politiques
24:43avec le résultat des travaux des différents services de renseignement
24:46pour que tout le monde prenne la mesure de la gravité de la situation.
24:51Donc non, ça ne se surjoue pas.
24:54Simplement, il y a toujours un décalage entre la prise de conscience
24:57par l'opinion publique et l'anticipation par ceux qui évaluent en amont.
25:02Et là, on est un peu dans cette phase de l'entre-deux.
25:06Ce que vous disiez, est-ce que ça vaut la peine de défendre l'Ukraine ?
25:09Est-ce que ça vaut la peine de sécuriser les approvisionnements ?
25:13Oui, parce que mécaniquement, le prix à la pompe dépend
25:16d'un certain nombre de variables qui sont celles-là.
25:18...
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