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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On est dans un petit moment de tension en ce moment entre la Russie et la France à cause des
00:04déclarations du président de la République, tout du moins dans la manière dont c'est perçu à Moscou.
00:09C'était vendredi dernier, au sortir de sa rencontre avec les différents chefs de parti, le président de la République
00:14a dénoncé la guerre hybride menée par Moscou.
00:19La menace hybride russe à l'égard des Européens et de la France s'est intensifiée. La nature de l
00:27'agressivité russe et de ces menaces en Europe change.
00:30Demandez au gouvernement de préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques ainsi que des sites les plus sensibles
00:36de notre base industrielle et technologique de défense contre les attaques de drones et les attaques cyber.
00:42Le jour où on sera attaqué physiquement, on ne nous préviendra pas. Je préfère vous le dire, ça ne marchera
00:46pas comme ça.
00:47Ce qui s'est passé en Allemagne à Leipzig, ça ne restera pas sans réponse. Je pense que ce serait
00:52une erreur de la part de la Russie de continuer d'agir à l'égard des Européens de cette manière.
00:56Nul n'est à l'abri. Donc face à cela, on agit.
01:01– Et du côté de Moscou, on répond que la Russie n'a aucune intention agressive envers les Européens.
01:08On va aller à Moscou justement, retrouver Jean-Didier Revoin tout de suite pour BFM TV.
01:13Jean-Didier Revoin, est-ce que le président Macron en fait trop sur la menace russe ?
01:18– Si l'on fait trop, il y a des informations que je n'ai pas. Mais ce qu'on
01:21peut dire, c'est qu'une attaque, un conflit traditionnel entre la France et la Russie
01:27est très peu probable dans l'immédiat. On voit simplement les difficultés qu'éprouve l'armée russe en Ukraine de
01:33là à ce que les chars se retrouvent à Paris.
01:35Il faudra bien plus que 4 ans. Et puis ce qu'on sait aussi, c'est que l'économie russe,
01:39elle n'est pas en mesure de soutenir un conflit à grande échelle contre la France.
01:45Parce que cela voudrait dire une confrontation directe avec l'OTAN. C'est un autre arsenal militaire qui se met
01:50en place.
01:51Et Vladimir Poutine lui-même, il y a deux ans au Forum économique de Saint-Pétersbourg, disait qu'il faudrait
01:55être stupide pour en étant russe
01:58de vouloir rentrer en guerre contre l'OTAN au vu de la disparité des forces.
02:01Cela veut dire qu'il reconnaissait lui-même qu'il n'avait pas les moyens d'entrer en conflit avec
02:04l'OTAN.
02:06Alors bien sûr, il y a des tensions entre Paris et Moscou. Il y en a aussi entre Londres et
02:13Moscou.
02:14Dans la mesure où Moscou est agacée du soutien que fournissent les Occidentaux aux Ukrainiens
02:20et qui, du point de vue russe, freinent l'avancée de leurs soldats et donc la fin du conflit.
02:27Ce signal d'agacement passe effectivement par peut-être des guerres hybrides, des avertissements avec des drones qu'on retrouve,
02:34avec des explosifs.
02:35Mais Moscou, encore une fois, n'a jamais reconnu avoir placé des drones avec des explosifs sur l'aéroport de
02:40Leipzig.
02:40La Russie demande toujours qu'on lui présente les preuves, qu'il s'agit bien d'un drone russe.
02:45Donc on ne peut pas en conclure que la Russie est prête à entrer en conflit avec la France et
02:50par extension l'OTAN ou d'autres pays européens.
02:52Mais ce qu'on peut dire en revanche, c'est que si l'escalade se poursuit, si l'OTAN continue
02:55à monter de cette façon pendant encore plusieurs années,
02:59alors là, par définition, on ne peut pas exclure une confrontation plus importante.
03:02– Merci Jean-Didier Revoix, en direct de Moscou.
03:04– Sergei Jernoff, alors sans doute qu'Emmanuel Macron évoquera ce sujet avec Donald Trump ce soir à New York,
03:09il doit rencontrer également le président ukrainien Zelensky,
03:11mais pourquoi tout d'un coup Emmanuel Macron tient à informer notamment les Français de ces menaces ?
03:17Il va prendre la parole d'ailleurs jeudi soir à la télévision française, il va sans doute bien sûr y
03:22revenir.
03:23Il y a des choses supplémentaires qu'on ne connaît pas ?
03:25– Il y avait des choses supplémentaires qu'on ne connaît pas, bien évidemment, tout n'est pas publié dans
03:32les journaux.
03:32– Mais quoi, ce sont des menaces hybrides, des menaces cyber ?
03:35– On va demander ça à mon collègue français qui connaît mieux comment ça se passe à l'intérieur de
03:41la France,
03:41mais bien évidemment les services d'enseignement ne communiquent pas sur tout ce qu'ils font.
03:46Et là, ce qui est important, c'est une démarche politique en fait de la part de M. Macron,
03:51parce qu'il en a été, et ça c'est quelque chose d'inédit, assez inédit,
03:56il a invité donc en fait les représentants des partis politiques qui participent à l'élection présidentielle
04:01à venir dans la salle Vega et les mettre face, pas lui, mais face aux responsables du renseignement.
04:07Donc il y avait les responsables d'ARM, des GSI, des GSE, plus le CEMA, plus le général qui préside
04:21l'état-major particulier, le président.
04:23Et en fait, ce sont ces professionnels de renseignement qui, eux, ont raconté des choses.
04:29Donc si on les a mis dans la salle Vega, c'est pas pour raconter ce qui est publié au
04:34Figaro.
04:34– Est-ce qu'il est dans la perspective de la campagne électorale, présidentielle ?
04:39– Peut-être pour les prévenir, attention au risque de déstabilisation, quoi, c'est peut-être ça.
04:42– Général Serge Cholet, s'il y a vraiment menace, est-ce que c'est rassurant d'apprendre qu'il
04:47faut un plan,
04:48alors que le plan n'a pas encore été activé, pour nous protéger des attaques cyber ?
04:51C'est ce qu'a annoncé Emmanuel Macron, on vient de l'entendre.
04:53C'est-à-dire, est-ce qu'on est prêt à faire face à une menace russe ?
04:55– Alors, premier point, d'aucuns ont prononcé les termes de « guerre hybride ».
05:01Vous aurez noté que le président, lui, parle de « menace hybride »,
05:04parce que le terme de « guerre hybride », surtout en France, il est quand même discutable.
05:10Concernant la préparation de la France, ça fait des années qu'il y a une posture dite « vigipirate »
05:16qui est actuellement au maximum, qui s'appelle « alerte attentat »
05:19et qui est, j'allais dire, destinée à contrer une menace terroriste du type islamiste.
05:26Là, on passe à une dimension supérieure, non pas que la menace islamiste a disparu,
05:30mais il y en a une autre qui vient se superposer, c'est une menace étatique, étatique venant de Moscou.
05:36– Les Russes pourraient organiser un attentat sur notre territoire ?
05:39– Alors, des attentats, oui, des menaces de type hybride, et le président en a cité deux,
05:45il a cité la menace drone et il a cité la menace cyber.
05:49Et quand on a affaire à un islamiste dans son kajibi qui tapote sur son clavier,
05:57on peut s'attendre à une menace cyber, j'allais dire, de moindre niveau.
06:00En revanche, quand on a tout le dispositif russe, étatique russe derrière,
06:05on peut s'attendre à des attaques cyber de beaucoup plus sophistiquées et de plus grandes dimensions.
06:11Et donc, ce que dit le président, et notamment en invitant les responsables des partis politiques,
06:17c'est de leur dire, maintenant, on passe à une dimension supérieure.
06:20Et comme le disait Sergueï, il n'a pas voulu parler lui-même,
06:24il a laissé parler les chefs de service pour qu'il n'y ait pas de filtre politique.
06:28Et qu'est-ce qu'il dit ? Il dit, les services de renseignement russes,
06:34ils sont capables d'aller chercher un proxy, quelqu'un, n'importe qui en France,
06:38pour déposer un drone à côté d'un centre critique vital,
06:45qui pourrait être une centrale électrique, nucléaire,
06:48qui pourrait être une gare de triage, tout ce que vous voulez.
06:51Et depuis Moscou, on pourrait piloter ce drone pour aller percuter un site critique.
06:57– Mais pourquoi ? Pourquoi Moscou ferait ça, en fait ?
06:59– Mais parce qu'il l'a fait à Leipzig.
07:01Et pourquoi il ne le ferait pas en France ?
07:02– C'était sur l'aéroport de Leipzig.
07:03– Mais bien sûr, c'était sur l'aéroport de Leipzig.
07:08Qu'est-ce qu'il empêcherait de le faire à Roissy ?
07:10Qu'est-ce qu'il empêcherait de le faire sur une usine de MBDA
07:14qui produit des missiles qui sont destinés…
07:16– Mais on ne joue pas sur peur, en fait ?
07:17– Alors, non, parce que déjà, il y a quelques années,
07:20il y a eu un incendie criminel, je ne sais pas ce qu'il en était,
07:24dont l'enquête n'a pas été publiée,
07:27qui était un peu attribuée, en tout cas pas attribuée,
07:32mais on soupçonnait quand même un État étranger.
07:35Il y a eu quand même toutes ces actions qui rentraient dans le jeu de l'influence.
07:39Vous les avez connues, vous les avez commentées,
07:41juste avant les Jeux Olympiques, que ce soit les cercueils,
07:44au pied de la toile de fer, etc.
07:45– Oui, mais enfin, sérieusement.
07:46– Ça, c'est de l'influence.
07:46– Oui, les puces dans les cinémas, mais enfin bon…
07:48– Tout à fait, ça, c'est de l'influence.
07:49– Ça ne s'est pas déstabilisé la France à un point…
07:51– En revanche, la menace drone que l'on voit dans les Pays-Baltes,
07:55que l'on voit en Allemagne, que l'on voit un peu partout,
07:58expliquez-moi pourquoi elle ne viendrait pas en France.
07:59– Oui, mais est-ce que c'est…
08:00– Et ça veut dire, pardonnez-moi, ça veut dire que les services,
08:02parce que moi, je ne suis plus dans les affaires,
08:03mais si les services ont des éléments qui ne peuvent pas publier
08:07parce qu'ils ne sont pas sûrs de l'attribution à 100%,
08:10mais ils disent à 98%, ça vient de Russie,
08:14on ne peut pas forcément le publier,
08:16mais en revanche, on peut partager cette information
08:18avec les partis politiques en leur disant,
08:20attention, on est en train de franchir un nouveau palier
08:23et on vous demande quoi ?
08:25On vous demande en fait d'en être conscient et de faire union.
08:28– Oui, mais il y a la déstabilisation aussi via des comptes,
08:31c'est pour ça que je parlais de la campagne électorale aussi.
08:34Ça, c'est une menace qui se trouve sur Internet
08:36ou avec la propagation de fausses informations aussi.
08:39Ça peut faire partie de cette guerre hybride ou bataille hybride.
08:43– C'est ce que l'on appelle de l'ingérence d'une puissance étrangère
08:46dans une campagne électorale, comme en France,
08:48et cette ingérence, elle a commencé déjà depuis plusieurs mois
08:51et plusieurs candidats s'en sont pleins
08:54et ça va sans doute s'accentuer.
08:56Parce que oui, c'est vrai, il y a une menace russe
08:58contre l'Europe en général, contre l'OTAN en particulier
09:02et contre la France et la Grande-Bretagne surtout.
09:04Pourquoi ? Parce que ce sont des pays
09:05qui sont parmi les plus actifs aux côtés de l'Ukraine.
09:10L'importance du moment, c'est que Poutine est en situation délicate.
09:14Il y a Trump qui voudrait reprendre les négociations,
09:16Poutine vient de gagner l'élection sans surprise au Parlement russe.
09:19– Il a même remporté un nombre record de sièges à la Douma.
09:22– Mais pour lui, ça le conforte dans l'idée, si vous voulez,
09:24qu'il va dans une autre direction, que le peuple le soutient,
09:27c'est le message et donc maintenant, il peut agir.
09:29Alors, l'importance de la déclaration de Macron
09:33au parti politique français et à la représentant,
09:36c'est que pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine,
09:38il y a un briefing des spécialistes qui savent vraiment ce qui se passe
09:43de façon souterraine, mais ce qui se passe depuis des mois,
09:46pour ne pas dire des années.
09:47Et donc, le fait d'informer les partis politiques,
09:50c'est une façon d'adresser un message en disant
09:51« vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas ».
09:53Et ça s'adresse à des partis en particulier
09:55qui veulent arrêter l'aide à l'Ukraine,
09:58ou en tout cas qui veulent diminuer l'aide à l'Ukraine,
10:00alors que la France n'est pas l'un des premiers contributeurs.
10:03– Non, il faut le rappeler.
10:03– Mais politiquement, c'est l'un des premiers pays à soutenir l'Ukraine.
10:07– Alors moi, j'entends aussi des candidats dire
10:08« on ne parle pas suffisamment avec Moscou,
10:11on est uniquement tourné sur Zelensky,
10:13c'est ce que dit Fabien Roussel,
10:14ce serait bien de parler aux deux si on veut un jour la paix ».
10:16– Tout à fait, mais c'est justement pour cela
10:18qu'il était important d'informer tous les chefs de partis,
10:22y compris le Parti communiste, de ce qui se passe vraiment.
10:25Et les responsables de la DGSI, de la DGSE,
10:28des renseignements militaires, ont pu briefer les partis.
10:32Ça, c'est important.
10:32Mais ce qu'a dit aussi le président de la République,
10:34et pour moi, c'est la première fois que je l'entends de façon très claire,
10:38ces actes d'ingérence ne peuvent pas rester sans réponse.
10:41Ça veut dire quoi ?
10:42Ça veut dire que la France agit.
10:44Et d'ailleurs, il dit « il faut agir ».
10:45Elle agit diplomatiquement.
10:47Ce soir, il y a les rencontres à New York avec Trump,
10:49pour, je cite, entre guillemets,
10:52« toujours essayer d'orienter le président américain
10:54dans la bonne direction de soutien à l'Ukraine ».
10:56Mais agir, ça veut dire aussi peut-être riposter
10:58avec des cyberattaques qui ne sont pas publiques cette fois,
11:01qui ne sont pas…
11:02Nous-mêmes, faire des cyberattaques en Russie.
11:04Mais qui visent Moscou pour dire clairement à Vladimir Poutine,
11:08on ne restera pas sans réagir.
11:09Justement, on va aller à Kiev,
11:10puisque vous l'avez évoqué, Ulisse Gossé.
11:13À Kiev, retrouver Igor Saïry en direct pour BFM TV,
11:15parce qu'il y a cette question de oui ou non,
11:17comment continuer les aides à l'Ukraine.
11:19Est-ce que ça agite le débat sur place, justement, Igor ?
11:27Écoutez, Alain, ce qu'il y a de sûr,
11:29c'est que personne des gens que j'ai interrogés ici
11:31n'imagine que la France puisse suspendre
11:35ou arrêter son aide à l'Ukraine,
11:38que cette aide soit diplomatique ou soit économique.
11:42Il y a plusieurs personnes qui m'ont dit d'abord
11:44que si la France suspend son aide,
11:47si l'Europe suspend son aide,
11:48eh bien, les chars présents actuellement dans le Donbass
11:51pourraient faire céder l'Ukraine entièrement.
11:55Et qui sait, peut-être, que ces chars s'approcheront
11:58un jour de l'Union européenne, de la Pologne,
12:00des États-Baltes ou, pourquoi pas, de la Roumanie.
12:03Personne ne sait à l'heure actuelle
12:04quels sont les plans de Vladimir Poutine,
12:06mais on sait que le chef du Kremlin
12:09a beaucoup d'appétit quant à ses territoires
12:12de l'ex-Union soviétique.
12:14Un autre me disait que si la France osait suspendre
12:17ou arrêter son aide vis-à-vis de l'Ukraine,
12:19ça enverrait un signal, un signal à d'autres pays européens
12:22qui pourraient peut-être faire la même chose
12:24parce que, eux aussi, leurs finances
12:26ne vont pas très bien actuellement.
12:28Et puis, il y a deux jeunes femmes
12:29qui, elles, nous ont dit qu'actuellement,
12:31beaucoup d'hommes meurent sur le front en Ukraine.
12:34Beaucoup d'hommes meurent, pardon,
12:37depuis plus de 4 ans maintenant.
12:38Il y en aurait encore davantage.
12:40Et peut-être qu'aussi, eh bien, l'Ukraine cèderait.
12:43Et là aussi, elles estiment que cette menace de Moscou
12:46se rapprocheraient de l'Europe.
12:48Voilà un peu le sentiment des Ukrainiens
12:49qui espèrent tous, bien au contraire,
12:52soutenir encore plus l'Ukraine
12:54pour ne pas céder.
12:55Et au contraire, faire tomber définitivement la Russie
12:59pour enfin envisager la paix.
13:01Ça ira avec Chloé Berthaud en direct de Kiev
13:03pour BFM TV, émission spéciale d'ailleurs ce soir
13:06sur BFM TV à 22h.
13:07Menace russe, comment la France se prépare ?
13:10Ça sera présenté par Maxime Switer.
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