Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 minutes
Pascal Boulanger, président de la FPI, était l'invité de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce lundi 21 septembre. Ils ont revenus sur la proposition de Marine Le Pen visant à abroger la loi SRU, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Avec Pascal Boulanger, bonjour et bienvenue.
00:03Vous êtes président de la FPI, c'est la fédération des promoteurs immobiliers.
00:06C'est à peu près 700 sociétés adhérentes via 17 chambres régionales.
00:10Marine Le Pen a proposé de supprimer la loi SRU.
00:13Est-ce que vous adhérez à cette idée ?
00:15Alors c'est dangereux de répondre à cette réponse parce que c'est souvent un piège.
00:19Donc la loi SRU en elle-même, ce n'est pas un sujet.
00:22Le sujet, c'est son application.
00:24La loi SRU oblige les communes de plus de 3500 habitants
00:28d'avoir 25% de logements sociaux.
00:30Et nous, les maires nous obligent à nous, promoteurs, de les construire.
00:34Sauf qu'on doit les vendre à des bailleurs sociaux.
00:38Et très souvent, on les vend à perte.
00:39Et ce qui pose un problème, c'est qu'on doit avoir un équilibre de notre opération,
00:43sinon les banques ne suffluent.
00:44Et cette loi SRU, telle qu'elle a été faite,
00:46contribue à avoir fait augmenter le prix du logement.
00:50Donc supprimer la loi SRU, pourquoi pas ?
00:52Mais en tout cas, la revoir, c'est sûr.
00:54Parce qu'il n'y a pas de raison que ce soit l'acquéreur particulier,
00:56le jeune couple, qui surpaye son logement
01:00parce qu'il y a la loi SRU.
01:01Donc il y a un vrai sujet.
01:02Voilà, ce qu'il veut expliquer, c'est que dans les habitations mixtes,
01:05où il y a donc du logement privé et du logement social,
01:07eh bien, ça renchérit, c'est ça, le coût du logement privé
01:10par rapport au social, dans le même immeuble.
01:12Oui, ça s'appelle la péréquation.
01:13Nous, on appelle ça, de façon un peu plus triviale, l'impôt palier.
01:16Mais c'est un vrai sujet.
01:17Mais ce serait à l'État, du coup, de compenser ça ?
01:20Oui, s'ils ne sont de services publics.
01:22C'est en tout cas pas à l'acquéreur particulier,
01:26puisque nous, je vous répète, on doit avoir un bilan d'opération,
01:28sinon on n'est pas suivi par les banques.
01:29Donc ce qu'on perd d'un côté, on doit le remettre de l'autre.
01:32Et ça, c'est vraiment très choquant.
01:35En même temps, ça a permis de créer un million de logements sociaux.
01:39Donc c'est quand même une loi qui a prouvé son efficacité.
01:43C'est pour ça que je vous dis sur le principe, c'est piégeux comme réponse.
01:45Parce qu'elle prouve son efficacité.
01:48Et nous aussi, on vend bailleurs sociaux.
01:49Simplement, il y a une inéquité dans la répartition de la charge.
01:53Mais c'est vrai que ça a aussi construit de logements privés.
01:56Sans cela, il y aurait peut-être moins de logements privés, non ?
01:58Non, je ne pense pas.
02:00Aujourd'hui, oui, parce qu'aujourd'hui, on a très peu d'acquéreurs en logements privés.
02:03Donc aujourd'hui, on est, entre guillemets,
02:05content d'avoir les bailleurs sociaux qui viennent nous aider.
02:07Mais en temps normal, non, c'est l'investisseur privé particulier
02:12qui permet de lancer l'opération.
02:13Et ensuite, vient s'ajouter le bailleur social.
02:16Alors, c'est un secteur qui est en crise.
02:18Les ventes ont baissé de 23,6% au deuxième trimestre 2026.
02:23Attention, je me permets de vous couper.
02:2423,6% par rapport au chiffre le plus mauvais
02:28qu'on ait jamais connu depuis 50 ans.
02:30Donc c'est une catastrophe.
02:31Ah bah oui, parce que si on fait la vraie projection à la fin de l'année,
02:36une année normale, on fait 160 000 logements.
02:38Nous, Fédération des promoteurs immobiliers,
02:40cette année, on ne sera peut-être pas à 70 000.
02:42Donc ce n'est pas moins 23,6.
02:44C'est moins 60% environ, on verra bien à la fin de l'année,
02:47par rapport à une année normale.
02:48C'est un secteur en crise, vous diriez ?
02:51C'est une catastrophe ?
02:52Comment vous qualifieriez aujourd'hui le secteur ?
02:55Moi, ça fait 3-4 ans que sur différents plateaux,
02:57je n'arrête pas de le dire.
02:58On a l'État qui, au départ, a cru, à tort,
03:01ils ont fait un méa culpa,
03:03que le logement neuf était trop cher,
03:05de la faute de ceux qui le produisaient.
03:07Nous, on ne peut pas baisser nos prix,
03:09sauf à la marge, parce qu'on a des marges faibles.
03:12La marge moyenne d'un promoteur sur une opération, c'est 5%.
03:15Et si on n'a pas ces fameux 5%,
03:17la banque ne nous donne pas nos garanties financières d'achèvement.
03:20Ça veut dire que vous êtes à l'os ?
03:21Quasiment, oui, bien sûr.
03:23Et donc, les normes, les surcoûts, la loi SRU,
03:27en fait, tout ça part d'un bon sentiment au départ,
03:29sauf qu'à un moment, ça a cumulé, cumulé, cumulé,
03:31les arbres ne grimpant pas jusqu'au ciel.
03:34On arrive aujourd'hui, et il a fallu,
03:36il y a maintenant 4 ans, en novembre 2022,
03:39une légère hausse des taux d'intérêt à l'époque,
03:41pour que, patatrac, le système s'effondre.
03:43Et justement, la demande, elle reste quand même très forte aujourd'hui.
03:46Et comment on provoque ce choc d'offres ?
03:49Il faudra...
03:50Alors, ce n'est pas un choc d'offres dont on a besoin,
03:52c'est un choc de demande,
03:54puisque l'offre, on en a peu,
03:56mais on a déjà presque trop par rapport à la demande.
03:58Donc, ce qu'on a besoin aujourd'hui, en fait...
04:01Il y a beaucoup de gens qui voudraient avoir...
04:02Oui, mais...
04:03La demande, elle existe, en fait.
04:04La demande est très forte, mais elle n'est plus solvabilisée.
04:07Et je vais vous donner un exemple.
04:08Ce qui nous permet de lancer nos opérations,
04:10ce sont les investisseurs privés.
04:12Le particulier qui fait un investissement,
04:13il y avait la loi Pinel.
04:14Une année normale, on fait 60 à 61 000 ventes à ces investisseurs.
04:20L'année dernière, sans aucun dispositif, 9 468.
04:24On est passé de 61 000 à 9 468.
04:28Cette année, il y a le dispositif Jean Brun,
04:30ça remonte, mais ça ne remonte pas...
04:32Ça marche ou pas, le Jean Brun ?
04:33Ça marche, mais pas assez vite, en fait.
04:354 000 ventes par mois attendues, en fait, elles ne sont pas là.
04:38Non, elles ne sont pas là du tout.
04:39On est plutôt aux alentours de 200, vous voyez, pour les vrais chiffres.
04:41Donc, on est à 5% d'objectifs, mais ça monte tous les mois.
04:44On sent quand même, de toute façon...
04:46Mais il faut l'adapter, le dispositif Jean Brun ?
04:47Alors, il faudra l'adapter, on l'a vu ça avec M. Jean Brun
04:50et M. le Premier ministre.
04:52Et puis, il y a vraiment un climat anxiogène,
04:55actuellement international et national.
04:58Ce climat fait que les gens n'ont pas envie d'investir.
05:00Mais je vous dis, 61 000, l'année dernière, 9 468.
05:04Et les projections de cette année, 14 000, 15 000.
05:06Oui, à cause aussi des taux d'intérêt, vous l'expliquiez tout à l'heure,
05:09mais ça, c'est un frein considérable à l'achat.
05:12Mais tous les feux sont rouges, de toute façon.
05:13On n'a pas assez d'offres, mais on en a trop par rapport au marché actuel.
05:18On a des taux d'intérêt, effectivement, qui ne font que monter.
05:21La seule bonne nouvelle dans ce contexte, c'est une prise de conscience
05:25de l'ensemble des partis politiques.
05:27Je le ressens vraiment.
05:28À force de taper sur un clou, j'aime bien dire, il s'enfonce.
05:31Donc, on a fait passer les messages.
05:33Et puis, un dispositif Jean Brun, qui normalement devrait être amélioré
05:36dans la loi de finances.
05:37Et donc, là, on a un espoir.
05:39Mais sinon, effectivement, les feux sont rouges.
05:40Mais vous, vous misez tout sur le Jean Brun ?
05:43C'est quoi, vos autres demandes aujourd'hui ?
05:45Alors, nos demandes sont, dans la loi logement,
05:49pouvoir adapter le dispositif Jean Brun avec deux choses,
05:52pouvoir louer aux ascendants-descendants
05:53et pouvoir y mettre aussi les maisons individuelles.
05:56Et, dans la loi de finances, améliorer les conditions du Jean Brun,
05:59améliorer les taux d'amortissement, améliorer les déficits fonciers imputables,
06:03améliorer le total de l'amortissement déductible.
06:06Enfin, des choses un peu techniques.
06:09Ensuite, quand on aura ça, on aura un autre problème.
06:12Et là, vous allez dire, mais il n'est jamais content.
06:14Mais on n'aura pas assez d'offres.
06:15Donc, si la demande repartait, tout de suite, on sera en panne d'offres.
06:18Donc, il faut aussi, c'est ce qu'on demande au gouvernement,
06:20mais je pense qu'ils l'ont bien compris,
06:22aider les maires-bâtisseurs,
06:23parce qu'ils n'ont plus intérêt à nous délivrer des permis de construire.
06:25Voilà, c'est ça, c'est qu'on ne construit pas suffisamment.
06:27C'est dû aussi aux élections municipales ?
06:29Oui, bien sûr.
06:30Bien sûr.
06:31Entre autres, mais nous, on dépose moins de permis, de toute façon.
06:34Donc, c'est un cercle vicieux.
06:36Il faut que la demande se remette en route.
06:38Une fois que la demande sera là, effective,
06:40on rataquera le sujet de l'offre.
06:42On voit l'explosion des coûts des logements dans le portefeuille des ménages,
06:46la baisse du pouvoir d'achat.
06:48C'est très difficile de concilier tout ça.
06:50Est-ce qu'il faudrait plus de logements intermédiaires ?
06:52Est-ce qu'il faut des logements plus petits ?
06:54Est-ce qu'il faut faire de la réhabilitation plus que du neuf ?
06:57Comment on concilie, finalement, ces deux contraires ?
06:59Alors, la réhabilitation plus que le neuf, peut-être,
07:02mais ce n'est peut-être pas la solution,
07:03parce que souvent, réhabiliter coûte plus cher que construire un neuf.
07:06Il faut déconstruire pour reconstruire.
07:08Il n'y a rien aux normes, donc tout est à façon.
07:11Aujourd'hui, la vraie solution, c'est de relancer par l'investisseur privé.
07:15C'est lui qui va permettre de lancer des opérations
07:18et de retrouver notre rythme de croisière.
07:19Si vous aviez une mesure d'urgence à demander
07:23aux prochains locataires de l'Elysée, ce serait laquelle ?
07:26Doper le Jean-Brun.
07:28Doper le Jean-Brun.
07:29Et simplifier les normes ou pas ?
07:30Oui, mais ça, je l'entends à chaque fois.
07:32C'est très facile de simplifier.
07:34C'est du réglementaire, ce n'est même pas du législatif.
07:36Très facile, mais on le fait ou on ne le fait pas ?
07:37Jamais.
07:38Chaque ministre, quand il vient d'arriver,
07:39me passe un petit coup de fil pour me dire
07:42est-ce qu'on peut simplifier ?
07:43Il y a une liste d'une cinquantaine de propositions faites par la FPI
07:45qui sont assez simples.
07:47Malheureusement, on a beaucoup de mal à le faire.
07:49Merci, Pascal Boulanger, d'avoir été notre invité ce matin.
07:52Je rappelle que vous êtes président de la FPI.
07:53C'est la Fédération des promoteurs immobiliers
07:56qui regroupe 700 sociétés adhérentes dans 17 chambres régionales.
08:00C'est une interview à retrouver en podcast, en replay,
08:04sur l'application BFM Business.
08:06C'est l'application BFM Business.
Commentaires

Recommandations