00:008h10 sur BFM Business, nous sommes effectivement toujours en direct de la REF, la rencontre des entrepreneurs de France ici
00:07dans les allées de Roland-Garros.
00:08Ça commence à s'animer avec une journée particulière, une journée un peu spéciale parce que les candidats à la
00:13présidentielle vont être auditionnés par les patrons.
00:16Alors un patron, j'en ai un sur ce plateau à l'instant, Jean-Philippe Cartier, bonjour et merci d
00:20'être avec nous.
00:21Vous êtes entrepreneur, président d'H8 Invest, vous êtes actionnaire d'une quarantaine d'entreprises, président aussi de l'association
00:26Le Pouvoir et l'Action.
00:28Je le disais, 7 candidats à l'élection présidentielle qui vont venir s'affronter.
00:32Si vous étiez en phase 2, quelles questions vous leur poseriez ?
00:35Alors la première question que je leur poserai c'est, y a-t-il un candidat assez courageux pour comprendre
00:40que notre pays a besoin d'une chose, c'est de la croissance
00:42et de laisser les chefs d'entreprise, petits ou plus gros, travailler librement et avec un espace de liberté tel
00:49qu'on considère l'entrepreneuriat enfin dans ce pays
00:51comme une valeur absolue et faire en sorte qu'on puisse avoir confiance en l'avenir.
00:57La croissance, ça ne se décrète pas la croissance ?
00:59Oui, alors la croissance, le point numéro 1 c'est qu'aujourd'hui on parle à des politiques qui ont
01:04une vision très réduite
01:06et qui parlent principalement de taxes, de taxes, de taxes, de taxes alors que nous on veut de la liberté,
01:11de la liberté, de la liberté.
01:12Voilà ce qu'on veut.
01:13Et comme on est tous absolument persuadés qu'on vit une période assez charnière et que l'élection de 2027
01:18est fondamentale,
01:19nous sommes tous, moi le premier, extrêmement impliqués dans le fait d'essayer de passer nos idées, de venir sur
01:25vos plateaux
01:26et d'expliquer que les entrepreneurs français, petits ou grands, j'insiste lourdement, aussi bien que les salariés impliqués,
01:33aussi bien que tous les auto-entrepreneurs et autres ont besoin de liberté, ont besoin de croire que l'élection
01:39de 2027
01:40aura enfin la légitimité que nous souhaitons lui donner.
01:44Alors vous demandez des baisses de charges, vous demandez des baisses de fiscalité, moins de bureaucratie,
01:49est-ce que finalement, c'est un peu toujours les mêmes rengaines, est-ce que vous n'attendez pas tout
01:53de l'État ?
01:54Oui, alors sincèrement je ne pense pas que les entrepreneurs français dépendent beaucoup de l'État,
01:58on est le pays le plus taxé du monde, je crois que je ne vous l'apprends pas, le coût
02:01du travail en France est exorbitant,
02:03nous en fait, moi je fais partie de ceux, et on n'est d'ailleurs pas tout le monde tous
02:07d'accord là-dessus,
02:08qui pensent que les entreprises n'attendent absolument aucune aide, elles veulent simplement une fiscalité juste.
02:12Donc quand, pour payer un salarié, un, ça coûte deux, voire deux et demi, ça ne peut pas fonctionner longtemps,
02:19et ça ne pousse pas au recrutement.
02:21Donc moi, j'ai 50 ans passé maintenant, j'ai entrepris depuis 30 ans en France,
02:26ce qui m'inquiète également, c'est de voir le nombre de gens qui partent,
02:29de voir le nombre de désertions que je vois chez les plus jeunes entrepreneurs.
02:34Donc il faut redonner de la confiance, on est dans un monde qui accélère vite,
02:37il suffit de voyager pour s'en rendre compte, et il faut absolument, encore une fois, pousser la croissance de
02:43notre pays,
02:43et elle passe par une politique claire et lisible, et qui donne confiance.
02:46L'entrepreneur, il n'a pas besoin d'aide, il a besoin de confiance, il a besoin de câlins,
02:51il a besoin qu'on lui dise parfois qu'on l'aime et qu'on lui fait confiance.
02:54Voilà, c'est pas le mal à date.
02:55On va vous répondre qu'il y a 200 milliards d'aides publiques, c'est un chiffre qui est contesté,
02:59c'est le Sénat qui le dit, qui sont donnés aux entreprises, sans contrepartie d'embauche,
03:03qu'à côté de ça, les salaires augmentent peu, en tout cas c'est ce que disent les salariés, évidemment.
03:07Elles embauchent peu les jeunes, elles ne gardent pas forcément les seniors,
03:10donc ça dépend de quel côté on voit, si on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein.
03:14Moi, je représente principalement des PME, des petites et moyennes entreprises,
03:19je ne sais pas de quelles aides vous parlez.
03:21Alors moi, si vous me posez la question, je viens de vous répondre sur les aides,
03:23moi je considère que nous attendons, en tous les cas, certainement peut-être moins d'aide,
03:28mais une fiscalité beaucoup plus attractive.
03:30Voilà, la fiscalité française est trop contraignante,
03:32et aujourd'hui, je cherche un candidat, moi, qui soit capable de dire,
03:35nous allons enfin réduire les dépenses, et nous allons, par contre,
03:39créer une fiscalité qui permette aux entrepreneurs de se projeter et d'y voir plus clair.
03:44Et notamment sur le coût du travail, parce qu'il y a un sujet clé,
03:47on parle des entreprises, mais il faut parler de nos salariés,
03:49il y a un problème de salaire en France.
03:51Et le problème de salaire, tout le monde, il n'y a pas une personne qui ne vous parle pas
03:54aujourd'hui d'un problème de salaire.
03:55Et on ne peut pas payer plus cher les gens que nous les payons aujourd'hui.
03:58On ne peut pas tout le temps faire comme programme économique, ou comme solution, ou comme projet,
04:02le fait de taxer et de faire payer.
04:04Vous avez vu le haro sur, on appelle ça les milliardaires,
04:06moi j'appelle ça des entrepreneurs, des industriels et autres.
04:10Aujourd'hui, le seul programme économique d'un certain nombre d'ailleurs de candidats qui nous font très peur,
04:14c'est le fait de dire, nous taxons, nous taxons, nous spolions, c'est dramatique.
04:17Donc vous vous dites, il faut baisser le coût du travail, il faut baisser les charges sociales,
04:21il faut faire de la TVA sociale, qu'est-ce que vous proposez ?
04:25Moi je prends souvent l'exemple d'une dernière affaire que j'ai ouverte,
04:28qui est un hôtel de 5 étoiles dans le sud de la France,
04:313 200 000 euros de masse salariale chargée,
04:34voilà ce que me coûtent uniquement les salariés de cet hôtel,
04:371 350 000 euros dans la poche des salariés à la fin.
04:40Il y a une équation qui ne va pas.
04:42A partir de ce moment-là, il y a un truc qui ne va pas.
04:43Mais hormis la TVA sociale, la TVA sociale c'est un impôt, jusqu'à preuve du contraire,
04:47je suis en train de vous dire comment baisser...
04:48On est baissé des charges, ça veut dire qu'on a un salaire net et un salarié qui se rapproche.
04:51Comment baisser les dépenses de ce pays ?
04:54Nous entrepreneurs, encore une fois, nous ne pouvons pas avoir notre compte bancaire à moins 100 000,
04:57à moins 5 millions, à moins 100 millions.
04:59L'État doit avoir une politique budgétaire, rigoureuse,
05:03et réfléchir aux arbitrages qu'il doit faire.
05:04Pour gérer l'État comme une entreprise, on ne peut plus gérer de cette manière-là.
05:07Ce n'est plus possible, on l'a tous compris que c'est plus possible.
05:09Pour augmenter le salaire, est-ce qu'on ne peut pas aussi miser sur un meilleur partage de la valeur
05:14dans l'entreprise ?
05:15Mais ça, si vous parlez de l'actionnariat salarié, je suis totalement favorable,
05:18et je pense qu'on est très nombreux,
05:22alors chez les petites entreprises ça les concerne moins,
05:23mais moi je n'ai pas une entreprise où je n'intéresse pas en partie mes collaborateurs,
05:28donc c'est déjà quelque chose qui existe.
05:29En fait, les entrepreneurs n'ont pas besoin des conseils, des politiques,
05:31ils ont besoin pour une fois d'être écoutés au moins sur la partie économique.
05:35Je pense qu'on a des solutions s'ils viennent vraiment écouter.
05:37Le problème c'est qu'ils n'écoutent pas vraiment.
05:38Moi j'ai eu le privilège de parler à certains pendant pas mal d'années.
05:42L'écoute est assez limitée, on vous dit oui mon Jean-Philippe,
05:44mais à part ça, ça s'arrête là.
05:45Donc mon Jean-Philippe, il aimerait bien qu'on soit un peu plus écoutés que tous ses amis.
05:50Donc vous me parliez du pouvoir de l'action, il y a Pierre Gattaz qui s'implique également beaucoup,
05:53Yonel Roch, Eric Momi avec Trocetro, on est tous déterminés à se faire entendre,
06:01parce que c'est encore une fois une élection très importante pour nous.
06:04C'est vrai que pour faire avancer les choses, il faut aussi une majorité.
06:07Là, il y a un duel qui se dessine entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
06:11Qu'est-ce que vous en pensez ?
06:12Je pense que les programmes politiques économiques,
06:16c'est ceux sur lesquels je vais vous répondre,
06:19sont extrêmement inquiétants pour LFI et extrêmement flous pour le RN.
06:23C'est le programme du RN, aujourd'hui la retraite à 60 ans,
06:25on sait tous que c'est une hérésie et que ce n'est plus possible.
06:29On ne parle pas de retraite par capitalisation.
06:31Vous savez, je vais rebondir sur le rôle des entrepreneurs.
06:34Ça prend deux minutes, mais ça vaut la peine.
06:36J'ai passé une heure dans une de mes entreprises à expliquer à soixantaines de salariés
06:40ce que pouvait rapporter la retraite par capitalisation.
06:43Au départ, j'en ai 50% au moins qui sont contre.
06:45En leur expliquant de manière très simple et pédagogue
06:48qu'ils pouvaient toucher 2, 3, 4 fois plus dans 35 ans ou 40 ans
06:52par la retraite par capitalisation,
06:54à 90% ils avaient tout compris.
06:55Et ça existe déjà dans une partie du public ?
06:56Oui, mais en fait, on peut aussi avoir un rôle de pédagogue,
07:00mais pour rebondir sur le programme RN ou autre,
07:03il faut de la clarté.
07:04Le programme du RN, pour l'instant, il ne nous rassure absolument pas.
07:07Merci Jean-Philippe Cartier d'avoir été avec nous ce matin.