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  • il y a 6 semaines
Jean-Philippe Cartier, président de H8 Invest, était l'invité de Brigitte Boucher, ce jeudi 27 août. Il est revenu sur les enjeux qu’il souhaite voir au cœur des programmes économiques des candidats à l’élection présidentielle pour les entreprises françaises, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h10 sur BFM Business, nous sommes effectivement toujours en direct de la REF, la rencontre des entrepreneurs de France ici
00:07dans les allées de Roland-Garros.
00:08Ça commence à s'animer avec une journée particulière, une journée un peu spéciale parce que les candidats à la
00:13présidentielle vont être auditionnés par les patrons.
00:16Alors un patron, j'en ai un sur ce plateau à l'instant, Jean-Philippe Cartier, bonjour et merci d
00:20'être avec nous.
00:21Vous êtes entrepreneur, président d'H8 Invest, vous êtes actionnaire d'une quarantaine d'entreprises, président aussi de l'association
00:26Le Pouvoir et l'Action.
00:28Je le disais, 7 candidats à l'élection présidentielle qui vont venir s'affronter.
00:32Si vous étiez en phase 2, quelles questions vous leur poseriez ?
00:35Alors la première question que je leur poserai c'est, y a-t-il un candidat assez courageux pour comprendre
00:40que notre pays a besoin d'une chose, c'est de la croissance
00:42et de laisser les chefs d'entreprise, petits ou plus gros, travailler librement et avec un espace de liberté tel
00:49qu'on considère l'entrepreneuriat enfin dans ce pays
00:51comme une valeur absolue et faire en sorte qu'on puisse avoir confiance en l'avenir.
00:57La croissance, ça ne se décrète pas la croissance ?
00:59Oui, alors la croissance, le point numéro 1 c'est qu'aujourd'hui on parle à des politiques qui ont
01:04une vision très réduite
01:06et qui parlent principalement de taxes, de taxes, de taxes, de taxes alors que nous on veut de la liberté,
01:11de la liberté, de la liberté.
01:12Voilà ce qu'on veut.
01:13Et comme on est tous absolument persuadés qu'on vit une période assez charnière et que l'élection de 2027
01:18est fondamentale,
01:19nous sommes tous, moi le premier, extrêmement impliqués dans le fait d'essayer de passer nos idées, de venir sur
01:25vos plateaux
01:26et d'expliquer que les entrepreneurs français, petits ou grands, j'insiste lourdement, aussi bien que les salariés impliqués,
01:33aussi bien que tous les auto-entrepreneurs et autres ont besoin de liberté, ont besoin de croire que l'élection
01:39de 2027
01:40aura enfin la légitimité que nous souhaitons lui donner.
01:44Alors vous demandez des baisses de charges, vous demandez des baisses de fiscalité, moins de bureaucratie,
01:49est-ce que finalement, c'est un peu toujours les mêmes rengaines, est-ce que vous n'attendez pas tout
01:53de l'État ?
01:54Oui, alors sincèrement je ne pense pas que les entrepreneurs français dépendent beaucoup de l'État,
01:58on est le pays le plus taxé du monde, je crois que je ne vous l'apprends pas, le coût
02:01du travail en France est exorbitant,
02:03nous en fait, moi je fais partie de ceux, et on n'est d'ailleurs pas tout le monde tous
02:07d'accord là-dessus,
02:08qui pensent que les entreprises n'attendent absolument aucune aide, elles veulent simplement une fiscalité juste.
02:12Donc quand, pour payer un salarié, un, ça coûte deux, voire deux et demi, ça ne peut pas fonctionner longtemps,
02:19et ça ne pousse pas au recrutement.
02:21Donc moi, j'ai 50 ans passé maintenant, j'ai entrepris depuis 30 ans en France,
02:26ce qui m'inquiète également, c'est de voir le nombre de gens qui partent,
02:29de voir le nombre de désertions que je vois chez les plus jeunes entrepreneurs.
02:34Donc il faut redonner de la confiance, on est dans un monde qui accélère vite,
02:37il suffit de voyager pour s'en rendre compte, et il faut absolument, encore une fois, pousser la croissance de
02:43notre pays,
02:43et elle passe par une politique claire et lisible, et qui donne confiance.
02:46L'entrepreneur, il n'a pas besoin d'aide, il a besoin de confiance, il a besoin de câlins,
02:51il a besoin qu'on lui dise parfois qu'on l'aime et qu'on lui fait confiance.
02:54Voilà, c'est pas le mal à date.
02:55On va vous répondre qu'il y a 200 milliards d'aides publiques, c'est un chiffre qui est contesté,
02:59c'est le Sénat qui le dit, qui sont donnés aux entreprises, sans contrepartie d'embauche,
03:03qu'à côté de ça, les salaires augmentent peu, en tout cas c'est ce que disent les salariés, évidemment.
03:07Elles embauchent peu les jeunes, elles ne gardent pas forcément les seniors,
03:10donc ça dépend de quel côté on voit, si on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein.
03:14Moi, je représente principalement des PME, des petites et moyennes entreprises,
03:19je ne sais pas de quelles aides vous parlez.
03:21Alors moi, si vous me posez la question, je viens de vous répondre sur les aides,
03:23moi je considère que nous attendons, en tous les cas, certainement peut-être moins d'aide,
03:28mais une fiscalité beaucoup plus attractive.
03:30Voilà, la fiscalité française est trop contraignante,
03:32et aujourd'hui, je cherche un candidat, moi, qui soit capable de dire,
03:35nous allons enfin réduire les dépenses, et nous allons, par contre,
03:39créer une fiscalité qui permette aux entrepreneurs de se projeter et d'y voir plus clair.
03:44Et notamment sur le coût du travail, parce qu'il y a un sujet clé,
03:47on parle des entreprises, mais il faut parler de nos salariés,
03:49il y a un problème de salaire en France.
03:51Et le problème de salaire, tout le monde, il n'y a pas une personne qui ne vous parle pas
03:54aujourd'hui d'un problème de salaire.
03:55Et on ne peut pas payer plus cher les gens que nous les payons aujourd'hui.
03:58On ne peut pas tout le temps faire comme programme économique, ou comme solution, ou comme projet,
04:02le fait de taxer et de faire payer.
04:04Vous avez vu le haro sur, on appelle ça les milliardaires,
04:06moi j'appelle ça des entrepreneurs, des industriels et autres.
04:10Aujourd'hui, le seul programme économique d'un certain nombre d'ailleurs de candidats qui nous font très peur,
04:14c'est le fait de dire, nous taxons, nous taxons, nous spolions, c'est dramatique.
04:17Donc vous vous dites, il faut baisser le coût du travail, il faut baisser les charges sociales,
04:21il faut faire de la TVA sociale, qu'est-ce que vous proposez ?
04:25Moi je prends souvent l'exemple d'une dernière affaire que j'ai ouverte,
04:28qui est un hôtel de 5 étoiles dans le sud de la France,
04:313 200 000 euros de masse salariale chargée,
04:34voilà ce que me coûtent uniquement les salariés de cet hôtel,
04:371 350 000 euros dans la poche des salariés à la fin.
04:40Il y a une équation qui ne va pas.
04:42A partir de ce moment-là, il y a un truc qui ne va pas.
04:43Mais hormis la TVA sociale, la TVA sociale c'est un impôt, jusqu'à preuve du contraire,
04:47je suis en train de vous dire comment baisser...
04:48On est baissé des charges, ça veut dire qu'on a un salaire net et un salarié qui se rapproche.
04:51Comment baisser les dépenses de ce pays ?
04:54Nous entrepreneurs, encore une fois, nous ne pouvons pas avoir notre compte bancaire à moins 100 000,
04:57à moins 5 millions, à moins 100 millions.
04:59L'État doit avoir une politique budgétaire, rigoureuse,
05:03et réfléchir aux arbitrages qu'il doit faire.
05:04Pour gérer l'État comme une entreprise, on ne peut plus gérer de cette manière-là.
05:07Ce n'est plus possible, on l'a tous compris que c'est plus possible.
05:09Pour augmenter le salaire, est-ce qu'on ne peut pas aussi miser sur un meilleur partage de la valeur
05:14dans l'entreprise ?
05:15Mais ça, si vous parlez de l'actionnariat salarié, je suis totalement favorable,
05:18et je pense qu'on est très nombreux,
05:22alors chez les petites entreprises ça les concerne moins,
05:23mais moi je n'ai pas une entreprise où je n'intéresse pas en partie mes collaborateurs,
05:28donc c'est déjà quelque chose qui existe.
05:29En fait, les entrepreneurs n'ont pas besoin des conseils, des politiques,
05:31ils ont besoin pour une fois d'être écoutés au moins sur la partie économique.
05:35Je pense qu'on a des solutions s'ils viennent vraiment écouter.
05:37Le problème c'est qu'ils n'écoutent pas vraiment.
05:38Moi j'ai eu le privilège de parler à certains pendant pas mal d'années.
05:42L'écoute est assez limitée, on vous dit oui mon Jean-Philippe,
05:44mais à part ça, ça s'arrête là.
05:45Donc mon Jean-Philippe, il aimerait bien qu'on soit un peu plus écoutés que tous ses amis.
05:50Donc vous me parliez du pouvoir de l'action, il y a Pierre Gattaz qui s'implique également beaucoup,
05:53Yonel Roch, Eric Momi avec Trocetro, on est tous déterminés à se faire entendre,
06:01parce que c'est encore une fois une élection très importante pour nous.
06:04C'est vrai que pour faire avancer les choses, il faut aussi une majorité.
06:07Là, il y a un duel qui se dessine entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
06:11Qu'est-ce que vous en pensez ?
06:12Je pense que les programmes politiques économiques,
06:16c'est ceux sur lesquels je vais vous répondre,
06:19sont extrêmement inquiétants pour LFI et extrêmement flous pour le RN.
06:23C'est le programme du RN, aujourd'hui la retraite à 60 ans,
06:25on sait tous que c'est une hérésie et que ce n'est plus possible.
06:29On ne parle pas de retraite par capitalisation.
06:31Vous savez, je vais rebondir sur le rôle des entrepreneurs.
06:34Ça prend deux minutes, mais ça vaut la peine.
06:36J'ai passé une heure dans une de mes entreprises à expliquer à soixantaines de salariés
06:40ce que pouvait rapporter la retraite par capitalisation.
06:43Au départ, j'en ai 50% au moins qui sont contre.
06:45En leur expliquant de manière très simple et pédagogue
06:48qu'ils pouvaient toucher 2, 3, 4 fois plus dans 35 ans ou 40 ans
06:52par la retraite par capitalisation,
06:54à 90% ils avaient tout compris.
06:55Et ça existe déjà dans une partie du public ?
06:56Oui, mais en fait, on peut aussi avoir un rôle de pédagogue,
07:00mais pour rebondir sur le programme RN ou autre,
07:03il faut de la clarté.
07:04Le programme du RN, pour l'instant, il ne nous rassure absolument pas.
07:07Merci Jean-Philippe Cartier d'avoir été avec nous ce matin.

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