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  • il y a 6 semaines
Sophie Boissard, directrice générale de Clariane, Pierre-André de Chalendar, président de l'Institut de l'Entreprise et président de Forvia, et Brian Girard, directeur commercial de Cerbair, étaient les invités de Brigitte Boucher, ce jeudi 27 août. Ils se sont penchés sur les impacts de l'élection présidentielle de 2027 sur l'économie dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:018h20 sur BFM Business et RMC Live, vous êtes en direct et nous sommes en direct pour une matinale spéciale
00:06de la REF,
00:07la rencontre des entrepreneurs de France, ravie d'être avec vous.
00:10Alors beaucoup de chefs d'entreprise défilent sur ce plateau et là nous vous proposons un débat avec Sophie Boissart.
00:16Bonjour, merci d'être avec nous.
00:18Vous êtes directrice générale de Clarian, Pierre-André Chalandard, bonjour.
00:21Vous êtes président de l'Institut de l'entreprise de Forvia et président d'honneur de Saint-Gobain.
00:26Et puis Brian Girard, vous êtes directeur commercial de Cerber.
00:30Alors bienvenue à tous les trois pour cette table ronde organisée ici depuis le MEDEF.
00:34Ce rendez-vous se tient dans un contexte un petit peu particulier aujourd'hui puisque 7 candidats à l'élection
00:39présidentielle vont être auditionnés.
00:41J'ai envie de vous demander ce que vous attendez des politiques.
00:44On commence avec vous Sophie Boissart.
00:47Eh bien je pense que comme tous les chefs d'entreprise, ce qu'on attend c'est vraiment qu'on
00:50donne à notre pays
00:51les moyens de retrouver une trajectoire de croissance et de pouvoir se projeter dans l'avenir.
00:58C'est ce qu'on fait nous en tant que chefs d'entreprise au quotidien en étant vraiment dédiés à
01:04notre activité, à nos équipes
01:06et en pensant toutes les transformations qui sont en train de se faire autour de nous.
01:10Et il faut que notre pays retrouve cette dynamique.
01:13Cette dynamique-là, vous l'avez vous chez Cerber ?
01:16Alors la dynamique chez Cerber, on l'a. Maintenant ce que l'on demande à nos futurs gouvernants, c'est
01:21de la visibilité.
01:22On représente une industrie qui regarde sur le temps long pour lequel il y a beaucoup d'enjeux.
01:27On demande de produire plus vite et plus.
01:30Donc ce que l'on attend de nos futurs gouvernants, c'est de nous donner de la visibilité et de
01:34la régularité dans l'exécution des budgets.
01:38Visibilité, régularité. Pour vous, Pierre-André Chalandard, c'est aussi de la stabilité que vous demandez ?
01:43Oui, je crois que la stabilité, notamment dans le domaine fiscal, est très importante.
01:49Dans les dernières années, les entreprises ont été un peu la variable d'ajustement.
01:53Ce n'est pas possible de continuer comme ça.
01:54Donc je pense qu'il faut des réformes importantes rapidement.
01:58Et après, il ne faut plus bouger pendant cinq ans sur le plan fiscal et réglementaire.
02:03C'est vraiment une priorité extrêmement importante.
02:06L'État doit remettre de l'ordre dans ses affaires, mais sans traiter les entreprises comme les vaches à lait.
02:15Il faut créer de la richesse avant de la distribuer.
02:19On a un vrai problème pour remettre la production au centre de notre économie.
02:24Sophie Boissard, pour produire davantage, qu'est-ce que vous attendez comme grande décision que pourrait prendre le prochain président
02:31de la République ?
02:34Encore une fois, il faut qu'on arrête de penser magique.
02:37La première des choses aujourd'hui, c'est d'augmenter l'activité dans ce pays.
02:42Quand on regarde aujourd'hui, la quantité d'activité, elle n'est pas suffisante.
02:46L'année dernière, je regardais les chiffres.
02:48Ça veut dire travailler plus ?
02:49Ça veut dire globalement plus de travail, c'est-à-dire plus de personnes au travail, plus de contributions, travailler
02:57plus longtemps, plus largement.
03:00On a globalement dix points d'activité en moins que les pays du nord de l'Europe.
03:04Et ça se voit aujourd'hui dans notre perspective de croissance.
03:08Ensuite, juste un chiffre.
03:10L'année dernière, on a créé 60 milliards de richesses supplémentaires.
03:1758 milliards de prélèvements obligatoires supplémentaires dans le même temps.
03:22C'est-à-dire que la totalité, 100% de la richesse créée en 2025, a été en réalité absorbée
03:29par les charges du fonctionnement des services publics, de la protection sociale.
03:35Et ça, ce n'est pas soutenable.
03:37Ce n'est absolument pas soutenable.
03:38Mais alors, vous, vous comprenez plus de richesses.
03:40Clariane, donc ça veut dire, en fait, mettre une brèche dans notre modèle social ?
03:43Je ne crois pas du tout.
03:45Il faut arrêter de se dire qu'on est du maniché, d'avoir une vision extrêmement manichéenne.
03:50Soyons extrêmement concrets et à la tâche.
03:53La première des choses aujourd'hui, c'est de remettre de l'ordre dans les services collectifs que nous avons
03:59provés.
03:59Prenons la santé, activité que je connais très très bien.
04:03Aujourd'hui, on sait qu'on a parmi les dépenses de santé les plus élevées de l'Union européenne, 12
04:10% du PIB.
04:11Et on est 27e sur 28, je crois, en termes d'indicateurs de santé, donc d'efficacité de ces dépenses
04:17pour la population.
04:19On peut évidemment faire beaucoup mieux avec les mêmes sommes d'argent.
04:21Donc, notre premier sujet aujourd'hui, c'est cette efficacité.
04:27Deuxième sujet, et il va avec ça, c'est qu'il faut que le travail paye.
04:31Aujourd'hui, les chiffres en France, c'est 5 000 euros bruts de rémunération devient 2 600 euros dans la
04:40poche du salarié.
04:41C'est à peu près 47% de niveau de cotisation.
04:46Quand on regarde le prélèvement obligatoire sur les revenus du travail, quand on regarde la moyenne Union européenne, c'est
04:5235% ou 30%.
04:55Donc, on a vraiment, globalement, l'ensemble du pays, et c'est que tout le monde y a intérêt, un
05:01problème d'efficacité collective.
05:02Et pour ça, il faut qu'on unisse nos efforts et qu'on arrête de chercher qui va être, finalement,
05:09le bouc émissaire, qui va être l'instrument magique qui va résoudre tous les problèmes.
05:13Brian Girard, est-ce que vous partagez l'avis de Sophie Boissat ?
05:16Il y a aussi un problème d'impôts, de prélèvements obligatoires qui sont trop importants, un coût du travail qui
05:20est trop fort en France ?
05:23Alors, pour l'industrie de défense, on est réellement dans une industrie de pointe.
05:27Donc, je dirais que ce n'est pas encore trop ça qui nous pénalise.
05:31On est plutôt dans des enjeux de souveraineté, de l'attente de nos donneurs d'ordre sur des questions de
05:38souveraineté,
05:39sur un écosystème industriel qui était en dormance pendant des décennies.
05:43Et donc, la problématique est plutôt ailleurs, nous concernons.
05:46Elle est plutôt dans la maîtrise de nos chaînes d'approvisionnement et sur un accompagnement nécessaire pour, justement, réactiver tout
05:51cet écosystème
05:53à qui on demande de tendre doucement vers l'économie de guerre.
05:56Donc, accompagner dans la formation, accompagner des métiers qui se sont perdus, des capacités qu'on a perdues dues à
06:02des décennies de sous-investissement.
06:04Voilà, c'est tout cet accompagnement qu'on demande plutôt du côté de notre industrie.
06:08Pierre-André Chalandard, est-ce que c'est la question de la dette qui, aujourd'hui, empoisonne finalement le système
06:13et qui nous empêche d'investir ?
06:15C'est sûr que, quand on voit l'augmentation des taux d'intérêt, le sujet de la dette, il revient
06:19extrêmement important.
06:21Le sujet, c'est qu'il faut s'attaquer aux dépenses et pas uniquement, comme l'a dit Sophie, que
06:25tout passe en prélèvement obligatoire.
06:27Et donc, il faut s'attaquer aux dépenses que l'État n'a pas fait depuis plusieurs années.
06:33Bon, il faut revoir un peu notre modèle social et en réhabilitant le travail, si vous voulez.
06:38C'est pas normal que ce soit le travail qui supporte l'ensemble de notre protection sociale.
06:43Vous pouvez aider pour une TVA sociale, par exemple ?
06:45Je pense que c'est le seul impôt sur lequel on a une marge de manœuvre, on est en dessous.
06:48Moi, ce que je pense, c'est que sur la fiscalité, si vous voulez, sur beaucoup de sujets, il faut
06:52se mettre dans la moyenne des pays européens.
06:54Aujourd'hui, on est décalé. Il y a un seul sujet sur lequel on est nettement en dessous, c'est
06:57la TVA.
06:59Alors que sur tous les impôts de production, les cotisations sociales, tous les autres impôts, on est au-dessus de
07:07la moyenne européenne.
07:08Donc il faudrait se mettre... On ne demande pas, les entreprises ne demandent pas qu'on ait un statut exceptionnel,
07:12juste qu'on se mette dans la moyenne
07:13pour retrouver, dans l'espace économique dans lequel on vit, être dans le même système que les autres.
07:20Voilà ce qu'il faut faire. Alors ça fait beaucoup de choses.
07:23Mais dans la TVA, il y a une marge de manœuvre et ça permettrait, si vous voulez, de faire que...
07:29On réduit la différence entre le coût du travail pour l'entreprise et ce que le salarié veut dans sa
07:35poche.
07:35On voit bien un problème. Le travail ne paie plus aujourd'hui, on le sait.
07:38Est-ce qu'on est sûr que ça ira vers le salaire, cette TVA sociale ?
07:41Ça dépend comment on le fait. Mais si on le baisse, si vous voulez, les cotisations sociales, oui.
07:48Et il ne faut pas que la TVA sociale... Augmenter la TVA, ce soit juste pour enflouer les Etats.
07:54Il faut que ce soit pour diminuer les cotisations sociales.
07:57Ça, c'est une des choses qu'il faut... Une des réformes qu'il faut faire.
08:00Et pour s'attaquer... Mais il faut s'attaquer aux dépenses.
08:03Avec l'efficacité, je pense que si on est là, l'administration et les dépenses publiques
08:07devraient s'emparer beaucoup plus qu'elles ne le fait de l'intelligence artificielle.
08:12Au lieu de voir une menace... Et c'est sûr qu'il faut faire attention.
08:17Il faut que ce soit un levier. C'est un levier de productivité et un levier de souveraineté,
08:22si on le prend bien, pour reprendre ce que vous disiez,
08:24qui me paraît extrêmement important.
08:26C'est, je crois, un vrai enjeu et une vraie manière de sortir par le haut
08:31de la situation dans laquelle on est.
08:33Voilà, le tournant de l'intelligence artificielle.
08:36Et puis, pour effectivement préserver aussi notre souveraineté
08:39et miser sur la réindustrialisation.
08:42Merci à tous d'avoir participé à ce débat.
08:45Merci à tous.

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