00:04Bonjour Françoise Degouard. Bonjour mon cher Jacques Cardoz.
00:07Un drôle d'époque avec vous donc et la crise des carburants qui pèse de plus en plus sur la
00:11politique intérieure et le duo de l'exécutif.
00:13Oui alors c'est peu de dire que les portes ont claqué la semaine dernière entre Emmanuel Macron et son
00:18premier ministre Sébastien Lecornu.
00:20Le chef de l'état on le sait est traumatisé par la crise des gilets jaunes et il a semble
00:24-t-il passé une soufflante on va le dire comme ça.
00:26Il a en gros reproché à son premier ministre d'avoir sous-évalué ou mal évalué la crise sociale qui
00:32couvre sous les carburants.
00:34Le pays gronde et le spectre d'un mouvement dur évidemment est de plus en plus fort.
00:38C'est ce qui explique évidemment la mise en scène de vendredi et le brief tout à fait inhabituel.
00:44C'était dans la salle en plus de ça dans la salle véritablement en secret défense.
00:49Le brief inhabituel du chef de l'état au chef de parti au candidat sur l'état du monde géopolitique
00:54et financier.
00:55Et c'est ce qui explique aussi Jacques pourquoi Sébastien Lecornu va intervenir ce soir pour annoncer de nouvelles mesures
01:03au-delà de la prime au grand rouleur qui est maintenue.
01:06En réalité Emmanuel Macron n'a pas le choix à son premier ministre.
01:10Tu dois trouver quelque chose qui calme la colère.
01:13Avec des marges de manœuvre très faibles.
01:14Oui disons le tout net on le sait on répète ce chiffre il est tellement ahurissant.
01:181300 milliards de dettes en France.
01:21Un remboursement de 74 milliards par an juste pour le remboursement des intérêts.
01:26Il ne reste quasiment aucune marge de manœuvre au budget de l'état pour passer ce cap et pourtant il
01:31faudra.
01:32En privé Emmanuel Macron explique assez simplement que la crise va durer et il a raison.
01:37Que les tensions sur le pétrole vont durer et il a raison.
01:40Que tout ce qui fait s'envoler et tout ce qui peut empêcher de rembourser la tête affaiblit la France
01:47et il a raison.
01:47Et surtout que le capital mondial est très entamé par les investissements colossaux dans l'IA.
01:53Et que les gens ou les états qui prêtent à la France auront peut-être moins d'argent pour le
01:57faire dans l'avenir.
01:58Ça s'appelle une crise financière.
02:00Ajoutons les menaces russes, la guerre hybride, le tableau est noir.
02:03Et je rajouterai également la crise et la possibilité de pénurie.
02:08La France pour le moment fait ses comptes, elle peut boucler l'hiver avec le gaz.
02:12Mais ça n'est pas certain et d'ailleurs le président devrait convoquer un G7 énergie et annoncer pourquoi pas
02:18qu'il va piocher dans les stocks stratégiques.
02:21Et c'est donc aussi un avertissement au parti.
02:23Ah bah oui parce qu'en filigrane Emmanuel Macron leur a dit ne faites pas n'importe quoi.
02:27Ne bazardez pas le budget à la va-vite car la crise financière,
02:32est-ce qu'on peut rajouter à une crise financière une crise politique ?
02:36Parce que si on dit censure, évidemment Jacques, on dit forcément quasiment dissolution dans la follée.
02:41Et c'est un peu la menace qu'il y avait entre les lignes.
02:44Vendredi, les partis ont-ils intérêt à censurer le budget ou à dire
02:48laissons le passer après tout ce budget, on en fera un autre lorsqu'on arrivera au pouvoir ?
02:53Ou bien vont-ils décider pour des raisons politiques ?
02:55Parce que l'opinion ne leur permet pas et leur propre électorat ne leur permet pas de censurer.
03:01Marine Le Pen, a priori, l'a déjà dit, elle ne censurera pas pour ses raisons de responsabilité.
03:07C'est intéressant d'entendre le silence de LFI.
03:10Cet été, LFI avait dit, dès la session parlementaire, nous déposerons une motion de censure.
03:15Pour le moment, il semble que Jean-Luc Mélenchon se taise.
03:18On va voir, en tout cas, c'est véritablement l'heure de vérité aussi pour les politiques.
03:23La réunion de vendredi était faite aussi pour ça leur mettre la pression.
03:27L'éclairage de Françoise Degouat dans Drôle d'époque à retrouver en podcast ou sur sudradio.fr.
03:33Et j'en profite.
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