00:00Bonjour Françoise de Bois. Bonjour mon cher Jacques Cardoz.
00:03Et avec vous, on parle de l'affaire Philippe Brun, le député socialiste débranché par le parti de la primaire
00:09pour violence.
00:10Revoilà un parti confronté à nouveau à ce sujet.
00:13Oui, et il faut préciser que Philippe Brun n'est pas débranché par une instance de quelques personnes, en l
00:18'occurrence le bureau national.
00:19C'est 100 personnes qui votent pour sa suspension.
00:23Il l'est aussi dans la foulée par le groupe socialiste, présidé par Boris Vallaud, c'est-à-dire 70
00:29députés.
00:30Pourquoi ? L'enquête le dira, mais il est évident que le sort du député socialiste est scellé à la
00:36veille de la validation de sa candidature
00:38par des faits suffisamment graves et porté à la connaissance la veille du parti socialiste pour l'empêcher de concourir.
00:45Mais l'affaire Brun est la suite d'une longue série, dites-vous, dans le monde politique.
00:49Oui, bien sûr, il y a l'affaire, la fameuse affaire Julien Bayou, prendie par tous ceux qui évoquent la
00:54présomption d'innocence
00:55et évoque aussi de simples vengeances de femmes.
00:58Julien Bayou, vous vous souvenez, c'est le secrétaire national des Verts qui est obligé de quitter son poste
01:02pour des accusations de harcèlement de la part de son ex-compagne.
01:06Le dossier sera classé sans suite.
01:08Mais pour un Julien Bayou, combien de condamnés pour violence ?
01:12Denis Bopin, souvenez-vous, c'est assez vieux, figure importante des Verts.
01:16Plusieurs femmes portent plainte contre lui pour viol et agression sexuelle.
01:19L'affaire est classée parce qu'il y a prescription.
01:22En revanche, Denis Bopin attaque toutes ces femmes en diffamation et il perdra tous ses procès.
01:27Allons à droite avec Georges Tron.
01:29On est en 2011, c'est quasiment le quaternaire.
01:32Et cette affaire qui va durer des années.
01:34Député de l'Essonne, secrétaire d'État, il est accusé d'agression sexuelle par deux collaboratrix.
01:39Alors lui, Georges Tron, il est relaxé en appel, mais il est condamné très lourdement en cours de cassation à
01:45plusieurs années de prison.
01:46Et bien sûr, il y a l'affaire Quatennens, toute proche de nous.
01:49Oui, alors là, Jacques, celle-là, elle est passionnante à observer sur notre incohérence collective.
01:53Le député LFI, vous vous en souvenez, en 2022, sous la pression médiatique, est obligé de reconnaître d'abord un
02:00divorce douloureux
02:01et une gifle contre son épouse dans la procédure de divorce.
02:05Il est condamné car elle a porté plainte pour agression et harcèlement moral et depuis il a disparu de la
02:11vie politique.
02:11Ce qui est très intéressant et totalement incohérent aussi de la part des observateurs que nous sommes,
02:17c'est que tout le monde est tombé sur LFI et sur sa défense acharnée d'Adrien Quatennens, à commencer
02:22par Jean-Luc Mélenchon.
02:23Et tout le monde tombe aujourd'hui sur le PS et sa réaction que je trouve plutôt saine sur le
02:28cas Philippe Brun.
02:29En fait, cela dit une chose, la politique est encore un monde où vivent les réflexes archaïques, pavloviens, à plein
02:36de niveaux.
02:37Et les partis confrontés à MeToo sont obligés de réagir fermement parce qu'on a changé d'époque.
02:44L'époque n'est plus au laisser-aller.
02:46Oh, une petite gifle, ça n'est pas si grave.
02:48Oui, c'est grave et c'est heureux que nous changions d'époque.
02:51Ils le font encore maladroitement.
02:53Et autant je m'étais insurgé contre la défense forcée d'Adrien Quatennens que je trouvais honteuse de la part
02:59de LFI,
03:00autant je pense que face à la présomption d'innocence, il y a le principe de précaution d'un candidat
03:06qui vise la fonction suprême.
03:07Il y aura un procès, Philippe Brun se défendra.
03:10En attendant, était-il raisonnable de lui accorder sa validation à une primaire avec des accusations de violences sexuelles ?
03:17Non.
03:18Françoise de Goua, face à cette violence en politique dans Drôle d'époque.
03:23Et bien sûr, vous pouvez podcaster cette chronique ou bien la retrouver sur sudradio.fr, notre site.
03:30Et à tout à l'heure, Françoise, on vous retrouve pour le grand Face à Face.
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