- il y a 8 minutes
Ce samedi 19 septembre, Emmanuel Lechypre a reçu Franck Dedieu, rédacteur en chef Economie et Agora à Marianne, Alexandre Escudier, chargé de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences Po, Jean-Marc Daniel, journaliste BFM Business, Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Economiques, Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode, et Paul Waller, journaliste BFM Business, dans l'émission la librairie de l'éco sur BFM Business. Retrouvez l'émission le vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:02BFM Business, la librairie de l'écho, Emmanuel Lechypre.
00:09Bienvenue dans la librairie de l'écho, l'émission de BFM Business qui vous offre chaque semaine le meilleur de
00:14la littérature économique.
00:15Alors évidemment, pas d'émission sur les livres sans auteurs, ils seront nos invités dans la première partie de l
00:20'émission.
00:21Et puis vous retrouverez nos critiques attitrés, Jean-Marc Daniel, Christian Chavagneux pour leur coup de cœur et leur coup
00:26de gueule.
00:27Toutes nos rubriques autour des critiques de livres, des études, mais tout ça c'est pour la deuxième partie de
00:34l'émission.
00:34N'oubliez pas nos comptes sur les réseaux sociaux, c'est simple, c'est la librairie de l'écho, surtout
00:39les réseaux sociaux,
00:40pour retrouver les références précises des livres qu'on évoque dans l'émission.
00:46Et tout de suite, place aux auteurs.
00:52On passe la France au scanner aujourd'hui dans la librairie de l'écho.
00:56Dans quel état est la société française ?
00:58Quelles sont les fractures qui la traversent ?
01:01Les Français sont-ils sereins ou en colère ?
01:03À quoi aspirent-ils vraiment ?
01:06La démocratie en France et plus généralement en Occident, est-elle fragile voire menacée ?
01:11Ou au contraire, plus forte qu'on le croit ?
01:13Réponse avec nos deux invités, Alexandre Escudier.
01:17Bonjour !
01:17Bonjour !
01:18Vous êtes chercheur à la Fondation Nationale des Sciences Politiques et vous publiez avec Gilles Ivaldi l'avantage démocratique chez
01:26Calman Lévy.
01:28Franck Dedieu, bonjour !
01:29Bonjour !
01:30Vous êtes rédacteur en chef au magazine Marianne et vous êtes l'un des co-auteurs de Nous les Français
01:35aux éditions Robert Laffont.
01:38Une centaine de thèmes traités, racontez la France comme les politiques, ne le feront jamais en infographie et en images.
01:45Je cite vos co-auteurs, Gérald Andrieux, Jean-Laurent Casselli, Laure Coromines, vous-même, Laureline Dupont et Raphaël Lorca.
01:58Je vais commencer avec vous, Franck Dedieu.
02:02Votre livre s'appelle Nous les Français, mais votre conclusion, est-ce que ça ne serait pas quand même qu
02:09'il est de plus en plus compliqué de dire Nous les Français ?
02:13Oui, c'est de plus en plus compliqué, mais pourtant, ça existe.
02:16Et il faudrait s'intéresser à l'article, c'est-à-dire qu'il n'y a pas un Nous,
02:21les Français, mais il y a plusieurs Nous.
02:23Et nous avons, peut-être pour vous expliquer, parce que tout ça peut paraître un peu flou, deux mots sur
02:31un peu d'autres méthodes.
02:32On a voulu cartographier la France à partir du minuscule, pour essayer de déterminer quelque chose de plus majuscule à
02:40hauteur d'individus.
02:42Alors, par rapport au mode de vie, par rapport au choix culturel, par rapport au bien de consommation.
02:48Et il se trouve que, on s'était dit, on répondra à la question d'Emmanuel, quelque part, à la
02:56fin de l'ouvrage.
02:57On en déduira, mais est-ce que nous les Français, ça existe ? Est-ce qu'il y en a
03:01un seul ? Est-ce qu'il y en a plusieurs ?
03:02Et donc, là, on est confronté à trois thèses, qui reviennent d'ailleurs, rejoint un peu votre propre livre.
03:09C'est, est-ce qu'on est dans le face-à-face, façon Gérard Collomb, vous vous souvenez ?
03:14Cette espèce de polarisation de Français qui aiment pratiquement, qui se polarisent avec un certain délice,
03:23ou du moins qui a une inconscience. Est-ce qu'on est main dans la main, un peu, façon un
03:28peu bourgeoisie sympa,
03:31des beaux quartiers qui disent vivre ensemble ?
03:33Ou alors, est-ce qu'on est dos à dos, une sorte d'indifférence, d'aquabonisme ?
03:38Vous savez, on vote chaque fois, il y a des alternances, et puis ça ne sert à rien.
03:41Alors, bon, la réponse, c'est qu'en fait, on passe régulièrement, tous les jours, d'un état à un
03:51autre.
03:51Il y a une forme d'archipélisation, pour reprendre le thème fort connu de Fourquet,
03:57mais nous passons, au fur et à mesure des années, et puis même dans la même journée, d'un archipel
04:04à un autre.
04:04C'est-à-dire qu'il y a des moments où, je dirais, les Français sont très polarisés.
04:10Je prends, par exemple, cette forme d'hypercommunautarisation,
04:15où les gens veulent vivre avec leur semblable à tout prix.
04:19Une sorte de segmentation aussi du vote, peut-être on en reparlera.
04:22Mais il y a des moments où, justement, il y a quelque chose qui nous réunit,
04:26il y a une sensation d'avoir un destin commun.
04:29Et si vous voulez, c'est ça qui ressort de notre étude, qui est très empirique.
04:34Est-ce qu'on est capable de dire aujourd'hui ce qui nous divise le plus ?
04:37Par exemple, est-ce que c'est le niveau de vie ? Est-ce que c'est le territoire ?
04:40Est-ce que c'est l'âge ? Est-ce que c'est le diplôme ? Est-ce que c
04:42'est nos opinions politiques ?
04:44Et est-ce qu'à l'inverse, on a quand même un ciment commun au-delà de nos différences ?
04:49Ce qui... Alors, à l'époque un peu marxisante, c'était assez simple,
04:54parce qu'il y avait l'instrument de la conscience de classe,
04:57où ce qui nous divisait le plus, c'était notre place dans l'appareil productif,
05:03les capitalistes, les salariés, les prolétaires.
05:07Tout cela était simple.
05:08Aujourd'hui, il s'est ajouté à cela, non pas qu'il n'y ait plus de conflits sociaux,
05:11mais il s'est ajouté à cela le phénomène identitaire,
05:15qui touche non pas à l'acquis, mais à l'inné,
05:18et donc qui, je dirais, augmente la polarisation,
05:21et le phénomène culturel.
05:22Et autour de ça, pour répondre à votre question, Emmanuel,
05:26l'élément où apparaissent, avec, je dirais, de façon très parfaite,
05:36cette ségrégation sociale, culturelle, identitaire, c'est la géographie.
05:41C'est-à-dire, on a même fait une entrée là-dessus,
05:44entre périphéria et métropolia.
05:47On a même fait un petit exercice qui va vous intéresser.
05:50On a imaginé la France en enlevant les 12 métropoles,
05:55c'est-à-dire 1% du territoire.
05:59Ça ne fait pas beaucoup, en termes de superficie, si je parle.
06:02Eh bien, vous avez des différences qui sont énormissimes.
06:04C'est-à-dire que, je vous donne quelques chiffres, si vous le permettez,
06:08entre 2011 et 2022, vous avez métropolia, les 12 villes,
06:1437% des cadres, augmentation de 37% des cadres,
06:17augmentation de 11,5% des salariés.
06:22Dans périphéria, c'est-à-dire la France, moins ses 12 villes,
06:28vous avez une croissance du salariat de 2,6% sur 10 ans,
06:33c'est-à-dire pratiquement une stagnation.
06:34C'est-à-dire que cette polarisation géographique,
06:37elle amène avec elle, elle charrie avec elle,
06:40d'autres représentations qui sont culturelles,
06:42qui sont avec des bobos, etc.,
06:44qui sont identitaires, qui sont évidemment politiques.
06:47Mais je crois, pour répondre à votre question,
06:49que, je dirais, la dimension géographique
06:53est un élément très structurant.
06:56Honnêtement, à hauteur de réseaux sociaux,
06:59à hauteur de débats politiques,
07:03et à hauteur de chaînes d'info, j'ai envie de dire,
07:07qui hystérise finalement tous les débats,
07:09on a l'impression que la France est au bord du gouffre,
07:13que la France est en ébullition.
07:14Vous qui l'avez regardée à hauteur d'homme, vraiment,
07:17est-ce qu'elle va si mal que ça, la France ?
07:19En fait, si vous voulez,
07:23c'est la fameuse phrase de Tessier qui dit,
07:27les Français ont l'impression de vivre dans un paradis,
07:33alors qu'ils vivent dans un paradis.
07:41Ça, si vous voulez, c'est vrai,
07:43et à la fois, c'est pas vrai.
07:44Mais ça montre une chose, quand même.
07:46C'est-à-dire qu'il y a un pessimisme français
07:50qui signifie que le réel,
07:53que le présent, est insatisfaisant.
07:56Pourquoi ?
07:56Parce que c'est un peuple politique.
07:58Nous sommes un peuple politique.
07:59Alors ça, ça transpire de votre travail
08:03à tous les niveaux,
08:05tous nos actes,
08:07toutes nos décisions,
08:08tout est politique.
08:09Oui, tout est politique.
08:09Alors, en particulier en France,
08:11parce qu'on a un article sur les doudounes
08:13où il y a plusieurs types,
08:15une sorte de typologie des doudounes.
08:16Notre choix de doudounes est politisé.
08:18Il dit quelque chose.
08:18Oui, mais ce qu'on mange est politisé,
08:20effectivement.
08:21C'est-à-dire que...
08:21Mais n'allez pas croire pour autant
08:23que tout est segmenté.
08:25C'est-à-dire que nous sommes dans un pays,
08:26et c'est à mon avis là
08:27que provient ce pessimisme-là,
08:29c'est que nous sommes dans un pays
08:32qui constate
08:34que le présent ne va pas bien,
08:36et y compris dans le vivre ensemble,
08:37entre guillemets,
08:38et qui aspire à quelque chose de commun,
08:41à quelque chose, je dirais,
08:43qui fédère.
08:44D'ailleurs, ce qui fédère le plus,
08:45ce qui fédère le plus,
08:47on l'a vu, ça.
08:48Et on revient à cette histoire de pessimisme
08:50et d'insatisfaction par rapport au présent,
08:52c'est la nostalgie.
08:54La nostalgie, par exemple,
08:56on regarde les séries préférées,
08:57les références préférées des Français,
08:59c'est assez transclasse.
09:01Vous avez finalement les cadres
09:03et les ouvriers, les employés,
09:05qui ont à peu près les mêmes références,
09:07les mêmes codes,
09:08les mêmes séries qu'ils aiment bien,
09:10Le Père Noël est une ordure,
09:11Louis de Finesse, etc.
09:13On a quand même quelque chose de commun,
09:15et je crois que c'est ce qui fait de nous
09:19un peuple politique davantage
09:21qu'un peuple fondamentalement pessimiste.
09:23Est-ce que les Français sont des enfants gâtés ?
09:25Non, mais pas du tout.
09:26Parce que quand même,
09:28ce qui est toujours paradoxal
09:30et ce qui est très structurant
09:32dans toutes les enquêtes d'opinion,
09:34c'est une situation que vous relevez
09:36dans votre livre.
09:37On a quand même les Français,
09:38quand on les interroge sur eux-mêmes,
09:40qui disent « moi, ça va ».
09:42Grosso modo, ils sont à peu près
09:43toujours 70% à dire.
09:44Moi, personnellement, ça va,
09:46mais la France, ça ne va pas.
09:48Est-ce que dans un pays
09:50où les gens sont quand même
09:52aussi rassurés pour eux-mêmes
09:54et inquiets pour leur pays,
09:55on ne se dit pas quand même,
09:57les Français,
09:58oui, c'est des enfants gâtés.
10:00Est-ce qu'on n'est pas des enfants gâtés
10:01quand on est dans le pays
10:02qui a le plus de piscines au monde
10:03par habitant, par exemple ?
10:04Non, mais parce que ça,
10:06c'est une schizophrénie française,
10:08c'est qu'effectivement,
10:10il y a, à titre personnel,
10:11on peut dire qu'on va bien,
10:12mais comme nous ne sommes pas
10:14un peuple libéral
10:15qui veut cultiver son jardin
10:17de façon Voltaire,
10:19ou plutôt qui veut le faire,
10:20mais pas tout le temps,
10:21pas à tous les moments de la journée,
10:23nous aspirons à quelque chose
10:24de commun qui a un peu,
10:26si vous me permettez l'expression,
10:27un peu de la gueule,
10:28c'est-à-dire qui transcende
10:29un peu le quotidien.
10:30C'est pour ça que les Français
10:32ont toujours une sorte
10:33d'idéalisme, de singularité,
10:35de parler au monde,
10:37et, si vous voulez,
10:38le fait qu'on n'y arrive pas,
10:40quelles que soient les élections,
10:43ça pose un problème
10:46de rapport au bonheur, finalement.
10:48Vous notez quand même
10:51une fracture
10:52entre les Français
10:54et leurs élites politiques.
10:56Ah oui, on l'a même mesuré.
10:57Oui, voilà,
10:58qui n'a jamais été quand même
10:59aussi grande.
11:00Oui, alors ça, c'est vrai.
11:02On a regardé,
11:04c'est un thème
11:06de sciences politiques majeures,
11:07nous, on a décidé
11:08de le regarder
11:09par le petit bout
11:09de la lorgnette,
11:10si j'ose dire.
11:11On a regardé
11:12qu'elles étaient,
11:13pris un projet de loi
11:15et regardé qu'elles étaient
11:16les sympathisants
11:17de ces partis politiques
11:19avec le vote
11:20des députés
11:20de ces partis politiques.
11:21Et là, on s'aperçoit
11:22que quoi ?
11:23La France insoumise,
11:24vous avez, je l'ai noté,
11:2556% des sympathisants
11:27de la France insoumise
11:28qui étaient pour durcir la loi,
11:30sur les mineurs délinquants.
11:32Le projet de loi a été voté
11:34par 0% des députés
11:36de la France insoumise.
11:37Mais la réciproque est vraie.
11:38Vous avez 57%
11:40des sympathisants
11:41de Macron
11:42qui sont favorables
11:43à la taxe Zuckmane.
11:45Alors que les députés,
11:46évidemment,
11:47de ce macronisme,
11:48ont rejeté la taxe Zuckmane.
11:49Qu'est-ce que ça veut dire ?
11:51D'abord, premièrement,
11:52que nos politiques,
11:54parce qu'ils ont une sorte de,
11:56je dirais,
11:57de marketing politique
11:59où ils cherchent à tout prix
12:00de segmenter des parts de marché
12:03à rassurer
12:04et à obtenir
12:06pour gagner en électeur,
12:08ils ont tendance, je dirais,
12:09à surestimer
12:10la polarisation des Français.
12:13Et deuxièmement,
12:14ça veut dire que, quelque part,
12:15les Français de droite
12:16comme de gauche
12:17aspirent à de la protection.
12:18La protection qui est
12:20celle, je dirais,
12:22physique, entre guillemets,
12:23par rapport à la délinquance,
12:24même les gens de gauche
12:25et même très à gauche,
12:27et ils aspirent aussi
12:28à une protection sociale,
12:30c'est-à-dire à l'égalité.
12:30Est-ce que la période actuelle
12:32ressemble à une période
12:33qu'on a connue dans l'histoire ?
12:35Alors...
12:35Je sais ça, je vous taquine là-dessus.
12:37Oui, oui, c'est pas...
12:37C'est un travail que vous avez fait
12:38très souvent.
12:39Oui, c'est vrai que j'aime beaucoup
12:40ces parallèles-là.
12:43Ce serait facile de vous dire,
12:44c'est 1788,
12:45parce qu'il y a une forme
12:47à la fois
12:53d'aspiration
12:54à quelque chose de nouveau
12:55et à quelque chose
12:55qui est plus grand
12:56que soi-même
12:58et un sentiment
12:59de décadence.
13:00Mais c'est un peu facile,
13:01je trouve.
13:02Peut-être qu'il y a
13:03quelque chose de 1936,
13:05c'est-à-dire
13:05qu'il y a des oppositions franches
13:08avec une réactualisation
13:10du conflit droite-gauche
13:11assez fort
13:11et aussi, parallèlement,
13:13le sentiment
13:14d'appartenir
13:15à la même nation,
13:17à aimer la France,
13:18à avoir
13:19ce qu'Ernest Renan
13:20appelait
13:20un leg de souvenirs.
13:22On retrouve cette idée
13:23de la nostalgie.
13:24La France,
13:25c'est aussi
13:25avoir en commun
13:26ce leg de souvenirs
13:27et à n'avoir conscience.
13:29Alexandre Escudier,
13:321788-1936,
13:34on voit la montée
13:36des régimes autocratiques,
13:38autoritaires,
13:38tout autour de nous.
13:40On voit en France
13:41la montée des populismes.
13:43Est-ce que la démocratie
13:45est menacée aujourd'hui
13:47en France ?
13:49Je crois qu'il faut repartir
13:52des peurs,
13:53des angoisses,
13:54des anxiétés contemporaines
13:55et les prendre très au sérieux.
13:56Parce que ce qui se passe,
13:58c'est qu'effectivement,
13:59vous le disiez,
14:00traditionnellement,
14:01la France est un peuple
14:02très politique.
14:03On ne se contente pas
14:04d'être bien chez soi
14:06dans son jardin.
14:07On veut qu'on soit bien
14:09collectivement,
14:10voire au-delà
14:10de la collectivité nationale.
14:13Mais aujourd'hui,
14:14s'empile un nombre
14:15de chocs,
14:17de risques,
14:19comme jamais quand même.
14:20C'est-à-dire
14:22le retour de la guerre,
14:23déjà,
14:24en Europe,
14:24depuis 1945,
14:26le réchauffement climatique,
14:28les fondements
14:28de la biodiversité.
14:29Maintenant,
14:29l'intelligence artificielle
14:30qui menace les emplois
14:32avec aussi
14:33des fantasmes
14:34de prise en main
14:35quasiment du destin
14:36de l'humanité
14:37de l'IA.
14:40Le vieillissement démographique
14:42qui est un problème
14:42d'attrition démographique
14:44de nos sociétés graves
14:45et les désormis
14:47migratoires.
14:47Et face à cela,
14:49la réaction
14:50est une réaction
14:51d'angoisse
14:52face
14:53à la capacité
14:54de notre propre
14:55régime politique
14:56de faire face
14:57à tout ça.
14:57C'est ça qui est en jeu.
14:59C'est ce surajoute.
15:00C'est-à-dire que
15:01les problèmes sont là.
15:02Simplement,
15:02on a l'impression
15:03que l'outil politique
15:04dont nous disposions
15:05qu'à le moment jusque-là
15:06nous échappe,
15:07ne régule plus.
15:08Vous dites d'ailleurs
15:08qu'il y a
15:10des cycles populistes.
15:12Est-ce que
15:12nos démocraties,
15:14et ça concerne
15:14pas seulement la France,
15:15est-ce que nos démocraties
15:16occidentales
15:17sont entrées
15:18dans un cycle populiste ?
15:20Oui,
15:20alors elles sont entrées
15:21dans un cycle populiste
15:22depuis pas mal de temps,
15:24depuis au moins 20 ans déjà.
15:25Et la globalisation économique
15:28qui a joué un grand rôle
15:29avec le choc économique
15:30sur les cols bleus,
15:31la désindustrialisation
15:32qui a dégradé
15:35certains bassins d'emploi
15:37traditionnels
15:38de l'industrie,
15:39a gommé
15:40des perspectives
15:41d'ascension sociale
15:42de tout un tas
15:42de régions entières
15:44qui font partie
15:46de votre périphélia
15:47pour partie.
15:49Donc ça,
15:50c'est indéniable.
15:51Aujourd'hui,
15:51menace un deuxième choc,
15:53un choc sur les cols blancs
15:54avec l'intelligence artificielle
15:55qui risque
15:56de détruire
15:57des emplois
15:58qui étaient jusque-là
15:58épargnés
15:59par une certaine
16:00globalisation
16:01désindustrialisante
16:02à cause
16:03de l'industrie
16:04ailleurs.
16:05Donc,
16:07tout ceci
16:08a induit
16:10un cycle
16:10de raidissement
16:12populiste
16:12au sens où
16:13toute une partie
16:15des classes populaires
16:16et moyennes inférieures
16:17ont considéré
16:17que seules les élites
16:18tiraient leur épingle
16:19du jeu,
16:19ceux des métropoles
16:20justement,
16:21qui pilotaient
16:21la mondialisation
16:23un petit peu
16:24sur la meilleure part
16:26de la valeur ajoutée
16:27pendant que ceux
16:27d'en bas
16:28des industrialisés
16:29souffraient
16:30de cette globalisation.
16:31Et donc,
16:31ça a induit
16:32des réflexes
16:33de fermeture,
16:34de réticence
16:35et tous azimuts
16:36jusqu'à la fermeture
16:38à l'étranger,
16:39aux migrants,
16:40aux autres cultures.
16:41Mais ça reste
16:42encore relatif
16:44parce que je pense
16:45que ce qui est
16:46prépondérant,
16:47c'est une envie
16:47de démocratie,
16:48mais pas n'importe
16:49quelle démocratie,
16:50une démocratie
16:50qui marche,
16:51c'est-à-dire une démocratie
16:52qui produise
16:52des biens publics
16:53premiers.
16:54Alors quand même,
16:55la bonne nouvelle
16:56Alexandre Escudier,
16:57c'est que vous dites
16:58mais finalement,
17:00toutes ces tensions,
17:02tout ce désenchantement
17:03démocratique,
17:04toutes ces...
17:05J'ose pas parler de crise,
17:06mais disons que
17:06toutes ces...
17:07Oui,
17:07toutes ces failles,
17:10eh bien,
17:11sont inscrites
17:12en fait
17:12dans le fonctionnement
17:13des démocraties
17:15et le principe
17:17des démocraties,
17:18c'est précisément
17:18de faire coexister
17:19ensemble
17:20des groupes sociaux
17:21qui ont des intérêts,
17:23des perceptions
17:23différentes
17:24et en fait,
17:25la démocratie,
17:26c'est cette
17:26confrontation permanente
17:28des tensions
17:29entre tout un tas
17:30d'expressions différentes
17:32de catégories sociales.
17:34Oui,
17:34c'est ça,
17:34c'est ce qu'on a voulu
17:35essayer de cartographier
17:36dans le livre,
17:37c'est-à-dire que
17:38il y a des tensions
17:39constitutives de la démocratie
17:40et la première
17:41d'entre toutes,
17:42c'est que,
17:44sauf à être dans
17:45des toutes petites démocraties
17:46comme dans l'Antiquité,
17:47des cités,
17:48on est dans des grands
17:49espaces politiques.
17:50ou des tout petits pays
17:51comme aujourd'hui.
17:51Voilà.
17:52Là, on est dans
17:53des grands espaces politiques
17:54où se gouverner soi-même
17:55sur la place publique
17:56du village est impossible.
17:57Donc, il faut déléguer.
17:58Qui délègue ?
17:59Le grand nombre.
17:59Mais qui délègue le pouvoir
18:01à un petit nombre ?
18:02Et qui donc,
18:03ce petit nombre
18:04peut immédiatement
18:06être perçu
18:06comme capturant le pouvoir.
18:08La seule raison
18:10pour laquelle
18:10il ne soit pas perçu
18:11comme capturant
18:12illégitimement le pouvoir,
18:13c'est que ce petit nombre
18:14produise des biens publics.
18:16Le grand nombre
18:17consent à obéir
18:18aux règles,
18:19à la fiscalité,
18:20aux codes de la route,
18:21à tout un tas de choses
18:22que pour autant
18:23qu'en contrepartie
18:24de son obéissance,
18:25on lui produit
18:26des biens publics.
18:27Quels biens publics ?
18:28Il y en a des fondamentaux.
18:29Il ne faut pas chercher
18:29midi à 14h.
18:30De la sécurité interne
18:33pour les physiques
18:34et pour les propriétés,
18:35externe par la paix,
18:38en quoi le financement
18:40des armées
18:41n'est pas quelque chose
18:42à quoi on pourrait échapper
18:44puisque la contrainte extérieure
18:46de la pression militaire
18:47se posera toujours.
18:48Ce n'est pas un luxe.
18:50il faut produire
18:50de la prospérité
18:51pour que les gens
18:52aient des espérances individuelles,
18:55familiales,
18:55par cercle concentrique,
18:57de vivre un peu mieux
18:58matériellement,
18:59pas vivre comme des nababs
19:00forcément,
19:00mais un peu mieux.
19:02et il faut des libertés.
19:04Des libertés d'expression,
19:05de toutes sortes,
19:06de conscience,
19:06etc.
19:07Et dans le cycle contemporain,
19:10ça se tend au niveau
19:12aussi bien du populisme
19:13d'extrême-gauche
19:14mais surtout du national-populiste
19:17souverainiste à droite,
19:18voire à l'extrême-droite,
19:19parce qu'il y a toute une frange
19:21de nos concitoyens
19:22qui, sans du tout
19:23être idéologiquement autoritaires,
19:27considèrent qu'il faut passer
19:28un cran au-dessus
19:30en termes d'efficacité régalienne.
19:32Parce que la sécurité interne
19:33n'est plus assurée,
19:34la DZ mafia monte,
19:36entre autres,
19:37gangrène jusqu'au bourg
19:39de province
19:39qui était jusque-là épargnée,
19:42livre la drogue par drone
19:44pour échapper
19:45au quadrillage policier,
19:46etc.
19:46– Et puis plus globalement,
19:47la démocratie ne tient plus
19:48ses promesses,
19:49c'est-à-dire qu'on se sent
19:51plus vraiment bien éduqué,
19:53on n'est plus vraiment
19:54bien soigné,
19:54est-ce qu'on est bien
19:57jugé équitablement,
19:58etc.
19:59Et donc c'est cette
20:01impuissance publique
20:02qui gangrène la démocratie
20:03aujourd'hui.
20:04– C'est ça.
20:04Et c'est ça qui désespère
20:06et qui met en colère.
20:07Parce qu'on attribue
20:08cette impuissance
20:09qui est structurelle,
20:10parce qu'il faut faire
20:11plein de choses en même temps,
20:12il faut faire de la justice,
20:13de la santé,
20:13de la police,
20:14etc.
20:15Et on l'impute
20:16aux élites
20:17qui ont du mal
20:19à reprendre la main
20:21matériellement,
20:22quand bien même le voudrait-il,
20:23sur les leviers pratiques.
20:24C'est très compliqué.
20:26– Il y avait un autre point
20:27sur lequel on était
20:29plutôt rassuré,
20:31c'est qu'on a eu l'impression
20:32quand même pendant des décennies
20:33que le capitalisme
20:34avait choisi son camp,
20:36qui était celui de la liberté,
20:37celui des démocraties.
20:38Or, on se rend compte
20:39aujourd'hui que le capitalisme
20:40il est tout à fait compatible
20:41avec des formes de régime
20:42très autoritaires.
20:44– Oui, il est tout à fait
20:45plastique, malléable,
20:46le parti communiste chinois
20:47fait sa force
20:49et ses chances
20:51pérennes de survie.
20:53Mais pas toujours
20:54pour le pire,
20:54parce que ça produit aussi
20:55de la prospérité
20:56de par ce qui est produit,
20:58proposé,
20:59face à des demandes
21:00solvables.
21:03Mais le point essentiel,
21:04c'est que
21:05cette désespérance
21:06démocratique
21:07qui devient radicale
21:12va toujours de pair
21:13avec un désir de démocratie,
21:14mais efficace.
21:15Et le risque,
21:16c'est de donner
21:19cette présomption
21:20d'efficacité
21:21à des formations partisanes
21:23vraiment idéologiquement
21:25autoritaires.
21:25C'est ça le risque
21:26devant lequel on se présente.
21:28– Mais quand même,
21:30vous dites,
21:31alors je vous cite,
21:32« L'expérience historique
21:34montre que les démocraties
21:35ont une capacité
21:36d'adaptation
21:37qui leur permet
21:38de sortir des crises
21:39qu'elles traversent
21:40en proposant des solutions
21:41qui finissent toujours
21:42par être adoptées
21:44par des majorités
21:45de bon sens. »
21:48– Oui,
21:48c'est-à-dire que
21:50les masses énervées,
21:52d'abord,
21:52ne sont pas toujours
21:53politiquement organisées.
21:54Donc,
21:57leur quantité
21:58d'affect
22:01d'exaspération
22:02n'est pas
22:04proportionnelle
22:05à leur poids politique.
22:06Ça peut se disperser.
22:08Regardons le mouvement
22:09des Gilets jaunes
22:10qui n'a rien donné
22:11en termes d'organisation
22:12politique.
22:13Il n'y a pas eu
22:13de traduction.
22:15Par contre,
22:17la démocratie
22:20a toujours un problème
22:21de retard à l'allumage.
22:23Quand les problèmes
22:23se présentent,
22:24ça discute,
22:25ça s'écharpe,
22:26ça met du temps
22:27à réagir.
22:27Sa force,
22:28c'est sur la durée.
22:29Parce que,
22:30sur la durée,
22:31les démocraties,
22:32étant donné
22:34ces mécanismes
22:35contradictoires,
22:36on peut désélire
22:37ceux qui font des erreurs,
22:39elles intègrent
22:39en elles-mêmes
22:40les mécanismes
22:40de correction.
22:41Ce que ne font pas
22:42les autocraties.
22:43On a tendance
22:44à prêter aux autocraties
22:45parce qu'ils décident
22:46vite,
22:47avec un regard martial,
22:49avec des cohortes
22:51régaliennes derrière eux.
22:52Le chêne et le roseau.
22:53Voilà.
22:53Exactement.
22:55Et donc,
22:55on ne voit pas
22:56que ces autocraties
22:57sont elles-mêmes
22:57très faibles.
22:58Pourquoi ?
22:58Parce que,
22:59quand elles ont tort,
23:00il n'y a plus
23:00aucune corde de rappel
23:02civique
23:02pour leur dire
23:03qu'on a tort.
23:03Parce qu'elles se font réprimer.
23:05et tout le monde
23:06n'a aucun intérêt
23:09à faire remonter
23:10les mauvaises nouvelles.
23:11Et si bien
23:11qu'on peut faire
23:12des erreurs stratégiques
23:13colossales
23:14comme la Russie
23:15au début
23:16de l'offensive en Ukraine
23:17où l'armée elle-même
23:18ne faisait pas remonter
23:19toutes les bonnes informations.
23:20Est-ce qu'en France,
23:20on est au bout
23:21du désenchantement démocratique ?
23:23Je pense qu'on est
23:24à la croisée des chemins.
23:25C'est-à-dire,
23:25où ça tanque fort
23:26et le pouvoir
23:28ne bascule pas
23:28vers des formes
23:29d'autoritarisme
23:30hyper-exécutif
23:32et on est capable
23:33de produire
23:34ces biens publics premiers
23:35de la sécurité,
23:36de la prospérité
23:37en corrigeant
23:37tout ce qu'il y a
23:38à corriger
23:38à tous les niveaux
23:39du logement,
23:40la santé,
23:41la crise énergétique,
23:42etc.
23:43de la croissance.
23:45Soit le pouvoir
23:46passe
23:48aux autoritaires
23:50mais
23:51d'abord,
23:52il faut se garder
23:52de qualifier immédiatement
23:53les autoritaires
23:54comme des vieux fascistes.
23:55Je pense que
23:55l'analogie historique
23:56avec les années 30
23:57est une absurdité totale
23:58et une insulte
23:59au bon sens
24:00des gens
24:01qui voient que
24:01parfois
24:02certaines choses
24:03marchent mal
24:03et elles ont parfaitement
24:05le droit démocratique
24:06de le dire
24:06sans être qualifiées
24:07de fascistes
24:07donc je pense
24:08que c'est une très
24:08mauvaise méthode
24:09que de leur renvoyer
24:10ça à la figure
24:11et c'est le meilleur
24:12moyen de les faire monter
24:13d'ailleurs.
24:15Mais par contre
24:15si les autoritaires
24:16arrivent au pouvoir
24:17ils peuvent faire
24:18quantité de bêtises
24:19et le point important
24:21c'est qu'il n'est pas
24:23anormal
24:24que les autoritaires
24:25arrivent au pouvoir
24:25la chose importante
24:27c'est que ça réagisse
24:28derrière au niveau
24:28de la société civile
24:29que ça réagisse
24:31face à toutes les erreurs
24:32et que la possibilité
24:34de l'alternance électorale
24:35ne soit pas verrouillée.
24:36Est-ce que vous pensez
24:36par exemple
24:37que les Etats-Unis
24:37une fois que Trump
24:38ne sera plus président
24:40auront effacé
24:41les années Trump
24:42comme une parenthèse
24:42ou bien est-ce que vous pensez
24:43qu'il va laisser
24:44des traces durables
24:45dans la démocratie américaine ?
24:46Il peut laisser
24:46des traces durables
24:47la succession dynastiques
24:48peut avoir lieu
24:50via J.D. Vance
24:51via d'autres
24:54et ça peut continuer
24:56de plus belle
24:56parce que les clivages
24:57sont là
24:58entre les métropoles
24:59les milieux ruraux
25:00les zones désindustrialisées
25:02et les mieux sachants
25:04et mieux éduqués
25:05qui font la leçon
25:05progressiste aux autres
25:06donc ça peut durer
25:08ça peut durer.
25:10Franck de Dieu
25:11pour conclure
25:11est-ce que le monde
25:12qui vient
25:13qui est un monde
25:14finalement
25:15par rapport au monde
25:16capitaliste
25:17ultra-libéral
25:18né au début
25:18des années 80
25:19très mondialisé
25:20très concurrentiel
25:22avec des états
25:24qui se mettent
25:25en retrait
25:26des marchés mondialisés
25:28etc.
25:28Est-ce que le monde
25:29qui vient
25:29qui est beaucoup
25:30plus géopolitisé
25:31dans lequel les états
25:33sont de retour
25:33dans lequel le protectionnisme
25:34les réglementations
25:35sont de retour
25:36est-ce que ce nouveau monde
25:37qui vient finalement
25:38la France va pas être
25:39plus à l'aise
25:39dans ce monde-là
25:40que dans le monde
25:42des 40 dernières années ?
25:43C'est-à-dire
25:43qu'on est passé
25:44le monde de la mondialisation
25:46était celui
25:46quelque part
25:47des flux
25:48celui du commerce
25:49et les Français
25:50ne sont pas fameux
25:51là-dessus
25:51d'ailleurs je vous conseille
25:52un livre d'Alain Minck
25:54intéressant
25:54sur l'aménation
25:56où il explique
25:57à quel point
25:57si nous avons tourné
25:58le doigt à la mer
25:59pour s'intéresser absolument
26:00à nos frontières
26:01et à l'agriculture
26:02c'est bien pour des raisons
26:03que nous avons laissé
26:04de côté le commerce
26:05et donc si nous entrons
26:07dans le monde
26:07non pas des flux
26:08mais dans le monde
26:09des stocks
26:09c'est-à-dire
26:10l'expression de physicalité
26:12des choses
26:12c'est-à-dire
26:13c'est le retour
26:14de l'agriculture
26:15c'est le retour
26:16de la défense
26:17c'est le retour
26:18de la protection
26:18et là effectivement
26:19de la mer aussi
26:20au sens d'un actif
26:21la France peut
26:24relever la tête
26:25et même
26:26c'est un monde
26:27qui peut profiter
26:28à la France
26:28c'est bien qu'on termine
26:29sur cette note
26:30Eric Tabari disait
26:31la mer c'est ce que les Français
26:32ont dans le dos
26:33quand ils regardent la plage
26:35merci beaucoup
26:36à tous les deux
26:37c'était passionnant
26:39Alexandre Escudier
26:40avec Gilles Ivaldi
26:41l'avantage démocratique
26:44faille pérenne
26:45et résilience contemporaine
26:47de la démocratie
26:48c'est aux éditions
26:48Calman Lévy
26:49et puis Franck Dedieu
26:50avec sa bande
26:51de complices
26:52nous les Français
26:54racontez la France
26:55comme les politiques
26:56ne le feront jamais
26:56en infographie
26:57et en images
26:58c'est chez Robert Laffont
27:00allez on se retrouve
27:01tout de suite
27:01pour la deuxième partie
27:02de l'émission
27:23on se retrouve pour la deuxième partie
27:25de cette librairie de l'écho
27:27vous retrouverez nos rubriques
27:28critiques habituels
27:29l'étude de la semaine
27:30le coup de coeur
27:31de la rédaction
27:31mais tout de suite
27:32on retrouve nos critiques
27:34attitrées
27:34à ma gauche
27:35Christian Chamagneux
27:36éditorialiste à
27:38alternativeséconomiques.fr
27:39et Grand Manitou
27:40des pages livres
27:41dans le magazine
27:42Alternatives économiques
27:43sur papier
27:44Jean-Marc Daniel
27:46professeur émérite
27:47à l'ESCP
27:48Business School
27:49critique
27:50attitrée lui
27:51de la libérale
27:52société d'économie politique
27:54dont il est aussi
27:55le président
27:56allez on commence
27:58avec votre choix
27:59Jean-Marc Daniel
28:01le livre auquel participe
28:03enfin co-signé
28:04par Alain Minc
28:06un capitalisme
28:07devenu fou
28:08chez Flammarion
28:10il est devenu
28:11bien
28:12bien
28:13bien
28:13bien anticapitaliste
28:15notre ami Alain Minc
28:15ou qu'est-ce qui se passe ?
28:17Non non pas vraiment
28:18alors il est en face de lui
28:19donc c'est un entretien
28:20enfin c'est un livre
28:21d'entretien
28:21qui est mené par
28:22l'intervieweur
28:24c'est Guillaume Erner
28:24qui est le matinalier
28:26de France Culture
28:27absolument
28:28et donc
28:28qui est un peu à l'origine
28:30de cette entrevue
28:31et qui explique
28:32dans la préface
28:33que justement
28:34il s'est posé des questions
28:35sur cette évolution
28:36du capitalisme
28:37surtout sur
28:38les fortunes
28:40annoncées
28:40pour un certain nombre
28:41de gens
28:41de la
28:43de la technologie
28:45et donc
28:46les Elon Musk
28:47et donc
28:47il dit
28:48je me suis
28:49demandé
28:50qui pouvait
28:51apporter une réponse
28:52la plus pertinente
28:53sur l'évolution
28:54de notre société
28:55je me suis dit
28:56c'est Alain Main
28:56qui est à la fois
28:57un essayiste
28:58le conseiller
28:59des grands patrons
29:00un inspecteur
29:01des finances
29:01donc quelqu'un
29:02qui a une formation
29:03économique
29:03normalement de haut niveau
29:04donc l'entretien
29:05est un entretien
29:06qui a toute une partie
29:07historique
29:08en fait
29:08on raconte beaucoup
29:09l'histoire du capitalisme
29:11Alain Main
29:12qui revient sur
29:13non pas sur sa carrière
29:14mais sur la période
29:15qu'il a vécue
29:16sur la façon
29:16dont le capitalisme
29:18a évolué
29:18il y aura un hommage
29:19en particulier
29:19à Pierre Morand
29:20dans les gens
29:21qui ont bien compris
29:22ce qui s'était passé
29:23il y avait des gens
29:23comme Pierre Moroy
29:24et puis
29:25il fait une analyse
29:26de pourquoi est-ce
29:27qu'il y a eu
29:28cette évolution
29:29spectaculaire
29:30du capitalisme
29:30il dit
29:31il y a deux événements
29:32qui ont joué
29:32un premier événement
29:33c'est la libération
29:34du marché d'échange
29:35c'est la libération
29:36de la circulation
29:37des capitaux
29:37on parle beaucoup
29:38au travers de la mondialisation
29:40de la libération
29:42du commerce international
29:43on parle des problèmes
29:44migratoires
29:45mais il dit
29:45le véritable phénomène
29:46ça a été la libération
29:48du marché des capitaux
29:50et le deuxième élément
29:50c'est des politiques monétaires
29:52qui ont été des politiques monétaires
29:53qui voulaient systématiquement
29:55éviter les crises financières
29:57et qui se sont traduites
29:59par une injection colossale
30:01de moyens financiers
30:03de monnaie
30:03donc tout ça commence
30:04dans les années 80
30:05alors tout ça commence
30:06dans les années 80
30:07il dit
30:07la grande perturbation
30:09c'est Volcker
30:09il monte brutalement
30:10les taux d'intérêt
30:11et puis ensuite
30:11on rajoute
30:13donc ça provoque
30:15des secousses
30:16dans le système
30:16ensuite on injecte
30:17de la monnaie
30:18après donc il y a Bernanke
30:19qui va répondre
30:21systématiquement
30:22au problème
30:23de la crise
30:23de 2000
30:25et alors il y a
30:25Greenspan avant
30:26mais il dit
30:26justement
30:27oui
30:28alors ce qu'il dit bien
30:29c'est il dit
30:30Bernanke critique Greenspan
30:31et quand il arrive
30:32la première chose
30:32qu'il fait
30:33c'est de faire la même chose
30:34c'est le quoi qu'il en coûte
30:35et tout ça
30:35et donc
30:37alors toute cette partie
30:38est assez bien menée
30:40assez descriptive
30:40il y a un mot d'expression
30:42assez agréable
30:44à lire
30:44et puis il y a
30:45la dernière partie
30:46où il parle
30:46de l'intelligence artificielle
30:48avec un petit
30:49cocorico personnel
30:50puisque Guillaume Erner
30:51flotte un peu
30:52en lui disant
30:52mais vous aviez déjà
30:53tout vu
30:54le rapport
30:54Meg-Nora
30:55des années 70
30:56c'est l'anticipation
30:57de ce qui va se passer
30:58et Alain Meg dit
30:59mais bien sûr
31:00et donc
31:01il nous explique un peu
31:03l'IA
31:04en disant
31:05effectivement
31:05qu'on est dans un problème
31:06au travers de l'IA
31:07qui par-delà
31:09les politiques monétaires
31:10par-delà
31:10la liberté de circulation
31:11des capitaux
31:12est aussi en train
31:12de concentrer
31:13des moyens financiers
31:15entre les mains
31:16de quelques individus
31:17il dit
31:17NVIDIA
31:18c'est spectaculaire
31:20qui aurait pu imaginer ça
31:21et l'idée d'Alain Meg
31:23c'est que ça va continuer
31:24dans ce sens
31:25donc c'est un capitalisme
31:26qui est devenu fou
31:27mais un capitalisme
31:28qui est irremplaçable
31:29Alain Meg dit
31:30de toute façon
31:31il n'y a pas d'autre solution
31:32que ça
31:32donc il va falloir
31:33comprendre
31:34s'adapter
31:34corriger
31:35mais on ne pourra pas
31:36se passer du capitalisme
31:37Christian Chavagneux
31:38qu'avez-vous pensé
31:39de ce capitalisme
31:40devenu fou ?
31:41Alain Meg
31:41c'est intéressant
31:42c'est quand même
31:42l'homme qui murmure
31:43à l'oreille du capitalisme
31:44français depuis plusieurs décennies
31:45donc aller la voir
31:47sur plus de 200 pages
31:48comme ça en face à face
31:49avec notre collègue
31:50Guillaume Erner
31:50de France Culture
31:51c'est toujours intéressant
31:51je trouvais que c'était
31:52un bouquin pyramide
31:53un peu
31:54il y a une première facette
31:55c'est Guillaume Erner
31:56essaie d'avoir un fil rouge
31:57tout le long du livre
31:58c'est pourquoi
31:59il y a autant de riches
32:00et pourquoi leur fortune
32:01non seulement est importante
32:02mais progresse aussi vite
32:03donc à la main
32:04il va dire
32:05truc un peu traditionnel
32:07The winner takes all
32:08donc économie de super stars
32:09quelques-uns vont regrouper tout
32:11il y a des choses
32:13un peu plus iconoclastes
32:15sur le thème
32:16le libéralisme
32:17économique en général
32:18l'économie de l'offre en particulier
32:20ça profite d'abord aux riches
32:21Emmanuel Macron a suivi pendant 10 ans
32:24une économie
32:25les politiques d'économie de l'offre
32:26est-ce qu'il a favorisé ?
32:27Oui
32:27Emmanuel Macron pendant 10 ans
32:29a favorisé les riches
32:29il y a des trucs comme ça
32:30qui sont un peu surprenants
32:32mais qui sont dits
32:32exprimés
32:33Il a sorti murmuré à l'oreille
32:34d'Emmanuel Macron à la main
32:35Oh si si si
32:35il a murmuré à l'oreille
32:37de tout le monde
32:37tous les présidents
32:38tous les premiers ministres
32:39voilà
32:40politique, économique
32:41mais voilà
32:41il y a des choses
32:42un petit peu originales comme ça
32:43et puis il y a une deuxième facette
32:45qui est là
32:46sur des propos plus généraux
32:48sur le capitalisme
32:48par exemple
32:49il y a plus de femmes
32:50dans le capitalisme
32:51parce que ça change
32:52les règles du jeu
32:52non ça ne change pas
32:53les règles du jeu
32:54ça ne change pas
32:54les trajectoires des dames
32:56mais pas les règles du jeu
32:58de capitalisme
32:58il y a un truc
32:59il dit
32:59moi je sais qu'il y a des patrons
33:01qui s'enrichissent
33:01en étant franchement borderline
33:03paradis fiscaux
33:04tout ça
33:04moi j'ai toujours refusé
33:05de travailler avec ce genre de patron
33:06je serais lui
33:07je ne m'avancerais pas trop
33:08parce que comme il a travaillé
33:09avec à peu près tout le CAC 40
33:11et qu'à peu près tout le CAC 40
33:12est dans les paradis fiscaux
33:13donc voilà
33:13ça pose une vraie question
33:15est-ce qu'il y a un capitalisme blanc
33:17ou est-ce que quand on est
33:18un grand capitaliste
33:19on est toujours un peu
33:20dans une zone grise ou pas
33:21lui il nous dit
33:22il y a du blanc
33:22il y a du noir
33:24il est capable de faire
33:25la distinction
33:26les rachats d'actions
33:28alors c'est complètement
33:29économiquement inutile
33:30ça sert juste à enrichir
33:31les actionnaires
33:32il y a des trucs
33:32un peu comme ça
33:33et puis quand même
33:34la troisième facette
33:35de la pyramide
33:36c'est le cercle de la raison
33:38en fait
33:38qui s'appelle
33:39le cercle de la bienséance
33:41quand on est
33:41dans les hauts politiques
33:43dans les hauts sphères
33:43économiques et politiques
33:44dans une soirée mondaine
33:46qu'est-ce qu'on a le droit de dire
33:47et qu'est-ce qu'on n'a pas le droit de dire
33:48et là franchement
33:49j'étais très surpris
33:50parce que c'est quand même
33:51assez binaire
33:53marché
33:53bien
33:54état
33:55pas bien
33:55c'est vraiment
33:57soit on est
33:58un adepte du libre-échange
33:59de la libre-circulation
34:01des capitaux
34:01soit on rêve de l'URSS
34:03alors que dans la vraie vie
34:04il me semble quand même
34:04que les entremêlements
34:06public-privé
34:06c'est un petit peu plus malin
34:07que soit tout le marché
34:08soit tout l'état
34:09et là il y a des choses
34:10vraiment tout à fait étonnantes
34:12les riches
34:12franchement
34:13les impôts
34:14ils s'en moquent
34:15parce que c'est
34:16des petites pièces de monnaie
34:17qui disent
34:18bon on peut mettre la taxe Zuckman
34:19ah non non surtout pas
34:20faut pas mettre la taxe Zuckman
34:21dès qu'il y a des choses
34:22un petit peu
34:23un petit peu
34:24qui remettent en cause
34:25le cercle de la raison libérale
34:26c'est qu'on n'a rien compris
34:27à l'économie
34:28et qu'on est très mauvais
34:29et là j'ai vraiment été
34:30très très surpris
34:31c'est quand même assez léger
34:32sur le plan intellectuel
34:33même si globalement
34:34c'est toujours intéressant
34:36d'avoir le point de vue
34:37je dirais
34:37d'un insider
34:38du capitalisme français
34:39Allez on passe à votre choix
34:40Christian Chavagneux
34:41c'est un livre
34:42dont vous aimez
34:43débattre tous les ans
34:45c'est un marronnier
34:47comme on appelle ça
34:47dans nos métiers
34:48c'est la publication
34:49du CEPI
34:50sur l'économie mondiale
34:51en 2027
34:54que nous réserve
34:56cette édition 2027
34:57ah bon vous savez
34:58que j'aime bien ce petit
34:59et que Jean-Marc
35:00est toujours très agaté
35:01on va voir
35:01j'attends avec impatience
35:03ce petit livre
35:04donc du CEPI
35:04mais voilà
35:05je pense que c'est la dernière année
35:07parce que comme vous le savez
35:07le CEPI
35:08l'EF se fusionnait
35:09maintenant c'est l'Institut français
35:10d'économie
35:10donc IFE
35:12CEPI encore pour cette année
35:146-7 petites introductions
35:16toujours très claires
35:17très pédagogiques
35:18la première
35:19qui fait un petit peu
35:20le tour du monde
35:20bon il y a plein de sujets à aborder
35:21il y en a un qui m'a intéressé
35:23c'est que dans l'économie mondiale
35:24il y a de plus en plus
35:25de chocs d'offres
35:25qui sont inflationnistes
35:27les banques centrales
35:28quand il y a de l'inflation
35:29elles remontent les taux
35:29mais on voit bien
35:30avec l'ABC
35:31remonter les taux
35:32ça ne fait pas passer
35:32plus de pétrole
35:33dans le détroit d'Hormouz
35:34donc comment est-ce que
35:35les banques centrales
35:36peuvent s'adapter
35:36à des chocs inflationniques
35:40est un deuxième choc d'offres
35:42et ça ne sert pas à grand chose
35:44pour régler le premier
35:44donc voilà
35:45il y a une petite question
35:46comme ça qui est levée
35:47qui m'a intéressé
35:50il y a deux chapitres
35:51sur les Etats-Unis
35:51un premier assez classique
35:53l'économie en cas
35:54qui fait un petit tour de raison
35:55c'est bien
35:55le deuxième
35:56beaucoup plus intéressant
35:58Trump a fait monter
35:59les taux d'intérêt
36:00même après la décision
36:01de la Cour suprême
36:02il y a quand même
36:02plus de protectionnistes
36:03globalement dans le monde
36:04plus de protectionnistes
36:05pourtant en 2025
36:06et déjà en 2026
36:07le commerce mondial
36:09ne s'est jamais aussi bien porté
36:10est-ce que le protectionnisme
36:11des Etats
36:11sert finalement à quelque chose
36:13ça pose vraiment
36:14une bonne question
36:15il y a un chapitre
36:16sur la géoéconomie
36:17ça c'est quand même
36:17très très drôle
36:18si je puis dire
36:19parce que c'est
36:19tout d'un coup
36:20avec l'opposition
36:21les Etats-Unis
36:22et la Chine
36:23la guerre en Iran
36:25les économistes découvrent
36:26que les rapports de force
36:27dans la mondialisation
36:28ça joue un rôle
36:28et donc ils disent
36:29mince
36:29on ne s'en est pas préoccupé
36:30jusqu'à là
36:31comment on peut faire
36:31on va faire de la géoéconomie
36:33donc l'auteur
36:34vraiment le chapitre
36:34est très clair
36:35c'est quoi
36:35quel sujet ça court
36:36c'est extrêmement restreint
36:38on s'aperçoit
36:38de la pauvreté intellectuelle
36:39de l'approche des économistes
36:40sur les rapports de pouvoir
36:43il y a un chapitre
36:44sur et l'Europe
36:44dans tout ça
36:45l'Europe dans ce monde
36:45géopolitique un peu plus violent
36:47elle ne s'en sort pas très bien
36:48puis les deux derniers chapitres
36:49c'est sur la finance
36:49je trouvais le chapitre
36:50de Gézabel Coupé-Souberance
36:52sur l'euro numérique
36:53excellent
36:54vraiment très pédago
36:55elle explique bien
36:56et en plus
36:57c'est vraiment de l'économie politique
36:58qui est pour
36:59qui est contre
36:59pourquoi
37:00et le dernier chapitre
37:00sur l'indépendance
37:01des banques centrales
37:02qui monte de manière
37:06il y a des mandats
37:08mais que les banques centrales
37:09peuvent toujours adapter
37:10un petit peu leur mandat
37:11soit le relâcher un peu
37:12soit avoir une interprétation
37:14rigoriste
37:14et clairement la BCE
37:15c'est une interprétation
37:16rigoriste
37:16Jean-Marc Daniel
37:17alors ce millésime
37:192027
37:20et bien écoutez
37:20il rejoint dans mon estime
37:23le millésime précédent
37:24alors je sais que je ne devrais
37:25pas dire ça
37:25parce que
37:26après Gézabel Coupé-Souberance
37:27m'en veut
37:28alors je
37:28c'est pas grave
37:29mais si si
37:30parce que j'ai beaucoup
37:30d'amitié et d'estime pour elle
37:31donc je ne veux pas
37:32me fâcher avec elle
37:33mais je pense que cet exercice
37:34ne correspond pas
37:35à ce qu'on était en devoir
37:36d'attendre
37:37d'un exercice sur l'économie
37:38internationale
37:39mené par le CEPI
37:40Christian a parlé du chapitre
37:41sur l'euro numérique
37:42elle a écrit
37:43qui est effectivement très clair
37:44mais qui pour moi
37:44est hors sujet
37:45l'enjeu c'est pas ça
37:46l'enjeu c'est l'économie mondiale
37:48le seul vrai sujet
37:49le seul vrai chapitre
37:51où on traite ça
37:52c'est le tout premier
37:53où on fait une revue
37:55effectivement
37:55de ce qui s'est passé
37:56avec l'histoire des chocs d'offres
37:57il y a un chapitre
37:58qui est assez bien mené
38:00sur effectivement
38:01le commerce international
38:02et les conséquences
38:03des politiques protectionnistes
38:04notamment celle initiale
38:05associée par Trump
38:06mais après
38:07on part un peu
38:08dans tous les sens
38:08il y a de grands absents
38:10il y a des zones entières
38:11de la géographie
38:12on parle de géoéconomie
38:13mais la géographie
38:14est totalement absente
38:15du sujet
38:16il y a des problèmes
38:17comme la démographie
38:18qui ne sont pas du tout traités
38:19et donc
38:21il y a beaucoup de choses
38:22hors sujet
38:22alors qu'il y a des choses
38:23qui auraient dû être là
38:24donc je reste sur ma fin
38:26et d'autant plus que
38:28la tonalité générale
38:30est quand même
38:30assez gaucho-mondaine
38:33merci beaucoup
38:34à tous les deux
38:35allez c'est l'heure
38:36de notre étude
38:38de la semaine
38:40BFM Business
38:41la librairie de l'écho
38:43l'étude de la semaine
38:45et on s'intéresse
38:47cette semaine
38:48au travail
38:48de Rex et Code
38:51autour de
38:52l'intelligence artificielle
38:53et de la souveraineté
38:54ça s'appelle
38:55IA et souveraineté
38:56le risque
38:57de déclassement économique
38:58Olivier Redoules
39:00bonjour
39:00bonjour
39:01Olivier
39:01vous êtes le directeur
39:02des études
39:03de Rex et Code
39:04et vous avez donc
39:06co-signé
39:07avec Mathilde Ferrer
39:08cette étude
39:11sur l'IA
39:13et la souveraineté
39:14d'abord
39:16votre point de départ
39:17c'est quand même
39:18cette interrogation
39:18sur la productivité
39:19est-ce que
39:20avec l'intelligence artificielle
39:22nous sommes à l'aube
39:23d'un déferlement
39:24de productivité
39:25et je vous pose la question
39:26parce que
39:27vous précisez bien vous
39:28que
39:29à chaque fois
39:29qu'il y a un choc
39:30de productivité
39:31c'est ce choc
39:32qui structure
39:33les écarts
39:34de performance économique
39:35entre pays
39:36pour les années
39:37qui suivent
39:37oui absolument
39:38en fait
39:39quand on regarde
39:40à la fois
39:41les usages
39:42les avis d'experts
39:43les projections
39:44des fabricants
39:45des économistes
39:46etc
39:46il y a beaucoup
39:47d'incertitudes
39:47mais il y a le sentiment
39:49qu'on est au bord
39:50d'un choc
39:52de productivité
39:53similaire
39:53à ceux
39:54qui avaient donné lieu
39:55aux précédentes révolutions
39:57industrielles
39:57on parle de celles
39:58du charbon
39:58et de l'acier
39:59de celles
39:59de l'électricité
40:00de celles
40:00du pétrole
40:01et ça concrètement
40:02en fait
40:03on a des données
40:03qui existent
40:05ça s'appelle
40:05la base
40:06du
40:07Badison Project
40:09qui en fait
40:10essaie de calculer
40:10alors c'est toujours
40:11des hypothèses
40:12sur très longue période
40:13depuis 1800
40:14même avant
40:14le PIB par habitant
40:15le niveau de développement
40:16par habitant
40:16et ce qu'on voit
40:17sur 30 périodes
40:18c'est qu'en fait
40:19les chocs de productivité
40:20en fait
40:20ils sont
40:22ils font diverger
40:23les pays entre eux
40:23on peut partir
40:24à un moment donné
40:24d'un niveau de développement comparable
40:26mais après
40:27l'ordre économique
40:28mondial change
40:29mais un point central
40:31et c'est pour ça
40:32que cette note
40:33qu'on a écrite
40:34avec Mathilde Ferrer
40:36parle de souveraineté
40:37c'est que
40:38le vrai enjeu
40:39de souveraineté
40:39justement de l'IA
40:40ce sont
40:41ces écarts de productivité
40:42l'IA a tout plein
40:44d'enjeux de souveraineté
40:45au quotidien
40:45la cybersécurité
40:46la défense
40:47les nouveaux armes
40:48etc
40:49les données
40:50l'accès
40:51mais la réalité
40:52c'est que
40:52si
40:53elle crée
40:54des divergences
40:55de trajectoires
40:56de productivité
40:57entre pays
40:58en fait
40:58ça va devenir
40:59un problème de souveraineté
40:59parce que
41:00vous ne traitez pas à égal
41:01avec quelqu'un
41:02qui a un PIB par habitant
41:03qui est 10 fois
41:04ou 20 fois superbe à vous
41:05sauf que
41:06Olivier Redouless
41:07le constat
41:07il est quand même
41:08aujourd'hui
41:09implacable
41:10l'Europe et la France
41:11ont un retard
41:13d'adaptation
41:14et d'insertion
41:15dans les nouvelles chaînes
41:16de valeur
41:16de l'intelligence
41:18artificielle
41:19est-ce qu'il y a
41:20un risque
41:20de déclassement
41:21aujourd'hui
41:22au niveau international
41:23de l'Europe
41:24et de la France
41:25le risque est réel
41:26le risque est réel
41:28effectivement
41:28en fait
41:28on voit chaque fois
41:30des petits signaux
41:31positifs
41:31auxquels on peut
41:32se raccrocher
41:33mais on voit
41:33en fait
41:33qu'on n'est pas
41:34là où ça compte
41:35en fait
41:35on a un problème
41:36d'ordre de grandeur
41:36on n'a pas
41:37un problème
41:38de facteur d'échelle
41:39avec les leaders
41:39du lien
41:40la bonne nouvelle
41:41sur le passé
41:41c'est que
41:42ce n'est pas forcément
41:43inéluctable
41:43en fait
41:44il suffit de regarder
41:45même l'histoire
41:46des 50-60 dernières années
41:48les pays asiatiques
41:49ils n'avaient pas forcément
41:50de pétrole
41:50ils sont arrivés
41:51à s'insérer
41:52dans l'échelle mondiale
41:53et puis plus proche
41:54de nous
41:54les pays nordiques
41:55en fait
41:55ils n'ont pas forcément
41:57d'atouts
41:58en termes de pétrole
41:59en termes de taille
42:00d'entreprise
42:00etc
42:01et pourtant
42:01ils ont des modèles
42:02sociaux plutôt protecteurs
42:03et ils arrivent
42:04à tirer leur épingle
42:05du jeu
42:06du développement
42:06de la mondialisation
42:07de l'Europe
42:08etc
42:08et là en fait
42:09il faut s'inspirer
42:10des autres
42:11et tirer profit
42:13de cette nouvelle bague
42:15de productivité
42:15il ne faut pas la subir
42:16il ne faut pas non plus
42:17faire des bêtises
42:18qu'on a pu faire
42:19de le passé
42:19mais est-ce qu'on peut être
42:22un pays
42:23très grand utilisateur
42:25de l'intelligence artificielle
42:26et tirer les gains
42:28de productivité
42:29qui vont avec
42:29sans être
42:30un grand concepteur
42:32et un grand fabricant
42:34d'intelligence artificielle
42:36en gros
42:36est-ce qu'en utilisant
42:38du matériel américain
42:39et ou chinois
42:40les Européens
42:42peuvent quand même rivaliser
42:43en matière
42:43d'intelligence artificielle
42:44vous voyez
42:45pendant très longtemps
42:45le premier producteur
42:46d'automobiles au monde
42:47c'était Toyota
42:48le Japon ne produit pas
42:50de pétrole
42:50donc ça montre
42:51qu'on peut s'inscrire
42:52dans un secteur industriel
42:55qui est utilisateur
42:56d'une ressource
42:56sans forcément
42:57la produire nous-mêmes
42:58mais il y a des choses
42:59à faire
42:59et des choses à ne pas faire
43:00je pense par ce qu'il ne faut pas faire
43:02subventionner la consommation
43:03en fait il ne faut pas créer
43:05des déséquilibres financiers
43:06ou budgétaires
43:07pour maintenir
43:08ce niveau d'utilisation
43:09de l'IA
43:09les pays en général
43:11qui s'en sortent
43:11ont des finances publiques
43:12d'ailleurs bien gérées
43:14il faut éviter
43:15de mettre de l'argent
43:17pour créer
43:18des champions nationaux
43:19un petit peu
43:21décidés dans le coin
43:22de bureau de l'Elysée
43:22en fait
43:23c'est très bien
43:24si on a des champions nationaux
43:25ça ne se décrète pas
43:26il faut aussi éviter
43:27de trop protéger
43:29en fait la réalité
43:30c'est que le protectionnisme
43:31la fermeture des frontières
43:32ça conduit au déclin
43:34ça conduit au déclassement
43:36et par contre
43:36il y a des choses à faire
43:37la première chose à faire
43:38c'est faire ce qu'on a su faire
43:39au niveau européen
43:40dans les années 2000
43:412010 même
43:42c'est mettre en concurrence
43:43les fournisseurs étrangers
43:44entre eux
43:45et pour faire baisser les prix
43:46en fait
43:46au fond on a tous bénéficié
43:48de services numériques
43:49à des prix relativement bas
43:51ou même prix
43:51parfois le plus bas
43:52que les américains
43:53grâce à l'action
43:54de la politique de concurrence
43:56il faut l'adapter
43:57mais il faut la continuer
43:58il faut aussi permettre au capital
44:02de s'exprimer
44:03c'est-à-dire il faut arriver
44:06à gérer
44:08on sait que c'est une industrie
44:09très capitalistique
44:10peut-être que dans le cas
44:11de la France en particulier
44:12il ne faut pas trop taxer le capital
44:13parce que si on tue
44:15la rentabilité de capital
44:16on tue la prise de risque
44:17il faut aussi permettre
44:20un élément central
44:21au marché du travail
44:22notamment au marché du travail
44:23qualifié
44:24de s'adapter
44:25c'est-à-dire il ne faut pas trop
44:26protéger les travailleurs
44:27il faut bien sûr avoir
44:28des matières de sécurité
44:29mais il faut surtout permettre
44:31aux ressources
44:32en emploi
44:32en main d'oeuvre
44:33en capital
44:33de s'allouer
44:34vers les secteurs
44:36les plus porteurs
44:36La France est à la pointe
44:38de la régulation
44:39en matière d'intelligence artificielle
44:41est-ce que c'est un atout
44:43est-ce que c'est quelque chose
44:45qui va protéger notre souveraineté
44:47à long terme
44:48ou bien est-ce qu'au contraire
44:49c'est un frein
44:50à la diffusion
44:51de ces technologies
44:54dans l'économie
44:55et finalement à la récolte
44:56des gains de productivité
44:57En fait il faut avoir
44:58une régulation
45:00qui ne soit pas trop défensive
45:01en fait
45:01qui ne soit pas trop protectrice
45:03il faut éviter
45:04d'être le champion
45:05de la régulation
45:06dans son domaine
45:06par contre
45:07là où la régulation
45:08en rôle a joué
45:09c'est justement
45:09pour éviter
45:12de tomber dans les mains
45:13d'un cartel américain
45:14ou chinois
45:15ou autre
45:15c'est là en fait
45:15la régulation doit d'abord
45:17viser une adoption
45:18une diffusion rapide
45:20une mise en concurrence
45:21des producteurs
45:22Merci beaucoup
45:23Olivier Redoules
45:24directeur des études
45:25de Rex & Code
45:27pour cette étude
45:28IA et souveraineté
45:29le risque de déclassement économique
45:32études en accès libre
45:33sur le site de Rex & Code
45:34Olivier Redoules
45:35Absolument
45:36Merci beaucoup
45:37en tout cas
45:38de nous avoir rendu visite
45:39Allez
45:40encore plus d'études
45:41tout de suite
45:43BFM Business
45:44la librairie de l'écho
45:45des idées
45:46et des chiffres
45:48Et à l'occasion
45:49de la semaine européenne
45:50de la mobilité
45:51Galian
45:52entreprise spécialisée
45:54dans le vélo cargo électrique
45:55s'intéresse
45:56à une question centrale
45:57qu'est-ce qui empêche
45:58réellement
45:58les français
45:59de remplacer
46:00leurs voitures
46:00sur les trajets courts
46:01par d'autres modes
46:03de mobilité
46:03plus douces
46:05alors on le savait
46:0569% des actifs
46:07utilisent leurs voitures
46:08pour se rendre au travail
46:0981% des ménages
46:10possèdent au moins
46:12une voiture
46:12et 34% des ménages
46:14disposent de deux voitures
46:15ou plus
46:16ça fait 11 millions
46:16de ménages
46:18donc ça
46:18on le savait
46:19au quotidien
46:20pour aller à la voiture
46:20sauf que
46:21pour les trajets
46:22domicile-travail
46:23de moins de 2 km
46:25et bien on a quand même
46:2558% des français
46:27qui utilisent
46:28encore
46:29leurs voitures
46:31entre 2 et 5 km
46:32c'est encore 74%
46:34et donc pourquoi
46:35sur des trajets
46:36aussi courts
46:37les français continuent
46:38d'utiliser
46:39leurs voitures
46:39et là l'INSEE
46:40identifie
46:40plusieurs facteurs
46:42extrêmement intéressants
46:43d'abord l'enchaînement
46:44des activités
46:44ce trajet
46:45qui apparaît très court
46:46en fait ça n'est pas
46:47un simple trajet
46:47domicile-travail
46:48mais on dépose
46:50des enfants
46:50on fait des courses
46:52c'est 15%
46:53des trajets
46:54domicile-travail
46:55en semaine
46:55qui comportent au moins
46:56un déplacement
46:57pour un autre motif
46:58il y a l'environnement urbain
47:00qui compte aussi
47:01énormément
47:01à distance identique
47:02la probabilité
47:03de prendre le vélo
47:04est beaucoup plus élevée
47:05lorsque le trajet
47:05se déroule
47:06en zone urbaine
47:07il n'y a pas
47:08en dehors des zones urbaines
47:09les infrastructures
47:10suffisantes
47:11et puis il y a enfin
47:11un élément
47:11beaucoup plus banal
47:12l'habitude
47:13ou le choix personnel
47:15l'INSEE
47:15les cite explicitement
47:16parmi les raisons possibles
47:18du recours de la voiture
47:19pour les très courtes distances
47:23BFM Business
47:24la librairie de l'écho
47:26le coup de coeur
47:27de la rédaction
47:29et cette semaine
47:30c'est celui
47:31de notre journaliste
47:32Paul Valère
47:33bonjour Paul
47:33bonjour Emmanuel
47:34alors vous avez décidé
47:36de vous intéresser
47:39et vous vous êtes passionné
47:40pour ce livre
47:41en quête
47:41de la journaliste
47:42Sacha Beckerman
47:44olympique lyonnais
47:45la révolution
47:46Michel Kang
47:47qui sort tout juste
47:49chez Enfora
47:50un livre
47:51qui nous plonge
47:53au coeur
47:53du changement
47:54de gouvernance
47:54du club
47:55de l'olympique lyonnais
47:57à l'été 2025
47:57mais surtout un livre
47:58qui nous fait le portrait
48:00d'une personnalité
48:01quand même
48:01assez extraordinaire
48:03qui est donc
48:04Michel Kang
48:05oui tout à fait
48:05et là
48:06c'est un changement
48:07radical
48:07puisque en fait
48:08la présidence
48:09elle va passer
48:09du sulfureux
48:11et incontrôlable
48:11John Textor
48:12à Michel Kang
48:13la boss lady
48:14qui va remettre
48:15sur pied
48:15un club
48:16qui est globalement
48:16au bord du gouffre
48:18boss lady
48:19c'est quoi
48:19c'est une expression
48:20qui est empruntée
48:20à la chanteuse
48:21Théodora
48:22par Sacha Beckerman
48:23dès la première page
48:24du livre
48:24et qui donne le ton
48:25car Michel Kang
48:26c'est la femme d'affaires
48:27qui gère
48:28qui est déjà
48:28la présidente reconnue
48:30de la section féminine
48:31de l'olympique
48:32lyonnais depuis 2023
48:34elle vient sauver
48:35elle vient sauver l'équipe
48:35l'équipe masculine
48:36in extremis
48:37au moment où elle doit
48:38être rétrogradée
48:40administrativement
48:40en Ligue 2
48:41par la DNCG
48:41vous savez
48:42l'instance chargée
48:43de surveiller
48:44les comptes
48:45des clubs de foot
48:46et à ce moment-là
48:47la dette avoisine
48:48les 575 millions d'euros
48:50c'est faramineux
48:51une crise financière
48:52qui est exacerbée
48:53donc par la gestion
48:54catastrophique du club
48:55par John Textor
48:56durant trois ans
48:57et franchement
48:57le redressement
48:58est quand même
48:59plutôt réussi
48:59Oui
49:00parce que c'est là
49:00que ce livre
49:01il est passionnant
49:02il nous permet de comprendre
49:03comment en une semaine
49:04chrono
49:05Michelle Kang
49:05elle va rassembler
49:06tout le monde
49:07autour de la table
49:08pour monter un projet
49:09qui va finalement répondre
49:10à toutes les inquiétudes
49:11de la DNCG
49:12et ça c'est vertigineux
49:13les semaines suivantes
49:14elle impose le courage
49:15et la discipline budgétaire
49:17en divisant presque par deux
49:19la masse salariale
49:20ce qui joue aussi capital
49:21c'est la sérénité
49:22qu'elle apporte
49:23elle est très à l'écoute
49:24et on a le sentiment
49:25qu'en fait
49:25tout ce qu'elle fait
49:26c'est réfléchi
49:27et qu'elle contrôle
49:28parfaitement
49:29son image
49:29notamment
49:30lorsqu'elle portraitise
49:32Michelle Kang
49:32Sacha Beckerman
49:33dit que Michelle Kang
49:35ne subit pas sa discrétion
49:36elle la cultive précieusement
49:37et que son silence
49:38loin d'être de la timidité
49:39c'est une posture
49:40de pouvoir
49:41parce que
49:41Paul
49:42c'est ça le coeur du livre
49:43au-delà de ce coup de maître
49:44c'est quand même
49:46mais qui est Michelle Kang
49:48d'où elle vient
49:49c'est qui cette personnalité
49:50c'est là que le livre
49:51est précieux
49:52parce qu'il retrace
49:53en détail le parcours
49:54d'une personne
49:55qui a toujours tenu
49:55à rester discrète
49:56justement
49:57elle a 67 ans aujourd'hui
49:59mais avant le foot
49:59elle a parfaitement accompli
50:01le rêve américain
50:02elle grandit dans une Corée du Sud
50:04qui est très traditionnelle
50:05qui donne peu de perspectives
50:06aux femmes
50:07elle part étudier à Chicago
50:09puis à la Yale School of Management
50:10elle enchaîne
50:11sur 10 ans de consulting
50:12et elle va travailler
50:13dans le département tech
50:14de l'information en santé
50:15de Northrop Grumman
50:16avant de créer
50:17sa propre entreprise
50:18Cognos Santé
50:19qu'elle aurait vendu
50:20pour 1 milliard de dollars
50:22en 2024
50:22ça c'est fulgurant
50:24comme tragédie
50:24ouais mais Paul
50:24à ce stade là
50:26on se dit
50:26mais comment
50:27elle va arriver
50:29à l'Olympique
50:30c'est à dire
50:30on voit pas le lien
50:32ouais tout à fait
50:32c'est pas une grande amateur de foot
50:34jusqu'en 2019
50:34en fait c'est là
50:36qu'elle va suivre
50:36les Etats-Unis
50:37durant la Coupe du Monde
50:38qui se passe en France
50:39justement
50:39et c'est les Etats-Unis
50:40qui remportent cette Coupe du Monde
50:41et là
50:42elle va identifier
50:42Coupe du Monde féminine
50:43Coupe du Monde féminine
50:44justement
50:44et c'est là
50:45qu'elle va identifier
50:45tout le potentiel
50:46du foot féminin
50:48en termes d'investissement
50:48de structuration
50:49et là
50:50elle a une vraie vision
50:51de ce que doit être
50:51le foot féminin
50:52ouais tout à fait
50:53le grand message d'ailleurs
50:53que veut faire passer l'autrice
50:55c'est de dire que
50:56et elle me l'a répété
50:57lors des échanges
50:57que j'ai eu au téléphone
50:58avec Sacha Beckerman
51:00c'est que le sport féminin
51:01n'est pas une sous-section
51:02du sport masculin
51:03lorsqu'elle prend la tête
51:04des féminines de l'OL
51:05en 2023
51:06Michel Cam
51:07va pour preuve
51:07permettre l'accélération
51:10de l'instauration
51:11d'une licence club
51:12qui est dédiée
51:13uniquement
51:13à une équipe féminine
51:15en fait ça
51:15ça n'existe tout simplement
51:16pas auparavant
51:17dans le foot
51:17et ça
51:18pour la propriétaire
51:20il y a l'idée d'émancipation
51:21donc
51:21mais aussi un business
51:23à monter
51:23et ça
51:24c'est la façon
51:24toute américaine
51:25de Michel Cam
51:26de montrer son respect
51:27pour le foot féminin
51:28en passant
51:29par la valeur marchande
51:30elle va injecter
51:31énormément d'argent
51:32pour mettre les filles
51:33dans les meilleures conditions
51:35possibles
51:35et donner au foot féminin
51:37l'engouement
51:37qu'il mérite
51:38parce qu'en plus de Lyon
51:39elle détient deux autres clubs
51:40Washington
51:41Spirit
51:42et les London
51:42Yoneses
51:43à Washington
51:44elle va en trois ans
51:45tripler la fréquentation
51:46moyenne du stade
51:47proposer à la joueuse
51:48Trinity Roadman
51:49un salaire
51:50à 1 million
51:51de dollars annuels
51:52ça c'est du jamais vu
51:53dans l'histoire
51:53de la National Women Soccer League
51:55et tout ce qu'elle met en place
51:56Sacha Begerman
51:57raconte que les joueuses
51:58sont loin d'en être insensibles
51:59et c'est ça
51:59auprès des joueuses de foot
52:00c'est une véritable star
52:01ben oui
52:02parce qu'elle dit
52:02il y a des joueuses
52:03qui disent
52:04comme Delphine Cascarino
52:05je ne vais pas travailler
52:06pour London
52:06je vais travailler
52:07pour Michel Kang
52:08Emmanuel
52:09merci beaucoup Paul
52:11valeur pour ce livre
52:13qui est un portrait absolument formidable
52:16de cette femme d'affaires hors normes
52:18qui est Michel Kang
52:19donc la nouvelle propriétaire de l'Olympique Lyonnais
52:22merci beaucoup
52:22allez c'est l'heure de nos ultimes choix
52:24BFM Business
52:26la librairie de l'écho
52:28les livres de la dernière minute
52:32Christian Chavagneux
52:33quelle est votre dernière sélection
52:34pour aujourd'hui ?
52:35un petit livre publié par Attaque
52:37avec la dessinatrice Vap
52:40Attaque se met à faire
52:41des livres complètement différents
52:42de ce que l'OJ faisait avant
52:45très historique
52:46très pédago
52:47très clair
52:48à destination du grand public
52:49là c'est sur la montée
52:51des inégalités
52:52historiquement du 19ème siècle
52:54même du 18ème à aujourd'hui
52:56les batailles de l'impôt
52:57depuis le 18ème siècle
52:58les batailles pour essayer
53:00de récupérer un peu plus d'argent
53:02pour les salariés
53:02c'est vraiment avec des chapitres
53:04dessinés sur les enclosures
53:06sur la gabelle
53:07c'est vraiment le petit livre pédago
53:10très facile à lire
53:11et là celui-là porte sur
53:12l'histoire des inégalités
53:14Jean-Marc Daniel
53:14alors moi j'ai choisi de compléter
53:16le choix de Christian
53:17sur les petits livres de la découverte
53:20sur la situation de l'économie
53:22absolument
53:22il n'y a pas que l'économie mondiale
53:23il n'y a pas que l'économie mondiale
53:24il y en a un sur l'économie européenne
53:26il y en a un sur l'économie française
53:27ceux-là ils sont réalisés
53:28par l'autre branche
53:29de ce nouveau IFE
53:31de ce nouveau
53:32Institut français d'économie
53:33qui est l'OFCE
53:34alors là aussi
53:36c'est un peu un marronnier
53:37comme vous disiez
53:38on retrouve un peu les mêmes rubriques
53:39un article sur l'euro numérique
53:41dans celui qui est sur l'Europe
53:43ce qui paraît assez naturel
53:44un article qui est tous les ans
53:46dans celui sur la France
53:47sur l'économie française
53:49avant la Covid
53:49donc il faudrait peut-être
53:51qu'il se renouvelle un peu
53:52parce que ça y est
53:52maintenant la Covid
53:53ça commence à dater
53:55et puis il y a toujours
53:57à la fois la qualité d'analyse
53:59et une masse d'informations
54:01et puis il y a un chapitre
54:03où il parle de la taxe Zuckman
54:06et j'invite les gens
54:07qui sont contre
54:08à aller y chercher
54:09des arguments
54:10puisqu'ils font des contre-propositions
54:13mais ils sont assez sévères
54:14les gens de l'OFCE
54:15sur la taxe Zuckman
54:16passionnant
54:17et quant à moi
54:18j'ai déjà trouvé
54:20ce qui sera un formidable
54:22cadeau de Noël
54:24pour la fin d'année
54:25ce livre
54:26que moi personnellement
54:28j'ai trouvé magnifique
54:29brillant
54:30original
54:31fruit d'un très beau travail
54:33de synthèse
54:34et d'illustration
54:34cette infographie
54:36des empires
54:37aux éditions
54:38passées
54:38composées
54:39par Gabriel Martinez-Gro
54:41qui est historien
54:42et Julien Pelletier
54:43qui est data designer
54:44c'est le grand récit
54:46des empires
54:46de l'antiquité
54:47à nos jours
54:48mais tout en infographie
54:51c'est absolument passionnant
54:53ça se lit
54:53merveilleusement bien
54:55pour épicorer
54:56partout
54:56etc
54:56franchement
54:57il faut avoir ça
54:58dans la bibliothèque
54:58voilà déjà
54:59c'est notre première idée
55:00de cadeau
55:01pour Noël
55:02et vous verrez
55:03nous en aurons
55:04beaucoup d'autres
55:05d'ici
55:07effectivement
55:08les fêtes
55:08allez
55:08je vous révèle
55:09un petit scoop
55:10notamment une
55:11signée
55:11Christian Chavagne
55:12mais on peut pas
55:13vous en dire plus
55:14pour l'instant
55:14voilà c'est la fin
55:16de cette librairie de l'écho
55:16on se retrouve la semaine prochaine
55:18et d'ici là
55:18bonne lecture
55:20la librairie de l'écho
55:21sur BFM Business
55:22Sous-titrage Société Radio-Canada
55:23Sous-titrage Société Radio-Canada
55:23Sous-titrage Société Radio-Canada
55:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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