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Ce vendredi 18 septembre, retrouvez l'émission le 18h Eco présentée par Stéphanie Coleau sur BFM Business.
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00:00DFM Business présente
00:05Le 18h éco, Stéphanie Collot
00:08Soyez les bienvenus dans le 18h éco, une heure d'information économique, d'analyse et de débat à la une
00:12de ce vendredi 18 septembre.
00:14Les signaux virent au rouge pour l'économie française. Le prix du gazole atteint 2,39€ en moyenne.
00:20L'écart de taux à 10 ans entre la France et l'Allemagne franchit les 100 points de base.
00:24Lors d'une réunion de crise ce matin avec les forces politiques, Emmanuel Macron n'a pas caché son inquiétude
00:30entre la menace russe et la guerre au Moyen-Orient.
00:32La crise sera durable, prévient-il. On fait le point dans un instant.
00:36En Russie, les électeurs sont appelés aux urnes jusqu'à dimanche pour renouveler les sièges de la Douma.
00:42Il s'agit du premier scrutin depuis le début de la guerre en Ukraine, un conflit qui s'invite de
00:46plus en plus dans le quotidien des Russes.
00:48L'économie ralentit de l'aveu même de Vladimir Poutine qui confisque les actifs russes des entreprises occidentales encore présentes.
00:56On fait le point à 18h30.
00:57Et puis à 18h45, on reviendra sur la guerre en Iran.
01:01Une manifestation organisée par les autorités s'est tenue aujourd'hui à Téhéran.
01:05Mais plus de 6 mois après le début de la guerre, l'économie est à bout de souffle.
01:09Les prix augmentent constamment.
01:11Salaire et pension ne sont plus versés pendant des semaines.
01:13Le taux de chômage monte.
01:15Un nouveau soulèvement est-il possible aujourd'hui ?
01:17Un représentant du Conseil national de la résistance iranienne sera sur ce plateau dans trois quarts d'heure.
01:28Les mots d'Emmanuel Macron à la mi-journée après avoir reçu les forces politiques de l'Elysée.
01:35L'objectif était de leur exposer les risques qui pèsent sur la France.
01:41Le chef de l'État n'a pas caché son inquiétude lors de la conférence de presse qui a suivi
01:45la réunion de crise.
01:46En première ligne, les prix de l'énergie qui devraient rester durablement hauts avec la guerre en Ukraine et la
01:53guerre au Moyen-Orient.
01:55Bonsoir Nathan Coquampo.
01:56Bonsoir.
01:57Emmanuel Macron veut donc trouver des solutions à la racine.
02:00Le chef de l'État rappelle la situation.
02:02Le détroit d'Ormuz est bloqué.
02:04Le pipeline est-ouest en Arabie saoudite, plan B pour exporter le pétrole, a été attaqué par les rebelles outils.
02:09Et des menaces pèsent sur le détroit de Bab-el-Mandeb, autre alternative pour l'acheminement de l'or noir.
02:15Résultat, les prix des hydrocarbures flambent, près de 2,40 euros le litre de gazole.
02:21Alors une seule solution pour le président, la diplomatie, la diversification des approvisionnements.
02:26Je cite.
02:27Face à cela, avant de dépenser beaucoup d'argent, il faut traiter les causes.
02:31Dans l'ordre que je viens de rappeler, nous mobiliser pour obtenir la paix et la réouverture des voies.
02:36Nous mobiliser pour sécuriser les approvisionnements.
02:40Mobilisation enfin européenne pour agir ensemble et faire baisser les prix.
02:44Emmanuel Macron a reçu le roi de Jordanie, le président du Liban, une délégation irakienne, saoudienne.
02:49Il a discuté avec le Qatar, le Niger.
02:51Il va rencontrer le Premier ministre canadien dimanche à Saint-Pierre-et-Miquelon.
02:55Objectif donc, trouver des routes alternatives.
02:58Un projet de pipeline depuis l'Irak et dans les tuyaux.
03:01Et aussi renforcer les partenariats pour réduire la dépendance au pétrole iranien.
03:06Trois priorités, le diesel, le gaz et le kérosène.
03:09Un G7 Énergie se tiendra dans les prochaines semaines pour avancer sur une meilleure coordination au niveau des stocks.
03:15Alors les candidats à la présidentielle étaient réunis autour du président ce matin.
03:19Ils ont partagé le même constat alarmant.
03:22Mais les réponses à apporter sont différentes.
03:24Oui Stéphanie, tous ont pris la parole à l'issue de cette réunion du RNALFI.
03:29Le message du président semble être passé.
03:32La gravité est là.
03:33Edouard Philippe, par exemple candidat Horizon à la présidentielle, explique
03:37« J'ai été frappé personnellement par le ton et les informations communiquées
03:41qui laissent à penser que l'impact de la crise va se faire durablement sentir par les Français.
03:47Par contre, sur les réponses à la crise, les partis ne sont pas alignés.
03:51Côté RN, Jordan Bardella attendait plus de mesures de protection pour les Français
03:56et a redit ses propositions au président.
03:59Nous avons réclamé avec Éric Ciotti une baisse de la TVA,
04:03une annulation des augmentations de taxes.
04:05La question du pouvoir d'achat a été balayée par le gouvernement.
04:09C'est ce qu'a rétorqué Jordan Bardella à l'issue de cette réunion.
04:12Alors le gouvernement travaille sur des prolongements et des nouvelles aides spécifiques.
04:16Mais les marges de manœuvre, on le sait, sont limitées, Nathan.
04:1854 milliards d'euros d'efforts budgétaires pour le budget de 2027
04:23pour ramener le déficit à 5% l'an prochain contre 5,4% attendu cette année.
04:29Roland Lescure l'a redit aujourd'hui.
04:32Il va falloir qu'on fasse tous des efforts.
04:34Difficile donc d'imaginer un quoi qu'il en coûte énergétique
04:37comme après le début de la guerre en Ukraine.
04:39Alors pour trouver de l'argent et compenser la hausse des prix de l'énergie,
04:42plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, ont avancé une idée.
04:45L'instauration d'une taxe européenne sur les super-profits des groupes pétroliers.
04:49Interrogé sur cette initiative, le ministre de l'économie a émis quelques réserves.
04:57Il faut tenir compte des spécificités de chaque pays.
05:00Comme vous le savez, notre mix électrique est plus diversifié.
05:03Nous disposons d'un énergéticien qui nous aide à maintenir les prix bas en France.
05:07Bien sûr, le dialogue est le bienvenu.
05:08Tout comme le fait de comprendre ce qui se passe sur le marché.
05:11Mais nous voulons également nous assurer que nous ne mettons pas en place
05:14des mesures uniformes, applicables à tous,
05:16alors que les situations nationales sont différentes.
05:22Total Énergie plafonne.
05:24En effet, les prix en France sont en dessous de 2 euros le litre pour l'essence,
05:272,25 euros pour le gazole.
05:29Parmi les 10% des stations-services du pays
05:32présentant des problèmes d'approvisionnement aujourd'hui,
05:3490% appartiennent à Total.
05:36Merci Nathan Cocampo.
05:38On est en ligne avec Denis Ferrand.
05:40Bonsoir.
05:42Vous êtes directeur général de Rexécode.
05:45Le taux à 10 ans de la France atteint 4,56% alors qu'il est.
05:50Le spread, donc l'écart de taux à 10 ans de la France et de celui de l'Allemagne,
05:55atteint 100 points de base.
05:56C'est une première depuis 2012.
05:58Est-ce qu'on peut l'interpréter comme étant la réponse des marchés
06:02à toutes les déclarations qu'il y a eu hier concernant l'effort budgétaire
06:06présenté par Sébastien Lecornu ?
06:08Je pense qu'il y a surtout une incompréhension par rapport au message
06:12qui avait pu être passé au tout début de l'été.
06:15Rappelez-vous, un rapport de 4 experts vraiment de très bon niveau,
06:19un rapport qui essaye de faire le point sur la trajectoire des finances publiques,
06:22nous dit que spontanément, si l'économie poursuit son chemin,
06:27on va se retrouver en 2027 avec un niveau de déficit public
06:31qui est rapporté au PIB de l'ordre de 5,9%.
06:34Hier, le message que l'on entend, c'est que ce ne sera pas 5,9%,
06:39mais c'est spontanément, si on ne fait pas d'effort, c'est 6,5%.
06:43Donc cet écart de 0,6 points, ça veut dire quand même un écart
06:49de 18 milliards d'euros à peu près.
06:52de dérive qui est intervenu dans cet espace quand même assez bref
06:56entre le début de l'été et aujourd'hui.
06:58Et donc c'est un peu peut-être cette inquiétude autour de
07:00quelle est la véritable situation, la maîtrise ou pas des comptes publics,
07:06s'il y a une telle versatilité dans les évaluations des niveaux de déficit public.
07:10Je pense que ça peut contribuer à mettre une forme de flou.
07:15De flou, effectivement.
07:16Mais là, un taux à 10 ans à 4,56%, Donny Ferrand,
07:21est-ce que c'est le signe que les investisseurs s'inquiètent ?
07:26Probablement, c'est vrai que cette tension sur le spread qui est intervenue
07:30est quelque chose qui est extrêmement préoccupant.
07:33Et on sait que, pour donner un ordre de grandeur,
07:36chaque fois que l'on se prend 10 points de base de taux d'intérêt,
07:41c'est 2 milliards d'euros de charges d'intérêt en plus
07:45qui interviennent au bout de 5 ans,
07:47au bout du renouvellement de la dette,
07:50quand on ne regarde que la dette de très longue période.
07:53Donc, c'est un phénomène qui devient auto-réalisateur,
07:58parce que dans le passage du 5,9 au 6,5,
08:02d'évaluation de ce que serait le déficit public spontanément en 2027,
08:05si on ne faisait pas de mesure de maîtrise des comptes publics,
08:10il y a eu le passage par la dégradation des anticipations de croissance,
08:13que l'on a vues au cours des derniers jours,
08:17qui a été une révision quand même assez franche,
08:20et également, bien entendu, le changement d'horizon des taux qui est intervenu,
08:25parce que ce n'est pas seulement sur les échéances longues qu'il y a une hausse,
08:29mais c'est aussi sur les échéances hautes,
08:30et la remontée de ce point de vue des taux de la BCE n'est pas là pour aider.
08:35Effectivement, mais alors, le spread qui est atteint aujourd'hui 100 points de base,
08:38à partir de quel seuil il faut s'inquiéter ?
08:42Je ne sais pas s'il y a un seuil particulier qui nous donnera,
08:48si on a l'impression que, oui, ce seuil de 100 points,
08:53bien si on faisait une analyse purement chartiste,
08:56vous savez, le regard sur des grandeurs très classiques,
09:00sur des régularités statistiques,
09:02peut-être que ce seuil peut être très signifiant,
09:07il est préoccupant,
09:08mais surtout, ce que je trouve remarquable,
09:11c'est qu'il faut prendre un petit peu de champ
09:12et regarder les évolutions des fondamentaux,
09:15de ce qui fait que votre déficit public est soutenable ou non,
09:17et quand on regarde la croissance en France relativement aux autres Européens,
09:22eh bien, nous sommes totalement décrochés.
09:24On est vraiment dans le peloton de queue sur la croissance sur le semestre,
09:28que ce soit sur le chômage,
09:30on est l'un des seuls pays de la zone euro à avoir une remontée du chômage,
09:34et puis on est quasiment le seul pays de la zone euro à avoir une progression de la dette.
09:38Si vous prenez l'ensemble des pays de la zone euro,
09:41entre 2015 et 2025, sur 10 ans,
09:43il n'y a eu aucune progression de la dette publique.
09:46Nous, dans la même période, on a fait l'entend.
09:47– Alors justement, Denis,
09:49des taux d'intérêt en hausse, une faible croissance,
09:52est-ce qu'il y a un risque d'effet boule de neige ?
09:55– Alors, on n'est pas encore complètement dans l'effet boule de neige,
09:59parce qu'on a encore des vieilles souches
10:02qui portent des taux d'intérêt extrêmement bas.
10:04La boule de neige, elle met du temps avant de se former,
10:06mais une fois qu'elle est partie, elle roule,
10:07elle roule beaucoup, elle se transforme en une forme d'avalanche.
10:11Pour l'instant, le taux d'intérêt pratiqué sur l'encours
10:15de la dette que l'on a actuellement,
10:18qui porte encore des taux extraits pour les vieilles souches,
10:22son coût est encore pour l'instant inférieur
10:25ou à la lisière du taux de croissance nominale de l'économie.
10:28Il faut bien regarder l'écart entre le taux moyen
10:30porté par la dette et le taux de croissance de l'économie.
10:33Pour l'instant, l'écart est extrêmement faible.
10:36Mais bien entendu, si on ne regardait que les taux pratiqués aujourd'hui,
10:40eh bien, on serait d'ores et déjà dans un effet boule de neige
10:43et qui va petit à petit se manifester, prendre de l'ampleur
10:46s'il n'y a pas de redémarrage de croissance
10:48ou s'il n'y a pas de détente sur les taux.
10:50– Et Denis Ferrand, que pensez-vous des choix budgétaires
10:53présentés hier par Sébastien Lecornu
10:56dans les colonnes du Figaro
10:58avec un effort budgétaire de 54 milliards d'euros ?
11:02Certains parlent de budget d'austérité.
11:07Comment vous le qualifieriez-vous ?
11:10– Alors, il faut rentrer un petit peu dans la tuyauterie,
11:15c'est-à-dire que c'est 54 milliards,
11:20mais dont 45 milliards de mesures nouvelles à trouver
11:22parce que dans la communication du gouvernement,
11:24en fait, il y a 9 milliards qui étaient des mesures de 2026,
11:28mais qui auront leur plein effet sur 2027.
11:31Donc, vous avez tout un ensemble de mesures qui sont à apprécier.
11:35Le point qui m'apparaît assez important à garder présent à l'esprit,
11:39c'est qu'on a parlé jusqu'à présent du budget de l'État.
11:43On n'a pas tellement parlé de la partie dépense sociale,
11:48hormis pour la retraite,
11:49mais dont on ne sait pas bien si ce sera pris sur le budget de l'État,
11:52si c'était à la fin de la mesure de l'abattement de 10%
11:55sur l'impôt sur l'organisme pour les retraités.
11:57– Oui, Sébastien Lecornu a renvoyé ça au débat budgétaire,
12:01qui aura lieu par la suite.
12:03– Il l'a renvoyé au débat budgétaire.
12:05Alors, ce n'est pas seulement de la tuyauterie, si vous voulez,
12:06entre projet de loi de finances et projet de loi de financement
12:09de la sécurité sociale,
12:10mais on voit qu'on envoie un signal qui consiste à dire
12:14que c'est du côté de l'État que l'on va faire les efforts,
12:16et notamment un effort où on fait une stabilité de la dépense en valeur.
12:21C'est un effort qui est massif,
12:23comme on sait qu'il va y avoir une progression des crédits militaires,
12:25avec la loi de programmation militaire,
12:27qui continue d'apporter 6 milliards de hausses de dépense.
12:30En plus, ça veut donc dire qu'il y a un recul dans les autres ministères.
12:33Or, deux choses, on sait que sur beaucoup de ministères,
12:39la corde commence à être quand même sacrément usée,
12:41et je me demande dans quelle mesure on ne peut pas trouver
12:44dans ce qui s'est passé au cœur de l'été,
12:46à savoir les problèmes de hacking qu'a subi l'État,
12:49si on n'a pas une trace qui tient à ce cœur.
12:52On reporte des investissements,
12:54c'est une question que l'on doit se poser.
12:56Et puis deux, on sait que sur longue période,
12:59la dérive, elle s'est faite principalement du côté de la dépense
13:02à destination sociale, du côté des retraites et du côté de la santé,
13:06dont la progression est environ 3,5% par an.
13:10Et là, il n'y a pas tellement d'éléments qui ont été évoqués
13:13pour dire comment on touche les éléments qui sont au cœur de la dérive.
13:18Les oppositions aujourd'hui, face à la crise du carburant,
13:21au prix du gazole qui atteint un nouveau record à 2,39 euros en moyenne,
13:26les oppositions demandent des mesures de soutien
13:28pour faire face à ces prix du carburant.
13:30Quelles sont les marges de manœuvre du gouvernement aujourd'hui ?
13:35Écoutez, je pense que déjà, j'ai l'impression que Total Energy
13:39a porté une aide qui était bienvenue.
13:42Vous l'avez rappelé, là où il y a des pénuries,
13:44c'est dans les stations Total Energy qui ne se retrouvent pas
13:50à la même ampleur dans les autres pays européens.
13:53Donc, ça dit bien aussi que par défaut, le roi est nu.
13:58Il reste les leviers des mesures gros rouleurs
14:01qui ont été, je crois, prorogés jusqu'à la fin du mois d'octobre.
14:06Mais la baisse de la TVA ne sera pas le signal le plus pertinent
14:10au moment aussi où on veut piloter la décarbonation de l'économie,
14:14penser l'électrification.
14:16Donc, c'est toute la conciliation d'objectifs qui sont à nouveau,
14:20on retrouve, fin de la problématique, fin de mois, fin du monde, qui est posée.
14:25Merci beaucoup, Denis Ferrand.
14:26Je rappelle que vous êtes directeur général de RICSECODE.
14:30Restez avec nous dans un instant, le débat.
14:40C'est l'heure du débat dans le 18h éco.
14:43Les entreprises françaises cotées sont généreuses avec leurs actionnaires.
14:47Elles ont versé 61 milliards d'euros de dividendes au deuxième trimestre.
14:51Alors, à l'heure où le gouvernement cherche des sources de financement,
14:55faut-il taxer les dividendes ?
14:57Alex-Anthony Morlaix, la Vidali économiste chez RICSECODE,
15:02est revenu sur ce débat avec Guillaume Duval,
15:05coprésident du club Maison Commune et ancien rédacteur en chef d'Alternatives Économiques.
15:10Ils en ont débattu ce mardi sur BFM Business.
15:13Écoutez.
15:15Me choque, ce n'est pas le terme,
15:18mais je crois qu'il faudrait bien que les Français comprennent
15:21que c'est en fait très mauvais signe.
15:24Ce n'est pas le reflet de la bonne santé des entreprises ?
15:26Ce n'est pas du tout le reflet de la bonne santé des entreprises.
15:29C'est-à-dire que quand une entreprise est obligée de donner
15:32beaucoup de dividendes à ses actionnaires
15:34pour espérer maintenir le cours de son action,
15:38ça veut dire avant tout qu'elle ne sait pas quoi faire de son argent,
15:41elle ne sait pas investir, elle ne sait pas innover
15:44pour développer son business.
15:45Elle est obligée de faire ça pour rester dans la course
15:49sur le plan simplement du niveau de son action.
15:53Donc ça veut dire, je ne sais pas quoi faire de mon argent,
15:55je vous le rends.
15:57Et donc en soi, c'est plutôt le signe
16:01de la grande faiblesse des entreprises françaises.
16:04Anthony Morley, Lavidali, est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
16:06Est-ce qu'une entreprise qui distribue des dividendes,
16:08ça veut dire qu'elle n'investit pas ?
16:10Alors je ne suis pas du tout d'accord.
16:12Pour commencer, il faut quand même bien avoir en tête
16:14que quand on distribue des dividendes,
16:15c'est qu'on génère du résultat.
16:17C'est le premier point.
16:17Il faut se souvenir que pendant la période Covid,
16:19la plupart des entreprises françaises ont fortement diminué leurs dividendes
16:22parce que par définition, il y a beaucoup moins d'activité.
16:24Donc c'est quand même qu'il y a de l'activité.
16:26Par ailleurs, on a quand même une spécificité en France,
16:28c'est qu'on a de très grandes multinationales.
16:29C'est vrai qu'on a les plus grandes au niveau européen
16:31et qui exercent une activité essentiellement à l'international.
16:3580% du chiffre d'affaires des multinationales est fait en dehors de France.
16:38Donc en fait, ça reflète surtout, non pas la croissance française,
16:41mais la croissance mondiale.
16:42Et le dernier point, c'est que moi, je suis très embêté
16:44par le chiffre qui est avancé pour une simple et bonne raison,
16:47c'est qu'il y a une saisonnalité dans les dividendes qui sont distribués.
16:50Et la France distribue essentiellement ses dividendes au deuxième trimestre,
16:54ce qui n'est pas du tout le cas, par exemple, des entreprises américaines
16:56qui les versent chaque trimestre de manière à peu près équivalente.
16:59Et donc quand on reporte les dividendes versés sur une année,
17:02en fait, la France n'est pas du tout en tête.
17:03Les États-Unis sont loin devant, le Royaume-Uni également, le Japon.
17:06Donc il y a vraiment un effet d'optique sur le deuxième trimestre.
17:09Il y a un cas français au deuxième trimestre.
17:10Exactement, c'est de la saisonnalité.
17:11Et donc là, on met le focus, mais il faut vraiment regarder ça sur une année.
17:14Et sur l'année entière, on est complètement dans une forme de moyenne.
17:18Et les entreprises françaises, il faut avoir en tête que le rendement du capital,
17:21il est fixé au niveau mondial.
17:22On ne peut pas vraiment s'éloigner de cette forme de moyenne.
17:25Et donc on répond au rendement, encore une fois, qui est exigé au niveau mondial.
17:28Et de ce point de vue-là, les multinationales françaises sont dans la moyenne.
17:32Guillaume Duval, est-ce que selon vous, il faut taxer les dividendes ?
17:35Oui, enfin moi je suis tout à fait favorable à ce qu'on taxe davantage
17:39à la fois les profits des entreprises et les revenus des individus,
17:43et en particulier les revenus des individus les plus aisés,
17:47ainsi que taxer les patrimoines des individus.
17:51Après, taxer les dividendes tels qu'ils sont exprimés là,
17:54ça n'aurait pas beaucoup de sens,
17:55puisque ce sont des profits mondiaux et des dividendes mondiaux
17:58qui vont, pour la majorité d'entre eux, à des ressortissants étrangers.
18:04Donc ça, ce n'est pas vraiment un débat franco-français.
18:08Ce qu'il y a, c'est qu'il y avait commencé à y avoir un accord international
18:13pour taxer davantage les profits des multinationales
18:16qui ont fait beaucoup d'évasion fiscale,
18:18d'évitement fiscal toutes ces dernières années,
18:21en particulier les multinationales américaines.
18:23Donc au niveau de l'OCDE, on s'était mis d'accord pour avoir un minimum de 15% sur
18:28les profits.
18:29Donc Donald Trump, comme tout le reste, est en train d'essayer de casser tout ça.
18:36J'espère qu'on tiendra le choc au niveau européen,
18:39mais c'est vrai qu'au niveau européen, la situation de l'Irlande,
18:42en particulier sur ce plan-là, reste absolument scandaleuse,
18:45celle du Luxembourg aussi,
18:47et c'est vrai que c'est un des domaines où la France est à la peine
18:52du fait des possibilités d'évasion fiscale qui existent pour les multinationales,
18:56notamment au sein de l'Europe.
18:57Oui, parce que le risque, c'est ça, c'est de voir les investisseurs fuir aussi,
19:01Anthony Morley, la vie d'Alice, si on taxe les dividendes.
19:03Alors complètement, et pourquoi ?
19:04Parce qu'on a déjà des niveaux de prélèvement sur les entreprises,
19:07et sur les ménages également, qui sont extrêmement élevés.
19:10Quand vous regardez la fiscalité qui s'applique sur les entreprises nettes des aides,
19:14où on retranche notamment les subventions à l'investissement
19:17et les subventions à la production,
19:18on est tout en haut des pays européens, très loin notamment devant l'Allemagne.
19:21Donc si on était Allemand ou Américain, on pourrait se poser la question,
19:24quand on est Français et déjà au taquet sur les prélèvements,
19:26il n'y a pas beaucoup de marge de manœuvre.
19:28Et c'est vrai également sur les ménages aisés.
19:30On est déjà sur des niveaux de prélèvement extrêmement élevés.
19:33Donc le risque, c'est que si on va plus loin,
19:34effectivement à la fin ça se traduise malheureusement
19:36par un rétrécissement de l'assiette de la base taxable.
19:40Guillaume Duval, qu'est-ce que vous répondez à cet argument ?
19:43C'est un argument que je connais depuis longtemps, mais qui est faux.
19:47On compare des choux et des carottes, en particulier le coût du travail allemand
19:52reste plus élevé que le coût du travail français.
19:56Simplement c'est la manière de gérer la protection sociale
19:58qui peut être différente d'un pays à l'autre.
20:01Aux États-Unis, les prélèvements sont très inférieurs à ce qu'ils sont chez nous,
20:04mais après c'est les malades eux-mêmes qui payent beaucoup plus cher
20:08leurs assurances privées, etc.
20:11Donc ça c'est une comparaison qui n'a pas beaucoup de sens.
20:15Ce qui reste vrai par contre, c'est ce que je disais tout à l'heure,
20:18c'est-à-dire qu'il y a des possibilités aujourd'hui excessives
20:22d'évitement fiscal, de dumping fiscal à l'intérieur de l'Europe
20:27qui sont pénalisantes pour la France et qui nous empêchent en particulier
20:31de faire ce qu'il faudrait qu'on fasse pour taxer davantage
20:34les multinationales et les profits des grandes entreprises.
20:37Anthony Morley, la Vidali, vous êtes d'accord avec ça ?
20:41L'Europe se met une épine dans le pied avec les législations différentes ?
20:45Alors, est-ce qu'il faut lutter contre l'évasion, l'évitement fiscal ?
20:48Oui. La problématique, c'est qu'encore une fois,
20:51on est très décalé vers le haut sur la fiscalité.
20:53La question qu'on doit se poser, c'est est-ce que nos niveaux de fiscalité
20:57sont l'optimum ou l'optimal ?
20:59Et est-ce que les autres pays ont envie de converger vers nous ?
21:00La réponse, c'est plutôt non.
21:02Donc à la fin, on a l'impression que la France aimerait que tout le monde
21:05soit au même niveau précisément pour éviter la fuite
21:07à la fois du capital et des dividendes,
21:09mais c'est peut-être nous qui sommes beaucoup trop décalés
21:11en quelque sorte par rapport à une moyenne OCDE
21:14et de ce point de vue-là, il faut aussi remettre en question
21:16ce que nous, on estime comme étant aujourd'hui sain.
21:19On est honnêtement sur des niveaux de fiscalité
21:21qui sont déraisonnablement élevés
21:22et on gagnerait à se rapprocher de la moyenne européenne
21:24et au passage, certains pays gagneraient à l'inverse,
21:26notamment l'Irlande ou les Pays-Bas, à revenir.
21:29Mais nous, on est quand même tout en haut,
21:31à un moment donné, il faut le dire.
21:32Non, on n'est pas tout en haut.
21:34D'autre part, toute la politique, en particulier d'Emmanuel Macron,
21:38mais c'était déjà commencé avant lui,
21:40a consisté à baisser significativement les prélèvements sur les entreprises.
21:46Mais le résultat, c'est simple,
21:48c'est qu'on a à la fois creusé le déficit en menant cette politique
21:52et augmenté de manière inconsidérée la dette publique,
21:56ce qui nous amène aujourd'hui au bord d'une crise financière.
21:59Et d'autre part, on a dégradé les services publics,
22:03en particulier les services publics qui sont essentiels
22:05à la compétitivité des entreprises,
22:08à l'innovation comme l'éducation, l'enseignement supérieur,
22:12la recherche, etc.
22:14Donc, on s'est tiré deux balles dans le pied
22:16en faisant ça depuis 15 ans.
22:18Ce n'est pas en allant plus loin et plus fort dans cette direction-là
22:20qu'on s'en sortira.
22:21Anthony Morley, l'avis d'avis ?
22:22On va se retrouver sur un point,
22:24c'est le fait que la politique de l'offre
22:25n'a pas été financée par des baisses de dépenses.
22:27Et ça, c'est terrible.
22:28Là, pour le coup, il est très clair que quand on baisse des prélèvements,
22:31il faut des baisses de dépenses en face,
22:32sinon ça ne fonctionne pas, ça s'autofinance que très rarement.
22:35En revanche, la convergence que l'on a eue
22:37vers la moyenne des pays européens,
22:39elle est pour partie inachevée.
22:40On a baissé le taux d'impôt sur les sociétés,
22:42on est encore très au-dessus de la moyenne européenne.
22:45Sur les impôts de production, on les a baissés,
22:46mais on est encore record man en Europe.
22:48Donc, on a commencé une convergence,
22:50mais on n'est pas du tout dans la moyenne européenne.
22:52Donc, on a itéré sur une première politique de l'offre,
22:55mais en réalité, le chemin reste encore long.
22:57Et il va falloir, à un moment donné, s'attaquer aux dépenses.
22:59Et c'est l'éternel sujet en France.
23:01Voilà pour ce débat entre Anthony Morley,
23:04la Vidali, économiste chez Rexecode,
23:06et Guillaume Duval, co-président du club Maison Commune
23:09et ancien rédacteur en chef d'Alternative Économique.
23:12Dans un instant, restez avec nous sur BFM Business.
23:15On va aller faire un point sur les marchés,
23:17parce que ça se tend sérieusement sur l'obligataire.
23:19Le taux à 10 ans de la France s'installe à 4,56%.
23:22Le spread avec l'Allemagne atteint un record.
23:25On reviendra aussi sur les Russes qui votent à partir d'aujourd'hui
23:28pour renouveler la Douma.
23:31Un scrutin en pleine guerre en Ukraine
23:32que la population ressent de plus en plus.
23:34On fait le point dans un instant.
23:35A tout de suite.
23:37BFM Business présente
23:42Le 18h écho, Stéphanie Collot.
23:44Le 18h écho se poursuit sur BFM Business.
23:47On fait tout de suite un point sur les marchés
23:49avec Antoine Larigauderie.
23:49Bonsoir.
23:50Bonsoir Stéphanie.
23:51Le CAC termine en baisse ce soir ?
23:54Oui, jolie baisse.
23:57Clairement.
23:57Oui, moins 1,49%.
23:58On termine à 8 065 points.
24:01C'est la sixième semaine de baisse consécutive du CAC 40.
24:05En plus, les volumes étaient très élevés
24:06parce que c'était ce qu'on appelle une séance à sorcières.
24:09Des contrats et des options qui tombaient à échéance.
24:11Donc, on a pris des paris.
24:12On a quasiment des volumes de 10 milliards d'euros
24:14d'actions négociées sur le CAC.
24:16La tech s'en est un petit peu mieux tirée.
24:19Plus 0,01% pour l'Euronext Tech Leaders.
24:21Mais du côté des autres places européennes,
24:24moins 1,37% pour l'Eurostock 50,
24:25moins 1,6% pour le DAX à Francfort.
24:28Madrid, moins 1,6% également.
24:30Les valeurs les plus attaquées.
24:31On a eu Orange avec un abaissement de recommandation
24:33qui a perdu 5,8% à 15,03 euros.
24:36Puis, alors, surtout, le secteur automobile.
24:38Moins 5,4% pour Stellantis, 80.
24:41De mémoire, c'est un nouveau plus bas historique.
24:44Renault, moins 5,32 à 27,41.
24:46Dans le sillage du Profit Warning de Volkswagen.
24:50Nouveau Profit Warning à quelques minutes de la clôture.
24:53Volkswagen met en cause la concurrence chinoise,
24:56toujours accrue.
24:58Mais bon, c'est principalement les problèmes structurels
25:00de Volkswagen qui s'annoncent de long terme.
25:02Le titre a perdu 8,6% en clôture à Francfort.
25:06Sur le marché obligataire aussi,
25:08ça se complique sérieusement ?
25:10Oui, parce qu'on s'installe très nettement au-delà des 4,5%.
25:13Maintenant, pour le rendement de l'OAT 10 ans,
25:15on est à 4,57.
25:183,53 pour le 10 ans allemand.
25:20Donc, vous faites les comptes.
25:21On a un spread, un écart de taux
25:22qui désormais atteint les 104 points de base.
25:26C'est un cas de figure relativement rare.
25:28La dernière fois que c'était arrivé,
25:29c'était il y a 14, 15 ans.
25:31Donc, voilà.
25:32C'est principalement la dette française
25:34qui est complètement sous pression.
25:35Enfin, après les déclarations concernant
25:38les perspectives budgétaires
25:39qui, globalement, ne vont strictement de nulle part
25:41de l'avis des analystes financiers
25:44avec toutes les propositions
25:45à tort et à travers des candidats à la présidentielle,
25:49tout ça n'arrange pas la visibilité
25:50ni les possibilités éventuellement d'une dissolution.
25:52Le scénario revient sur le devant de la scène.
25:56Et donc, du coup, les marchés en prennent ombrage
25:58et mettent la pression, toute la pression
26:00sur notre marché obligataire.
26:01Du côté des marchés américains, on évolue dans l'eau rouge ?
26:04Oui, ça se passe un petit peu mieux,
26:05mais enfin, guerre plus.
26:05Moins 0,18% pour le Nasdaq
26:07qui est à 26 371 points,
26:10moins 0,46 pour le Dow Jones.
26:11Le S&P 500, moins 0,26.
26:14Évidemment, là aussi, ce sera une séance à sorcières.
26:16Donc, il va y avoir pas mal d'arbitrages
26:17tout au long de la soirée.
26:19Mais enfin, globalement,
26:20Wall Street continue de plier
26:22sous le poids d'une énergie
26:25qui reste de plus en plus coûteuse.
26:26Le Brent de mer du Nord a beau consolider,
26:28on reste du côté des 104 dollars.
26:3196,65 dollars pour le baril de brut,
26:33léger américain.
26:34a noté aussi cette annonce
26:36de l'Arabie Saoudite
26:37qui a dit ne plus être en mesure
26:39de proposer du pétrole à raffiner
26:41pour les raffineries européennes,
26:42ce qui ajoute de la tension un petit peu partout.
26:45Merci beaucoup, Antoine.
26:46La rigauderie.
26:47Les Russes ont commencé à voter
26:49pour renouveler les 450 sièges
26:51de la Douma,
26:51la chambre basse du Parlement russe.
26:54Ces élections législatives
26:55se tiennent jusqu'à dimanche
26:57et c'est le premier scrutin
26:58depuis le début de la guerre en Ukraine.
27:00Une guerre qui commence à se faire sentir
27:03dans le quotidien de la population,
27:05de l'aveu même de Vladimir Poutine
27:07après avoir été dopé par les dépenses militaires
27:10au début du conflit.
27:11Eh bien, l'économie russe
27:13a beaucoup ralenti, Alexandre Apagé.
27:15Effectivement, Stéphanie,
27:16la défense est toujours
27:17le principal moteur de croissance.
27:19Il pèse plus de 8% du PIB
27:22contre 5% avant le début de la guerre.
27:25Mais elle accapare cette défense.
27:2640% du budget de l'État russe.
27:29Résultat, les secteurs non militaires
27:31sont à la traîne
27:32et le gouvernement table
27:34sur une croissance cette année
27:36assez faible, entre 0 et 1%.
27:38En plus de ça, l'inflation
27:39est de plus en plus forte en Russie.
27:41Elle dépasse les 6% en septembre
27:44et devrait frôler les 7%
27:46d'ici la fin de l'année,
27:48bien loin de son objectif
27:50à 4%, Stéphanie.
27:51En cause notamment les attaques
27:53de drones ukrainiens
27:54qui visent notamment les raffineries.
27:56Oui, le nombre de barils de pétrole
27:58raffinés par la Russie
27:59est passé de presque
28:015,5 millions par jour
28:04en janvier cette année
28:05à seulement 3,8 millions.
28:08Quotidien en août,
28:09les pénuries ont fait exploser
28:11les prix, plus 20%
28:12depuis le début de l'année.
28:14Le baril de pétrole russe
28:16coûte 110 dollars actuellement,
28:18c'est plus que le Brent.
28:19Mais d'un autre côté,
28:21ces prises élevées
28:21permettent à Moscou
28:23de faire rentrer de l'argent
28:24dans les caisses de l'État.
28:26Et depuis juillet,
28:27l'Ukraine vise aussi
28:28des centres logistiques,
28:30notamment ceux de Walbeuiz,
28:31leader russe du e-commerce,
28:33puis ceux de son concurrent
28:34Ozone.
28:35Quel est l'impact de ces frappes ?
28:37On estime que ces attaques
28:38ont déjà coûté
28:3910 milliards de dollars
28:41de dommages
28:41et vont représenter
28:42plus de 12 milliards de dollars
28:44de ventes perdues, Stéphanie.
28:46En tout, Poutine reconnaît
28:48que les dégâts,
28:48en comptant ceux
28:50sur les raffineries,
28:51représentent 1%
28:52du pays russe,
28:53soit environ
28:5425 milliards de dollars.
28:56Et ce n'est pas tout
28:57puisque l'Ukraine
28:57frappe aussi
28:58des terminaux
28:59d'exportation
29:00et des cargos
29:01en mer Noire
29:01et bloque ainsi
29:02les exportations russes
29:04de blé et d'orge.
29:05Alors que le pays
29:06exportait en août 2025
29:085 millions de tonnes
29:10de céréales,
29:11c'est moitié moins
29:12en août de cette année.
29:13Merci Alexandra Pagé.
29:15Et puis on apprend
29:15à l'instant
29:16que la tour de refroidissement
29:18d'un réacteur
29:18de la centrale nucléaire
29:19russe de Kursk
29:20a été touchée
29:21par un drone.
29:22C'est une communication
29:23de l'AIEA,
29:25l'Agence internationale
29:26de l'énergie atomique.
29:28Vladimir Poutine
29:29récupère, lui,
29:31les actifs
29:31de certaines entreprises
29:32encore présentes
29:33en Russie.
29:34C'est le cas
29:35de Nestlé,
29:36d'Auchan
29:36ou encore
29:37de l'ancienne filiale
29:38russe de Leroy Merlin.
29:39Il a signé
29:40hier soir un décret
29:41pour transférer
29:42ses activités
29:42à une entreprise russe,
29:44Lev Management,
29:45des entreprises
29:46qui viennent
29:47de pays
29:48inamicaux
29:49selon le Kremlin,
29:50Hélène Cornet.
29:51Voilà, exactement.
29:52Alors on va commencer
29:53par Nestlé
29:53qui possède
29:54effectivement encore
29:55plusieurs sites
29:56industriels
29:57en Russie,
29:58même s'il est vrai
29:59que depuis la guerre
30:01avec l'Ukraine,
30:02le groupe suisse,
30:03il a quand même
30:04beaucoup réduit
30:05ses activités.
30:07Il n'y investit plus,
30:08pas de publicité,
30:09pas d'importation
30:10ou d'exportation
30:11de produits
30:13non essentiels.
30:14Les analystes
30:15estiment que la Russie,
30:16le marché russe
30:17en tout cas,
30:17ne contribue
30:18qu'à hauteur
30:19d'un peu plus
30:19de 1%
30:20aux ventes
30:21du groupe Nestlé.
30:23L'impact financier
30:24est donc marginal.
30:25En revanche,
30:26c'est vrai que
30:27si on lui retirait
30:28ses actifs,
30:29ce serait des pertes nettes.
30:30Pour Auchan,
30:31c'est assez compliqué.
30:33Le site internet
30:34de la filiale russe
30:35recense
30:36241 magasins
30:37dont 62 hypermarchés
30:39et plus de
30:4032 000 employés
30:42et ce serait
30:43la plus grande
30:43entreprise étrangère
30:45en Russie,
30:46en tout cas selon Forbes.
30:47Contrairement
30:48à d'autres distributeurs,
30:50Auchan n'a jamais
30:50vraiment voulu
30:51quitter la Russie,
30:53mettant en avant
30:54des raisons
30:54plus ou moins
30:55sociales,
30:56sociétales
30:57envers ses salariés
30:58et ses clients.
30:59Un choix vraiment
31:00de la famille Mullier.
31:01Pour ce qui est
31:02de Leroy Merlin,
31:03sa filiale russe
31:04ne lui appartenait
31:05déjà plus.
31:05C'était à Adéo,
31:06le groupe français
31:07qui possède l'enseigne,
31:09l'a vendu lui aussi
31:09fin 2023
31:10à un groupe
31:11basé à Dubaï
31:13et puis dans le lot
31:14également de ses transferts,
31:15on a trois filiales
31:17du groupe français
31:18FM Logistique
31:19dont là aussi
31:20on a finalement
31:21assez peu de détails.
31:22Alors le décret
31:23signé par Vladimir Poutine
31:24indique que ces sociétés
31:25seront désormais
31:26contrôlées par
31:27Leave Management.
31:28Oui alors vraiment
31:28une coquille vide
31:29qui a été fondée
31:31fin 2025
31:32et qui ne compte
31:33qu'un seul salarié,
31:35son dirigeant,
31:36un général
31:36du ministère russe
31:37de l'Intérieur.
31:38C'est vraiment
31:39une mesure de rétorsion
31:40aux sanctions européennes.
31:42Il s'agit d'entreprises
31:43venues de pays
31:43inamico,
31:45explique le Kremlin.
31:46Et donc la Suisse
31:47est donc
31:47un pays considéré
31:48comme neutre
31:49jusqu'à présent
31:50et elle aussi
31:51visée à travers
31:52Nestlé.
31:53Thierry Gauthier,
31:54le directeur général
31:55de GSD Gestion.
31:59La Suisse a perdu un peu
32:00de sa neutralité
32:01en prenant un peu
32:02position sur le conflit
32:04russo-ukrainien.
32:05Même si les rondes
32:08de négociations,
32:09etc.
32:09se passent encore
32:10en Suisse
32:11et qu'il y a un vote
32:11sur la neutralité
32:12qui doit intervenir
32:13la semaine prochaine,
32:14ils ont un petit peu
32:15pris parti
32:15et la Russie,
32:16elle a fait pour Nestlé
32:18comme elle avait fait
32:19pour Danone,
32:20Carlsberg,
32:21c'est-à-dire qu'ils procèdent
32:22à des nationalisations
32:23provisoires
32:24en obligeant
32:28les sociétés
32:29à faire des sessions
32:30forcées
32:31à des acteurs
32:31qui sont locaux.
32:33Voilà,
32:33sessions forcées
32:34et donc contacter
32:36les groupes en question
32:36ne souhaitent
32:37faire aucun commentaire.
32:39Dans leur communiqué,
32:40ils expliquent
32:41qu'ils disent
32:42prendre acte du décret,
32:43ils demandent
32:44des éclaircissements
32:46et ils vont évaluer
32:47la situation.
32:48Mais c'est vrai,
32:49Stéphanie,
32:49que les options de recours
32:50sont quand même
32:51assez minimes.
32:52Ils peuvent déjà
32:53plus ou moins
32:54déprécier leurs actifs
32:55même si ce n'est pas
32:56une nationalisation immédiate
32:57et définitive.
32:59Le coût est rude
33:00pour eux
33:00et notamment même
33:01en termes d'image.
33:02Ils en perdent en tout cas
33:04le contrôle opérationnel.
33:05Merci Hélène Cornet.
33:06On est en ligne
33:07avec Régis Janté.
33:08Bonsoir.
33:09Vous êtes journaliste
33:10et écrivain spécialiste
33:11de la Russie.
33:12Vous venez de l'entendre,
33:13les actifs de Nestlé
33:14de Auchan
33:15et de Leroy Merlin
33:16ont été transférés
33:17à une même société russe
33:19selon un décret
33:19signé par Vladimir Poutine.
33:21Est-ce que finalement
33:22c'est une façon
33:22pour le Kremlin
33:24de durcir encore
33:25un peu plus
33:26son contrôle
33:26de l'économie ?
33:29J'ai l'impression
33:30que la question
33:30est moins économique
33:31que politique
33:32à vrai dire
33:32et que ce dont il s'agit
33:34c'est d'abord
33:35d'envoyer un signal
33:36aux occidentaux.
33:37On voit bien
33:38que depuis plusieurs semaines
33:39il y a une tension
33:41d'un côté
33:42un Kremlin
33:43qui veut décréter
33:45la mobilisation
33:45qui durcit
33:47autant qu'il peut
33:49les conditions
33:50sur le front
33:51qui est aussi
33:53titigue
33:53si j'ose dire
33:54en tout cas
33:55qui essaie de provoquer
33:56l'Occident
33:57dans les pays baltes
33:58etc.
33:59En Allemagne
34:00on a vu cette affaire
34:01du drone
34:01à l'aéroport
34:02de la Psyche
34:02donc il y a un durcissement
34:04pour vraiment
34:05comment dire
34:05mettre la pression
34:06sur les pays occidentaux
34:08sur les opinions
34:09des pays occidentaux
34:10et je pense que
34:11c'est dans ce sens
34:11que c'est là
34:12que ça prend sens
34:13en réalité.
34:14Il y a une dimension
34:15économique interne
34:16mais qui est aussi
34:16assez politique
34:17je crois
34:17c'est que les gens
34:18qui sont à la manœuvre
34:19pour ces sortes
34:20de nationalisations
34:22des entreprises étrangères
34:23sont souvent
34:24les gens du FSB
34:25l'héritier du KGB
34:27qui manœuvrent
34:29assez librement
34:29dans ce secteur
34:30ça ne fait pas forcément
34:31plaisir d'ailleurs
34:32aux autres acteurs
34:34économiques
34:34parce qu'il y a aussi
34:35des entreprises russes
34:36qui parfois sont victimes
34:37de sortes de prédations
34:39et je crois que c'est
34:39une dimension aussi
34:41interne à la Russie
34:41qu'il faut avoir en tête.
34:43Alors les élections
34:44législatives ont commencé
34:46ce matin en Russie
34:47elles vont durer
34:47trois jours jusqu'à dimanche
34:49et ce sont les premières
34:50élections qui se déroulent
34:52depuis le début
34:52de la guerre en Ukraine
34:53est-ce que selon vous
34:54ce scrutin
34:55c'est un référendum
34:56pour ou contre
34:57la guerre en Ukraine ?
34:59Pas véritablement
35:01parce qu'on voit d'ailleurs
35:02qu'il n'y a presque
35:03pas de campagne
35:04on évite de parler
35:05de la guerre
35:06parce qu'on sait
35:06par les sondages d'opinion
35:08je dis on
35:09c'est le pouvoir russe
35:10qu'en réalité
35:11les russes
35:12sont plutôt fatigués
35:13de cette guerre
35:13ils la soutiennent
35:15mais mollement
35:16les sondages disent
35:17qu'autour de 70%
35:18des russes
35:19soutiennent cette guerre
35:20mais il faut voir
35:20les conditions
35:21d'expression
35:22de son opinion
35:24telles qu'elles sont
35:25aujourd'hui
35:25en Russie
35:26donc personne ne peut
35:27vraiment prendre le risque
35:28de dire qu'il est
35:29contre la guerre
35:30ça peut même
35:30coûter des amendes
35:32voire de l'emprisonnement
35:33parfois
35:34donc en tout cas
35:35on a l'impression
35:36que c'est une opinion
35:36qui n'est pas
35:37très engagée
35:39moralement
35:39dans cette guerre
35:40si je puis dire
35:41et donc le Kremlin
35:42essaie plutôt
35:42d'éviter de trop en parler
35:44il n'y a presque pas eu
35:45de campagne
35:46par exemple
35:47il n'y a pas eu de campagne
35:48et néanmoins
35:48les russes
35:49ont-ils davantage conscience
35:51de cette guerre
35:52en Ukraine
35:53eu égard aux frappes
35:54ukrainiennes
35:55qui franchissent
35:57de plus en plus
35:58la frontière russe
35:59et qui viennent
36:00les toucher
36:00dans leur quotidien
36:01on parlait
36:02des raffineries
36:03on parle des centres
36:05de tri
36:05de e-commerce
36:07oui effectivement
36:08et c'est toute l'idée
36:10je crois
36:10de cette nouvelle stratégie
36:12assez nouvelle
36:13de la part
36:14du gouvernement
36:15et de l'armée
36:16ukrainienne
36:17que d'aller faire sentir
36:18la guerre
36:19aux Ukrainiens
36:20en tuant
36:20le moins de civils
36:21possible
36:21il y a eu très très peu
36:22de morts
36:23à vrai dire
36:24mais en tout cas
36:24de leur faire sentir
36:25et très habilement
36:26ils ont d'abord
36:27ciblé les raffineries
36:29comme vous le soulignez
36:30on dit que
36:3015-20%
36:31des capacités
36:32de raffinage
36:33ont été touchées
36:34à certains moments
36:35et ça a un impact
36:36il y a des régions
36:37où on fait la queue
36:38pour aller acheter
36:38son essence
36:39la Russie
36:40pour la première fois
36:40dans son histoire
36:42cet été
36:42a dû acheter
36:43de l'essence
36:44à l'étranger
36:44donc ça c'est quand même
36:45des vraies révolutions
36:47et puis parfois
36:48ça a un impact
36:49sur le prix du litre
36:50et puis d'un autre côté
36:51effectivement
36:51les centres
36:52aux zones
36:53dont vous parliez
36:54parce que la Russie
36:55est très globalisée
36:56les ménages
37:00russes
37:00commandent beaucoup
37:02de manière électronique
37:03sur des plateformes
37:04du type Amazon
37:05mais local
37:07et donc effectivement
37:07l'idée c'est que ça les touche
37:09que ça perturbe
37:09leur vie
37:10et il y a
37:11parce qu'au fond
37:12il y a une sorte
37:12de contrat
37:13moral, social
37:14entre la société
37:15et le pouvoir
37:16c'est
37:16ok vous faites votre guerre
37:17mais on ne veut pas
37:18que ça affecte
37:19affecte notre vie
37:20et là l'Ukraine
37:21essaie d'aller toucher
37:22cette question-là
37:23pour affaiblir
37:24le pouvoir russe
37:24vis-à-vis de son opinion
37:25Pour ce qui est
37:26du scrutin
37:27qui se déroule
37:28jusqu'à dimanche
37:30est-ce qu'il y a
37:31une opposition possible
37:32aujourd'hui en Russie
37:33où tout est muselé ?
37:35Tout est muselé
37:37il n'y a pas
37:37d'opposition possible
37:38cela dit
37:41au moins les spécialistes
37:42devront suivre
37:43quels en sont
37:44les résultats
37:45la participation
37:46si des candidats
37:48qui ne sont pas
37:48ceux exactement
37:49du pouvoir
37:50ou officiellement
37:51ceux du pouvoir
37:52récoltent des voix
37:53ou pas
37:54ce sera des petits
37:55indicateurs
37:56pour voir
37:57effectivement
37:58une forme
37:58de mécontentement
37:59de la part des Russes
38:00mais non
38:01il n'y a pas
38:01d'enjeu
38:02même le parti
38:03Diabloco
38:04qui était
38:05un dernier parti
38:07d'opposition
38:08très faible
38:08mais tout de même
38:09d'opposition
38:10on a empêché
38:10son candidat
38:11de pouvoir
38:12se présenter
38:14Emmanuel Macron
38:15a demandé
38:15ce matin
38:16la préparation
38:17d'un plan
38:17de protection
38:17des infrastructures
38:19critiques françaises
38:20face aux attaques
38:22hybrides russes
38:23qui se multiplient
38:24est-ce qu'il faut
38:25s'attendre
38:25à une multiplication
38:28de ces attaques
38:28sur le territoire
38:29européen
38:30et français
38:31à l'approche
38:32de l'élection présidentielle
38:33selon vous ?
38:35Oui je crois
38:35qu'il faut vraiment
38:36le faire
38:36de toute façon
38:37en termes de sécurité
38:38lorsque un danger existe
38:40même si on n'est pas
38:40convaincu que ça va arriver
38:42on est obligé de faire
38:43comme s'il était
38:44inéluctable
38:45pour s'en protéger
38:46et puis
38:46l'épisode de la psych
38:48en Allemagne
38:49nous montre bien
38:50qu'effectivement
38:51la Russie
38:51pourrait s'y attaquer
38:53on voit aussi
38:54qu'elle va s'attaquer
38:55à l'opinion
38:56si je puis dire
38:56française
38:57en vue de l'élection
38:58c'est extrêmement important
38:59la France
39:00c'est quand même
39:00avec l'Allemagne
39:01le grand pays
39:02leader
39:03si je puis dire
39:04de l'Europe
39:05historiquement
39:05et donc
39:06faire basculer
39:07le pays
39:08du côté
39:08comme c'est possible
39:10du rassemblement national
39:11qui est perçu à Moscou
39:12comme étant
39:13un parti
39:14avec lequel on peut traiter
39:15et qui est même
39:15pro-russe
39:16à certains égards
39:17ce serait évidemment
39:18quelque chose
39:18de très important
39:19pour affaiblir l'Europe
39:20il faut toujours voir
39:21une chose
39:22qui est à mon avis
39:23trop peu soulignée
39:25c'est que
39:25si des leaders
39:26comme monsieur Poutine
39:27et c'est vrai aussi
39:28d'ailleurs de monsieur Trump
39:29aux Etats-Unis
39:30ou d'Elon Musk
39:30l'homme d'affaires
39:31si ces gens-là
39:32passent leur temps
39:32à vouloir détruire l'Europe
39:33c'est bien qu'ils ont peur
39:34de l'Europe
39:35et que ce qu'ils souhaitent
39:36eux pour renforcer leur pays
39:38c'est d'avoir des pays
39:39qui soient faibles
39:39et c'est la raison
39:40de leur soutien
39:42de ceux
39:42des partis
39:43de droite
39:44d'extrême droite
39:45qui se présentent
39:46comme souverainistes
39:47mais si vraiment
39:47Poutine veut avoir
39:49des pays dirigés
39:50par ces partis-là
39:51c'est bien la preuve
39:51que c'est ce qui lui convient
39:52et que c'est de cette façon
39:53que l'Europe sera la plus faible
39:55si elle était divisée
39:56donc je crois
39:57qu'il y a un grand enjeu
39:58la Russie a placé
39:59d'ailleurs
39:59ces dispositifs
40:01autant que je sache
40:02pour pouvoir faire
40:03ce qu'on appelle
40:04une guerre hybride
40:04c'est-à-dire s'attaquer
40:05à travers notamment
40:06l'information
40:07à nos opinions
40:08pour pouvoir affaiblir
40:09les partis anti-russes
40:10disons en France
40:12par exemple
40:12ça a été disposé
40:13sur notre territoire
40:14probablement il y a
40:15au moins un an
40:16donc effectivement
40:17je crois qu'on verra
40:18ce genre d'attaques
40:19qui peuvent avoir
40:20un grand impact
40:21sur l'opinion
40:22puisque ça permettra
40:23ensuite de travailler
40:24en disant
40:24vous voyez
40:24il faut arrêter la guerre
40:26il faut arrêter
40:27de soutenir l'Ukraine
40:28pour que nous
40:28ne soyons pas touchés
40:29sur le territoire français
40:30Merci beaucoup Régis Janté
40:32je rappelle que vous êtes
40:33journaliste
40:34et écrivain
40:35spécialiste de la Russie
40:36dans un instant
40:37on va revenir
40:37sur la situation
40:38en Iran
40:39où la crise économique
40:40s'aggrave
40:40les prix ne cessent de monter
40:41au moins 40%
40:43de la population iranienne
40:44se trouve désormais
40:45sous le seuil
40:46de pauvreté absolue
40:47selon plusieurs estimations
40:49dans le même temps
40:49le régime organise
40:50des manifestations
40:51de soutien
40:52et poursuit la répression
40:54on fait le point
40:54dans un instant
40:55à tout de suite
41:04On poursuit le 18h écho
41:06à l'international
41:07en Iran
41:07il y a eu une manifestation
41:08aujourd'hui organisée
41:09par les autorités
41:10à Téhéran
41:11des centaines de milliers
41:12d'Iraniens
41:12ont affiché leur soutien
41:14au régime
41:15mais plus de 6 mois
41:15après le début de la guerre
41:17l'économie est à bout de souffle
41:18les prix augmentent
41:19constamment
41:20des salaires
41:21des pensions
41:22ne sont plus versés
41:22pendant des semaines
41:24le taux de chômage
41:25monte
41:26on fait le point
41:26avec Avshin Alavi
41:29bonsoir
41:29bonsoir
41:30vous êtes membre
41:30de la commission
41:31des affaires étrangères
41:32du conseil national
41:33de la résistance iranienne
41:36la société iranienne
41:37est prise en étau
41:38entre une répression
41:39étatique extrême
41:41et l'impact
41:42de la guerre
41:42avec les Etats-Unis
41:44et Israël
41:45c'est la conclusion
41:46de la mission internationale
41:48indépendante
41:48d'établissement des faits
41:49sur l'Iran
41:50de l'ONU
41:52est-ce que la crise
41:53s'est aggravée
41:54ces dernières semaines ?
41:56absolument
41:56la crise s'aggrave
41:58de jour en jour
41:59d'autant plus que
42:00déjà avant la guerre
42:02la situation économique
42:04et sociale
42:04était désastreuse
42:05la croissance
42:07était presque
42:08à zéro
42:09et il y avait
42:1050% d'inflation
42:11aujourd'hui
42:12cette inflation
42:13est à 70%
42:14et certains experts
42:15du régime
42:16parlent même
42:16de 90%
42:1788%
42:18c'est incroyable
42:19et aujourd'hui
42:21il y a une pénurie
42:22au niveau
42:22de la capacité
42:25de pouvoir
42:27avoir accès
42:28aux nourritures
42:29en raison
42:30de la vie chère
42:31parfois
42:31certains prix
42:33de première nécessité
42:35pour les familles
42:36a augmenté
42:37de 130%
42:38donc
42:38il y a des gens
42:40qui sont
42:40pratiquement
42:41dans une situation
42:43qu'on peut dire
42:45qui sont
42:47extrêmement précaires
42:48et parfois
42:49affamés
42:50et ça
42:51ça touche
42:51de plus en plus
42:52la population
42:53la guerre
42:54a quand même
42:56entraîné
42:57près de
42:58toucher
42:59affecter
43:00près de 2 millions
43:00de personnes
43:01qui ont soit
43:02perdu leur travail
43:03soit ils subissent
43:05les conséquences
43:05de la guerre
43:06et cela s'ajoute
43:08à 10 à 12 millions
43:09de jeunes
43:10qui pratiquement
43:11sont au chômage
43:12qui voilà
43:12donc sans avenir
43:13ces dernières semaines
43:15le guide suprême
43:16Mojtaba Ramenei
43:17a appelé
43:17les membres
43:18du régime
43:19à l'unité
43:20est-ce que ça veut dire
43:21aussi
43:22qu'il y a
43:23des soupçons
43:24de division
43:26au sein du pouvoir
43:27c'est un régime
43:29extrêmement affaibli
43:30d'autant plus
43:30qu'il a perdu
43:31son guide suprême
43:31et le nouveau
43:32guide suprême
43:33n'a pas le même aura
43:34auprès de ses propres troupes
43:37et puis de l'autre côté
43:38la situation
43:39était
43:41extrêmement fragilisée
43:42cette situation
43:45disons
43:45crée
43:46des problèmes
43:47de dissension
43:48au sein du système
43:50mais
43:50de là à dire
43:51que le système
43:52va
43:53comment dirais-je
43:54se casser
43:55de lui-même
43:56c'est faux
43:57certains analystes
43:58vont même dire
43:59que voilà
43:59bon c'est plus
44:00le régime des mots là
44:01ça aussi je pense
44:02que c'est faux
44:03mais alors sur quoi
44:04reposent les divisions
44:04justement au sein
44:05de ce régime
44:06alors la division
44:07ce sont des divisions
44:08de partage
44:11de pouvoir
44:11donc bien entendu
44:12il y a
44:13un groupe
44:15qui gère
44:15aujourd'hui
44:16les affaires
44:17et qui
44:19a besoin
44:20à la fois
44:21d'améliorer
44:23la situation économique
44:24mais d'un autre côté
44:25ils sont très dépendants
44:27d'un guide suprême
44:27qui sait très bien
44:29que s'il va
44:30vers un apaisement
44:32de la situation
44:32il va vers
44:34la fin du régime
44:35c'est pour ça que
44:36le véritable problème
44:38de cette crise
44:40c'est le régime
44:41lui-même
44:42parce que
44:42c'est un régime
44:43qui a toujours
44:44vécu et survécu
44:45dans la crise
44:45et aujourd'hui
44:46il n'a pas intérêt
44:47à signer une paix
44:50à le tenir
44:51et tout accord
44:52avec ce régime
44:53ne sera certainement
44:54pas durable
44:55et c'est pour ça
44:56qu'on peut dire
44:58que tant que ce régime
44:59est en place
45:00il n'y aura pas
45:01d'apaisement
45:02et il n'y aura pas
45:03de paix durable
45:04dans la région
45:05il y a eu un soulèvement
45:07au tout début
45:08de l'année
45:09qui a été réprimé
45:10dans le sang
45:10est-ce que vous considérez
45:12qu'un nouveau
45:14soulèvement
45:14est possible
45:15aujourd'hui
45:16eu égard
45:16à la crise sociale
45:19dans la société iranienne ?
45:22Vous savez
45:22c'était
45:23le cinquième
45:24ou sixième
45:25grand soulèvement
45:25depuis 2017
45:27qui a eu lieu
45:28en Iran
45:30le régime
45:31le régime
45:32a réprimé
45:32le soulèvement
45:33mais réprimer
45:34un soulèvement
45:35ne veut pas dire
45:36qu'on a réglé
45:37les causes
45:38qui ont provoqué
45:38ce soulèvement
45:39et aujourd'hui
45:40tous les ingrédients
45:42d'un nouveau soulèvement
45:43sont là
45:44et même
45:45la situation
45:46a empiré
45:47la situation
45:48que je viens
45:49d'évoquer
45:49sur la population
45:52c'est
45:53cette population
45:54tient le régime
45:56comme responsable
45:57de tous ces malheurs
45:58ils sont très conscients
45:59de cela
45:59par conséquent
46:02le fait que
46:04le fait qu'ils sont
46:05en tenaille
46:06précisément
46:06comme l'ONU
46:07vient de le dire
46:07entre la situation
46:09de mi-guerre
46:10mi-paix
46:11et puis
46:12la situation économique
46:13fait qu'ils
46:14ne peuvent pas
46:15descendre dans la rue
46:16et le régime
46:16profite de la situation
46:18de la guerre
46:18pour faire étouffer
46:19notamment pour justifier
46:21les exécutions
46:22en disant
46:22que nous sommes en guerre
46:23qui continuent
46:24et surtout
46:25le nombre
46:26des exécutions
46:27politiques
46:27c'est-à-dire
46:28des opposants
46:28des militants
46:30de la résistance
46:31des membres
46:32des unités
46:32de résistance
46:33des mojaïdines
46:34du peuple
46:34ou des gens
46:35qui ont
46:35tout simplement
46:36des jeunes
46:36qui ont participé
46:37aux manifestations
46:38a considérablement
46:40augmenté
46:41et ceci
46:42c'est un signe
46:43que ce régime
46:44craint plus
46:44sa propre population
46:46et que
46:47la guerre
46:48et les bombardements
46:49pour
46:50disons
46:51pour changer
46:52la situation
46:54nous avons vu
46:55que
46:56la complaisance
46:57et les négociations
46:57avec ce régime
46:58n'ont rien donné
46:59nous avons vu
46:59aussi que
47:00la guerre
47:01a empiré la chose
47:02et ça n'a pas
47:04abouti
47:04aujourd'hui
47:05il y a
47:06une sorte
47:08d'embargo
47:09et de blocus
47:11contre le régime
47:13et il y a
47:13des sanctions
47:14secondaires
47:15en plus
47:15imposées par
47:16les Etats-Unis
47:16qui sont encore
47:17plus
47:19difficiles
47:21pour le régime
47:22nous avons
47:23au conseil national
47:24de la résistance
47:25on a toujours demandé
47:26que
47:26l'achat du pétrole
47:28et du gaz
47:30du régime
47:30soit boycotté
47:31il faut bien
47:32prendre précaution
47:33que la population
47:35n'endure pas
47:35mais pourquoi
47:36le pétrole
47:37tout simplement
47:37parce que
47:38c'est la ressource
47:39principale
47:40des gardiens
47:40de la révolution
47:4151%
47:42des bénéfices
47:43du pétrole
47:44vont dans la poche
47:45directement
47:45des gardiens
47:46de la révolution
47:46par conséquent
47:47il est très important
47:49de comprendre
47:51qu'aujourd'hui
47:52cette population
47:55attend son heure
47:56pour réagir
47:59et le régime
48:00voudrait retarder
48:01cette insurrection
48:02et ce mouvement
48:03de soulèvement
48:04et pour qu'un soulèvement
48:06aboutisse
48:07il faut une force
48:08organisée
48:09à l'échelle nationale
48:09sans aucun doute
48:11la bonne nouvelle
48:12c'est que cette force
48:13existe
48:13ces gens que
48:15le régime exécute
48:16font partie
48:17justement
48:17de cette résistance
48:18et il y a un rôle
48:19central aussi
48:20des femmes
48:20qui jouent un rôle
48:21central dans la résistance
48:22en Iran
48:23et la deuxième
48:24bonne nouvelle
48:25c'est que
48:26cette résistance
48:27est dirigée
48:29par des femmes
48:29et ces femmes
48:31jouent un rôle
48:32essentiel
48:32qui ne se limite pas
48:33à revendiquer
48:34leurs propres droits
48:36mais de vouloir
48:37le changement
48:38du régime
48:38parce qu'elles ont
48:39compris
48:39qu'aujourd'hui
48:41le mot d'ordre
48:42qui est très diffusé
48:43à l'intérieur de l'Iran
48:44c'est
48:44femmes
48:45résistance
48:45liberté
48:46parce que
48:46tout le monde
48:47a compris
48:47que pour arriver
48:48à des droits
48:51à des libertés
48:52il faut résister
48:52et justement
48:54la résistance
48:54en interne
48:55de la société
48:56iranienne
48:57comment elle s'organise
48:58internet fonctionne
49:00aujourd'hui
49:01après des jours
49:02et des semaines
49:03de coupure
49:04mais aujourd'hui
49:05c'est contrôlé
49:06encore internet
49:06oui
49:07c'est très contrôlé
49:08bon
49:09beaucoup d'Iraniens
49:10utilisent
49:11le DVPN
49:13les détours
49:14et puis
49:14ces réseaux
49:15dont je parle
49:17les unités de résistance
49:19qui existent
49:19depuis 2017
49:20qui se sont développées
49:21dans l'ensemble du pays
49:22des milliers
49:23et des milliers
49:23d'unités de résistance
49:24à travers le pays
49:25qui chaque jour
49:27organise des actions
49:28rien que le 16 septembre
49:30à l'occasion
49:31de l'anniversaire
49:32du soulèvement
49:33de 2022
49:34il y a eu 40 opérations
49:35dans l'ensemble
49:36de l'Iran
49:36ça c'est très important
49:37parce qu'on sait
49:38que si un seul
49:40de ces gens
49:40se fait arrêter
49:41il risque
49:43la mort
49:44par conséquent
49:45ces unités de résistance
49:47qui ont été mis
49:47sur pied
49:48par l'OMPI
49:49l'organisation
49:49des modèles
49:50du peuple d'Iran
49:50qui est l'organisation
49:52axiale
49:52de la résistance
49:53mais il n'y a pas que
49:54c'est-à-dire que
49:55tous les différents
49:57groupes ethniques
49:58de l'Iran
49:59aujourd'hui
49:59se sont organisés
50:00et souhaitent
50:02précisément
50:02ce changement
50:03et comment expliquer
50:04que le régime
50:04perdure après
50:05six mois de guerre
50:06contre les Etats-Unis
50:07et Israël ?
50:08précisément parce que
50:09ce régime
50:10a appris
50:11à utiliser
50:12les conflits extérieurs
50:14pour survivre
50:16c'est un prétexte
50:20qu'il utilise
50:21et c'est la raison
50:21pour laquelle
50:22il ne veut pas
50:22il a signé
50:23une paix
50:24en mois de juin
50:25un cessez-le-feu
50:26au mois de juin
50:27mais cela
50:28aujourd'hui
50:29n'est pas appliqué
50:29et depuis juillet
50:31il y a
50:31tout l'embargo
50:32et tous les conflits
50:34qu'on est en train
50:35d'assister
50:36aujourd'hui même
50:36ils ont attaqué
50:37un navire
50:38de la part du côté
50:40exactement
50:40pourquoi ?
50:42tout simplement
50:42parce qu'ils savent
50:44très bien
50:45que si la situation
50:47est apaisée
50:48ils doivent répondre
50:49à une société
50:50en colère
50:51et ils sont incapables
50:54de répondre
50:54à ces revendications
50:55par conséquent
50:56ils voudraient
50:57retarder
50:58cette insurrection
50:58qui à leurs yeux
51:00pourrait leur être fatale
51:01et donc
51:02aujourd'hui
51:03c'est ça
51:04le calcul
51:04principal
51:05que le régime fait
51:06dans toutes ces négociations
51:08donc son souci
51:09ce n'est pas l'extérieur
51:10c'est l'intérieur
51:11et par conséquent
51:13aujourd'hui
51:14ce qui est important
51:15par exemple
51:16nous avons
51:17entendu
51:18des différentes mesures
51:19qui sont prises
51:19par les différents états
51:20aujourd'hui
51:21on a entendu
51:21le président Macron
51:23par exemple
51:23et je pense que
51:25si on ne touche pas
51:27à la question
51:28de la racine
51:30c'est-à-dire
51:31que l'existence
51:32de cette crise
51:32qui va durer
51:33qui va durer
51:34de toute façon
51:35j'espère qu'il ne durera pas
51:36mais il va
51:37malheureusement
51:37tous les ingrédients
51:38montrent qu'il va durer
51:39c'est que
51:40il faut
51:42toucher à la racine
51:43la racine
51:44c'est le régime
51:44des mollahs
51:45c'est cette existence-là
51:46et cette existence
51:47ne pourrait pas être
51:50effacée
51:52de l'équation
51:53sauf par le peuple iranien
51:55et sa résistance
51:55il faudrait que
51:56les états
51:57et les puissances
51:59changent
51:59totalement
52:00de regard
52:01et au lieu
52:03de chercher
52:03ça ne viendra
52:05que par le peuple
52:06que par un soulèvement
52:06des différentes méthodes
52:08qui ont échoué
52:08de regarder vers le peuple
52:10merci beaucoup
52:11Avshin Alavi
52:12je rappelle que vous êtes
52:13membre de la commission
52:14des affaires étrangères
52:15du conseil national
52:16de la résistance
52:18iranienne
52:18dans un instant
52:20sur BFM Business
52:21c'est de quoi je me maile
52:22avec François Sorel
52:24je vous souhaite
52:24une très bonne soirée
52:25un très bon week-end
52:26sur BFM Business
52:28le 18h écho
52:30sur BFM Business
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