00:00Le pouvoir d'achat, justement, c'est un sujet qui tient particulièrement à cœur à notre prochain invité
00:05qui va faire son entrée sur le plateau. Entrez donc Pierre Gattaz.
00:09Pierre Gattaz, c'est un qui va prendre la place de Nathalie Arthaud.
00:14Nathalie Arthaud qui accepte de donner sa place à Pierre Gattaz.
00:20Bonsoir Pierre Gattaz, ancien patron du MEDEF, entrepreneur, auteur du livre « Gagner plus ».
00:24C'est maintenant 30 mesures concrètes pour améliorer le pouvoir d'achat.
00:29On voulait vous entendre d'abord sur les mots très graves d'Emmanuel Macron ce soir sur la dégradation de
00:35la situation géopolitique
00:36et plus spécifiquement sur la menace russe. On écoute le Président.
00:41La menace hybride russe à l'égard des Européens et de la France s'est intensifiée.
00:47La nature de l'agressivité russe et de ces menaces en Europe change.
00:51Demander au gouvernement de préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques
00:56ainsi que des sites les plus sensibles de notre base industrielle et technologique de défense
01:01contre les attaques de drones et les attaques cyber.
01:04Le jour où on sera attaqué physiquement, on ne nous préviendra pas.
01:07Je préfère vous le dire, ça ne marchera pas comme ça.
01:09Ce qui s'est passé en Allemagne à Leipzig, ça ne restera pas sans réponse.
01:12Je pense que ce serait une erreur de la part de la Russie de continuer d'agir à l'égard
01:17des Européens de cette manière.
01:18Nul n'est à d'abri. Donc face à cela, on agit.
01:23L'intensification de la menace russe, la guerre en Ukraine, la crise au Moyen-Orient.
01:27Est-ce que vous, Pierre Gattaz, en tant que patron, vous êtes inquiet ?
01:31Alors je suis inquiet mais vigilant et je ne veux surtout pas tomber dans la peur.
01:36Il ne faut surtout pas qu'on ait peur. La peur c'est comme la colère, extrêmement mauvaise conseillère.
01:40Par contre, il faut regarder les menaces en face.
01:42Elles existent. Cybersécurité, les drones, tout ce qu'on voit, qui sont des menaces pour l'État français mais qui
01:49pour nos entreprises et parfois pour nos ménages.
01:51Donc oui, on est dans un monde très difficile aujourd'hui mais moi je transformerais ça en opportunité.
01:57Chaque menace, vous savez, c'est le mot crise en chinois, c'est danger-opportunité.
02:02Opportunité de faire quoi ?
02:03Eh bien de remonter une filière d'innovation technologique, de services, de logiciels où on est très fort en France
02:09en plus pour redévelopper des OTI, des PME, des startups
02:12autour de la sécurité tout en prenant des mesures court terme, bien évidemment, pour se protéger.
02:17Mais vous voyez, ce sont des choses qui sont des menaces comme Poutine, la guerre.
02:22Eh bien ce sont des opportunités formidables pour reconstituer une filière de défense.
02:26Justement, M. Gattaz, en matière de défense, on se paye souvent de mots, il faut le dire.
02:30Emmanuel Macron, bien sûr, parle de rehausser notre posture, d'être vigilant sur nos infrastructures compte tenu de la menace.
02:37Qu'est-ce que ça impliquerait de passer en économie de guerre pour vous ?
02:41Alors, si vous voulez, ce n'est pas vraiment une économie de guerre.
02:44Moi, je suis plutôt sur un New Deal, figurez-vous, à la façon Roosevelt.
02:48Souvenez-vous, c'était en 1933, il avait dit les trois R.
02:53Recovery, Relief et Reforms.
02:55Et en fait, on est exactement à ce moment-là au niveau de la France.
02:57C'est-à-dire, il faut donner du pouvoir d'achat aux gens, c'est fondamental.
03:00Et surtout, leur donner de l'espoir que l'assistance sociale remarchera.
03:03Il faut que les gens pensent qu'ils ne vont pas rester au SMIC toute leur vie.
03:06Pour moi, c'est essentiel.
03:08Sinon, vous avez gardé des gens extrêmement frustrés et c'est normal.
03:11Deuxième chose, c'est les réformes.
03:12Il faut faire des réformes.
03:13On sait que la sphère publique est très, très mal gérée.
03:16Borloo en parle souvent, enfin, tout le monde en parle.
03:19Et il faut gérer cette sphère publique.
03:21Il faut faire des économies.
03:22Il y a plein d'idées.
03:22J'en ai développé beaucoup dans mon livre « Gagner plus ».
03:25Et puis, tout ce qui est « recovery ».
03:27Recovery, c'est la croissance.
03:28Ça, c'est absolument fondamental.
03:30Parce que même si vous faites des économies et que vous n'avez pas de croissance,
03:33ça ne marchera pas.
03:34Donc, moi, je ne dirais pas, ce n'est pas une économie de guerre.
03:35C'est une économie où on transforme les menaces, aujourd'hui, la planète, l'eau, la santé, le militaire,
03:42les attaques, la cybersécurité, l'IA.
03:45C'est des menaces.
03:46Mais vous transformez ça en disant qu'on ne va pas subir.
03:48On va construire avec l'innovation, la recherche, les ingénieurs qu'on a, les talents qu'on a,
03:53les formations professionnelles, les métiers manuels.
03:55Sauf que tout ça, ça va prendre du temps.
03:57C'est quelque chose qui se construit sur le long terme.
03:59Qu'est-ce que vous, quelle est la menace qui pèse sur vous en tant qu'entrepreneur ?
04:03La menace russe, par exemple, comment pourrait-elle se concrétiser pour vous actuellement ?
04:06Je voudrais juste dire que je pense que la France, tout le monde est angoissé.
04:11C'est une crise.
04:12Elle peut se redresser très, très vite.
04:13Moi, je voudrais donner un signal d'espoir aux Français et aux auditeurs.
04:18Si on prend les mesures de confiance, vous voyez, ça c'est le problème numéro un.
04:22C'est qu'il y a des parties qui veulent nous taxer toute la journée.
04:25Donc les entrepreneurs sont vraiment la tête dans le sac.
04:29On va encore nous taxer, nous spoiler, etc.
04:30C'est très, très mauvais.
04:32Donc il faut faire en sorte qu'on projette une vision positive à travers ces filières
04:36qui ne vont pas mettre 50 ans à se développer.
04:38C'est en quelques années que ça peut se développer.
04:41Et à court terme, il faut faire des quick wins.
04:43Alors les quick wins, c'est ce qu'on fait dans nos entreprises.
04:44C'est-à-dire quand on veut, on a des problèmes de...
04:47Moi, je l'ai fait à Radial récemment pour compenser les salariés avec des faibles revenus
04:52par rapport au prix de l'essence.
04:54Ce sont des éléments quick wins, des solutions rapides
04:57qui peuvent être de dire, sur l'essence, moi je suis tout à fait d'accord,
05:01je pense qu'il faut surveiller, écouter.
05:04Parce que ces gens qui ont besoin de leur voiture, qui n'y arrivent plus,
05:07il faut les aider.
05:08Alors justement, quel type d'aide ?
05:10Est-ce que vous êtes d'accord avec la logique du gouvernement
05:12qui est de dire, nous on fait des aides temporaires et ciblées,
05:15il n'y aura pas d'aide généralisée, pas de baisse de la TVA,
05:17pas de plafonnement des prix ?
05:18Alors moi, je pense que c'est un bon début,
05:20c'est-à-dire de regarder les pêcheurs, les professions libérales,
05:23les infirmières libérales qui se déplacent, etc.
05:25Ça, ce sont des professions qui souffrent beaucoup.
05:27Et ça, je pense qu'il faut les écouter.
05:28Après, si vous voulez, c'est vrai que j'ai regardé
05:31combien coûterait une baisse de 20 centimes de taxes sur l'essence,
05:34qui permettrait sur un plein de gagner 10 euros,
05:37ce qui est énorme.
05:37Bon, eh bien, ça coûterait 2 milliards par trimestre,
05:40c'est-à-dire 8 à 10 milliards par an.
05:42On ne les a pas.
05:43Comment on fait 8 à 10 milliards par an ?
05:45Soit on fait des économies très vite,
05:46et il y a plein d'économies à faire.
05:48Il y en a plein, les bouquins actuellement,
05:50qui sortent partout.
05:51Le mien, avec mes amis, on a fait ce bouquin
05:54« Gagner plus », j'ai 30 types de réformes, des solutions.
05:57Dont certaines qui ne seraient pas très populaires.
05:59Travailler beaucoup plus longtemps,
06:00travailler jusqu'à 67 ans.
06:02Alors, excusez-moi, mais il y en a une,
06:03si vous voulez, que je teste souvent,
06:04c'est le 39 heures payées 40,
06:07qui permettrait aux gens,
06:08parce qu'aujourd'hui, les gens prennent,
06:09ils travaillent 39 heures,
06:10mais ils ont 20 RTT par année.
06:13Ils voulaient gagner un peu plus d'argent, les gars,
06:15et en ursup.
06:16Et la monétisation des RTT,
06:17c'est la monétisation populaire.
06:18Oui, mais ça, la monétisation des RTT,
06:19qui est souvent compliquée dans les TPE-PME,
06:21très souvent.
06:22Alors qu'il faut simplifier tout ça,
06:24il faut dire, mais au lieu d'avoir 22 jours de RTT,
06:26vous travaillez.
06:27Mais sur le carburant, M. Gattas,
06:29quand vous étiez à la tête, pardonnez.
06:30J'avais une petite idée sur le carburant,
06:31qui est une idée qui serait...
06:34On a 180 milliards,
06:35l'État a 180 milliards de participations
06:37dans les entreprises.
06:39Dans Orange, dans Renault,
06:41dans Aéroports de Paris,
06:42dans Veolia, dans Engie.
06:44Et je me dis...
06:45Et ce sont des participations
06:46qui pourraient se vendre rapidement.
06:47Alors ce sont les bijoux de famille.
06:48Mais c'est one shot, ça.
06:49Mais c'est one shot, c'est du cash.
06:51Mais si vous voulez, par rapport à une crise
06:52qui peut monter,
06:53qui peut monter en conflit social dur,
06:57avec tous les embarcements qu'on a,
06:59Poutine, les attaques de cyber,
07:01la campagne, la norvisité de la campagne.
07:03Mais vous dites, on ne va pas rajouter ça.
07:04Et je me dis, tiens, ultimément,
07:06est-ce que pour des choses ponctuelles,
07:08c'est one shot ?
07:09Il ne faudrait pas ?
07:10Il y a 10 milliards,
07:11on vend 10 milliards de participations.
07:12C'est de l'argent qui...
07:14Ce sont des dividendes aussi pour l'État.
07:16C'est-à-dire que c'est de l'argent
07:17qui revient aussi à l'État
07:19grâce à ces entreprises publiques.
07:20Je suis d'accord.
07:20Parce que, Pierre Gattas,
07:22c'est formidable d'avoir un projet
07:23et il en faut un
07:24sur l'industrie du futur,
07:26le monde de demain.
07:27Mais c'est fondamental.
07:29C'est simplement ce qu'on oublie
07:31un tout petit peu
07:31dans ce qu'on est en train de se dire
07:32autour de la table,
07:33c'est que le 1er janvier 2019,
07:35avant d'avoir gagné 1 euro
07:36ou dépensé 1 euro,
07:37on aura déjà 100 milliards.
07:3829.
07:392029.
07:402029, c'est pas ce que j'ai dit ?
07:41Non, 2019.
07:42Ah oui, c'est ça.
07:44Non mais 2029,
07:45on aura 100 milliards
07:45le 1er janvier
07:47d'intérêts,
07:47de la dette à rembourser.
07:48Et ça, c'est de l'argent perdu
07:50et qu'il faudra payer.
07:51Et ça tue toutes les innovations.
07:53Mais c'est fondamental ce que vous dites là.
07:53C'est pour ça, si vous voulez,
07:54que je pense que la gestion
07:55d'une crise dans une entreprise,
07:56comment vous faites ?
07:58Vous motivez tous ceux
07:59qui vont pouvoir récupérer
08:00du chiffre d'affaires.
08:01Les vendeurs, les commerçants, etc.
08:03Ceux-là, vous ne les fouettez pas,
08:04vous ne les martyrisz pas.
08:05Nous, en France,
08:06il y a certains partis
08:07qui veulent nous faire disparaître.
08:08Bon, déjà, ça ne marche pas comme ça.
08:09Donc, confiance.
08:10Vous parlez d'Alerti, notamment.
08:12Notamment.
08:13Deuxième chose, si vous voulez,
08:14on fait des économies.
08:15C'est-à-dire, une crise,
08:16c'est de continuer de motiver
08:17ceux qui peuvent faire
08:18des chiffres d'affaires
08:18et, deuxièmement,
08:19surtout de faire des économies.
08:20Les économies, vous le savez tous,
08:21il y a 130 milliards
08:22à récupérer au minimum.
08:23Peut-être 200 milliards.
08:24Où est-ce qu'on les trouve ?
08:25Vous ne remplacez pas
08:26un fonctionnaire sur deux.
08:28Vous réduisez le millefeuille territorial.
08:29Vous enlevez la moitié
08:30des agences de l'État.
08:32Ça fait 50 ans qu'on le dit.
08:33Non, mais attendez.
08:34Oui, mais attendez,
08:35il faut du courage.
08:35C'est 50 ans qu'on a des déficits.
08:36Moi, je suis désolé.
08:37Les Canadiens l'ont fait
08:38en 1995,
08:38les Allemands l'ont fait.
08:41On va les détailler.
08:43Tout a été fait dans le monde.
08:48On a 5 000 euros par seconde
08:50de dette qui augmente.
08:51C'est dingue.
08:52Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
08:53On fait un new deal.
08:54On propose à tous les Français
08:55de dire, écoutez,
08:56on va faire de la croissance.
08:57On motive tout le monde.
08:57Mais par contre,
08:58on va faire des économies
08:59et quelques efforts rémunérés.
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