Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Le détroit d’Ormuz s’embrase. Bab-el-Mandeb se ferme. Le pétrole flambe. L’Europe tremble. La France est en première ligne de la crise.
Alors que Donald Trump est contraint de gesticuler après que la guerre contre l’Iran est devenue hors de contrôle, le marché du pétrole explose. Tankers en feu, pipelines qui s’effondrent, effet domino jusqu’à l’Europe.
L’affaiblissement du nucléaire en France s’ajoute à une crise géopolitique au Moyen-Orient, une équation parfaite pour une crise énergétique mondiale.
Dans cette vidéo :
- Le rôle des Etats-Unis, de l’Europe et de la Chine
- Quid des tensions au Moyen-Orient ?
- Les réactions en chaîne après les fermetures d’Ormuz et Bab-el-Mandeb.
- Explosion des prix du pétrole
- Les conséquences pour la France : factures, industrie, nucléaire, dépendance
- Scénarios : choc court vs chaos durable
Si le pétrole s’arrête, tout s’arrête. Comprendre Ormuz, c’est comprendre le prochain choc.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:14Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau numéro du samedi politique.
00:19Alors géopolitique, énergétique, économique, on a l'impression que la France est à présent au carrefour de toutes les crises.
00:26On assiste à une forme de théorie des dominos. Alors peut-on encore en sortir ? Comment expliquer ce qui
00:32nous arrive ?
00:33C'est ce que nous allons faire dans cette émission dans un instant.
00:35Mais avant, chers amis, n'oubliez pas que je compte sur vous.
00:38Pensez à relayer au maximum cette vidéo, pensez à écrire vos commentaires au fil de cette émission.
00:43Et puis, bien sûr, le petit pouce en l'air. A tout de suite.
00:57Et à mes côtés pour cette émission, à nouveau venu dans le samedi politique. Bonjour Nicolas Meillan.
01:01Bonjour Lise.
01:02Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes économiste, membre des EconoClasses, mais aussi ingénieur.
01:07Vous êtes passé par l'EST et surtout le MIT. Vous êtes spécialiste des mobilités et de l'énergie.
01:13Et vous avez également été conseiller scientifique à France Stratégie.
01:17Et quand j'ai lu ça, j'étais heureuse parce que j'ai compris qu'il y avait quand même
01:20une stratégie en France.
01:22Vous savez, France Stratégie, c'est ce qui restait du commissariat au plan,
01:26qui avait été créé, si je ne dis pas de bêtises, en 1946,
01:31notamment pour la reconstruction de notre pays après la Seconde Guerre mondiale.
01:35Et donc, à l'époque, on faisait des plans.
01:37On avait une vision à long terme. On faisait des plans à cinq ans.
01:40C'est ça qui nous a permis de reconstruire, d'industrialiser, de développer des grands projets comme le TGV.
01:47Donc, c'était un petit peu l'organisme de long terme de l'État.
01:50Ça l'est toujours, mais le commissariat au plan, à la fin des années 90,
01:56ce n'était pas trop à la mode. Le plan, ça faisait un peu communiste.
01:58Alors, on a voulu changer le nom.
01:59C'est devenu le centre d'analyse stratégique, le CAS, puis France Stratégie.
02:05Et puis aujourd'hui, c'est redevenu le haut commissariat au plan,
02:08avec un haut commissaire qui s'appelle Clément Beaune.
02:12Voilà. Donc, certains veulent le supprimer,
02:15comme le Rassemblement National récemment, suite aux sorties de Clément Beaune,
02:20et les manquements à son devoir de réserve,
02:23puisqu'il n'est pas censé faire de la politique quand on est au commissariat au plan.
02:26Bien sûr.
02:27Mais ça sert quand même à quelque chose.
02:29Moi, quand j'y étais, j'ai fait passer quelques idées,
02:32notamment arrêter de subventionner les voitures électriques chinoises,
02:34en donnant des bonus pour les voitures chinoises,
02:38encourager des voitures plus légères qui consomment moins de pétrole,
02:41parce qu'on est pétrole en France.
02:43Il paraît qu'on a des idées, mais ce qui est sûr, c'est que de pétrole, on n'en
02:45a pas.
02:46Et là, récemment, il y a aussi un rapport intéressant de Thomas Bjerine,
02:54sur l'industrie européenne face au rouleau compresseur chinois,
02:57qui propose notamment de mettre 30% de taxes à l'importation sur tous les produits chinois,
03:01ou alors de faire le nécessaire pour que le Redmi NB soit réévalué de 30%.
03:06Donc, c'est quand même des idées, des pavés dans la barre qui sont jetées,
03:09qui, à mon avis, sont intéressantes.
03:12Et il reste une petite équipe de 150 personnes,
03:15dans un gros bloc de 3000 personnes, qui s'appelle les services du Premier ministre.
03:19Très bien.
03:20Alors, ce que je vous propose, Nicolas Méliant,
03:21c'est qu'on commence par la crise pétrolière qui est en cours.
03:24Le 28 février dernier, Donald Trump et Benjamin Netanyahou
03:27décident de déclencher une guerre contre l'Iran.
03:29Téhéran, comme prévu, puisqu'ils avaient prévenu, tout simplement,
03:32décident de bloquer le détroit d'Ormous,
03:34dans lequel passe une partie non négligeable du trafic pétrolier mondial.
03:40Cette contraction dans le détroit d'Ormous,
03:42et je dis bien uniquement dans le détroit d'Ormous,
03:45selon vous, qui sont les premières victimes ?
03:49On va plutôt regarder qui sont les gagnants,
03:51parce qu'il n'y en a pas beaucoup, en fait, des gagnants.
03:55Les seuls gagnants éventuels,
03:57alors c'est généralement les pays qui sont producteurs de pétrole,
04:00puisque le prix du pétrole a augmenté,
04:03mais ce qu'ils produisent, c'est qu'ils peuvent l'écouler.
04:07Les pays du Moyen-Orient, eux, pour le coup, ne peuvent pas l'écouler.
04:10Alors la Russie, par exemple,
04:12elle a bien évidemment bénéficié de cette attaque.
04:15D'ailleurs, Donald Trump a lui-même
04:17levé les sanctions temporairement contre le pétrole russe,
04:21pour pouvoir compenser la perte de pétrole au niveau du Moyen-Orient.
04:27L'Arabie Saoudite, pendant un temps, a pu contourner le détroit d'Ormous,
04:31puisqu'ils avaient anticipé cette situation, cette éventualité,
04:35en construisant un oléoduc qui allait des champs pétroliers
04:38qui se trouvent à l'est de l'Arabie Saoudite,
04:42vers l'ouest de l'Arabie Saoudite, dans la mer Rouge.
04:44Donc pendant un temps, ils ont pu compenser à peu près 4 millions de barils,
04:49jusqu'à, finalement, le week-end dernier,
04:52où le duc a été attaqué par des alliés iraniens des côtés de l'Irak.
05:01Est-ce que les Américains sont gagnants ?
05:04Si vous êtes producteur de pétrole aux États-Unis,
05:07oui, vous êtes gagnant,
05:08parce que l'augmentation du prix du pétrole
05:10va faire que vous allez gagner plus d'argent quand vous le vendez,
05:14et va aussi faire que vous allez pouvoir développer
05:18plus de champs pétroliers.
05:19C'est le fameux « drill, baby drill » de Donald Trump,
05:22qui ne s'était pas traduit dans les faits.
05:25Mais là, effectivement, avec un pétrole plus cher,
05:26on peut développer d'autres champs.
05:29Et après, ce qui est sûr, c'est que les perdants, c'est…
05:32Alors, l'électeur américain, lui, il n'est pas gagnant.
05:35L'électeur MAGA, il paye son essence plus cher à la pompe,
05:39il paye son diesel plus cher à la pompe.
05:41Donc lui, il n'est pas gagnant.
05:43Et après, tous les pays perdants, c'est ceux qui n'ont pas de pétrole.
05:47Donc vous allez trouver l'Europe, bien évidemment.
05:50Vous avez trouvé…
05:52Alors la Chine, est-ce qu'ils sont gagnants, est-ce qu'ils sont perdants ?
05:55C'est un peu plus compliqué que ça,
05:56puisque eux, sur l'énergie, bien évidemment, ça ne les arrange pas,
05:59puisque l'énergie coûte plus cher.
06:01Eux, c'est quand même l'usine du monde.
06:03Et accessoirement, leurs clients sont impactés par ces crises-là,
06:06comme les Européens.
06:07Donc le pouvoir d'achat de leurs clients,
06:10on parle de pays, va diminuer.
06:14Maintenant, d'un point de vue géopolitique,
06:17que les Américains mettent toutes leurs forces…
06:19Ils étaient déjà impliqués en Ukraine,
06:21ils sont aussi impliqués en Iran.
06:23Ils ont rapatrié certaines de leurs armes,
06:27de leurs installations qui étaient plutôt du côté de la Chine.
06:30Donc les Chinois, ça les dérange moins, notamment pour Taïwan.
06:34Et puis, on voit quand même que l'ordre mondial
06:40est en train de doucement changer.
06:42C'est la tectonique des plaques.
06:43Ça ne se passe pas du jour au lendemain.
06:47Mais les Chinois ne regardent pas forcément
06:50d'un mauvais oeil cette intervention,
06:52tant que ça n'impacte pas trop leur économie
06:54et l'économie de leurs clients.
06:56Alors justement, à ce sujet,
06:57beaucoup ont expliqué que la Chine était très résiliente
07:00face à cette crise dans le détroit d'Hormuz,
07:02parce qu'elle avait aussi énormément de stocks stratégiques
07:05et que globalement, elle n'avait pas besoin
07:09urgemment de ces acheminements de pétrole jusqu'à chez elle.
07:12Est-ce que c'est exact ?
07:13Est-ce que c'est un peu fantasmé ?
07:15Ou justement, le pouvoir communiste de la Chine
07:17aurait tout planifié ?
07:20Non, c'est exact.
07:21La Chine, si vous voulez,
07:22on parlait tout à l'heure du commissariat au plan,
07:24il se trouve qu'ils s'en sont inspirés, les Chinois,
07:26de ce que nous faisions de bien en France.
07:29Et eux, ils continuent à le faire,
07:30puisqu'ils ont tenu à faire des plans quinquennaux,
07:33à planifier, à regarder à long terme,
07:35à anticiper.
07:37Et c'est la raison pour laquelle,
07:38à partir de 2020,
07:39et notamment avec la crise du Covid,
07:41où les prix du pétrole étaient au plus bas depuis 1973,
07:44même plus bas que 1973,
07:45quand vous enlevez l'inflation,
07:47eux, ils ont racheté des quantités énormes de pétrole
07:51à très bon prix,
07:52qu'ils ont stockés.
07:54Alors, on n'est pas capable d'estimer,
07:55parce que normalement,
07:57le stockage, généralement,
07:58dans les pays traditionnels,
07:59c'est dans des réservoirs que l'on voit depuis les satellites.
08:02Et donc, les satellites sont même capables de voir
08:04quel est le niveau du réservoir
08:06par rapport à l'ombre du soleil, etc.
08:08Là, c'est plutôt,
08:09il y a des réservoirs,
08:09mais c'est aussi en souterrain.
08:10Donc, on ne peut pas vraiment savoir combien ils en ont.
08:14L'estimation,
08:15c'est, on va aller,
08:17quand on essaie un peu large,
08:18entre 1 milliard et 1 milliard et 10 barils.
08:22La consommation mondiale,
08:23c'est 100 millions de barils par jour,
08:25pour avoir un ordre de grandeur.
08:26La consommation chinoise,
08:27c'est 15 millions de barils par jour.
08:31Donc, ils ont pu, effectivement,
08:35sauver la mise du monde entier,
08:37si vous voulez,
08:37parce qu'en fait,
08:38quand la crise est arrivée,
08:39et que du jour au lendemain,
08:40alors, on n'a pas perdu 20 millions de barils,
08:42comme je vous le disais,
08:44il y en a probablement entre 10 et 15
08:46qu'on a perdu,
08:47puisqu'il y en a toujours qui passaient par
08:50le léoduc d'Arabie-Sahdut,
08:51et puis aussi un autre léoduc au niveau des Émirats,
08:53aussi qui contourne le détroit d'Harmouz.
08:56Mais donc, les Chinois,
08:57directement, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
08:58Ils ont coupé leurs achats.
09:00Ils ont significativement diminué.
09:04Donc, leurs importations ont baissé
09:06de 5 millions de barils par jour.
09:07Grosso modo, la Chine,
09:08je vous ai dit 15 millions de barils consommés.
09:09Ils en produisent 5 millions,
09:10ce qui fait quand même
09:11le quatrième ou cinquième producteur mondial,
09:13ce qui n'est pas rien.
09:14Et ils en importent 10.
09:16Et donc, grosso modo,
09:17leurs importations vont se passer
09:18de 10 à 5 ou de 11 à 6.
09:20Et donc, ça, ça a beaucoup soulagé le marché.
09:22Et c'est pour ça qu'on s'est même étonné
09:24que les prix du pétrole
09:26ne soient pas plus élevés,
09:27au-delà de 100 ou 110 dollars,
09:30alors qu'on avait amputé la production de 15%.
09:33Donc, ça, c'est la Chine
09:34qui nous a un peu sauvé la mise,
09:36grâce à ce qu'elle avait fait auparavant,
09:38grâce au stockage,
09:39mais ça, malheureusement,
09:41ça ne peut durer qu'un temps.
09:42C'est aussi ce que font les Américains,
09:44ce que font les pays de l'OCDE,
09:46puisqu'on a eu, début mars,
09:48le plus grand relâchement
09:52des réserves stratégiques
09:53depuis l'histoire
09:54de l'Agence internationale de l'énergie.
09:56Et qu'accessoirement,
09:58les réserves stratégiques américaines,
10:01je le rappelle de temps en temps,
10:02parce qu'il faut quand même le savoir,
10:03on était à 700 millions de barils
10:05en 2021,
10:07donc avant la guerre en Ukraine,
10:08on a fait 700 jusqu'à 400
10:10avec la guerre en Ukraine,
10:11justement pour compenser
10:12la perte de l'acteur russe,
10:16qui est sous sanction internationale,
10:18non, sous sanction occidentale,
10:20on va plus le dire,
10:21puisque c'est que les Occidents
10:22qui les appliquent.
10:23Et là, on est à moins de 300 millions de barils,
10:26donc on est vraiment à des niveaux
10:28très très bas,
10:28c'est là-dessus que Paris et l'Iran,
10:30ils attendent que les réserves
10:31diminuent, diminuent, diminuent, diminuent,
10:35sachant que le compromis,
10:37c'est de voir jusqu'à quel point aussi
10:38la Chine de son côté peut tenir.
10:42Je ne sais pas si vous avez vu récemment,
10:43mais notamment,
10:46vous avez,
10:48alors qu'est-ce qui les a sollicités
10:50pour que les Chinois
10:55impactent les Iraniens,
10:56et pour dire, par exemple,
10:57aux outils de se calmer,
11:01parce qu'en fait,
11:02eux, ils impactent directement
11:03les infrastructures pétrolières,
11:05les raffineries,
11:06chose qui n'avait été faite
11:08qu'extrêmement rarement
11:09depuis le début de ce conflit.
11:11Il y a très peu de raffineries
11:13qui ont été touchées,
11:14très peu d'oléoducs.
11:15Il y a eu une véritable accélération
11:17ces dernières semaines.
11:18Concernant le stock stratégique,
11:20vous avez évoqué les chiffres
11:21peut-être approximatifs
11:22entre un milliard,
11:23un milliard et demi pour la Chine.
11:24Vous avez évoqué aussi
11:26les stocks stratégiques américains
11:28en France, évidemment,
11:29à l'échelle d'un plus petit pays.
11:31Est-ce qu'on a une idée
11:33de ce que l'on a ?
11:34Parce qu'on voit que c'est capital
11:36aussi comme variable d'ajustement
11:38en cas de crise.
11:39Alors, nous, en France,
11:41on est en France
11:42et dans tous les pays de l'OCDE,
11:44d'accord ?
11:44Donc, tous les pays occidentaux,
11:46grosso modo,
11:47la règle, c'est trois mois
11:48d'importation.
11:50Donc, trois mois d'importation
11:51pour nous,
11:51comme on n'en produit pas,
11:52c'est à peu près
11:53trois mois de consommation.
11:55Donc, on est allé...
11:56Alors, je ne peux pas vous dire
11:57exactement où on en est aujourd'hui,
11:59mais ce qui...
12:00On ne parle pas encore
12:02de pénurie, bien évidemment,
12:04mais il y a quand même
12:05un véritable problème,
12:07notamment parce qu'on parle
12:08de pétrole, là.
12:09Mais vous savez,
12:09le pétrole,
12:10ça sert à fabriquer
12:11notamment des carburants.
12:12Vous pouvez faire
12:13du kérosène
12:14pour les avions,
12:15vous pouvez faire
12:16du diesel
12:17pour les voitures,
12:18pour les bateaux,
12:19pour les camions,
12:19et vous pouvez faire
12:20de l'essence,
12:21notamment pour les voitures.
12:23Aujourd'hui,
12:23on a une véritable contrainte
12:25sur le diesel.
12:26Pourquoi ?
12:27Parce que nous,
12:28en Europe,
12:28on avait un certain nombre
12:30de raffineries
12:30depuis une vingtaine d'années,
12:32on en a réduit,
12:32on les a réduits de 20%.
12:33Ce qui n'est pas choquant
12:34parce que notre consommation
12:36aussi de carburant
12:38diminue.
12:38Donc,
12:38ce n'est pas forcément choquant.
12:40Et ces capacités,
12:41où est-ce qu'elles sont ?
12:42Où est-ce qu'elles ont augmenté ?
12:43Au Moyen-Orient,
12:45bloqué par le détroit d'Harmouz,
12:47et en Chine.
12:49L'autre grand
12:51fabricant
12:52ou raffineur
12:53de diesel
12:53pour l'Europe,
12:54c'était la Russie.
12:56Mais la Russie,
12:57on s'est fâchés avec eux,
12:58donc pour l'instant,
12:59on n'achète plus
13:00de diesel
13:02à la Russie.
13:03Et donc,
13:03vous avez une contrainte
13:04au niveau mondial
13:05sur le raffinage
13:07du diesel.
13:08C'est déjà la deuxième étape.
13:09Après le pétrole,
13:10quand on a du pétrole,
13:11encore faut-il pouvoir
13:11le raffiner.
13:12Voilà, exactement.
13:13Et aujourd'hui,
13:14ce qui fait qu'on a atteint
13:16des prix du diesel
13:17plus haut historique,
13:18absolu.
13:19Le diesel n'a jamais
13:20coûté aussi cher.
13:22Aux Etats-Unis,
13:23on a dépassé,
13:24dans certaines stations
13:25en Californie,
13:2710 dollars du gallon,
13:29ce qui est un record historique.
13:31Nous, en France,
13:32là, on est à peu près
13:32à 2,30 euros.
13:34Et pourquoi est-ce
13:35qu'on en est là ?
13:35Parce qu'on a
13:36des raffineries
13:38qui ont été touchées
13:39en Arabie saoudite.
13:41le diesel russe
13:42qui est sous sanction
13:43et aussi les raffineries
13:44qui ont été touchées
13:45en Russie
13:47ces dernières semaines
13:48avec beaucoup d'attaques
13:50de drones de l'Ukraine.
13:51Et d'ailleurs,
13:52on a vu Donald Trump,
13:52pardon de vous interrompre,
13:53mais réclamer une trêve énergétique
13:55au moins pendant quelque temps.
13:58Oui, alors,
13:59il a d'abord commencé
14:00par dire
14:01ce serait bien
14:02que vous arrêtiez
14:05de frapper
14:06les raffineries
14:07de diesel russe.
14:09Et puis après,
14:10il a annoncé un deal
14:11entre les Russes
14:13et les Ukrainiens
14:14de non-agression
14:15sur les infrastructures énergétiques.
14:17Et le lendemain,
14:18une nouvelle raffinerie russe
14:19avait été frappée.
14:20C'est vrai que de toute façon,
14:22la parole de Donald Trump
14:23n'a plus beaucoup de poids.
14:28Et je ne suis pas convaincu
14:31que...
14:32Alors, bien évidemment,
14:33que Vladimir Poutine
14:34n'était pas contre l'idée.
14:37mais je doute néanmoins
14:39qu'on arrive
14:40à une accalmie
14:41sur ce front-là.
14:43Alors justement,
14:44vous dites,
14:44les paroles de Donald Trump
14:45sont à prendre parfois
14:46avec des pincettes.
14:47Parfois non.
14:49Ce que je vous propose,
14:50c'est d'écouter
14:51une déclaration
14:51qu'il avait faite
14:52le 1er avril.
14:53Donc on est très peu de temps
14:54après le début
14:55de la guerre contre l'Iran.
14:56On est un mois après.
14:57Et on voyait commencer
14:59déjà cette crise pétrolière.
15:01Et voilà ce qu'il nous expliquait.
15:02Il n'existe aucun pays
15:05au monde qui nous ressemble
15:06et nous sommes
15:07en excellente posture
15:08pour l'avenir.
15:09Les Etats-Unis
15:10n'importent pratiquement
15:11pas de pétrole
15:12via le détroit d'Hormuz
15:13et n'en importeront
15:14pas à l'avenir.
15:15Nous n'en avons pas besoin.
15:17Nous n'en avons jamais eu besoin
15:18et nous n'en avons pas besoin.
15:20Nous avons vaincu
15:21et complètement anéanti l'Iran.
15:23Ce pays est anéanti
15:24tant sur le plan militaire
15:26qu'économique
15:26et à tous les autres égards.
15:28Et les pays du monde
15:29qui s'approvisionnent
15:30en pétrole
15:31via le détroit d'Hormuz
15:32doivent veiller à la sécurité
15:33de cette voie de passage.
15:35Ils doivent la chérir.
15:36Ils doivent s'en emparer
15:37et la chérir.
15:39Ils peuvent le faire facilement.
15:40Nous leur apporterons
15:41notre aide
15:42et c'est à eux
15:43de prendre l'initiative
15:44pour protéger ce pétrole
15:45dont ils dépendent
15:47si cruellement.
15:48Donc,
15:48pour ceux qui ne peuvent
15:50pas se procurer de carburant
15:51dont beaucoup refusent
15:52de participer
15:53à la décapitation de l'Iran,
15:55nous avons dû
15:56nous en charger nous-mêmes.
15:57J'ai une suggestion à faire.
15:59Premièrement,
16:00acheter du pétrole
16:01aux Etats-Unis d'Amérique.
16:02Nous en avons en abondance.
16:04Nous en avons énormément.
16:12Alors,
16:13il y a plusieurs aspects
16:13dans ces déclarations.
16:15Bon,
16:16évidemment,
16:16le fait que les Etats-Unis
16:17n'aient pas besoin
16:18du pétrole
16:19qui transite
16:20par le détroit d'Hormuz
16:21ne signifie pas
16:22que les conséquences
16:23de l'augmentation du pétrole
16:25ne frappent pas
16:25les Etats-Unis
16:26et particulièrement
16:27les Américains,
16:28comme vous l'avez dit
16:28tout à l'heure.
16:29C'est un petit peu
16:30le comble,
16:30si vous voulez,
16:31parce que les Américains,
16:32c'est un petit peu
16:33le chantre de l'économie
16:34de marché.
16:35On est sur un marché mondial.
16:38Les Américains
16:38sont le premier producteur
16:39de pétrole au monde.
16:41Nous,
16:41en France,
16:42on n'a pas de pétrole,
16:43on n'en produit pas.
16:44on est impacté
16:46exactement de la même façon
16:47au niveau des prix à la pompe.
16:49Donc ça,
16:50c'est une petite erreur
16:51de calcul de Donald Trump
16:53qui pensait
16:53qu'il serait immunisé,
16:55qui pensait
16:56qu'une fermeture
16:57de détroit d'Hormuz
16:58ne l'impacterait pas.
17:00Et ça,
17:00en fait,
17:01c'est un petit peu
17:02le béabal de l'économie,
17:03si vous voulez.
17:04Comme vous êtes
17:04sur un prix mondial,
17:06ce qui est le cas
17:07pour le pétrole,
17:08en fait,
17:08vous êtes forcément impacté
17:09par chez vous,
17:11par ce qui arrive
17:13ailleurs dans le monde.
17:13et qui impacte
17:15l'approvisionnement.
17:15D'ailleurs,
17:16on a vu la Fed
17:17qui vient de baisser
17:18ses taux directeurs,
17:19monter ses taux directeurs,
17:21précisément
17:21parce que les prix augmentent
17:22et qu'il y a l'inflation.
17:24Voilà,
17:24mais en général,
17:25ça,
17:25c'est vraiment un problème
17:26lié aux banques centrales
17:28qui,
17:29généralement,
17:29une banque centrale
17:30est là pour,
17:31quand l'économie
17:32est en surchauffe,
17:33ça crée de l'inflation
17:34et donc elle est là
17:35pour ralentir l'économie.
17:37Mais là,
17:37l'économie n'est pas
17:38vraiment en surchauffe,
17:39en fait,
17:39puisque c'est de l'inflation
17:40qui vient d'une contrainte
17:42sur les matières premières.
17:44Donc,
17:44en fait,
17:44vous aviez déjà
17:45une économie
17:46qui est ralentie
17:47à cause de la hausse
17:49du coût des matières premières,
17:50qui a un impact
17:51sur le pouvoir d'achat
17:54des citoyens,
17:56donc qui vont moins
17:56acheter aux entreprises,
17:57donc qui vont faire baisser
17:58les chiffres d'affaires
17:59des entreprises,
17:59qui ont un impact
18:00sur le coût des entreprises,
18:01qui ont besoin d'énergie
18:02pour fonctionner.
18:03Et,
18:04in fine,
18:06comme les banques centrales,
18:07que ce soit en Europe
18:08ou aux Etats-Unis,
18:09décident d'augmenter leurs taux,
18:10ça fait augmenter en plus
18:11le coût du financement,
18:12donc si vous voulez,
18:14je pense qu'ils ont bien compris.
18:15Et pour une fois,
18:17je peux peut-être être d'accord
18:18avec Donald Trump,
18:19même si lui prétend
18:20que les taux
18:22devraient être à 1%,
18:24là,
18:24le taux à 10 ans,
18:25on est quand même
18:25à 5% aux Etats-Unis,
18:27et nous,
18:28en France,
18:28on n'est pas très loin
18:28puisqu'on est à 4,5%.
18:30Ce qui,
18:31il faut quand même le rappeler,
18:32sur une dette
18:33de 3 500 milliards d'euros,
18:36eh bien,
18:36dans 8 ans,
18:37si on reste à ces niveaux de taux,
18:38c'est quand même
18:38150 milliards d'euros
18:40d'intérêt par an,
18:40soit 5% du PIB actuel.
18:44Quand Donald Trump dit
18:46que l'Europe n'a qu'à
18:47se fournir auprès des Etats-Unis,
18:48ça,
18:49qu'est-ce que vous en pensez ?
18:50C'était déjà le cas,
18:51si vous voulez.
18:52Donc,
18:52c'est sûr que
18:54si vous regardez des pays
18:55comme,
18:56en fait,
18:57le Moyen-Orient,
18:59le Moyen-Orient,
19:01son principal client,
19:02c'était l'Asie.
19:03Donc,
19:03le Japon,
19:04la Corée du Sud,
19:05les pays d'Asie du Sud-Est
19:06et la Chine.
19:07Donc,
19:08ces pays-là,
19:08effectivement,
19:09ils ont dû trouver
19:09des alternatives.
19:11Et là,
19:11le Japon,
19:12par exemple,
19:12a significativement
19:14augmenté ses importations
19:15depuis les Etats-Unis.
19:17Mais,
19:18la production de pétrole
19:19aux Etats-Unis,
19:20elle n'est pas
19:21extensible à l'infini.
19:23Donc,
19:23en fait,
19:23c'est un petit jeu
19:25de vase communiquant.
19:26nous,
19:27en Europe,
19:28bien évidemment,
19:29depuis qu'on a décidé
19:30d'arrêter
19:31de s'approvisionner
19:32auprès de la Russie
19:34sur le pétrole
19:35et aussi sur le gaz naturel.
19:38Alors,
19:38on en apporte encore un peu,
19:39mais on a décidé,
19:40fin 2027,
19:41de ne plus en acheter du tout.
19:43Eh bien,
19:43on en achète plus
19:45aux Etats-Unis.
19:46Donc,
19:46on achète du gaz de schiste,
19:48du pétrole de schiste,
19:48tous ces pétroles et gaz
19:49qu'on interdit
19:51de faire chez nous.
19:53Mais,
19:54la question se pose
19:55quand même
19:55de savoir,
19:57effectivement,
19:57on avait beaucoup d'eux
19:58dans le panier
19:58de Vladimir Poutine,
19:5940% du gaz européen
20:00qui venait de la Russie.
20:02On a décidé
20:03de le mettre
20:03dans le panier
20:03de Donald Trump.
20:05Bon,
20:07entre la peste
20:08et le choléra,
20:08il faut choisir.
20:10Avant de parler du gaz,
20:11parce qu'on y reviendra
20:12tout à l'heure,
20:12j'aimerais qu'on termine
20:13avec cette parenthèse
20:15sur l'essence.
20:16Donc,
20:16vous l'avez dit tout à l'heure,
20:17l'essence a beaucoup
20:18augmenté,
20:19particulièrement en France.
20:19Vous nous expliquez
20:21que c'était également
20:21le cas aux Etats-Unis.
20:22J'aimerais qu'on écoute
20:23un automobiliste,
20:24justement,
20:24à la pompe.
20:25Je comprends
20:26ceux qui disent
20:27que c'est trop cher,
20:28mais je ne pense pas
20:29que c'est l'Alain-Claire-Four-Contact
20:31qui s'enrichit sur nous.
20:32C'est plus
20:33les gros groupes
20:36genre Total,
20:37Total Energy,
20:38tout ça.
20:45Alors,
20:46grâce à ce monsieur,
20:46j'aimerais bien
20:47qu'on arrive à comprendre
20:48exactement
20:48à quoi correspond
20:50le prix de l'essence.
20:51Parce qu'on entend
20:51tout et rien.
20:53On nous explique
20:54que c'est la faute
20:55du gouvernement
20:55si l'essence augmente
20:56parce que les taxes,
20:58il y a une augmentation
21:00exponentielle,
21:00concrètement.
21:01On nous explique aussi
21:02que c'est la faute
21:03de Total,
21:03le grand méchant
21:04de ces deux dernières décennies.
21:07Que faut-il comprendre
21:08de la répartition,
21:10entre guillemets,
21:11dans le prix
21:11de l'essence aujourd'hui ?
21:15C'est très simple.
21:17On va prendre
21:18un litre de diesel.
21:21Ça marche aussi
21:21pour un litre d'essence.
21:22On va prendre un litre de diesel
21:23parce que c'est là
21:23aujourd'hui
21:23où ça coûte le plus cher.
21:26Et ça impacte
21:26beaucoup de gens,
21:27notamment à qui on a expliqué
21:29qu'il fallait qu'il roule
21:29en diesel
21:30pour sauver la planète
21:31et qui ne peuvent plus
21:33accéder aux villes.
21:33un an qu'on traite
21:35de pollueur.
21:35Voilà.
21:36Donc,
21:37le prix actuel,
21:38je crois que c'est à peu près
21:382,30€,
21:392,35€.
21:40On va partir sur 2,30€.
21:42Sur 2,30€,
21:43vous avez
21:461,15€ de taxe.
21:48D'accord ?
21:50Donc,
21:50vous avez
21:51ce qu'on appelle
21:52la TICPE.
21:54Donc,
21:55ça,
21:55c'est la taxe
21:55sur l'intérieur,
21:57sur le carburant pétrolier,
22:00si je ne dis pas de bêtises.
22:02Vous avez
22:04la TVA
22:04sur la TICPE,
22:06donc la taxe sur la taxe.
22:06Vous avez la TVA
22:07sur le pétrole
22:08et en plus,
22:09vous avez ce qu'on appelle
22:09les certificats
22:10d'économie d'énergie
22:11qui ont augmenté
22:12de 6 centimes
22:13au 1er janvier.
22:14Donc,
22:14tout ça,
22:14ça fait 1,15€
22:16aujourd'hui.
22:17Il faut savoir
22:18qu'en 2017,
22:20il y avait
22:2150 centimes
22:22de moins de taxe.
22:23Donc,
22:23ce n'était pas 1,15€,
22:25c'était 65 centimes.
22:26Donc,
22:26on a quand même pris
22:2750 centimes en 10 ans.
22:29Et donc,
22:30il reste,
22:30j'enlevais ça,
22:31il reste 1,15€.
22:32sur cet 1,15€,
22:34il y aurait 15 centimes
22:34entre 10 et 15 centimes
22:37pour la station d'essence.
22:38Donc,
22:39la station d'essence,
22:39elle doit acheter
22:41son carburant
22:42à Rotterdam,
22:43elle doit le faire venir
22:44à la station d'essence
22:45par les camions
22:45et elle doit le distribuer
22:46avec son pompiste.
22:47C'est sa marche, quoi ?
22:48Voilà,
22:48ce n'est pas sa marche,
22:50c'est tout ce qu'elle a,
22:51mais elle a des coûts derrière.
22:53Ce n'est pas de la marge.
22:53C'est ça qu'on appelle
22:54ça parfois la marge
22:55de distribution,
22:55mais en fait,
22:56ça inclut tous les coûts.
22:58Donc,
22:58Donc,
22:59ça,
22:59c'est entre 10 et 15 centimes.
23:00Et puis après,
23:01il reste 1€.
23:02Et donc,
23:02dans le diesel,
23:02dans 1€,
23:03vous avez 50 centimes,
23:04c'est le pétrole
23:05et 50 centimes,
23:06c'est la transformation
23:07du pétrole en diesel.
23:08C'est son raffinage.
23:10Et ça,
23:11pour le coup,
23:11c'est un niveau record
23:14à cause des contraintes
23:15qu'on a au niveau mondial
23:18sur le raffinage.
23:19Donc,
23:19si vous prenez
23:20effectivement
23:20sur vos 2,30€,
23:22le coût du pétrole,
23:24c'est que 50 centimes.
23:25Et concrètement,
23:26l'État,
23:27enfin,
23:28ce que gagne l'État
23:28est exponentiel
23:30par rapport à l'eau.
23:32Non,
23:32ce n'est pas exponentiel,
23:33mais ça a augmenté.
23:34Bien évidemment.
23:36Donc,
23:37sur 1 litre
23:38de diesel,
23:39je pense que
23:40depuis le début de l'année,
23:42vous avez au moins
23:4320 centimes
23:44d'augmentation
23:44de taxes.
23:47donc,
23:48ça aurait pu être
23:49une idée
23:50intéressante
23:51de les enlever
23:53temporairement.
23:53On avait ça à une époque,
23:54ça s'appelait
23:54la TICPE flottante.
23:57Donc,
23:57la règle,
23:58l'État,
23:58le niveau de taxes
23:59de l'État
23:59reste stable.
24:01L'État
24:02ne va pas se faire
24:03de l'argent
24:03sur le malheur
24:04de ses citoyens.
24:06Donc,
24:06l'augmentation
24:07de 20 centimes
24:07des taxes
24:08depuis décembre dernier,
24:10ça leur donne
24:11des marges
24:12de manœuvre
24:12pour agir.
24:14Mais,
24:14ils ont un raisonnement
24:15faussé
24:16parce qu'ils se disent
24:17« Ah,
24:18pour moi,
24:18c'est la poule aux oeufs d'or,
24:19je vais gagner
24:20beaucoup plus d'argent. »
24:21Mais non,
24:21sauf que,
24:22en fait,
24:22le prix du carburant
24:24augmente tellement
24:25que les gens
24:26consomment moins.
24:27Donc,
24:28in fine,
24:29l'État gagne moins
24:30avec un niveau de taxes
24:31plus élevé.
24:31Et il aurait plus
24:32d'entrée fiscale
24:34avec un niveau de taxes
24:35plus faible.
24:37Alors,
24:37évidemment,
24:37on parle de l'essence,
24:38mais le pétrole,
24:39ce n'est pas uniquement
24:40l'essence.
24:40Il y a plein de choses
24:41qui sont fabriquées
24:41grâce au pétrole,
24:43en plastique,
24:44notamment.
24:44Il y a des produits médicaux.
24:45Puis,
24:45il y a bien sûr
24:46les engrais azotés.
24:47Non,
24:47ça,
24:47ce n'est pas le pétrole,
24:48c'est le gaz.
24:48C'est le gaz,
24:49pardon,
24:49excusez-moi.
24:51Vous êtes sûr
24:52qu'il n'y a pas des…
24:53Non,
24:53non,
24:53les engrais,
24:54c'est le gaz.
24:55Tant pour moi,
24:55alors.
24:56Toujours est-il
24:57que faut-il craindre
24:59des pénuries
24:59de produits dérivés ?
25:01Aujourd'hui,
25:03les contraintes,
25:04les craintes de pénurie,
25:05en fait,
25:06comme en 2022,
25:08ce n'est pas vraiment
25:09pour les pays riches.
25:10C'est-à-dire que,
25:11comme on l'a vu aussi
25:13au début de l'année,
25:14des pénuries,
25:15il y en a eu,
25:16mais pas chez nous.
25:17Il y en a eu peut-être
25:17au Pakistan,
25:18il y en a eu aux Philippines,
25:19au Cambodge,
25:20au Vietnam,
25:21dans ces pays-là
25:21où d'ailleurs,
25:22ils n'ont pas de réserve stratégique.
25:24Comme il y en avait eu
25:25d'ailleurs en 2022,
25:26il y avait eu des pénuries
25:26de gaz.
25:27Pourquoi ?
25:28Parce qu'en fait,
25:28on a un pouvoir d'achat
25:29plus important.
25:30Donc,
25:30les bateaux disponibles,
25:31on les paye plus cher
25:32et ils viennent chez nous.
25:34C'est comme ça que ça se passe.
25:35Donc,
25:36des pénuries à craindre,
25:38pas chez nous.
25:39Enfin,
25:39je ne crois pas en tout cas.
25:41Par contre,
25:42vous avez eu
25:43toute cette fameuse crise
25:45de l'inflation
25:46à partir de 2000,
25:48qui a commencé en 2021 d'ailleurs,
25:50et pas avec la guerre en Ukraine,
25:51qui a commencé dès avril 2021
25:52avec l'augmentation
25:53du prix du gaz.
25:54Le problème,
25:55c'est que le prix du gaz,
25:56c'est le premier domino.
25:57C'est-à-dire que le prix du gaz,
26:00les gens veulent se dire
26:00« Oui,
26:01ben moi,
26:01le gaz,
26:02je l'utilise pour me chauffer,
26:03un peu pour ma cuisine. »
26:04Non,
26:05en fait,
26:05le prix du gaz,
26:05vous l'avez dit,
26:06c'est l'engrais,
26:07donc c'est la nourriture.
26:08Tout ce que vous mangez,
26:10grosso modo,
26:10il y a des engrais.
26:12Pas la viande,
26:13mais toutes les céréales,
26:14etc.
26:15Il y a des engrais.
26:15Mais dans le fourrage
26:16qu'on donne aux animaux,
26:17donc par répergation,
26:18de toute façon.
26:18Donc voilà,
26:20ça fixe aussi en Europe
26:21le prix de l'électricité.
26:22D'accord ?
26:23Donc l'industrie,
26:25quand on regarde l'énergie
26:25de l'industrie,
26:26c'est un tiers le gaz,
26:26un tiers l'électricité.
26:27Donc deux tiers
26:28de l'énergie de l'industrie
26:29est impactée.
26:30Et donc tout ça,
26:31ça ruisselle dans l'économie
26:33et quand on rajoute en plus
26:34le pétrole et le diesel
26:35qui coûtent de plus en plus cher,
26:37qui est l'énergie du transport,
26:38des agriculteurs,
26:40des marins pêcheurs,
26:42de la construction,
26:43eh bien toutes les conditions
26:45sont réunies malheureusement
26:46pour qu'on ait à nouveau
26:47cette crise de l'inflation
26:48qui, comme ça avait été le cas
26:51déjà en 2022,
26:54va nous amener à avoir
26:55des taux de plus en plus élevés
26:56puisque les banques centrales
26:58vont se dire
26:58ah l'économie est en surchauffe,
26:59donc il faut faire baisser les prix,
27:01donc on va augmenter nos taux,
27:02etc.
27:03Et ça malheureusement,
27:05ça a un impact directement
27:06sur nos entreprises
27:06qui juste avant
27:08l'invasion de l'Iran,
27:11la guerre en Iran
27:12était un maximum
27:14de défaillance
27:17historique depuis 40 ans,
27:20mais on voyait
27:22la lumière au bout du tunnel,
27:24on pouvait espérer
27:24que ça allait diminuer
27:25et là,
27:26patatras,
27:27ça repart
27:28pour une deuxième vague.
27:30Alors ce qui est toujours
27:30assez surprenant,
27:31c'est que dans ces périodes
27:32de crise,
27:33on a au minimum
27:35l'impression
27:35que les politiques
27:36ne réagissent pas,
27:37voire même qu'ils aggravent
27:38la crise,
27:38on le voit notamment
27:39avec un nouveau règlement
27:40européen sur les émissions
27:41de méthane
27:42et certains commentateurs
27:44expliquent que ça pourrait
27:45faire prendre jusqu'à 25%
27:46sur le pétrole.
27:48Sur le gaz ?
27:49Les émissions de méthane,
27:51c'est plutôt lié
27:51à l'exploitation du gaz ?
27:53Mais j'ai aussi lu
27:54sur le pétrole,
27:55mais...
27:55Alors aujourd'hui...
27:56Sur les deux en fait.
27:57Je vais vous donner
27:58un exemple
27:59de l'impact
28:02de ces réglementations.
28:04Grosso modo,
28:05quand vous exploitez
28:07notamment du gaz naturel,
28:09le gaz naturel
28:10c'est du méthane
28:11et c'est un pouvoir calorifique
28:14beaucoup plus important
28:15que le CO2.
28:16Donc c'est très mauvais.
28:17Pour le réchauffement.
28:18Voilà,
28:18je crois que c'est à peu près
28:19200 ou 300 fois
28:21celui du CO2.
28:23Donc comment est-ce que...
28:24Comment est-ce qu'on fait
28:26pour éviter ce problème ?
28:30Auparavant,
28:31aux Etats-Unis,
28:31quand ils exploitaient le gaz,
28:32comme ils ne pouvaient pas
28:33le transporter,
28:33ils le brûlaient.
28:36C'est du gaz associé
28:37à l'exploitation de pétrole,
28:39notamment.
28:41Et aujourd'hui,
28:44ça fait d'ailleurs dire souvent
28:45que l'exploitation
28:46de gaz de chute aux Etats-Unis,
28:47même si théoriquement
28:49le gaz émet moins de CO2
28:50que le charbon,
28:50en fait,
28:51le bilan est pire
28:51parce qu'en fait,
28:52avec toutes les émissions
28:53de méthane associées,
28:54finalement,
28:55c'est pire
28:55que si on utilisait du charbon.
28:57Puisque les Américains
28:58ont remplacé beaucoup de charbon
28:59dans la production d'électricité
29:00par du gaz de chute.
29:02Aujourd'hui,
29:03ces émissions de méthane,
29:04elles nous empêchent,
29:05par exemple,
29:06de contractualiser à long terme
29:07avec des pays
29:08comme le Qatar.
29:10Les Qatar ne veulent pas
29:11être soumis
29:12à cette réglementation.
29:14Et au-delà de ça,
29:14ils nous demandent
29:15de toute façon
29:16de contractualiser
29:17sur 25 ans,
29:18sur des contrats à long terme,
29:19parce que pour eux,
29:20c'est des investissements lourds,
29:21de production de gaz,
29:22etc.
29:23Sauf que nous,
29:24en Europe,
29:24dans 25 ans,
29:26on a prévu
29:27la neutralité carbone,
29:28puisque,
29:28comme vous le savez,
29:29on va sauver la planète
29:30et accessoirement l'humanité.
29:33Mais donc ça,
29:33les Qataris disent,
29:34mais non,
29:34mais moi,
29:35j'ai besoin d'un contrat
29:36de 25 ans,
29:36donc l'Europe...
29:38Alors,
29:38je vais vous dire
29:40ce que j'en pense,
29:41je pense que ça arrange
29:42beaucoup de dirigeants européens
29:43qui sont contents.
29:44Ils disent,
29:45tant mieux,
29:45on va encore sortir plus vite
29:47et on va aller plus vite
29:48à la neutralité carbone.
29:50Mais sauf qu'ils n'ont pas compris,
29:51c'est que la neutralité carbone
29:52s'appelle le suicide.
29:54Donc,
29:54se réjouir
29:55d'aller se suicider
29:56plus rapidement,
29:57je pense qu'il faut
29:58qu'ils y réfléchissent
29:59une seconde fois.
30:01Alors,
30:02on va s'intéresser
30:02plus particulièrement
30:04maintenant
30:04aux gazoducs Nord Stream.
30:05Donc là,
30:06on parle bien du gaz,
30:07pas du pétrole.
30:08Le 26 septembre 2022,
30:10donc,
30:10on le sait,
30:11les deux gazoducs
30:12sont touchés
30:13par des sabotages.
30:15D'abord,
30:16sommes-nous au fait,
30:16aujourd'hui,
30:17de l'état
30:18de ces gazoducs ?
30:19Exactement.
30:20Alors,
30:20vous avez donc
30:21deux paires de gazoducs.
30:23D'accord ?
30:24Donc,
30:24vous avez Nord Stream 1,
30:25deux tuyaux,
30:26Nord Stream 2,
30:27deux tuyaux.
30:27Donc,
30:27sur les quatre tuyaux,
30:29il y en a trois
30:29qui sont dommagés.
30:30Donc,
30:30il en reste un
30:32qui est intact.
30:34Mais donc,
30:35ça ne fait qu'un quart
30:36de la capacité
30:37de ce qu'on apportait
30:38auparavant.
30:39Donc,
30:39aujourd'hui,
30:41voilà,
30:41l'état des lieux
30:41de Nord Stream,
30:42c'est ce tuyau
30:43qui,
30:45on l'imagine,
30:46si,
30:47espérons que ce conflit
30:48avec l'Ukraine
30:52ne s'éternise.
30:53Ça fait déjà quatre ans.
30:54Oui,
30:55s'éternise déjà.
30:56On est déjà plus long
30:57que la Première Guerre mondiale,
30:58je crois,
30:58si je ne dis pas de bêtises.
31:00Donc,
31:00espérons qu'on trouve
31:01une résolution
31:02et que les différentes
31:03parties prenantes
31:05s'accordent
31:06pour une résolution
31:07pacifique
31:10et accessoirement
31:11pour la mise en place
31:12d'une infrastructure
31:12de sécurité en Europe
31:14que nous aurions dû
31:15mettre en place
31:15depuis 1991
31:18et que,
31:19visiblement,
31:19nos manquements
31:21nous ont amenés
31:22dans la situation
31:22dans laquelle nous sommes
31:23aujourd'hui.
31:23Mais,
31:24avec 30 ans de retard,
31:26entre guillemets,
31:27il sera temps
31:27de pouvoir mettre en place
31:28cette infrastructure.
31:30Donc,
31:30je ne peux pas vous dire
31:31s'ils sont réparables
31:32ou pas.
31:33Ce qui est sûr,
31:34c'est qu'il y a eu
31:36deux explosions
31:37à deux endroits
31:38très éloignés,
31:3980 kilomètres,
31:40à deux moments
31:41très éloignés
31:42puisque
31:42c'est à peu près
31:44une quinzaine d'heures
31:47qu'à priori,
31:48ce ne sont pas
31:49les Russes,
31:50même si on nous l'a
31:50expliqué en long,
31:51en large,
31:51en travers
31:52pendant assez longtemps
31:55et que…
31:56Maintenant,
31:56on peut dire
31:57les Ukrainiens
31:57puisqu'il y a une enquête
31:58en Allemagne.
31:59Voilà.
32:00Donc,
32:00on a identifié
32:01les Ukrainiens.
32:02Alors,
32:03par qui ça a été
32:04commandité ?
32:05Je ne sais pas.
32:07Moi,
32:08j'avais regardé
32:09d'assez près
32:09ce dossier.
32:11Ma conviction,
32:12c'est qu'il n'y avait
32:12pas que des Ukrainiens.
32:14Donc,
32:15vraisemblablement,
32:16des Ukrainiens
32:18qui ont bénéficié
32:20du concours
32:20d'autres puissances
32:21étrangères.
32:23Et probablement,
32:25comme il y a
32:25deux explosions,
32:27j'en donnerais bien
32:27une aux Ukrainiens,
32:28mais l'autre,
32:29après,
32:30je ne pense pas.
32:31Il y avait plein
32:32d'Ukrainiens ?
32:33Non,
32:34je pense que l'autre,
32:34c'est…
32:35Vous avez une opération
32:38Baltops,
32:38c'était ce qu'a d'ailleurs
32:39expliqué
32:39Semourerj,
32:41opération Baltops
32:42de l'OTAN
32:42en juin 2022,
32:44et donc,
32:45qui était exactement
32:46à cet endroit-là,
32:48exactement
32:49à Canegar 6
32:50lié à des mines.
32:52Donc,
32:52je pense qu'on avait
32:53d'un côté
32:54des mines
32:55qui avaient été posées
32:56par des plongeurs
32:58de l'OTAN
32:58sur un tuyau,
32:59et puis l'autre opération
33:01qui a été menée
33:01par effectivement
33:02les Ukrainiens,
33:03ce fameux bateau
33:04voilier qu'on a retrouvé.
33:05Alors,
33:06quand vous dites l'OTAN,
33:07ce sont des membres
33:08de l'OTAN
33:08ou avec le consentement
33:09du commandement
33:10de l'OTAN ?
33:12Alors,
33:12moi,
33:13je me base
33:13sur ce que dit
33:13Semourerj,
33:14donc je ne peux pas
33:15vous dire exactement
33:16qui était au courant,
33:18pas au courant,
33:18comment ça s'est organisé.
33:20J'en pose cette question
33:21parce que la France
33:21était actionnaire de Nord Stream.
33:23Les Américains étaient...
33:23Oui, bien sûr,
33:24bien sûr.
33:25On avait 25%
33:26de Nord Stream,
33:27je crois qu'on a mis
33:2710 milliards d'euros,
33:28si je ne dis pas de bêtises.
33:30Non,
33:31les Américains étaient au courant,
33:33mais bon,
33:34la CIA était au courant.
33:35Est-ce que quand eux
33:35sont au courant,
33:36nous,
33:36on est aussi au courant ?
33:37D'ailleurs,
33:38c'est Joe Biden
33:39qui l'avait dit.
33:41Écoutons-le.
33:42On l'écoute.
33:42Si la Russie envahit,
33:45c'est-à-dire que des tanks
33:47et des troupes
33:47traversent la frontière
33:49de l'Ukraine à nouveau,
33:50alors il n'y aura plus
33:52de gazoduc Nord Stream 2.
33:53Nous y mettrons fin.
34:02Mais comment allez-vous faire
34:03exactement,
34:04puisque le projet
34:05et le contrôle du projet
34:06sont sous le contrôle
34:07de l'Allemagne ?
34:11Je vous le promets,
34:13nous serons en mesure
34:14de le faire.
34:22De ce fait,
34:23la vidéo montre
34:24très clairement
34:25que Joe Biden
34:27était convaincu
34:28que les États-Unis
34:29étaient en capacité
34:30de paralyser,
34:31à minima,
34:32les gazoducs.
34:34Ça s'est produit.
34:36On le disait tout à l'heure,
34:38la France était actionnaire
34:39de ces gazoducs,
34:40l'Allemagne encore plus.
34:42C'est ce qu'on appelle
34:43des intérêts stratégiques,
34:44capitaux.
34:46Comment expliquez-vous
34:47aujourd'hui
34:48qu'on en soit
34:49à une simple
34:50petite enquête
34:51globalement
34:52de l'Allemagne
34:53contre des ressortissants
34:54ukrainiens
34:57et que ça ne fasse
34:58pas plus de bruit ?
34:59Quand on voit
35:00tout le bruit médiatique
35:02autour des prétendues
35:03attaques de drones,
35:05etc., etc.,
35:06comment interpréter
35:07ce silence assourdissant
35:10sur cette enquête ?
35:11Déjà,
35:12c'est quand même terrible
35:13parce que dans cette vidéo,
35:14on l'a vu,
35:16Joe Biden,
35:17à côté de lui,
35:19qui est assis ?
35:21Olaf Scholz,
35:22le chancelier allemand.
35:23Donc, il dit ça
35:24avec le chancelier allemand.
35:27L'Allemagne,
35:29si vous voulez,
35:30elle a connu
35:3125 années,
35:32une vingtaine d'années dorées,
35:34en fait,
35:34à partir du début
35:36de l'an 2000
35:37parce qu'elle a bénéficié
35:39avec l'euro
35:40d'un taux de change
35:41constant
35:42avec les pays voisins
35:43européens
35:45qui lui a permis
35:46de gagner en compétitivité
35:47puisqu'en même temps,
35:48elle a procédé
35:49à ce qu'on appelle
35:49de la modération salariale
35:50avec les lois Hartz.
35:52Donc, elle a pris
35:53beaucoup de parts
35:53de marché
35:54à l'exportation
35:55aux autres pays européens
35:57et en plus,
35:58elle a beaucoup vendu
36:01à la Chine.
36:02À l'époque,
36:03la Chine était positionnée
36:04sur des biens
36:06consommation
36:06à faible valeur ajoutée
36:07et avait besoin
36:09des produits allemands,
36:11des machines
36:11d'outils allemands,
36:12aussi de l'automobile
36:14parce que les coûts
36:15de l'énergie
36:16ont beaucoup augmenté
36:17dans la décennie 2000.
36:18Donc, ça a été vraiment
36:19un âge d'or
36:19pour l'Allemagne
36:21et ce qui a permis
36:22ces tâches d'or,
36:23c'est qu'ils se sont organisés
36:25à partir du début
36:26des années 2000.
36:28Comme ils avaient décidé,
36:30suite à une coalition
36:31entre les Verts
36:31et Gerhard Schröder
36:32en 1998,
36:33de sortir du nucléaire
36:35en 20 ans,
36:36ça a été décidé en 2000,
36:38ils se sont dit,
36:38il faut qu'on trouve
36:39une alternative
36:39et l'alternative,
36:40c'était quoi ?
36:41C'était du gaz
36:41pour marcher russe.
36:42Donc, c'est pour ça
36:43qu'ils ont construit
36:43Nord Stream 1
36:44puis ensuite Nord Stream 2
36:45dans la décennie 2010
36:47et c'est ça
36:48qui permettait
36:49à l'Allemagne
36:49d'avoir son avantage
36:50compétitif
36:51sur l'industrie.
36:53Bon, ça,
36:54du jour au lendemain,
36:56c'était terminé
36:57avec la fin
36:58de Nord Stream.
37:01Je pense que
37:01les Allemands
37:02l'ont réalisé
37:04mais si vous voulez,
37:05en fait,
37:06premièrement,
37:07l'Europe,
37:08le vassal
37:08des États-Unis,
37:09on n'a pas vraiment
37:10notre mot à dire
37:11si vous voulez,
37:12et puis,
37:13deuxièmement,
37:16le méchant,
37:16c'est les Russes.
37:17Donc,
37:19à partir de là,
37:21tout le monde
37:22est couché.
37:24Et la France,
37:25elle,
37:25ne s'est quasiment
37:26pas exprimée ?
37:27La France
37:28n'importait pas
37:29beaucoup de gaz
37:31de Russie,
37:32je crois que c'était
37:32à peu près 15%
37:33de nos approvisionnements.
37:33C'est vrai qu'on a
37:34pas mal de terminaux
37:35d'importation
37:36de gaz naturel liquéfié
37:37et de Total,
37:38notamment,
37:38qui est impliqué
37:39dans un projet
37:40qui s'appelle
37:40Yamal.
37:41L'équification de gaz.
37:43Donc,
37:43on en a apporté pas mal
37:44pour le redistribuer
37:46aux autres voisins
37:47européens.
37:49Mais,
37:49moi,
37:50je l'ai beaucoup
37:50commenté,
37:53la fin de ce cordon
37:54ombilical,
37:55si vous voulez,
37:56c'est synonyme
37:58pour moi
37:58de la fin de l'Europe.
38:00C'est vraiment ça
38:01qui s'est joué.
38:02Et,
38:03si vous voulez,
38:03j'aime bien
38:04prendre un petit peu
38:04de recul.
38:05Quand on regarde
38:06les cas de puissance mondiale
38:07et par charité chrétienne,
38:09je vais inclure
38:10l'Union européenne.
38:12Donc,
38:12vous avez
38:13les États-Unis,
38:14la Russie,
38:15la Chine,
38:15l'Union européenne.
38:17Au début des années 2000,
38:19sur ces quatre puissances,
38:20il y en a une
38:21qui est l'énergie,
38:22c'est la Russie.
38:23Et la Russie,
38:23il se trouve qu'elle est
38:25entre,
38:25on va dire,
38:26elle est proche de l'Europe
38:27et puis c'est un des territoires
38:29européens
38:29et puis elle est aussi
38:29proche de la Chine.
38:31Les États-Unis,
38:32en 2005,
38:33sous le genre de bouche,
38:34décident de tout mettre en place
38:36pour développer leur pétrole
38:37et leur gaz de schiste.
38:38Donc,
38:38ça commence à partir de 2005
38:39et aujourd'hui,
38:40ils sont premier producteur mondial
38:42de pétrole,
38:43premier producteur mondial
38:43de gaz.
38:45La Chine,
38:46elle,
38:47elle n'a pas beaucoup
38:47de ressources
38:49mais elle décide quand même
38:50de développer
38:52ses capacités de pétrole.
38:53Donc,
38:53elle va à 5 millions de barils,
38:54quatrième producteur mondial,
38:56un tiers de sa consommation
38:57et à côté,
38:58elle développe
38:59depuis le début des années 2000,
39:00la voiture électrique.
39:01Avec 10 ans d'avance
39:02sur tout le monde
39:04pour deux raisons.
39:04Un,
39:05pour pouvoir les vendre
39:06au monde entier
39:06et puis deux,
39:07pour pouvoir
39:09contrôler,
39:10limiter l'augmentation
39:11de la consommation
39:11de pétrole
39:12et accessoirement,
39:13à terme,
39:14la faire diminuer.
39:14Qu'est-ce que fait
39:15l'Europe pendant ce temps-là ?
39:17L'Europe,
39:18pendant ce temps-là,
39:20elle s'interdit
39:21d'exploiter
39:22du pétrole et du gaz.
39:23En tout cas,
39:23nous,
39:24c'est ce qu'on fait
39:24en France
39:25mais c'est valable
39:25pour une grande partie
39:27des pays.
39:27Alors,
39:27on a quand même
39:28du pétrole et du gaz
39:29au Royaume-Uni,
39:29en Écosse
39:30et en Norvège.
39:31Mais c'est principalement
39:32là où ça se passe.
39:33On s'interdit ça
39:34et puis en fait,
39:35si vous voulez,
39:35l'Europe et l'Allemagne,
39:36leur puissance
39:37était liée
39:39à l'approvisionnement
39:41bon marché
39:41en matière première
39:42depuis la Russie,
39:44que ce soit du pétrole,
39:45du gaz,
39:46des métaux,
39:47des minéraux.
39:48Puis en fait,
39:49cette carte maîtresse,
39:50on s'en passe.
39:52Alors,
39:52on ne l'a pas vraiment choisie
39:54et de facto,
39:55qu'est-ce qui se passe ?
39:55Eh bien,
39:56on la donne à la Chine.
39:58On était les deux
39:59pays sans énergie,
40:01la Chine un peu plus que nous
40:01parce qu'ils sont
40:02un peu plus pragmatiques
40:03et donc cette carte
40:04d'énergie bombardière,
40:05on la donne à la Chine
40:06en 2022.
40:07Qu'est-ce qui se passe depuis ?
40:09Eh bien,
40:10vous avez la Chine
40:11qui est,
40:11un,
40:11montée en gamme
40:12sur ses produits.
40:13Donc,
40:13c'était le plan
40:14Medin China 2025
40:16où là,
40:16ils ont dit,
40:17on ne va pas faire juste
40:17des chaussettes
40:18et des brosses à dents,
40:19on va aussi faire
40:19des voitures électriques,
40:20des téléphones,
40:21toutes les hautes technologies.
40:22Grosso modo,
40:23les technologies
40:23sur lesquelles nous,
40:24nous sommes positionnés
40:25en Europe
40:26et on leur a en plus...
40:27Avec un avantage
40:27avec les terres rares en plus.
40:29Voilà,
40:29ils ont un contrôle
40:29de terres rares
40:31à 80-90%.
40:32Et en plus,
40:33on leur a donné
40:34cette carte d'énergie
40:35pas chère.
40:35Aujourd'hui,
40:36quand ils discutent
40:36avec la Russie
40:37qui essaye de leur faire construire,
40:39eux,
40:39ils ont leur Nord Stream
40:39à eux,
40:40c'est le power of Siberia.
40:41Ils en ont un
40:42et puis là,
40:43ils sont en train
40:43d'essayer de vouloir
40:44en faire un deuxième.
40:46Mais Xi Jinping,
40:47il leur dit,
40:47moi,
40:47si tu veux,
40:48tu peux le faire ton truc
40:49mais tu payes le tuyau,
40:50c'est toi qui le paye
40:51et le gage
40:52veut le même prix
40:53que ce que tu vends
40:55à tes citoyens russes.
40:57Donc,
40:57c'est un prix très...
40:58C'est pour ça
40:58que c'est bloqué d'ailleurs.
40:59C'est pour ça
40:59que c'est bloqué.
41:00Pour l'instant,
41:00ça n'avance pas
41:02parce que Xi Jinping
41:03n'a pas envie
41:03de se mettre,
41:04de reproduire non plus
41:05l'erreur des Européens.
41:07Mais donc,
41:08depuis qu'ils sont
41:09à la fois positionnés
41:10sur des hautes technologies
41:12et qu'ils avaient
41:13de l'énergie pas chère,
41:15le déficit commercial
41:16explose avec l'Union Européenne.
41:17On a un milliard
41:18d'euros par jour,
41:19360 milliards d'euros par an
41:20et souvenez-vous
41:21de ce que je viens de vous dire,
41:22en fait,
41:22ils refont la même chose
41:23que l'Allemagne.
41:25Positionnés sur des produits
41:26haut de gamme,
41:27énergie bon marché,
41:27russe d'ailleurs.
41:29Et le pire,
41:30c'est que les industriels
41:33allemands,
41:33qu'est-ce qu'ils font ?
41:34Les grosses industries chimiques,
41:35qu'est-ce qu'on fait de la chimie ?
41:37Vous avez besoin du gaz
41:38pour deux raisons.
41:38Un, c'est votre énergie
41:39et deux,
41:39c'est votre matière première
41:40que vous allez transformer
41:41comme BASF.
41:43Qu'est-ce qu'ils font ?
41:43Ils se disent,
41:43moi, écoutez,
41:44je n'ai plus accès
41:44au gaz russe en Allemagne,
41:46je vais continuer
41:47à produire avec du gaz russe,
41:48mais en Chine.
41:49Et donc,
41:50ils ferment leurs usines
41:51et partent en Chine.
41:52Et évidemment,
41:53l'Europe,
41:53regarde ça,
41:54n'en tire pas de conclusion
41:55et on a vu également
41:57Ursula von der Leyen
41:58qui va encore faire réduire
42:00les importations
42:01de gaz russe en 2027.
42:03C'est ce qui a été adopté
42:05par tous les États membres
42:08et Vladimir Poutine
42:09a eu la gentillesse
42:10de nous dire,
42:10écoutez,
42:11si vous voulez,
42:11on peut faire ça plus rapidement
42:12parce que moi,
42:13j'ai d'autres clients
42:14qui veulent mon gaz,
42:14donc on peut s'arrêter
42:15tout de suite
42:16si ça vous arrange.
42:17Pas de problème.
42:19Donc,
42:19oui,
42:22on a une classe politique
42:23qui pensait
42:24qu'on pouvait vivre
42:26entre guillemets
42:27d'amour et d'eau fraîche
42:28avec des panneaux solaires,
42:29des éoliennes.
42:31Pas encore.
42:32On pourrait,
42:33mais on reviendrait
42:34à quelque chose
42:35qui ressemble plus ou moins
42:36au Moyen-Âge.
42:37Je ne suis pas sûr
42:37que ce soit très heureux.
42:38En l'occurrence,
42:39pour le gaz,
42:40il se tournait vers
42:41une alternative
42:42au Qatar,
42:43je crois.
42:44Qui ça ?
42:45L'Europe.
42:46L'Europe,
42:48c'est assez simple.
42:48Le gaz,
42:49les alternatives
42:50à la Russie,
42:51c'est les grands producteurs,
42:52c'est les États-Unis,
42:53c'est l'Australie,
42:54c'est le Qatar.
42:55Vous avez aussi
42:56un petit peu d'Iran,
42:57mais eux,
42:57ils en exportent moins.
43:01Mais voilà,
43:02les États-Unis,
43:03c'est le fameux gaz de schiste,
43:04mais on n'est pas
43:04le seul à le vouloir.
43:05Et le Qatar,
43:06ils ne veulent pas
43:08se contraindre
43:09à notre réglementation
43:10sur les émissions
43:11de méthane
43:12et ils ne veulent pas
43:14signer des contrats
43:14à court terme.
43:17Donc,
43:20on est doucement
43:21en train
43:21d'organiser
43:22notre sevrage
43:24d'énergie fossile.
43:25donc ça va être
43:26très bon
43:26pour les émissions
43:27de CO2.
43:29Mais ça,
43:29ça rime souvent
43:30avec une économie
43:32qui diminue,
43:34en décroissance,
43:35en austérité,
43:35comme vous voulez,
43:36mais ça ne va pas
43:37dans le bon sens.
43:38Alors justement,
43:39en plus,
43:39on n'en a pas encore
43:40trop parlé,
43:41mais le parc nucléaire,
43:42globalement,
43:43ne fait pas partie
43:43des choix récents
43:45des gouvernements
43:46français successifs.
43:47On se rappelle,
43:48bien sûr,
43:48qu'Emmanuel Macron
43:49a fermé Fessenheim.
43:50Il avait annoncé
43:51des petits réacteurs,
43:52mais en réalité,
43:53il a essentiellement
43:54favorisé quand même
43:54les énergies alternatives,
43:58alternatives précisément.
44:00Pour vous,
44:01c'est un manque de vision,
44:02c'est de l'idéologie,
44:04c'est une capacité
44:06de nuisance assumée ?
44:07Comment voyez-vous ça ?
44:09Premièrement,
44:12Emmanuel Macron,
44:13s'il est aux manettes
44:14aujourd'hui,
44:16je vais vous faire un raccourci
44:18qui va vous faire sourire,
44:19mais s'il est aux manettes,
44:20s'il nous a rajouté
44:211300 milliards d'euros de dette,
44:2325 centimes de taxe
44:24sur l'essence,
44:2550 centimes de taxe
44:25sur le diesel,
44:26c'est malheureusement
44:27à cause du nucléaire.
44:28C'est à cause
44:29d'un accident nucléaire
44:31qui s'appelle Fukushima,
44:32qui a eu lieu en 2011
44:34et qui, selon moi,
44:38est la raison pour laquelle
44:39François Hollande a gagné.
44:41François Hollande a gagné
44:42comment ?
44:42Parce qu'il a réussi
44:43à rallier les écolos
44:46en annonçant quelque chose
44:47de complètement stupide
44:49qui était la fermeture
44:51de 24 réacteurs nucléaires,
44:52c'est-à-dire la moitié du parc,
44:54pour faire plaisir aux écolos.
44:56Je crois que ça,
44:56il l'a annoncé,
44:58si je ne dis pas de bêtises,
44:59en mai ou juin 2011.
45:01Donc un an,
45:03un peu moins d'un an
45:03avant l'élection
45:04et c'est comme ça
45:05qu'il a réussi
45:06à avoir les écolos
45:07et passer tout juste
45:09face à Nicolas Sarkozy
45:10et puis derrière
45:12avec son poulain,
45:12Emmanuel Macron,
45:13qu'il a lancé en 2014
45:15comme ministre de l'économie,
45:16etc.
45:16et on connaît malheureusement
45:18la suite de l'histoire.
45:20Donc Emmanuel Macron,
45:20il hérite de cette fermeture.
45:23Heureusement,
45:23on est passé de 24 réacteurs
45:24à un réacteur,
45:26Fessenheim,
45:27mais qui malheureusement
45:28est un réacteur
45:28qui était finalement
45:29le plus récent
45:30puisqu'il avait été refait à Neuble
45:32avec un ou deux milliards
45:33d'euros d'investissement.
45:34Donc Emmanuel Macron
45:36reçoit ça.
45:37Il reçoit aussi
45:39en 2017
45:39un rapport
45:41qui a été classé
45:42secret défense
45:43très rapidement
45:45qui recommandait
45:46la construction
45:46de six nouveaux réacteurs
45:48nucléaires, etc.
45:48Bon,
45:49comme le ministre
45:50de l'écologie
45:51à l'époque,
45:52c'était Nicolas Hulot
45:52qui n'est pas un grand fan
45:53du nucléaire,
45:55le rapport est vite fini
45:56dans un tiroir,
45:57comme d'ailleurs
45:58un certain nombre de rapports.
45:59Un peu le drame,
46:00c'est que dans l'administration,
46:02on a des gens
46:02qui font des très bons rapports
46:03mais le problème,
46:04c'est qu'ils n'arrivent jamais
46:05au bon niveau
46:07et qu'ils ne passent jamais
46:08pour des mauvaises raisons.
46:10Donc,
46:12il a fallu attendre
46:13cette crise
46:13sur le prix du gaz,
46:15un prix du gaz
46:15qui est monté
46:15à 350 euros
46:16du mégawatt-heure,
46:17un prix d'électricité
46:18qui est monté
46:18à 1000 euros
46:19du mégawatt-heure
46:21pour qu'Emmanuel Macron
46:23vire sa cutie
46:24et se dise
46:25« Ah, finalement,
46:26dans cette grande messe
46:27organisée à Belfort,
46:29oui,
46:29on va relancer
46:29des réacteurs nucléaires. »
46:31Mais bon,
46:32quand on a fermé
46:33Fissenheim
46:33qui fonctionnait parfaitement,
46:35qui faisait à peu près
46:36les deux réacteurs,
46:38je crois que c'était
46:38800 ou 900 mégawatts,
46:42donc ça fait 1,8 gigawatt.
46:44En fait,
46:451,8 gigawatt,
46:45c'est grosso modo
46:46un EPR
46:47qui lui coûtait
46:4815 ans
46:49et 15 milliards
46:49à construire.
46:50Donc,
46:51c'est un petit peu
46:53dommage.
46:55C'est un gâchis
46:56Un petit peu dommage,
46:56oui,
46:57c'est un gâchis certain.
46:59Non,
46:59là,
47:00ce qu'il faut être...
47:01Bon,
47:02et puis accessoirement,
47:03en 2019,
47:04il a aussi arrêté
47:04le programme de recherche
47:05Astrid,
47:06qui était le nucléaire
47:08de la quatrième génération,
47:10ce qu'on appelle
47:10la fermeture du cycle
47:12où on va consommer
47:12nos déchets
47:13dans ces surgénérateurs
47:15dont nous étions
47:17les meilleurs au monde,
47:19tout simplement.
47:19De temps en temps,
47:20on peut le lire.
47:20Il n'y a pas que le football
47:23et ce phénix,
47:24super phénix,
47:25qu'on a fait
47:25des années 70
47:26aux années 90.
47:28Donc,
47:29il a aussi arrêté ça
47:30et puis,
47:31effectivement,
47:31il continue à investir
47:32beaucoup d'argent
47:33qui nous coûte très cher
47:35dans des énergies renouvelables
47:36dont nous n'avons pas besoin
47:38puisque notre parc
47:40de réacteurs nucléaires fonctionne
47:41et que la meilleure idée
47:43qu'on pourrait avoir,
47:43c'est d'essayer
47:44de le faire fonctionner
47:44le plus longtemps possible,
47:46comme le font
47:46les Américains
47:48avec un parc
47:49des réacteurs
47:49qui sont exactement
47:51les mêmes
47:51que les nôtres.
47:52On se demande pourquoi ?
47:54Comment ça ?
47:55Parce qu'il y a eu
47:55des échanges
47:56et des transferts
47:56de technologies
47:58au gré de fusion
47:59et d'acquisition.
48:00Non, non,
48:00quand nous,
48:01on a développé
48:02le parc nucléaire,
48:03le général de Gaulle
48:04avait le choix
48:05entre un réacteur du CEA,
48:08graphite gaz
48:08et un réacteur nucléaire
48:10Westinghouse
48:11à eau pressurisée
48:13et ça a été compliqué
48:14pour lui
48:15mais la technologie
48:16américaine était meilleure.
48:17Donc,
48:17on a construit
48:17des réacteurs
48:18sous licence américaine.
48:19C'est pour ça
48:19que je dis
48:20qu'on a les mêmes réacteurs
48:20parce que c'est
48:21des réacteurs américains.
48:22Après,
48:22on a francisé
48:23et notamment
48:24c'est ces réacteurs francisés
48:25qui ont eu des problèmes
48:26de corrosion
48:26sous contrainte
48:27parce qu'en fait
48:27on a changé un peu
48:29la géométrie des tuyaux
48:30et ça posait des problèmes
48:31pour les sodures.
48:32Bref,
48:33donc ces réacteurs américains,
48:34eux aux Etats-Unis,
48:34ils les font durer
48:35de jusqu'à 80 à 100 ans
48:37parce que
48:38la réglementation
48:39est beaucoup moins pénalisante
48:41et qu'on leur demande
48:42simplement
48:42de respecter
48:44leur cahier des charges
48:45qui était celui
48:45à leur construction.
48:47Alors qu'aujourd'hui,
48:48les mêmes réacteurs,
48:49on leur demande
48:49de respecter
48:50le cahier des charges
48:51de l'EPR.
48:52Donc il faut qu'ils soient capables
48:54de résister
48:54à un tremblement de terre
48:55comme Fukushima,
48:56il faut qu'ils soient capables
48:57de se prendre
48:58un Boeing 747
48:59comme le 11 septembre,
49:01etc.
49:03Donc si vous voulez,
49:04c'est comme ça
49:04qu'on fait un monstre
49:06qui s'appelle
49:07accélèrement l'EPR
49:08qui est inconstructible
49:09et infinançable.
49:12Donc on utilise
49:13notre réacteur,
49:14on fait,
49:14et c'est un petit peu
49:15si vous voulez,
49:16quand vous regardez
49:17les taux d'intérêt,
49:184,5%,
49:19la dette,
49:191 500 milliards d'euros,
49:21on a des infrastructures
49:23en place,
49:23il va falloir faire
49:24beaucoup mieux
49:25avec ce qu'on a.
49:27Mais on n'aura plus
49:28l'argent
49:29pour construire
49:30beaucoup de choses.
49:31Donc quand on met
49:32de l'argent,
49:33déjà,
49:34il faut que ça serve
49:35à quelque chose.
49:36C'est pour ça que je vous dis,
49:38continuer à mettre
49:39des parcs éoliens
49:39en mer,
49:40etc.
49:42Alors qu'on est déjà
49:43en surabondance
49:44d'électricité,
49:45est-ce que ça sert
49:45à quelque chose ?
49:47Je ne crois pas.
49:48Il n'y a pas d'urgence
49:48en tout cas,
49:49aujourd'hui,
49:49c'est ce que disent
49:50la plupart des gens
49:50puisque la consommation
49:51d'électricité
49:53baisse quand même
49:53depuis 2009.
49:55On va voir en tête.
49:59Donc oui,
49:59Emmanuel Macron,
50:00l'énergie se passe en forme.
50:02Mais alors justement,
50:03quand on voit,
50:04et ça va être la conclusion
50:05un peu de cette émission,
50:06quand on voit
50:06cette situation
50:08et particulièrement en France
50:09puisqu'on est quand même
50:10à l'aube d'une élection présidentielle,
50:11une situation économique
50:12très difficile,
50:13est-ce que finalement,
50:14on n'aurait pas pu prévoir
50:15cette situation économique
50:16tout simplement
50:17en regardant
50:17l'état énergétique
50:19de notre pays
50:19et la chute
50:21de notre souveraineté énergétique ?
50:23– Alors,
50:25il y a deux écoles
50:27pour savoir
50:27si la France
50:28est souveraine
50:28ou pas énergétiquement.
50:30Quand vous regardez d'ailleurs,
50:32souvent,
50:32les gens vous disent
50:33oui,
50:33nous,
50:33on est souverains
50:34à 50 %,
50:35d'autonomes
50:35à 50 %,
50:36pourquoi ?
50:37Parce qu'ils disent
50:37oui,
50:38en fait,
50:38la moitié de l'énergie,
50:39c'est le nucléaire.
50:41Mais le nucléaire,
50:42jusqu'à preuve du contraire,
50:43l'uranium ne pousse pas
50:45sur le champ de Mars.
50:47Donc l'uranium,
50:48on l'importe.
50:49On l'importe du Niger,
50:51on l'importe peut-être du Mali,
50:53du Kazakhstan,
50:54du Canada,
50:55peut-être un peu d'Australie.
50:56– Et puis,
50:56accessoirement,
50:57si on démantèle l'industrie,
50:58c'est aussi de plus en plus facile
51:00d'être souverain
51:00puisqu'on consomme
51:01de moins en moins d'énergie.
51:03– Oui, bien sûr.
51:05Mais donc,
51:06bon,
51:07nucléaire,
51:07l'uranium,
51:08on dit qu'on est souverain,
51:09mais bon,
51:09il n'est pas chez nous.
51:10– En plus.
51:11– Mais de la même manière,
51:12l'uranium,
51:13d'ailleurs,
51:13on va le traiter
51:14et on va faire fonctionner
51:15nos centrales.
51:15De la même manière,
51:16le pétrole,
51:17on ne l'a pas,
51:17mais des raffineries,
51:18on en a chez nous.
51:19Donc pour le coup,
51:20on a des raffineries.
51:21Donc on pourrait dire
51:22qu'on est souverain
51:23sur le carburant
51:23puisqu'on a des raffineries.
51:25Bref.
51:26Donc,
51:27si vous voulez,
51:27la souveraineté,
51:28c'est la gestion
51:30de ses dépendances,
51:31grosso modo.
51:33Donc,
51:34typiquement,
51:35quand on s'est fait sortir
51:36d'Afrique,
51:36du Niger et du Mali,
51:38il faut qu'on s'organise
51:39pour notre approvisionnement
51:40en uranium.
51:42Là,
51:43malheureusement,
51:45ce qu'on aurait pu faire
51:48sur le pétrole.
51:49Moi,
51:50quand j'étais conseiller
51:51scientifique
51:51à France Stratégie,
51:52par exemple,
51:52en 2019,
51:53j'ai suggéré,
51:56j'ai constaté
51:56que les voitures
51:57avaient pris
51:58beaucoup de poids
51:58depuis 20 ans
51:59et qu'une façon
52:00peut-être intelligente
52:01de réduire
52:02leur consommation
52:02d'énergie,
52:04que ce soit
52:04du pétrole
52:05ou de l'électricité,
52:06c'est de réduire
52:07un peu la taille.
52:07Et donc,
52:08j'avais proposé
52:08un système
52:08où on encourageait
52:09les gens
52:10à avoir des voitures
52:10plus légères,
52:11vous donnez un bonus
52:12pour les voitures plus légères
52:13et vous donnez un bonus
52:14pour les voitures plus lourdes.
52:15Et grosso modo,
52:17c'était neutre.
52:18C'était neutre
52:20et donc les gens
52:20qui voulaient avoir
52:21des voitures plus lourdes
52:21n'ont pas de problème
52:22et ils permettaient
52:24d'aider les gens
52:24qui voulaient
52:25des voitures plus légères
52:25à l'acheter.
52:27Donc ça,
52:28c'était un mécanisme
52:29un peu vertueux
52:29et ça permettait
52:30de réduire
52:30le poids des voitures
52:32et accessoirement
52:32leur consommation.
52:33À l'époque,
52:34la ministre du Transport,
52:36Elisabeth Borne,
52:38on a eu le droit
52:39à l'Assemblée nationale
52:40lors du vote
52:41du projet de loi
52:41des finances,
52:43quelque chose
52:43qui ressemblait
52:44à France Stratégie.
52:45D'habitude,
52:45ils font des rapports
52:46très intéressants,
52:46mais là,
52:47je ne vois pas du tout
52:49l'intérêt de cette histoire
52:50et le rapporteur
52:52du projet de loi
52:52des finances
52:52étant député
52:55dans les...
52:56Je ne dis pas de bêtises
52:56de la Savoie
52:57ou les Alpes du Nord,
52:58il dit oui,
52:59surtout moi,
52:59je suis moins tout
52:59mon rôle en 4K
53:00donc ça ne me dérange
53:01pas trop votre histoire.
53:03Bon,
53:03deux ans après,
53:04on avait le conflit
53:04avec la Russie.
53:06Donc ça,
53:07c'était une façon
53:07de réduire
53:08notre consommation
53:08de pétrole.
53:09Une autre façon
53:10que fait un peu
53:11le gouvernement
53:12avec son leasing social,
53:13c'est d'encourager
53:14les gens
53:14qui sont multimotorisés,
53:15qui n'habitent pas
53:16en ville,
53:17qui ont deux voitures,
53:18d'en passer une
53:19à l'électricité
53:21avec un loyer
53:21qui va être plus faible
53:23que le coût
53:24du carburant.
53:25C'est des choses
53:26qu'on peut faire.
53:27Bon,
53:27je ne parle pas
53:28du vélo,
53:29ce genre de choses,
53:29mais effectivement,
53:30tous les moyens
53:31d'essayer de réduire
53:32la consommation
53:32du carburant.
53:33En ce moment,
53:33le covoiturage,
53:34par exemple,
53:34c'est une chose
53:34qui est intéressante
53:35et qui peut être
53:36mis en place
53:36et encouragé.
53:37Mais une fois de plus,
53:38c'est plutôt
53:38dans toutes les zones rurales.
53:39Le problème,
53:40si vous voulez,
53:41on a tendance,
53:41parfois,
53:42parce que beaucoup
53:43de médias sont basés
53:44dans les villes,
53:45je ne dis pas que à Paris.
53:46Être très centralisé, oui.
53:47En fait,
53:48dans les villes,
53:48il n'y a pas de sujet.
53:50Le sujet,
53:50c'est les gens
53:50qui n'ont pas
53:51de transport en commun
53:52et qui n'ont pas
53:52d'alternative à la voiture.
53:53Donc,
53:53c'est ces gens-là
53:54qui sont occupés.
53:54D'ailleurs,
53:55ça tombe bien,
53:55c'est eux qui étaient
53:56dans la rue,
53:56c'est ce qu'on appelait
53:57les fameux gilets jaunes
53:58à l'époque.
53:59Donc,
53:59c'est de ces gens-là
54:00qu'il faut s'occuper.
54:01C'est ces gens-là
54:01qui sont le plus vulnérable
54:05à toutes les crises
54:06qu'on aura sur les carburants.
54:08J'ai peur,
54:08maintenant,
54:08que ce ne soit pas
54:10la dernière.
54:11Et toute dernière question,
54:12Nicolas Meillant,
54:13on arrive aussi
54:14à une autre échéance.
54:15Celle-là,
54:16elle est internationale
54:17puisque Donald Trump
54:17va devoir affronter
54:18les élections de mi-mandat.
54:20Certains lui prédisent
54:21un revers.
54:22C'est souvent ce qui arrive
54:23pour les présidents
54:24en exercice.
54:25Est-ce que vous pensez
54:26qu'en cas de revers
54:28de Donald Trump
54:29et d'arrêt de la guerre
54:31en Iran,
54:32on pourrait espérer
54:33finalement terminer
54:34avec cette crise du pétrole ?
54:40Non,
54:40j'aimerais beaucoup.
54:42J'aimerais beaucoup,
54:43mais vous savez,
54:44on est dans
54:46un monde
54:47qui est en train
54:47de changer,
54:48je pense,
54:49sous nos yeux.
54:51Ça a toujours été le cas,
54:51mais là,
54:52on a quand même
54:53un basculement,
54:54je pense,
54:56qui se fait mécaniquement
54:58des États-Unis
54:59vers la Chine
55:00où, par exemple,
55:01les États-Unis
55:02étaient en charge
55:03de la sécurité
55:04du Moyen-Orient
55:04depuis 1945,
55:06le pacte du Coincis,
55:08pétrole contre sécurité
55:09avec l'Arabie saoudite.
55:11Il me semble
55:12que la quinzaine
55:13de bases américaines
55:14au Moyen-Orient
55:15a été significativement
55:17endommagée
55:17et donc qu'on va passer
55:19à une autre forme
55:20d'architecture
55:21de sécurité,
55:21peut-être
55:23qu'entre pays du Golfe.
55:26j'imagine
55:26que les Chinois
55:27auront un rôle
55:28à jouer aussi
55:29puisque ils sont
55:29très implantés
55:30localement
55:31et discrètement
55:32dans toutes les régions
55:33dans lesquelles ils sont.
55:35Accessoirement,
55:35en Europe,
55:36on aura aussi besoin
55:36d'une architecture
55:37de sécurité.
55:38On a dû mettre en place
55:39déjà depuis 1991,
55:41depuis 35 ans.
55:44Donc,
55:45et puis Donald Trump,
55:46je ne sais pas
55:46si vous l'avez vu,
55:47mais il a dit
55:47que de toute façon,
55:48la guerre en Iran
55:49est terminée
55:49le lendemain
55:50de l'élection.
55:50Voilà.
55:51Donc,
55:52comme il nous avait dit
55:53que la guerre en Ukraine
55:54serait finie en 24 heures,
55:57j'ai tendance
55:59à prendre
56:00les propos
56:01de Donald Trump
56:01avec des pincettes
56:03et je pense
56:05qu'il participe
56:06plus au chaos
56:08du monde
56:08que malheureusement
56:09qu'à...
56:10Donc,
56:11je ne vois pas
56:13malheureusement
56:13la...
56:13J'aimerais beaucoup,
56:15mais je ne vois pas
56:16la situation
56:17se résoudre.
56:18La seule façon
56:20pour que ça se résolve,
56:22c'est que les Américains
56:24quittent le Moyen-Orient
56:26et je ne suis pas sûr
56:27que ce soit prévu.
56:29Eh bien,
56:30tant pis,
56:30je voulais ma note d'espoir
56:31à la fin de cette émission,
56:32c'est donc raté.
56:33Prochaine fois.
56:34Promis.
56:34Promis.
56:35Merci beaucoup,
56:36Nicolas Meillant.
56:36En tous les cas,
56:37merci à tous
56:38de nous avoir suivis.
56:39J'espère que cette émission
56:40vous a plu.
56:40Si vous ne l'avez pas déjà fait,
56:41n'oubliez pas
56:42les petits commentaires
56:42juste en dessous,
56:43le petit pouce en l'air
56:44et puis bien sûr
56:45relayer au maximum.
56:46Cette émission,
56:47je vous donne rendez-vous
56:47la semaine prochaine
56:48pour un prochain numéro.
56:49En attendant,
56:50portez-vous bien.
56:51A bientôt.
Commentaires

Recommandations