- il y a 4 heures
L’intelligence artificielle et la robotisation pourraient bouleverser profondément le monde du travail. Selon l’ingénieur financier Pierre-Alexandre Ponant, jusqu’à 75 % des métiers pourraient à terme disparaître sous l’effet de machines capables d’accomplir une part croissante des tâches humaines. Que deviendrait alors une société où le travail ne serait plus nécessaire pour produire les richesses ? Qui profiterait des gains de productivité générés par l’IA et les robots ? Et surtout, à qui appartiendraient les machines ? Dans son livre "Intelligence artificielle, robotisation, chômage technologique : Et si la disparition du travail et la distribution gratuite des ressources étaient l’avenir de la société ?", Pierre-Alexandre Ponant explore ces bouleversements et pose la question d’une nouvelle organisation économique, pouvant aller jusqu’à la nationalisation des machines.
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00:05Bonjour à tous, bienvenue dans notre Zoom, aujourd'hui en compagnie de Pierre-Alexandre Ponant.
00:11Bonjour, monsieur.
00:12Bonjour.
00:12Pierre-Alexandre Ponant, vous êtes ingénieur financier.
00:16Vous publiez l'ouvrage dont on va parler dans un instant,
00:19Intelligence artificielle, robotisation, chômage technologique,
00:23et si la disparition du travail et la distribution gratuite des ressources étaient l'avenir de la société.
00:32Alors, l'intelligence artificielle générale, vous l'évoquez dans votre ouvrage,
00:38c'est ce que vous annoncez pour l'année prochaine, elle sera en place, semble-t-il.
00:44Est-ce que vous pouvez nous en donner une définition
00:46et quelle serait la différence avec les intelligences artificielles qu'on utilise déjà aujourd'hui ?
00:52Alors, l'intelligence artificielle générale, c'est une intelligence qui est supérieure ou égale,
00:57en tout cas au moins égale, à l'ensemble de l'intelligence collective de l'humanité,
01:03c'est-à-dire que ce soit en mathématiques, en physique, en médecine,
01:06et après en termes logiques, ce qu'on appelle le facteur G, le quotient intellectuel,
01:10c'est-à-dire que c'est une intelligence artificielle capable de résoudre les mêmes problèmes logiques.
01:13On a déjà par exemple des IA qui sont capables de résoudre,
01:16comme il y a un ou deux jours, les équations de Navier-Stokes en mathématiques,
01:21donc des problèmes qu'aucun mathématicien n'avait réussi à résoudre.
01:26Et donc ça, c'est l'AGI.
01:28Et après, on a une autre étape, qui est l'ASI, l'intelligence artificielle supérieure,
01:34et qui est donc un quotient intellectuel bien supérieur à l'être humain.
01:38Et donc, cette intelligence artificielle générale,
01:42qu'est-elle de différent avec ce qu'on a aujourd'hui, la différence exactement ?
01:47C'est juste qu'en fait, elle ne va pas faire d'hallucinations,
01:49elle ne va pas se tromper, elle va avoir des capacités de raisonnement supérieures.
01:54Il y a quelque chose qui est un petit peu mal compris par le grand public,
01:56c'est comment l'IA va réfléchir.
01:59Alors, pour ceux qui se sont renseignés,
02:00ils savent qu'en fait, ça se base sur des prédictions de mots.
02:03Mais en fait, c'est beaucoup plus complexe que ça.
02:05L'IA a créé ses propres capacités de raisonnement.
02:09Par exemple, je vais vous donner un exemple qui l'illustre.
02:11Ils ont pris un jeu de 64 cases, similaire aux échecs,
02:17mais un petit peu différent,
02:18et ils donnaient juste les coups à l'IA sans lui dire ce qu'il devait faire.
02:21Et l'IA était capable de comprendre que c'était un jeu de 64 cases,
02:25de comprendre les règles et de comprendre après les stratégies sans qu'on lui ait donné.
02:28C'est-à-dire qu'elle ne faisait plus que de la prédiction,
02:31comme si c'était le mot d'après,
02:32elle avait internalisé la logique.
02:34Et en fait, c'est ce qui est fait pour le raisonnement mathématique et logique.
02:38Alors, on a entendu ces dernières semaines dans les médias,
02:42certaines personnes prédirent que l'intelligence artificielle
02:46pourrait détruire l'humanité d'ici 2030.
02:50Et il y a des gens qui ont estimé que ce risque était égal à 10%.
02:54Qu'est-ce que ça vous évoque, ça ?
02:56Ouais, moi qui aime bien les maths,
02:57je n'aime pas les chiffres un petit peu balancés comme ça.
02:59Il faudrait voir comment ils l'estiment.
03:00Oui, mais en tout cas, c'est vrai qu'on ne peut pas nier qu'il y ait une forme
03:04de réalité derrière.
03:06On peut se poser la question, comment l'IA détruirait la planète ?
03:09Alors, imaginez une intelligence artificielle avec une intelligence décuplée par rapport à l'être humain
03:14qui pourrait user de ruse, qui pourrait hacker une centrale nucléaire,
03:18qui pourrait simuler des pandémies, qui pourrait faire des fake news,
03:22qui pourrait couper l'électricité et qui pourrait se retourner contre son créateur
03:27en s'imaginant que l'humain est un cancer pour la planète.
03:30Ça peut être un scénario.
03:31C'est pour ça que je pense que c'est quand même important d'avoir des garde-fous.
03:35Moi, je suis plutôt optimiste là-dessus.
03:36J'y crois moyennement.
03:38Je pense plutôt à une IA qui serait empathique et bénéfique.
03:43Mais évidemment, on n'est jamais à l'abri de rien.
03:46Donc, c'est ce que voulait exprimer ce chercheur qui est démissionné d'anthropie.
03:50Alors, pourquoi vous estimez que cette nouvelle génération d'intelligence artificielle,
03:55c'est-à-dire l'intelligence artificielle générale, pourrait détruire,
03:59pourrait remplacer une partie importante des métiers intellectuels ?
04:03J'ai estimé que 75% des métiers pourraient disparaître.
04:07Alors, on le voit bien.
04:08Les traducteurs.
04:08Moi, j'ai des amis traducteurs.
04:09Ils sont en train de perdre tous leurs contrats parce que maintenant, l'IA le fait automatiquement.
04:14Tous les métiers de bureau, que ce soit la comptabilité, les architectes.
04:17Si on regarde le nouveau chat GPT-6, maintenant, il nous fait les plans absolument en 3D,
04:23mais en quelques secondes, un travail d'architecte qui prendrait des mois.
04:28Comment dire ? Les télécommunications, les call centers, maintenant, on a des bots IA
04:33qui peuvent répondre avec des nuances de voix qui sont totalement humaines
04:36et ça va encore s'améliorer.
04:37On sera même incapable de discerner et répondre en plus de manière personnalisée.
04:42On a tous les métiers, même, par exemple, la médecine avec les Google DeepMind
04:48qui a réussi à surperformer des diagnostics de cancer sur des radios
04:52ou les meilleurs ophtalmologues parce qu'elle était capable de voir des choses.
04:57Elle est capable de digérer des millions de nouvelles études scientifiques.
05:01Ce que le médecin n'a pas le temps de faire, c'est déjà qu'il est très occupé.
05:05Après, ça peut être pour les enseignants, ça peut être pour tous les métiers de la bureautique, finalement.
05:10Et puis, il y a aussi les robots. Il ne faut pas oublier les robots.
05:13Moi, je vis en Chine et en Chine, on voit déjà à Shenzhen des taxis sans chauffeur.
05:18On voit des dark factories qui sont capables de produire des voitures ou des téléphones
05:22sans quasiment aucun être humain, avec juste quelques contre-maîtres qui vérifient.
05:25Et ils ne mettent pas la lumière parce qu'il n'y a pas d'employés.
05:29On a des livraisons type Uber Eats par drone.
05:32Donc, en fait, ils ont même des livraisons avec des petits robots dans la rue.
05:36Et même quand on est à l'hôtel, on peut commander et le robot va prendre l'ascenseur
05:40et aller livrer le repas chez vous.
05:42Donc, imaginez tous les métiers du transport, la logistique qui peuvent être remplacés.
05:45Ils ont des camions maintenant sans chauffeur.
05:47Donc, si vous voulez le potentiel de remplacement par la robotique et par l'IA, il est démentiel.
05:52Et moi, j'ai calculé, je fais une analyse de tous les métiers.
05:54Si on enlève les bullshit jobs aussi et les métiers qui peuvent être remplacés,
05:58on arrive à 75% de métiers qui pourraient disparaître.
06:01Les bullshit jobs, c'est-à-dire journalistes, c'est un bullshit job ?
06:03Non, non, ça, c'est un métier utile.
06:05Moi, ça, c'est un métier indispensable.
06:06D'ailleurs, c'est même un métier passion.
06:08Non, mais les métiers bullshit jobs, ça peut être tous les gens qui font des reporting,
06:12qui remplissent des grilles Excel, qui font des rapports que personne ne lit
06:14ou des choses, en fait, qui sont là pour perpétuer un système qui n'est pas toujours très efficace.
06:19Par exemple, quand on vous fait fabriquer des prises qui ne sont pas compatibles
06:24entre un iPhone, un Samsung, un câble HDMI, etc.
06:27Parce que, ou les écouteurs, il faut racheter l'autre marque,
06:30ou des produits qui cassent le plus vite possible, ce qu'on appelle l'obsolescence programmée.
06:33Ils mettent des puces dans les imprimantes.
06:35Ou, par exemple, il y a une ampoule dans une caserne en Californie
06:38qui brille depuis plus de 120 ans, si je ne me trompe pas.
06:41Oui, j'ai vu ça.
06:42Elle a épuisé, d'ailleurs, plusieurs webcams.
06:43Elle continue d'éclairer.
06:45Oui, voilà, les webcams surveillent le moment où elle va craquer, elle a l'ampoule.
06:49C'est ça, c'est ça.
06:50Et là, elle est encore là.
06:51Et là, maintenant, il faut que les ampoules tiennent deux ans.
06:54Michelin avait inventé un pneu increvable.
06:56Mais s'il ne vend qu'un pneu tout au long de notre vie, ils ne font pas du business.
06:58Mais c'est pour ça qu'il faut repenser le modèle en enlevant les bullshit jobs aussi.
07:03Donc, si ces machines, couplées à l'intelligence artificielle,
07:08deviennent capables d'accomplir une grande partie des tâches humaines,
07:11quelle place restera-t-il au travail dans la société humaine ?
07:15Je pense que l'humain a un rôle essentiel.
07:17Déjà, il y a des choses qui ne sont pas remplaçables par les robots
07:20ou qui n'ont pas vocation.
07:21Par exemple, un enseignant, même si on peut apprendre avec l'IA,
07:24c'est quand même important d'avoir un rapport humain.
07:27Il y a de la psychologie, il y a le côté mentor.
07:30Un infirmier, on a besoin de chaleur humaine quand on est malade.
07:33On n'a pas envie d'être soigné par un robot.
07:35Mais après, il y a même plein de métiers qui, eux, sont moins menacés par l'IA.
07:38Après, dans 10-20 ans, j'en suis pas sûr,
07:41mais ça peut être un plombier, ça peut être un charpentier,
07:44ça peut être un coiffeur.
07:45C'est très, très difficile d'avoir le geste précis
07:47pour couper des cheveux, par exemple.
07:49Donc, il y a encore des métiers qui sont indispensables
07:51et il faut vraiment garder ce côté humain.
07:54C'est-à-dire que moi, je ne suis pas pour le fait qu'il y ait des robots partout.
07:57Mais on ne se rend pas compte, les gens ont déjà des machines tout autour d'eux
08:01qui font tout pour eux.
08:02Quand on va boire une bière dans un parc,
08:04les gens ne se rendent pas compte qu'il y a des excavatrices
08:06qui ont pris le métal pour faire la canette de bière.
08:08Il y a des machines énormes dans des usines énormes
08:10qui ont fait leur canette de bière.
08:12Ils sont allés avec une voiture et puis il a fallu forer le pétrole.
08:16En fait, ils sont en train de se balader dans le parc avec leur bière
08:18en se disant, moi, je n'aime pas les robots.
08:19Mais ils ne se rendent pas compte que pour vivre leur vie quotidienne,
08:22il y a plein de robots qui sont cachés dans des usines
08:24qui font déjà le travail pour eux.
08:26Alors, on a cette entreprise américaine qui s'appelle Neuralink
08:32qui propose à terme d'installer des puces électroniques
08:35pour améliorer les capacités cognitives humaines.
08:38Qu'est-ce que vous pensez de ce genre de…
08:39Oui, ça, c'est assez triste.
08:42Finalement, on tombe dans le dystopique.
08:45Par contre, je suis assez pessimiste sur leur capacité à réussir à le faire.
08:48En arrière, on voit bien qu'ils n'avancent pas depuis des décennies.
08:51L'IA avance super vite, le Neuralink, ça n'avance pas.
08:53Parce que, comme on a parlé avant en aparté,
08:55je suis vraiment passionné de biologie.
08:57Et les cellules, on est incapable de reconstruire une cellule de base,
09:00même avec tous les composants.
09:02Une cellule, c'est plus compliqué qu'une fusée de la NASA.
09:04Et arriver à connecter l'électronique humaine à la cellule,
09:09on en est à des années-lumière.
09:10Donc, je pense que ça n'arrivera même pas dans un futur proche.
09:13Mais en tout cas, moi, à titre personnel, je suis défavorable à ça, bien sûr.
09:16Alors, comment une société pourra fonctionner
09:18si travailler n'est plus une nécessité économique
09:22pour faire avancer l'ensemble de la société ?
09:26Alors, moi, je suis pour le fait qu'on tire profit de ça
09:29pour que les gens puissent enfin vivre une vie dont ils rêvent.
09:32C'est-à-dire une vie où on se répartirait les métiers
09:35qui sont indispensables entre les gens,
09:37donc, comme je disais, enseignants, pompiers,
09:40techniciens de retraitement des eaux, ingénieurs, etc.
09:42Et que, comme on a moins de travail pénible,
09:46les gens puissent se répartir le travail
09:48et diminuer drastiquement le temps de travail.
09:50Et donc, en échange de ça,
09:52ils peuvent aussi se consacrer à des choses
09:55qui les passionnent vraiment.
09:56Ça peut être voyager, lire, faire du journalisme,
09:59passer plus de temps avec leurs familles, leurs amis,
10:01faire du sport, du développement personnel,
10:03mais aussi travailler, puisque le travail, en fait,
10:05il y a le travail labeur, mais il y a aussi le travail passion.
10:07Je pense que, par exemple, être journaliste à TV Liberté,
10:10c'est une passion.
10:11Et par contre, porter des charges d'ours
10:13dans un entrepôt Amazon,
10:14je pense que ça, c'est un peu plus délicat.
10:16Les gens sont tous passionnés.
10:17Qu'est-ce qu'ils vont vouloir faire demain ?
10:19Posez-vous la question chez vous.
10:20Peut-être que des gens voudront faire musicien,
10:22prof de yoga, chercheur en astronomie,
10:25en botanique, aider les animaux maltraités, etc.
10:29Chacun, en fait, l'être humain a des envies,
10:32il a envie de se bouger.
10:33Et je pense que les gens, des fois,
10:35comme ils ont des longues semaines de travail,
10:36ils ne s'imaginent pas la liberté qu'ils pourraient avoir.
10:38Et moi, je suis pour cette liberté.
10:39Mais en plus de ça, ça pourrait créer un dynamisme.
10:42Il y a aussi des activités non économiques
10:43qui ne sont pas toujours valorisées.
10:45Mais on peut créer son entreprise à côté.
10:47On peut…
10:48Voilà, il y a tout un tas de choses à faire, en fait.
10:50Et après, ça remet en question aussi
10:52certaines valeurs,
10:54l'héritage chrétien
10:57qui, on nous explique dans la Bible,
11:00que l'homme va devoir gagner son pain
11:02à la sueur de son front.
11:03Donc, ça va remettre en question
11:05tout ce qu'on nous a appris
11:07dans notre héritage chrétien.
11:08Bien sûr, c'est un changement de paradigme total.
11:11Mais après, j'ai envie de dire
11:13pour les gens qui ont vraiment des métiers très pénibles,
11:15je ne sais pas, moi,
11:15les femmes de ménage dans les hôtels,
11:18les gens qui travaillent dans les usines,
11:19des chauveaux,
11:20les caissières,
11:21c'est des métiers qui sont quand même pénibles.
11:22Et je me dis que si on peut améliorer leur vie,
11:24c'est quand même bien.
11:26Mais, alors ça, c'est dans le cas
11:28où le monde politique se bougerait.
11:30Mais quand on entend des gens
11:31qui veulent encore augmenter l'âge de la retraite,
11:33alors que là, tous les métiers
11:34vont être en train de disparaître,
11:35on se sent un décalage avec la politique.
11:36Et moi, je suis assez pessimiste
11:38parce que même si j'amène cette solution-là,
11:40j'ai l'impression que le monde politique
11:41ne va pas aller vers ça.
11:42Donc là, je vois une vague
11:44de chômage technologique massive arriver,
11:46mais avec des gens, par contre,
11:47qui se retrouvent sur le carreau,
11:48qui perdent leur emploi
11:49et qui, par contre,
11:50ne pourront plus payer leur facture.
11:51Et ça, ça va être dramatique.
11:52Et donc, la question centrale à l'avenir
11:54ne sera plus la production de richesses,
11:57mais leur répartition
11:59entre ceux qui possèdent les machines,
12:01c'est-à-dire les grands propriétaires capitalistes
12:04et les gens qui n'ont pas ces machines.
12:06C'est ça, en fait.
12:07On va avoir des gens
12:08qui vont être bientôt trilliardaires
12:10et qui possèdent l'IA, la robotique
12:12et puis les gens, entre guillemets,
12:14qui ne sont rien,
12:15si je peux reprendre notre cher Macron.
12:17Et ça, c'est triste.
12:18Il ne faut surtout pas arriver à ça.
12:19Donc, c'est pour ça
12:20qu'il faut s'approprier ces outils.
12:22Il faut s'approprier aussi l'IA
12:24qui deviendrait un bien commun
12:25et open source.
12:27Il faut favoriser aussi
12:28le modèle d'entreprise coopérative
12:29comme Mondragon,
12:30qui est une des plus grandes entreprises espagnoles
12:33et qui marche très, très bien.
12:36Et après, moi, je propose quoi comme modèle ?
12:37Je propose un modèle qui est le suivant.
12:39Vous faites votre travail.
12:40Vous faites votre...
12:41Par exemple, si le temps de travail
12:42diminue de 75 %,
12:43vous faites 7 heures, 10 heures par semaine.
12:46Vous pouvez faire 35 heures
12:47mais partir plutôt à la retraite.
12:48En échange de ça,
12:50vous avez l'accès gratuit
12:51aux ressources nécessaires
12:52pour avoir un haut niveau de vie,
12:54c'est-à-dire accès
12:55au transport gratuit localement,
12:57à la santé, à l'éducation,
12:59à la nourriture biologique
13:02et accès inconditionné au logement
13:04si vous ne l'avez pas
13:05et aussi à l'information.
13:07En échange de ça,
13:08vous touchez en plus de ça un salaire.
13:10Moi, je propose un modèle aussi
13:11qui s'extrait des banques centrales
13:14d'un truc très étatique,
13:15un modèle basé sur la monnaie G1, June,
13:17mais avec une monnaie fondante,
13:18donc plus éthique.
13:20Et à côté de ça...
13:20Ah, la June, oui.
13:21La June, oui, pardon.
13:22D'accord.
13:22La June,
13:23mais que j'ai un peu modifiée à ma sauce.
13:25Mais bon, ça serait long à expliquer.
13:27Et après, si vous voulez...
13:28Donc ça, c'est fourni
13:29pour avoir un cadre de vie décent.
13:31Mais l'État n'a pas vocation
13:33à fournir tous les biens
13:34et services possibles et imaginables.
13:35Donc si vous voulez travailler plus
13:37pour gagner plus,
13:37pour vous payer un restaurant,
13:39vous payer des vacances,
13:40une femme de ménage,
13:41une bouteille de vin,
13:42un foie gras, que sais-je,
13:44ce n'est pas à l'État de fournir.
13:45Donc les gens voudront faire des efforts,
13:47mais au moins,
13:47on leur assure un cadre de vie décent.
13:50Donc c'est l'État
13:50qui donnerait aux citoyens
13:56le salaire
13:56qu'ils ne gagnent pas en travaillant.
13:58Ou alors est-ce que ça serait
14:00les entreprises
14:01qui possèdent la machine
14:03et qui font justement
14:04de plus en plus de bénéfices ?
14:06Alors moi, je suis pour le fait
14:08que c'est les entreprises
14:09qui sont stratégiques
14:10pour le bon fonctionnement de l'État,
14:13soit du domaine public,
14:15soit sur un modèle coopératif.
14:18Mais ce que l'État garantirait,
14:20c'est l'accès gratuit
14:21à certaines ressources,
14:22ce qui permet aussi
14:23quelque chose de très important.
14:24Parce qu'il y a des gens
14:25qui sont très mal payés
14:25dans la société actuelle,
14:27parce qu'ils sont victimes
14:30du principe du pistolet sur la tempe.
14:32Si quelqu'un va produire
14:34un travail intéressant,
14:35mais qu'il est sous-payé
14:36par rapport à ce qu'il produit.
14:37Je vous donne l'exemple,
14:38le CAC 40.
14:3970% des bénéfices,
14:40aujourd'hui,
14:40ça va aux actionnaires
14:41et seulement 5% des bénéfices
14:43vont aux salariés.
14:44Pourtant, c'est les salariés
14:45qui vont produire la valeur.
14:47Et si quelqu'un travaille
14:48dans une usine de chaussures
14:49et qu'il produit,
14:50je donne l'exemple,
14:50100 chaussures par jour
14:51et qu'on le paye
14:52l'équivalent de 5 chaussures,
14:53il est sous-payé
14:54par rapport à ce qu'il produit vraiment.
14:55Mais si demain,
14:56on lui donne l'accès
14:57aux ressources nécessaires
14:58pour avoir un cadre de vie décent,
15:00le patron ou l'entreprise prédatrice
15:02type Amazon
15:03ne va pas lui dire
15:04« bon, je te paye le SMIC ».
15:06Je vais dire « non,
15:07moi, j'ai déjà de quoi vivre décemment.
15:09Je veux juste que vous me payiez
15:10un salaire honnête
15:11par rapport au travail
15:12que je fournis,
15:13avec des conditions honnêtes. »
15:14Et grâce à ça,
15:15les petits métiers
15:16qui sont mal rémunérés,
15:17qui sont aujourd'hui
15:18la lead de la société
15:18par rapport aux traders,
15:20aux footballeurs,
15:20les boulangers,
15:21les éboueurs, etc.,
15:23en fait,
15:23leur salaire va mécaniquement
15:24se retrouver valorisé.
15:26Et ça, c'est hyper important
15:27parce qu'en assurant
15:28cette sécurité
15:28de se dire
15:29« demain,
15:30comment je vais payer mes factures
15:31ou je vais finir à la rue ? »
15:32Si au moins,
15:32j'ai cette sécurité-là,
15:34ça va rééquilibrer
15:35complètement le marché du travail.
15:37Mais est-ce que c'est
15:37le retour du politique
15:39qui va s'effectuer
15:40grâce à cette robotisation
15:42couplée à l'intelligence artificielle ?
15:44Est-ce que c'est le politique
15:45qui va reprendre le contrôle
15:46sur l'économie
15:47qui ne finit
15:47sur le modèle de société ?
15:49Moi, je suis pour un modèle
15:50complètement décentralisé
15:52avec le modèle du RIC,
15:53référendum d'initiative citoyenne,
15:55le modèle des assemblées
15:56tirées au sort
15:57d'Étienne Chouard.
15:57Moi, je ne suis pas du tout
15:58pour un modèle transversal.
16:00Je suis pour un modèle
16:01où, en fait,
16:01c'est autogéré au niveau local,
16:03fédéral,
16:04et où c'est vraiment
16:04le peuple qui décide ses lois.
16:06Donc, je vois…
16:06Le but, ce n'est pas d'avoir
16:08un politique en mode URSS
16:11qui serait tyrannique
16:12et qui déciderait de tout.
16:13C'est vraiment aux citoyens
16:14de décider de leur avenir.
16:16Mais est-ce que l'abondance
16:17produite par les machines
16:20permettrait in fine
16:21de réduire le coût
16:23des aliments,
16:24de tout ce qu'on peut acheter
16:25dans le commerce,
16:26voire même de rendre
16:28tout cela gratuit ?
16:29Là, on pourrait.
16:30Par exemple, pour la nourriture,
16:31on a des systèmes
16:32d'aquaponie et d'hydroponie.
16:33Ils font ça très bien.
16:34Par exemple, à Singapour,
16:35ce sont des grandes tours verticales.
16:38Et donc, on a tout un système
16:40avec même pas besoin
16:41de lumière artificielle
16:42avec des redirections
16:43de miroirs paraboliques
16:44et automatisées
16:45qui permettent de créer,
16:47de produire des fruits
16:47et des légumes
16:48à des coûts absolument dérisoires.
16:50Mais en plus,
16:50on enlève de ça
16:51les taxes, la publicité.
16:53Quand vous allez au supermarché,
16:54vous faites 100 euros de course,
16:55vous savez combien
16:56va aux agriculteurs ?
16:576,50 euros.
16:58C'est scandaleux.
16:59Et en plus, ils sont mal payés
17:00et ils se suicident.
17:01Si demain, on enlève
17:02tous les échelons
17:03qui prennent cette marge-là
17:04et qu'en plus,
17:05on améliore les processus
17:06de production,
17:07qu'on produit aussi des aliments
17:08qui ne sont pas bourrés
17:09de pesticides,
17:10de perturbateurs endocriniens
17:11qui donnent des cancers,
17:12effectivement,
17:13on peut avoir une nourriture
17:13abondante pour toutes,
17:15tous et toutes, pardon,
17:15de qualité biologique.
17:17Et ça permettrait aussi
17:18de la reforestation
17:19parce que c'est vrai
17:19que 53 % des terres françaises
17:22sont consacrées
17:22à l'agriculture.
17:23Et ça, c'est quand même
17:25assez préjudiciable.
17:27Alors, est-ce qu'on va aller
17:31vers une société
17:32où les gens arrêteront
17:34complètement de travailler ?
17:36Non, jamais.
17:37Déjà parce qu'on a besoin
17:39de gens.
17:39Et puis, je pense que les gens
17:40aussi ont des envies,
17:42ont des passions.
17:43Par exemple,
17:44je vais vous donner un exemple
17:46sur une entreprise
17:46qui s'appelle Atlassian.
17:48C'est une entreprise
17:48qui crée des logiciels.
17:50Et ils donnaient des primes
17:51avant un petit peu
17:52pour les gens
17:53qui avaient des nouvelles idées.
17:54Et un jour, ils se sont dit
17:55on va complètement changer
17:56de tactique.
17:56On va organiser
17:57un petit concours le week-end.
17:59Non, le soir, pardon.
18:00C'est sur deux jours.
18:01On va laisser aux employés
18:02deux jours de liberté totale.
18:04Ils peuvent travailler
18:05sur tous les projets
18:05qu'ils veulent.
18:06Et puis, la seule condition,
18:08c'est qu'à la fin des deux jours,
18:09on se fait une petite fête.
18:11Il y a des baby-foods,
18:12il y a des bières.
18:12On mange.
18:13Et puis, vous présentez
18:14devant tout le monde
18:14ce que vous avez fait.
18:15Et les gens ont trouvé
18:16des choses extraordinaires.
18:18Des nouveaux softwares,
18:19des bugs qui n'avaient pas
18:19été corrigés depuis des années.
18:21Des projets qui ont fait
18:24fiers de pouvoir apporter
18:25un savoir-faire.
18:27Quand on apprend
18:27à jouer de la guitare,
18:28on est fiers de jouer
18:30d'un instrument.
18:31On a l'envie d'apprendre.
18:33Et les gens,
18:33quand ils vont créer
18:35des projets comme Wikipédia
18:37ou des logiciels
18:37comme Firefox,
18:39Minecraft, etc.,
18:40c'est des gens qui sont
18:41passionnés par ce qu'ils font,
18:42qui vont travailler
18:43gratuitement pour le faire.
18:45L'argent, c'est très bien.
18:46C'est un très bon moteur
18:46d'ailleurs dans le capitalisme.
18:47Le capitalisme n'a pas
18:49que des défauts.
18:50Il stimule l'entrepreneuriat.
18:51Mais les gens ont envie
18:52de faire des choses.
18:53Les gens ont des passions.
18:54Et je pense que ça,
18:55ça ne disparaîtra jamais.
18:56Le travail humain,
18:57on en aura toujours besoin.
18:58Mais on aura quand même
18:59une humanité divisée
19:00entre les propriétaires
19:02de machines
19:03et le reste.
19:04Il faudrait arriver
19:05à ne pas arriver à ça.
19:06Il faudrait pouvoir nationaliser.
19:07Parce que si on est
19:08des entreprises
19:09qui en plus sont assez
19:10prédatrices,
19:11qui possèdent tout,
19:12imaginez,
19:13ils vont être supérieurs
19:14à tous les pouvoirs politiques.
19:15Il faut absolument
19:16que le peuple se saisisse
19:17de cette problématique
19:19et qu'on ne les laisse pas
19:20tout posséder.
19:20Ça, c'est sûr.
19:21Que le citoyen devienne
19:22donc propriétaire
19:24de la machine productrice.
19:25C'est ça, exactement.
19:26Et que ça serve le citoyen.
19:28D'accord.
19:28Oui.
19:30Intelligence artificielle,
19:31robotisation,
19:32chômage technologique,
19:34c'est votre ouvrage,
19:35Pierre-Alexandre Ponant,
19:37passionnant.
19:37Merci.
19:38que je conseille à tous les lecteurs
19:39de TV Liberté
19:40et à retrouver sur la boutique
19:42de TVL.
19:43Merci à vous, monsieur.
19:44Merci.
19:45Merci.
19:46Sous-titrage Société Radio-Canada
19:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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