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Pendant plusieurs semaines, les équipes de la Frontières ont enquêté sur le coût de l'immigration en France et le système qui l'alimente. Qui finance quoi ? Où va l'argent public ?

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00:00En 2023, la France a versé un milliard d'euros d'argent public aux associations pro-migrants.
00:07Forum réfugiés, SOS Méditerranée, la CIMAD.
00:10Nous avons rencontré les bénéficiaires de ces subventions.
00:13Est-ce que vous pouvez comprendre que ce chiffre extrêmement important d'un milliard d'euros peut heurter certaines personnes
00:17?
00:17Pétez la gueule ! Montre-moi ! Je ne plaisante pas à moi !
00:20Appelle la police, il a mon image ! Je vais voir l'immigration sauvage !
00:23Tu vas prendre un coup de boule dans ta bouche, toi !
00:25S'il n'a pas les contacts, les grandes adresses qui puissent se référer à nous pour n'importe quelle
00:29question,
00:29donc vous avez bien fait d'appli.
00:31C'était le très bon réflexe, merci beaucoup !
00:33Ils viennent en aide à ces migrants et demandeurs d'asile que nous avons rencontrés également.
00:38On a des aides sociales, comme je vous l'ai dit, il y a des associations qui nous accompagnent et
00:41nous aident financièrement.
00:43Ces derniers nous disent avoir un seul objectif, s'installer en France.
00:46Même si la France m'a donné un papier ou pas, c'est la France que j'ai choisi.
00:51Administration, tribunaux, collectivités, hôtels, centres d'hébergement, avocats et surtout associations.
00:57Nous avons enquêté sur tous ceux qui jouent un rôle dans l'immigration et sur tout son financement.
01:02Car une question se pose, combien tout cela coûte aux Français ?
01:06Parfois en caméra cachée, nous avons suivi le parcours de l'argent public, de son attribution jusqu'à son utilisation.
01:13Enquête au cœur du système migratoire français.
01:23Pour comprendre à qui profite le financement de l'immigration, nous avons souhaité aller directement sur le terrain, auprès des
01:29exilés.
01:30Avec cet exemple d'une ville moyenne du Val-de-Marne, Vitry-sur-Seine, à majorité communiste.
01:36Mosquée en construction, foyer pour immigrés clandestins, fractures sociales entre les habitants et les nouveaux arrivants.
01:43C'est dans cette ville, au cœur des enjeux migratoires, que nous avons tendu le micro à ces hommes d
01:48'origine extra-européenne pour comprendre leur situation.
01:50On nous a dit qu'il y avait du monde ici et on voulait comprendre un petit peu ce que
01:53vous faisiez là. Qu'est-ce qui se passe ici ?
01:55On n'a rien à faire.
01:57Vous ne travaillez pas ?
01:58Non, je ne travaille pas moi.
01:59Moi, je n'ai pas de travail ici.
02:01Vous n'avez pas de travail, vous ?
02:02Je n'ai pas ici.
02:03Et vous faites quoi ici ?
02:05C'est beau, c'est beau. C'est beau. Je n'aime pas parler.
02:08Vous avez la nationalité française ?
02:10Non, je n'ai jamais demandé. Je ne vais jamais demander. Je préfère rester malien.
02:14Et vous travaillez aujourd'hui ?
02:15Non.
02:17Comment vous faites pour vivre, pour manger, dormir ?
02:19RSA.
02:19Vous avez déjà été arrêté par la police ?
02:22C'est moi-même qui tue la police. J'ai eu le problème de la police depuis l'Espagne. Parce
02:26que c'est des bâtards.
02:27Et là, il n'y a pas d'entreprise qui vous ont fait travailler ?
02:30Mais il y a des gens qui travaillent. C'est moi qui dis que je ne travaille pas.
02:33Cigarette, je ne trouve pas. Travaille, je ne gagne rien, rien, rien.
02:37Et c'est quoi cet endroit ici, en fait ?
02:39Ça, c'est devant les foyers, devant leur résidence.
02:41Il y a des résidences, des foyers ici ?
02:42Les résidences ici. C'est une résidence, c'est des foyers.
02:45Là, l'autre, il est en habitable. Là, il est en construction.
02:49Donc, les gens, ils me prennent de l'air ici.
02:51C'est un foyer qui héberge tous.
02:53C'est un foyer d'immigrants, en fait.
02:55Il y a plusieurs nationalités.
02:57T'as les Maliens, t'as les Séléganais, t'as les Comoriens, t'as Mp2, quoi.
03:01Et vous, vous n'avez pas de travail ?
03:03Non, pas de travail, rien, rien. Comment ?
03:04Vous avez de jeune âge ?
03:05J'ai 27 ans.
03:07Et vous vivez de quoi ?
03:08Je vis du RSA et des allocations.
03:12Je gagne 800 euros, ça va, 800 euros.
03:16J'avoue, je ne mens pas.
03:18Quand je regroupe toutes ces petites sommes, ça me fait une bonne petite somme.
03:22Des allocations et du RSA.
03:24Voilà de quoi vivent certains de ces immigrés.
03:26Mais alors, combien y a-t-il d'étrangers dans cette situation en France ?
03:30Et combien coûte-t-il ?
03:32Nous avons fait estimer ce coût par l'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
03:36Aujourd'hui, les vrais chiffres de l'immigration,
03:38quels que soient les indicateurs qu'on choisit de retenir,
03:41ce sont des chiffres records.
03:42Il est factuellement vrai de dire qu'il n'y a jamais eu autant d'immigration en France qu'aujourd
03:46'hui,
03:46que ces dernières années.
03:47Pour ce qui est de l'immigration légale,
03:49le nombre de nouveaux titres de séjour qu'on accorde chaque année
03:51a triplé depuis la fin des années 90.
03:54La population clandestine telle qu'on la mesure par le nombre de bénéficiaires de l'AME
03:58a triplé en 20 ans.
04:00Le nombre des étrangers bénéficiaires de l'asile en France a triplé en 10 ans.
04:04Par son ampleur et par sa nature,
04:05l'immigration aujourd'hui, c'est vraiment devenu un fait social total dans la France d'aujourd'hui.
04:09On a pu poser à l'Observatoire de l'immigration et de la démographie
04:12une estimation de l'ordre de 40 milliards d'euros par an
04:14pour ce qui est du coût net de l'immigration.
04:1640 milliards d'euros par an.
04:19Pourtant, sur le terrain,
04:20les associations semblent complètement démunies par la pression migratoire.
04:24En témoignent ces images qui illustrent les tensions.
04:26Bonjour.
04:27On vient se renseigner, ça va ce qui se passe là.
04:28En Paris, il ne se passe rien du tout.
04:30Par contre, vous ne filmez pas, tu m'étardes ta référence.
04:31Ah bon, on vient juste vous demander ce qui se passe ici.
04:33Non, non, monsieur, ce n'est pas le moment, monsieur.
04:34Pour faire assez.
04:34Il y a un règlement de compte entregoisses.
04:35Où va le bus ?
04:36Où va le bus ?
04:37Le bus, c'est un bus d'avocats.
04:38Puis je n'ai pas envie de répondre à vos questions, monsieur.
04:39S'il vous plaît, vous allez ailleurs.
04:46D'accord, t'as appelé sur internet.
04:47Tout est écrit sur internet.
04:48Notamment les subventions publiques que vous recevez, est-ce que ça, c'est public ?
04:56Ce qu'on sait, c'est que sur le budget de l'État, il y a un peu plus d
05:00'un milliard
05:00d'euros chaque année qui sont accordés à des associations d'accompagnement des migrants.
05:05Il y a quelques associations qui concentrent des parts importantes de ces financements.
05:09On peut penser à France Terre d'Asile.
05:10France Terre d'Asile, c'est environ 60 millions d'euros de financement de l'État chaque année.
05:15Et ça, ça pose évidemment beaucoup de questions parce que ces associations ne se servent pas
05:19seulement de cet argent pour remplir les missions qui leur sont déléguées par l'État,
05:23mais aussi pour mener ce qu'on appelle pudiquement des campagnes de plaidoyer,
05:26c'est-à-dire des campagnes militantes en faveur de la levée de tous les contrôles,
05:30ou de presque tous les contrôles sur l'immigration.
05:32Et dans la capitale, sous les métros, les camps de migrants approvisionnés par ces associations
05:37sont de plus en plus nombreux.
05:39Là aussi, nous sommes allés à la rencontre des clandestins.
05:41Ils vont tout nous expliquer.
05:43Il y a des Érythréens, il y a des Éthiopiens, il y a des Sénégalais, il y a des Maliens,
05:47il y a des Gambiens, il y a plein d'Africains, des Marocains, des Tunisiens, des Algériens,
05:53il y a tout ici.
05:54Il y en a, ils ont avec les papiers, il y en a, ils n'ont pas de papiers.
05:58Et du coup, ils essaient de s'en sortir comme ils peuvent.
06:02Heureusement, il y a des associations, la Croix-Rouge, plein d'associations
06:06qui essaient de l'aider pour le mieux qu'ils peuvent.
06:10Et ce n'est pas facile pour tout le monde parce qu'ils commencent à être assez serrés
06:14pour eux-mêmes et voilà.
06:16Les Restos du Coeur, il y a le Carré de Boréal, il y a plein d'associations qui passent.
06:21Il y a l'Armée du Salut aussi qui passent.
06:23Personnellement, moi, j'avais perdu tous mes papiers.
06:25Mais c'est grâce au Carré de Boréal que j'ai pu récupérer, faire mes démarches,
06:29ils m'ont accompagné, j'ai pu récupérer tous mes documents.
06:32Mais il y a plein d'associations qui accompagnent.
06:34Parfois même, ils t'accompagnent jusqu'au bureau pour te motiver, pour voilà quoi.
06:38Il y en a, ils ne savent pas parler français, il y en a, ils parlent anglais,
06:41il y en a, ils parlent, je ne sais pas, arabe, tout ça.
06:44Mais franchement, ils font leur boulot, mais ils font un peu plus.
06:48S'alimenter, il y a plein de bonnes personnes qui passent,
06:50des associations sociaux qui les aident.
06:53Parce que moi, je ne suis pas là.
06:54Moi, j'ai mes cartes, je mange à l'Armée du Salut.
06:57Voilà, mais il y a plein de gens qui passent.
07:00Des fois, le soir, l'après-midi, ils les donnent à manger, tout ça.
07:05Les associations sont donc au cœur du système migratoire français.
07:09Depuis leur pays d'origine, les étrangers, tentés par l'exil en France,
07:13savent qu'en quelques clics seulement sur Internet,
07:15ils accèdent à toutes les informations nécessaires à leur arrivée.
07:19Sur Facebook, par exemple, n'importe quel immigré peut avoir accès à une association,
07:23comme il en existe de nombreuses.
07:25Et justement, nous avons fait le test d'appeler l'une d'elles,
07:28en prétextant accompagner un demandeur d'asile.
07:32Oui, allô, bonjour.
07:33Oui, bonjour.
07:34Je viens de la part du Forum des réfugiés et du pôle d'Utopia 56.
07:38J'ai une personne qui, dans mon immeuble, est en situation de difficulté depuis une semaine,
07:44qui, en fait, je me dis qu'elle a 17 ans, qui est sans papier, probablement.
07:48Et en fait, j'aurais aimé pouvoir la réorienter vers une personne, une association.
07:53C'est un garçon ou une jeune fille ?
07:55C'est un garçon.
07:56Un garçon ? Ok, oui, il n'y a pas de souci.
07:58Il peut directement venir à partir de 18h au hôtel de ville jusqu'à 20h.
08:03Sur le parvis de l'hôtel de ville, on a une permanence là-bas avec plusieurs personnes.
08:08Et du coup, on pourra l'orienter s'il n'a pas encore fait son évaluation ou indiquer comment faire
08:12et lui donner toutes les infos dont il a besoin s'il le souhaite.
08:16C'est juste, surtout, pour l'accompagner dans ses démarches et dans son quotidien.
08:19S'il n'a pas les contacts, les bonnes adresses, qu'il puisse se référer à nous pour n'importe
08:22quelle question.
08:23Donc vous avez bien fait d'appli.
08:24C'était le très bon réflexe. Merci beaucoup.
08:27Un simple téléphone et une association au bout du fil peuvent donc suffire aux clandestins fraîchement arrivés
08:32pour être pris en charge avant de tenter de se faire régulariser avec une demande d'asile.
08:36Cela ne surprend pas l'ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driancourt,
08:42qui connaît bien les fragilités de notre politique migratoire.
08:45C'est connu aujourd'hui des migrants, des réseaux de passeurs, des ONG, des associations diverses
08:53qui peuvent conseiller et orienter vers une demande d'asile.
08:58C'est déjà très chouette que j'ai eu le réflexe de l'orienter vers nous
09:00parce que du coup, après, on pourra lui donner un maximum d'informations
09:03et aussi même d'autres jeunes avec qui pourront entrer en contact.
09:06Donc, c'est une bonne chose.
09:07Est-ce que vous avez de quoi lui fournir à manger ou pas ?
09:10En gros, en fait, on a des groupes avec tous les jeunes qu'on suit
09:12et du coup, en fait, on leur envoie chaque jour tous les endroits de distribution alimentaire
09:17en fonction des heures, les accueils de jour, là où ils peuvent aussi aller se doucher,
09:21là où ils peuvent aller boire de l'eau, ils peuvent faire des cours de français,
09:23des activités foot, enfin, il n'y a aucun problème là-dessus.
09:26En un seul appel à cette association, un clandestin peut donc être conseillé comme il le faut
09:31et même être pris en charge.
09:33Hébergement, repas, voilà comment est utilisé le mieux.
09:36Un milliard d'euros de crédits alloués aux associations pro-migrants.
09:39Pour Nordine, médiateur travaillant au Centre de rétention administrative de Lyon,
09:43ces associations créeraient un véritable appel d'air
09:46en faisant miroiter un avenir meilleur aux exilés.
09:48Facebook, Instagram ont fait beaucoup de dégâts sur l'image du migrant qui s'installe en France.
09:53C'est-à-dire que le migrant qui s'installe en France, qui a pris une photo à Tour Eiffel,
09:57qu'on voit ça à ses potes en Algérie, il y a cette mythologie de « putain, moi aussi je
10:00veux en être ».
10:01Ils arrivent en France, ils se rendent compte que c'est un rêve et ça devient un cauchemar.
10:04Et on les voit parce qu'après, ils sont pris par les réseaux de drogue, de trafic.
10:07Vous allez à la place du pont, il y a des gens qui vendent des cigarettes dans les quartiers,
10:11dans les coins, dans les petits trucs.
10:12C'est hyper organisé, c'est des entreprises.
10:15Mais une fois qu'ils ont mis le pied là-dedans pour s'en sortir,
10:18c'est soit la prison, soit les deux retours volontaires.
10:21Pour faire témoigner les demandeurs d'asile eux-mêmes sur leur parcours et situation,
10:26nous nous sommes rendus directement à Montreuil, en Seine-Saint-Denis,
10:28devant la Cour nationale du droit d'asile.
10:30Pour eux, c'est l'étape parfois la plus difficile dans leur chemin vers la régularisation.
10:35Moi, je suis nationalité ivoirien et j'ai le problème familial.
10:42Je me suis retrouvé dans la rue et ça fait que du coup,
10:46j'ai fait escale en Espagne avant de rentrer en France.
10:51avec beaucoup de difficultés.
10:53J'ai une assistance sociale où je me loge, je fais tout.
10:58Et ils s'occupent bien de moi.
11:00Mon association, ils sont au courant que je vais venir à Lorient aujourd'hui.
11:06Et moi, ils m'ont laissé venir quand ça va bien se passer.
11:12Même si la France m'a donné un papier ou pas,
11:15moi, la France, c'est ça, c'est la France que j'ai choisie.
11:19Mais si cet immigré a choisi la France,
11:21comme il l'explique, la raison ne serait pas seulement liée à notre politique d'asile.
11:25Selon l'ancien directeur central de la police aux frontières, Fernand Gontier,
11:29la raison se trouverait surtout dans la fragilité de nos frontières.
11:3390% de la pression migratoire qui touche la France vient de ces frontières intérieures
11:38parce que ce sont des flux qui remontent de Méditerranée, Italie, Espagne.
11:44Aujourd'hui, l'Europe nous a interdit de pratiquer des contrôles de façon systématique
11:49sur les étrangers, sur les personnes qui franchissent ces frontières.
11:52On peut accéder à la France de façon beaucoup plus facile que par les frontières extérieures.
11:57Donc nous avons un vrai problème sur les frontières intérieures.
11:59Et ce problème semble aussi venir des passeurs, comme nous l'affirme Nordine.
12:17Le 11 mai dernier, dans une vidéo de Frontex, agence européenne chargée du contrôle des frontières,
12:22consultée cet été par nos confrères du Figaro, on y voyait précisément des passeurs
12:27remettre des migrants à l'ONG Sea-Watch en mer Méditerranée.
12:30La justice italienne a ouvert une enquête pour aide à l'immigration illégale.
12:34Xavier Driancourt connaît bien ce phénomène.
12:37Les passeurs, ce ne sont pas seulement des gens qui, avec une barque,
12:41vous font traverser un fleuve ou la Méditerranée.
12:43Ce sont des organisations, des multinationales en quelque sorte,
12:48qui vont chercher les gens, par exemple les femmes nigériennes et les réseaux,
12:54donc vont chercher Mme Nittel en disant, viens, tu n'as rien à manger au Nigeria,
13:00tu es malheureuse, viens en France ou en Italie.
13:03Ils ne disent pas qu'ils ne sont pas sœurs, naturellement, on va te former au métier de coiffeur.
13:07La dame suit, elle signe un contrat et elle arrive en Italie,
13:14en ayant traversé toute l'Afrique et souvent ayant été violentée ou violée en Libye.
13:21Et là, elle s'aperçoit qu'elle est prise dans un réseau de prostitution.
13:25Et après, la femme va se tourner vers une association
13:30pour essayer de fuir la prostitution ou le réseau en question
13:36et on lui conseille de demander l'asile.
13:39Et les associations ne se contentent pas d'inciter ces migrants à demander l'asile.
13:43Il semblerait qu'ils aillent jusqu'à leur livrer clé en main des récits de parcours de vie
13:47qui peuvent faire changer d'avis la Cour nationale du droit d'asile,
13:50comme l'explique ce demandeur.
13:52Vous les expliquez votre histoire, voilà, et eux maintenant,
13:57ils sont censés l'écrire parce qu'il y a beaucoup qui ne savent pas écrire,
14:01qui ne maîtrisent pas trop le domaine.
14:04Donc ils aident ces personnes-là à écrire, à bien mettre en forme, voilà, leurs récits.
14:10Je pense que des fois, effectivement, on voit que le récit est peut-être trop romancé,
14:15trop détaillé par rapport à ce qu'est réellement la réalité.
14:19Mais je pense que ça dessert plutôt les gens finalement parce que ce qui est important,
14:24c'est que ce qui ressorte, ce soit du vécu, quoi, si vous voulez.
14:27Donc, mais je comprends l'idée derrière ce que ces associations essayent de faire,
14:32c'est de, voilà, de livrer un récit qui soit vraiment bien détaillé.
14:37Oui, oui, il y a des modes opératoires avec des discours bien préparés.
14:41On a aussi des parcours avec des cartes, c'est-à-dire il faut passer là et pas là, à
14:46telle heure.
14:47Il faudrait que tu te maries, ça te permettrait de te maintenir sur le territoire.
14:49Il faudrait que tu trouves avec une association une façon de travailler,
14:53ça te permettrait aussi de te maintenir pour ton titre de séjour.
14:56On a donc un clandestin qui va commencer à travailler.
14:58Et donc ensuite, puisqu'il travaille, il va pouvoir être régularisé sur le territoire français.
15:02Et cet avocat qui va le régulariser sera parfois payé avec de l'aide juridictionnelle.
15:06Donc vous vous rendez compte que de bout en bout,
15:08c'est de l'argent public qui va financer la régularisation d'un clandestin.
15:12Et nous l'avons constaté devant la Cour nationale du droit d'asile.
15:15Les demandeurs d'asile avec qui nous échangeons
15:17sont accompagnés par des conseillers qui ne semblent pas être choisis par hasard.
15:21Moi, je travaille dans une association sur vitrée.
15:24Et mon objectif, c'est d'aider les jeunes MNA, donc des mineurs non accompagnés,
15:27qui sont sur le territoire et qui ont besoin de notre aide
15:31pour les démarches administratives.
15:33Et donc là, j'accompagne un jeune qui fait des démarches pour avoir la demande d'asile.
15:37La demande d'asile de ces étrangers est alors examinée.
15:41Si elle est rejetée, un recours peut être exercé devant la Cour nationale du droit d'asile.
15:45Un avocat au barreau d'Amiens, qui a préféré garder l'anonymat,
15:49nous précise le fonctionnement de cette juridiction complexe.
15:52La Cour nationale du droit d'asile, c'est la juridiction en France
15:55qui décide d'accorder ou non le statut de réfugié.
15:58Donc le statut de réfugié, c'est issu de la Convention de Genève,
16:01la Convention de 1951, et donc qui pose les critères,
16:05les conditions d'octroi du statut de réfugié
16:07à une personne qui craint d'être persécutée dans son pays d'origine
16:11en raison d'un certain nombre de critères,
16:14de la race, de la nationalité, de l'ethnie,
16:17voilà, de ses opinions politiques et de ses opinions religieuses.
16:20Donc c'est la juridiction en France qui a été désignée pour trancher cette question,
16:23savoir si la personne peut ou pas obtenir le statut de réfugié.
16:26J'étais là par rapport à ma situation,
16:30j'ai fait une demande qui a été rejetée,
16:33donc je suis à la CNDA,
16:34mais j'ai déposé un recours pour ma fille
16:36qui risque de subir l'excision comme sa mère
16:39au pays qui a été victime de ça.
16:41Donc on vient d'une partie de notre pays
16:44où l'excision est pratiquée.
16:46Dans 25% des cas, la Cour annule la décision de l'OFPRA
16:49et accorde un statut.
16:51Donc soit le statut de réfugié, comme je l'expliquais,
16:53soit la protection subsidiaire,
16:54qui est une protection qui n'est pas du ressort de la Convention de Genève,
16:58mais c'est un mécanisme européen, pour faire simple,
17:01qui prévoit qu'une protection peut être accordée
17:04si la personne risque dans son pays
17:06la peine de mort, des traitements inhumains et dégradants,
17:09ou en cas de conflit armé.
17:10Comme en général, c'est des gens qui sont quand même sans ressources,
17:14ils ne peuvent pas, à ce stade-là,
17:17faire appel au service d'un avocat
17:18pour les aider à préparer leur entretien à l'OFPRA.
17:21Donc en général, c'est effectivement à ce moment-là
17:23que les associations interviennent.
17:25Et ensuite, en cas de rejet,
17:26elles font le lien avec les avocats
17:28devant la Cour nationale de droit d'asile.
17:30D'abord les associations,
17:32ensuite les avocats.
17:33Car ces sans-papiers bénéficient bien d'une autre option,
17:36l'aide juridictionnelle.
17:37Une garantie d'aide juridique payée par de l'argent public.
17:40À ce stade, si nous résumons les frais,
17:43il y a d'un côté les associations pro-migrants,
17:45dont le budget de subvention alloué par l'État
17:47a atteint plus d'un milliard d'euros en 2023.
17:50Et de l'autre, l'aide juridictionnelle
17:52versée elle aussi par l'État
17:53et donc l'impôt des Français
17:55aux avocats s'occupant des dossiers
17:57des demandeurs d'asile que nous avons rencontrés.
17:59Effectivement, à la Cour du droit d'asile,
18:02il y a des avocats
18:04qui sont payés par l'État
18:06au titre de l'aide juridictionnelle.
18:09Et d'ailleurs, ils sont assez bien payés.
18:12Là aussi, pour certains d'entre eux,
18:14c'est une sorte de business.
18:15Ils se sont spécialisés dans l'instruction de l'asile.
18:19L'État paye les avocats, les interprètes.
18:24On paye toute l'organisation de la Cour
18:27et on paye également les assesseurs, les juges.
18:31Donc, c'est quelque chose qui revient assez cher.
18:35Et on a comme ça des cabinets d'avocats
18:36qui vont multiplier les recours sur les OQTF
18:39parce que sur une OQTF,
18:41vous pouvez gagner jusqu'à 504 euros hors taxe.
18:43Ça, c'est pour un dossier, simplement avec un recours.
18:46Vous allez multiplier finalement les recours
18:48et donc à chaque fois, 504 euros hors taxe, 504 euros hors taxe.
18:51Mais certains défendent ces dépenses nécessaires
18:53au financement de l'immigration,
18:54ce qui n'est pas du goût de tous les contribuables,
18:56comme cet homme que nous rencontrons
18:58qui dénonce l'aide accordée à un foyer
19:00pour demandeur d'asile près de chez lui.
19:02Moi, vous voyez, je n'ai pas beaucoup d'argent.
19:03Mais moi, je me débrouille.
19:06Mais ici, tous les vendredis, c'est les réseaux du cœur.
19:12À côté, à l'église, c'est les vêtements.
19:15Là, c'est les bons.
19:16Moi, je n'ai rien de tout ça.
19:18Ah oui, c'est totalement injusti ça.
19:22Mais bon, de toute façon,
19:24ce que j'en pense, ça ne sert à rien.
19:26À l'inverse, pour ces militants d'extrême-gauche
19:28que nous avons pu interroger,
19:30rassemblés en Bretagne il y a quelques mois
19:32pour défendre l'accueil de réfugiés,
19:33le financement de l'immigration ne semble pas les perturber.
19:36Bien au contraire.
19:37Je travaille ici déjà avec des gens
19:39qui sont issus d'immigrants.
19:43Et ça apporte aussi beaucoup à Calac.
19:45J'ai un peu du mal à cerner
19:47pourquoi il y a des gens qui sont opposés à ça.
19:49Et je comprends ce que ça veut dire
19:50d'être détaché de sa terre.
19:51Et pour moi, des gens qui arrivent à fuir leur pays,
19:53c'est qu'ils ont vraiment une vraie raison de le faire.
19:54Parce que moi, j'aurais beaucoup de mal à le faire.
19:55Et pour cette raison-là,
19:57je vais accueillir ces personnes-là.
20:00S'ils ont fui chez eux,
20:01c'est qu'il y a une bonne raison de le faire.
20:02Parce que moi, je leur ai tellement du mal à le faire.
20:05Il faut les accueillir.
20:07Je ne sais pas, les discours des fachos,
20:08ils n'ont aucun sens.
20:09C'est juste des réactionnaires
20:10qui sont en train de répondre à une fausse peur.
20:12Ils sont orchestrés,
20:13ils défendent le capitalisme.
20:14Ils n'ont aucune notion de rien,
20:17aucune culture politique,
20:18aucune culture historique.
20:19Je pense qu'ils valent un petit peu rien.
20:21Autre rassemblement de militants d'extrême-gauche
20:23qui milite pour la régularisation des sans-papiers,
20:25celui de la CIMAD,
20:27Association de Défense des Étrangers,
20:29que nous avons pu interroger le 10 juin dernier à Paris.
20:32Alors aujourd'hui, c'est une revendication
20:33qui est portée par le réseau Boucheta Pref,
20:35qui repose sur plein d'associations en droit des étrangers
20:37en Ile-de-France et au national.
20:38On dépend de subventions publiques.
20:40Ce qui a vraiment poussé le collectif
20:42à se réunir aujourd'hui,
20:43à marcher jusqu'à la Direction Générale des Étrangers en France,
20:45c'est le fait que l'administration, selon nous,
20:48fabrique des sans-papiers,
20:49c'est-à-dire a un fonctionnement,
20:51ou plutôt un dysfonctionnement de l'administration
20:52qui va placer des personnes
20:54qui étaient en règle au niveau de leur papier,
20:57va les faire basculer dans l'irrégularité
20:59du fait de dysfonctionnements préfectoraux,
21:00ou alors va empêcher des personnes
21:02qui pourraient pouvoir prétendre à un titre de séjour
21:04à pouvoir avoir accès aux services publics
21:06et solliciter leur régularisation.
21:08Donc pour nous, il y a vraiment
21:09des dysfonctionnements préfectoraux
21:11qui amènent les personnes étrangères
21:13à être maltraitées par l'administration
21:15et à perdre leur titre de séjour
21:16ou ne pas y avoir accès.
21:17On les aide administrativement
21:19à intervenir auprès de la préfecture
21:21parce que les interventions
21:23sont de plus en plus abstraites.
21:26Tout se fait par ordinateur.
21:28D'abord, il y a la fracture numérique
21:30qui empêche un certain nombre de personnes
21:32d'y accéder,
21:33mais même ceux qui y accèdent,
21:35le problème, c'est qu'ils n'ont pas nécessairement
21:40les réponses à temps.
21:42Et quand vous n'êtes pas devant un être humain,
21:45vous n'arrivez pas forcément
21:46à expliquer votre situation.
21:47Et nous, à la CIMAD,
21:48en tant qu'association en particulier,
21:50c'est-à-dire en dehors du réseau Boucheta Pref,
21:52on est une structure qui revendique
21:54la régularisation de toutes et tous.
21:55On veut revendiquer que l'administration préfectorale
21:58reçoive tous les étrangers en France
22:00et leur délivre un titre de séjour.
22:01C'est-à-dire qu'on est contre
22:02toute forme d'irrégularité du séjour en France.
22:04Nous, on essaye de mettre en valeur
22:06ce qui peut leur sembler aller de soi,
22:09mais qu'il faut absolument expliciter.
22:11Lorsqu'ils ont eu des fiches de paye,
22:13lorsqu'ils ont des enfants à l'école,
22:16lorsqu'ils ont de la famille en situation régulière,
22:19qu'ils puissent faire valoir
22:21ses attaches familiales avec la France
22:23pour qu'ils en soient tenus compte au guichet.
22:26En fait, nous, on a des permanences d'accès au droit.
22:29C'est-à-dire qu'on a des bénévoles
22:30qui sont formés par les salariés
22:32pour pouvoir accueillir une certaine population
22:35dans les permanences
22:36et analyser un petit peu leur situation,
22:39c'est-à-dire les recevoir,
22:40accueillir leurs paroles
22:41et définir un peu quels sont leurs problèmes.
22:43Vu qu'ils font partie d'un organisme,
22:46ils peuvent avoir une aide financière
22:47parce que ce sont des jeunes
22:48qui peuvent être scolarisés,
22:49donc qui n'ont pas d'argent.
22:51Notre plus grande subvention,
22:52c'est avec la CAF.
22:53Sinon, je sais qu'il y a le département
22:54aussi qui donne des subventions.
22:56Plus tard, nous allons découvrir
22:58de nouveaux acteurs
22:58du système migratoire français.
23:00Rendez-vous dans ces hôtels
23:02du 17e arrondissement de Paris
23:03que nous avons visités
23:04et où différents gérants
23:06vont nous faire une confidence.
23:07Ils sont au bord de la faillite
23:09et ont des travaux à financer.
23:11Alors, ils ont trouvé une solution,
23:13hébergés dans leurs établissements
23:14des migrants,
23:15dont l'accueil sera payé
23:17par des associations,
23:18elles-mêmes financées
23:19par l'argent public du SAMU social.
23:21Là, c'est pareil,
23:23c'est un hôtel qui accueille
23:23les bassins d'Izillé,
23:25sur l'immigration, c'est ça ?
23:26Oui, c'est ça, oui, exactement.
23:27Vous avez combien de personnes
23:28ici, à peu près ?
23:29Au moins, c'est 24.
23:30Nous, on travaille qu'avec le SAMU
23:31et le Logos.
23:33Logos ?
23:34Oui, le SAMU social.
23:35D'accord, le SAMU social.
23:36Voilà, c'est ça, exactement.
23:38Tu mets ici, dans ces hôtels,
23:39donc là, il y a 24 personnes.
23:40Oui, c'est ça.
23:41Non, c'est plus, plus, plus, 24.
23:44Attends, je sais combien ?
23:45Oui, il n'y a pas de souci.
23:46Le SAMU, ils financent des...
23:48C'est eux pour l'argent.
23:50Après, derrière,
23:51soit ils ont des employés en direct,
23:53soit ils donnent l'argent à une association.
23:54Et après, c'est pour ça qu'il y a un client,
23:56s'il vous plaît.
23:56C'est toi.
23:57Tu dis qu'ils font le choix
23:58de travailler comme ça,
24:00parce qu'ils ont des hôtels pourris
24:01qui fonctionnent par un tourisme.
24:03Il y a des associations
24:04qui, effectivement,
24:08travaillent avec le SAMU,
24:09qui utilisent les financements du SAMU
24:11quand c'est eux qui assurent l'hémergement.
24:12Les associations reclèrent
24:14des subventions de financement
24:15auprès du SAMU.
24:17C'est le SAMU qui finance souvent.
24:19C'est pour partie l'État
24:21et pour partie la ville de Paris.
24:24C'est des personnes qui sont originaire d'où,
24:25là, de vous appuyer ?
24:28Des Africains, des Algériens, des Marocains.
24:30Et là, ils payent pour leur chambre
24:31ou c'est des associations ?
24:32C'est l'association qui paye.
24:35Et vous avez qu'un public, là, de migrants ?
24:37Vous n'avez pas de clients extérieurs ?
24:39Non.
24:39Allez, au revoir, monsieur.
24:41Bon courage.
24:42Portes claquées,
24:43nous n'en saurons pas plus.
24:44Notre enquête se poursuit à Marseille,
24:46au centre de rétention administrative,
24:48où sont retenus des étrangers
24:50en situation irrégulière
24:51dans l'attente de leur expulsion.
24:53Car ici, notre équipe a relevé un paradoxe.
24:55D'un côté, l'État finance des centres
24:57pour retenir et expulser des étrangers
24:59qu'il a décidé d'éloigner du territoire.
25:01De l'autre, ce même État finance
25:03sur fonds publics.
25:04Et au sein du même CRA,
25:06des associations chargées
25:07de les accompagner dans leur recours
25:09et de contester ces décisions d'expulsion.
25:11C'est notamment le cas du Forum Réfugiés,
25:14une association de défense
25:15des droits des étrangers.
25:17Nous avons pu assister à un échange
25:19avec le député UDR Géraud Verny,
25:21qui les interroge à ce sujet.
25:22Nous, on est là pour faciliter
25:24l'accès aux droits des retenus.
25:25On fait qu'une nouvelle personne
25:27à leur centre,
25:28on les reçoit pour voir
25:30ce qu'on peut faire
25:31selon leur dossier.
25:32On essaie de voir
25:33s'il a des possibilités
25:35de faire des recours
25:36devant le juge,
25:37soit le juge des libertés,
25:38détention,
25:39soit le tribunal administratif,
25:41soit les deux.
25:42On les revoit à chaque fois
25:43qu'ils passent devant un juge
25:44si ils souhaitent faire appel.
25:45On leur demande.
25:46On peut aussi faire
25:47les demandes d'asile.
25:48S'ils ont besoin,
25:49ils peuvent se demander
25:50à nous voir à tout moment.
25:51On les assiste dans leurs demandes,
25:53principalement au jury.
25:54Grosso modo,
25:55nous, on est juste leur intermédiaire
25:56pour exercer leur droit.
25:57On peut évoquer notamment
25:58les associations
25:59qui sont présentes
26:00dans les centres
26:01de rétention administrative.
26:02Ces associations ont un rôle,
26:04on va dire,
26:04de service public.
26:05Quelque part,
26:06c'est à ce titre-là
26:07qu'elles sont financées
26:09par l'État.
26:10Donc elles arrivent finalement
26:11à jeter le trouble
26:13dans l'esprit
26:14de l'opinion publique
26:16sur un traitement
26:17qui serait inhumain
26:19et dégradant,
26:20ce qui n'est absolument pas le cas.
26:21Et lorsque le député
26:22évoque cette forme
26:23d'incohérence de l'État
26:24qui finance au sein même
26:25des cras
26:25des associations pro-migrants,
26:27la réaction des intéressés
26:28ne se fait pas attendre.
26:30L'État d'un côté dit
26:31que ces personnes
26:32sont en situation irrégulière,
26:33on les met en centre
26:34d'orientation administrative
26:35pour les expulser
26:36et de l'autre,
26:37paye l'association
26:39pour les aider
26:40à rester sur le territoire.
26:41Alors ce n'est pas
26:41les aider à rester sur le territoire.
26:42C'est les aider
26:43à respecter les droits.
26:44Oui, mais dans la pratique.
26:45C'est une aide
26:45parce que des fois
26:46les préfectures
26:47peuvent faire une erreur,
26:48ça peut être
26:48parce qu'il y a une erreur
26:49dans la procédure.
26:50Donc nous, on est là
26:51pour que tout soit respecté.
26:52Ce n'est pas d'aider
26:53à ce qui reste ici,
26:54c'est d'aider à ce que
26:55si jamais quelque chose
26:56s'est passé
26:57de manière irrégulière,
26:59on puisse le notifier
27:00et on puisse dire
27:01« Là, on a des droits
27:02mais on fait juste
27:03respecter leurs droits,
27:04c'est tout. »
27:05Moi, je pense qu'aujourd'hui,
27:06on a des associations
27:07qui ont démontré
27:08leur absence de neutralité,
27:11leur absence d'objectivité.
27:13C'est tout un écosystème
27:14qui s'est mis en place
27:15entre des associations,
27:17des avocats
27:17et parfois même
27:19des magistrats
27:19puisqu'on a des syndicats
27:22de magistrats
27:23qui se sont rapprochés
27:25qui se sont affiliés
27:26à des mouvements
27:28de défense des migrants.
27:30Les aides aux associations
27:31pro-migrants,
27:32c'est à peu près
27:32un milliard d'euros
27:33en France.
27:34Est-ce que vous pouvez comprendre
27:35que pour certaines personnes,
27:36c'est un chiffre
27:37qui paraît extrêmement important ?
27:39Mais pour l'ensemble
27:40des associations.
27:41Absolument,
27:42pour l'ensemble
27:42des associations pro-migrantes,
27:43un milliard d'euros.
27:44Oui, mais ça,
27:44je ne considère pas
27:45que ce soit excessif.
27:47C'est le signe aussi
27:48de la générosité
27:49des citoyens
27:50parce que quand ils donnent
27:51aux secours populaires,
27:53aux secours catholiques,
27:54ils font oeuvre de solidarité.
27:56Même s'ils assument
27:59un coût qui devrait être
28:01assumé avant tout
28:02par l'État,
28:03l'État ne fait que compenser
28:05une partie de ses dons.
28:07Non, je suis désolée.
28:09Mais il faut savoir
28:10que les politiques austéritaires
28:12auxquelles on fait face
28:14en France,
28:15elles mettent énormément
28:16d'associations
28:16et pas seulement
28:17les associations
28:17qui défendent les étrangers.
28:20le système associatif
28:21d'une manière générale
28:22est en crise de nos jours.
28:23C'est-à-dire que
28:23les politiques austéritaires
28:24font que des associations
28:26qui font de l'accès au droit,
28:27qui font de l'accès au logement,
28:28qui font de l'accès
28:29à la justice,
28:30ne sont plus en capacité
28:31de fonctionner
28:32comme elles pourraient fonctionner
28:33parce qu'il y a des politiques
28:34austéritaires
28:34qui font qu'il y a
28:35beaucoup moins
28:35de subventions publiques.
28:36Si la CIMAD
28:36n'avait plus
28:37de subventions publiques,
28:38elle serait obligée
28:39de se réinventer
28:40et de repenser son action.
28:42On espère de tout cœur
28:43que ça n'arrivera pas.
28:45Ces associations
28:45sont devenues très largement
28:47indépendantes
28:47de la dynamique
28:48de l'immigration.
28:49C'est évidemment
28:50très problématique.
28:51Il y a quasiment quelque chose
28:52qui tient du conflit
28:52d'intérêts en vérité
28:53et ça pose aussi
28:54la question
28:55de la responsabilité de l'État.
28:56Les préfectures
28:57sont de moins en moins
28:58représentées
28:59quand il y a un contentieux.
29:00Il n'y a plus personne
29:00pour défendre leurs décisions
29:01dans bien des cas
29:02alors que les clandestins
29:03sont quasi systématiquement
29:05accompagnés d'avocats
29:06financés par des fonds publics
29:07que ce soit par ces associations
29:09ou par l'aide juridictionnelle.
29:11En vérité,
29:12l'État finance une activité
29:13dont le but affiché
29:14est d'empêcher l'application
29:16de ces lois
29:16en matière d'immigration.
29:17Plus d'un milliard d'euros
29:19versés en 2023
29:20aux associations pro-migrants.
29:2252 millions d'euros
29:23de budget prévus en 2026
29:24pour l'aide juridictionnelle
29:26destinée aux avocats.
29:27Tous ces acteurs
29:28sont partie prenante
29:29dans le business
29:29de l'immigration.
29:31Mais qu'en est-il
29:32des politiques
29:32et notamment des élus locaux ?
29:34Nous avons évoqué ce sujet
29:36avec une conseillère
29:37de la métropole de Lyon
29:38consternée par un vote récent
29:40de la majorité en place
29:41en faveur de l'accueil
29:43de l'immigration.
29:43Il y a à peine quelques mois
29:44c'est 100 000 euros
29:45qui ont été votés
29:47pour donner du coup
29:48cet argent
29:48à des associations
29:49qui ont fait des cours
29:50de yoga à des migrants.
29:52Donc subvention
29:52qui est passée haut la main
29:54avec juste une abstention
29:55des LR
29:56qui n'ont même pas osé
29:57voter contre.
29:58On voit le courage.
29:59Donc vous savez
29:59à chaque fois
30:00c'est des subventions
30:00qui sont données
30:01à plusieurs associations.
30:02On a des ateliers théâtre,
30:04création musicale
30:05pour des résidents
30:06en hébergement d'urgence.
30:08La métropole de Lyon
30:10subventionne et aide
30:11les MNA,
30:12les mineurs isolés.
30:13Donc on a un peu calculé,
30:14c'est environ
30:15entre 36 millions
30:16et 40 millions d'euros
30:18rien que sur la métropole de Lyon.
30:20Mais à côté de ça,
30:21puisque ça ne suffit apparemment pas,
30:23on subventionne également
30:24des associations
30:26qui vont accompagner,
30:27alors ils appellent ça
30:28d'anciens mineurs non accompagnés.
30:30Donc déjà,
30:31on ne peut même pas vérifier
30:32qu'ils soient vraiment mineurs,
30:33vous le savez.
30:33Là, rien que sur cette délibération,
30:35c'est 581 000 euros
30:38qui sont donnés
30:39à cette association,
30:40à Coléa,
30:41qui va apparemment accompagner
30:43ces jeunes
30:44qui sont migrants,
30:46qui sont non mineurs,
30:47mais à qui on donne encore,
30:49avec l'argent public,
30:50il faut le rappeler,
30:51de l'argent à foison.
30:52Et malgré nos sollicitations,
30:54les autres élus de la métropole
30:56n'ont pas souhaité répondre
30:57à nos questions.
30:58Les uns défendent ces chiffres,
31:00les autres s'en offusquent.
31:02Quelle que soit la position,
31:03enquêter sur ce sujet
31:04n'est pas toujours simple.
31:06Plusieurs structures
31:06ont refusé nos demandes d'entretien.
31:09Certains ont accepté
31:10de parler uniquement hors caméra.
31:12D'autres n'ont jamais répondu.
31:14Ouais, mais ça ne va vraiment
31:15pas nous intéresser, monsieur.
31:16Vous ne voulez pas répondre
31:17à quelle question ?
31:19Très honnêtement,
31:20ce n'est pas du tout
31:21notre tasse de thé
31:22et on n'a absolument pas envie
31:23de discuter avec vous.
31:24Ce n'est pas la question
31:25des questions, monsieur.
31:26c'est la question de la façon
31:28dont elles sont après utilisées
31:29en fait et les idées de fond.
31:32Nous, notre vision des choses,
31:34elle est totalement opposée
31:36à la vote.
31:36C'est vraiment la simple question,
31:38c'est de savoir
31:38si vous percevez
31:39de l'argent public.
31:44Là-dessus, vous pouvez nous répondre ?
31:48Moi, je ne réponds rien
31:49sans l'accord du collectif, en fait.
31:51Que la réponse soit oui
31:52ou que la réponse soit non,
31:53je ne réponds rien du tout.
31:54On a quand même eu ces jours-ci,
31:57parce que c'est un peu
31:58un défilé d'élus d'extrême droite
32:03et de médias très dirigés
32:05qui défilent en ce moment
32:06au campement
32:07et qui font des vidéos
32:08quand même très, très sordides
32:09et très gloques
32:10avec des commentaires très gloques
32:11sur les gars
32:12et sur leurs conditions.
32:14Moi, je vous déconseille
32:15de rentrer avec une caméra
32:17dans le campement.
32:18Ils sont présents
32:19sur l'espace public, monsieur,
32:20parce qu'on n'a pas d'autre choix,
32:21en fait.
32:21Mais de façon illégale ?
32:23Non, pas de façon illégale.
32:25Non, non, non.
32:26Donc, il y a un concours public
32:26ou une autorisation de la mairie
32:27de ce campement ?
32:29Oui, il y a une expulsion
32:31qui n'est pas...
32:32Comment dire ?
32:33Qui n'est pas...
32:34Il y a une expulsion
32:35par rapport au campement
32:36mais qui n'est pas...
32:38Comment dire ?
32:39Mise en oeuvre, en fait.
32:41Il ne se cache pas.
32:42Tout le monde sait.
32:43Toutes les institutions,
32:44la mairie, la métropole,
32:45quels que soient les ports,
32:46sont au courant de...
32:50qu'il y a de ces jeunes ici.
32:51Et je trouve que voilà,
32:52par décence et par respect,
32:55ça serait bien
32:56que vous puissiez ne pas filmer
32:57ou en tout cas
32:58leur demander l'autorisation
32:59et être très transparent
33:00sur les idées
33:02que vous véhiculez en général.
33:04Et lorsque notre confrère
33:05Tony Pitaro
33:06tente d'enquêter
33:07sur un camp de migrants
33:08en plein coeur de Paris cet été,
33:10c'est même un proche
33:10de l'association Utopia 56
33:12qui s'en prend physiquement à lui,
33:14en témoigne ses images choquantes.
33:16Tu vais te péter la gueule !
33:17Montre-moi !
33:18Je ne présente pas à moi !
33:19Appelle la police,
33:20il a mon image !
33:21Je te jure que s'il a la caméra
33:22devant la police,
33:22tu lui pètes la gueule !
33:23Moi, je vais te montrer, moi.
33:24Je vais te montrer.
33:25Vous allez voir l'immigration sauvage.
33:26Tu vas voir l'immigration sauvage.
33:28Si je suis dessus,
33:28t'as de fortes chances
33:29je pense que tu finis
33:30avec une dent en moi.
33:31Ne touche pas !
33:33Quand vous accueillez des personnes
33:34qui veulent leur trouver des solutions
33:35au détriment des autres familles parisiènes,
33:37je suis désolé.
33:38Tu vas prendre un coup de boule
33:40dans ta bouche, toi !
33:41Il y a tout un écosystème,
33:43toute une économie
33:44qui s'est organisée
33:47autour de l'immigration irrégulière.
33:49Les associations n'ont pas intérêt
33:51à ce que l'immigration...
33:51Et les avocats n'ont pas intérêt
33:53à ce que l'immigration irrégulière baisse.
33:55Les associations ont des subventions
33:56mais l'aide juridictionnelle,
33:59c'est l'État qui paye.
34:00Ce sont des deniers publics.
34:01Et il est certain que demain,
34:02si un gouvernement souhaite reprendre la main
34:05sur un certain nombre de leviers
34:07de la politique migratoire,
34:08il se heurtera sans doute
34:10à ces secteurs constitués
34:11dont les intérêts les plus matériels
34:13et les plus immédiats
34:14se confondent avec une immigration nombreuse.
34:17Dans son rapport publié en 2024,
34:20la Cour des comptes estimait
34:21à 1,8 milliard d'euros
34:23le coup par an de la lutte
34:24contre l'immigration irrégulière.
34:26Une somme qui représente
34:27moins du double du milliard d'euros
34:29de subventions
34:29versées en 2023
34:31aux associations pro-migrants.
34:33Au terme de cette enquête,
34:35une chose apparaît avec évidence.
34:37Au cœur du système migratoire français,
34:39il y a un État qui, d'un côté,
34:41finance la politique de lutte
34:43contre l'immigration clandestine.
34:45De l'autre, le même État
34:46qui subventionne des associations
34:48qui aident les étrangers
34:49en situation irrégulière
34:51à contester cette même politique.
34:53Une question demeure alors.
34:54Jusqu'où les Français
34:55accepteront-ils que l'argent public
34:57finance ceux qui veulent défaire
34:59notre politique migratoire
35:00et ceux qui en profitent ?
35:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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