00:00Il est 8h19 et c'est votre rendez-vous. Pouvoir d'achat dans Parlons Cash. Vous vous chauffez peut-être
00:04au gaz.
00:05Allez-vous subir une nouvelle flambée du prix du gaz ? Le détroit d'Hormuz bloqué depuis février.
00:11Les exportations de GNL du Qatar sont coupées ou presque. Et les stocks français qui baissent à l'approche de
00:17l'hiver.
00:18Premier effet, Clara, est-ce que ça va augmenter ?
00:21Oui, et c'est un chiffre qui concerne 6 millions de foyers.
00:24La commission de régulation de l'énergie annonce une hausse de 6,3% du prix du repère du gaz
00:31au 1er octobre.
00:32On passe à 182 euros le mégawatt-heure, son niveau le plus élevé depuis janvier 2013.
00:38Sur la facture, ça représente un peu plus de 5 euros chaque mois. Sur l'année, environ 120 euros de
00:44plus.
00:45Et pourquoi cette hausse ? Et surtout, j'ai envie de dire pourquoi maintenant ?
00:48La faute à la situation géopolitique. Depuis février, les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran ont entraîné le
00:54blocage du détroit d'Hormuz.
00:57Passage stratégique par lequel transite une large part du gaz naturel liquéfié exporté par le Qatar vers l'Europe.
01:04Sur le marché européen, l'indice de référence du gaz a bondi de 160% en 9 mois.
01:10Et la situation est aggravée par un niveau de stockage insuffisant.
01:13Les réserves françaises sont à 71% de leur capacité.
01:17Alors même que l'objectif européen pour entrer sereinement dans l'hiver est fixé à 85%.
01:23On est donc à nouveau dans la même vulnérabilité qu'en 2022.
01:27En tout cas, la même dépendance.
01:29La France impose 95% de son gaz.
01:32Chaque conflit à l'autre bout du monde impacte mécaniquement votre facture.
01:36La question qui se pose à nouveau cet automne, que peut-on faire et à quel horizon pour en sortir
01:41?
01:41Et c'est ce que vous allez voir, Jacques, avec votre invité.
01:43Absolument, avec notre invité Maxime Delarodière.
01:47Vous êtes directeur général délégué du comparateur en ligne Selectra et vous êtes avec nous.
01:53Bonjour Maxime Delarodière.
01:56Bonjour Jacques.
01:57Bonjour, soyez le bienvenu sur Sud Radio.
02:00Pourquoi les prix montent alors que nous avons des stocks, on vient de l'expliquer,
02:03et que ces stocks ont été achetés à un prix plus bas en réalité ?
02:08Alors, les stocks, ça nous protège d'une éventuelle pénurie en hiver,
02:12mais le prix de marché, c'est celui auquel le fournisseur va pouvoir reformer ses stocks.
02:17Donc, il est obligé d'acheter le gaz à prix d'or sur les marchés.
02:20Et en plus, les stocks sont relativement bas en Europe.
02:24Puisqu'aujourd'hui, on a 65% des stocks de gaz pleins en Europe,
02:28alors que l'objectif est 90% au 1er novembre.
02:31Et normalement, à cette période de l'année, on est censé être à 85%.
02:36Et d'ailleurs, il faut quand même citer la situation allemande,
02:39puisque l'Allemagne n'a ses stocks de gaz pleins qu'à 55%.
02:42Donc, en réalité, on est vraiment en retard.
02:44Donc, avec ces tensions sur les marchés, il y a une demande qui est forte,
02:48et une offre qui est réduite avec le détroit d'Ormousse qui est bloqué,
02:51le fait qu'on n'importe plus de gaz russe,
02:54et le blocage également du détroit de Bab-El-Mandeb.
02:58Alors, est-ce que des intermédiaires ne profiteraient pas un petit peu du système
03:02comme les raffineurs pour l'essence ?
03:07Alors, certains peuvent en profiter, mais ce n'est pas le même problème.
03:09C'est vrai que si vous produisez de l'essence et du gaz toujours au même coût,
03:14et que vous pouvez le vendre plus cher, vous faites des marches plus élevées.
03:17Mais le fond du problème, c'est surtout un sujet d'approvisionnement.
03:21C'est qu'il y a un vrai choc d'offres avec le blocage du détroit d'Ormousse.
03:25Vous avez 20% de l'offre mondiale de GNL qui est bloquée de gaz naturel liquifié.
03:30Donc, d'un côté, vous avez une demande qui est globalement la même,
03:33et de l'autre côté, vous retirez 20% de l'offre.
03:36Donc, dans ces conditions-là, le prix flambe.
03:38Et à quoi faut-il s'attendre si la situation internationale ne bouge pas ?
03:42J'imagine à une augmentation, parce qu'on importe, je crois, 95% du gaz.
03:48Et puis, la demande est toujours là.
03:52Exactement. Il faut s'attendre à des prix élevés durant l'hiver.
03:54Et là, il va falloir croiser les doigts pour que l'hiver soit suffisamment doux,
03:59pour qu'il y ait une consommation de gaz limitée.
04:01Mais concrètement, c'est des prix élevés durant l'hiver,
04:03et un prix repère qui va continuer d'augmenter jusqu'au mois de mars,
04:06si jamais il y a des problèmes, jusqu'au mois de mars-avril,
04:09si jamais la situation internationale ne se développe pas.
04:13Puisqu'on va rester dans une situation où l'offre sera rare,
04:16et la demande abondante.
04:18Donc, dans ces cas-là, le juge de paix sera la météo.
04:21Merci Maxime Delarodière, directeur général délégué du comparateur en ligne Selectra.
04:27Nous voilà prévenus.
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