00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours entouré de l'essayiste Vincent Roy et le fondateur de l'Institut Sinopia,
00:09Alexandre Malafaille, notre invité politique, Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris.
00:13Et vous avez sans doute plusieurs fois croisé dans l'hémicycle Sébastien Delogu,
00:19qui est un député LFI, dont il a beaucoup parlé pendant les municipales,
00:25puisqu'il concourait aux municipales à Marseille.
00:28Il est aujourd'hui en garde à vue pour avoir eu une sévère altercation
00:34avec des policiers dans son immeuble, des policiers qui étaient venus dans son immeuble.
00:39Pourquoi ? Parce qu'il y avait eu un vol de montres de luxe à Marseille
00:44et donc il venait visiblement mener l'enquête.
00:47Le ton a monté très très rapidement entre les policiers et Sébastien Delogu
00:52qui est allé jusqu'à leur dire « La République c'est moi ».
00:54Je vous passe les insultes qui ont suivi.
00:57« Insultes, menaces, un point appuyé sur la poitrine sur l'un des policiers ».
01:01Quelle est votre réaction devant cette garde à vue de Sébastien Delogu ?
01:04Oui, j'ai vu la vidéo, je ne connais pas le détail du dossier.
01:08D'abord, c'est n'importe quel député, j'en fais partie, n'est pas au-dessus de la loi.
01:14Et qu'évidemment, vous êtes là pour accompagner les policiers sur...
01:19Quand il y a une difficulté, vous êtes chez vous et vous ouvrez la porte et vous laissez passer.
01:24Je sais juste, je ne connais pas le détail, la défense de Sébastien Delogu,
01:29et je ne veux absolument pas le défendre, mais en disant qu'il ne savait pas si c'était vraiment
01:34des policiers ou pas.
01:34C'est comme le pourcelus qui écrit dessus, ils étaient en uniforme, il y a écrit « police » dessus.
01:38Non, alors des images que j'ai vues, ils n'étaient pas en uniforme et ils étaient...
01:42Bon, on n'a pas vu les mêmes.
01:43Donc voilà, je me permets, je trouve ça très bien, il va s'expliquer, et c'est ainsi.
01:48S'il a molesté, empêché une action policière, il doit être puni pour ça, comme n'importe quel citoyen, et
01:54c'est parfait.
01:56Aujourd'hui, donc, Sébastien Delogu, la République, c'est moi devant des policiers qui ont fini par montrer la plaque.
02:02Parce qu'effectivement, il dit dans l'échange tendu « montrez-moi la plaque, montrez-moi la plaque »,
02:05et il dit « voilà », donc on entend, donc on comprend qu'il a vu la plaque de police.
02:09Vous avez Jean-Luc Mélenchon qui s'en prend au préfet, il voudrait d'ailleurs en emprisonner certains.
02:15Vous avez dans les universités d'été de LFI, Mme Rima Hassan qui, devant un panel de débatteurs,
02:24remet en cause l'idée de terrorisme et l'infraction due à l'apologie du terrorisme.
02:29Vous avez aussi, dernièrement, et on va l'entendre, Clémence Guettet,
02:33qui estime que le schéma traditionnel de la famille avec un papa, une maman et des enfants, c'est l
02:43'extrême droite.
02:43– Quand M. Macron parle de réarmement démographique sans s'intéresser une seconde aux causes,
02:48c'est-à-dire pourquoi on fait moins d'enfants aujourd'hui dans notre pays,
02:50peut-être que c'est la crainte du futur, le changement climatique,
02:53peut-être que les femmes ne sont pas du tout accompagnées pour le moment du postpartum, dans leur carrière, etc.
02:58Bref, aucune cause n'est remise en question, et M. Macron participe en ça,
03:01d'une bataille idéologique qui est celle de l'extrême droite.
03:04C'est une forme d'extrême-droitisation de la société que de revenir à cette famille traditionnelle.
03:08– Oui, j'estime que c'est un combat antifasciste, je viens de vous expliquer pourquoi la famille traditionnelle,
03:13pas besoin de vous rappeler la devise de la France pétainiste,
03:15mais pourquoi la famille traditionnelle et la question de la natalité
03:19a toujours été associée à l'idéologie d'extrême droite.
03:22– Sylvain Maillard, qu'est-ce que vous répondez à Clémence Guettet ?
03:24– Tous les jours, une polémique pour expliquer,
03:28et au moins tout le monde saura ce qu'est l'extrême-gauche.
03:30C'est ça l'extrême-gauche ?
03:31– C'est-à-dire, s'il y a les fondements de la République,
03:36faire en sorte de dire que tout ce qui ne va pas dans leur idéologie est fâchissante,
03:42et donc vont s'attaquer à l'ensemble des pans, les uns après les autres,
03:46pour dire que finalement faire des enfants…
03:49– C'est même pas un point de vue politique, c'est la famille là !
03:52– Non, non, mais avant-hier, on expliquait que les milliardaires étaient des nuisibles,
03:57c'est toujours le bouc émissaire, c'est le principe du bouc émissaire.
04:02Et donc, si c'est pas comme ça, ça irait mieux,
04:05si vous n'étiez pas là, ça irait mieux.
04:07Et donc, oui, c'est ça, mais c'est l'extrême-gauche.
04:09Mais au fond, tant mieux, il y a une élection dans 8 mois,
04:11les gens se rendent compte de ce qu'est l'extrême-gauche.
04:13Moi, j'entends beaucoup, moi je suis un député parisien,
04:15j'entends beaucoup de « Oh, ben vous, c'est Mélenchon, il va se calmer, il va… »
04:19Regardez ce que c'est, c'est ça l'extrême-gauche !
04:21C'est pas du parti socialiste light, c'est l'extrême-gauche,
04:24c'est une idéologie, on connaît parfaitement les fondations,
04:29c'est ce qu'on a connu dans le monde communiste,
04:32à travers la planète, tout le long du XXe siècle,
04:35c'est un totalitarisme absolu qui veut empêcher les médias,
04:39qui veut faire en sorte de vous rééduquer pour vous dire ce qu'est bien la bonne famille,
04:43comment vous devez penser, et que si vous ne pensez pas bien…
04:45– C'est un schéma soviétique, là, que vous me dépênez.
04:47Bien sûr, mais c'est ça l'extrême-gauche !
04:49Mais c'est ça, c'est point !
04:51Donc, sur le fond, évidemment, dramatique,
04:54sur la forme, tant mieux, au moins les électeurs voient ce qu'est l'extrême-gauche.
04:57– Alexandre ?
04:58– Ce qui est très intéressant et en même temps terrifiant,
05:01c'est qu'en fait, le modèle est très cohérent, en fait.
05:04Il n'y a qu'on n'a pas affaire à des amateurs.
05:06On a souvent, quand on entend les hommes ou les femmes politiques présenter leurs projets,
05:09on a du mal à se situer,
05:11on a l'impression que parfois c'est un peu une espèce de gloubi-boulgade,
05:13un certain nombre d'idées, etc.
05:14Non, non, là, il y a une vraie ligne, une vraie vision, il y a une vraie déclinaison.
05:17C'est-à-dire qu'il y a ce projet, il y a cette nouvelle France,
05:19et puis compartiment par compartiment, avec tous ces sbires,
05:22Jean-Luc Mélenchon décline son truc et c'est absolument incroyable.
05:25Alors, c'est extrêmement cohérent,
05:26parce qu'en effet, derrière ce schéma familial,
05:29il y a une certaine vision et organisation de la société.
05:31Après, on s'amuse à la faire remonter à une filiation qui est pétainiste.
05:34C'est vraiment une fois une plus pour sortir le chapeau,
05:37le drapeau, le fascisme,
05:39histoire de continuer à alimenter les moteurs électoraux en leur faveur.
05:43Et c'est très impréhensible, c'est en ce sens qu'ils sont retouchablement dangereux.
05:46Ils vont sans doute toucher leur plafond de verre à un moment donné,
05:48ça c'est sûr, il y a un seuil au-delà duquel ils n'iront pas,
05:51mais comme on sait tous que le problème, c'est le seuil du deuxième tour qu'il faut le passer,
05:54à force de racoler, parce que c'est aussi des stratégies électorales
05:57qui sont très bien ficelées,
05:58pour aller chercher tant de voix là, tant de voix là, tant de voix là,
06:01et ça s'additionne.
06:02Ça ne vient pas percuter les électeurs musulmans,
06:04ça vient additionner un électorat qui va voter pour cette espèce de révolution en faveur de la Nouvelle-France.
06:08Vous avez employé un mot, Sylvain Maillard, à l'instant, vous avez dit
06:12l'extrême-gauche, ça n'est pas du parti socialiste light.
06:15Mais est-ce que vous ne croyez pas, puisque je reprends ce que disait avant-hier
06:21dans son édito Jacques Serret d'Europe 1,
06:24qui disait qu'il ne fallait pas se leurrer pour l'élection de 2027,
06:29les socialistes iraient jusqu'à un certain point,
06:31et à la fin, ils donneraient le double des clés à Jean-Luc Mélenchon.
06:34Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
06:35Je pense que le parti socialiste est traversé par la peur profonde de Jean-Luc Mélenchon.
06:44C'est-à-dire que ça se sent, y compris dans l'hémicycle, physiquement.
06:47Et puis un autre cas...
06:49C'est intéressant ce que vous dites, c'est-à-dire physiquement,
06:50c'est-à-dire qu'ils tremblent comme des feuilles mortes en automne ?
06:54Les patrons, c'est LFI, vous le voyez physiquement, c'est-à-dire que c'est eux qui insultent,
06:58et il y a très peu de réponses en réalité, ils ont peur.
07:01Pourquoi ils ont peur ? Ils ont tous envie d'être réélus,
07:03ils savent très bien qu'avec un candidat LFI face à eux, ils risquent de perdre,
07:08y compris les chefs, et principalement les chefs sont dans des circonscriptions qui risquent de perdre.
07:12Et donc il y a une ambition, je pense, fondamentale, au fond,
07:17de pouvoir sortir de la tenaille de LFI,
07:21mais une peur pour eux, en se disant, est-ce qu'on est capable de vivre ?
07:24Et qu'est-ce qu'a fait LFI là ?
07:26Ils sont en train de faire une fusion-absorption des écolos.
07:29Les écolos là, ils sont en train de se coucher devant LFI,
07:33pour maintenir leur circonscription, pour exister encore.
07:35Le mouvement woke, finalement, il ne reste plus qu'un peu de mouvement woke,
07:38mais la plupart d'entre eux sont déjà partis chez LFI.
07:41Et dans l'ensemble des assemblées, je suis à Paris, au conseil de Paris,
07:46on voit à quel point quelques élus des conseillers de Paris de LFI,
07:50il y en a assez peu, prennent la main, en fait, sur les écolos.
07:55Alors qu'ils sont plus nombreux, c'est physique.
07:57Je reviens une seconde, mais pour recoller les morceaux,
08:01je reviens une seconde sur Clémence Guettet.
08:03Elle parle bien du modèle de la famille traditionnelle,
08:06ce qui est attaqué dans tous les compartiments,
08:08et Alexandre avait raison de le dire, c'est bien la tradition,
08:10c'est-à-dire ce qui nous a jusqu'ici constitués, secteur par secteur,
08:14plus de tradition.
08:15On invente un nouveau récit, une table rase.
08:19Je pense que M. Mélenchon a fait une lecture assez orientée,
08:24mais en même temps assez savante de la Révolution.
08:27Il sait très bien qu'il y a là tout un conflit de légitimité,
08:32si j'ose dire, c'est l'essence même de la Révolution française.
08:34Il a très bien lu ça.
08:35Et donc, je le trouve effectivement, lui et ses co-religionnaires,
08:39je les trouve extrêmement cohérents.
08:41Ils attaquent absolument tous les secteurs.
08:44Et aujourd'hui, ils ont pris tellement de place
08:46qu'effectivement, la gauche en France,
08:48c'est M. Mélenchon.
08:50Et donc, le parti socialiste a du mal
08:52à surnager devant cette marée,
08:55puisqu'il y a très longtemps que désormais,
08:58il occupe l'espace quasiment dans tous les secteurs.
09:02Et puis, il faut dire aussi qu'avec lui,
09:04le parti socialiste s'est déjà mal comporté.
09:07Il n'a pas gardé son indépendance.
09:08Il est allé à la soupe.
09:09Il est allé à la soupe.
09:11Et ça, ça l'a à la fois divisé, morcelé,
09:15et je comprends ce que vous dites quand vous dites dans l'hémicycle.
09:19Ils en ont peur physiquement.
09:20Je comprends qu'ils en aient peur physiquement, oui.
09:22Mais ça veut dire quoi ?
09:23Ça veut dire qu'aujourd'hui,
09:24parce qu'on a entendu il y a quelques semaines ou quelques mois,
09:27dans l'idée d'une primaire pour contrer les extrêmes,
09:30il y avait l'idée d'une primaire qui regrouperait une partie de la droite,
09:37le centre, et ce qu'on avait appelé des socialistes modérés.
09:41Alors, est-ce qu'aujourd'hui, il y a encore des sociodémocrates
09:43qui seraient d'accord pour aller dans un centre ou dans une primaire,
09:47participer à cette primaire que vous attendez tant
09:49et que vous voudriez surtout qu'elle arrive avant février ?
09:51Ou est-ce qu'aujourd'hui, c'est totalement impossible ?
09:54Il y a une inféodation de LFI sur tout le parti socialiste.
09:57Non mais, d'avoir un candidat, pour nous, du centre et de la droite,
10:04moi je ne veux pas un candidat socialiste.
10:06Je n'ai rien à voir avec le parti socialiste, le combat.
10:11Je pense qu'il a forcé le gouvernement l'année dernière
10:14à avoir un très mauvais budget,
10:15et moi je n'ai rien à voir avec eux.
10:17Je n'ai pas envie qu'il y ait plus de taxes,
10:20je n'ai pas envie qu'il y ait plus d'impôts,
10:22je n'ai pas envie qu'il y ait encore plus de socialistes,
10:23alors qu'on a complètement dérapé dans les différents budgets.
10:27C'est votre côté Thatcherien, ça ?
10:29Non, mais...
10:29C'est Margaret Thatcher qui disait que le socialiste,
10:31c'est qu'on finissait toujours par dépenser l'argent des autres.
10:33Donc, c'est ça.
10:35Ce qui n'est pas totalement faux.
10:36C'est totalement vrai.
10:37Moi, ce que je souhaite, c'est que nous ayons un candidat
10:40dans le socle qui avait été défini par Michel Barnier
10:43quand il est arrivé à Matignon,
10:45c'est-à-dire un candidat qui vaille de LR,
10:48passant par Renaissance, Horizon, le Modem,
10:51une partie de l'IOT,
10:52vous savez, c'est un groupe technique,
10:53mais qui est avec des élus à l'Assemblée nationale,
10:55et qu'on choisit à l'intérieur de ce groupe,
10:59de cette famille politique,
11:01de courant de pensée à un candidat.
11:03Mais moi, je n'ai pas envie du tout d'avoir un candidat,
11:07Raphaël Glucksmann,
11:08qui a quand même le mérite d'être très clair
11:10par rapport à Jean-Luc Mélenchon,
11:11ça je lui reconnais,
11:12Raphaël Glucksmann ne sera jamais mon candidat.
11:14C'est le seul qui a dit qu'il n'y aurait rien avec LFI.
11:17Pour revenir sur l'idée de la primaire
11:19que vous appelez de vos voeux,
11:21quelle est la différence entre votre primaire,
11:24à vous, primaire du centre,
11:27et la primaire souhaitée par M. Bayrou ?
11:34Le principe, c'est le même,
11:35c'est-à-dire dire que nous souhaitons
11:38que dans cette majorité,
11:40cette ancienne majorité par Michel Barnier
11:43que nous trouvions,
11:44un candidat.
11:46Les discussions que nous avons eues...
11:47M. Bayrou, elle est large,
11:47elle va de M. Rotaillot
11:49à M. Glucksmann.
11:51Eh bien, moi, je ne souhaite pas
11:52qu'il y ait M. Glucksmann,
11:52si vous voulez rentrer dans les noms.
11:54Mais M. Rotaillot, il peut aller dans votre primaire.
11:56Oui, moi, je pense que c'est
11:57ceux qui accompagnaient
12:00Michel Barnier.
12:01Au moment de Michel Barnier,
12:02où il a défini
12:03le socle commun,
12:04je pense que c'est
12:05cet espace-là, politique,
12:06qui doit gouverner,
12:08et pour ça,
12:08on doit trouver le meilleur candidat.
12:09Merci beaucoup, Sylvain Maillard,
12:11député Renaissance de Paris,
12:12d'avoir été
12:13l'invité politique
12:14d'Europe 1,
12:15soir 19h43.
12:16Une petite pause,
12:18le rappel des titres,
12:18et on revient avec
12:19Alexandre Molaffaille
12:20et Vincent Ratt.
12:20A tout de suite, c'est Europe 1.
12:21Sous-titrage Société Radio-Canada