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  • il y a 17 minutes
Ce mardi 15 septembre, Michael Israël, associé fondateur d'IVO Capital Partners, explique comment investir dans les pays émergents en 2026, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Alors on va prendre le large et partir un peu plus loin dans les émergents.
00:09Le sommet des BRICS vient de s'achever à New Delhi.
00:11On vous emmène là-bas dans l'univers de l'investissement émergent.
00:14Michael Israël est avec nous, associé fondateur d'IVO Capital Partners.
00:17Bonjour Michael.
00:18Bonjour Yves.
00:19Bienvenue.
00:19Comment performent les fonds de dette émergente depuis la dernière fois que vous êtes passé il y a 2-3
00:23mois ?
00:24Alors plutôt bien.
00:26On est aujourd'hui, pour vous donner quelques chiffres, on est sur le corporate émergent,
00:31parce que vous savez que c'est un mot générique, donc déjà sur les dettes d'entreprise.
00:35On est nous sur nos fonds à peu près à plus 4 net en euros, en dollars c'est du
00:40plus 5.
00:41D'ailleurs une surperformance importante par rapport aux pays développés,
00:45si on regarde le high yield européen, tutoie les deux,
00:48il est un peu en dessous de 2% de hausse depuis le début de l'année,
00:50et le high yield américain est à 1%.
00:52C'est intéressant dans le contexte que je vous écoutais sur l'émission précédente,
00:57où on a des taux qui montent aux Etats-Unis,
01:00et où on aurait pu imaginer que justement ce changement de paradigme
01:03allait impacter très négativement les émergents.
01:06On a vu des séquences dans l'histoire,
01:07où quand on a les taux américains qui flambent,
01:11ce n'est pas très bon pour les économies émergentes.
01:14Parce que 7 fois le dollar ne monte pas, c'est ça la différence ?
01:16Exactement, c'est ça la grande différence.
01:18Il y a d'autres différences aussi sur notamment les positions,
01:21les réserves de change des pays, l'orthodoxie des banques centrales des pays émergents,
01:25tout ça c'est plutôt bien passé les taux réels dans les pays émergents.
01:28Il y a beaucoup de raisons, mais il y a la raison principale,
01:30c'est qu'effectivement le dollar n'est pas la valeur refuge,
01:32ou en tout cas il n'y a pas d'appréciation du dollar,
01:34donc on n'a pas cet effet très négatif sur les économies émergentes.
01:40Autre chose à signaler au niveau des performances qui n'est pas inintéressant,
01:43c'est qu'on est à nouveau encore depuis le début de l'année en obligataire investment grade négatif,
01:49que ce soit sur les pays développés et à peine positif sur les pays émergents.
01:54Et je trouve que c'est intéressant parce que derrière le mot obligataire,
01:57on oublie de dire qu'il y a toujours deux risques différents,
01:59et très différents d'ailleurs l'un de l'autre,
02:01il y a du risque de duration ou du risque de crédit, du risque de défaut.
02:05Et c'est vrai que ça fait un certain temps que c'est plutôt le risque de duration
02:09qui est un problème, où si on se trompe, on peut avoir justement du vent de face
02:14et des performances négatives.
02:15Et donc on est dans l'obligataire investment grade
02:17qui est supposé être le segment le moins risqué,
02:21et bien on est négatif, alors que dans le high yield,
02:24et dans le high yield émergent en plus, qui est supposé être plus risqué,
02:28et bien finalement ça fait plusieurs années que c'est comme ça d'ailleurs,
02:32le carry fait son travail,
02:33et comme les défauts ne sont pas vraiment le sujet actuellement,
02:37et bien les performances sont au rendez-vous.
02:39Donc est-ce que vous avez, justement en faisant un petit peu l'équilibre
02:42entre les deux, des sociétés qui ont un bon rendement
02:46et qui peuvent offrir des opportunités de ce genre-là ?
02:49Oui, il y en a, alors vous savez c'est un univers tellement large,
02:53rien que dans l'indice de JP Morgan, il y a 1700 émetteurs,
02:59dans un fonds comme le nôtre il y a 150 émetteurs,
03:01donc bon il faut choisir, il y a toujours des histoires intéressantes,
03:04de toute façon là par exemple on pourrait parler,
03:06c'est un dossier qu'on a re-regardé il n'y a pas très longtemps et qu'on a
03:09dans le portefeuille,
03:11c'est une société qui s'appelle Wissoda, qui est basée en Turquie,
03:14et pourquoi c'est intéressant d'en parler ?
03:15Parce que je pense qu'un peu tout le monde, on a leurs produits sous nos yeux régulièrement,
03:22parce que c'est le premier producteur au monde de soude,
03:25et vous savez que 60% de la production de soude va pour produire du verre,
03:29donc en fait c'est aussi un des principaux exportateurs vers l'Europe,
03:34donc on a probablement eu entre nos mains ou face à nos yeux leurs produits.
03:40Et c'est très intéressant parce que quand on regarde une entreprise comme celle-ci,
03:44c'est l'entreprise qui est non seulement le plus grand producteur au monde,
03:46mais en plus un des producteurs qui produit le moins cher au monde.
03:51Pour vous donner un ordre d'idée, eux ils produisent entre 90 dollars la tonne
03:54et 130 dollars la tonne en Turquie,
03:57et 50% des producteurs mondiaux produisent à plus de 240 dollars la tonne.
04:02Donc même quand vous avez un marché qui est cyclique,
04:04ce qui est le cas dans les matières premières,
04:05et c'est le cas pour ce segment-là,
04:08et d'ailleurs on est en bas de cycle,
04:09on a une société qui est vraiment capable de pouvoir traverser les cycles,
04:13et on se retrouve encore avec des rendements qui restent assez intéressants,
04:17on est selon les maturités entre 9 et 10% de rendement en dollars,
04:21pour un numéro 1 mondial,
04:22pour une entreprise qui n'a pas de problème de refinancement court terme,
04:26qui a du cash.
04:27Et pour terminer, quelque chose que j'aime bien,
04:28récemment je l'ai commenté,
04:30je trouve que c'est vraiment la différence entre les souverains et les corporate.
04:33Vous voyez, eux ils sont en bas de cycle,
04:35qu'est-ce qu'ils font ?
04:36Ils ont coupé aussi leurs dépenses,
04:39et notamment aussi, pas que les dépenses, mais le CAPEX.
04:43Exactement, l'investissement,
04:44il était prévu qu'ils investissent des centaines de millions de dollars de CAPEX dans ce cycle,
04:48le cycle s'est retourné,
04:50ils arrêtent ces investissements,
04:53donc finalement ils protègent le cash de l'entreprise,
04:55et comme ils représentaient à eux seuls 70% du CAPEX mondial,
05:00qui était prévu dans cette industrie,
05:02ils vont même avoir un impact sur la production mondiale,
05:05et un rééquilibrage des prix.
05:07Donc je trouve que c'est un exemple intéressant à partager.
05:10Oui, soda.
05:11Oui, soda, exactement, en deux mots.
05:13On en découvre tous les jours, des sociétés,
05:15et oui effectivement, c'est d'issue mondiale des entreprises,
05:17vous disiez que c'est une société turque,
05:19est-ce que dans cet univers émergent,
05:20et vous qui le suivez à travers les opportunités,
05:22coffre le marché obligataire,
05:23il y a un pays là, qui est en train de se détacher ?
05:26Alors il y a un pays, je trouve qu'on n'en parle pas beaucoup,
05:29et c'est une belle trajectoire,
05:30on a beaucoup parlé de l'Argentine,
05:33mais je trouve qu'il y a un pays qui est un peu,
05:35je dirais presque l'Argentine de l'Afrique,
05:37c'est le Nigeria.
05:39C'est le Nigeria qui est vraiment en transformation,
05:41je dirais, sur les trois dernières années,
05:43d'ailleurs les agences de notation le constatent
05:47et améliorent la notation du pays aussi,
05:50et donc c'est un pays dans lequel il y a eu des réformes importantes,
05:55on a arrêté de faire des subventions,
05:58comme on en faisait beaucoup dans le passé,
06:00c'est un pays qui se traînait avec moins d'un pourcent de croissance
06:05pendant des années et depuis trois ans
06:07et passé autour des 3,5-4 de croissance,
06:10qui a libéralisé un peu tout ce qu'on raconte
06:13sur ce que fait Milley en Argentine,
06:14donc qui a coupé dans les subventions,
06:16qui a libéralisé le taux de change,
06:19qui essaie de réduire son inflation,
06:21on était une inflation de 35%, 33%,
06:23on est à 24%, on est attendu à 17%,
06:25donc tout ça va vraiment dans le bon sens,
06:27évidemment les agences de notation suivent le mouvement
06:29et améliorent, c'est un pays qui était triple C,
06:32et qui est maintenant single B avec des outils positifs
06:36et avec surtout quelque chose qui est incroyable
06:40parce que souvent on nous pose la question,
06:42c'est un pays producteur de pétrole comme vous savez
06:44et on nous demande souvent mais comment ça se fait
06:47que ces pays-là qui sont producteurs de pétrole
06:49ne bénéficient pas autant que ça du prix du pétrole
06:52et il se trouve qu'il manque une chose dans l'équation,
06:55c'est que vous pouvez être un producteur de pétrole
06:57mais si vous ne raffinez pas votre pétrole,
06:59vous exportez votre brut
07:01et vous devez réimporter du pétrole raffiné
07:04pour votre consommation locale.
07:07Et donc pour ces pays qui ont une certaine vulnérabilité
07:09sur leur réserve de change en dollars,
07:11ça pèse énormément.
07:12Et ils ont construit la plus grosse raffinerie d'Afrique,
07:17d'ailleurs les chiffres sont spectaculaires,
07:19la plus grosse raffinerie d'Afrique était en Algérie,
07:22à peu près 350 000 barils jour,
07:24celle-ci est à 750 000 et ils vont passer dans la phase 2,
07:27ils vont passer à 1 400 barils jour,
07:31ça va être vraiment complètement transformant,
07:33mais je dirais même pour le continent africain.
07:36Et évidemment pour le pays,
07:37ça change tout sur la trajectoire des réserves de change,
07:40la balance courante,
07:42tout va changer grâce à cette...
07:44Et cette raffinerie est tellement gigantesque
07:45qu'elle s'introduit en bourse,
07:46il y a un processus en cours d'introduction en bourse.
07:48Exactement, exactement.
07:49Et ça a été d'ailleurs un financement,
07:51la première partie assez gros,
07:52c'est 20 milliards de dollars d'investissement,
07:55mais ce qui est intéressant d'ailleurs,
07:56c'est que ces 20 milliards de dollars,
07:57ça n'a pas été financé en dette,
07:59et quand même pas loin de 80% du financement
08:01a été fait en equity.
08:03Intéressant quand même,
08:03ce n'est pas l'explosion de la dette
08:05pour développer des infrastructures
08:08et des actifs tellement stratégiques,
08:10comme ça peut être le cas ici.
08:11Effectivement, une raffinerie géante
08:12qui a été construite là-bas au Nigeria,
08:14qui raffine deux fois plus de pétrole
08:17que la plus grande raffinerie algérienne,
08:19et qui compte encore doubler sa capacité
08:21d'ici à peine deux ans.
08:22Ça va devenir la plus grosse au monde.
08:25Oui, impressionnant, effectivement.
08:26Détenu par l'homme le plus riche d'Afrique aussi.
08:28Exactement.
08:29Et tout ça se passe au Nigeria,
08:30un pays qui est en train d'émerger là.
08:31C'est ce que vous voyez.
08:32Merci beaucoup.
08:32Le sommet des brisques,
08:33qui a eu lieu à Nudevi,
08:35que vous avez suivi près également,
08:36Michael Israël,
08:36associé fondateur d'Ivo Capital Partners.
08:38Bon retour, Michael.
08:39Merci.
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